La Plume d'Aliocha

01/02/2013

La politique de la culotte

Classé dans : Insolite,Mon amie la com' — laplumedaliocha @ 14:46
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C’est fou ce que le sexe inspire la politique en ce moment ! Tandis que les parlementaires se déchirent sur le mariage pour tous, la député PS Sandrine Mazetier a posé une question cruciale au gouvernement le 18 décembre qui serait passée inaperçue si l’intéressée n’en avait relancé l’intérêt ce matin à la radio :

"Madame Sandrine Mazetier attire l’attention de Monsieur le ministre de l’Éducation nationale sur l’appellation école maternelle. Cette dénomination institutionnelle, qui figure dans le code de l’éducation, laisse entendre que l’univers de la petite enfance serait l’apanage des femmes et véhicule l’idée d’une école dont la fonction serait limitée à une garderie. À l’heure où se prépare une loi de programmation et d’orientation pour la refondation de l’école, et où le gouvernement s’engage fortement en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les stéréotypes, remplacer ce nom genré par un nom neutre redonnerait symboliquement aux pères la place qui leur revient dans l’éducation de leur enfant, et repositionnerait l’école dans son rôle éducatif différent de celui des parents." 

Vu que les esprits sont chauds comme la braise sur ce type de sujet en ce moment, il y a fort à parier que la question est appelée à un brillant avenir médiatique. Et l’on s’enthousiasme déjà à l’idée de toutes les expressions scandaleusement "genrées" que l’on va découvrir et corriger en observant notre langue sous l’angle éclairé de la culotte.  Dommage que la crise ne contienne a priori aucune connotation sexuelle, cela aurait peut-être aidé nos politiques à se concentrer sur l’essentiel.

18/01/2013

La chasse aux sorcières est ouverte !

Classé dans : Insolite — laplumedaliocha @ 09:52
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C’est une petite perle nichée au fond du web, enfin pas tout à fait au fond, mais sous la ligne de flottaison du gros navire de l’actualité. L’hebdomadaire Marianne fait l’objet d’une plainte pour injure raciale. Si ! A cause d’une chronique de Nicolas Bedos – oui, le fils de, qu’on entendait autrefois le vendredi chez Franz-Olivier Giesbert. Racontant un voyage aux Antilles l’auteur, qui n’a pas ses grossièretés dans sa poche, conclut le récit d’un entretien avec un chauffeur de taxi local par un délicat "enculé de nègre". Et voici qu’une obscure association attaque le journal en justice. Mais c’est de l’humouuuuuur, rétorque outragé le directeur Laurent Neumann. Bedos fils n’est pas plus raciste que Coluche. Et de souligner : "Ce prurit juridique nous ferait volontiers sourire s’il n’était pas, hélas, le signe d’une dérive procédurière qui conduit de plus en plus fréquemment certains gogos à voir des racistes, des antisémites et des homophobes partout. Et, par là même, à nuire à la cause légitime – la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’homophobie — qu’ils prétendent défendre". Eh oui, de la même manière que soupçonner des journalistes de blanchir Le Pen dans une biographie ne contribue pas davantage à servir la Cause Légitime. Mais ne soyons pas mesquin et partageons sans réserve l’inquiétude de l’hebdomadaire à propos du sort de l’humour, de la liberté d’expression et de la défense des causes justes dans notre joli paysQuand l’inquisition se retrouve elle-même soupçonnée de sorcellerie, c’est qu’en effet, il y a un problème. Planquez vos crapauds séchés, vos chouettes empaillées et  vos poudres de cornes de bouc, la chasse aux sorcières est ouverte ! On va sonder les âmes, toutes sans exception, aucun brevet de moralité exemplaire ne sera considéré comme valable. Préparez-vous au supplice de l’eau, de la poutre et du feu. Les buchers médiatiques et judiciaires s’apprêtent à flamber ! Notez, vu le temps, ça nous réchauffera.

21/12/2012

Joyeuse fin du monde !

