La Plume d'Aliocha

12/01/2009

Chic, enfin un vrai débat sur nos droits et libertés

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 09:55

Depuis le temps que j’attendais un vrai débat de fond sur la politique de Rachida Dati ! On y est. Selon un sondage publié par le Journal du Dimanche, 56% des français estiment que la ministre a eu tort de reprendre le travail 5 jours après son accouchement. N’est-ce pas que c’est passionnant ? Et tenez-vous bien ce sont les femmes qui sont les plus nombreuses à lui jeter la pierre (forcément, les hommes, ils ne savent pas ce que c’est que d’accoucher alors ils répondent n’importe quoi). Enfin, les femmes, surtout les féministes qui hurlent au scandale et accusent la ministre de renouer, je cite avec « l’exploit monstrueux des ouvrières des années 20 ». Entre nous, passer des ors de la Chancellerie Place Vendôme à la Cour de cassation sur l’Ile de la Cité en voiture avec chauffeur, voilà qui me parait réalisable même 5 jours après un accouchement sans que l’on hurle à la torture. La palme revient néanmoins à Ségolène Royal qui, sans surprise, accuse Nicolas Sarkozy de martyriser sa ministre. Où l’on retrouve l’incroyable richesse intellectuelle des débats alimentés par l’Opposition…

Toujours est-il que,  comme vous le savez, dans notre beau pays un problème = une loi. C’est fait. Valérie Pécresse a déclaré qu’il convenait de créer un interim de 16 semaines pour les femmes politiques après leur accouchement. Cette réforme obligera-t-elle rétroactivement Rachida Dati à prendre un congé maternité ? Allez savoir. Du coup, je me dis qu’il faudrait se pencher sur le sort de nos politiques et s’assurer qu’ils respectent scrupuleusement le droit du travail. 

Au fond je plaisante mais je trouve cette polémique d’une désespérante inanité. Les suicides en prison ? On s’en fout. « Ils n’avaient qu’à pas y aller en prison ! ». La rétention de sûreté : « au trou les criminels et à perpétuité encore », les gosses en prison ? « Que voulez-vous ma bonne dame, y’en a qui naissent avec le vice dans la peau, faut bien sévir ». Le budget de la justice, la colère des juges, l’indépendance de la justice, rien à battre, toutes ces questions fondamentales n’intéressent à peu près personne. Mais le congé maternité de la ministre, alors çà, c’est du sujet !  Songez donc, on touche aux acquis sociaux et à la condition féminine. « Citoyens, citoyennes, réagissons, nos libertés sont en péril, tous dans la rue et Rachida à la maison ! »

C’est encore la faute de la presse me direz-vous. Je crains malheureusement que non. Comme d’habitude, elle ne fait que révéler l’état d’esprit d’une société à un instant donné. Et il faut bien admettre que la conscience citoyenne en France commence et s’arrête aux droits sociaux et à ceux des minorités. Entre nous, les féministes auraient pu trouver un combat plus convaincant et surtout s’abstenir de hurler au scandale. Car je me demande bien quel mot on va pouvoir utiliser maintenant pour qualifier l’état des prisons.


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