La Plume d'Aliocha

07/10/2008

Marre de la langue de bois !

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 16:21

Vous l’aurez compris, cette semaine, je suis énervée. Je m’étais promis en créant ce blog de conserver mon calme légendaire et surtout de m’en tenir à cette conviction profondément ancrée en moi que la vérité n’est jamais ni d’un côté ni d’un autre, qu’elle est un équilibre subtile et fugace entre des contraires. Ce qui exclut toute forme de pensée manichéenne et tempère sérieusement les tentations pamplhétaires. Pour s’indigner, encore faut-il être sûr d’avoir raison et moi, je m’interdis cette assurance, je la trouve dangereuse, il me parait préférable de soulever des questions, d’inciter à la réflexion, au débat, pour avancer ensemble. J’ai en partie tort. Il est des moments où il faut s’indigner. Un de mes anciens patrons, un avocat pénaliste de renom, me disait lorsque j’étais stagiaire dans son cabinet : « Mon petit, la plus grande qualité d’un avocat, c’est sa capacité d’indignation ». Voilà une affirmation aisément transposable au métier de journaliste. J’ai eu tort de l’oublier.

Ah ! Powerpoint.

Hier soir, j’étais à une conférence de presse sur les risques. Je ne vous en dirais pas plus, on me repérerait, nous n’étions qu’une poignée de journalistes. Bref, pendant une heure et demie on m’a parlé de contrôle des risques dans les entreprises, à grand renfort de Powerpoint. Vous savez, ce merveilleux outil qui permet de s’abstenir de penser, de dérouler un raisonnement et même de faire des phrases. On affiche des concepts, parfois des tableaux, quelques chiffres et hop, le sujet est traité. Moi voyez-vous, je ne suis pas équipée intellectuellement pour Powerpoint, mon cerveau refuse obstinément de comprendre ce qu’on lui sert. Il lui faut des phrases, des nuances, des oppositions, des dévelopements, des mises en perspectives, bref, il lui faut de la matière. Or, Powerpoint, c’est le prétexte pour exposer un vide sidéral entouré de quelque points clefs qui tiennent lieu de réflexion. Il n’est pas étonnant que ce soit l’outil privilégié des consultants, vous savez ces gens payés très cher qui vous disent : « passe-moi ta montre et je te donnerai l’heure » ! Bref, que croyez-vous que m’ont expliqué ces grands spécialistes du risque en entreprise ? Qu’il fallait bien sûr améliorer les choses. Sans blague. Comment ? Je vous avoue que je n’ai toujours pas compris. On m’a parlé de qualité, d’indépendance, de reporting, on m’a dit qu’il fallait mutiplier les comités, clarifier les rôles, lever les ambiguïtés. Avouez que c’est parlant !

Concepts creux et déclarations d’intention

Mais, me direz-vous, pourquoi tant de colère ? Parce que ce sont ces rois du Powerpoint qui pensent nous sauver de la crise à coups de concepts creux et de déclaration d’intention. En réalité, les champions du contrôle des risques sont pieds et poings liés face aux entreprises qui les emploient. La vérité, c’est qu’ils ne peuvent rien dire, sous peine de heurter le Medef et l’Afep. Pourtant, la crise est un formidable tremplin pour eux. Songez donc, c’est le moment de prendre le pouvoir, d’affirmer à quel point ils sont importants. De citer l’exemple de la Société Générale et de l’affaire Kerviel. Pour mémoire, il a fallu attendre 75 alertes du contrôle interne répartis sur plus d’un an pour que quelqu’un daigne se pencher sur les activités du trader et s’apercevoir que quelque chose clochait. Quelle occasion pour dire enfin : il est temps de nous donner les moyens d’effectuer de vrais contrôles et de reconnaître l’utilité de notre fonction. Que nenni. Ils sont paralysés par la peur de déplaire, de faire un faux pas qui leur attirerait la colère de leurs employeurs voire du Medef. Je vous parlais hier du « comply or explain » et je vous disais que les contre-pouvoirs étaient insuffisants pour qu’un tel système fonctionne. Je confirme aujourd’hui. Même au coeur de la crise, même face à la faillite du système, tout le monde se déculotte. Je dis « même », il serait plus juste de dire « surtout ». Car le réfexe en ce moment n’est pas de prendre le mors au dent, de secouer la pensée unique, la langue de bois et de s’attaquer franchement aux problèmes. Non, il est à l’opposé. C’est la peur, la politique du profil-bas, du politiquement correct et des discours en demie-teinte. Comme si une déclaration un peu trop directe pouvait faire couler le navire. C’est désespérant. Vous voyez, en ce moment on entend beaucoup de critiques sur Nicolas Sarkozy, qu’il s’agite dans le vide, qu’il profite de la crise, qu’il s’en tient au discours. Eh bien je vais vous dire, il bouge, il parle et quand je le compare aux milieux économiques, terrorisés et silencieux, tremblant à la simple idée qu’une respiration un peu trop profonde ou un soupir de désespoir pourraient les faire couler, je trouve que notre président a du mérite. Vraiment.

Publicités

32 commentaires »

  1. Chère blogeuse,
    Je suis bien d’accord avec vous, cependant, juste pour vous apporter la contradiction, PowerPoint (ou son équivalent sous openOffice) est utilisé abondamment en recherche pour les présentations en math ou en physique, et même s’il y a parfois des travaux de recherche fumeux, il y en a aussi qui ne le sont pas du tout. Donc ne jetez pas le bébé…
    PS: bravo pour la typographie des guillemets sur votre blog.

