La Plume d'Aliocha

19/01/2009

Transparence privée, opacité publique

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 10:39

Vous l’avez deviné, ce billet va être un coup de gueule. Eh oui, j’ai commis une erreur fatale hier soir. A lieu de m’installer confortablement devant un film, j’ai regardé l’émission Capital. Pourtant je connaissais le sujet, je savais qu’il me mettrait en rogne, tant pis, j’ai regardé, comme on titille une dent malade. Capital donc, était consacré hier soir à l’argent public. Quatre reportages, l’un sur les dépenses de l’Elysée, un autre sur celles du Sénat, un troisième sur l’état de la justice française, le dernier sur le parc automobile de l’Etat (140 000 véhicules, eh oui !).

Ah le Sénat ! J’ai appris de la bouche même de Philippe Seguin, premier président de la Cour des comptes que l’honorable institution ne voulait pas qu’on mette le nez dans ses affaires. Ben non, elle n’a pas répondu à la demande de la Cour des comptes de se pencher sur sa manière de gérer l’argent public. Que peut-on faire ? Rien. Qu’en penser ? Le professeur de droit constitutionnel Guy Carcassonne aperçoit deux hypothèses. Soit le Sénat n’entend absolument pas être contrôlé, soit il prépare cet audit en corrigeant quelques unes de ses erreurs les plus contestables. En écrivant cela je bout intérieurement. Quant on bénéficie de plus de 300 millions de budget, dont 58 millions parfaitement obscurs qui sont dépensés de manière totalement secrète, on rend des comptes bon sang. Comment peut-on continuer d’imposer toujours plus de transparence aux entreprises privées et refuser soi-même de se prêter à l’exercice ? De qui se moque-t-on ? Les journalistes interrogent l’ancien responsable des comptes du Sénat, celui-ci rétorque qu’il contrôle la régularité des comptes mais pas les décisions politiques qui mènent, par exemple, à attribuer à vie un appartement de fonction à l’ancien président. Heureusement, les journalistes étaient là, ils ont révélé l’affaire et Christian Poncelet a dû renoncer à cet avantage. Depuis, on dit que le Sénat fait quelques efforts et pourrait demander un audit à une société privée. Et pourquoi pas à la Cour des comptes comme l’a fait l’Assemblée ?

Un autre reportage nous apprend que le budget de l’Elysée a été rallongé de 10 millions d’euros pour 2008 et va être encore augmenté l’an prochain. Comme vous le voyez, l’heure est aux économies. Dont acte. On nous explique que le Président a été à la tête de l’Union, qu’il effectue beaucoup plus de voyages officiels que son prédécesseur, admettons. Mais quand les journalistes de Capital demandent au grand argentier de l’Elysée qui a payé lorsque Nicolas Sarkozy a emmené sa mère et l’un de ses fils en voyage officiel en Chine, celui-ci répond qu’il l’ignore, il n’était pas là à l’époque. Entre nous, il y a fort à parier que si la réponse avait été vertueuse, on nous l’aurait donnée. Le Président de la République invite tous les députés UMP à déjeuner à l’Elysée, se comportant ainsi en chef de parti aux frais de sa fonction de Chef de l’Etat, on nous explique que c’est une autre manière de gouverner liée à la présidentialisation du régime.  

Evidemment,  il fallait un contrepoint. Fort judicieusement Capital a choisi de montrer notre justice, ses juges noyés de dossiers, les comparutions immédiates qui commencent à 13h30 pour s’achever à minuit, un palais de justice en ruine, des greffiers débordés, des décisions de justice qui ne seront notifiées qu’avec plusieurs mois de retard faute de pouvoir trouver quelqu’un pour les taper, des enquêtes de personnalité qui durent 30 minutes et vont participer pourtant à des décisions de privation de liberté.

