La Plume d'Aliocha

25/10/2008

Suicides en prison : les médias responsables ?

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 13:05

Craignant sans doute que je ne m’ennuie ce week-end, ce qui n’était nullement dans mes intentions, Mussipont m’a saisie tard hier soir d’une grave question sur le journalisme. Selon une dépêche AFP datée d’hier que vous trouverez ici, l’administration pénitentiaire mettrait en cause le rôle de la presse dans les suicides en prison. L’accusation est lourde : en relatant depuis quelques semaines le nombre de suicides en prison, nous aurions la responsabilité de leur augmentation. C’est Jean-Louis Terra, professeur en psychiatrie à Lyon 1 et expert auprès de l’administration pénitentiaire qui tire la sonnette d’alarme. Il nous demande, semble-t-il, de modérer nos écrits et surtout de les orienter vers une analyse des causes et une présentation des recours plutôt que sur le récit des actes.

Nous n’avons pas le droit de nous taire

Voici donc qu’en dénonçant un fléau nous sommes accusés d’y participer. Cela soulève plusieurs questions. D’abord, il s’agit d’accusations très graves car elles nous rendent en partie coupables de un ou plusieurs décès. La question que je me pose en tant que juriste, c’est : est-elle démontrée ? Qu’on me cite les études sur ce sujet qu’on m’explique la méthode suivie, le niveau de pertinence que l’on peut accorder aux résultats. Disons que, dans l’attente de ces précisions, nous retiendrons l’hypothèse que c’est vrai pour amorcer un début de raisonnement et une tentative de réponse.

Au fond, la question n’est pas nouvelle. Elle renvoie au journalisme en tant de guerre où les gouvernements attendent de nous que nous soutenions le moral des citoyens ou encore à celui en temps de crise économique, où, nous devrions, peut-être, tenter de rassurer les français. C’était une autre question de Mussipont qui, décidément aime bien les débats fondamentaux. Moi aussi.

Tout ceci pose la délicate question du rôle du journaliste. Certains nous rêvent pédagogues, d’autres visiblement médecins, d’autres encore – du côté des politiques – organes de communication officielle, et j’en passe. Il n’existe pas à ma connaissance de réponse précise sur le rôle du journaliste dans une démocratie. J’ai du achever en urgence le livre de Géraldine Muhlmann dont je vous ai déjà parlé, en y cherchant frénétiquement les bases d’un raisonnement sur lequel j’aurais pu m’appuyer pour répondre à cette importante question, il n’y en avait pas, ou pas de suffisamment précise. Tant pis, me voici seule.

Le rôle du journaliste, c’est d’informer. Il doit le faire de façon exacte et compréhensible. Il doit aussi, à mon sens, s’employer à être le plus objectif possible. Revenons donc au problème des suicides en prison. Devrions-nous nous taire par crainte que nos articles n’inspirent d’autres détenus en détresse ? Evidemment non. Il existe toujours mille et une bonnes raisons qui plaident pour le silence de la presse. Révélons-nous un scandale touchant une entreprise cotée ? Nous allons faire chuter le cours, mettre la société en péril financier, menacer des emplois. L’un d’entre nous ramène-t-il des photos des talibans qui ont assassiné des soldats français ? On l’accuse de blesser les familles inutilement et de gêner au passage le gouvernement qui tentait de nous faire croire que ceci n’était pas une guerre. On s’attaque à un homme politique et c’est la raison d’Etat qui est en péril. Souvenez-vous du nuage de Tchernobyl, des scientifiques nous ont assuré à l’époque qu’il avait poliment contourné la France. Voilà qui a soulagé tout le monde. Ceux-là avaient jugé bon à l’époque de rassurer la population, ils ont menti, ils ont leurré la presse. Et le public aujourd’hui accuse, avec raison. Bien sûr que par définition le journaliste dérange, c’est en partie son rôle. On peut lui reprocher cette publicité autour des choses cachées, juger que le moment n’est pas opportun pour les révéler, ou qu’il vaudrait mieux qu’elles soient tues à jamais. Si nous entrons dans ce jeu, si nous commençons à mettre en balance les intérêts, à douter de la nécessité de révéler une vérité, c’est toute la démocratie que nous mettons en péril. Nous ne devons pas nous taire, et je dirais même nous n’avons pas le droit de nous taire.

Devons-nous être autre chose que ce que nous sommes ?

Cela étant posé, de quelle manière devons-nous nous exprimer ? J’y ai répondu plus haut : de manière exacte, objective et compréhensible. Mais sans doute faut-il réfléchir plus avant sur la manière de parler de certains sujets sensibles. Faut-il avoir peur des mots ? Faudrait-il dire les choses en tentant d’en atténuer la brutalité, d’en adoucir le sens ? Dire sans dire, en quelque sorte. Je ne le crois pas, car alors autant se taire. Au milieu du brouhaha qui nous entoure, l’information édulcorée passera très vite inaperçue. Dans ces conditions, mieux vaut encore ne rien dire que de s’offrir le confort moral d’avoir parlé en prenant le soin de n’être pas entendu. Celui qui communique avec un public s’engage à être clair et compréhensible. C’est pourquoi la presse se donne du mal pour présenter de manière attractive l’information. Avant d’être une question de ventes, c’est une exigence du métier.