    Commentaire par El Re — 07/10/2008 @ 16:57

  2. « Ce qui exclut toute forme de pensée manichéenne et tempère sérieusement les tentations pamplhétaires. »
    Il y a une coquille dans « pamphlétaire » 😉 !

    Article fort intéressant au demeurant, même si je suis moins d’accord avec la fin de l’article, mais je l’admet, mon objectivité lorsqu’on parle de la tête actuelle du pouvoir politique est mise à rude épreuve …

    J’ai du mal a voir autre chose qu’un président qui à fait plein de promesses, de discours, dont certains me faisait déjà peur lors de sa campagne, qui ne peux pas tenir ses promesses, sans doute en partie à cause du contexte actuel, qui gesticule beaucoup dans l’espoir de faire oublier les objectifs qu’il peine tant à atteindre.

    PS : je me suis efforcé de rédiger ce commentaire de manière objective, mais je ne garantie rien, si ce n’est le fait d’assumer mes propos 🙂 !

    Aliocha : Rassurez-vous Elhu, vous avez parfaitement le droit de ne pas adhérer à ma conclusion et on peut en discuter sans problème. Je suis simplement lassée de voir que les journaux comme les blogs ne sont que le prétexte de taper sur Sarko, plus parce que c’est vendeur que par sincère indignation. Alors je prends le contrepied, moitié par conviction, moitié par provocation. J’observe par exemple un contresens majeur sur la psychologie du président. Dire qu’il fait semblant de s’agiter est faux. Il s’agite vraiment. J’ai le sentiment à chaque fois que je le vois, y compris en vrai, qu’il rêve depuis 20 ans de prendre les rênes et de faire ce que tous ceux qu’il a cotoyés n’ont pas fait. On peut ensuite contester ses choix, sa politique, son comportement, on peut même s’en effrayer. Mais dire qu’il fait semblant d’agir pour tromper tout le monde, ça me parait absurde. Voilà précisément ce que je voulais signifier dans ma conclusion. Il agit, indéniablement.

    Commentaire par Elhu — 07/10/2008 @ 16:58

  3. je dérive parce que je ne sais pas me tenir mais puisqu’il est question d’une conférence de presse sur les risques (contrôle des risques dans les entreprises), il y a un papier aujourd’hui dans Le Figaro sur les documents confidentiels jetés à la poubelle. je cite le chapeau : « En IDF, quatre conteneurs sur cinq recèlent un document confidentiel, selon une étude récente. Récupérer ces renseignements est un jeu d’enfant pour les fraudeurs ».
    l’étude en question a été menée par le Credoc pour Fellowes, entreprise qui fabrique – c’est amusant – des destructeurs de papiers.
    je ne sais pas si c’est de la langue de bois ou de la publicité déguisée mais vous devriez recommander aux consultants qui vous ont tenu la conférence de presse hier de plutôt financer une étude. ça fait de beaux papiers.

    Commentaire par david — 07/10/2008 @ 16:58

  4. « Il n’est pas étonnant que ce soit l’outil privilégié des consultants, vous savez ces gens payés très cher qui vous disent « passe-moi ta montre et je te donnerai l’heure”

    « Les journalistes, vous savez, ces gens payés une misère pour délayer les dépêches d’agences qu’ils ne prennent pas le temps de vérifier, et qui s’étonnent ensuite d’être traînés dans la boue »

    Ou bien : « les journalistes, vous savez, ces gens qui dès qu’ils sortent du troquet, font trois interviews de pékins sur un marché et sont certains de pouvoir ainsi représenter l’opinion public »

    On pourrait continuer.

    Je suis déçu. La fin de la langue de bois serait-elle liée à une quelconque gueule de bois ?

    Bien à vous,
    Hub

    Aliocha : Vous m’en avez déjà voulu de m’en prendre aux X et aux énarques, aujourd’hui, vous êtes contrarié parce que j’attaque les consultants. A force de vous énerver ainsi Hub, vous allez vous démasquer ! En tout cas, des boites de consultants avec des X et des énarques, il ne doit pas y en avoir des masses. Comme je suis bonne joueuse, je vous dirais que vous n’avez pas tort sur les journalistes. Convenez donc avec moi que tous les consultants ne sont pas des X-ENA offrant une réelle valeur ajoutée à leurs clients, non ?

    Commentaire par Hub — 07/10/2008 @ 17:00

  5. A paraître demain dans Télérama un article : « Crise financière, la loi du silence ». Ou comment les alarmes tirées depuis des années par quelques économistes n’ont pas suscité d’écho. Intéressant.

    Commentaire par david — 07/10/2008 @ 17:31

  6. Aliocha, mon objectif n’est pas de rester masqué, et je ne suis pas énervé, mais déçu, comme je l’ai écrit : vous faites un blog qui se veut, si j’ai bien compris, le défenseur de la presse et des journalistes face à des attaques que vous jugez injustifiées, ou en tout cas qui ont tendance à reprocher à l’ensemble des dérives qui ne sont le fait que d’une minorité.

    Soit, l’entreprise est louable et le résultat intéressant. Mais, je réitère 😉 ne tombez pas vis-à-vis des X, des énarques, des consultants ou des garagistes (je ne suis pas garagiste. Ni énarque d’ailleurs :-))dans les comportements que vous dénoncez lorsqu’ils sont tournés vers les journalistes.