Que retire-t-on au fond de cette émission ? Que nous vivons toujours en monarchie bien sûr. Mais surtout que les contrepouvoirs ne sont pas aussi efficaces qu’on le croit. Car les contrôleurs, et c’est le message fondamental, contrôlent la régularité des comptes et pas la pertinence des décisions politiques. C’est agaçant mais ils n’ont pas entièrement tort. Dans une entreprise privée, les auditeurs font de même, sauf que lorsqu’ils tombent sur une infraction, ils sont tenus de la dénoncer au procureur de la République. Or, si un chef d’entreprise emmène sa petite famille en voyage d’affaires, cela s’appelle de l’abus de biens sociaux et c’est du ressort de la justice pénale. S’il invite les membres de son club de bridge à déjeuner dans l’entreprise et aux frais de celle-ci, c’est encore de l’abus de biens sociaux. Pourquoi ? Simplement parce qu’il ne faut pas confondre le patrimoine de l’entreprise et celui de son dirigeant, parce que les ressources de l’entreprise doivent être utilisées au bénéfice de… celle-ci et pas de son dirigeant. Quant à celle qui refuserait de faire contrôler ses comptes, elle passerait un sale quart d’heure. Cela relève, surtout si elle est cotée,  du pouvoir de sanction de l’AMF et de la justice pénale. Au nom de quoi l’argent public devrait-il être traité avec plus de désinvolture et moins de transparence que celui de l’actionnaire ?

Comme l’a dit l’un des intervenants, c’est aux journalistes de dénoncer les choix politiques et de forcer ainsi la transparence et le respect des lois. Nous le faisons, la preuve hier avec Capital. La vraie question ensuite, c’est : le public est-il derrière nous, a-t-il conservé une capacité d’indignation suffisamment forte pour nous soutenir ? Car ici il ne faut pas compter sur l’opposition, tout le monde a intérêt à faire perdurer le système, ceux qui en ont profité, ceux qui en profitent aujourd’hui et ceux qui espèrent un jour en bénéficier aussi….

Et puisque la crise nous invite à moraliser le capitalisme, si nous commencions en France par moraliser l’utilisation de l’argent public ? Faute de quoi, l’Etat aura sans doute du mal à faire la leçon aux banques, à exiger plus de transparence, à corriger les errances des parachutes dorés etc. Pour donner des leçons, il me semble qu’il faut commencer par être exemplaire, non ?

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36 commentaires »

  1. Chère Aliocha,
    j’ai commis la même erreur que vous hier soir. On parie combien de m² de moquette élyséenne que le public s’en fiche ? Mais pourquoi ?
    Je me méfie des explications culturelles. La culture (disons, ensemble de normes partagées) n’est -à mon sens- jamais une cause mais un résultat, autrement dit jamais une explication mais quelque chose à expliquer. Autant dire que les arguments avancés hier (tradition, culture catholique, etc.) m’ont laissé sur ma faim.
    Alors, pourquoi sommes-nous indifférents à l’état du budget de la Justice, à l’opacité du parlement (un comble), aux petites commodités que s’offrent des élus ? Ne pouvons-nous pas être vertueux (au sens 18e siècle) sans devenir « puritains » ?

    Aliocha : la crainte de Guy Carcassonne que nous ne sombrions dans le puritanisme m’a faite sourire…il me semble en effet que nous avons de la marge 😉 Pour le reste, les journalistes ont souvent le sentiment de travailler dans le vide et que certains scandales ne prennent pas en France malgré tout le mal qu’on se donne. J’ignore si ce sentiment est fondé au pas. On m’a commandé il n’y a pas longtemps un article de vulgarisation sur l’ABS, j’ai découvert à cette occasion que nombre de chefs d’entreprise qui ont créé leur boite et y travaillent jour et nuit ont bien du mal à comprendre que la caisse de la société est distincte de la leur. Pour ceux-là, emmener leur épouse en voyage d’affaires au frais de la société, se faire construire une piscine en puisant dans la caisse, se servir un salaire disproportionné n’est que la contrepartie légitime du mal qu’ils se donnent. J’imagine aisément qu’un élu peut se dire « vu l’énergie que je déploie au service de la collectivité et de mes électeurs, j’ai droit à des compensations ». Est-ce un héritage catholique qui nous rend plus détendus vis à vis de l’argent ou bien une crise morale ? Ceux d’entre nous qui ont eu des parents ou des grands-parents élus ou fonctionnaires se souviennent sans doute de les avoir entendu confier le respect qu’ils avaient pour leur mission, leur désintéressement, leur fierté de servir l’intérêt collectif….