Vous l’aurez compris, face à l’accusation qui nous est faite d’avoir une responsabilité dans les suicides en prison, j’observe que cela mérite une démonstration dont je ne dispose pas et je conclue en tout état de cause que nous ne devons ni nous taire, ni édulcorer nos propos, ce qui reviendrait au même.

Mais alors, faut-il parfois qu’on se transforme en conseil, médecin, psychologue ? Devons-nous changer d’angle d’attaque et plutôt que d’évoquer le phénomène des suicides en prisons à l’état brut, chiffres, circonstances, aggravation inquiétante du phénomène, présenter une analyse psychologique des causes et des remèdes. Grave question. D’autant plus grave qu’on me dit que des vies humaines sont en jeu et qu’on me fait porter une partie du fardeau de la responsabilité. Je me suis toujours demandée en regardant un reportage sur la famine si le cameraman n’avait pas envie d’arrêter de filmer, de sortir de son sac à dos n’importe quoi à manger et de le donner à l’enfant ou à sa mère désespérée. C’est parfois un métier terrible celui de témoin. Et je me pose la même question s’agissant du reporter de guerre qui voit s’effondrer un homme blessé devant lui et qui continue à photographier. C’est parfois un métier terrible, le photojournalisme. 

Entre nous, et même si je suis la première à trouver ma conclusion dérangeante, je ne pense pas qu’il entre dans notre rôle de nous adresser aux détenus pour leur donner des conseils. Au surplus, de même que je doute de notre responsabilité dans ce sinistre phénomène, je doute peut-être davantage encore d’un effet positif des recommandations que nous pourrions donner. Il faut se garder de surestimer le rôle de la presse autant que de rêver de lui confier des missions qui ne sont pas les siennes. Nous sommes des observateurs, nous regardons pour raconter, pour diffuser l’information détenue par quelques uns au plus grand nombre et permettre ainsi d’alimenter le débat public. C’est cela le coeur de notre métier, vouloir lui faire endosser d’autres rôles ou missions, c’est s’exposer à le dévoyer. Pourquoi ? Parce que c’est ouvrir la porte à toutes les manipulations, c’est instrumentaliser le journalisme et l’éloigner de sa vocation. Notre métier c’est informer, ni plus, ni moins.

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25 commentaires »

  1. la responsabilité du journaliste serait engagée si les faits qu’il rapporte sont présentés de manière à inciter le lecteur à faire une action préjudiciable pour lui ou autrui.sinon, il ne fait que montrer ce qu’il a vu, ou compris. ce qui n’est d’ailleurs pas forcément la verité, son impartialité n’étant pas possible dans les faits.
    mais la responsabilité de chacun dans son metier est engagée par son irresponsabilité !
    le banquier qui prete à n’importe qui, les banquiers qui refusent qu’il existe un fichier d’endettement, les publicitaire qui incitent à l’achat futil, le pretre qui fustige les chretiens, le maçon, l’architecte, le medecin, le créateur de mode. tout le monde peut, volontairement ou non, etre responsable de l’acte d’un tiers.
    mais ce tiers lui même, n’est il pas responsable de ses actes, de sa reflexion?
    notre société qui tend à vouloir tout gerer pour nous n’est elle pas responsable?
    ne devons nous pas reflechir avant d’agir, et croire tous les marchands de bonheur ou de malheur?

    Commentaire par leinad — 25/10/2008 @ 14:27

  2. Les médias,je m’en méfie comme …. mais j’écoute 10 fois les informations par jour.
    La presse poupoule raconte des méchancetés même pas vrai sur les vedettes blingbling, mais dès que je vais chez le médecin ou chez le dentiste…
    Je vis la presse comme la semaine du blanc ou la rentrée des classes : jusqu’à la nausée, 10 fois par jour.
    – Suffit qu’un môme se fasse mordre par un chien, et j’aurai le listing complet de toutes les attaques de clébards à Trifouillis-les-oies pendant un mois.
    – Faut qu’une atteinte au respect éclate entre un enseignant et un prépubert, pour que toutes les écoles soient passées au peigne fin anti-poux pendant un mois.
    – 93 suicides en prison au 25/10 cette année : triste réalité dont le compteur nous a été révélé (heureusement ou malheureusement) qu’à partir de 88…

    Je m’en rends compte : j’en mange trop. Radio en voiture, le net au boulot, la télé en rentrant… Mais des radios, des sites @.info, des chaines télé, je me saoûle et m’encombre (pour ne pas dire m’abrutis) d’informations INUTILES et surtout trop souvent relatées contradictoirement. La dague n’est pas sortie du fourreau pour estourbir un concitoyen, qu’un témoin a envoyé l’info par son portable… Et je vais en manger, en reprendre, et finir mon repas avec.
    Economie de marché, bla bla bla, y’a de la demande, alors on en vend. C’est pas du chichon, alors on a le droit, on vend.
    Mais de qui se moque-t-on?
    De moi-même. De ma propension à aimer la soupe au ragot, celle qui ne me demande aucun effort de réflexion et qui me détourne de la culture. Méa culpa.