    Par ailleurs, le secteur du conseil n’est pas nouveau, ni mourant. Peut-être découvrirons nous un jour que son développement n’est lié qu’à une bulle (qui dure), mais en attendant, le bon sens que vous invoquez dans votre billet doit vous amener à penser que la valeur ajoutée qu’il apporte ne doit pas être nulle. Ou alors je ne comprends rien au bon sens (c’est le plus probable : je suis consultant).

    Maintenant j’en conviens : il y a parfois des missions de conseil qui n’apportent aucune valeur ajoutée. Il m’est arrivé de participer à certaines d’entre elles. C’est en général le résultat d’une mauvais définition des objectifs de la mission, dont le client et le consultant sont coresponsables, et/ou d’une mauvaise gestion de celle-ci, soit par le client soit par le consultant. Il doit aussi vous arriver d’écrire un article raté, ou sur un sujet inintéressant non ? Et même de le vendre ??? Les consultants aussi ont besoin de bouffer, cela les amène parfois, dans des cas extrêmes, à accepter des missions qu’ils savent inutiles. Ça n’est en général, dans mon expérience et sauf cas pathologique, qu’après avoir tenté avec acharnement de faire comprendre au client que d’autres approches seraient plus utiles.

    En conclusion : vous êtes exigeante avec vous-même dans votre métier, si j’en juge par vos billets et par votre production sous d’autres blogs. Soyez-le également avec les autres, c’est votre droit. Mais n’adoptez pas les travers que vous dénoncez, vous renonceriez alors à cette exigence et à cette rigueur qui vous honorent.

    Aliocha : Vous soulevez une question passionnante qui me taraude depuis des lustres. Faut-il continuer à écrire avec précaution pour ne heurter personne au risque de tomber quasi-mécaniquement dans la langue de bois, ou bien admettre que l’on va heurter, blesser, mais être compris et entendu. Cela fait douze ans que je pratique l’auto-censure au rythme d’un article par jour, je suis devenue experte en précautions de langage, euphémismes, sous-entendus, périphrases, en utilisation d’adverbes tels que notamment, qui permet d’éviter de trop longues explications ou bien du très utile « certains » qui évite au lecteur de se sentir visé. Et au fond, à quoi aboutit-on ? Une désaffection de la presse due en partie au fait que nos articles font périr d’ennui. A force d’avoir peur de parler, nous nous taisons. J’aurais pu ici rajouter le fameux « certains » avant consultants, comme lorsque j’évoquais la crise, j’aurais pu aussi dire « certains X » ou « certains énarques ». Seulement voilà, la pantalonade à laquelle je viens d’assister m’a montré où l’on pouvait en arriver à force de refuser de nommer clairement les choses : ne plus savoir de quoi l’on parle. Ne plus être compréhensible et je dirais même ne plus être en mesure de raisonner. Là comme ailleurs, il y a une juste mesure à trouver. C’est une question de balancier. Je cherche cet équilibre en permanence. Et pour trouver, il faut tester…;)

    Commentaire par Hub — 07/10/2008 @ 17:51

  7. Je ne peux qu’appuyer la remarque de Hub.

    « donne moi ta montre, je te donnerais l’heure », bien que cette remarque me laisse sans voix, je ne peux ne prendre la peine d’y répondre.
    Essayer de défendre les idées reçues sur le journalisme et inclure cette phrase, taclant brutalement, et sans aucune raison apparente le consultant, je trouve ça décrédibilisant.

    Aliocha : Figurez-vous que des consultants, j’en fréquente tous les jours. A titre professionnel d’abord. Il y en a des bons et des moins bons. A titre privé ensuite. Ils sont les premiers à regretter non seulement qu’il y ait des missions inutiles mais en plus que les clients les paient pour mettre le rapport dans le tiroir. La logique est : on a un problème, on commande un rapport, fermez le ban. Ils sont les premiers à rire de cette blague dont le principal défaut n’est pas d’être offensante mais particulièrement éculée. Je la croyais d’ailleurs si usée que je n’imaginais pas que ses angles puissent encore blesser. Il faut croire que si. Je vous avoue avoir beaucoup de peine à m’en désoler.

    Commentaire par Khark — 07/10/2008 @ 18:21

  8. légèrement parano, c’est une question que je me pose à chaque fois que j’écris. je crois toujours la résoudre de la façon suivante : tout écrire, sans méchanceté.
    quant aux lecteurs, il me semble que, s’il est possible de le brusquer sur le fond – en disant les choses, il est également possible de le faire dans la forme. or malheureusement, et vous parlez d’ennui à propos des articles, les phrases sont trop souvent des sujet-verbe-complément d’une maigreur grammaticale et d’une pauvreté lexicale sidérantes et le raisonnement un seul A va à B qui conduit à C. l’exigence doit aussi valoir pour la construction d’un papier.

    Aliocha : fut un temps, un rédacteur en chef me disait : « une phrase, c’est sujet, verbe, complément, pour l’adjectif, demande moi l’autorisation ». Les phrases simples sont imposées dans la presse.

    Commentaire par david — 07/10/2008 @ 18:25

  9. @Aliocha

    Continuez à tester, alors, c’est effectivement le seul moyen de trouver le juste milieu.

