La Plume d'Aliocha

17/10/2008

Bienvenue à Vendredi !

Filed under: Coup de chapeau ! — laplumedaliocha @ 22:22

C’est nouveau, c’est en kiosque et ça parle du Net ! Vendredi est un nouvel hebdomadaire dédié aux meilleures infos du Net. Le premier numéro est sorti aujourd’hui. Vous verrez que son format est amusant. A première vue, il est aussi long que Le Figaro mais beaucoup plus étroit, ce qui lui donne des allures de page web qu’on déroule. L’idée est née dans l’esprit du créateur de Courrier International, Jacques Rosselin. La rédaction en chef est confiée à Philippe Cohen, ancien rédacteur en chef de Marianne et co-auteur du fameux livre « La Face cachée du Monde » avec Pierre Péan. Il compte 8 pages en couleur et sa maquette a été réalisée par le grand Rampazzo, l’empereur des directeurs artistiques de presse en France. Bref, que du beau monde ! On y parle beaucoup de blogs et le journal reproduit même les meilleurs billets. Par exemple celui que Dadouche vient de publier chez Eolas sous le titre « Le dégoût! » occupe la moitié de la page 4. Gagons que ce journal a déjà un lectorat acquis : celui des blogueurs qui vont désormais attendre avec impatience la fin de la semaine pour savoir s’ils figurent parmi les heureux élus.  Et nous me direz-vous ? Trois commentaires du billet de Dadouche ont été reproduits en encadré, montrant ainsi qu’un blog vaut autant pour ses billets que pour les réflexions de ses visiteurs. Et pour finir, je suis toute heureuse de vous annoncer qu’on y cite La Plume d’Aliocha dans la controverse au sujet de l’émission Les Infiltrés. Bonne lecture à tous et bonne chance à Vendredi.

 

NB : Merci à Triskael d’avoir attiré mon attention sur cette publication dont je n’avais pas eu vent.

Rachida, marquise des anges

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 12:20

Or, donc, nous venons d’assister à la prestation télévisée de la Ministre de la justice sur France 2. Dadouche chez Eolas m’a devancée, son billet est en ligne depuis hier soir. Il faut dire qu’elle est propulsée par la colère, quand moi je suis effondrée à l’idée que la communication a, une fois de plus, mis KO le journalisme. Pourtant, Arlette Chabot au début a attaqué fort, je l’ai trouvé directe, mordante,  insistant sur les questions  qui fâchent et en particulier les relations tendues avec les magistrats. N’hésitant pas à demander à Rachida Dati si elle leur parlait bien aux juges, si elle n’était pas trop dure. 

Un conte de fée

Las ! Quand nous sommes arrivés au chapitre de la vie personnelle, j’ai su que tout était perdu. Car c’est le terrain de prédilection de la jolie ministre, quoiqu’elle s’en défende. C’est là que se trouvent les racines du mythe, la source du conte de fée. Il était une fois donc, une petite fille née dans une famille nombreuse d’origine marocaine. Ils n’étaient pas très riches, mais ils s’aimaient très fort.  Parmi les nombreux enfants, il y avait Rachida qui rêvait quand elle serait grande de réussir sa vie pour rendre toute sa famille heureuse. Elle a eu sa première fiche de paie à 16 ans et n’a jamais cessé de travailler depuis (moi aussi et beaucoup de citoyens d’ailleurs) et puis elle a aperçu en Nicolas Sarkozy l’homme politique qui incarnait ses convictions, elle a insisté pour le rencontrer et c’est à cet instant précis, que la belle histoire s’est transformée en conte de fées. Je m’arrête là parce que, à plusieurs reprises dans l’émission, on a entendu que les attaques contre la ministre étaient dues à ses origines, c’est même Jacques Attali qui l’a dit. Possible, moi je n’ai pas cette impression, en tout cas ce n’est pas ce qui suscite mon irritation, bien au contraire, cela déclencherait plutôt chez moi une sincère admiration, mais bon, s’il le dit. A  cela s’est ajoutée une solidarité inattendue de la part d’Elisabeth Guigou au sujet de sa grossesse. Entre nous elle est vache, Elisabeth Guigou, quand je l’ai entendu commencer ainsi, je me suis dit, aïe, nous allons assister à une attaque nucléaire, et Rachida Dati pensait de même, ça se voyait dans ses yeux. D’ailleurs, ça n’a pas loupé. Ce doit être courant en politique de se dire qu’on s’estime avant de se pulvériser devant des millions de téléspectateurs. Mais cet intermède presque politique allait me faire oublier les soeurs de la ministre, présentes dans le public et filmées en gros plan à chaque fois que Rachida Dati soulignait l’importance à ses yeux de la famille. Que c’était émouvant, j’en aurais pleuré.

Et la politique ?

Eh bien voyez-vous, de toute l’émission, il ne me reste que cela. Avouez que c’est irritant. Je me préparais à l’entendre sur la politique judiciaire, je sais qu’elle en a parlé, mais impossible de me remémorer quoique ce soit de concret. Ou si peu. Un message fort et récurrent comme un refrain sur la lutte contre les dangereux criminels, ça je m’en souviens, un autre  sur le fait que la justice n’est pas une affaire d’experts et que les français ont le droit de comprendre. Je me rappelle aussi d’un mineur au palmarès de condamnations impressionnant. Et puis je sais désormais qui si les juges sont fâchés, c’est que la réforme de la carte judiciaire les bouscule dans leurs habitudes, mais ça va passer. Pourquoi est-ce que je vous raconte ce qui reste dans mon esprit ? Parce que c’est le coeur de la communication d’essayer d’imprimer des messages simples et forts. Je me suis donc laissée faire pour mesurer les effets de l’exercice et je trouve le résultat hautement concluant.  J’ai été séduite et émue par la ministre, sincèrement, et j’aurais été presque convaincue par les messages politiques si je n’étais pas spécialisée dans les questions de justice depuis trop longtemps pour me contenter de quelques slogans.

Indomptable Rachida

Entre nous, ceci n’est pas de la grande politique. Et par conséquent, cela ne permettait pas du grand journalisme. C’est toute la difficulté de notre métier. Nous dépendons des personnes que nous avons en face de nous. Si elles ont décidé de ne rien dire, nous sommes démunis. Le score du grand match communication contre information ici est sans appel : 1 à 0. Du coup, je me demande s’il ne serait pas temps que les politiques fassent machine arrière et acceptent de s’émanciper des spécialistes de la communication pour relever le niveau du débat. Je suis persuadée que Rachida Dati avait des choses intéressantes à dire mais qu’on lui a recommandé, à elle comme à tous ses collègues en charge des affaires de l’Etat, de faire simple. On n’est pas si bêtes tout de même. A force de simplifier le discours, on sombre dans le slogan publicitaire. C’est fâcheux. Il n’y a pas que cela qui m’a irritée. La volonté du gouvernement de rompre avec l’ancienne politique dominée par des énarques très sérieux en costume gris n’est pas idiote en soi. Le problème, c’est que nous flirtons avec une mise en scène du bonheur, de la beauté, de l’intelligence et de la réussite qui me fait penser aux faste de la Cour de Versailles. Vous ne trouvez pas ? Encore un dérapage de communication. D’ailleurs, cette émission m’a rappelée une vieille série mythique. Vous savez celle des « Angélique » avec Michèle Mercier. Rappelez-vous, elle était belle, rebelle, courageuse, elle luttait contre l’injustice, elle fascinait les hommes jusqu’au roi Louis XIV lui-même, au grand désespoir de la Montespan. Comme j’aimais la voir manier son destin avec un mélange de grâce et de volonté farouche, chevaucher cheveux au vent, défier du regard les puissants, apprivoiser l’inoubliable et cruel émissaire indien incarné par Sami Frey, bouleverser le poête joué par Jean-Louis Trintignant, dresser un sauvage prince polonais pour finir par reconquérir sa fortune, son rang et même sont merveilleux Joffrey. Hein, tout de même, « y’a comme un cousinage », nous dirait Audiard s’il était là, non ?

Ah ! Tapie

Fort heureusement, la deuxième partie m’a réconciliée avec tout,  l’émission, la politique, le journalisme, la crise financière, le capitalisme, le Lyonnais. Ah Bernard Tapie, mais que ferait-on sans lui ? Je ne l’aime guère en tant que comédien. Quoiqu’on en dise, ce n’est pas un professionnel, il a sans doute les qualités nécessaires, mais il faudrait qu’il travaille. Cela étant, sur un plateau de télévision, quel talent ! Je ne sais pas trop à quoi j’ai assisté hier soir, une émission d’actaulité, un show, une comédie, mais après tout peu importe mes amis, quel spectacle ! Lorsqu’il a raconté ses mésaventures avec le Lyonnais, pour un peu j’aurais appelé France 2 pour les prévenir que je lui faisais don de mes petites économies, histoire de réparer le préjudice qu’il avait subi (ce qui ne l’aurait pas avancé à grand-chose, mais bon, c’est l’intention qui compte). Et Domenach qui n’arrivait pas à en placer une et observait la scène avec un amusement désabusé. Et le public secoué de rires quand Tapie répond à Chabot, « la politique pour moi, c’est fini, sauf si Bayrou se représentait parce que, quand même, on ne peut pas laisser sérieusement cet homme-là briguer la présidence », et encore écroulé de rire quand l’homme-d’affaires-chanteur-comédien-ancien-patron-de-l’OM dit qu’il ne peut pas être ami avec Nicolas Sarkozy, eh non, impossible, songez donc, le président soutient le PSG, et ce même public secoué de spasmes quand il dit qu’il faut être fou pour s’entêter dans le socialisme aujourd’hui compte-tenu de ceux qui l’incarnent, avant d’annoncer pour conclure, patelin et sûr de son effet, qu’il va jouer bientôt dans un film consacré à Arsène Lupin. Nous avons assisté hier soir à du très, très grand Tapie. Et si Lucchini avait été là, il aurait sans doute dit : « vous allez plus loin que Sarkozy, vous êtes plus fort que Sarkozy, c’est énooorme! ». Ben oui, c’est Tapie.

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