    L’enfant dont la mère a mollesté l’institutrice à Pézenas présentait de nombreux «problèmes comportementaux»…. (télé : 4 jours d’ITT ; @.presse : 8 jours d’ITT). La faute à qui?
    A – le recteur, il doit démissionner
    B – l’institutrice : elle n’avait pas mis son gilet pare-baffes
    C – le directeur d’école : il n’avait pas prévu le risque comme pour la balançoire
    D – la gamine : pas beau de rapporter
    E – la presse : j’ai pas vu d’image de la baston.
    Sincèrement, je ne vois pas à qui d’autre on pourrait reprocher cette banale salutation virile. Et vous?

    Les enfants-rois ont maintenant une progéniture, il manque un maillon à la chaine. Il manque un papa, il manque un idéal. A l’heure des sms, comment écrit-on respect, éducation, travail, honneur ? Obéissance est devenu obsolete.

    L’information doit être traitée à chaud et le journaliste doit être le premier sur scène pour exister. Sinon je zappe.
    Alors, c’est devenu le jeu de la mémoire : le premier commence une phrase, le second reprend la phrase initiale et en rajoute un bout, le troisième fait de même. Et tout au long de cet exercice périlleux, l’info varie, se distille, se crée sa propre info. L’enfant a été retrouvé mort…heu non pardon, il est vivant.(TF1 : Florence Schaal licenciée)

    Je ne lis pas la presse de la mode quand j’ouvre un journal. Il semble que ce ne soit pas le cas de tous. Le jeu de la voiture brûlée, le jeu du foulard, de la corde au coup, du suicide collectif…. Voilà je suis au courant. En qualité de parent responsable, je vais en parler avec mon gosse. Avant que la dague sortant du fourreau ne lui soit destinée…

    J’ai été brouillon, je ne saurai pas « résumer en une phrase ». Juste merci pour votre article.

    Commentaire par antoine — 25/10/2008 @ 17:31

  3. Chère Aliocha, bonjour,
    vous êtes choquée de pouvoir être être accusée d’avoir une responsabilité même très indirecte dans une mort que vous n’avez pas provoquée? Je suis sensible à cette répugnance( je la partage) , comme vous le savez elle m’a valu beaucoup d’hostilité sur un autre blog !
    Je n’ai aucune envie de chercher quelle étude peut venir corroborer ce qu’avance le Pr Terra: de toutes façon elle sera sujette à caution, du fait même de son objet: pas de possibilité de randomisation, pas de démarche expérimentale possible pour des raisons éthiques, etc…
    Ce que je peux en revanche confirmer , mais hélas en ne m’appuyant que sur mes connaissances et mon expérience de psychiatre : les suicides procèdent de mécanismes extrêmement variés, les généralisations sur leurs causes sont absurdes, et les dites causes puisent bien souvent leurs racines des années avant le gestes, et même dans des tréfonds archaïques; MAIS ce qui détermine le geste , surtout quand il est très violent, très agressif, se joue souvent dans les quelques instants qui le précèdent (quelques minutes, même souvent.) j’ai eu l’occasion bien-sûr de rencontrer des gens avant, mais surtout après: des « survivants », par exemple à une balle dans la tête: c’est proprement incroyable à quel point ce geste pouvait être parfois déconnecté du reste de la vie du sujet: il avait voulu mourir à ce moment là, oui, mais après quelque fois , c’est fini ( j’ai aussi le souvenir douloureux d’une jeune médecin qui après s’être intoxiquée de façon inéluctable et pendant les quelques heures qui lui restait à vivre se cramponnait en criant qu’elle ne voulait pas mourir.
    C’est d’ailleurs à cause de ce caractère très soudain de ces gestes là (encore une fois , je parle de ces gestes extrêmement violents et déterminés, d’autres formes de tentatives sont assez différentes) qu’il est très difficile de les prévenir: en tant que psychiatre, j’ai relativement des indices sur le type de personne à qui cela peut arriver, mais d’ici à dire quand: demain , dans un mois, ou jamais? C’est pourquoi je suis assez effrayée à l’idée de pouvoir être accusée un jour ou l’autre d’homicide involontaire (voire volontaire?) pour la seule raison que j’essaie de me mettre en travers de destinées funestes, sans pouvoir être sûre d’y arriver .
    Par ailleurs, la « contagiosité » des comportements humains en général, des comportements violents en particulier, et des actes suicidaires en l’espèce: c’est d’une constatation tellement quotidienne et accessible à tous que je pense que vous me l’accorderez. En tous les cas, dans ma pratique, c’est du banal ( il y a peu une « épidémie » de malaises dans le collège du coin a bien occupé les pompiers et le pauvre principal, …quant aux suicides dans les familles, moi je ne crois pas à des hypothèses « génétiques »).
    Alors je ne pense pas que l’on puisse ni faire des reproches aux journalistes, ni exiger d’eux censure ou silence. Non. Mais ce que dit le Pr Terra me semble très vraissemblable, je pense que lui non plus n’a pas à se taire ni à se censurer, d’autant qu’effectivement des vies peuvent peut-être être sauvées. C’est important de l’entendre.

    Aliocha : Chère Doc, merci de votre contribution, précieuse à plus d’un titre. D’abord parce que je ne suis pas psychiatre et que je n’ai pas eu l’occasion d’en interviewer avant de prendre position dans ce billet. Ensuite parce que le suicide est un sujet qui me touche de très près et que j’ai donc été obligée de distancier mes émotions personnelles pour raisonner ici. J’ai répondu en mon âme et conscience. Et à ce titre, je pense qu’il ne faut pas nous demander d’être autre chose que ce que nous sommes. Si nous pouvons sauver des vies, c’est en alertant sur les suicides en prison, pas en faisant la leçon aux détenus. Par ailleurs, connaissant malheureusement le sujet, je ne crois pas à l’impact d’un article, ni dans un sens, ni dans l’autre.