    Vous m’avez sans doute déjà compris mais je précise quand même : si je viens vous lire, c’est qu’à l’origine je ne suis pas loin de penser comme le quidam du café du commerce que je suis aussi : « la presse et les journalistes nous racontent un tissus de c…, ils font un boulot de sagouins, quand je lis le Monde j’en sauverais pas 2 pages ». Ce pensant, je vous trouve qui dites « chers lecteurs quidams, je vais vous expliquer en quoi vous vous trompez, la presse fait son boulot, ou au moins le fait-elle aussi bien que possible ».

    Aliocha : Je suis en train de lire un livre passionnant d’une agrégé de philo sur le journalisme et la démocratie. Je vous en parlerai quand je l’aurai terminé. Elle soulève une intéressante question : on se plaint du journalisme depuis sa naissance mais sans que personne soit en mesure d’évoquer un modèle qui pourrait servir de référence au bon journalisme. Pensez-y, vous verrez, c’est irritant….

    Si en deux semaines je lis sur votre blog « les X sont des gros nazes » et « les consultants sont tous des pipeauteurs », je suis amené à penser que vous manquez de rigueur et de sérieux dans votre analyse. Et donc à douter de votre crédibilité. Ce qui me déçoit, car je comptais sur vous pour me réconcilier avec la presse.

    Aliocha : Quand on met des guillemets Monsieur l’X, c’est qu’on cite, et quand on cite, il faut être fidèle. Sinon, je vais me fâcher pour de bon. Je n’ai jamais écrit cela. Non seulement parce que ce n’est pas mon vocabulaire, je ne parle pas d’jeuns, mais en plus parce que ce n’est pas ma pensée. Ma pensée sur ce sujet c’est, l’intelligence et la science ne sont pas infaillibles, même au plus haut niveau. Il serait temps que nos grands diplômés l’admettent. Je vous jure que je pourrais vous citer des noms. D’ailleurs, celui d’un inspecteur des finances très versé dans la consultation économique vient facilement à l’esprit, non ? La suceptibilité ou la colère contre les journalistes vous auront égaré

    Quoi qu’il en soit : continuez à tester, je continuerai à vous lire et à vous faire part de mon avis tant que je ne serai pas d’accord avec vous et que vous aurez la courtoisie de ne pas me mettre à la porte. Si vos réponses me montrent en plus que vous ne manquez pas de sérieux dans votre analyse, mais seulement – parfois – dans votre expression, ma déception sera de courte durée.

    Aliocha : Je ne mettrai jamais quelqu’un à la porte au seul motif qu’il me contredit. D’abord parce que je cultive la courtoisie et le respect de l’autre. Ensuite parce que lorsqu’on s’adresse à un public, il faut en accepter les conséquences. Enfin parce que la critique fait évoluer, en ce sens, elle peut me faire mal comme tout le monde, mais elle ne m’a jamais fait pas peur.

    Bon courage dans cette période que j’imagine mouvementée dans votre métier.

    Commentaire par Hub — 07/10/2008 @ 18:34

  10. juste une question, Hub, puisque vous ‘en’ êtes (non, je taquine induement).

    Peut-on dire que Arthur Andersen était une ‘boite’ de consultant ?
    Aliocha : Non, c’était plus exactement un réseau international d’audit et de conseil. Paix à son âme.
    Peut-on dire qu’ils certifiaient les comptes Enron ?
    Aliocha : Oui, aux Etats-Unis. Pour avoir traité l’affaire, je peux vous dire que c’est important de préciser que c’est le bureau américain si vous ne voulez pas que la branche française sorte de sa tombe pour vous tancer ! Il est bon par ailleurs de rappeler que le réseau a été innocenté par la justice américaine après avoir malheureusement été démantelé en catastrophe, sans doute sur ordre du gouvernement Bush qui avait besoin d’un bouc-émissaire
    Peut-on dire que Enron est un ‘scandale’ ?
    Aliocha : Incontestablement, mais aujourd’hui seulement car au moment du déclenchement de l’affaire, c’était un coup à avoir des ennuis. Comme vous le voyez, le journaliste se doit d’être plus précautionneux que le commentateur d’un blog 😉

    Alors, non « LES » consultants (entendre TOUS LES) ne sont pas des gros nazes, mais, si ma mémoire est bonne, lorsque j’étais qu’un simple étudiant en école supérieure de commerce, seulement la crème des crèmes des crèmes pouvait espérer envoyer un CV chez eux. et PAFFFFF … le chien.

    Autre cas, lors d’une journée entreprise innovante au salon Hoche, organisé par Martec avec oseo anvar, j’ai eu l’occasion de discuter avec un ‘consultant’ Ernst & Young, je puis vous assurer que son niveau objectif ne devait pas dépasser la 3ème, avec, en sus quelques ‘mots savants’ (board, partners, R.O.I, average, coach etc…) juste pour mettre un peu de sel dans la soupe insipide. Je n’ose même pas parler des intervenants vous pleureriez

    Aliocha : je vois que nous avons les mêmes fréquentations, on va finir par se croiser vous et moi.

    Je ne vous parle même pas de ceux qui sont venu expliquer les possibilités offertes aux habitants de notre village lors de l’enquète publique pour le choix entre assainissement collectif et assainissements privés, envoyés par l’agence de l’eau, la communauté de commune et le conseil général : présentation très sommaire, discours incohérent sur certains points, méconnaissance des problèmes d’assainissement des routes (hydrocarbures nécessitant des fosses à séparation etc.)

