La Plume d'Aliocha

23/01/2009

Le directeur du Parisien s’explique

Filed under: Affaire Kerviel,Débats — laplumedaliocha @ 10:40

Dans une vidéo publiée sur le site du Parisien, le directeur du journal explique la manière dont l’article d’hier sur Kerviel a été réalisé. Allez-y, c’est très intéressant. Vous y découvrirez notamment que les grandes déclarations sur la déontologie des pourfendeurs du journal ne font que dissimuler un simple problème de concurrence. Eh oui, Kerviel avait donné son accord de principe à des interviews officielles et Le Parisien a grillé ses confrères au poteau en publiant son dossier hier. Je comprends la frustration des journalistes concernés, c’est prodigieusement désagréable, mais j’avoue ne pas trouver très élégant de pointer une faute déontologique là où il n’y a qu’une frustration de scoop.   A quoi songent ceux qui font cela ? N’ont-ils pas compris que la presse avait des problèmes autrement plus importants à régler que ces questions d’ego ? N’est-elle pas suffisamment en difficultés pour qu’on se garde d’ajouter aux critiques du public des attaques de ce genre ? « Ah mais moi, j’avais obtenu un entretien officiel tandis que ces voyous du Parisien ont publié sans prévenir ». Et alors ? Ceci révèle une regrettable confusion entre politesse et déontologie. Le « off » n’existe que dans des cas très rares où il ‘agit de protéger une source qui révèle une information et se met ainsi en danger, tout le reste n’est que de la foutaise destinée à nous manipuler. Heureusement qu’il reste des journalistes dans ce pays qui font autre chose que de remuer la queue en attendant qu’on leur donne leur sucre ou qu’on leur gratte gentiment le ventre.  Tout le monde en marre de ce journalisme courtois à la française. Combien de fois ai-je vu dans des conférences de presse des journalistes étrangers, et pas seulement américains, poser des questions franches, directes, et faire frissonner mes confrères d’effroi face à tant d’audace. « Mon Dieu, ils sont fous, ils vont contrarier le ministre ! »Pauvre de nous. Quand la Cour européenne des droits de l’homme me dit que je suis un chien de garde de la démocratie, j’imagine un dogue, pas un bichon maltais.

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