    Commentaire par Lindir — 19/01/2009 @ 11:31

  2. Le problème c’est qu’élu et vertueux me semble une combinaison totalement impossible. A moins d’aller les pendre à la lanterne notre seule arme est notre bulletin de vote. Certains trempent dans les pires magouilles mais ça n’empêche pas leurs électeurs de les réélire. Sado-masochisme peut être ? Comme je ne suis ni l’une ni l’autre je bannie ce genre d’émissions de mon PAF afin d’éviter les crises d’urticaire géant. Si vous avez une solution pour que ça change je suis preneuse.

    Aliocha : il m’arrive de partager votre pessimisme, mais je ne crois pas que le « tous pourris » là comme ailleurs soit une solution, c’est plutôt une manière de cautionner involontairement le statu quo en considérant que les choses par essence ne peuvent s’améliorer. C’est là que personnellement je vois un espoir dans Internet et sa capacité à dynamiser le débat public en permettant à tous les citoyens de s’exprimer. Encore faut-il qu’ils soient choqués et qu’ils l’expriment…

    Commentaire par Catherine — 19/01/2009 @ 11:57

  3. C’est également la crainte de Guy Carcassonne quant à une éventuelle dérive puritaine qui m’a le plus étonné. Comme vous le dites, entre le puritanisme notamment suédois et la pratique française, il y a un monde !

    Le témoignage de la journaliste allemande est à ce sujet assez éclairant sur une pratique qui me semble plus éthique.

    J’attends, je le pense en vain, qu’une prise de conscience se fasse au sein de l’opinion publique.

    Commentaire par Jérôme — 19/01/2009 @ 12:42

  4. Aliocha : « Au nom de quoi l’argent public devrait-il être traité avec plus de désinvolture et moins de transparence que celui de l’actionnaire ? »

    Mais parce qu’il n’appartient à personne, justement. Et que donc chacun s’en approprie autant qu’il en peut. C’est le pendant d’une société quasi-socialiste (au sens originel du terme). Cela dit, vous connaîtriez le coût du platane en bas de chez vous que vous en demanderiez tout de suite l’abattage.

    🙂

    Commentaire par Paul — 19/01/2009 @ 13:28

  5. @Paul
    J’ai du mal à imaginer Sarko se goinfrant d’argent publique à cause de ses réflexes quasi-socialiste…

    Sinon, autant tout ce qui est luxe affiché, bling-bling, histoire de cul, ou d’amour ne m’intéresse pas, autant je suis un puritain si cela signifie « ne pas aimer que quelqu’un se serve dans la caisse… » Sauf si c’est moi bien sûr 😉

    Cela dit, c’est vraiment un trait de la culture française les « avantages en nature » qu’on ne paye pas, donc bonne chance pour les éradiquer…

    Commentaire par adrien — 19/01/2009 @ 13:38

  6. @Paul

    Le juriste que je suis vous dirait que vous confondez « res communis » et « res nullius ».

    Res nullius : Expression latine qui désigne une chose sans maître, c’est-à-dire qui n’a pas de propriétaire mais qui est néanmoins appropriable.

    Res communis : Expression latine qui désigne les choses communes qui, de par leur nature, ne peuvent être appropriées et appartiennent à tous.

    Notez que c’est juste pour faire de l’humour mais l’esprit y est. L’argent public est une « res communis », un bien public que nul n’a le droit de s’approprier…et encore moins les représentants de l’Etat quels qu’ils soient.

    @Aliocha:
    Je comprends parfaitement votre indignation, sachez que je pense que la plupart des contribuables français la partage.
    Maintenant, certains paramètres expliquent que cette indignation ne soient pas retranscrite collectivement (elle l’est individuellement) :
    1. La capacité lénifiante d’une société du plaisir, individualiste et recroquevillée sur elle-même (on esssaye de sauver ses propres meubles avant celui des autres)
    2. L’absence de relais des représentants qu’ils soient syndicats, parlementaires ou autres.
    3. L’étouffement des alternatives de communication et de représentation (monopole des deux monolithes politiques perpétuant les pratiques illicites, subordination des grands groupes de presse aux sociétés amies de l’Etat…)