    Maintenant je veux bien croire que ce ne sont pas LES consultants mais DES consultants. Pourtant, de la même manière que l’on juge les cv des personnes par leurs expériences et/ou leurs études pour les ‘classer’ dans la pyramide des postulants, comment peut-on classer les consultants quand le sommum de la compétence, et présenté comme tel dans les ‘cercles’ apparaît comme être un ramassis d’incompétent. On peut se dire que ce ne sont que quelques exemples parmis un océan de gens compétents.

    Las la société actuelle n’apprend plus à faire des différences et regarde l’arbre qui cache la forêt : la preuve, tous les internautes sont des pirates qu’il faut contrôler et fliquer, le mal du siècle vous dis-je.

    Commentaire par herve_02 — 07/10/2008 @ 20:00

  11. @Aliocha : je vois que nous avons les mêmes fréquentations, on va finir par se croiser vous et moi.

    ce n’est pas bien de faire palpiter les petits vieux 😉 Disons que le peu d’expérience que j’ai tiré de ses ‘rencontres’ se résume à café-croissant contre déplacement. Je fuis maintenant toutes ces réunions et préfère travailler tout seul avec internet comme usine à informations. Je gagne ET le déplacement ET les rencontres charmantes (vous en l’occurence).

    Je sais bien que la proximité d’une plume ne donne pas les même sensations que la proximité d’une personne réelle, mais je ne veux pas faire exploser mon pace-maker à la vue d’une journaliste travailleuse avec l’étincelle de la curiosité intelligente dans le regard.
    Oui, je sais je devrais consulter, mais j’ai peur qu’ILS ne m’internent.

    oui oui \_0 [ ] flap flap

    Commentaire par herve_02 — 07/10/2008 @ 20:22

  12. @ herve : »je sais je devrais consulter, mais j’ai peur qu’ILS ne m’internent ».
    Mais non, mais non, c’est une bonne maladie.
    Bon, on vous laisse!

    Commentaire par Doc — 07/10/2008 @ 20:34

  13. @1 El Re : des matheux ou physisistes utilisant Powerpoint ou Impress ? La communication scientifique sera tombée bien bas quand leur nombre aura dépassé celui des utilisateur de TeX. (Oups pardon, c’est fait et la science n’a pas disparu. Aliocha et curieux non hackers : TeX est le Linux, version années 90, de Vista)

    @Aliocha : votre site est extrèmement (accent chapeau injustifié) intéressant, notamment grâce à votre énergie communicative (oups, langue de bois ? à votre pêche !). Ce n’est pas le sujet du billet, mais, peut-être, une idée pour un autre : comment vous repérez-vous dans votre critique des travers de la presse aux côtés d’ASI, Ruffin, etc. ?

    Commentaire par nyves — 07/10/2008 @ 21:49

  14. @nyves

    « TeX est le Linux, version années 90, de Vista »… Ceux qui auront compris que Tex est un logiciel de typographie (en gros traitement de texte) seront très fort. Le linux ça doit être pour dire qu’à la fin il faut compiler pour avoir le document final.

    Et généralement on utilise les deux, Tex pour le gros rapport indigeste de 500000 pages, et powerpipo pour la présentation de vingt minutes des résultats principaux…

    En conséquence dame Aliocha, on nous apprend à ne mettre que l’essentiel sur le powerpipo, et donc on dit généralement pas grand chose, surtout si on a l’impression de parler à des buses. Et vu la réputation actuelles des journalistes (je ne dis pas qu’elle est méritée, loin de là) ça donne ces conférences affreuses.

    Commentaire par Adrien — 07/10/2008 @ 23:50

  15. @ Aliocha
    en ce moment on entend beaucoup de critiques sur Nicolas Sarkozy, qu’il s’agite dans le vide, qu’il profite de la crise, qu’il s’en tient au discours. Eh bien je vais vous dire, il bouge, il parle et quand je le compare aux milieux économiques, terrorisés et silencieux, tremblant à la simple idée qu’une respiration un peu trop profonde ou un soupir de désespoir pourraient les faire couler, je trouve que notre président a du mérite. Vraiment.

    C’est sur que vouloir être le champion du monde en catégorie « brasse coulée, piscine en cours de vidange  » implique de bien bouger d’abord les bras et les jambes, mais quand à parler en même temps : « gaffe à la tasse »
    😉

    je suis presque sur que certains opportunistes sont déjà prêt à revendre sans droits ni titres le restant du carrelage de la piscine 😉

    Commentaire par draftbold — 08/10/2008 @ 00:17

  16. Si j’ai bien compris Aliocha proteste quand on dit que:
    * Certains journalistes se contentent de reprendre des informations déjà publiées, des dépêches et des communiqués de presse, sans rien vérifier.
    * Certains journalistes n’ont pas le niveau que l’on attendrait d’un élève de lycée sur les sujets qu’ils abordent.

    Mais par contre les consultants sont tous forcément des blaireaux?

    Là encore, je pense que les gens font ce qu’on attend d’eux. Si on attend d’eux des rapports creux servant à justifier telle ou telle décision déjà prise, ils les feront.