Classé dans : Insolite — laplumedaliocha @ 11:52
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Si vous n’êtes pas encore totalement absorbés par les préparatifs de la fin du monde, je vous propose une petite séance de répétition en compagnie de Tim Burton. Au fait, quelqu’un sait à quelle heure c’est prévu (heure de Paris, de préférence), parce que je ne vais pas non plus bloquer ma journée à attendre la chose. Même la NASA n’est pas au courant, c’est ennuyeux…

10/10/2012

L’anti-sarkozysme bouge encore

Classé dans : Insolite — laplumedaliocha @ 16:43
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Quand François Hollande a été élu en mai dernier, le microcosme médiatique de la toile (blogueurs politiques inclus) a évidemment salué la victoire comme elle le méritait. Mais au fond, chacun se demandait secrètement avec un brin d’anxiété sur quoi il allait écrire maintenant que l’ennemi public numéro 1 était battu. Tout à coup c’était le grand vide. L’Adversaire ayant disparu, nos judokas amateurs ne pouvaient plus utiliser sa force pour le jeter à terre et, par un effet tape-cul se propulser en l’air (oui, je mélange judo et tape-fesse si je veux, Patrick Rambaud appelle cela un carpaccio journalistique).

Qu’allait-on donc faire de toute cette haine accumulée et qui cherchait encore à s’exprimer alors que l’actualité, cette garce tyrannique, entrainait l’attention du public ailleurs ? Je crois que finalement, on a trouvé le remède miracle. Il suffit de continuer à parler de Nicolas Sarkozy ! Le filon est quasiment intarrissable.  Par exemple, on peut s’amuser à comparer le traitement médiatique infligé à François Hollande par rapport à celui réservé à son prédécesseur. Ceux qui ont un sens relatif de l’observation et un peu de mémoire se souviendront sans doute des Une pour le moins agressives de Marianne à l’endroit de Nicolas Sarkozy durant tout le quinquennat et même avant, dont la fameuse "Le voyou de la République", mais aussi des couvertures sinistres du Point et de l’Express en fin de règne. S’il est vrai que l’amour est aveugle, il faut croire que la haine l’est tout autant. Car mon collègue Seb Musset, relayé par @si trouve, lui, que Nicolas Sarkozy a toujours été présenté de façon digne dans la presse (si,si !), tandis que François Hollande est systématiquement ridiculisé. Attention, les deux textes en liens supposent de chausser des lunettes militantes pour en comprendre le sens. Faute de quoi, vous risquez, comme moi, de ne pas saisir réellement où se situe le problème. Ou bien de songer que si Hollande a l’air dépassé et Sarkozy autoritaire, c’est peut-être qu’il y a un fond de vrai dans tout ça, allez savoir…

Allons, mes petits camarades journalistes et blogueurs militants de gauche, on se calme. C’est fini, il est parti Nicolas Sarkozy. "Avait, n’a plus", comme disent les p’tits zenfants.  Il est temps de lâcher les talonnettes de notre ancien président. A moins bien sûr que vos chiffres de fréquentation ne vous murmurent à l’oreille que l’anti-sarkozisme reste plus rentable, même post mortem, que la critique éclairée de la Normalité. Si c’est cela, je m’incline.

27/01/2011

Mince, on ne légifère plus !

Classé dans : Insolite — laplumedaliocha @ 18:51

"Il faut laisser le bien, si on est en doute du mieux" écrivait Portalis dans son célèbre discours d’introduction au Code civil à propos des réformes législatives. Nicolas Sarkozy serait-il tombé par le plus grand des hasards sur les précieuses lumières du célèbre jurisconsulte ? Toujours est-il qu’après avoir réagi comme à son habitude dans l’affaire dite de "la disparue de Pornic" en suggérant une intervention législative immédiate, voici qu’il fait machine arrière. Le garde des sceaux est invité à mener son enquête administrative et à y donner les suites nécessaires, en évitant toutefois je cite  "un nouveau dispositif législatif". Oui, vous avez bien lu.  On ne bouge plus, on réfléchit ! Est-ce la protestation dans les rangs même de l’UMP qui a motivé ce rétropédalage ? Toujours est-il que la machine à réforme semble momentanément stoppée. Les juges néanmoins ont des raisons de s’inquiéter. A défaut d’offrir une énième  loi " plusjamaisça" au public, il faudra bien lui désigner un coupable…

A ce stade, comme résister à la tentation de relire Portalis :