    Je crois sincèrement que le problème ne vient pas de la population…mais de sa représentation…ce genre de scandale ne devrait pas être repris une seule fois mais constamment, régulièrement et surtout en période d’élections électorales…et par l’ensemble des titres de presse. Peut-être alors le peuple votera-t-il intelligemment et non pas « blanc » ou « noir »…

    Commentaire par Nemo — 19/01/2009 @ 14:08

  7. Je n’ai pas vu l’émission, habitant à l’étranger. Ceci dit, nul doute que j’aurais partagé la même indignation que vous, votre résumé m’ayant déjà agacé.
    En ce qui concerne les entreprises, le commissaire aux comptes est obligatoire dans les SA (cotées ou non) et dans les Sarl au delà d’un certain seuil. Le commissaire aux comptes est responsable pénalement s’il ne dénonce pas des faits illégaux dont il aurait eu connaissance dans le cadre de ses diligences. Ce n’est donc pas seulement le patron qui est éventuellement condamné, mais le commissaire aux comptes peut également être poursuivi.
    Enfin, s’il convient de combattre l’ABS, je serai plus indulgent que vous sur ces petits patrons qui travaillent jour et nuit pour leur entreprise. Emmener sa femme en voyage d’affaires quand on est PDG d’une PME, d’une part cela doit être assez peu fréquent, et d’autre part, dela me choque moins que l’augmentation du budget de l’Elysée…

    Commentaire par Stéphane — 19/01/2009 @ 14:35

  8. @Stéphane:
    Vous me permettrez d’esquisser un sourire lorsqu’on évoque l’efficacité du système des Commissaires aux Comptes dans les entreprises privées…

    Aliocha : vaste sujet en effet. Si vous songez à la fraude, il est vrai qu’ils ne la détectent que rarement mais à leur décharge tout est fait pour qu’ils ne la voient pas et ils ne disposent pas des moyens d’investigation de la police. Pour le reste, une grande partie de leur travail est invisible, le travail qu’ils opèrent en amont avant d’accepter de certifier les comptes et qui conduit à des réajustements utiles (et plus ou moins forcés). Ajoutons que leur seule présence suffit déjà à obliger les entreprises à une certaine rigueur comptable. Mais je vous accorde que la garantie qu’ils offrent est loin d’être absolue 😉

    Commentaire par Nemo — 19/01/2009 @ 14:49

  9. Poutre dans l’oeil
    > 300 millions de budget du sénat .
    > augmentation de 10 millions d’euros pour 2008 de l’élysee

    Eclairez nous sur les 600 Millions d’euros d’aides directes et indirectes consenties à la presse, et dites nous s’ils sont en rapport avec les millions de sornettes sur cecilia rachida carla ….

    Aliocha : tiens, c’est amusant, j’attendais ce genre de réactions tout en me disant que j’avais sans doute suffisamment insisté sur le fait que ce blog n’était pas un vomitoire pour que l’on m’en dispense. Visiblement, ce n’est pas le cas. Je ne vous retiens pas.

    Commentaire par Mami — 19/01/2009 @ 14:56

  10. @aliocha
    C’est une vomissure qui est présente dans l’esprit de beaucoup.
    Au lieu de m’éjecter, éclairez nous, ou au moins indiquez nous des liens où certains auront répondu !

    Aliocha : Dois-je vous montrer à nouveau la porte ? Ici on débat entre gens civilisés, on ne parle pas de paille et de poutre, on ne procède pas par insinuation et on ne profite pas non plus de n’importe quelle occasion pour faire un hors sujet et expurger sa haine de la presse. Et surtout on ne confond pas sottement aide à un secteur industriel et gestion opaque de fonds publics. C’est une question de rigueur intellectuelle, de courtoisie et de tout un tas de choses qui vous sont à l’évidence parfaitement étrangères. Si un lecteur demande poliment comment fonctionnent les aides à la presse et que j’ai le temps de m’y plonger je ferais un billet. Quant à vous, vous sortez.

    Commentaire par Mami — 19/01/2009 @ 15:22

  11. @Miami: cessons donc les attaques ad hominem.
    Ce n’est pas parce que le « journaliste » serait un filou que cela justifierait que les parlementaires en seraient d’autres !
    Votre sujet pourrait tout au plus ouvrir la porte à un autre débat mais pour celui qui nous intéresse (l’utilisation de l’argent public et son contrôle par les représentants de l’Etat), votre intervention est absolument hors sujet.

    Commentaire par Nemo — 19/01/2009 @ 15:44

  12. je constate que
    – 600 millions, c’est de l’argent public
    – que le sénat a demandé à la cour des comptes (les représentants de l’Etat) de se casser tout comme vous me le demandez

    bon je me casse, mais je ne vous en veux pas

    Commentaire par Mami — 19/01/2009 @ 15:54

  13. C’est étonnant mais j’ai trouvé qu’il y avait dans le ton des journalistes de ces pourtants excellents reportages une résignation, une absence de révolte, comme s’ils savaient par avance que tout cela ne serait qu’un coup d’épée dans l’eau.

    Aliocha : Bien vu ! Entre nous, je pense que c’est parce qu’on les a bassinés sur le fait que tout ceci n’était pas bien mais que :
    1. le président avait décidé de moraliser la situation et de faire des économies, ce qui est en partie vrai
    2. que des efforts avaient été faits à l’assemblée et que le sénat commençait timidement à envisager vaguement l’hypothèse qu’il pourrait en faire aussi. C’est difficile pour nous d’attaquer franchement quand on nous oppose ça. Ce n’est pas comme si ils révélaient un scandale et que personne n’ait encore songé à allumer des contre-feux ou à faire de vagues efforts pour corriger le tir.

    Commentaire par Mussipont — 19/01/2009 @ 16:46

  14. en tant que public je suis derrière vous… Mais, si je me retourne, je me sens bien seule, et à part une ou deux bonnes copines qui se tiennent au courant des nouvelles, les autres femmes que je côtoie, le matin au bistrot, elles s’en foutent complètement!!! Indignée je le suis, très souvent ces derniers temps, mais lorsque je commence à parler de ce genre de sujet, je sens que je les ennuie terriblement !!! elles me pardonnent parce que je suis une « artiste »!

    Commentaire par pahdoc — 19/01/2009 @ 16:50

  15. Chère Aliocha
    Votre commentaire en 1

    Ainsi les chefs d’entreprise puiseraient sans vergogne dans la trésorerie pour s’offrir des « apentimenta » ! Voyages, piscines etc..

    Mais qui avez vous donc rencontré?
    Certes les ABS existent, mais sous votre plume on croirait que ce sont pratiques courantes.

    Non.La plupart de ces créateurs sont intègres, soucieux du développement harmonieux de leur affaires et croyez le, respectueux du droit.
    Il y a aussi des gardes fous. Les entreprises cotées sont plus que surveillées et c’est bien norma lpuisqu’elles font appel à l’épargne publique. Et pour celles qui ne le sont pas , elles disposent de services d’audit,d’experts comptables et de commissaires aux comptes qui veillent au grain.
    Le temps où PIERRE SUARD venait à la télé légitimer ses débordements est révolu.
    Les abus sont peu fréquents et fortement réprimés.
    Ne confondez pas non plus ces chefs d’entreprises que je décris avec ceux du CAC 40 qui ne sont que des intendants et qui souvent obtiennent de leur CA des avantages à décoiffer le dirigeant moyen.(Heuseusement, ils ne sont que 40!)
    Pour ce qui concerne le sénat je vous rejoins.
    Une anomalie constitutionelle fait qu’il ne peut être réformé que par les sénateurs eux même.Voilà je crois l’origine de nombreux de ses maux.
    Pour le reste , morale et ethique, on en a ou on en a pas comme dirait la chanson.
    Et nous , nous avons un bulletin de vote.

    Aliocha : nous sommes d’accord, loin de moi l’idée que tous les patrons de PME puisent dans la caisse, je pensais à la poignée d’entre eux qui se retrouve au tribunal et à la typologie des fautes les plus courantes que j’avais dressée avec l’aide de quelques avocats. Evidemment au bout d’une trentaine de décisions, on a une impression de nombre même si ce n’est rien comparé aux millions d’entreprises en France

    Commentaire par noel — 19/01/2009 @ 17:02

  16. apetimenta et non apentimenta
    j’ai pas mon GAFFIOT sous la main

    Commentaire par noel — 19/01/2009 @ 17:12

  17. je ne vois pas bien ce qui permet à certains de penser qu’il y aurai une indifférence des français vis à vis de ‘argent public.

    S’indigner? Mais comment? Avec quels relais?
    Vous croyez quoi, on va bloquer des rues, prendre d’assaut le sénat et incendier l’élysée?

    Le problème est qu’il y a tellement de milliards de choses qui nous indignent et tellement peu d’heures en une journée qu’il est difficile de faire vraiment plus qu’attendre que la goutte déborde du vase. C’est cela que ne comprennent pas ces « professionnels » de l’indignation qui sont prêts à traiter de nazi n’importe qui ne s’est pas indigné sur les camps de concentration depuis au moins 20 secondes.

    L’indignation ne se caractérise pas obligatoirement par des émeutes dans la rue.

    Sinon comme le précisait un des commentateurs, ben c’est peut être en répétant sans cesses les même messages que l’on pourrait faire avancer certaines choses.

    Pour ce qui est la validation des comptes d’une entreprise. J’ai jadis lu dans le monde un article qui expliquait, exemple à l’appui, que simplement en modifiant la façon dont on évalue les comptes d’une boîte on peut aussi bien trouver des pertes abyssales que les bénéfices les plus mirifiques. Alors à mon avis…
    Mais ce n’est que mon avis

    Aliocha : sur la comptabilité, on disait cela en effet à l’époque où l’on défendait la création des normes comptables internationales (ifrs) et l’on avançait l’exemple d’un constructeur automobile allemand dont les résultats variaient selon que ses comptes étaient établis en normes allemandes (positifs) ou américaines (négatifs)…Il n’empêche qu’il y a des règles et des gens pour veiller à leur bonne application. Ce n’est donc pas l’anarchie totale 😉

    Commentaire par Fredo — 19/01/2009 @ 18:16

  18. Il faut rabâcher.
    Il est difficile de (demander aux gens de) s’indigner lorsque l’on est noyé sous une avalanche d’informations sans distinction d’importance, ou tout est mis au même niveau, et dont une bonne partie constitue un bruit entretenu qui n’a d’autres buts que de rendre l’important inaudible.
    A chaque tirage, une demi-page.
    A chaque journal, un sujet.
    Dommage que cela ne soit pas tenable.

    Commentaire par fallacieux — 19/01/2009 @ 18:59

  19. nemo : jugez donc qu’un modeste étudiant (dans le domaine économique) vous rétorque qu’un bien dont le prix est nul n’est jamais utilisé comme si son prix reflétait d’une manière ou d’une autre son coût, notion encore à définir.

    Et de considérer que les abus débusqués ici ou là ne sont que la part émergée de l’iceberg d’un système où tout le monde considère que la res communis est à lui de droit, et que son prochain n’est là que pour son service.

    Commentaire par Paul — 19/01/2009 @ 19:27

  20. bonsoir Aliocha Bonsoir à tous les lecteurs

    je n’ai pas vu l’émission dont vous parlez dommage
    mais il y a plusieurs mois j’ai regardé un reportage trés intéressant sur la transparence de l’utilisation de l’argent public en suède
    Lien avec le site du gouvernement suédois qui explique comment les citoyens et les journalistes peuvent obtenir tous les documents sur les activités du gouvernement ou des autorités locales (site en anglais).

    http://www.sweden.gov.se/sb/d/2184/a/15521

    Virginie Röels a également réalisé un document qui compare les pratiques française, anglaise, américaine et suédoise en terme de transparence administrative

    le scandale le plus honteux c’est aussi ce qui se passe dans les régions
    les conseils généraux brassent des sommes colossales et la c’est le lieu de toutes les connivences on fait travailler les sociétés amies , on donne d’une main pour récupérer de l’autre , on distribue des subventions à des associations fantomes etc…. et tout le monde se tait la gauche la droite car tout le monde fait pareil et le citoyen de base en a marre…..

    Commentaire par artemis — 19/01/2009 @ 19:51

  21. L’argent public serait dépensé de façon opaque? Les dirigeants ne s’appliquent pas les règles qu’ils souhaitent imposer aux autres? Impossible !

    Sans tomber dans le « tous pourris », montrez-moi un seul parti qui soit crédible pour parler de bonne gestion des fonds publics et qui ait un programme électoral vaguement crédible…

    Aliocha : Tout un parti, en entier, fut-il microscopique ? Impossible, mais des politiques vertueux oui, ça doit exister.

    Commentaire par Kemmei — 19/01/2009 @ 20:13

  22. « Que nous vivons toujours en monarchie bien sûr »…

    Je suis sûr qu’un jour les scientifiques mettrons en évidence qu’il existe un « gène de la monarchie » typiquement français contre lequel on ne peut rien, c’est atavique ! 😉

    Ca me rappelle Charles Beigbeder (frère de l’écrivain), l’homme d’affaire qui s’était présenté à la présidence du Medef, et qui racontait avec beaucoup d’humour comment les conseillers du premier ministre lui avaient « fortement conseillé » de réécrire une « lettre d’excuses » au ministre (sa première lettre ne transpirait pas assez l’allégeance ), suite à une de ses remarques lors d’une conférence de présentation du CPE. C.Beigbeder avait juste prévenu que le CPE risquait de faire descendre les jeunes dans la rue !
    Les conseillers du ministre lui avaient même fourni le modèle de lettre à recopier… Atavique je vous dis !

    Commentaire par Fleur-de-Lys — 19/01/2009 @ 22:32

  23. Bonsoir Aliocha
    10 M€ à l »Elisée, 300 M€ au Sénat (et beaucoup plus probablement), sont certainement très critiquables, mais ce n’est que de la broutille comparée au 100.000 MF du Crédit Lyonnais ( L’énarque Haberrer pas inquiété et qui doit toujours avoir un bureau avec secrétaire ) sans parler des crachs actuels et des fraudes pyramidales où les contribuables de beaucoup de pays vont devoir payer.
    Lambda

    Commentaire par lambda — 19/01/2009 @ 23:25

  24. Bonjour Aliocha,

    Vous touchez du doigt l’hypocrisie du système.

    Les Français sont résignés, je dirais même plus, ils sont las…

    Ils ont compris que leur bulletin de vote ne servait qu’à légitimer des privilèges, que ceux qui nous gouvernent n’ont pas de comptes à rendre, que malgré la crise, le pouvoir d’achat des dirigeants augmente, tandis que le leur diminue, etc, etc…

    Si l’Etat n’est pas capable de montrer le bon exemple, que reste t’il au Peuple ? La révolution ?

    La crise constitue une opportunité de creuser les déficits et d’abandonner les critères d’endettement européens. Tout cela risque de mal se terminer.

    Commentaire par ramses — 20/01/2009 @ 05:44

  25. Vous dites fort justement que: « si un chef d’entreprise emmène sa petite famille en voyage d’affaires, cela s’appelle de l’abus de biens sociaux et c’est du ressort de la justice pénale. S’il invite les membres de son club de bridge à déjeuner dans l’entreprise et aux frais de celle-ci, c’est encore de l’abus de biens sociaux. Pourquoi ? Simplement parce qu’il ne faut pas confondre le patrimoine de l’entreprise et celui de son dirigeant, parce que les ressources de l’entreprise doivent être utilisées au bénéfice de… celle-ci et pas de son dirigeant ».
    Cependant, n’oubliez pas que cette interdiction est avant tout une affaire fiscale! Car l’on ne peut pas déduire la TVA pour des achats ou services personnels, contrairement à ceux effectués pour le compte de l’entreprise. Finalement, ici encore point de moralité, mais affaire de sous…

    Aliocha : il y a évidemment une dimension éthique dans le respect de l’argent public et c’est en effet ainsi que je présente en partie le sujet. Mais il y a aussi une dimension juridique, d’où le parallèle avec l’ABS. Maintenant, je ne crois pas que l’on puisse réduire l’abs à une simple question fiscale, c’est aussi affaire de séparation des patrimoines et donc en cas de violation, une des déclinaisons du vol. D’ailleurs safuf erreur de ma part, les Etats-Unis ne connaissent pas l’abs, ils appellent ça du vol, ce qui a le mérite d’être plus clair à défaut d’être aussi subtile.

    Commentaire par Moi — 20/01/2009 @ 08:33

  26. Ayant raté le reportage dimanche soir, j’ai pu le revoir grâce à M6replay. Cela m’a permis de passer de manière instructive, sinon agréable, l’attente téléphonique pour que quelqu’un décroche au standard du TGI d’Évry.

    À la fin du reportage, j’ai raccroché. Cela fait trois jours que j’essaye de joindre le TGI d’Évry, en vain.

    Aliocha : pourquoi ne pas contacter votre sénateur afin qu’il demande au tribunal de vous répondre ? 😉

    Commentaire par Eolas — 20/01/2009 @ 09:49

  27. @Eolas,
    Le TGI d’Evry reste en rade ?…
    Ce doit être comme pour le TGV : c’est sûrement des terroristes qui ont saboté la ligne !

    Commentaire par Oeil du Sage — 20/01/2009 @ 10:23

  28. ALIOCHA
    Votre commentaire en 25
    Vous avez totalement raison.
    L’ABS est un vol.On vole le patrimoine de l’entreprise aux dépends de l’ensemble de ses acteurs.
    C’est en une très moindre mesure une affaire fiscale, sinon dans le cadre de l’impôt société;

    Commentaire par noel — 20/01/2009 @ 11:30

  29. Moi c’est avec le TGI de Créteil que j’ai pris racine près du poste téléphonique. C’est pourtant pas la sainte Catherine, je comprends pas. En tout cas faudra pas oublier de m’arroser, commence à faire soif.

    Aliocha : un petit pot de danette ?

    Commentaire par tschok — 20/01/2009 @ 20:08

  30. Tout à fait d’accord.

    Et si on avait la « bravitude » de commencer par la réforme du régime très spécial de retraite des parlementaires.
    ( http://www.ipol.fr/index.php?2007/09/26/472-faut-il-rformer-le-rgime-de-retraite-spcial-des-lus )

    On est en train de discuter un projet de loi sur le fonctionnement de l’Assemblée Nationale. L’opposition qui est hostile à ce projet (sans doute à juste titre), se bat avec des amendements bidons.
    Pourquoi ne propose t-elle pas comme amendement l’alignement du régime des parlementaires (au moins sur celui des fonctionnaires de l’Etat, qui ne sont pas les plus à plaindre)?
    En voilà un amendement qui serait à la fois démocratique et intéressant à discuter!

    Commentaire par XS — 20/01/2009 @ 23:59

  31. Plutôt un p’tit Yop.

    Commentaire par tschok — 21/01/2009 @ 12:15

  32. Le TGI d’Evry fait partie de mon top ten des tribunaux les plus difficiles et désagréables à joindre: pas de musique d’attente mais une voix égrenant les horaires et coordonnées en boucle, des délais d’attente qui se comptent en minutes, et dépassent parfois la dizaine d’icelles, avec en bonus le fait que parfois votre interlocuteur décroche pour vous raccrocher au nez, sans dire un mot.

    J’imagine que c’est en partie due à un manque de moyens, mais sans doute des questions d’organisation et d’outil sont-elles en cause.

    Commentaire par thedarkdreamer — 21/01/2009 @ 13:40

  33. @ tschok : à la fraise?

    Commentaire par Mussipont — 21/01/2009 @ 14:39

  34. Une question juste comme ça… avec l’Europe, ne va-t-on pas aligner et uniformiser les privilèges et autres particularités françaises sur les autres pays ? (Reste à savoir si on s’aligne sur la Suède ou l’Italie !)

    Commentaire par Oeil du Sage — 21/01/2009 @ 15:11

  35. Et oui, l’argent volé au public est dépensé de manière opaque.
    Tout le monde le sait. Mais tout le monde recevant un petit peu des bénéfices croit qu’il est gagnant.

    Commentaire par Arkh — 23/01/2009 @ 16:57

  36. Hélas, vu l’émission aussi.
    Monarchie démontrée aux gueux, avec intervention et bons mots du clergé.
    Voir et savoir, impuissants : faut-il se croire pauvre pour le tolérer.

    Humble joie pour conclure : la communauté de nos impressions.

    Commentaire par LChe — 24/01/2009 @ 19:54


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