    Aliocha : Je constate en effet sous ce billet que la langue de bois semble satisfaire tout le monde, y compris les lecteurs. La question du consultant a totalement occulté le message de mon billet, à savoir que la crise ne déboucheraient que sur quelques rustines parce que tout le monde a peur de parler même de penser. Vous dites que les gens font ce qu’on attend d’eux ? Peut-être, mais ce n’est pas mon cas. Ne comptez pas sur moi pour faire de la langue de bois ici. Je vous préviens, je suis têtue.

    Commentaire par DM — 08/10/2008 @ 09:32

  17. A tous les consultants> euh, comment dire,… je ne voudrais froisser personne, mais il se trouve que j’estime avoir une bonne expérience dans le domaine… et je ne puis qu’appuyer Aliocha. Le powerpoint et la langue de bois sont deux maladies (parmis d’autres, rassurez vous) du consultant des grands cabinets de la place (allez, citons E&Y, PWC, BearingPoint…). Combien de fois n’ai-je pas entendu: « au fait, tu me diras combien de jours tu as effectué; tu m’envoies un powerpoint, hein? » ou le classique « tu me fais un plan du projet sur powerpoint » ?
    J’oubliais de dire que je suis têtu, résolument indépendant, et déteste être responsable des crétineries des autres… donc pour tout ça, je ne fais pas de powerpoints, mais des emails, des docs words, des microsoft project… 😉 !

    Commentaire par Vonric — 08/10/2008 @ 10:44

  18. « La question du consultant a totalement occulté le message de mon billet, à savoir que la crise ne déboucherait que sur quelques rustines parce que tout le monde a peur de parler même de penser. »

    C’est précisément la remarque que je me faisais. Entre ergotage sur le consultant, chicanerie sur Tex ou LaTex (qui n’a évidemment rien à voir avec Linux, un système d’exploitation, puisqu’il s’agit d’un logiciel de composition de texte, versé également dans la composition de formules mathématiques et très apprécié des scientifiques), on n’a que peu réagi sur le fond du billet.

    Elle est peut-être aussi à chercher de ce côté là, la raison de la désaffection pour la presse en France. On ne sait plus lire sans être interpellé en premier lieu par la forme, ou sans voir notre attention mobilisée par la défenses d’intérêts partisans, ou encore sans être arrêté dans notre lecture par le premier point sur lequel on est en désaccord.

    Cette façon de lire qui procède, au départ, d’une bonne intention, à savoir une analyse critique du texte qu’on a sous les yeux, fini par nuire à l’analyse globale qu’on pourrait en faire et à en phagocyter le sens.
    La rançon de l’esprit critique ?

    Aliocha : Un penseur que j’aime énormément, Antoine Garapon, spécialiste des questions de justice, faisait observer il y a peu que c’était un mal français. On adore les débats universalistes, abstraits, esthétiques, politiquement correct, soucieux d’unité morale, ce qui crée par réaction des tentations libertaires. D’où des affrontements permanents empêchant toute possibilité d’être comme il dit en situation de « désaccord pacifique ». D’où aussi des débats erronés par manque d’humilité et incapacité à observer la réalité telle qu’elle est. Je souscris entièrement à son analyse et j’en profite pour dire ici que j’aimerais que ce blog puisse, modestement, être un lieu de débat apaisé, pacifique.

    Commentaire par Laurent — 08/10/2008 @ 11:23

  19. Je m’arrete sur le point qui m’interpelle, evidemment.
    Le sujet global m’interesse, c’est tout, je n’ai pas envie d’en débattre outre mesure.
    Par contre, le point concernant les consultants me heurte, c’est logique donc que mon commentaire se base dessus 🙂

    Je proteste donc sur le point du consulting, comme Aliocha proteste sur le point de vue que certains ont de la presse.

    Je pense, que dans un article d’Eolas (par exemple), si tu voyais le citer : « … menteur et feignant, un peu comme un journaliste ».
    Cela t’interpellerais aussi. (non?)
    Alors oui c’est bien, tu ne manie pas la langue de bois. Cool.
    C’est pas une raison pour écrire n’importe quoi, basé sur un expérience malhereuse.

    Ou bien si allez, pourquoi pas :
    tous les journalistes sont feignants, les coiffeurs homo, les ouvriers débiles, les routiers sympas, les consultant inutiles, les garagistes voleurs et les agriculteurs bouseux.
    Bah oui, ainsi va la vie.

    Commentaire par khark — 08/10/2008 @ 11:43

  20. bah, ce n’est pas impossible qu’on vous pipeaute, surtout si vous n’êtes pas expert(e), et l’abus de powerpoint est une circonstance aggravante mais pas déterminante. C’est là l’intérêt d’être en conférence de presse : vous pouvez poser des questions pour éclaircir les points incohérents, et aucun powerpoint ne sauvera votre conférencier d’une question mordante et judicieuse.

    C’était mon passe-temps préféré quand j’étais à l’école, mes profs finissaient par ne plus me voir 😉

    Aliocha : ça nous fait un point commun, mes carnets portaient invariablement la mention « bonne élève mais doit faire attention à l’insolence » ! J’ai posé des questions, le malheur, c’est que la langue de bois glisse facilement vers la pensée de bois. Mes interlocuteurs étaient dans l’incapacité de me répondre. Car les questions que je posais, soit ils refusaient de les envisager, soit ils ne pouvaient y répondre officiellement. Dans ces conditions, comment voulez-vous aborder sérieusement les problèmes ? Il arrive toujours un moment où il faut nommer les choses, ouvrir les dossiers, réfléchir honnêtement même si ça fait mal. Il me semble au fond qu ela langue de bois, la pensée unique relèvent en grande partie d’un problème de courage….