    Commentaire par Doc — 25/10/2008 @ 17:50

  4. Ces accusations – graves comme vous le dites -, sont tout simplement infondées, et ce même si un lien de cause à effet pouvait être prouvé (avec sans doute un effet réel très marginal).

    Parce que si on raisonne ainsi, c’est le black-out total sur l’information : il ne faudrait plus parler du suicide en général (2ème cause de mortalité des 15-24 ans, plus de 10.000 suicides tous âges confondus par an), des voitures brûlées au Nouvel An ou lors d’émeutes (reproche qui avait été fait aux journalistes à l’époque si mes souvenirs sont bons), des attaques à la bombe, des meurtres, des viols, des profanations de tombes, des abus de biens sociaux, de la spéculation, des achats de coffres-forts, de l’obésité, de l’anorexie, etc., etc.

    Aliocha : En effet, mais nous sommes là au coeur du malentendu avec la presse : la confusion entre l’information et celui qui la délivre. On en veut souvent aux journalistes de dire les choses, de là à les accuser d’en être responsables, il n’y a qu’un pas, vite franchi.

    Au lieu de remettre en cause la liberté d’expression et le droit à l’information, dont les excès sont de toutes façon réprimés (apologie, etc.), il serait plus judicieux de s’intéresser aux causes réelles et non pas aux soi-disant circonstances aggravantes, et je ne doute pas que des articles de fond, voire reportages télé, s’en chargent déjà.

    Commentaire par Paralegal — 25/10/2008 @ 18:10

  5. Je crois qu’il y avait une coutume consistant à tuer le messager si les nouvelles étaient mauvaises.
    Si j’ai bien compris c’est un peu ce qui est souhaité par certains, non ?

    Aliocha : Disons que c’est l’une des raisons pour lesquels les journalistes ne sont pas aimés. Voyez le cas des photos de talibans dans Match.

    Commentaire par DePassage — 25/10/2008 @ 18:14

  6. Je complète:
    antoine me corrigera si il ne se reconnait pas dans ce qui suit, mais voici comment je résumerais son propos: nous sommes tous sensible à une jouissance de savoir, de voir : du croustillant ,du salace, de l’horrible,…
    Tous, plus ou moins peut-être, mais tous. Et les journalistes, ma foi ils écrivent pour être lus, non?
    Cette jouissance, elle n’est pas « mauvaise » en soi, de toutes les façons elle existe, c’est comme ça .
    Mais mieux vaut ne pas s’abandonner constamment, sans retenue, sans réflexion , à une jouissance. Sinon, là , oui, elle devient morbide.
    Donc à nous lecteurs, à vous journalistes (oui, je sais Aliocha, je vous ai lue: vous ne faites que ça ) , à nous arracher à une pure jouissance , et à faire l’effort de la réflexion, de l’ouverture à l’altérité, de la curiosité.
    Et de la prudence?

    Aliocha : le goût du croustillant est moins fort qu’il y parait chez les journalistes, c’est plutôt un goût, du significatif, de ce qui interpelle, de ce qui pose des questions de société. J’en veux pour preuve qu’à part quelques rares titres, personne ne vous parle des faits divers extravagants évoqués par exemple chez Marianne en brèves. L’intérêt pour les suicides en prison relève du fait important de société pas du croustillant. Nous recevons chaque jour des dizaines de dépêches sur des faits divers dits « insolites », ils ne font jamais la une. Précisément parce que, aussi croustillants soient-ils, il ne sont pas des grands faits de société, mais des événements exceptionnels qui ne justifiet pas un débat public.

    Commentaire par Doc — 25/10/2008 @ 18:15

  7. Sur le risque de multiplication des suicides en raison de leur sur médiatisation, Jules de Diner’s room a répondu : il existe des études, c’est ce qu’on appelle l’effet Werther d’après les travaux de David Phillips

    A la lecture de l’article du Monde mis en lien, il me semble que c’est le Monde qui interprète en disant que l’expert de l’AP met en cause les médias. De la lecture du communiqué, il ressort que le professeur Terra ne fait que dire qu’il y a un risque et il invite les journalistes, non pas à ne pas parler des suicides, mais de prendre des précautions dans la manière d’en parler
    Vous dites :
    Le rôle du journaliste, c’est d’informer. Il doit le faire de façon exacte et compréhensible. Il doit aussi, à mon sens, s’employer à être le plus objectif possible
    Et plus loin
    Nous ne devons pas nous taire, et je dirais même nous n’avons pas le droit de nous taire.*
    OK
    Dans le cas des suicides en prison, on peut se positionner de diverses manière. Par exemple le professeur Terra a choisi d(‘aider l’Administration Pénitentiaire à essayer de réduire le nombre de suicides (avec semble t-il des succès, ceux ci ayant beaucoup baissé depuis son rapport). Le rôle du journaliste peut être de dénoncer ce qui lui paraît un scandale. Le rôle du journaliste politique de se servir d’un tel événement pour pointer du doigt les conséquences d’une politique répressive qu’il condamne
    Le journalisme dont je rêve, quand il s’intéresse à un tel sujet et qu’il veut en faire un article qui fait progresser notre démocratie, essaie de comprendre :
    y a t-il plus de suicides dans la population pénale que ailleurs ? Oui (j’ai lu quelque part qu’il y en a 6 fois plus mais je crois que l’information vient de l’administration)
    quelles sont les causes de ce sur suicide? J’aurais bien voulu connaître le rapport du professeur ou des études étrangères pour le savoir.
    Mais si le journaliste étudie sérieusement le dossier, il connait l’effet Werther et fait attention à la manière dont il écrit
    Et le sujet n’est pas simple : j’ai rencontré récemment un surveillant de prison qui avait travaillé dans une prison qui venait d’ouvrir et qui avait 1 détenu par cellule. Cela n’a évidemment pas duré mais le taux de suicide a baissé quand les cellules se sont remplies ! Je ne dis pas cela pour justifier la surcharge des prisons, mais pour montrer que comme d’habitude quand on est dans des problèmes humains, les choses sont rarement simples
    J’entends bien que les conditions de publications ne permettent généralement pas aux journalistes de faire ce genre d’investigation et que le simplisme est sans doute beaucoup plus vendeur pour un patron de presse; mais permettez moi de le déplorer !

    Commentaire par verel — 25/10/2008 @ 18:18

  8. Tiens, pour une fois, je suis entièrement et complètement d’accord avec vous. Pas envie de critiquer, même un peu. Qu’est-ce que vous m’avez fait?

    Commentaire par Moi — 25/10/2008 @ 18:21

  9. à Paralegal et à DePassage:
    Aliocha , je ne sais pas si elle sera d’accord: mais: ce que nous disent les journalistes, ça ne sort pas tout cru du réel pour venir nous fournir de l’information, non? C’est l’effet d’un choix, des journalistes , des lecteurs. Exemple: un enfant est assassiné, tous les journaux en parlent. Chaque jour, au moins un enfant meure dans un accident de la route: pas d’info. Pourquoi?

    Aliocha : parce qu’il y a des thèmes de société et que la presse y est sensible. Le culte de l’enfant roi qui se traduit notamment par une sacralisation de sa parole a créé la catastrophe d’Outreau, où tout le monde, juges, médias,public s’es laissé embarquer. Il braque également les projecteurs sur les infanticides. Lors de la première émission des Infiltrés un invité à fait remarquer qu’autrefois, c’était le parricide qui était le crime absolu, désormais c’est l’infanticide. La presse est sensible à ces évolutions qu’elle ressent en observant le monde dans lequel on vit et projette ensuite dans le débat public.

    Commentaire par Doc — 25/10/2008 @ 18:21

  10. Merci Aliocha d’avoir bien voulu consacrer un peu de votre temps à la question que je vous ai posé.

    Il me paraît clair que pour ce communiqué de l’Administration Pénitentiaire sur le suicide en Prison demandant implicitement aux médias d’arrêter de parler des suicides, nous avons là tout simplement une tentative de culpabilisation des journalistes visant à cacher un phénomène hélas quasiment mécanique : l’augmentation du nombre de détenus entraîne une augmentation du nombre de suicides de détenus. Je pense que notre schizophrénique ministère de la Justice (prônant la sévérité et l’incarcération à tout crin et en même temps développant tout ce qui est possible pour vider les prisons) se sent fragilisé en ce moment pour toute sorte de raisons et que ce problème de suicide tombe à un bien mauvais moment. A noter qu’à l’occasion du 93ème suicide de l’année en prison, l’AP a décidé de ne plus communiquer sur les suicides. Je ne suis pas surpris par cette décision, il est de tradition historique pour l’AP de communiquer le moins possible alors que c’est cette abscence de transparence qui crée la suspicion et le doute.

    Je crois comme vous Aliocha que non seulement il est parfaitement légitime pour les médias de parler des suicides en prison mais qu’il est même de leur devoir d’en parler : éviter ce sujet reviendrait à éviter de poser des questions sur le bien fondé de la politique pénale suivie actuellement.

    Pour ceux qui s’intéressent au problème du suicide en prison, je vous conseille de lire ces deux excellent articles de Ouest France :

    L’intervieuw d’une psychiatre travaillant dans le service médical de la prison de Rennes :

    http://www.ouest-france.fr/-Tant-de-choses-poussent-le-detenu-au-suicide-/re/actuDet/actu_3636-728175——_actu.html

    L’interview de M. Delarue, contrôleur général des lieux de détention :

    http://www.ouest-france.fr/-La-prison-n-assure-pas-sa-mission-de-securite-/re/actuDet/actu_3636-729671——_actu.html

    @verel : vous avez raison de souligner ce danger de l’encellulement individuel. A ce sujet, contrairement à ce qui est souvent dit et écrit, les Règles Pénitentiaires Européennes, que l’AP essaie péniblement d’appliquer en France, ne parlent pas de généraliser l’encellulement individuel mais préconisent d’être en mesure de proposer au détenu une cellule individuelle (il peut donc choisir de partager sa cellule mais elle doit alors être prévue pour recevoir 2 personnes) et ces mêmes RPE laissent la possibilité à l’administration de placer en cellule double un détenu si elle juge cette mesure bénéfique au détenu (c’est clairement une mesure de précaution contre le suicide).