"qu’il faut être sobre de nouveautés en matière de législation, parce que s’il est possible, dans une institution nouvelle, de calculer les avantages que la théorie nous offre, il ne l’est pas de connaître tous les inconvénients que la pratique seule peut découvrir ;

qu’il faut laisser le bien, si on est en doute du mieux ;

qu’en corrigeant un abus, il faut encore voir les dangers de la correction même,

qu’il serait absurde de se livrer à des idées absolues de perfection, dans des choses qui ne sont susceptibles que d’une bonté relative ;

qu’au lieu de changer les lois, il est presque toujours plus utile de présenter aux citoyens de nouveaux motifs de les aimer ;

que l’histoire nous offre à peine la promulgation de deux ou droit bonnes lois dans l’espace de plusieurs siècles ;

qu’enfin, il n’appartient de proposer des changements, qu’à ceux qui sont assez heureusement nés pour pénétrer, d’un coup de génie, et par une sorte d’illumination soudaine, toute la constitution d’un État".

Ah, comme elle est cruelle cette dernière phrase, à la lumière des événements actuels….

26/11/2010

La course à l’oseille

Classé dans : Insolite,Mon amie la com' — laplumedaliocha @ 11:51

Quand la communication rencontre la finance, cela donne parfois des résultats assez comiques.

Tenez par exemple, j’ai reçu avant-hier un communiqué de presse m’annonçant en grande pompe la prochaine édition du Téléthon de la Bourse et de la Finance. Eh oui, notre chère place financière de Paris se mobilise. Ils sont amusants, nos amis financiers, depuis trois ans ils crament des milliards de milliards tranquillement assis dans leur fauteuil et voici que soudain ils décident de se mettre à courir pour gagner trois kopecks et en faire royalement don aux nécessiteux. Convenez que c’est désopilant.  Je gage que Philippe Muray y verrait la trace de cet Empire du bien nourri de fictions positives qu’il se plaisait à dénoncer. Un petit coup d’événementiel bien senti et voici que la triste réalité de la crise financière disparait derrière un admirable élan de solidarité.

Quelqu’un pourrait-il leur dire qu’ils seraient bien plus utiles à la collectivité en effectuant correctement leur boulot plutôt qu’en courant une fois par an pendant 24 heures ? Honnêtement, je crois qu’ ils n’ont pas encore compris, mais il ne faut pas désespérer.

Voici donc le communiqué de presse officiel du Téléthon de la finance auquel j’ai ajouté quelques commentaires entre parenthèses :

"Paris, le 24 novembre 2010 – Les acteurs de la Place financière de Paris sont heureux d’annoncer leur mobilisation et l’engagement de leurs collaborateurs pour le Téléthon de la Bourse et de la Finance 2010 sous le parrainage exceptionnel de Jean-Pierre Jouyet, Président de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), pour la seconde année consécutive.

(S’il nous venait à l’idée d’organiser un Téléthon pour récupérer toute la richesse qu’ils ont détruite depuis 2007, je me demande combien de temps il faudrait courir ? Sans doute autant que Jérôme Kerviel devra travailler pour rembourser 5 milliards à la Société Générale…Accessoirement, le terme "second" signifie deuxième et dernier, est-ce à dire qu’il n’y aura pas de troisième édition ? Ce serait dommage, on commençait à s’amuser.)

Depuis plus de 20 ans, ce rendez-vous solidaire désormais incontournable permet de collecter des fonds auprès des institutions financières grâce à la souscription d’ « Obligations Convertibles en Dons » (OCD), ainsi qu’à l’organisation d’un défi sportif de 24 heures.

(On devrait  inscrire de force tous les traders à ce "défi sportif de 24 heures", au moins on serait tranquille pendant une journée)

« La recherche exige un investissement dans la durée. C’est bien pourquoi la Place de Paris répond une nouvelle fois présente afin de faire du Téléthon 2010 un succès sportif et financier. Unie et solidaire, la communauté financière témoigne ainsi de son engagement, de sa générosité et de son esprit de solidarité avec les plus faibles, » a déclaré Jean-Pierre Jouyet.

(Jean-Pierre Jouyet est un quelqu’un de bien, j’en veux particulièrement au communicant qui l’a fait intervenir dans un communiqué aussi maladroitement tourné)

Les OCD, un appel à la générosité

L’opération financière de cette édition prend la forme d’une levée de fonds, grâce à la souscription d’ « Obligations Convertibles en Dons » (OCD). Cet appel à la générosité est coordonné par The Royal Bank of Scotland avec le soutien de NYSE Euronext et de l’Autorité des Marchés Financiers. La période de souscription sera ouverte du 24 novembre au 4 décembre 2010 inclus.

(C’est clair comme un échange de mails au desk Delta One de la Société Générale, cette histoire d’OCD)

Une course de relais grand public de 24 heures à Bercy

La communauté financière et toute personne souhaitant manifester sa solidarité se rassembleront à Bercy le vendredi 3 décembre 2010, à 18h00, autour de deux parcours, Place des Vins de France et le long des Jardins de Bercy, pour un défi sportif de 24 heures organisé par BNP Paribas.

L’inscription pour la course de 1 000 mètres réservée aux coureurs s’effectue sur place, au Village Téléthon, ouvert à partir du vendredi 3 décembre, à 12h00, ou sur le site Internet de l’opération, http://www.telethon-bourse-finance.fr, et s’élève à 10 euros. L’inscription au parcours de 250 mètres réservé aux marcheurs et enfants s’élève à 2 euros et se fera sur place.

Le Village Téléthon proposera tout au long de l’opération des animations pour tous telles que des ateliers maquillage, magie, musique, etc. ainsi qu’un espace restauration.

(Euh ? Maquillage…des comptes ? Magie…des produits financiers ? Pipeau….madoffiesque ?)

Depuis son lancement, le Téléthon de la Bourse et de la Finance a permis de collecter 3,2 millions d’euros".

(Et depuis 2007, ils ont paumé combien, nos amis financiers ?…)

Ceux qui croiraient à une blague sont invités à consulter directement le communiqué de presse à la source.

07/05/2010

Victor et les 117 diamants

Classé dans : Insolite,Mon amie la com' — laplumedaliocha @ 18:35

Ah ! Les fins de semaine pour les journalistes.

C’est le moment où la pression retombe, où je termine, seule dans mon bureau, doucement bercée par le ronronnement de mon ordinateur, les quelques tâches laissées en plan sous le coup des urgences multiples qui ont émaillé ces derniers jours. Les communiqués de presse tombent encore, gaiement annoncés par la sonnerie de ma messagerie, mais je ne parviens plus à m’y intéresser. Bercy m’informe des réserves de change et m’envoie l’agenda de Christine Lagarde, la Chancellerie tente de m’entretenir de la situation des mineurs étrangers seuls en France, l’Autorité des marchés financiers dresse la liste des opérations de la journée (n’est-ce pas que c’est excitant ?), le Conseil de l’Europe m’annonce une conférence sur la lutte contre la corruption,  le Syndicat des avocats de France exige une réforme de la garde à vue, Laurent Wauquiez sera l’invité de la matinale le 11 mai sur I-Télé, le Conseil de l’Europe visite la Turquie et félicite la Russie d’indemniser les victimes de procédure judiciaires d’une durée excessive, François Baroin s’entretiendra avec René Ricol, médiateur du crédit (sic) mercredi (quelqu’un peut prévenir son service presse que René Ricol n’est plus médiateur du crédit depuis des mois ? Merci.) Qatar Airways célèbre les 10 ans du privilège club (c’est quoi, ça ?).

Allons, je vois bien que je vous ennuie, si, si, je le vois bien, mais après tout, si vous êtes ici, c’est pour partager un peu de mon quotidien d’aimable plumitive non ? Heureusement, de temps en temps, la presse féminine vient me distraire de mes centres d’intérêts un peu trop sérieux. C’est ainsi qu’il y a quelques minutes, entre deux agendas de ministre et trois communiqués du Conseil de l’Europe, j’ai reçu un mail du site Elle.fr., lequel m’annonce cette nouvelle fracassante qui cadre si bien avec mes préoccupations professionnelles de l’instant :

"Vincent Lequeux, DG de SexyPrivé.com remet à la gagnante Madame Gratpain (94) Victor, le sex toy le plus luxueux au monde d’une valeur de 40 000 euros".

Vous ne me croyez pas ? Vous pensez qu’entre Lequeux, patron d’un site porno et Gratpain, gagnante d’un sex toy, sans compter le joli petit nom dudit sex toy, nous sommes face à une mauvaise blague de potache ? Alors vérifiez vous-même. C’est ici. Mais me direz-vous pourquoi "Victor" est-il si cher ? C’est qu’il est en or 18 carats et qu’il s’orne, mes bons amis, de 117 diamants.

Comme disait Audiard, "les cons ça osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnait".

Bon week-end !

Mise à jour 18h46 : tiens, le service presse de Baroin vient tout juste de rectifier les fonctions de René Ricol. Voyez comme ce blog est suivi jusque dans les plus hautes sphères. Allons, je blague…

20/10/2009

Vive l’innovation française !

Classé dans : Insolite — laplumedaliocha @ 09:47

Bon, je vois que la plus intéressante nouvelle de la semaine est passée inaperçue en raison des polémiques sur Mitterrand, le Prince Jean et autre fadaises démocratiques du même genre dans lesquelles moi-même je me suis laissée entraîner, au mépris du plus élémentaire sens de la hiérarchie de l’information. Il faut donc que je m’y colle, autrement dit que je vous affranchisse, comme dirait mon maître Audiard, car la seule idée que vous puissiez manquer une information de cette taille et, qui plus est, une bonne nouvelle économique, me plonge dans une culpabilité sans fond.

Il se trouve, voyez-vous, que je feuilletais avec gourmandise samedi dernier  mon hebdomadaire favori, Marianne, quand je suis tombée sur une brève  tout à fait enthousiasmante. Depuis sa création, Marianne a l’excellente idée de consacrer une rubrique intitulée "Ils l’ont fait" à ces informations drôles, inattendues, insolites rapportées par l’AFP qui nous font poiler de rire, nous les journalistes, mais que leur médiocre importance empêche généralement d’accéder – ne fut-ce qu’à la rubrique en bref- aux pages de vos journaux favoris. Quel dommage ! Elles nous offrent pourtant une vision bien amusante de l’actualité.

Le génie français se porte bien

Mais je sens que vous vous impatientez alors voilà. Je vous annonce que l’innovation française est en train de faire pâlir d’envie le monde entier, grâce au talent d ‘un désigner lillois dont la géniale invention est commercialisée par une boite charentaise. Mais encore me direz-vous ?

La France,  Mesdames et Messieurs (roulement de tambours) vient de lancer sur le marché le premier ……sex toy pour chiens ! Si. C’est ici . L’objet se présente sous la forme d’un caniche en plastique moulé équipé de pieds ventouses. N’est-ce pas que c’est ingénieux, le coup des ventouses ? Comme ça lorsque le chien…oui enfin bref.  Le créateur nous  décrit l’objet comme "décoratif, pratique, ergonomique et sécurisant". Si vous étiez en panne d’idée déco originale, voilà qui devrait vous ravir…Ne riez pas. Il semblerait que l’objet réponde à une réelle attente, non pas des chiens  mais de leurs maîtres qu’on nous dit lassés de voir leur animal de compagnie confondre le mollet de leurs invités avec une petite partenaire de jeux érotique. La demande est, dit-on, aussi nombreuse qu’internationale.

Un nouveau marché fabuleux

Certains esprits chagrins m’objecteront sans doute que, décidément, la folie occidentale de la consommation frôle ici le délire le plus pur. Mais si on observe uniquement le sujet sous l’angle industriel, on se félicite que l’ innovation soit française. Et l’on s’émerveille des trésors d’ingéniosité dont nous sommes encore capables. Sans compter le fait qu’il suffit de se représenter la scène pour, au choix, être secoué de spasmes de rire, ou réprimer un haut-le-coeur. Personnellement, j’oscille entre les deux attitudes. Imaginez-vous prenant le thé chez une vieille copine anglaise. Vous devisez tranquillement de la pluie et du beau temps, lorsque soudain son yorkshire (vous savez la petite bestiole qu’on s’obstine à ridiculiser en la coiffant avec un noeud-noeud) décide après avoir gobé un muffin d’escalader sa canichette gonflable au beau milieu du salon pour terminer son goûter en beauté ? So choking ! Voici une illustration pour vous aider.

Bon, au risque de vous décevoir, il faut que je vous précise une chose : l’objet n’existe pour l’instant que pour les petits chiens.  On devine la frustration des bergers allemands et autres St Bernard.  Je songe personnellement à l’immense marché des animaux domestiques qu’il reste à conquérir et je me demande si je ne vais pas tenter de leur faire concurrence en lançant des sex toy pour poisson rouge, tortue, lapin nain ou canari. Surtout que ça va rapporter cette chose-là : le prix est fixé à 399 euros. Tout de même.  C’est cher, j’en conviens et déjà vous devez vous dire que Médor devra se contenter d’un joujou qui fait pouic-pouic pour son petit Noël. Cela étant, n’oubliez pas que c’est décoratif. Par conséquent, tout le monde s’y retrouve.

La face du commerce international va s’en trouver changée

Toujours est-il que je me prends à rêver de la prochaine visite officielle du notre hyper-président à l’étranger. Voilà qu’à côté de nos airbus et autres hélicoptères nationaux, il va pouvoir proposer l’ultime produit du génie français : des lots de sex toy pour chiens. Vous imaginez les titres dans la presse : "Nicolas Sarkozy remporte un marché de 8 millions de sex toys pour chiens en Chine". Magnifique ! Là-dessus, Jean fraîchements élu à la tête de l’Epad aura sûrement une idée pour installer une boite française aussi méritante dans une tour de La Défense à la hauteur de son talent. Sans compter que nous tenons peut-être là une solution pour calmer Sumo, le chien de Jacques Chirac. Vous n’ignorez pas bien sûr que l’animal déprime depuis qu’il a quitté les jardins de l’Elysée et s’obstine à mordre notre ancien Président. La canichette gonflable lui serait sûrement du plus grand réconfort. A moins que Bernadette ne s’y oppose…. Déjà que les frasques de son mari l’irritent.

Quand je vous disais que l’affaire était autrement plus importante que les débats futiles qui nous agitent actuellement….

27/08/2009

Ah ! Les petites gens…

Classé dans : Insolite — laplumedaliocha @ 10:51

9782035837110_0Comme toutes les grands découvertes, celle que j’entends vous narrer ici est survenue par hasard.  Allongée sur le sable chaud d’une plage de Crête face à une mer aigue-marine,  je venais de terminer "Quoi de neuf petit homme ?" de Hans Fallada, vous savez, le magnifique auteur de "Seul dans Berlin". Allez savoir pourquoi, je retourne le livre et lis la quatrième de couverture, ce que je n’avais pas fait lors de son acquisition. Quand j’aime un auteur, je lui confie mon temps libre les yeux fermés.

Où l’on découvre qu’il y a donc des petites et des grandes gens…

Et là que lis-je ? Que Fallada excelle dans la description de la vie des "petites gens". Enfer et damnation. J’ai horreur de cette expression, mais vraiment horreur, je la trouve aussi sotte que condescendante. C’est quoi, des "petites gens" ? Le contraire des "grandes gens" je suppose, mais encore ? Petit ou grand par rapport à qui ? A quoi ? A l’auteur de ce commentaire inepte sans doute. Mais alors s’il est grand, lui, l’auteur, il est grand comment ? Et moi dans tout ça, j’aimerais bien savoir, suis-je donc membre de la communauté des petites gens ou de celle des grandes gens ? Du haut, ou plutôt du bas de mes 160 cm, j’ai peur de deviner la réponse.

Allons, je suis de mauvaise foi, en fait j’ai parfaitement compris de quoi il s’agissait, mais précisément, je n’aime pas ce que je comprends. Bien sûr, j’ai cherché l’origine de cette expression, pour tenter d’en savoir plus, mais sans succès. Comme elle fleure le suranné, je me dis qu’elle doit remonter à l’époque où il y en avait des  petites gens, en tout cas aux yeux des grandes gens. Seulement voilà, je trouve qu’elle n’a plus sa place aujourd’hui, qu’il faudrait commencer à l’oublier. Surtout que les petites gens du roman me paraissaient fichtrement grandes à moi, grandes dans leurs rêves, dans leur courage pour affronter l’adversité, dans leurs qualités de coeur. Mais au fait, pourquoi petitEs ? Eh bien justement, c’était une question qui me trottait dans la tête ça, pendant toute la fin des vacances, pourquoi donc parle-t-on des petites gens alors que j’ai toujours pensé bêtement que gens était un masculin pluriel ? Le fait est que, privée de mon dictionnaire des difficultés de la langue française, (comment peut-on raisonnablement partir en voyage sans ce précieux outil, franchement, faut-il être sotte tout de même ?), privée donc de la chose,  j’étais bien en peine d’éclaircir ce mystère : les gens, c’est féminin, ou masculin ? Même Monsieur Aliocha, qui fut secrétaire de rédaction d’un grand quotidien dans une autre vie,  séchait sur ce coup-là, lamentablement, se contentant de me dire d’un air inspiré  "oui c’est compliqué, mais je me souviens plus dans quelle mesure exactement c’est compliqué". Grand ou petite complication, décidément, j’avais bien des problèmes de taille tant sur le fond que sur la forme avec cette histoire.

Sous vos yeux éblouis

Mais je vois qu’à votre tour, vous vous interrogez, saisis soudainement par ce suspens grammatical qui frise l’insoutenable dans les petites et les grandes largeurs. Je crains néanmoins que l’explication ne vous colle un joli mal de tête, tant pis je me lance en remerciant les éditions Larousse au passage.

Vous êtes prêts ?

Alors, gens est selon les cas, masculin ou féminin. YES !

Que ferait-on sans les délicieuses difficultés de notre chère langue française ? Je vais vous le dire, on s’ennuirait.

Ouf, songez vous en vous souvenant du nombre de fois où vous avez commencé une phrase pas "les gens ils sont ceci ou cela". Ce n’était pas faux, même si vous conviendrez avec moi que ce n’était guère élégant non plus.

Bref, voyons cela de plus près.

En guise d’amuse-bouche, mon cher dictionnaire m’explique que ce mot, qui partage avec les escargots la joie d’être hermaphrodite, tient son curieux état d’un conflit entre son genre – féminin – et le genre de l’idée qu’il exprime (hommes, individus) qui est masculin. Dixit le Littré, cité par le Larousse, entre nous, face à des sources de cette qualité, je m’incline, même si je suis tentée de protester quand même un peu. C’est vrai quoi, pourquoi ne pas choisir une bonne fois pour toutes. Parce que nous, on est bien obligés de se torturer les méninges pour l’utiliser correctement ce mot-là.

Mais je sens que vous vous impatientez.

Des exceptions aux exceptions et ainsi de suite

Or donc, tout dépend de la construction de la phrase.

Lorsque gens est précédé immédiatement d’un adjectif ou d’un participe, celui-ci se met au féminin, d’où nos petites gens.

En revanche, si l’adjectif suit, alors il est au masculin. Exemple : des gens mal élevés.

Avant donc, féminin, après, masculin. Vous croyez que c’est fini ? Allons, ce serait trop simple !

Sont aussi au masculin les adjectifs qui précèdent gens mais n’appartiennent pas à la même proposition. Exemple : Arrivés à un âge avancé, ces bonnes gens n’ont rien pour vivre.

A ce stade vous croyez enfin avoir perçé le mystère des gens, présomptueux que vous êtes !

Car lorsque gens est précédé d’un adjectif des deux genres se terminant par un e muet, cet adjectif, et tous ceux qui le précédent se mettent au masculin. Exemple : ce sont là de vrais honnêtes gens.

Et c’est pas fini.

Tous se met au masculin lorsque gens est suivi d’une épithète ou d’un mot déterminatif. Exemple : tous les gens sensés.

Précisons encore que dans les expressions type "gens de robe", gens est masculin pluriel, de même lorsque gens désigne des domestiques ou les membres d’une bande.

Gens ne doit pas être confondu enfin avec gent qui désigne une nation, une race, et dont le pluriel est gens, mais un gens distinct du premier.

Enfin, mon dictionnaire m’assène une ultime mise en garde : on ne dit pas cinq gens mais cinq personnes. Entre nous, ça ne me serait même pas venu à l’esprit de la faire cette faute-là, mais puisqu’on en parle, je me demande si je ne vais l’adopter, comme ça, rien que pour me venger de tous les pièges invisibles tendu par ce mot incapable de choisir son genre une bonne fois pour toutes.

Je vous quitte, j’ai rendez-vous avec trois gens.


16/04/2009

Une bien belle histoire

Classé dans : Insolite — laplumedaliocha @ 12:14

Bon, et si on arrêtait 5 minutes de critiquer, de pester et de s’indigner ? Pas de billet sur la presse aujourd’hui, ni sur le conflit entre Le Monde et les enseignants, j’ai envie au milieu de ce fatras de nouvelles déprimantes,  d’un rayon de soleil. Je l’ai trouvé ce matin, sur BFM. Certains parmi vous connaissent sans doute la belle histoire de Susan Boyle, cette écossaise de 47 ans au physique anodin et aux manières une peu frustres qui est devenue la coqueluche des anglais. Si ce n’est pas le cas, allez voir, c’est ici. Mais avant, je vous résume la chose. Candidate à une émission sur les talents incroyables en Angleterre, elle se pointe avec sa drôle de dégaine dans le saint des saint de la superficialité audiovisuelle, là où il faut être jeune, beau, bronzé, danser comme Michael Jackson, chanter comme qui vous voulez, avoir les fringues qu’il faut, portées comme il faut, et tous les signes extérieurs d’une intelligence entièrement focalisée  sur l’apparence. Alors forcément, Susan Boyle, avec ses allures de Signoret dans Les Granges brûlées, on se fout de sa gueule, tout le monde se dit qu’on va s’offrir une franche rigolade, et en public encore. Quand elle entre sur scène, j’ai mal pour elle. Le play boy bronzé, maquillé et lifté qui dirige le jury ne dissimule ni son mépris ni le plaisir sadique avec lequel il attend la catastrophe qui va faire péter l’audimat et projeter l’émission dans les annales des plus grands ridicules télévisuels. Ses deux accolytes, dont une jolie blonde décolorée, partagent son avis et s’en lèchent les babines par anticipation. Ils la titillent pour s’ouvrir l’appétit. Elle amorce un petit mouvement de hanche un peu grotesque qui les récompense de leurs provocations. C’est sûr, ils tiennent là un morceau de choix. On est en plein jeux du cirque, c’est la grande "Soirée de cons", la mise à mort est une question de secondes.

Seulement voilà, dès que l’écossaise mal fagotée entonne "I dreamt a dream", l’une des chansons de la comédie musicale des Misérables, tout ce joli monde ouvre des yeux de dessin animé japonais. C’est que l’écossaise non seulement à une voix magnifique mais qu’elle pourrait donner des leçons de chant à bien des stars à paillettes. Le jury médusé ne rigole plus du tout, il serait même au bord des larmes. Quant au public, il est debout. La chanson s’achève et notre écossaise rouge de confusion s’enfuit dans les coulisses, visiblement inconsciente de l’effet qu’elle a produit comme elle semblait inconsciente quelques minutes  auparavant de la méchanceté des gens qu’elle avait en face d’elle.

On la rappelle, on s’excuse, on la complimente avec respect. Les ricaneurs ne ricanent plus et le public ovationne. 

Eh bien voyez-vous, c’est bête, mais ça me remplit de joie. Truqué ? Peut-être. J’ai du mal à me départir de ma fichue méfiance, c’est une déformation professionnelle. Mais au fond je m’en fous. J’ai envie d’y croire moi au fait qu’une voix, par sa beauté, est capable d’imposer respect et admiration à une meute prête à dévorer sa proie. Après tout, Dostoïevski, mon maître, était persuadé que la beauté sauverait le monde.  

Tout ce que je souhaite à cette femme, c’est de fuir très vite ce monde inepte du show bizz et de retourner, avec son succès d’un jour bien caché au fond du coeur, à sa vie quotidienne. Je ne voudrais pas que, passé le premier enchantement, la meute retrouve ses bas instincts et lui fasse du mal.

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