    Commentaire par mauhiz — 08/10/2008 @ 11:46

  21. Khark : une meilleure défense du métier de consultant aurait consisté à montrer que vous savez passer sur une boutade puis vous élever et vous attacher au fond de l’article plutôt que de décréter que vous ne voulez pas débattre du fond mais préférez réagir à une provocation.

    Commentaire par Laurent — 08/10/2008 @ 12:14

  22. Laurent> le consultant ne fait que de la com, de la surface. Le métier des bas fonds est réservé a d’autres 😉
    Mis a part cela, concernant le billet d’Aliocha je ne peux que souscrire… observant notamment que certains journalistes britanniques (le très réputé John Humphrys ou Jeremy Paxman) sont justement respecté car n’hésitant pas a poser les questions qui fâchent… et a insister jusqu’à avoir une réponse (Paxman est même réputé pour cela). En France le journaliste trouvera parfois cela impoli malheureusement.

    Commentaire par Vonric — 08/10/2008 @ 12:32

  23. Parmi ceux qui font de longues études, certains (et d’autres non) s’adonnent totalement à leur spécialité ,par manque de moyens, manque de courage, ou manque de curiosité. Ils ne lisent plus, si ce n’est leur revues pro, ne sortent plus si ce n’est avec leurs semblables,et tous pointus qu’ils soient dans leur champs deviennent des sortes d’ignorants, infatués en plus!
    En tous les cas, dans ma profession, ça arrive! Mais pas que, j’observe.
    Concédons à Aliocha que les journalistes ne sont pas les plus exposés à ce travers, ils ont un peu du mal à ne se fréquenter qu’entre eux, et puis un journaliste pointu sur ce dont il parle, on lui dit assez que c’est rare!

    Commentaire par Doc — 08/10/2008 @ 13:08

  24. Bonjour Aliocha!

    Il y a quelque chose que je ne comprends pas très bien dans votre article: qu’est ce qu’ils ont peur de révéler?

    Aliocha : je dirais plutôt qu’ils ont peur de penser. Le contrôle interne en France n’a jamais fait recette, on n’aime pas ça. D’après un ami commissaire aux comptes, c’est un défaut latin, les limites de l’influence anglo-saxonne sur nos aimables caractères. Cela étant précisé, le contrôle interne rencontre des problèmes d’indépendance majeurs : indépendance vis à vis de la société qui nécessite qu’ils soient rattachés à la direction générale pour être relativement intouchables, indépendance vis à vis de ceux qu’ils surveillent, s’ils font les méchants, ils braquent les salariés contre eux et ne peuvent pas travailler. Cette position instable, ajoutée au fait qu’ils ne sont pas créateurs de richesse, les incite à ménager la chèvre et le chou et limite leur efficacité. Mais s’ils le disent un peu trop fort, ils risquent de se disqualifier totalement.

    Commentaire par tschok — 08/10/2008 @ 14:12

  25. @ Aliocha (et les autres)

    Je vous conseille la lecture d’un petit essai (déjà conseillé par un autre commentateur d’ici ou de chez Eolas, je ne sais plus) sur, justement, l’usage de POWERPOINT et autres outils de la suite MS OFFICE:
    « Devenez beau, riche et intelligent, avec PowerPoint, Excel et Word », et c’est dispo gratuitement ici :
    http://www.renupi.org/IMG/pdf/haladjian.pdf

    Ca m’a bien plu, et je pense que ça vous plaira …
    Encore merci à celui qui me l’a fait découvrir (il se reconnaitra), même si nous n’étions pas complètement d’accord sur le reste de nos commentaires.

    Commentaire par Yves D — 08/10/2008 @ 16:37

  26. Outre les consultants et la montre, il y a aussi :

    « Enterrer un projet c’est facile : il suffit de nommer un comité. ».

    Sinon, le livre de Rafi Haladjan (donné par Yves D en 25) est vraiment très intéressant et conforte, en l’analysant d’un point de vue original, votre sentiment sur PowerPoint.

    En tous cas, merci à Yves D, je ne savais pas que renupi avait obtenu les droits de le mettre en ligne 🙂

    Commentaire par furax — 08/10/2008 @ 20:32

  27. @Yves : Si vous appréciez ce pdf et ce qu’il implique, c’est que nous sommes d’accord sur le fond. Soit je suis trop aigri, soit vous n’êtes pas au bout de votre cheminement, mais il est impossible que nous divergions dans nos idées.
    J’ai fait le cursus classique : prépa, école sup de commerce, responsable chez pizza hut, puis total, gouverné par des petits – recrutement horizontal – cela m’a ouvert les yeux, il y a 15 ans. Difficile d’être émerveillé par un spectacle de magie lorsque l’on connait les trucs.
    Le « système » n’est qu’un grand mécano de ces petites affaires de tous les jours. Que vous brassiez 15 M€ dans une banque ou 50000€ dans une station, c’est la même chose, avec les mêmes implications, juste l’échelle est différente et c’est un point de détail que cela touche 10 ou 1000 personnes. Le mécanisme est le même. Aujourd’hui le mécano est abject doit-on le sauver ? mais à quel prix ?
    Aujourd’hui, j’ai une ‘tite boite de logiciel libre, j’interviens pour du spécifique dans des environnements hétérogènes : plus personne ne sait travailler, même les grosses multinationales font de la merde, à tel point que s’en est effrayant. Une machine à 300 000 euros, piloté par un soft qui a l’ergonomie et la qualité d’un Vtech, chez un leader mondial dans son domaine !