    Aliocha : heureuse que vous partagiez mon opinion, je graignais de vous décevoir ou de vous choquer. Que vous et moi tombions d’accord sur ce dossier montre une chose : la meilleure façon pour un journaliste de n’être pas manipulé, c’est de rester fidèle à sa mission, l’information et de refuser de faire autre chose que son métier, fut-ce au nom de la raison la plus louable.

    Commentaire par Mussipont — 26/10/2008 @ 07:07

  11. @ Mussipont : même si je ne suis pas très au courant de la situation dans les prisons, je crois que vous avez raison: le silence sur ce qui se passe n’a pas de vertu. Peut-être que ce qu’a voulu dire le Pr Terra a été instrumentalisé dans le sens que vous dites, mais il me semble (je peux me tromper) que le message était de ne pas favoriser un comptage seul.
    Le suicide peut être la plus mauvaise manière de faire entendre quelque chose (je dis bien la plus mauvaise.)
    Des gens qui ont sans doute peu de moyen de se faire entendre peuvent je crois avoir l’horrible tentation de rajouter le poids de leur mort dans un désespoir muet. Leur donner la parole (pas forcément expliquer pour eux), cela me semblerait aller dans le bon sens. Bien des explications peuvent venir, mais les détenus, et les ex-détenus, ils peuvent expliquer ce qui est pénible, mais aussi ce qui est vraiment insupportable (ce n’est pas la même chose.) Vous me direz que les possibilité d’entrée des journalistes dans les prisons est limité (je ne sais pas ce qu’il en est, Aliocha?), mais j’ai parfois entendu des reportages qui me semblaient intéressants (j’ai en tête une émission de Daniel Mermet il y a quelques années déjà).

    Commentaire par Doc — 26/10/2008 @ 10:17

  12. bonjour
    il est bien connu qu’il suffit de casser le thermomètre pour faire baisser la fièvre

    Aliocha : en effet, et la tentation est toujours grande de faire taire le journaliste pour faire disparaître l’information. Vous observerez qu’en pleine crise financière, on est en train de modifier les normes comptables internationales pour sauver les bilans des banques, c’est la même logique.

    Commentaire par draftbold — 26/10/2008 @ 11:09

  13. Accusé les journalistes de favoriser les suicides en prisons ???…
    Cette déclaration est encore une illustration des 2 effets que je donnais dans un précédent billet : une combinaison de « l’effet papillon » et de « l’effet spaghetti ».

    D’un côté, certains prétendent que tout est lié et que le comportement anodin des uns (articles des journalistes) provoquent des actes désespérés des autres (suicides) : c’est l’effet papillon. De l’autre, compte tenu de la complexité des phénomènes sociaux et sociétaux actuels en jeu qui s’enchevêtrent, s’amalgament et se heurtent, il est devenu impossible d’appréhender et de comprendre l’ensemble du mécanisme, encore moins de l’expliquer objectivement : c’est l’effet spaghetti.

    De surcroît tout cela beigne dans une sauce d’angoisse, de crainte et d’inconnu qui fait que les réactions s’amplifient et se déforment. On échafaude des hypothèses, on se rassure par des affirmations que de toutes façons personne ne peut prouver ou contredire. Le lien de cause à effet est impossible à faire, et on peut aussi proposer des milliers d’autres. Notez au passage qu’aujourd’hui tous les secteurs sont touchés et qu’à chaque événements on entends tout et son contraire, qui plus est de la part de spécialistes.
    Allez prouver que le spaghetti qui passe par là est bien celui qui ressort ici : c’est toute la complexité d’un plat de spaghettis !

    La prochaine fois que vous irez dans votre petit resto italien du coin de rue, vous ne verrez plus votre plat de spaghettis du même œil ! 😉

    Commentaire par L'eusses-tu crus — 26/10/2008 @ 12:32

  14. Je m’éloigne un peu du fond du sujet mais pour dire que dans le journalisme il y a aussi des limites. Votre billet me fait penser à mon comportement quand je rentre dans une librairie-papeterie ou quand je passe devant un kiosque à journaux dans la rue. Les couvertures des journaux et des magazines qui s’exposent à mes yeux le font comme des tops-modèles qui exhibent le plus attirant de ses atouts, commerce oblige. Je ne sais plus ce qui est de l’information ou du tapage marketing.

    Certes il y a toujours de l’information à la base, mais elle a plus d’impact si elle se farde de choquant et de sensationnel : mon attention est plus attirée par ce cadavre baignant dans une flaque de sang au milieu de la route que par ce tableau de chiffres justifiant la prévention routière, par cette usine vomissant fumées et liquides répugnants que par cette jolie fleur des champs sensibiliser à la protection de l’environnement.

    La façon de restituer une information est plus qu’un art, c’est aussi une arme. Il y a ceux qui la maîtrise, ceux qui l’exploite, ceux qui joue avec,… :
    « 93ème suicide en prison, le compteur explose ! »
    « Nouveau suicide en prison, les prisonniers peuvent-ils s’exprimer autrement ? »
    « Suicides en prison : ce fléau qu’on nous cache ! »
    « Les prisonniers se suicident : les prisons ont-elles les moyens de leur mission ? »
    etc…

    Aliocha : difficile d’alerter autrement qu’en utilisant un vocabulaire d’alerte. Vous voulez qu’on titre : la situation des prisons interpelle les experts, ou bien le niveau de vie en prison a baissé, ou encore, les détenus ne sont pas à leur aise dans les prisons ?

    Commentaire par Oeildusage — 26/10/2008 @ 13:26

  15. Je suppose qu’il est assez facile pour une psychiatre d’élaborer un raisonnement architecturé permettant de prétendre avec une capacité de conviction élevée que la « vague » de suicides en prison est due à un phénomène de mimétisme dont la propagation, par effet de contagion, n’est rendue possible que par sa médiatisation.

    D’un autre côté, vous savez qu’on coupe toujours la tête du messager quand il apporte une mauvaise nouvelle.

    Plus prosaïquement, l’administration pénitentiaire peut également chercher à dégager sa responsabilité, qui est certaine et directe, en pointant celle – beaucoup plus lointaine et éventuelle – des journalistes.

    La première pulsion (couper la tête du messager) relève de la psychanalyse, la seconde (rejeter sur autrui sa propre responsabilité) relève de l’hypocrisie.

    Si l’administration pénitentiaire veut vraiment jouer à ce jeu-là, laisser la faire.

    Mais elle va perdre.

    Commentaire par tschok — 27/10/2008 @ 16:30

  16. Hola, tschok, serait-ce mes propos que vous déformez dans la première phrase de votre commentaire?
    C’est bien dommage, parce que je vais vous faire une confidence: s’ il y a bien une chose que j’ai apprise (mais que les gens intelligents comme vous savent certainement depuis toujours), c’est que quand on donne une explication causale simple et monolithique à un comportement humain, eh bien elle est toujours fausse. Et stupide.

    Commentaire par Doc — 27/10/2008 @ 22:08

  17. « Et le public aujourd’hui accuse, avec raison. Bien sûr que par définition le journaliste dérange, c’est en partie son rôle. »

    Si seulement ça pouvait être vrai.

    Quand je vois que les journalistes partagent, à leur grande majorité, les mêmes idées politiques, les mêmes présupposés idéologiques, et que tout ceux qui ne sont pas dans la ligne ne méritent pas d’être aidés, évoqués ou mêmes cités, je me gausse, je me marre, je me gondole.

    Je pense vraiment qu’il y a des choses que la presse ne devrait pas traiter parce que le droit d’information n’est pas la valeur morale la plus importante, et parce que l’info peut avoir, dans certains cas, des conséquences dramatiques. Mais ça ne me poserait pas de problèmes que cette règle ne soit pas respectée, si il y avait vraiment une pluralité de médias. Or, quand on voit que dans une rédaction financière (je l’ai constaté de visu), on compte des anti-capitalistes primaires n’ayant jamais acheté d’actions, que dans une rédaction dite de droite, la majorité des journalistes votent à gauche, que même un JF Kahn avoue tranquillement que les médias se comportent parfois de manière « stalinienne », alors oui, je rigole quand je vois vos difficultés.

    Car elles ne sont que trop méritées.

    PS: Quant aux règles comptables, on en utilisait d’autres auparavant qui fonctionnaient très bien. Et ce n’est pas forcément au marché de fixer la valeur des actifs dans les bilans.

    Commentaire par Polydamas — 28/10/2008 @ 14:46

  18. @ Doc,

    Non, non, pas du tout.

    En fait je reprenais le premier paragraphe du post d’Aliocha, de « craignant sans doute (…) » à « (…) le récit des actes ».

    Dans ce cadre là, je disais simplement que l’administration pénitentiaire met en oeuvre ce qui ressemble à une stratégie d’évitement pour en tirer la conclusion qu’elle va perdre, si, vraiment, elle veut jouer à ce jeu là.

    Ce ne sont en effet pas les journalistes qui tuent les détenus.

    Commentaire par tschok — 28/10/2008 @ 16:05

  19. Le sujet pourrait se résumer je pense à une vieille question : Toute verité est elle bonne à dire ?

    J’aurais tendance à répondre : oui mais pas n’importe comment.

    Je ne connais rien à la psychologie et ne saurais donc pas avoir une opinion argumentée sur la « culpabilité » ou non des journalistes dans les questions de suicides en prisons. Cependant le problème me fait penser à une autre affaire il y a quelques années.

    Pendant les « émeutes de banlieu » des cités « rivales » se seraient affrontées en faisant un concours de voiture brulées, le journal de 20h servant alors d’arbitre dans ce jeu stupide (aujourd’hui les jeunes de la cité X ont brulé 30 voitures, ceux de la cité Y 32. Conclusion : la cité Y a gagné la manche du jour).

    De mémoire après quelques jours les journalistes ont cessés de donner le nombre de voitures brulées cessant ainsi d’être l’arbitre du « jeu ». Je pense que cette réaction était saine. Elle n’enlevait rien à l’information (dans cette affaire le nombre de voitures brulées importait peu) mais évitait aux journaliste de tenir involontairement un rôle qui n’est pas le leur (celui d’arbitre dans un conflit).

    Après je n’ai malheureusement pas de « bonne méthode » pour déterminer ce qui doit être dit ou les détails qui n’apportent rien au débat et peuvent causer des problèmes.

    Commentaire par Sylvestre — 28/10/2008 @ 16:33

  20. […] Suicides en prison : les médias responsables ? 25 10 2008 (tags: Aliocha prison suicide médias) […]

    Ping par links for 2008-10-30 — 30/10/2008 @ 19:10

  21. Bonsoir à tous,
    je prends le fil de cette discussion en route. Veuillez m’excuser, j’ai cité l’article d’Aliocha auquel je souscris. Mais, je viens seulement de lire ce soir la discussion assez passionnante que vous avez lancée.
    Au Doc.
    Vos remarques sur la surprise du passage à l’acte est très juste. Le premier surpris étant bien sûr le sujet lui-même. Vous l’expliquez très bien.
    Alors je me demande pourquoi vous défendez le Pr Tera quand il fait une telle bourde ?
    S’il dit des c… , c’est son problème, à lui de s’expliquer.
    Pour aller plus loin, je me suis demandé pourquoi un tel « expert » n’a pas tenu les propos très justes que vous nous avez exposé. J’aurais beaucoup aimé ça. Il aurait été à sa place de psychiatre qui rappelle à l’opinion les affres de nos emprisonnés. N’oublions que les personnes décédées n’ont justement pas l’occasion d’en témoigner. Les défendre comme vous l’avez fait est, ma foi, leur rendre une dignité qu’il est bien difficile d’entendre ces jours-ci. La preuve : Dati veut leur placer des interphones !!!
    Perso, j’ai été assez choqué que « l’expert » parle de « contagion » alors que justement, il n’en sait absolument rien. Et s’il prétend savoir ce qui peut favoriser une supposée « contagion », alors, est-il encore un psy ? Ne devient-il pas un simple citoyen qui s’inquiète de la bonne santé de la société? Mais alors, pourquoi se prévaloir du titre « d’expert » ?
    Il est dit plus haut que le journaliste aurait déformé ses propos. Il me semble que le journaliste a justement bien pris soin de citer l’expression de notre « expert ». Le mot est lâché, il est parti de l’auteur lui-même, me semble-t-il. Et ses mots peuvent trouer la poitrine des prisonniers…
    Alors, je pense qu’il faut pousser la remarque de « l’expert » au bout de ses conséquences. Et c’est pour ça que l’article d’Aliocha et ce fil de discussion sont intéressants.
    Car, si on en appelle à la prudence quand aux mots à propos de suicide, cela sonne furieusement comme un appel à la censure. Déjà que les prisonniers n’ont pas trop droit à la parole, n’est-ce pas !
    L’appel de « l’expert » résonne comme un : « fermez la ! »
    Et je trouve qu’il n’a, non seulement aucune légitimité à énoncer un tel mot d’ordre, mais encore, pas le droit de combattre la parole, la discussion, la réflexion, le débat sur le suicide en tant que « psy ».
    Voilà.
    Alors continuez à l’ouvrir, je trouve ça génial !

    Commentaire par Fleury Emmanuel — 31/10/2008 @ 19:34

  22. Cher Aliocha,
    j’ai essayé de m’inscrire au fil RSS de votre billet, mais il ne marche pas avec Bloglines. Comment puis-je faire ?
    A vous.
    Cordialement.

    Commentaire par Fleury Emmanuel — 31/10/2008 @ 19:35

  23. @ Fleury Emmanuel : Tant mieux si ce que j’ai tenté de dire vous semble intéressant !
    Je persiste à penser que puisqu’il semble que les suicides sont de plus en plus nombreux en prison, il serait pas mal d’aller y entendre ce qui peut s’y dire, et que les journalistes sérieux ne sont pas les plus mal placés pour ce faire, si ils le souhaitent. Et le peuvent.
    Par ailleurs , je ne connais le Pr Terra que comme auteur de bouquin que je n’ai même pas lu,et je ne tiens pas spécialement à le défendre ,les psychiatres sont tellement hétéroclites, on ne pourrait même pas les ranger sur des étagères…. les moignons de phrases que j’ai lus de lui sur cette question ne permettent pas , à mon sens, de savoir vraiment ce qu’il a voulu dire (je n’ai pas vu d’extrait plus développé, mais peut-être y en a-t-il?).
    Non, simplement, , j’avoue humblement, quand j’ai vu les titres qui s’affichaient avec ce comptage, une petite lumière d’alerte s’est allumée pour moi , « aïe, danger »… réflexe.
    Nous lisons chacun de chez nous , n’est-ce pas? Tous un peu surpris que les journalistes soient d’ailleurs.
    Je ne connais Aliocha , par blog interposé, que depuis peu, mais elle m’a déjà éclairée à plusieurs reprises, je l’en remercie.

    @ tschok: ‘scusez, erreur de ma part. Merci de votre réponse.

    Commentaire par Doc — 02/11/2008 @ 15:05

  24. […] de mimétisme. Philippe Bilger n’est pas loin de partager cet avis. J’avais répondu ici.  La vraie question consiste à se demander s’il vaut mieux dénoncer et obtenir une chance […]

    Ping par Entre le marteau et l’enclume « La Plume d’Aliocha — 22/01/2009 @ 10:29

  25. […] s’abstenir. Sinon, vous penserez à la politique de Dati, et à la récente polémique sur les suicides en prison. Share this:TwitterFacebookJ'aimeJ'aime  Catégories Coup de […]

    Ping par La crise, ça a du bon « Vonric — 14/02/2012 @ 20:15


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