    On ne change pas le cours de l’histoire, tout juste peut-on en dévier légèrement le cours pour un certain temps, et cela se paie toujours.

    Commentaire par herve_02 — 09/10/2008 @ 01:06

  28. Chère Aliocha,

    La différence entre le Président et les élites qui font du « politiquement correct », c’est que le premier ne risque pas de perdre son job 🙂

    Ce phénomène est né à la fin des années 70. Progressivement, le concept de Nounours dans « Bonne nuit les petits » s’est emparé du management. Cela correspond précisément au début du spectre du chômage des cadres. Aujourd’hui, le management craint tellement de perdre son job que sa fonction première est de ne pas se faire remarquer et d' »ouvrir le parapluie ». La créativité a quasiment disparu.

    Les développements de l’informatique ont contribué à renforcer cette frilosité, en multipliant les e-mails de couverture (au cas où…). Chacun a son petit dossier (si on me vire, ça leur coûtera cher…). Les objectifs de développement de l’Entreprise sont entravés par le désir de chacun de se maintenir à son poste… C’est également vrai en politique. Et comme les intérêts sont intimement liés entre tous les intervenants (je te tiens, tu me tiens par la barbichette), étonnez-vous que l’on pratique partout la langue de bois 🙂

    Quand un scandale éclate (Enron, Kerviel, crise des subprimes, etc…), c’est vraiment parcequ’on ne pouvait pas l’éviter 😉 Et même dans ce cas, on cherche immédiatement un bouc-émissaire…

    Courage, fuyons 🙂

    Commentaire par ramses — 09/10/2008 @ 03:50

  29. Bonjour Aliocha,

    J’aime bien votre billet et partage en grande partie votre analyse.
    Néanmoins, le système bancaire semble reposer sur la confiance du public. Il me semble donc normal que les discours d’aujourd’hui soient plutôt « profil bas » pour éviter la panique.
    Il faut beaucoup de courage et une bonne dose d’inconscience pour tenir un discours vrai, sans langue de bois.
    Je constate que souvent (mais pas toujours) les personnalités politiques qui parlent vrai sont bloquées à un certain stade, parce qu’elles n’emportent pas l’adhésion. Du coup, leur action reste limitée.
    Personnellement, j’aime beaucoup les journalistes qui secouent leurs interviewers pour faire (un peu) ressortir la vérité sans langue de bois… A propos, que pensez-vous de John Paul Lepers?

    Concernant les présentations creuses, je vous invite à recommander aux présentateurs maladroits la lecture de l’ouvrage suivant: « Comment ne pas endormir son auditoire en 30 secondes » de Jean-Marc Aimonetti aux éditions De Boeck.

    Commentaire par Zythom — 10/10/2008 @ 13:26

  30. @ hervé 02

    Ah oui, c’est ça, c’était « hervé 02 » le pseudo de celui qui m’a fait découvrir l’amusant livre de Haladjan.
    Au delà de l’aspect iconoclaste de son petit essai, , c’est son coté sérieux mais sans se prendre au sérieux que j’ai bien aimé (même s’il a un peu une tendance agassante à « étaler sa culture » dans ces citations litéraires ou cinématographiques).

    Ceci dit, pour répondre à votre dernier com’, je pense qu’entre « être aigri » et « être (bêtement) émerveillé », il y a de la place …

    Si j’aime bien la citation « le capitalisme est le pire des systèmes … à l’exception de tous les autres », je dois avouer que ce système ne me semble pas si mauvais que ça … d’autant plus que, pour reprendre le titre d’un bouquin du (déjà) siècle dernier, il y a « capitalisme contre capitalisme (anglo-saxon vs rhénan) ».
    D’un autre coté, je n’ai pas vécu « sous » un système totalitaire …
    Mais je me souviens très bien de ma première rencontre avec des « chinois de Chine » (lors d’une réunion internationale), et combien j’avais été choqué de les entendre parler d’argent, d’argent et encore d’argent ! Comme s’ils ne rêvaient que d’une chose: le capitalisme !

    Commentaire par Yves D — 10/10/2008 @ 15:53

  31. @Aliocha: Il est pour moi évident que tout le monde dans le milieu financier espère très fort que les problèmes se règlent « tout seuls » (même s’il faut pour cela que l’État, donc le contribuable, fasse de gros chèques), et surtout sans que rien ne change profondément (modulo quelques mesurettes pour amuser la galerie).

    C’est tellement évident que je ne prends même pas le temps de le relever ou de le déplorer publiquement.

    Je dis cela sans blâmer spécialement les financiers, le comportement ci-dessus (on espère surtout que tout continue comme avant, sans faire de vagues et sans trop rien changer, quitte à demander du fric) se retrouve dans tous les secteurs en crise.

    Commentaire par DM — 11/10/2008 @ 01:03

  32. […] ailleurs, d’autres articles d’Aliocha, en décrivant le quotidien de son travail, induisent chez le lecteur une certaine mansuétude à l’égard de la profession […]

    Ping par [12-2008] Crise du journalisme et des médias : 2 - Regagner la confiance | Miscellanée de réflexions — 08/06/2011 @ 17:16


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :