La Plume d'Aliocha

14/01/2013

Des faits et des opinions

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 09:56
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Philippe Cohen quitte Marianne à la fin du mois de janvier. Motif ? Une sérieuse divergence de vues avec la direction sur la ligne éditoriale du journal. Celle-ci a visiblement atteint son paroxysme lors de la publication par Philippe Cohen et Pierre Péan de leur ouvrage sur Jean-Marie Le Pen. J’évoquais, il y a quelques semaines, les risques qu’avaient pris les deux journalistes en livrant des faits pas tout à fait en ligne avec ce qu’il est convenu de penser du leader d’extrême-droite dans la presse de gauche (de combat ?). Je n’imaginais pas alors que le propre patron de Marianne s’en prendrait aussi violemment à Philippe Cohen. Vous trouverez ci-après en intégralité l’article de Maurice Szafran, publié dans le journal papier et le droit de réponse qu’a réclamé Philippe Cohen (ça aussi c’est pas banal, un journaliste qui demande un droit de réponse dans son propre journal). Je suis, évidemment, du côté de mes confrères de terrain, absolument, totalement et sans aucune réserve. Et du coup, je m’interroge. Lorsque Joseph Macé-Scaron, un autre collaborateur du même hebdomadaire, a été pris sous le feu d’accusations diverses de plagiat, Maurice Szafran a signé une tribune dans laquelle il a reconnu la faute, l’a pardonnée et a indiqué que pour quelques temps l’auteur serait affecté (retrogradé ?) au rang de journaliste de terrain. Cette étrange punition m’avait alors interpelée.  Hélas, la réaction suscitée par Philippe Cohen confirme que l’enquête de terrain relève du sous-genre journalistique, voire constitue une faute professionnelle plus grave que le plagiat dès lors qu’elle débouche sur des conclusions qui ne sont pas en ligne avec ce qu’il est convenu de penser sur un sujet donné.

Il arrive parfois qu’un événement cristallise le fonctionnement d’un système. Je ne voulais pas laisser passer celui-ci tant il me parait exemplaire d’un certain journalisme à la française dans lequel on ne départage plus très bien l’idéologie et même le combat politique assumé de la réalité des faits. L’objectif de départ est certes louable, mettre en garde l’opinion publique contre les dangers d’un homme au discours séduisant, mais aux idées bien noires. On reconnaitra en filigrane le vieux débat sur la banalité du mal. Humaniser l’ennemi, le « monstre » n’est-il pas une manière de l’absoudre en le ramenant dans le camp des hommes quand d’aucun souhaiterait le maintenir quelque part en dehors de la communauté humaine ? La théorie se défend même si je trouve personnellement qu’on ne combat bien que ce que l’on connait et que le mal est par ailleurs terriblement humain, n’en déplaise aux idéalistes et aux rêveurs. Le résultat – ici accuser deux professionnels qui ont voulu aller au-delà des caricatures – de trahir la Cause, a de quoi faire frissonner dès lors qu’on se situe dans le domaine de l’information, lequel est censé produire du factuel objectif avant toute chose et surtout avant les idées, convictions personnelles et sentiments. On m’objectera que tout ceci pourrait bien n’être que la partie émergée d’un conflit de personnes dont les éléments me sont inconnus. C’est fort possible. Mais les arguments échangés n’en mettent pas moins en scène de manière exemplaire la divergence de vues entre deux professionnels de l’information sur le métier de journaliste et la définition de l’information.

J’ajouterais que démolir d’un trait de plume rageur des mois de travail, d’enquête, de nuits sans sommeil, d’écriture et d’interrogations par deux professionnels de ce calibre – et non pas deux rigolos en peine de renommée – au nom d’un soupçon de sympathie à l’égard du dirigeant d’extrême-droite, c’est envoyer un signal bien décourageant à la profession.

Il me semble que nous avons là un joli sujet d’étude pour les écoles de journalisme et une querelle éclairante pour le public. Voici les pièces du dossier :

La tribune de Maurice Szafran

Il s’agirait donc, à en croire les auteurs, d’une biographie* « à l’américaine » de Jean-Marie Le Pen. Des faits, rien que des faits, encore des faits pour comprendre – enfin – la véritable nature, la composition minérale et la construction chimico-idéologique du chef d’extrême droite. Comme s’il existait encore un doute ; comme si nous nous étions tous égarés sur son compte depuis soixante ans que Le Pen sévit en politique, et qu’il était indispensable de laisser surgir un Le Pen métamorphosé.

L’enquête n’est pas sans intérêt : on redécouvre un personnage vulgaire, aviné, indifférent à sa famille et à ses amis, n’hésitant jamais à les sacrifier, à les trahir. Un monstre d’égocentrisme. On redécouvre aussi à quel point Le Pen est âpre au gain ; qu’il s’est enrichi grâce à des héritages successifs donnant lieu à de sordides tractations et chantages ; que, de façon systématique, il a confondu la caisse du FN avec sa poche ; que le droit de troussage semble aller de soi dans sa conception féodale de chef de parti ou de bande. Mais, dans ce livre, ce sont avant tout les aspects politiques, idéologiques, historiques de ce Le Pen « nouveau » qui nous interpellent.

Hélas, il n’est pas besoin d’aller bien loin dans la lecture de ce Le Pen, une histoire française (les auteurs auraient pu choisir pour titre une histoire antifrançaise, c’eût été plus pertinent), pour comprendre que l’objectif véritable – fini les sornettes de l’enquête « à l’américaine » – est de réhabiliter Le Pen, de le laver de ses péchés contre l’esprit républicain français, d’en faire le personnage central de notre histoire nationale au cours des trente dernières années. Pour les auteurs de cette entreprise, Le Pen est celui qui a vu juste avant tout le monde, celui qui a compris avant les autres, celui qui a alerté les Français sur les maux qui taraudent notre société, à l’opposé radical de l’homme politique outrancier et au fond si peu français que les gogos de notre espèce ont mis en scène. C’est écrit, dès la page 10 : « Notre point de départ a été on ne peut plus simple : détacher Le Pen des oripeaux idéologiques dont on l’affuble généralement. » Deux pages plus loin, le point d’arrivée en forme de certitude : « Il est beaucoup moins qu’on ne le croit sous l’influence d’une idéologie [celle de l’extrême droite] dont il s’est toujours méfié. » Voilà l’objectif signifié : le blanchiment idéologique de Le Pen. Suivent 550 pages (!) visant à lui ériger un panthéon politique.

C’est donc, après la complainte de l’enfance difficile, l’histoire d’un bon gars qui débarque à Paris, en 1947, de sa Bretagne natale. Inscrit à la faculté de droit, il s’engage aussitôt en politique. Il rencontre des gaullistes, des démocrates-chrétiens, des socialistes, des communistes, des chrétiens de gauche. Le Pen, lui, se déclare « pétainiste » au lendemain de la Libération, au lendemain de la victoire contre les nazis. « Ce type-là est vraiment pour Pétain », confirme un de ses amis aux auteurs. Le sort des collabos dont il va s’entourer tout au long de son aventure politique ne lui est pas indifférent, tandis que les résistants et leur légende naissante l’horripilent.

Ses biographes le racontent avec un détachement qui glace (p. 529) : « La Seconde Guerre mondiale a modifié la trajectoire du jeune Le Pen […]. Elle lui a communiqué mépris et dégoût des opinions majoritaires [comprendre : résistantes]. Le Pen n’a connu de la Résistance que les simulacres et les excès de l’épuration [Jean Moulin et les martyrs des Glières ne lui disent rien]. La vision des jeunes femmes du peuple “tondues pour avoir couché” et la médiocrité des résistants de la vingt-cinquième heure le font basculer à droite [non, à l’extrême droite en compagnie des collabos] et du côté des “vaincus de l’histoire”. »

Les « vaincus de l’histoire »…, ou comment être happé par le logiciel de l’extrême droite. Parce que, selon nos « enquêteurs » pour lesquels l’idolâtrie du factuel s’estompe soudain au profit d’un psychologisme de bazar, Le Pen se trouve saisi de compassion envers les « vaincus de l’histoire ». Et ces « vaincus » de la Seconde Guerre mondiale dans la rhétorique chère à l’extrême droite française et dont les auteurs ont fini par s’imprégner, ce ne sont pas les résistants massacrés, ce ne sont pas les juifs martyrisés ; non, ce sont ces collabos jugés et punis à la Libération, sans aucun doute avec excès pour un petit nombre d’entre eux. Mais pas un mot, pas une considération morale des auteurs sur cette relecture, sur cette révision de l’histoire chez Le Pen.

Il y a plus, il y a pis. Le Pen a toujours œuvré en politique entouré d’anciens collabos – miliciens, Waffen SS français, doriotistes, vichystes, pétainistes, etc. Les auteurs, il faut le souligner, en dressent une liste exhaustive. Or, il serait intéressant de comprendre, d’analyser, de savoir pourquoi Le Pen a privilégié cet entourage-là. Parce qu’il partage avec ces collabos de toute espèce – pour la plupart antisémites pathologiques jusqu’à virer dans le négationnisme de la Shoah – des « valeurs » et des engagements communs ? Parce qu’il partage aussi avec eux une vision – et une haine – communes de la Révolution de 1789 et de la République ? Rien de tout cela n’est évoqué. Accrochez-vous au bastingage : Le Pen les recueille parce qu’il a une… conception gaulliste de la nation. Il fallait oser, c’est écrit (p. 329) : « Le Pen a toujours justifié sa tolérance de ces antisémites avérés par l’option politique de la réconciliation, celle-là même invoquée par le général de Gaulle pour mettre fin à l’épuration. » Pauvre de Gaulle, jusqu’où n’aura-t-il pas été souillé ?

Les auteurs font aussi, c’est bien le moins, une recension précise des multiples saillies antisémites de Le Pen, du « point de détail » à « Durafour crématoire », et tant d’autres. N’empêche, il faut dédouaner, minorer, détourner ce qu’ils appellent pudiquement des « préjugés antijuifs ». Quelques citations qui permettent de mettre au jour l’opération de banalisation.

Page 320 : « La liste [des dérapages antisémites] que nous venons de rappeler a de quoi laisser perplexe. » Les auteurs sont-ils convaincus que « perplexe » soit le qualificatif le plus approprié ?

Oui parce que son antisémitisme est incohérent.

Page 321 : « Le Pen instrumentalise un certain antisémitisme à des fins diverses et parfois peu transparentes »… Exercice de langue de bois pour ne pas porter, surtout pas, de jugement moral.

Page 323 : « Antisémitisme réel ou présumé »… La question se pose encore ?

Page 323 : « Le Pen est peut-être moins obsédé par les juifs qu’on ne le dit et qu’il le laisse lui-même paraître. » Nos investigateurs ont pénétré cette fois les tréfonds de l’âme de leur héros : il est « moins obsédé qu’on ne le dit ». Pour achever l’opération de réhabilitation factice, ils vont jusqu’à chercher des témoignages de juifs qui ne l’ont pas senti profondément antisémite.

Ben voyons !

Tout cela serait risible si nos blanchisseurs ne s’autorisaient pas, après de Gaulle, à salir Joseph de Clermont-Tonnerre, député à l’Assemblée de 1789, celui qui fut à l’origine de l’émancipation des juifs en France, celui à qui Raymond Aron, Robert Badinter ou encore l’historien Pierre Nora ont rendu tant de fois hommage. Citation (p. 322) : « Si le juif comme individu n’est jamais stigmatisé dans le discours de Le Pen, la communauté juive, dès lors qu’elle agit ou s’exprime de façon collective est rejetée comme “antifrançaise”. » Le juif tout seul est aimable, mais le lobby juif est haïssable. Le Pen semble ici rejoindre la fameuse déclaration de Clermont-Tonnerre : « Il faut tout refuser aux juifs comme nation et tout accorder aux juifs comme individus. » Le Pen, inspiré par l’émancipateur des juifs de France dans la tradition de 1789 ? La comparaison est affligeante, tout autant que la volonté acharnée de prouver que le fondateur du FN, qui justifie et approuve la torture en Algérie, n’a pas lui-même torturé.

Encore une remarque, pour nous essentielle car c’est notre journal et son histoire qui, dans ce livre, sont en réalité remis en question. Depuis 1984, depuis que Jean-François Kahn a créé l’Evénement du jeudi, nous nous sommes battus, avec bien d’autres, avec tant d’autres – de droite, du centre et de gauche –, pour que la gauche précisément prenne conscience des troubles qui affectent la société française. Nous avons pris des coups, nous en avons donné. Nous nous sommes retrouvés aux côtés de François Bayrou, de Jean-Pierre Chevènement, d’Emmanuel Todd, de Régis Debray, parfois de Philippe Séguin, de Dominique de Villepin ou de Jacques Chirac. Nous avons même soutenu à différentes occasions Charles Pasqua ou Nicolas Sarkozy, l’un et l’autre ministre de l’Intérieur. A bien lire ce livre, rien de tout cela ne compte, rien de tout cela ne pèse. Une seule voix dans ce pays s’est adressée aux Français, notamment aux Français les plus démunis. Cette voix, vous l’avez compris, c’est celle de Le Pen qui a tout compris et tout dit bien avant nous, les pauvres démocrates que nous sommes. Et l’on voudrait nous faire croire que ce livre n’est pas vaste machine à blanchir ?

A Marianne, nous avons fait un travail journalistique collectif pour démasquer les faux-semblants du lepénisme ancien et nouveau ; nous avons œuvré contre l’idéologie du repli, de la haine de l’étranger, contre cette anti-France lepéniste qui se drapait d’un tricolore de pacotille. Nous sommes descendus dans la rue derrière une banderole Marianne pour manifester notre opposition résolue à Le Pen entre les deux tours de la présidentielle, en 2002. Le journal s’est résolument engagé contre tous les ennemis de la République, au premier rang desquels figurent les Le Pen, fussent-ils ripolinés en blond !

Une dernière remarque qui concerne nos lecteurs : l’un des deux auteurs de ce livre, Philippe Cohen, est journaliste à Marianne.

* Le Pen, une histoire française, de Philippe Cohen et Pierre Péan, Robert Laffont, 534 p., 23 €.

Le droit de réponse exercé par Philippe Cohen et Pierre Péan

« Le Pen, sors de ces corps ! ». Maurice Szafran, l’auteur de la critique de notre livre, Le Pen, une histoire française (1), publiée dans Marianne daté du 24 novembre, est sans ambiguïté : les auteurs du livre ont « tenté », intentionnellement donc – pardon pour le pléonasme –, de réhabiliter Le Pen. Pourquoi, après nos parcours, nos engagements passés, « blanchir » politiquement un homme de 84 ans, qui n’a plus guère d’avenir politique, par ailleurs décrit dans  le livre – l’auteur de la critique doit en convenir – comme un « horrible personnage » ? L’article ne répond pas à cette question troublante. Mais l’on sait bien que le propre des séances d’exorcisme, c’est de donner le vertige à la raison : plus l’accusé donne des gages de bonne foi, plus il aggrave son cas.

Nous aurions donc adopté le « logiciel de l’extrême droite » : en reprenant son expression, « les vaincus de l’histoire », par exemple ; ou bien en assimilant la réconciliation partidaire façon Le Pen, qui le faisait associer anciens résistants et anciens collabos dans ses organisations, et la réconciliation nationale façon De  Gaulle.

Ce point, comme toutes les autres attaques, vise en fait l’entreprise même du biographe. L’auteur de la critique ironise : « C’est donc un bon gars qui débarque à Paris en 1947. » Mais oui ! Le Pen n’est pas né Le Pen et il s’agit de montrer comment et pourquoi il est devenu ce qu’il est devenu. Le chapitre consacré au scandale du « détail », le propos de Le Pen à caractère négationniste et antisémite en 1987, précisément intitulé « Le jour où Le Pen est devenu Le Pen », illustre bien notre démarche.

Pour réaliser ce travail, nous avons mobilisé tous les moyens classiques de l’enquête et rapporté le point de vue de Le Pen aujourd’hui. Mais restituer ses propos vaudrait-il pour autant adhésion à ses idées et à ses fautes les plus graves ? Quand l’auteur de la critique citait Nicolas Sarkozy ou s’efforçait de deviner ce que celui-ci avait en tête, qui imaginait qu’il était sarkozyste ? Le jour où l’on imposera aux auteurs de justifier à chaque phrase leur point de vue moral et politique sur le fait qu’ils relatent, il n’y aura plus ni littérature ni livres d’idées.

En fait, le reproche implicite qui nous est fait porte sur l’intérêt même d’un livre sur Le Pen en 2012, au prétexte que tout aurait déjà été écrit, définitivement. Encore un autre désaccord de fond : l’histoire n’est pas figée pour l’éternité des temps, elle s’écrit à chaque génération. Comme le notait Marc Bloch, si le passé éclaire le présent, l’inverse est tout aussi vrai. Concernant le sujet du livre, la permanence du lepénisme et la forte probabilité que celui-ci va lui survivre rendent cette curiosité encore plus indispensable.

Nous accuser de « blanchir » Le Pen a  une autre conséquence, éviter de s’attarder sur toutes les informations à charge figurant dans leur livre et qui, souvent accablantes pour Le Pen, n’ont pas été évoquées dans une approche « psychologisante », qui le dédouanerait prestement de sa nocivité politique. Ce qui n’a au demeurant pas échappé au « réhabilité » Le Pen, qui a annoncé à deux reprises son intention de porter plainte contre le livre. Et plusieurs lecteurs de cette biographie ont compris le coup porté, tel Jean-Louis Bourlanges pour qui elle « est un progrès de la lucidité sur les amalgames et les fantasmes ».

En somme, non seulement il faudrait toujours diaboliser Le Pen, mais il faudrait le faire en respectant strictement les termes du pacte de diabolisation tel que formulé dans les années 1980-90. Or, ladite diabolisation a montré ses limites : Le Pen totalisait 10 % des suffrages en 1984 ; depuis, le FN a presque doublé son butin électoral, et la fille de Le Pen est dans une position encore meilleure que celle de son père au début de son ascension.

Ce piètre bilan devrait faire débat et non provoquer anathèmes et amalgames contre toute réflexion critique. Dans la longue liste des lepénisés ou « décontaminateurs » du lepénisme, nous sommes en bonne compagnie : avant Cohen et Péan, Jean-Marie Domenach, Paul Yonnet, Laurent Fabius, Jean-Pierre Chevènement, Emmanuel Todd, Jean-Claude Michéa, Laurent Bouvet et bien d’autres ont été stigmatisés pour avoir mis en doute l’efficacité de la diabolisation.

Résumant Orwell, Jean-Claude Michéa a écrit : « Quand l’extrême droite progresse chez les gens ordinaires, c’est d’abord sur elle-même que la gauche devrait s’interroger ». Qu’est-ce qu’on attend ? ».

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109 commentaires

  1. Merci pour cet éclairage d’un événement que j’aurais manqué sinon.

    Je me permets de rebondir, un peu hors-sujet, sur cette citation :

    « dès lors qu’on se situe dans le domaine de l’information, lequel est censé produire du factuel objectif avant toute chose et surtout avant les idées, convictions personnelles et sentiments »

    Fort juste, mais qui fait résonner à mon oreille les remarques de la CIA sur la presse française révélées par Wikileaks. La CIA avait en effet pour opinion que dans la presse française, le compte-rendu fiable et honnête des faits semblait secondaire par rapport à l’expression de l’opinion du journaliste, érigé en intellectuel omni-compétent. La dévalorisation du journalisme de terrain et la subordination à la ligne idéologique s’inscrit malheureusement parfaitement dans cette veine.

    Commentaire par Mathieu P. — 14/01/2013 @ 10:26

  2. @Mathieu P.: J’ai déjà lu des réflexions semblables au sujet de la sociologie « de terrain » ou de celle faisant usage de statistiques, données de contrôle etc., l’accusation étant qu’il s’agit là d’activités « plates » à bien distinguer de la « Pensée ». En effet, les faits, c’est « plat », et les rechercher, c’est technique et très fastidieux ; il est plus facile de briller avec des idées. 🙂

    Commentaire par DM — 14/01/2013 @ 10:45

  3. @Mathieu P : tout dépend de quoi l’on parle. En principe, on demande justement aux journalistes de taire leurs opinions personnelles et de s’en tenir aux faits. Ce qui est le cas me semble-t-il de la majeure partie de la production d’information par la presse écrite, même si on peut apercevoir ici et là, dans un titre, au détour d’une phrase l’expression d’un biais. En revanche, les opinions s’expriment dans les éditos. Le cas de Marianne est un peu particulier, ça a toujours été un journal d’opinion plus que de terrain. Sauf qu’à l’époque de JF Kahn, ces opinions menaient au débat, jusque dans les colonnes du journal. Depuis quelques mois, il glisse dans le militantisme décomplexé. On peut s’interroger aussi parfois, dans la même veine, sur le travail de Médiapart…

    @DM : en effet, il est plus facile de briller avec les idées. Ne serait-ce que parce qu’elle n’emportent aucune sanction en cas d’erreur. Contrairement aux faits qui ont une fâcheuse tendance à s’obstiner et présentent le risque fou de vous donner tort 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/01/2013 @ 10:55

  4. La critique de Maurice Szafran est un véritable torchon : à le lire, on devrait s’interdire de révéler des faits parce qu’ils contredisent l’opinion du journaliste qui les couche sur le papier (ou de son patron, apparemment). Bref, je ne vais pas paraphraser les derniers billets que vous avez écrit sur le sujet, sachez juste que je les approuve sans réserve (pour une fois, pinailleur que je suis). J’ajouterais juste que la manipulation permanente, y compris par les journalistes, semble être une partie essentielle du monde dans lequel vit Maurice Szafran : une enquête sérieuse lui déplaît, cela doit être parce que les auteurs (dont l’un bosse pour lui, quand même) ont pour « objectif véritable […] de réhabiliter Le Pen ». Il semble inconcevable à Maurice Szafran qu’un journaliste puisse rapporter honnêtement des faits qui pourtant, ne rentrent pas dans le cadre philosophique et politique dudit journaliste (comme si un enquêteur ne devait enquêter/révéler que pour soutenir ses propres à priori, alors qu’être compétent c’est savoir changer un papier en cours d’écriture si de nouveaux faits éclairent le sujet différemment). Triste de soupçonner ses propres journalistes de ce type de procédés pitoyables (et Le Pen a 84 piges, en plus, j’ai du mal à voir l’intérêt de la chose…). Bon, ben finalement, je vous ai paraphrasé, Aliocha… c’est que le sujet me tient à coeur 😉

    A l’adresse de Péan et Cohen : une critique comme celle-là donne plus envie d’acheter le bouquin que toutes les flatteries du monde. Il vient de rentrer dans ma liste de lecture, après le parfois outrancier mais totalement nécessaire « La face cachée du Monde », du même duo d’enquêteurs.

    Commentaire par Moktarama (@Moktarama) — 14/01/2013 @ 11:10

  5. @Moktarama : je suis contente que vous soyez d’accord, mais restons mesurés. Ces deux textes posent les éléments d’un débat qu’on ne peut réduire, s’agissant de la position de Maurice Szafran à la qualification de « torchon ». En radicalisant ainsi toutes les discussions, on blesse et en plus on se prive d’un débat de fond. Je ne suis pas d’accord et je l’ai dit, sans insulte.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/01/2013 @ 11:34

  6. « Briller avec des idées » ( @ DM en #2), c’est un peu ce qu’on (essaie de) faire ici, non ?

    Alors aux faits : je n’ai pas lu le livre de Cohen et Péan.
    Mais j’ai lu le billet d’Aliocha.

    Or, à sa lecture, je rebondis sur ce qu’Aliocha a écrit en préambule : « Motif ? Une sérieuse divergence de vues sur la ligne éditoriale du journal ».

    Un journal (ou un magazine), c’est aussi une entreprise (de presse) !
    Comme dans toute entreprise, il y a des dirigeants … et si on se met à dos un des dirigeants (pour quelque raison que ce soit), son avenir dans la dite entreprise est très souvent compromis.

    Je ne suis pas d’accord avec @ Moktarama (en #4) lorsqu’il écrit que la « critique de Maurice Szafran est un véritable torchon ». Dans sa critique, il s’appuie justement sur des faits : des extraits du livre.
    Alors bien sûr, on peut critiquer la critique, dire que les extraits ne sont pas forcément représentatifs et « balancés » hors contexte … Mais ça reste un procédé journalistique, non ? Et non pas un « torchon » !

    Il est des sujets « très sensibles », où l’idéologie prend vite le dessus sur les faits !
    l’antisémitisme en est un. Et lorsque Szafran cite un extrait où il est écrit « Le juif tout seul est aimable, mais le lobby juif est haïssable », on est forcément « border-line » !

    Le sujet du « mariage pour tous » est du même tonneau.
    Il n’y a qu’à voir le tollé que semble avoir fait une simple remarque d’un présentateur météo, quasi accusé d’homophobie !!!
    http://fr.tv.yahoo.com/news/mariage-tous-col%C3%A8re-internautes-apr%C3%A8s-commentaire-ambigu-dun-102900030.html

    J’espère qu’il ne sera pas pour autant viré d’i-Télé pour cette simple phrase !

    Commentaire par Yves D — 14/01/2013 @ 11:36

  7. Un petit complément : ce que j’ai apprécié, finalement, c’est que Szafran ait au moins fait acte de transparence.
    Le départ de Cohen aurait très bien pû être complètement occulté par Marianne. Ici au moins, il est clair qu’il est lié à un fort désaccord au sein de la rédaction.

    On peut ne pas être d’accord sur l’analyse (du livre) ou même la sanction. Mais l’exigence de transparence me semble respectée.

    De même quand Le Monde cite Free ou d’autres entreprises propriétés de ses actionnaires, j’apprécie que Le Monde rappelle ce fait dans le dit article.

    Commentaire par Yves D — 14/01/2013 @ 11:43

  8. @Aliocha : Je ne suis malheureusement pas d’accord avec vous sur cette phrase : « En principe, on demande justement aux journalistes de taire leurs opinions personnelles et de s’en tenir aux faits. Ce qui est le cas me semble-t-il de la majeure partie de la production d’information par la presse écrite, même si on peut apercevoir ici et là, dans un titre, au détour d’une phrase l’expression d’un biais »

    Ce que je lis dans la presse écrite (échantillon : Le Monde, Libération, Rue 89, Les Échos, domaine économique, financier, scientifique et monde universitaire), ce ne sont pas des faits, mais la reprise, souvent servile, de communiqués de presse écrits par des institutions, gouvernements ou entreprises, ou de discours d’acteurs. Répéter ce que disent des gens en rappelant vaguement qui parle ne constitue pas à mon sens un rapport satisfaisant des faits (voir par contraste The Economist).

    Commentaire par Mathieu P. — 14/01/2013 @ 11:57

  9. @Yves D : la divergence de vues porte précisément sur les faits versus les opinions, l’esprit républicain façon JF Kahn versus une position idéologique plus marquée, mais aussi, s’agissant du site web un vrai contenu éditorial dédié (Cohen) contre un responsables marketing remplissant le site pour en faire un pur aspirateur à pub (Szafran). Elle s’est cristallisée avec ce livre en ce sens où Cohen y a exprimé sont goût des faits envers et contre toutes les idées(ologies) tandis que Maurice Szafran de son côté infléchissait nettement la ligne du journal vers un positionnement façon l’Obs.
    Vous trouvez que la critique de MS s’appuie sur les faits ? Permettez-moi de sourire. C’est en réalité la technique classique consistant à extraire trois phrases de leur contexte pour illustrer son propos en réduisant justement le livre à trois phrases. C’est très exactement le contraire des faits.
    Et vous saluez la transparence ? Mazette….

    @Mathieu P : justement, ne mélangez pas opinion personnelle et recopiage de communiqué de presse. C’est précisément parce que depuis des décennies on demande aux journalistes de taire leurs opinions qu’ils en sont arrivés à livrer ainsi les faits des communiqués de presse en s’abstenant de tout commentaire. Et non pas parce qu’ils adhéreraient au communiqué. Maintenant, ils pourraient, sans donner leur avis, mettre ces faits en perspective. Seulement cela suppose du temps, qu’ils n’ont pas toujours parce qu’on leur dit : faut produire, coco, faut produire…

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/01/2013 @ 12:27

  10. @Yves D : sur votre lien, il me parait évident qu’on a affaire à des réactions hystériques. Qu’un présentateur météo évoque une manifestation dont tout le monde nous rebat des oreilles en signalant qu’il va faire froid me semble assez éloigné d’un propos homophobe. En revanche, cette indignation grotesque montre bien la dinguerie des minorités actives et de ceux qui les soutiennent.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/01/2013 @ 12:36

  11. Oui, je pointais d’ailleurs moi aussi cette « technique classique consistant à extraire trois phrases de leur contexte pour illustrer son propos en réduisant justement le livre à trois phrases » dans mon commentaire.
    Mais là où je salue la transparence, c’est sur le fait que la divergence a bien été exposée à l’ensemble des lecteurs, et qu’il n’y a pas eu un laconique entrefilet qui aurait dit « M. COHEN a décidé de cesser sa collaboration avec le magazine Marianne. Nous lui souhaitons tous nos voeux de réussite pour le nouvel élan qu’il a décidé de donner à sa carrière ».

    Pour ce qui est des « réactions hystériques », je suis tout à fait d’accord avec vous.
    Mais il semble que certains sujets sont propice à déclencher de telles crises …
    Je me demande aussi si « notre société » du « spectacle permanent » n’encourage pas aussi ce genre d’exagération théatrale …

    Commentaire par Yves D — 14/01/2013 @ 13:56

  12. Bon il faut déconstruire un Le Pen d’extrême-droite qui aurait été construit, inventé de toutes pièces par la gauche.
    Blanchiement du FN et de son chef, comme le loup du conte, on lui trempe la patte dans la farine et elle en ressort toute blanche. Miracle !
    Le Pen gentil animateur de la vie politique française qui n’a rien à voir avec la tradition fasciste française, tel est ce roman pour les gogos et les ignorants. Car l’extrême-droite en France n’existe pas, c’est bien connu, l’antisémitisme historique non plus.
    (dois-je renvoyer aux historiens et donner des noms propres qui constituent cette grande tradition tout à fait française, d’une France qui est LE pays politique en Europe depuis quelques siècles et LE pays de l’invention des idées politiques ; y compris celles d’extrême-droite, fascistes aussi, antisémites cela va sans dire , par son intelligentsia d’extrême-droite ; il faut lire un peu les historiens et ouvrir les yeux sur l’histoire)

    Alors allons-y pour le révisionnisme : l’extrême-droite française n’existe pas, Le Pen n’est pas d’extrême-droite et le FN pas plus que son chef ne sont antisémites (c’est du reste pourquoi ils soutiennent les pires régimes arabes, tel celui du tyran Syrien)

    Le texte de Szafran a le mérite de reprendre la question à partir des faits, précis et cités, connus et archi-connus par ailleurs (la torture en Algérie, par exemple, l’antisémitisme de Le Pen et au FN, pour qui a lu les discours tenus au FN, les déclarations internes, les propos des militants quand ils ne sont pas priés de se taire en public, ce qui est généralement le cas, bref en un mot : l’idéologie du Fn, pour qui lit sa presse, tout simplement et pour qui connaît son historie) , et à partir de citations, aussi bien de Le Pen, faits et déclarations, que de Cohen dont la grille de lecture largement interprétative est évidente. Recension de faits nouveaux de sa part ? Absolument pas. Juste une interprétation qui est la sienne, fort peu orthodoxe, pour ne pas dire limite scandaleuse, et qui du coup fait parler de lui avec ce mini scandale. Cohen semble du reste passé du côté du sensationnalisme, systématiquement. Il n’en est pas à son 1° coup, et il a fort réussi, on ne parle que de lui.

    Cohen et son comparse proposent une lecture, une interprétation, sui generis, très personnelle, à rebrousse-poil de ce qui est connu du chef politique de l’extrême-droite, mais absolument pas une enquête de terrain, factuelle, d’un sujet qui serait inconnu des lecteurs (malheureusement pour eux) .

    Présenter ce travail comme un exemple de journalisme de terrain est assez mal choisi. Si c’est ça le renouveau du journalisme, banalisation des idées d’extrême-droite , non merci.

    La seule chose intelligente dans les propos de Cohen est la citation de Michea, citant Orwell : « Quand l’extrême droite progresse chez les gens ordinaires, c’est d’abord sur elle-même que la gauche devrait s’interroger ».

    Vrai également pour la droite républicaine et pour toutes les forces républicaines et honnêtes de ce pays : quelle crise, quelles causes, pour une telle progression de l’extrême-droite chez les citoyens de base ?

    J’ajouterais pour ma part, que la progression d’un vote populaire en faveur de l’extrême-droite, non seulement implique de s’interroger, bien sûr, mais aussi de se remémorer le lien historique à l’époque du capitalisme moderne, entre crise du capitalisme et montée de l’extrême-droite, d’une part, mais d’autre part, que les suffrages se portent en nombre sur le FN n’implique pour moi absolument aucun lien de nécessité avec la banalisation ni l’atténuation de ses idées pour tenter de démontrer que Le Pen n’entretient pas de liens consubstantiels avec l’idéologie d’extrême-droite dont il partage tous les fondamentaux.

    Ce qui ne veut pas dire que c’est le cas de tous ses électeurs. Chose bien connue aussi… par les enquêtes de terrain, précisément.

    L’entreprise de Ph. Cohen et Péan m’apparaît comme passablement idéologique, si l’on se réfère un tant soi peu à l’histoire -des idées fascistes en France- et à la lecture des meilleurs historiens, et exactement le contraire d’une enquête de terrain.

    Comme modèle de renouvellement du journalisme , y’a mieux.

    par ailleurs sur ce thème et la revue XXI, un papier non dénué d’intérêt de Schneidermann dans Libé :

    http://www.liberation.fr/medias/2013/01/13/et-si-le-manifeste-de-xxi-tirait-a-cote_873680

    Commentaire par Schmilblick — 14/01/2013 @ 13:58

  13. Ce qui me gêne dans votre article (le deuxième à ce jour à encenser ce livre), c’est que vous taisez les réactions parfois virulentes d’autres journalistes, eux aussi de terrain, par rapport à ce livre. Le Canard enchaîné (je n’ai pas en tête les références exactes, date et auteurs de l’article) par exemple a certifié avoir déjà enquêté sur le passé en Algérie de Le Pen, avoir rencontré des protagonistes de cette époque… et n’ont visiblement pas tiré les mêmes conclusions que Péan et Cohen. C’est d’autant plus troublant que, de façon général, le même hebdomadaire satirique réserve un très bon accueil aux ouvrages de Pierre Péan. Peut que cette fois, le Canard se trompe… Mais peut-être aussi que Péan et Cohen n’ont pas fouillé jusqu’au bout leur enquête de terrain…

    Commentaire par Mona M — 14/01/2013 @ 14:54

  14. @Schmilblick : des faits connus et archi-connus ? Vous y étiez ? Vous avez suivi Le Pen depuis sa petite enfance jusqu’à aujourd’hui en passant par la guerre d’Alégrie ? A défaut, vous avez enquêté, entendu des témoins, lu des tonnes de documents, confronté vos sources ? Alors dans ce cas, sortez un bouquin, étayé, avec documents et témoignages à l’appui. Sinon, ne venez pas me dire que la somme des discours sur Le Pen constituent des vérités objectives et intangibles. Même les historiens savent qu’ils peuvent se tromper, vous pas ?
    Vous me faites penser à un récent dossier de lobbying à Bruxelles dans lequel un économiste de renom, fort bien payé pour établir un rapport, me répond avec une fraicheur scotachante : tous les études vont dans notre sens ! Hélas, je suis bien placée pour savoir que les études qu’il cite ont été payées par les mêmes que ceux qui l’ont rémunéré. Mais bon.
    Je ne vois pas quel intérêt aurait Philippe Cohen à blanchir Le Pen. Notez, c’est tellement énorme que ça passe. Je ne vous dis pas tout ce que je pense car il y a des choses qu’on n’écrit pas. Mais franchement, c’est à hurler de rire, à la manière de Beaumarchais, pour ne pas pleurer.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/01/2013 @ 15:02

  15. @Mona M : Ah ? J’ai encensé, ou ça ? Dans le précédent billet je dévoile un petit bout du dessous des cartes. Ici j’évoque une querelle et j’indique que je me range du côté de Philippe Cohen. Je n’ai pas le sentiment d’avoir encensé. J’attire l’attention, c’est très différent. Le Canard n’est pas d’accord ? Dont acte. C’est une preuve que Cohen et Péan ont tort ? Je ne pense pas. Cela montre juste qu’il y a la place d’un vrai débat sur les faits. Mais j’ai bien compris aussi que le débat sur les faits emmerde tout le monde, en particulier sur les sujets où l’on trouve commode de penser des choses simples.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/01/2013 @ 15:06

  16. Et pour ce procès en révision, qu’en pense votre consœur Caroline Fourest ?

    Commentaire par fultrix — 14/01/2013 @ 15:12

  17. @ Aliocha (#15)
    [Mode « ironic » on]
    Parce que vous croyez qu’on a le temps, à notre époque, de penser à autre chose qu’à des choses simples ?
    Parce que vous ne croyez pas qu’avoir enfin des certitudes, des « intangibilités », des modèles, c’est pas suffisant dans ce monde où le lendemain reste inconnu (déjà qu’on a frolé la fin du monde le 21 dernier) ?
    Parce que se trouver des « bouc émissaires », des fautifs, vous croyez que c’est pas plus simple que devoir se remettre en cause (déjà qu’on a du mal à suivre le « mainstream de la pensée dominante) ?
    Parce que dans ce monde de brutes, où Thierry Ardisson a inventé la pub « low cost » de 8 secondes, qui s’intercale facilement entre une déclaration de guerre et une annonce sur le chomage, se voir flater, même dans ses bassesses, c’est pas un doux plaisir ?
    [mode « ironic » off]

    Et il y en a qui se demandent encore pourquoi les idées du FN progressent …

    Commentaire par Yves D — 14/01/2013 @ 15:28

  18. @Fultrix : ah ! Dame Fourest, qui lorsqu’on évoque hier sur BFM TV le responsable d’une assoc’ homo anti-mariage gay rétorque qu’il est fragile psychologiquement. Voilà où en est réduit le débat : celui qui ne pense pas – ou pas encore – comme vous est un dingue ou un salaud…

    @Yves D : c’est aussi ma conclusion, de sorte que je commence à me demander pourquoi je m’obstine à plaider pour le journalisme et le débat. Je n’ai qu’à retourner dans mes journaux écrire pour des gens qui paient pour savoir et non pas pour entendre ce qu’ils ont envie d’entendre.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/01/2013 @ 15:37

  19. @ Fultrix (at Aliocha)

    Comme quoi, la « loi de Godwin » est inévitable 🙂
    Pour ceux qui ne connaitraient pas encore, c’est une « loi » qui dit : Plus une discussion (en ligne, mais aussi à la TV, ou lors d’une manif’) dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1.

    Pourtant, il y en a qui changent d’avis … comme quoi !
    http://www.lepoint.fr/invites-du-point/charles-consigny/pourquoi-j-ai-change-d-avis-sur-le-mariage-gay-11-01-2013-1612364_1449.php

    Hors sujet allez-vous dire !
    En plus Aliocha a déjà ouvert un billet (fermé, suite à « tournage en rond », depuis), sur ce sujet !

    Oui … mais comme pour le sujet « Le PEN, sa vie son oeuvre », il s’agit d’un sujet sensible, où le travail sur les faits le dispute aux tendances idéologiques !

    Les faits sont têtus (non, pas ce http://www.tetu.com là !), mais, tout comme pour les chiffres, on arrive à faire dire ce qu’on veut aux faits, en les regardant avec le bon « prisme » !

    Commentaire par Yves D — 14/01/2013 @ 15:55

  20. @Yves D : hélas, c’est plus grave qu’un simple phénomène d’idéologie sur des sujets sensibles, c’est à mon avis une baisse d’intelligence, un renoncement à comprendre au bénéfice de la jouissance de croire…

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/01/2013 @ 16:00

  21. Il faut bien avouer que le Siècle des lumières, c’était il y a plus de 2 siècles 🙂
    Non, non, ce n’est pas du Audiard … enfin je ne crois pas 😉

    Commentaire par Yves D — 14/01/2013 @ 16:03

  22. Allons, un petit extrait de Philippe Muray, (ça, c’est quand vraiment je ne crois plus en rien, Muray m’offre alors un gigantesque et libérateur éclat de rire) :
    « Le rebelle à roulettes, en revanche, a le vent dans les voiles et vapeurs. C’est un héros positif et lisse, un brave qui défie à vélo les intempéries. Il est prêt à descendre dans la rue pour exiger une multiplication significative des crèches dans les centres-villes (le rebelle à roulettes est très souvent un jeune ménage avec enfants). Il aime la transparence, les objets équitables et les cadeaux altruistes que l’on trouve dans les boutiques éthiques. Il applaudit chaque fois que l’on ouvre une nouvelle brèche législative dans la forteresse du patriarcat. Il s’est débarrassé de l’ancienne vision cafardeuse et médiévale du couple (la différence sexuelle est quelque chose qui doit être dépassé). Il veut que ça avance. Que ça avance. Que ça avance. Et que ça avance.

    Et ce n’est vraiment pas à son intention que Bernanos écrivait, peu après la dernière guerre : « Ce monde se croit en mouvement parce qu’il se fait du mouvement l’idée la plus matérielle. Un monde en mouvement est un monde qui grimpe la pente, et non pas un monde qui la dégringole. Si vite qu’on dégringole une pente, on ne fait jamais que se précipiter, rien de plus. »

    Le rebelle à roulettes descend et il croit qu’il bouge. C’est pour ça qu’il est entré dès son plus jeune âge dans la secte des Avançistes du Septième Jour. À Paris, il a voté Delanoël, rebelle d’Hôtel de Ville. Car, comme ce dernier, il est contre le désordre. À fond. « Nous sommes les candidats de l’ordre », avait d’ailleurs proclamé le Delanoël dans son dernier meeting de campagne.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/01/2013 @ 16:21

  23. #14 Aliocha

    votre répartie, sans doute un peu vite partie : « @Schmilblick : des faits connus et archi-connus ? Vous y étiez ?  »

    vous y étiez ? Ah bon ? Il faut être présent et témoin de l’événement au présent pour avoir droit d’écrire l’histoire ? Celle-ci doit donc être limitée à l’histoire contemporaine avec tel principe « méthodologique » e »t encore, à condition d’en être témoin., donc le présent de son petit cercle vécu sur place, par soi-même seul, sans relais des textes.

    Là pour le coup il y a de quoi rire. C’est plutôt à mourir de rire même. L’archive, les documents, les analyses de discours et de textes, ça n’existe pas car on n’y était pas. Prévenez les historiens. Qu’ils se convertissent vite en journalistes de terrain à l’affût des « faits » présents, et uniquement les « faits » du présent.

    Je croyais que pour les historiens les faits n’existent pas, mais son construits, car choisis au milieu d’une masse immense et informe, sélectionnés, reliés à d’autres parce que jugés significatifs, et analysés, mis en forme, jusqu’à faire sens , au résultat d’une analyse qui leur donne sens.
    Enfin, c’est ce que disent les historiens du moins . (L Febvre, Duby, Braudel, des gens comme ça, sans parler de Foucault)

    Plus sérieux sur les fait connus et archi-connus concernant Le Pen je vous renvoie
    1- aux condamnations en justice de Le Pen pour ce qui est de torture en Algérie, de banalisation de crimes contre l’humanité, d’antisémitisme et révisionnisme.

    [bien que non, j’avoue, je n’étais ni en Algérie, ni aux côtés de Le Pen quand il a proféré ses meilleures sorties antisémites]

    2- quelques faits bien connus ou faciles à connaître / vérifier : quid de son entourage collaborationniste y compris jusqu’à certains membres des Waffen SS , fondateurs du FN avec JMLP ? Invention de la gauche ? Quid des nationalistes-révolutionnaires, partie intégrante du FN rallié par eux ? De même que les courants putchistes, OAS, lors de la guerre d’Algérie ? Quid du groupuscule Occident et de ses membres, en fusion avec le FN ? Quid de ses amis rédacteurs de Rivarol et des propos qu’ils tiennent ? etc. etc. etc.
    Vous faut-il des noms, des états de service ? des citations de cette littérature ?
    Szafran s’y réfère, et mentionne qu’ils sont cités dans le livre de Cohen-Péan. Il n’y a donc pas de doute. Mais ce ne serait rien, juste une invention de la gauche … (?) Ce n’est pas un marquage idéologique ? Ce serait juste les malheureux vaincus de l’histoire, à qui il faut aujourd’hui rendre justice car s’ils avaient gagnés ils seraient aujourd’hui encensés ? J’ai un peu de mal avec cette rhétorique, très loin de soi-disant « faits » collectés par une soi-disant enquête de terrain.

    3- pour ce qui est de savoir si oui ou non il partage tous les fondamentaux de l’extrême-droite fasciste, et si oui on non on a affaire à la même idéologie, je vous renvoie aux textes et aux discours sortis de son cerveau et de sa plume, et vous recommande de les confronter aux textes des penseurs et idéologues d’extrême-droite et fascistes. Car il n’y a que les textes pour connaître cette idéologie fasciste, antisémite, d’extrême-droite, pour être capable de la reconnaître et de la caractériser comme telle.

    L’idéologie d’extrême-droite gagne à être connue. Elle s’analyse en analysant les textes, fort méconnus là pour le coup. On apprend beaucoup à lire la littérature d’extrême-droite pré-fasciste et qui l’a inspiré et nourri, vous savez Barrès, Maurras, puis encore Bardèche, des gens comme ça … C’est très intéressant.

    Enfin dernière remarque méthodologique : vous remarquerez que Szafran cite les textes de Cohen-Péan, donne des citations précises et ne les attaque pas en demeurant dans un surplomb et une généralité qui permettent de dire tout et son contraire, à la différence de leur réponse qui brille par son imprécision et ses généralités vides;

    Commentaire par Schmilblick — 14/01/2013 @ 16:30

  24. @Schmiliblick : et donc Péan et Cohen sont des fachos, c’est évident. Vous me pardonnerez de ne pas entrer plus avant dans ce marécage.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/01/2013 @ 16:36

  25. Merci Aliocha pour ces billets sur ce sujet, et d’autres sur le journalisme. La tribune de Szafran me semble le décrédibiliser plutôt que d’appuyer son point de vue, c’est en tous cas mon ressenti en le lisant, avec un style accusateur, qui prend 3 extraits sur un livre de 550 pages (!). Tiens, ce point d’exclamation entre parenthèses, c’est un style qui m’insupporte, qui force le lecteur à réagir là où il ne le ferait pas naturellement, à forcer sa réaction. Exemples:

    -Les Pommes sont vertes ce soir.

    -Les Pommes sont vertes ce soir (!).

    Dans le deuxième cas, on va forcer le lecteur à chercher une incohérence dans la phrase pré-citée, et créer un malaise sur la proposition faite. C’est une technique parmi de nombreuses existantes. Cela m’horripile quand un « grand » journal utilise ces procédés.

    Désormais je lis XXI dès qu’il sort en kiosque. C’est un plaisir, en plus d’un acte militant. Je soubaite des journalistes qui vont sur le terrain pour enquêter, poser les questions etc., pour m’informer réellement. Et si je ne suis pas d’accord avec les conclusions de Cohen et Péan dans leur livre, j’aurai au moins des faits à me mettre sous la dent…

    Commentaire par Gitano — 14/01/2013 @ 17:18

  26. #24 : pensée simpliste peut-être ? caricature ? déformation peut-être ? surdité volontaire ou embarras ? Incapacité à répondre, peut-être.

    Innocenter Le Pen et le Fn de son antisémitisme, de son passé, de ses origines, de son racisme, de son amour pour les grands thèmes fascistes, innocenter ses fondateurs fachos, collaborateurs, ayant des sympathies pour le nazisme, disciples de Déat etc. etc. collaborateurs notoires sous l’Occupation, tous ces magnifiques amis de Le Pen, dirigeants du FN tout au long de son histoire (toutes choses connues ou faciles à vérifier, je ne vais pas en faire la liste) , comme le fait Cohen, l’innocenter de ses relais avec ce que Le Pen appelle « la presse amie » (Présent et National-hebdo), l’innocenter pour le passé, pour le présent aussi (http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2013/01/10/philippe-cohen-biographe-de-le-pen-promeut-son-livre-en-eaux-troubles/), ce n’est pas être facho, mais c’est une faute, ça c’est sûr. Une faute politique et une sacrée bourde et une tache dans l’itinéraire d’un homme venu de la gauche, ça c’est sûr.
    Pourquoi cela ? Mais qu’est-ce qui lui arrive , qu’est-ce qui lui prend à Ph. Cohen ?
    Entre complaisance, naïveté, et autres hypothèses possibles, variées, j’ai opté personnellement pour l’hypothèse du goût du scandale et envie de sensationnalisme.
    ça paye. Qu’on en juge : on ne parle que de Ph. Cohen actuellement.

    L’homme par qui le scandale arrive, ou qui se paye son quart d’heure de gloire par le scandale, il en faut plus pour faire un facho.

    Lui il dit être tombé sous le charme du grand charmeur qu’est Le Pen. Allez savoir les motivations profondes. Seuls les écrits comptent.

    Mais ces nuances et subtilités sont trop subtiles pour qui en appelle aux soi-disant « faits » à l’occasion d’une lecture particulièrement idéologique de l’histoire du FN et de son fondateur.

    Commentaire par Schmilblick — 14/01/2013 @ 17:41

  27. @Schmilblick : j’estime que vos propos sont injurieux et diffamatoires à l’égard de mes confrères, en conséquence, vos commentaires sont désormais placés sous modération préalable. ça devient insupportable l’incapacité dans ce pays à discuter calmement.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/01/2013 @ 17:54

  28. Derrière la pensée donc il y a toujours des désirs particuliers de penser, déterminés bien sûr par les propriétés idiosyncratiques de l’individu pensant, mais aussi — et en fait surtout — par sa position sociale dans des milieux institutionnels. C’est cette position sociale qui conforme ses intérêts à penser, je veux dire à penser ceci plutôt que cela, à avoir envie de penser, de s’efforcer de penser dans telle direction plutôt que dans telle autre. La question est donc celle des profits ou des intérêts à penser ce qu’on pense, et dont il faut redire qu’ils peuvent être de toutes natures : monétaires bien sûr, mais aussi, et évidemment surtout, institutionnels, sociaux, symboliques, psychiques.

    Si je me suis livré à ce bref détour théorique en introduction, c’est précisément pour rappeler qu’il existe bien d’autres modes de l’alignement des discours que le conflit d’intérêt, et qu’en lieu et place de la transaction monétaire explicite et consciente, il est une myriade de transactions sociales implicites et le plus souvent inconscientes qui concourent bien plus sûrement au même résultat, avec en prime le superbénéfice de la bonne conscience pour tout le monde, ce supplément heureux de toutes les harmonies sociales.

    http://blog.mondediplo.net/2012-11-21-Economistes-institutions-pouvoirs

    Lordon, toujours un peu compliqué mais stimulant.

    Commentaire par araok — 14/01/2013 @ 18:41

  29. @Mathieu P, Aliocha: Il me semble que vous amalgamez trop de choses dans le concept d’opinion. Pour ma part, je distingue d’une part l’opinion du professionnel, ou du moins de l’amateur éclairé, sur un sujet qu’il connaît (mais pour laquelle il n’a pas forcément de démonstration complète) de celle qui relève du jugement de valeur. Illustrons: la valeur que l’on accorde ou non à la vie d’un islamiste africain relève du jugement de valeur, tandis que le fait pour un expert militaire d’évaluer les chance de succès de l’actuelle opération française au Mali relève de l’autre type d’opinion. Enfin, un troisième type d’opinion: celles qui sont mal informée sur des sujets qui pourraient faire l’avis d’un expert (bref, le « café du commerce »).

    Commentaire par DM — 14/01/2013 @ 19:28

  30. @araok : Désolée, je viens de débloquer votre commentaire, j’ignore ce qui a pu coincer !

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/01/2013 @ 20:07

  31. @Gitano : ah ! l’art (et parfois l’abus) de la ponctuation ! Bonne lecture de XXI et des autres si le format vous plait : 6 mois sur la photo (par les mêmes), Alibi sur le polar, Crime et Châtiment sur la justice etc, etc….

    @DM : joli affinage en effet de la notion d’opinion. Pour l’instant, on nous les interdit toutes, mais on voit bien qu’au fond on se prive de l’expertise du journaliste sans supprimer le biais de l’opinion qui parvient à s’infiltrer par tous les bouts…

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/01/2013 @ 21:11

  32. @laplume

    Je comprends fort bien votre désillusion… Dès que vous exprimez une idée un peu en dehors de ce que tout le monde pense on vous tombe dessus à bras raccourcis.

    Vous n’avez pas le droit d’exprimer un doute, de mettre en valeur une zone qui vous semble un peu à l’ombre, de montrer des faits qui contredisent la « vérité absolu ». Les gens se moque de la liberté, de l’information, des autres. Ils courent comme des petites fourmis mono-taches dont l’unique but est de reproduire le même monde qui leur assure leur petit confort que l’on ne peut pas détériorer pour un peu plus de justice sociale, sinon je pars ailleurs : qu’ils se cassent et aille crever ailleurs.

    Commentaire par herve_02 — 14/01/2013 @ 21:43

  33. @ Aliocha (en #27)

    Rhhoo, je vous trouve bien sévère envers Schmilblick. Dans son dernier com’ avant que vous ne l’envoyez « au piquet », je ne l’ai pas trouvé injurieux (il écrit bien « il en faut plus pour faire un facho ») et se demande quelles sont les motivations de Cohen et Péan (il suppose « goût du scandale et envie de sensationnalisme » mais avoue ne pas « savoir les motivations profondes »).

    Alors que Szafran, dans l’article que vous reproduisez, les traite de « blanchisseurs » faisant de la « psychologie de bazar » … ce qui me semble plus limite diffamatoire, non ?
    D’autre part, dans le lien vers le blog « Droite(s) Extrême(s) » que Schmilblick met en lien, on peut y lire Ph. Cohen préciser qu’il était entré chez Marianne car il pensait que c’était « un journal iconoclaste, censé dire la vérité aux lecteurs, et [que c’est] devenu un journal de gauche qui a du mal à trouver sa place », lui même ne s’y sentant plus à sa place …
    Aimer l’iconoclasme ne me semble pas si éloigné du goût de la provocation ou du scandale que ça …

    Je suis donc surpris de votre réaction … mais après tout c’est vous « la taulière » 😉

    Ce que de mon coté je reprocherais à Schmilblick, c’est qu’il me donne la forte impression de NE PAS avoir lu le livre de Péan & Cohen … et donc de ne baser sa critique que sur ce qu’en disent « les autres » (Szafran et al.)

    On rejoins là l’une des motivations de votre Blog: c’est quoi « du bon journalisme » ? Relater et mettre en perspective les faits ?
    Mais les faits, comme les images, ne peuvent être relatés qu’avec une vue forcément un tant soit peu subjective.
    Et on rejoint alors finalement l’humain qui se « cache » derrière le journaliste. Humain avec son éducation, son histoire, ses amitiés, ses avis et opinions, ses choix … d’aborder tel ou tel sujet sous tel ou tel angle !

    Commentaire par Yves D — 14/01/2013 @ 22:27

  34. @Aliocha :

    Je vois que le sujet a été beaucoup commenté. Je repassais pour m’excuser du « torchon », effectivement excessif à l’endroit du papier de Maurice Szafran. J’étais sincèrement outré après avoir lu sa critique et j’ai commenté à chaud…

    Commentaire par Moktarama (@Moktarama) — 14/01/2013 @ 23:25

  35. Je ne sais pas qui de nous deux refuse le débat d’idées et surtout la confrontation d’idées, qui, sur des sujets aussi importants méritent précisément d’accepter la confrontation véritable, franche, si l’on tient à la vérité plus qu’à son petit orgueil personnel.

    Je pense qu’exempter Le Pen de ses ancrages idéologiques et de son appartenance à des courants politiques historiquement identifiés est une erreur, et plus qu’une erreur, une faute.

    Vous me prêtez que je considère Cohen comme facho en guise de réponse. Bon.

    Je ne vous embêterai plus n’ayez crainte, et je ne vous porterai plus la contradiction, vous pouvez être tranquille et poursuivre tranquillement.

    Commentaire par Schmilblick — 14/01/2013 @ 23:28

  36. @Schmilblick : ce que vous dites sur Philippe et Pierre est absurde. Et quand on voit le boulot qu’ils ont fait, insultant. Libre à vous de préférer les affirmations d’un éditorialiste aux faits rapportés par des journalistes, je ne vous ai pas empêché de vous exprimer, ni effacé votre commentaire, ce que j’aurais pu faire. Je vous demande juste de baisser d’un ton. Et je vous le demande avec le désagréable sentiment que les gens qui procèdent comme vous le faites me prennent au fond pour une conne et abusent de ma patience. Mais vous voyez, quand je suis pas sûre, j’attends de voir…
    @Moktarama : vous êtes pardonné. Je vous ai repris simplement parce que je ne voulais pas que le billet dérape en lynchage de Maurice Szafran. Il ne s’agit pas ici de faire ce que je reproche au reste des lieux de débats 😉
    @Yves D : je ne supporte pas les procès d’intention. Et celui-là m’apparait d’une injustice qui me révulse. Alors chacun dit ce qu’il veut ici, mais dans le calme. C’est pas un scoop, ça fait 4 ans que je le répète.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/01/2013 @ 00:09

  37. @Herve_02 : on appelle ça le politiquement correct ou encore la pensée unique, non ? Ah non, c’est vrai, ces trucs là n’existent pas, c’est un argument de frustré 😉 M’est avis que je vais encore lire Muray ce soir…hier, il m’a fait hurler de rire sur la construction du Parc Eurodisney. Quel talent !

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/01/2013 @ 00:12

  38. Tiens, il y a la minute d’Harlem Desir sur France 2 maintenant ? C’est le retour de l’ORTF ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/01/2013 @ 00:25

  39. Ah, ben c’était les voeux du PS..bizarre.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/01/2013 @ 00:26

  40. Bonjour. Je crois qu’il y a un grand malentendu dans cette discussion. Il porte sur cette notion de « faits ». J’ai lu le bouquin de Péan et Cohen. Sans a priori négatif ou positif. Je crois qu’il convient de distinguer deux choses.

    Il y a d’abord les « faits » imputés à Jean-Marie Le Pen par la plupart de ses biographes et par la plupart des spécialistes d’extrême-droite. Les deux auteurs reviennent sur ces faits et en proposent de nouvelles interprétations. C’est ce qu’ils font à propos notamment du rapport de Le Pen aux juifs. Les interventions publiques de Péan et Cohen ne sont pas très inspirées car ce sont ces interprétations qu’ils présentent comme des « faits ». Or une interprétation n’est pas un fait. Ce serait plus honnête pour eux de dire que c’est une thèse qu’ils défendent. Plus honnête et plus modeste car ils n’ont pas été dans le for intérieur de J.-M. Le Pen pour y dénicher les preuves d’un non-antijudaïsme ou d’un non-antisémitisme de J.-M. Le Pen, pas plus que les autres biographes de J.-M. Le Pen n’ont été dans ce for intérieur pour en rapporter les preuves en sens contraire. Si je distingue antijudaïsme et antisémitisme, c’est parce que ce sont deux choses différentes même si elles sont articulées chez certains et que Cohen et Péan ne font pas l’effort de démêler cet écheveau.

    A côté de ces faits admis par presque tous (du moins les personnes ayant travaillé sur J. M. Le Pen) mais interprétés à leur manière par Cohen et Péan, il y a les allégations qu’ils font, à partir de témoignages. Dire qu’il s’agit de « faits » est curieux. Cohen et Péan disent partout que ce sont des « faits » puisque… leurs témoignages sont inédits. Jusqu’à preuve du contraire un « témoignage », même de première main, n’est pas un fait. Ce qui me paraît fascinant c’est à quel point beaucoup de journalistes ne savent pas faire cette différence qui si j’ai bie compris est au cœur de la condamnation pour diffamation de Caroline Fourest pour sa biographie de Marine Le Pen. C’est cette confusion que mettent également en cause J.M. Le Pen attaquant en justice Cohen, Péan et leurs témoins ou Valérie Trierweiler pour la fameuse biographie qui lui a été consacrée.

    Dans votre religion des « faits » je suis preneur de votre volonté de moins d’ »idéologie » dans le traitement journalistique des événements. Je passe en revanche mon chemin sur cette croyance un peu naïve dans une « immaculée conception » des faits. Le fait en lui-même n’est pas important. C’est sa signification qui importe par rapport au bien public et au lien social. Et cette signification suppose nécessairement une interprétation. Désolé mais il y a des journalistes et même des éditorialistes que je lis absolument parce que je préfère le type de significations qu’ils savent tirer de certains faits sans que leur sensibilité de gauche ou de droite n’ait pour moi une importance. Et ceux-là sont absolument vitaux pour la vie démocratique parce que ce sont eux qui font par exemple la liaison entre la connaissance sur la société produite par les chercheurs et les problèmes qui se posent à nous. Le problème est que ce profil de journaliste ou même d’éditorialiste est beaucoup plus rare chez nous qu’à l’étranger.

    Philippe Cohen est un journaliste factualiste, dites-vous. Cela m’a beaucoup fait rire car ce n’est pas ce qui m’était apparu, moi qui achète toujours ses bouquins. Je les achète parce qu’il est un peu iconoclaste. Mais je voudrais être son biographe pour pouvoir comprendre ses propres évolutions politiques et intellectuelles depuis 25 ans que je le lis.

    Commentaire par Paul Vinatier — 15/01/2013 @ 11:43

  41. @Paul Vinatier : personne n’a jamais soutenu que le journalisme était une science exacte. Ce n’est même pas une science, c’est dire…Maintenant, je vais vous dire pour quoi je plaide ici. Il m’arrive tous les jours, je dis bien tous les jours, de préparer un dossier dans le cadre d’une interview ou d’une conférence de presse et d’arriver avec une idée théorique, j’ai envie de dire une « idée de papier » du sujet que je m’en vais traiter. Et puis soudain, me voilà sur le terrain. Oh, un terrain bien modeste, généralement une salle avec plein de gens dedans. Et je les écoute, ces gens, commenter le sujet que je connais ou bien répondre aux questions et m’apprendre des choses que j’ignore. Et à chaque fois, je dis bien à chaque fois, ma perception initiale s’en trouve changée. C’est parfois infime, d’autres fois décoiffant, mais ça existe. Passons à Philippe. Il y a plusieurs mois, on déjeune ensemble (nous ne sommes pas amis, on se tutoie parce que c’est l’usage entre confrères, mais je l’ai vu 5 ou 6 fois dans ma vie) et là il me parle de son livre. Et il me dit avec un regard totalement incrédule, qu’il a découvert au fil de son enquête un visage de Le Pen qu’il ne connaissait pas. En substance, qu’il avait découvert un décalage entre l’image et la réalité. Et il ajoute que Pierre et lui vont se faire arracher la tête. ça ne le réjouissait pas, au contraire, il y avait une sorte de tristesse un peu résignée et d’anxiété dans sa confidence. Ses découvertes ne m’ont pas surprise. Voir le décalage entre la représentation des choses et leur réalité que j’évoque ci-dessus. Ce qui me surprend aujourd’hui, c’est la rage que le livre a déclenchée. Et ce qui me surprend encore plus, c’est que les soupçons d’idéologie et de manipulation se portent sur ceux qui ont rencontré les gens dans la vraie vie, plutôt que sur ceux qui commentent la vie depuis leur fauteuil à la tête de leur canard à la sortie d’un dej dans un étoilé michelin ou d’un cocktail à l’Automobile Club de France. Franchement, ça me scotche. Je n’ai jamais dit que le livre était La Vérité, absolue et indiscutable, ses auteurs non plus d’ailleurs. Ils rapportent du terrain des éléments et ils les soumettent au débat. Alors maintenant expliquez-moi pourquoi au lieu de discuter, on se prend des réactions hystériques sur fond de chasse aux sorcières ? C’est le kampuchea démocratique ici ou quoi ? Il existe quelque part une vérité officielle gravée dans le marbre à laquelle il est interdit de toucher ? C’est où ? Qui l’a écrite ? Monsieur Szafran ? C’est quoi sa légitimité ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/01/2013 @ 12:03

  42. J’entends bien ce que vous dites. Mais votre récit de votre rencontre avec Cohen est déjà très curieux car je ne vois pas trop où est dans le bouquin ce « visage de Le Pen qu’il ne connaissait pas ». Nous parlons d’un acteur politique, J.-M. Le Pen. Mettons de côté l’Algérie et la question de ses actions pendant cette guerre. La question biographique importante à propos d’un acteur politique est celle de son idéologie et de son action politiques, comment elles se forment, comment elle ses nouent et se dénouent, s’articulent ou non avec la vie non-politique de l’intéressé. Dans le cas de Le Pen, cette idéologie est considérée par beaucoup comme n’étant franchement pas libérale. Je choisis libéral et lui donne son sens philosophique parce qu’il nous évite les qualifications du style « fasciste » « extrême droite » « républicain ». On peut donc supposer que si Cohen et Péan se sont préparés à prendre une rouste ce n’est logiquement que parce qu’ils arrivent à la conclusion que l’idéologie de JM Le Pen n’est pas franchement aussi anti-libérale qu’on le dit. Cela ne m’aurait posé aucun problème si cette thèse était clairement revendiquée dans le livre, ce qui n’est pas du tout le cas. Je me dis donc que « le visage de Le Pen qu’il ne connaissait pas » est peut-être son visage privé. Mais ce visage privé, même en supposant qu’il soit charmant, change-t-il quelque chose à la nature de l’idéologie de l’acteur politique ?
    Entendons-nous bien. Il y a des pensées dominantes chez les journalistes comme chez les autres. Et j’aurais bien voulu défendre Péan et Cohen sur ce coup mais l’envie m’en manque parce que je les trouve pas très corrects. Qu’ils aient aient voulu au fond, comme ils le disent, rédiger une biographie politique comme les journalistes français ne savent pas le faire, bonne idée (je ne sais pas pourquoi les éditeurs publient autant de biographies d’hommes politiques signées par des journalistes). Ce qui m’embête c’est qu’ils veuillent coûte que coûte faire croire que quiconque trouve qu’ils n’y sont pas parvenus leur fait un procès en incorrection idéologique.

    Commentaire par Paul Vinatier — 15/01/2013 @ 13:05

  43. @ Paul Vinatier

    Sur les faits moi je dirais, certes,qu’ ils n’ont jamais l’évidence qu’on leur prête mais seulement si on évite de les mettre en perspective !

    Je précise que j’ai acheté le livre comme je l’avais d’ailleurs fait en son temps avec « La face cachée du Monde » mais j’avoue ne pas l’avoir encore lu.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 15/01/2013 @ 13:15

  44. Après le rejet du politique, le rejet du « journalisme » n’est pas loin, chacun préoccupé de sortir du lot par tous moyens, ambition oblige. Considérer ce métier comme un métier et avec un peu de modestie ne nuirait à personne.

    Commentaire par rejannf — 15/01/2013 @ 13:18

  45. Quand je pense qu’il y a des confrères payés très cher pour écrire dans des journaux très chics que violer la loi fiscale c’est pareil que violer les zenfants :http://www.lesinrocks.com/2013/01/15/actualite/ledito-daudrey-pulvar-genie-du-mal-11340095/ Bon, je me replonge donc dans le fonctionnement du marché obligataire en France parce que c’est le genre de sujet où, si on écrit des conneries similaires à celles citées précédemment, on se fait tomber dessus par une floppée de spécialistes chiffres à la main. Il y a ceux qui ont le droit à l’erreur et au n’importe quoi, et puis il y a les autres…

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/01/2013 @ 14:38

  46. @laplumedaliocha: Il me semble qu’elle ne parle pas tant de l’évasion fiscale, que d’aller servir la soupe aux hommes forts de divers régimes autoritaires. Par ailleurs, elle ne met pas les deux sur un pied d’égalité, puisqu’elle parle de « faits beaucoup plus graves ». Au fond, ce qu’elle dit est une banalité : être un professionnel reconnu n’exclut absolument pas d’être humainement détestable.

    Commentaire par DM — 15/01/2013 @ 14:52

  47. Waou … Question : Audrey Pulvar s’est-elle seulement rendu compte du parallele qu’elle etablissait. Je n’en suis, malheureusement ou heureusement, c’est selon, pas si sure. Y’a bien une vague moderation (« des faits encore plus graves »).
    Allez, encore un bon mois a tenir pour les Inrocks (que j’avais le bonheur de lire il y a quelques annees quand j’etais encore jeune, et eux aussi)

    Commentaire par Maelle — 15/01/2013 @ 14:54

  48. Oh la la ! Je n’avais pas vu la necro de Depardieu en couv’ !
    C’est quand meme une provoc de tres mauvais gout.

    Commentaire par Maelle — 15/01/2013 @ 14:59

  49. @Paul Vinatier : ah, on y vient, mon récit est « curieux ». Pas intéressant, non, « curieux ». Il est joli ce mot là, plein de mystères, de choses cachées, de double-fond en double-sens, de doute en intention cachée. Je vous laisse libre de le trouver curieux. Sinon, personne ne demande de les défendre, pas plus que de les attaquer, les journalistes ne bossent pas pour recevoir des fleurs ou des coups de pied au cul, ils bossent pour répondre généralement à leurs propres interrogations et à celles du public. Ni fleurs, ni couronnes. Tout au plus une paire de lunette si nécessaire et un brin de jugeotte. Enfin, sur le procès en incorrection idéologique, on ne parle pas de quiconque en l’air, mais au hasard du patron de Cohen. Et ce n’est pas un procès, mais le bucher, précisément sans procès. En tout cas pas tel que je conçois le terme de procès en tant que juriste. Vous voyez, c’est un peu compliqué les faits parce que ça résiste. C’en est même chiant parfois. Je comprends qu’ils irritent. Moi je les aime, précisément pour leur capacité de résistance, c’est pour ça d’ailleurs que j’ai choisi ce métier. C’est sans doute le plus concret des jobs dits « intellos », c’est du quasi-manuel, faut voir, respirer, toucher et puis se bousiller les doigts et le cerveau pour écrire et quand on dit des conneries, paf, c’est le coup de marteau sur les doigts, le fait qui rapplique dans toute sa force et qui vous met le nez dans votre erreur. Alors que l’éditorialiste, c’est un poête, la réalité il s’en cogne, il joue avec les mots, les idées à la mode, un jour il dit blanc, le lendemain noir, et il a toujours raison, il est toujours dans son vrai à lui, le seul qui compte. Qui l’aime le suive !

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/01/2013 @ 15:00

  50. La thèse du livre c’est que Le Pen est plus un comédien jouant un rôle, un menteur doublé d’un opportuniste sans scrupules avant tout intéressé par l’argent, qu’un vrai politique aux idées d’extrême-droite. A la limite un bouffon, un comédien, qui ne pense pas ce qu’il dit. Un brave gars finalement, arriviste et avide d’argent, mais pas un facho !
    C’est la faute aux medias qui en ont fait un facho.

    Venues de gauche la plupart des critiques considèrent que ce livre exonère Le Pen de ses engagements et positions politiques et des idées qu’il fait fructifier. Pas seulement Szafran.

    Juste sur l’histoire de la torture en Algérie, les auteurs affirment malgré sa déclaration de 1962 « j’ai torturé parce qu’il fallait le faire», que Le Pen n’a pas torturé en Algérie. C’était juste du cinema pour se faire mousser, disent-ils.
    Le Pen à propos de la torture a dit « Il fallait le faire», car face à ce genre de situation « il faut employer des moyens exceptionnels ».
    La théorie de l’exception,est venue de Carl Schmitt, le juriste nazi

    Pourtant dans Libération un dossier, enquête de terrain en 85 vous vous souvenez sans doute
    Libération publie un numéro spécial intitulé «Torturés par Le Pen. Cinq témoignages accablants pour un homme politique qui a toujours nié les faits»
    vous vous souvenez sans doute.

    Une autre enquête du Monde sur la torture en Algérie, corroborée par les témoignages de Massu et de Aussarresses. Le Pen mis en cause nommément, a porté plainte. Il a été débouté de sa plainte, en instance et en appel. L’enquête du Monde a été jugée sérieuse par la justice.
    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/17/le-monde-relance-le-debat-sur-la-torture-en-algerie_1669340_3212.html

    Des faits encore, témoignages d’Algériens, « oubliés » des biographes qui prennent position contre ces faits.
    http://rebellyon.info/Tortures-par-Le-Pen-par-Hamid.html
    Ces ouvrages en français et sites internet n’ont pas donné lieu à plaintes en diffamation de la part de Le Pen, et pour cause. Leur publication n’est pas mise en cause.

    Sur l’antisémitisme, les crimes contre l’humanité, le racisme, on pourrait donner de très nombreuses références aussi.

    Je vois moins des faits nouveaux dans l’ouvrage de Cohen qu’une thèse nouvelle et une interprétation nouvelle de faits anciens et publics.

    Après Patrick Buisson en conseiller de Sarkozy, et les thèmes de campagne de celui-ci pourtant gentil garçon qui n’en pense pas un mot… après le vote majoritaire à l’UMP pour la motion Pelletier , lui aussi membre de / venu de l’extrême-droite… et Copé et sa droite décomplexée, mais le pauvre, qu’est-ce qu’il faut pas faire pour gagner des élections, si c’est pas malheureux ? … voilà Le Pen en gentil garçon mais comédien hâbleur… après je ne sais plus quel évêque qui a sorti que l’ouverture du mariage aux homosexuels c’était la porte ouverte à la polygamie, à l’inceste et pourquoi pas la zoophilie ? …. tout cela mis bout à bout semblerait indiquer que la banalisation de l’extrême-droite et de ses idées et le glissement général à droite de la vie politique ne sont pas des inventions des medias.
    D’après vous, elles sont inventées par les médias ?

    En fait c’est bien de jeter un regard critique sur les médias, mais moi je suis encore plus critique sur l’extrême-droite et l’extrême-droitisation de la vie politique, sans scrupules, pour lutter contre la gauche avec d’incessantes polémiques dont le contenu est de pire en pire, dont cette affaire de mariage à l’occasion de laquelle un évêque a cru bon de balancer qui si les homos pouvaient se marier c’était la porte ouverte à la polygamie, à l’inceste et à la pédophilie. Mais bien sûr lier l’homosexualité à la polygamie, à l’inceste et à la pédophilie, n’a rien d’insultant pour les homos .

    Ce fonds là de la vie politique depuis qu’un autre parti que celui de la droite a osé prétendre gagner
    les élections, est plutôt saumâtre, malsain et pénible.

    Commentaire par Carmen — 15/01/2013 @ 15:31

  51. Mouais…passer de la sexualité de Kinski (violeur) à la fiscalité de Depardieu (jouisseur) c’est…obscène ! Audrey…les « mauvais génies » ça existent aussi !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 15/01/2013 @ 15:32

  52. « Curieux ». Pas de double, triple sens. Disons que c’est pas parce que Philippe Cohen aime jouer à l’iconoclaste qu’on est obligé de le prendre au sérieux. Ce truc de « je vais me faire taper dessus » est devenu un peu un tic chez lui. Après si ce que vous appellez « faits » est considéré par d’autres comme des interprétations c’est qu’il y a comme un problème quelque part avec ce que vous entendez par « fait ». Chacun peut podcaster l’émission d’europe 1 où micheld field et olivier duhamel recevaient Cohen et Fourest. Sans aucune animosité. Oublions Fourest. Olivier Duhamel avait lu le livre. J’en étais gêné pour Philippe Cohen. Il n’avait que ce mot « fait » à la bouche et Duhamel ne finissait pas de lui dire, passages à l’appui, « mais non mais non ce que vous écrivez là et qui fait polémique n’est pas un fait c’est une interprétation ». Allons-y donc avec les faits, rien que les faits : ne lisons plus les journaux, lisons seulement les dépêches d’agence.

    Commentaire par Paul Vinatier — 15/01/2013 @ 15:44

  53. Cohen découvre un homme au style privé différent de l’homme public. La belle découverte ! L’homme en privé peut être charmant quand l’homme politique est brutal et grande gueule ! En privé Le Pen peut avoir de l’humour, se révéler cultivé, et différent du tribun qui chauffe les foules avec des discours démagogiques, agressifs, braillards et vulgaires qui exploite les thèmes classiques de l’extrême-droite et qui pour être classiques n’en sont pas moins opportunistes et variables au gré des circonstances et aussi divers que son public, comme remarqué plus haut. Cela va du paganisme au catholicisme intégriste et tout ce melting pot d’idées caractéristique des courants fascistes depuis qu’ils existent. Donc Cohen n’y voit pas la marque de l’extrême-droite. C’est son interprétation, toute personnelle.
    Ce n’est pas d’aujourd’hui pourtant que l’idéologie fasciste est constituée d’un patchwork contradictoire

    Ce n’est pas vraiment nouveau non plus que l’homme en privé ne coïncide pas avec le personnage politique et son rôle public.
    Sans aller jusqu’au clivage des chefs nazis remarqué par Hannah Arendt, que dire de Chirac fin et cultivé et la jouant populo en public, et son personnage du gars sympa et simple bien apprécié pour cela, alors qu’il était un tueur en politique, ou encore le même plutôt de gauche et qui fait sa carrière à droite et Mitterrand le contraire.

    Ce n’est pas d’aujourd’hui non plus que Cohen est soupçonné, avec Zemmour et E. Levy, de de banaliser les idées de Le Pen et de leur donner quelque innocence nouvelle, à la croisée des ralliements de quelques nationalistes dits souverainistes.

    http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=10589

    Commentaire par Carmen — 15/01/2013 @ 16:15

  54. @Paul Vinatier : iconoclaste par rapport à quoi ? Au idées, encore et toujours, qu’on se fait des choses ? Quand j’ai dit à Philippe que je préparais un livre sur Kerviel (qu’il n’a pas lu d’ailleurs, vous voyez, pas de renvoi d’ascenseur ici ni ne copinage, au contraire, je lui en veux un peu), sa première réaction a été de me demander si j’avais lu les autres bouquins de journalistes sur l’affaire. Non, lui ai-je répondu, je veux conserver mon indépendance de jugement. Moi et les faits. Lui, au contraire m’a dit qu’il lisait tout pour être sûr d’apporter quelque chose et de ne pas répéter ce qui avait déjà été dit et redit. Voilà d’où vient votre « iconoclaste ». Quant aux experts à roulettes qui cherchent la petite bête, dois-je vous rappeler comment on a démoli le livre fort intéressant de Péan sur Kouchner ? Ben sur un mot justement qui a permis de hurler à l’antisémitisme. Alors allons-y, recommençons, dès qu’un bouquin dérange, on le descend, et on retourne à son petit confort moral.

    @Carmen : ah, le complot Cohen Zemmour Levy en faveur de Le Pen maintenant, mais que vous êtes drôle ! C’est caméra cachée ? Vous êtes un troll ? Et moi je suis quoi dans tout ça ? La blogueuse masquée qui diffuse les thèses en sous-main sur la toile ? Et Obama, il est dans le complot ou pas ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/01/2013 @ 16:45

  55. @laplume …. je vous admire… vraiment… C’est lorsque vous êtes comme cela que je vous aime…

    Commentaire par herve_02 — 15/01/2013 @ 17:10

  56. rien de neuf sous le soleil : http://www.amazon.fr/Le-Confort-intellectuel-Marcel-Aym%C3%A9/dp/2253933473
    C’est souvent daté, ça date de juste après guerre, mais c’est la même paresse intellectuelle qui pousse à préférer l’idéologie et la sensibilité à l’analyse, aux faits et au travail.
    Voir aussi : http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=14992
    Il faut du « sound bite », du rapide et pré digéré : idéologie.

    Commentaire par Folbec — 15/01/2013 @ 17:30

  57. @ Paul Vinatier

    Moi ce qui m’avait gêné dans l’émission Médiapolis sur Europe 1, c’est que Caroline Fourest n’avait pas lu le livre, certes, elle était venu parler du FN pas du livre de Péan et Cohen mais elle a fait référence à une des meilleures biographies qui existe sur Le
    Pen càd celle de Bresson et Lionet (Seuil 1994) dont, précisément, Péan et Cohen se sont appuyés pour référencer le leur ce qui paraissait aux yeux de Philippe Cohen, à tout le moins, contradictoire.

    Ce qui du reste m’avait poussé à l’acheter pour mieux saisir le « renouvellement du questionnement » donc de la thèse selon laquelle Le Pen serait en grande partie le produit d’une construction politique de plus de 30 ans de diabolisation.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 15/01/2013 @ 18:19

  58. Je n’ai pas lu le livre, donc pas de jugement sur le fond. Je souhaitais simplement signaler qu’il y avait eu une émission « Service Public » sur inter, avec je crois Cohen, pour parler de son livre, mais surtout une chercheuse spécialisée sur le FN, qui avait fait sa thèse sur l’extrême droite en France (donc minimum 3 ans de « terrain » comme vous dites) qui disait des choses très intéressantes sur le livre. Intéressantes mais critiques. J’en avais essentiellement retenu que le livre de Cohen et Péan n’apportait rien qui n’ait été déjà connu des spécialistes, mais qu’il le présentait d’une façon favorable au personnage Le Pen, comme Schmilblick, P. Vinatier et d’autres l’ont évoqué plus haut.

    Comme je crois Cohen sincère quand il déclare apporter des choses « nouvelles » sur Le Pen, et comme je ne pense pas non plus que cette chercheuse mente, j’en viens à me demander pourquoi ces connaissances académiques n’ont pas été plus facilement et plus précocement transmises dans la sphère médiatique que vous connaissez si bien. c’est un peu comme si toute découverte scientifique (on le voit aussi dans le domaine des sciences dures) n’acquérait d’existence réelle qu’une fois passée au crible de l’article d’un journaliste encarté. On recommence alors, mais dans les médias grand public, les même débats que ceux qui avaient déjà été tranchés dans le cénacle des spécialistes de la question, parfois plusieurs années auparavant, ce qui donne auxdits spécialistes le sentiment de perdre leur temps à re-démontrer l’évidence, et au grand public cultivé (les autres s’en foutent) de re-découvrir chaque étape des démonstrations déjà faites sur le sujet, généralement en tombant dans tous les travers du mauvais étudiant, tant il est vrai qu’une foule a le QI du plus bête de ses membres.

    Un cas emblématique pour moi, c’est le réchauffement climatique par exemple: je ne compte plus le nombre d’articles grand-public qui conduisent à refaire la démonstration des propriétés énergétiques du carbone ou celle du rayonnement d’un corps noir. Je ne parle même pas des articles tout venant, qui donnent l’impression exaspérante et décourageante de se trouver face à une question qui n’avancera plus jamais. Le cas de ce bouquin me semble relever d’un phénomène similaire.

    Commentaire par Javi — 15/01/2013 @ 18:43

  59. @Herve_02 : vous êtes en train de me dire que je suis belle quand je suis en colère, c’est ça ? Mourdiou, honte sur vous, macho ! 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/01/2013 @ 19:22

  60. Très drôle le coup du complot mondial.

    Je voulais juste rappeler que cela fait plusieurs années que Ph. Cohen a des démêlés avec la direction de Marianne pour ses positions concernant Le Pen et la ligne soi-disant républicaine adoptée par le FN, et le ralliement d’un chevènementiste au FN, dans un journal qui n’a pas pour habitude de prendre des pincettes pour s’exprimer.

    Le livre de Cohen n’a pas pour intérêt de faire émerger des faits nouveaux. Comme dit par le Chevalier Bayard, il soutient une thèse, : « Le Pen leader d’extrême-droite » est une fiction construite de toutes pièces. Il ne serait pas d’extrême-droite ou représentatif de celle-ci, il a seulement été « diabolisé ».
    « diabolisé » = diffamé ?
    Cette notion de « diabolisation » serait peut-être à préciser et à interroger.

    Commentaire par Carmen — 15/01/2013 @ 19:23

  61. @laplume

    que nenni… la beauté des femmes ne se trouve pas dans leur colère, mais dans leur fougue, ce qui est 2 choses bien différentes.

    Ce qui éveille mon admiration, c’est que vous arrivez à continuez à « débattre » avec des gens qui ne font que rabâcher les même choses. Malgré ma grande trollitude… je n’y arrive plus, je laisse courir, ca n’en vaut pas la peine. C’est comme un cours ou un aide/opinion : je la donne et point. En prend et fait usage qui veut, je ne me bats plus, chacun fait avec ses idées et ses envies. Et il assume.

    Sur le cas le pen, j’ai toujours pensé que lui taper sur la gueule sans réfléchir juste parce que, ca ne faisait que monter sa cote de popularité. Ensuite sur ses « bons mots », c’était un cache misère vachement efficace pour éviter d’adresser les problématiques qu’ils posaient. Et ne pas les « résoudre » (même si ces problématiques ne seraient qu’un prétexte à faire parler de lui) ne fait qu’amplifier le nombre de mécontents qui le sont car ils font face à des situations compliqués dans l’indifférence la plus générale.

    Lorsque lepen renvoie dos à dos la droite et la gauche, tout le monde ne parle que de son « racisme » (il a collaboré avec vichy ? et mittrand ? et papon ? et un paquet de parents de gens de gauche, pratiquement toute la gauche était pétainiste) mais les gens voient ps et ump voter main dans la main un 4 février le changement de constitution pour ratifier un traité que le peuple ne voulait pas. Ca a fait hurler personne, mais durafour crématoire, ca c’était un truc buzzique avant l’heure. La politique du ps actuelle ne fait que pousser les gens dans les bras de partis politiques moins mainstream.

    ———————————

    En quoi est-ce macho ? c’est le nouveau truc ? dès qu’un homme dit un truc sur les femmes, c’est un macho sauf si c’est un homo ?

    Commentaire par herve_02 — 15/01/2013 @ 20:06

  62. @Carmen : L’humour est chez moi la politesse de la colère. Philippe a des « démêlés », tout de suite le péjoratif, des divergences de vues, ça veut dire pareil sans impliquer de jugement sur le camp qui aurait raison. Qu’est ce qui vous dérange, le débat, les divergences de vues ? On en revient au Kempuchea démocratique. Une thèse ? Allons donc, un autre regard, mais évidemment c’est pas dans le dogme. Quand je pense à tous ceux qui accusent l’église d’être dogmatique, j’ai envie de leur dire que les croyances idéologiques ont dépassé les croyances religieuses dans le côté dogmatique, enfin passons…Je ne sais pas si l’extrémisme de Le Pen a été construit, son ascension en tant qu’extrémiste en tout cas l’a été sous Mitterrand, ça c’est clair. Pour le reste, ayant observé de près pendant des années les fachos à Assas, je peux vous dire que dans les années 90 Le Pen était considéré par eux comme un guignol qui n’avait jamais voulu du pouvoir. La vraie question dont je comprends qu’on ne veut pas la poser car un ennemi identifié est rassurant et confortable, c’est en effet : diaboliser Le Pen est-ce la bonne stratégie pour lutter contre l’extrême-droite ? Ce qui pose plus généralement une question fondatrice dans le débat français : diaboliser l’opposant à ses opinions est-il une bonne stratégie ? J’en sais rien, je ne fais pas de politique et j’ai autant de sens stratégique qu’une carotte, mais au pifomètre, je dirais que non. Pour des raisons éthiques, je n’aime pas la diabolisation. Pour des raisons journalistiques je l’appelle : mensonge. Pour des raisons psychologiques, je trouve ça à l’évidence contreproductif. Et pour ce quo’n observe comme résultat, il est fort possible que ce soit un échec. Notez, on ne saura jamais ce qu’il serait advenu si on avait fait le contraire. Vous voyez, quand je sais pas, je me tais.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/01/2013 @ 20:07

  63. @Herve_02 : oh mais je vous voit venir, vous voulez me coincer, soit j’adhère à ce que vous dites, soit je vais être étiquettée machophobe, et même féministe. Misère. Je m’incline…tout plutôt qu’une pathologie phobique 😉
    Je discute parce que le macho que vous êtes a diagnostiqué depuis fort longtemps déjà chez moi (si, si, j’ai l’habitude) une furieuse propension à foncer dans le chiffon rouge. Dites pas non, je sais que vous savez 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/01/2013 @ 20:11

  64. @Herve_02 : macho de ma part est un compliment, je trouve qu’ils se font rares en ce moment sous la dictature des féministes enragées et ils me manquent. Contrairement à ce qui plane dans l’air du temps, j’aime les différences de sexe. Je sais, c’est réac, mais j’assume.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/01/2013 @ 20:13

  65. ça ne veut rien dire « diabolisation ». C’est de la psychologie à la noix de coco. Je croyais qu’il s’agissait de politique, mais comme vous ne faîtes pas de politique et dites ne rien n’y comprendre, je laisse tomber. sans doute me suis-je trompée d’adresse.

    PS. pour Cohen il a eu tout de même droit, il y a deux ans de cela, à une désapprobation ouverte de ses positions ou propos à propos du FN lorsque celui-ci récupérait le thème républicain et se faisant faire un nouveau visage par cette opération de chirurgie esthétique. La désapprobation fut exprimée par le directeur du journal. Et en plus Cohen a eu droit à un communiqué du comité des rédacteurs qui demandaient d’être très clair sur ce point. Ils dénonçaient la nouvelle forme de rhétorique du FN comme récupération et instrumentalisation des thèmes républicains par l’extrême droite qui en est l’adversaire historique.

    Qu’ils sont bêtes mon dieu ! il y a encore des gens qui croient à une incompatibilité entre les deux.

    Bon, mes excuses, je croyais que c’était une question politique dont il s’agissait, mais ce sont des affaires de querelles entre journalistes dans le microcosme.

    Vous accordez beaucoup trop d’importance aux medias, Vous croyez que les journalistes écrivent n’importe quoi et qu’ils ont le pouvoir de fabriquer un courant politique. c’est de la politique-fiction. Vous croyez donc en la thèse de la « diabolisation » et ce serait parce que les medias auraient « diabolisé » Le Pen que ça l’a rendu populaire.

    Curieusement, toute l’Europe connaît une expansion des partis d’extrême-droite, mais non, c’est un phénomène totalement artificiel, pure création des medias, et sans aucun rapport avec ce que vivent les gens, croyez-vous.

    Quel roman !

    Commentaire par Carmen — 15/01/2013 @ 21:59

  66. @Carmen : eh non, c’est pas politique ici. Et si j’accorde de l’importance aux médias, comme vous dites, c’est que ce blog y est consacré et que je suis journaliste. On gagne toujours à se renseigner sur son interlocuteur avant de s’exprimer. Notez, j’ai utilisé le terme « confrère » dans le billet, donc je m’étonne que vous n’ayez pas saisi, mais bon…Quant aux communiqués du comité de rédacteurs, je vous remercie d’apporter de l’eau à mon moulin. Donc, il y a une ligne politique chez Marianne, autrement dit, une vérité officielle ? Dans un journal ? Mazette….et elle est dictée non pas par un actionnaire tyrannique comme au Figaro (dit-on), mais par des journalistes ? Merci. Vous venez en un commentaire de défendre Philippe mieux que moi en des dizaines de lignes. C’est donc bien un procès en sorcellerie. Nous y sommes. Amis lecteurs, vous voyez, ça nous fait à peu près ça à nous journalistes, quand on accouche quelqu’un de sa vérité et mieux encore de la vérité (mais dans ce dernier cas, c’est super rare, et il faut du boulot derrière pour recouper et vérifier 😉 )

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/01/2013 @ 22:12

  67. @carmen…

    Vous voulez savoir pourquoi l’extrème droite monte partout en europe ? il ne faut pas être grand clerc ni énarque :

    – la misère,
    – la déconnections des « élites » politiques de la réalité quotidienne des vrais gens qui en chient leur race
    – la hautitude beauf ou la beaufitude hautaine d’une pseudo élite intellectuelle
    – le démantèlement des constructions sociales.

    Lorsque tous ces cons « savants » auront compris que la société ne peut pas être imposé à une population mais qu’elle doit émaner d’elle, on aura fait un grand bon en avant. Soit ces gens sont cons, soit ils sont cyniques, mais j’ai bien peur qu’ils ne cumulent les 2 tares.

    Dans l’absolu que le pen soit raciste antijuif antisioniste, anti bougnoul, anti ce que vous voulez, on s’en cogne les burnes : il a le droit d’avoir ses opinions propres. Mais qu’il soit, dans l’esprit d’une partie de la population, comme le moins pire que l’on puisse élire, ne montre pas tellement la bêtise ou le racisme de la dite partie de population mais la maigreur des constructions intellectuelles des autres formations politiques sur le terrain.
    Vous ne pouvez pas expliquer à longueur de journée que le pauvre est un profiteur qui fout rien et vous étonnez benoîtement que les étrangers, souvent précaires parmi les précaires, soient regardé de travers. Vous avez vu à paris des femmes avec leurs enfants dormant sur un matelas dans une cabine téléphonique ? non ? moi oui. Dans un pays civilisé qui claque 20 milliards en crédit d’impôts qui bénéficiera à des sociétés qui distribuent des milliards de dividendes, ca ne vous fait pas bondir ? et si ce gamin ne crève pas avant sa majorité, vous pensez que son rêve ca va être de remercier la france pour ce qu’il est ? il aura envie d’aller ensemble plus loin ? à un moment il faut arrêter l’onanisme intello et se projeter un peu dans l’avenir.

    ouais c’est de la psychologie à la noix de coco probablement. mais vous avez peut être une idée intelligente à fournir, pourquoi les extrêmes arrivent ? parce que les gens deviennent « génétiquement » racistes ? et comme c’est un gène récessif ca progresse ?

    Commentaire par herve_02 — 15/01/2013 @ 22:34

  68. @Javi : merci pour votre commentaire tout en nuances et pour le lien, je vais écouter l’émission. Surtout, pardon, vous avez été bloqué et je ne m’en suis aperçue qu’il y a dix minutes. Donc j’attire l’attention de tout le monde sur le commentaire de Javi en 58 que j’ai débloqué tardivement et qui donne un lien vers une émission radio sur Le Pen avec 4 invités.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/01/2013 @ 23:21

  69. Aliocha
    Avoir quelques principes, quelques repères politiques, quelques idées et convictions, un certain sens politique pour penser non pas une ligne mais peut-être les lignes à ne pas franchir, que tout ne se vaut pas, et qu’au sein d’une rédaction on peut être d’accord sur quelques orientations (de gauche même) ou sur ce qui fonde la république, se distinguer de ce qui lui est hostile, enfin ce genre de choses partagées, c’est mal ? ça ne se fait pas dans un journal, qui a son profil, son style, sa personnalité , ses choix politiques ? Ah bon !

    Mais c’est très bien de réfléchir sur les médias, sauf que je croyais que c’était une question assez politique.
    Peu importe, on n’en sortira pas. J’arrête.

    Hervé

    Hervé bien sûr que c’est la misère, l’injustice, révoltante, qui prospèrent sous des richesses considérables, les folies de l’économie et de la finance et du monde, l’effondrement de tous les systèmes et projets politiques, l’impuissance des hommes politiques et des responsables divers, y compris les journalistes du reste, et la crise partout, le fait que nul ne sait où l’on va ni ce qu’il faudrait faire pour s’en sortir, que nul ne maîtrise quoi que ce soit, tous les hommes de pouvoir naviguent à vue, tout ce que vous dites, bien sûr que ça rend les gens qui subissent découragés, dégoûtés, écoeurés, inquiets, furieux, ne croyant plus à grand’chose et se mettant à croire à n’imporete quoi, se raccrochant à des illusions, dangereuses. Que certains choisissent de dire leur colère , leur découragement, leur protestation, en votant pour ce qu’ils croient être un parti contestataire, certes . Politique du pire comme on dit, ou le choix de l’impasse. Electorat volatile, venu de partout -gauche, droite- qui va et vient, ignorant les idées et l’héritage facho, bien distinct des militants qui eux s’y rattachent. C’est un vote protestataire, de ras-le-bol, et on les comprend, et alors ? Néanmoins, impasse.

    On peut parfaitement comprendre que certains expriment ainsi ce qu’ils ressentent, ce n’est pas sans cause ni sans raison mais cela n’enlève en rien le droit de dire ce qu’on pense des idées et des baratins de leurs chefs et de leur parti.

    En tout cas vous semblez vous être aperçu que le phénomène est européen, et n’est pas sorti du cerveau brumeux des journaleux imbéciles qui ont bourré le mou au peuple en lui fabriquant un grand méchant sur mesure, un épouvantail (un leurre autrement dit). , un diable, bref un mythe, une fable pour lui faire peur… mais qui ne lui fait pas peur, justement car il n’est pas du tout vu comme un diable… paradoxe non ?
    Cela dit ceux qui votent pour lui ignorent son programme économique. S’ils le connaissaient,ils ne voteraient pas pour lui sauf à vouloir creuser sa propre tombe, mais au point où on en est se disent-ils… c’est la dernière carte, qu’on n’a pas encore tentée… essayons pour voir.
    Cela dit la majorité de ceux qui votent pour le FN ne souhaitent pas le voir arriver au pouvoir.
    lui-même le souhaite-t-il ? On peut en douter.
    Vote largement pris dans le fantasme aussi. Nulle part les Arabes ne sont plus détestés que dans les campagnes et les petits bleds où il n’y en a pas un seul, mais la Tv montre tellement de choses qui font peur dans les grandes villes qu’on ne voudrait pas que ça gagne chez nous…

    Bref, le FN n’est pas un parti républicain et, pour cette simple raison, aussi bête que cela, ceux qui le disent facho y voient toutes les raisons de ne jamais accepter de compromis. C’est peut-être pas le cas d’une partie de la droite qui est en train de s’y embourber sans savoir où elle va elle non plus.

    Mais j’arrête. Trop de politique donne mal au crâne.

    Commentaire par Carmen — 16/01/2013 @ 00:09

  70. @carmen,

    en quoi ce n’est pas un parti républicain ?

    Il ne se présente pas à des élections, dans une république, en fondant un parti politique légal, avec des instances, des élus, des « parlementaires(?) », il n’est pas élus et gestionnaires dans des régions ? Il a fait un coup d’état ? envoyé des milices une nuit prendre d’assaut l’élysé avec la complicité des anciens généraux de l’algérie ? comme je n’ai pas la télé, j’ai peut être manqué un épisode de Dallas On Ice à marly gaumont.

    En quoi il n’est pas républicain ? qui décide ou est la limite ? vous ? moi ? ducont ps ou ducond ump, au gré des alliances et de l’avantage que l’on à le voir sur l’échiquier politique ?

    Vous voulez dire qu’il a bafoué la constitution en s’alliant avec l’opposition pour se faire voter une loi d’amnistie ? ou pour changer la constitution pour imposer au peuple un traité international qu’il a clairement refusé ?

    Vous voulez dire qu’il s’est allié avec les dictateurs africains qui affament et massacre leur population ?

    Vous voulez dire qu’il a vendu à des dictateur peu recommandables les armes et les moyens électroniques de traquer les opposantes pour les torturer et les liquider ?

    Vous voulez dire qu’il a organisé des circuits d’évasions fiscales pour permettre à ses amis d’optimiser leur pression fiscale ?

    Vous voulez dire qu’il favorise ses amis pour les marchés publics, qu’il dépèce le patrimoine national pour le vendre à ses copains qui lui trouveront une place bien au chaud et bien payé ?

    Vous voulez dire qu’il a embourbé le pays dans les accords PPP qui vont mettre à genoux les finances publiques pendant 30 ans pour donner du frics aux actionnaires des copains ?

    Putain tout ca, effectivement ce n’est pas très républicain, et on se demande même comment on les laisse encore pérorer à la télévision et qu’on ne les met pas directement aux cachots sans l’ombre d’un procès pour tous ses comportements pour le moins anti-républicain voir anti démocratique.

    pfff… ouais une sale engeance du diable à n’en pas douter. oui ca donne mal au crane, je dirais même plutôt le tournis tout ce manque de « républicanisme », et à n’en pas douter facho, raciste, probablement terroriste, pédophile, et le pire de tout téléchargeur de fichiers protégés.

    C’est une urgence national de rétablir l’égalité républicaine sur le territoire, le mariage pour tous c’est de la gnognotte à coté de ça.

    Commentaire par herve_02 — 16/01/2013 @ 00:36

  71. « Eh non pas de politique ici », écrit la maîtresse de ces lieux. Si un blog qui parle des médias n’est pas un blog politique c’est donc que les médias n’ont aucune utilité pour la vie politique et démocratique.
    Les bras m’en tombent que l’on puisse considérer que la question des médias et/ou la question du journalisme ne sont pas des questions politiques par excellence. Dans ce cas pourquoi invoquer les mannes de Marcel Gauchet, philosophe politique dont tout l’intérêt pour les médias n’est justifié que par la question de la redéfinition en cours de nos espaces publics. La citation de Gauchet, dans le billet sur (l’épiphénomène) qu’est le magazine XXI (je suis effondré que l’on fasse de XXI un « modèle économique » alors que le lectorat du magazine est principalement constitué de gens des médias et de professions culturelles – personne ne le précise jamais) était pas faite à bon escient car la thèse de Gauchet telle qu’elle ressort plus généralement de ces textes sur les médias et le journalisme consiste en réalité à soutenir que le gimmick journalistique sur la fin ou sur la crise du journalisme est une lamentation qui non seulement mythifie le passé et qui ne tient pas compte du fait que dans les démocraties, les espaces publics sont toujours en reconstruction du fait de nombreux facteurs : l’imprimerie, la presse, les chemins de fer, l’avion, l’industrialisation, etc.
    « Eh non pas de politique ici » lorsqu’on parle de quoi ? D’un livre politique écrit par un journaliste politique. Mieux d’une biographie politique, c’est-à-dire de quelque chose qui n’est pas un genre journalistique.
    Si j’ai bien compris, c’est un scandale qu’un journal (Marianne ou un autre) ait des valeurs, des conceptions et le revendique. Je rends les armes et je vais immédiatement brûler tout ce que je peux avoir chez moi comme livres sur l’histoire du journalisme et qui tous montrent que le journalisme a historiquement d’abord été un journalisme d’opinion. Au fait le J’accuse de Zola a été publié sous quelle qualification à l’époque ? Comme un papier journalistique. Zola n’avait pas été sur « le terrain ». Et je ne connais pas un seul grand journal au monde qui au moment d’une élection nationale ne prend pas position. Après, que dans le même journal il faille distinguer les faits et les opinions, certains le font, certains ne le font pas. Où est le problème ? C’est leur choix et c’est mon choix (et celui de chacun) de préférer un type de journalisme par rapport à un autre.

    Commentaire par Paul Vinatier — 16/01/2013 @ 09:29

  72. Bien d’accord avec vous Paul Vinatier.
    Constituer un blog sur les médias en prétendant ne pas faire de politique car on n’y comprend rien, et car on prétend ne pas prendre parti, au nom d’une soi-disant neutralité, est une aberration. Et c’est impossible étant donné que la politique exige une prise de parti sur des questions qui ne font pas l’unanimité dans une société plurielle où l’unanimité n’existe pas. Ce pourquoi la politique est souvent le lieu d’affrontement d’idées et de visions opposées. Cette neutralité et cet apolitisme revendiqués et imaginaires, sont une contradiction dans les termes pour un projet d’analyse des médias, selon moi. C’est généralement ce que disent les gens de droite. Mais croire que la question des médias n’est pas hautement politique est franchement surprenant. Et cette supposée neutralité est contradictoire avec le très bon article de Gauchet et celui de Philarète cités, qui mettent la vérité au fondement et au centre d’une méthode et d’une éthique du journalisme. Or la vérité est tout autre que la neutralité. La vérité divise, et exige de faire des distinctions au sein d’une pluralité d’opinions présentes dans la société et qui se rencontrent dans la dimension politique;

    Je ne vois pas comment analyser les medias, et même prétendre donner des pistes pour leur amélioration ou des modèles de leur travail (à ma stupéfaction, par exemple Ph. Cohen un auteur de biographies à scandale !) en se dispensant d’analyses politiques, qui par exemple permettraient de comprendre que cette manière d’exempter Le Pen de ses responsabilités politiques dans un certain contexte, au moment où le parti se donne des allures républicaines, et au moment une partie de l’électorat populaire est tenté de se reporter sur lui pour protester de ce qu’il vit, est une faute politique.

    Je comprends mieux de ce fait pourquoi mes objections, parce que politiques, vous mettent en colère et pourquoi vous refusez de les discuter et les rejetez avec un « humour » assez méprisant. Vous ne voulez pas de débat politique, juste présenter vos hypothèses.

    Comme je ne partage guère vos a priori « apolitiques » ni votre naïveté sur la possible séparation des médias et de la sphère politique, je n’insisterais pas pour vous porter la contradiction dans votre propre maison.

    PS. en écoutant l’émission j’ai appris une chose, sur un point que j’avais mentionné ici et qui mérite d’être précisé. Oui Le Pen a bien torturé en Algérie, les témoignages sont là, et il l’a déclaré ; mais la question qui fait problème et fait débat était de savoir s’il l’a fait sous la responsabilité / sur ordre de l’armée française. Et c’est cela qui semble bien ne pas être le cas, et est établi en particulier dans le livre de Cohen. Cohen insiste à raison sur le fait qu’il n’a jamais été chargé de quelque responsabilité de cet ordre par l’armée française, d’où il conclut cependant que JMLP n’a pas torturé, entretenant une confusion entre pas torturé sur ordres de l’armée qui ne lui a pas confié la moindre responsabilité (cela paraît établi) et pas torturé du tout (là on a les éléments contraires).

    Il n’est donc pas tout à fait clair dans son argumentation.

    Commentaire par Carmen — 16/01/2013 @ 10:35

  73. @carmen

    Ce qui est sympa avec la vérité vs neutralité, c’est que la vérité, c’est toujours la sienne qui est véritable, les autres se trompant soit parce qu’ils ne comprennent pas soit parce qu’ils se trompent. Vous pourriez m’expliquer, moi qui suis un peu neuneu, la différence entre opinion et propagande ? et entre républicain et non républicain ?,

    Par exemple pour vous le fn n’est pas républicain, c’est votre vérité, mais est-ce qu’il suffit de le dire de le redire et reredire pour en faire une vérité ou alors il y a une démonstrations « neutre » qui le montre ? Est-ce que la vérité c’est une question de foi ?

    Commentaire par herve_02 — 16/01/2013 @ 12:48

  74. @ Carmen et Paul Vinatier
    Vous avez toute ma sympathie. La dérision de l’anguille Aliocha (je traite de sujets éminemment politiques tout en n’en faisant pas) ne saurait tenir lieu de réponse argumentée. Bien évidemment qu’il y a aujourd’hui des correspondances entre une certaine gauche cocardière néo-jacobine et une droite qui a remplacé la haine des juifs par la dénonciation des « bougnoules » qui viennent piquer notre travail et veulent nous empêcher de bouffer du sauciflard (je caricature). Ce n’est pas un hasard si le n° 2 du FN (Florian Philippot) vient du parti de Chevènement tout comme certains conseillers de Pasqua étaient issus également du chevènementisme (un exemple emblématique de « correspondance » entre les courants de la droite et de la gauche nationaliste : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul-Marie_Co%C3%BBteaux ). Cohen est à ranger incontestablement du côté de cette frange qui dérive de la gauche vers la droite.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 16/01/2013 @ 13:07

  75. @Paul Vinatier : que de certitudes, mazette ! Donc, on ne peut pas parler de journalisme sans parler de politique, XXI est un épiphénomène, le livre dont nous parlons n’est pas du journalisme, et allons-y ! Je juge, je tranche et je saupoudre le tout d’effets de scène : « les bras m’en tombent », « je suis effondré ». Joli théâtre de boulevard je dois dire…

    @Carmen : Philippe auteur à scandale ? Mais tout le monde ma chère est auteur à scandale, même Hergé qui avait scandalisé une sourde en prétant à Tournesol cette petite coquetterie du cornet accoustique. Face à l’indignation de la dame qui y voyait une moquerie à l’endroit des sourds, l’auteur avait répondu que Tournesol n’était pas sourd physiquement, mais atteint d’une surdité tout à fait choisie. Vous n’avez pas remarqué que le concert de hurlements scandalisés qui tourne en boucle à propos de tout et de rien entraine un phénomène parallèle de surdité ? Heureusement d’ailleurs, sinon, ce serait intenable. Allons, le système médiatique est ainsi fait que demain et même avant, un autre « auteur à scandale » émergera sur un autre sujet. Plus personne ne pense, tout le monde se scandalise, c’est tellement plus simple et plus rigolo. C’est Mac Luhan me semble-t-il qui disait que l’indignation est une manière de conférer de la dignité aux imbéciles…

    Mais revenons à notre sujet : dans un canard, aujourd’hui, dans notre beau pays, un journaliste aguerri peut se retrouver dehors simplement pour avoir eu l’audace de sortir un livre pas tout à fait conforme à la doxa sur ledit sujet. Wahoooouuuuuuuu ! Je n’ose imaginer ce qu’on aurait entendu si un phénomène similaire s’était produit au Figaro…Tout ceci nopus ramène toujours à l’image très drôle de Gabriel Matzneff dans combat : Didi, le petit héros chinois du Lotus bleu veut couper la tête de Tintin pour lui montrer la voie.

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/01/2013 @ 13:10

  76. @ Attention hervé_02 à force de jouer les neuneus on va finir par le croire !

    Vous avez raison le FN qui respecte les règles institutionnelles est par définition un parti républicain ! (art. 4 de la Const.). Voilà pour le vice tautologique !

    Bon…ça c’est facile à démonter ! L’expression est une formule elliptique, journalistique, un abus de langage, un raccourci quoi !

    Mais, en termes de valeurs, sérieusement, vous le (républicain ?) le discours véhiculé par le FN vous le partagez ?

    @ Gilbert Duroux

    J’ai plutôt tendance à vous suivre sur ce glissement progressif d’une certaine gauche cocardière néo-jacobine et une droite qui a remplacé la haine des juifs par la dénonciation des « bougnoules ».

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 16/01/2013 @ 13:46

  77. @chevalier

    je ne partage pas non plus le discours de l’ump ou du ps… si je suis républicain est-ce que l’ump et le ps sont de facto non républicain ?

    Quel différence entre un parti qui « probablement chasserait les étrangers » s’il était élu et un parti qui « actuellement » rafle des étrangers, les parque dans des camps (de rétentions) et les expulse ailleurs que chez nous ? Dans le mode de tri ? ou parce qu’on décide que l’est républicain et l’autre non ?

    C’est le sens de ma question : qui décide ce qui est républicain ? la masse ? (alors pétain l’était et hitler tout autant ) ? des intellos ? (lesquels) ? la morale ambiante ? est-ce que la vérité est neutre, démontrable, objective ou est-ce une question de foi ?

    @chevalier et gilbert…

    ce n’est pas une gauche cocardière « blabla à la con », naturellement, plus les difficultés économiques sont fortes, plus un peuple est xénophobe. Plus une population crève la faim, plus elle a tendance à chercher un responsable : la différence est un bon moyen de discrimination, ce sera l’étranger, ou le simplet, ou le pauvre ou le chômeur ou le communiste ou le fasciste ou le non-marié, la femme volage etc.

    Pas besoin de morale laïque : du travail à tout le monde, un vie plus ou moins équilibrés pour tous et les soucis de saucisson ou de viande hallal seront réglés.

    Commentaire par herve_02 — 16/01/2013 @ 14:00

  78. hervé puisqu’il faut tout vous expliquer, voici quelques points de repères

    Qu’est-ce qui n’est pas républicain (au FN)?

    La préférence nationale, la distribution sélective des allocations sociales sur critère national limite raciste, la contestation de la progressivité de l’impôt, de l’égalité des droits et de la justice sociale et toute les formes de contestation des principes d’égalité, ( religieuse, sexuelle, culturelle …) le non respect des lois (sur la diffamation, sur l’appel à la haine raciale, sur le négationnisme) et évidemment les nombreux jeux de mots et allusions racistes, prônant la discrimination, et mettant en cause des crimes crimes contre l’humanité : cela n’est pas républicain, est opposé aux principes de la Constitution et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

    Rien à voir avec la fructification du capital et ce que font les entreprises pour cela, ni avec ce qui permet l’évasion fiscale, lois comprises ce qui n’est pas patriote dirons-nous, mais la gestion du capital est mondiale d’après ce que j’ai cru comprendre.

    Pour la vérité, ça désolée, je ne peux pas, mais je peux vous conseiller de lire les philosophes par exemple Socrate. C’est basique.

    Commentaire par Carmen — 16/01/2013 @ 14:01

  79. Philippe auteur à scandale ?

    quand on enchaîne les bios « Carla-Carlito », , BHL, et je ne sais plus qui (dont il faut voir le conttenu) oui, ça peut se dire.

    Commentaire par Carmen — 16/01/2013 @ 14:04

  80. @carmen…

    j’adore votre pédagogie… hautaine… elle me donne envie de vous écouter et de discuter.

    Commentaire par herve_02 — 16/01/2013 @ 14:12

  81. sur auteur à scandale, je me suis mal exprimée;
    Cela veut dire un auteur qui cherche le scandale et en fait son beurre.
    Non pas (pas du tout) l’artiste par qui le scandale arrive, bien malgré lui.

    L’exemple d’Hergé est curieusement choisi.
    Si nous avons tous adoré Tintin et ses aventures, étant enfants, et admirons encore et toujours le talent de l’auteur une fois devenus adultes, et ne sommes jamais lassés de son héros, talent incontestable (exemple d’une vérité : Hergé a un grand talent) et profondeur de ses histoires et personnages dont atteste le nombre impressionnant d’études sur son oeuvre et plusieurs d’études de psychanalystes (remarquables) , nul n’ignore plus aujourd’hui ses sympathies pour le nazisme sous la houlette d’un certain curé son mentor.

    bon, bon

    Faut pas le dire ça non plus ?
    le scandale Hergé je crois qu’il est là, plutôt que dans ses personnages qui tous représentent ou incarnent une part de la personnalité complexe de Hergé, comme justement ces études de psychanalystes permettent de le comprendre.

    Commentaire par Carmen — 16/01/2013 @ 14:27

  82. Ah bon sang, Hergé, curieusement choisi. J’aurais du m’en douter, un facho !!!! Ben non, je l’ai choisi parce que la lettre, qui doit être reproduite dans le bouquin sur les inventions de Tournesol de mémoire, me semble assez emblématique de la capacité qu’ont certains de se scandaliser de tout. Mais vous n’avez pas rebondi sur Matzneff, alors que si ça se trouve, il est bizarrement choisi lui aussi. Imaginez un peu qu’en plus d’être apolitique, je sois pédophile…Et orthodoxe. Voyez comme soudain le portrait se précise. Je vais encore vous éclairer – ça fera plaisir à Gilbert – j’adore Luchini. Si. Or j’ai appris qu’il était de droite hier soir chez Taddei. Ben non, je le savais pas, je m’en foutais, je le trouvais génial, c’est tout. Qu’est-ce que je fais maintenant ? Je brule mes Tintin ? Et Matzneff avec ? Je confesse publiquement avoir assisté à des pièces jouées par Luchini et même acheté ses films ? Je jette dans le bucher mes films avec Depardieu ? Et tous mes Audiard ? je m’interroge, il était gauche ou de droite Audiard ? En tout cas, homophobe certainement : souvenez-vous de la scène au début des tontons flingueurs quand il fait dire à un personnage : chez moi quand les hommes parlent les gonzesses se tirent, en désignant le petit ami du trafiquant d’alcool. Ah bon sang de bonsoir, j’y passerai le week-end s’il le faut mais je vais nettoyer tout ça. J’ai enfin trouvé la lumière, il était temps.

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/01/2013 @ 14:38

  83. @ herve_02 : merci pour votre franchise !

    J’évacue d’emblée votre conclusion sur la morale laïque avec laquelle je partage la formulation : « un travail à tout le monde, une vie plus ou moins équilibrée pour tous et les soucis de saucisson ou de viande hallal seront réglés « bla, bla, bla, à la con » on a tous notre côté miss France !

    Cela étant, la vérité c’est ce qui est vrai, ou le fait de l’être, ou le caractère de ce qui l’est. C’est donc une abstraction (la vérité n’existe pas : il n’y a que des faits ou des énoncés vrais).

    Mais cette abstraction nous permet de penser car s’il n’y avait rien de commun, au moins pour la pensée, entre deux propositions vraies, il n’y aurait aucun sens à dire qu’elles le sont, ni donc, intellectuellement, à dire quoi que ce soit : tous les discours se vaudraient et ne vaudraient rien (puisqu’on pourrait dire aussi bien, ou aussi mal, le contraire de ce qu’on dit).

    Il n’y aurait donc aucune différence entre un délire et une démonstration entre une hallucination et une perception, entre une connaissance et une ignorance.

    Donc, puisque FN, PS, UMP se valent, à ce que je crois comprendre, à mon tour, de vous poser le sens de ma question si vous étiez républicain qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 16/01/2013 @ 15:44

  84. @le chevalier … vous qui avez une conception forte de la vérité, comment pouvez vous enjamber des gouffres pour un raisonnement ?

    ai-je dit que fn, ump et ps se valaient ? j’ai juste dit que partager ou pas des idées ne changeait pas le statut de ce que l’on regarde. Je ne pouvais juger le fn anti-républicain (just lol) PARCE QUE je ne partageais pas ses idées. C’est marrant à chaque fois que l’on parle du fn, il y a une vérité une et entière qui n’a pas besoin de se démontrer qui dit que c’est le mal absolu.

    Je ne me retrouve dans aucun de ses 3 partis, que je considère, tous, comme anti-républicain et, de ce que j’ai pu voir pour l’ump et le ps comme anti-démocratique : collusion pour modifier la constitution et signer un texte international que le peuple ne voulait pas et pressions sur les élus de son parti pour voter « comme le président l’entend » pour ne citer que les plus visibles.

    Voila déjà ce que républicain n’est pas.

    Commentaire par herve_02 — 16/01/2013 @ 16:34

  85. @ herve_02 :

    Mouais…s’agissant de ma conception de la Vérité que vous qualifiez de (forte ?) très prosaïquement et sereinement je vous réponds : c’est une définition CLASSIQUE plus descriptive qu’explicative, par esprit de synthèse, vous la retrouvez à travers les siècles dans l’histoire des idées philosophiques et dans n’importe quel dictionnaire digne de ce nom et m’empresse de vous dire que je ne suis pas votre professeur et vous n’êtes pas mon élève…

    Alors je veux bien accepter le « grand écart » comme « danse avec les stars » : j’achète ! Lorsque vous dites ne pas partager non plus le discours du FN !

    Pour moi c’était parfaitement clair ! YAPAD’souci (à la manière de Delerm)

    Pour autant, j’avais un doute sur : « Quel différence entre un parti qui « probablement chasserait les étrangers » s’il était élu et un parti qui « actuellement » rafle des étrangers, les parque dans des camps (de rétentions) et les expulse ailleurs que chez nous ? »

    Vous l’avez levé je vous en remercie !

    Enfin, sachez que je n’ai aucun compléxe à parler du FN et que je m’ enorgueillis toujours à rectifier les erreurs d’interprétation que j’ai pu commettre.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 16/01/2013 @ 17:29

  86. je l’ai levé, et pourtant vous n’y avez pas répondu.

    Je veux tout ce qu’on veut, mais est-ce que c’est républicain d’aller cherchant des parents et des enfants à la sortie des écoles ? Est-ce que c’est républicain de manoeuvrer pour éviter que le droit des étrangers puisse s’appliquer ? délais de recours, interprètes, procédure abusives qu’on ne peut plus contester lorsque la personne est éjectée ?

    Est-ce que vous trouvez républicain d’aller saccager des camps de roms, légaux ou non ? parce que si ON décide que « républicain » c’est la ligne qui partage le fn des autres, c’est juste un raisonnement de merde.

    Commentaire par herve_02 — 16/01/2013 @ 18:10

  87. Vous êtes gonflé ? Vous avez bien levé mon doute mais vous avez esquivez ma question parfaitement claire !

    C’est quoi pour vous être républicain ? Pas ce qui n’est pas hein !

    Ne renversez donc pas les termes de notre échange ! Si vous souhaitez à l’avenir que je vous réponde ! Je vous l’ai dit et quitte à me répéter j’ai aucun complexe là-dessus !

    D’autant que, je n’y suis pas obligé si j’estime que ça n’aucun intérêt de poursuivre !

    Bon ! Moi je considère qu’être républicain c’est le contraire du nationalisme qui veut ériger la nation en absolu, à quoi tout – le droit, la morale, la politique – devrait se soumettre parce que toujours virtuellement antidémocratique (si la nation est vraiment un absolu, elle ne dépend plus du peuple : c’est lui au contraire qui dépend d’elle), presque toujours xénophobe (ceux qui ne font pas partie de la nation sont comme exclus de l’absolu).

    Et, j’incline à penser que c’est un patriotisme exagéré et ridicule : il érige la politique en religion ou en morale aussi est-il volontiers païen et presque inévitablement immoral.

    Etre républicain c’est veiller à ce que la démocratie se mette au service du peuple, non à celui, comme c’est sa pente naturelle, de la majorité ou de l’idéologie dominante. La démocratie, pour un républicain, est le minimum obligé : c’est un Etat de droit garanties par des libertés publiques et fondamentales (bla,bla,bla…) ; la république, le maximum souhaitable.

    La république, en ce sens, est moins un type de gouvernement qu’un idéal ou un principe régulateur. En ce sens le mot est moins constitutionnel que normatif : il suppose un jugement de valeur, et comme une volonté obstinée de résister aux égoïsmes, aux privilèges, aux corporatismes, aux Eglises, et même aux individus. C’est aussi une question de degré plus que de nature.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 16/01/2013 @ 21:05

  88. je n’ai pas de réponse parfaitement claire.

    Intellectuellement, je vois le républicanisme comme l’état d’une famille qui fait attention au moindre de ses enfants. c’est, de mon point de vue, l’individu au centre des pourquoi et des comment.

    Le reste c’est intéressant dans une discussion mais ca reste un peu du verbiage transposé dans la réalité. Car il y a toujours une manière de présenter les choses et de relativiser qui fait que tout se vaut.

    La démocratie au service du peuple… ouais …. donc ca veut dire quoi au concret : on jette les illégaux dehors ? ou on en garde notre part ? on fait le mariage pour tous (égalité – lol) ou non (institution trop bougée), on signe lisbonne alors que le peuple dit non à amsterdam ou pas ?

    le nationalisme ? ouais aussi… donc diluer tout dans un européanisme le plus béat est le summum du républicain….

    Tout ca ce sont des termes qui ressemblent à un cavalier législatif : un truc sur lequel discuter pour ne pas avoir à poser la question qui fâche : lorsqu’aujourd’hui la police va saccager un camp rom, est-ce républicain ?

    Maintenant oui, on peut décider que ca ne vaut pas la peine de répondre à ces questions. Mais dans MON esprit il est incohérent de rejeter le fn pour « a-républicanisme » tout en s’en servant sur l’échiquier politique ET oublier de regarder ce qui se passe actuellement en décidant que ce sont 2 choses différentes.

    Lorsque l’on saccage le code du travail dans une france en plein paupérisation avec, en gros, 10 millions de chômeurs, la préférence nationale pour le logement hlm c’est un épiphénomène : un truc d’annonce, un épouvantail qui créera moins de misère et moins de laissés pour compte que la « négociation » sur le travail.

    Commentaire par herve_02 — 16/01/2013 @ 21:31

  89. Je suis en train d’écouter l’émission citée en lien par Javi. D’abord je suis littéralement scotchée par le procès en sorcellerie que fait le journaliste de France Inter à Cohen et Péan. Ensuite, je suis enfin sortie de mon immense naïveté, j’ai compris, la plupart des gens qui se targuent de faire de la politique jouent en réalité à Guignol. Je dois être trop sérieuse. Mais c’est bon, je me soigne. Pour mon prochain bouquin, je vais trouver un personnage que tout le monde déteste et en faire un portrait à la truelle, bien méchant et ras le slip. (j’déconne, on change pas un cheval en kangourou). Le niveau intellectuel général est lamentable. C’est flippant.

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/01/2013 @ 21:33

  90. L’historien Nicolas Lebourg est dune finesse d’analyse remarquable http://www.franceinter.fr/emission-service-public-comment-parler-de-le-pen
    Notamment lorsqu’il évoque la posture esthétique plus qu’idéologique d’une certaine extrême droite. C’est exactement ce que j’ai observé quand j’étais à Assas dans les années 80-90.

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/01/2013 @ 21:41

  91. @Javi : la jeune femme que vous évoquez s’appelle Fiammeta Venner, c’est la compagne de Caroline Fourest m’indique Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fiammetta_Venner Et je retrouve hélas chez elle ce que je n’aime pas chez Fourest, ce côté va-t-en-guerre. Pas mon style. J’aime les analyses calmes et documentées, l’absence de jugement de valeur quand on touche à des sujets aussi éruptifs. Bref, j’ai une sainte horreur des militants. Pour militer, c’est à dire agir en vue de modifier une situation, il faut nécessairement se radicaliser. C’est bien pour cela que je ne fais pas de politique, mon truc à moi c’est découvrir, comprendre, analyser.

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/01/2013 @ 21:52

  92. « que de certitudes, mazette ! Donc, on ne peut pas parler de journalisme sans parler de politique ». Merci de me dire PRECISEMENT où j’ai écrit çà ? J’hallucine. On peut évidemment parler des techniques professionnelles de journalisme sans parler de politique. J’en sais quelque chose puisque je les ai-même enseignées en école de journalisme ! Dans le cas présent, le livre de Cohen et Péan, je suis désolé mais nous parlons d’un livre politique. Je disais simplement que parler d’un livre politique comme d’un objet exclusivement journalistique et parler de la question du journalisme dans la cité comme étant une question non-journalistique est, pardon, hilarant. Sinon pourquoi est-ce que vous nous renvoyez toujours à votre fameux « ouvrage de référence » qui est un ouvrage POLITIQUE sur l’importance du journalisme dans nos sociétés.

    « XXI est un épiphénomène ». Je maintiens. C’est vous qui manquez de modestie et d’humilité à ne pas demander d’où votre interlocuteur tire ses informations sur le lectorat de XXI. Figurez-vous que ce sont des gens qui travaillent sur « le terrain » qui ont fait ce travail. Je voudrais adhérer aux leçons des choses des patrons de XXI mais j’ai compris que votre intérêt pour les faits est sélectif : XXI a, je maintiens, un lectorat principalement constitué de gens de professions médias et de professions culturelles. Cela veut-il dire que c’est un mauvais magazine ? Non. Est-ce que je l’ai dit ? Non. J’aurais préféré que votre réflexe journalistique eut été de me dire « quelles sont vos sources » plutôt que de me parler de ma « certitude ».
    « le livre dont nous parlons n’est pas du journalisme ». Je suis effondré car JE NE L’AI JAMAIS ECRIT. Je remercie tout lecteur du blog de remonter à mon texte pour vérifier ce que j’ai écrit : puisque Cohen et Péan ont écrit une BIOGRAPHIE POLITIQUE, il est impossible de ne pas recourir à des considérations politiques pour juger de leur travail. Je maintiens : la biographie politique a existé longtemps avant que des journalistes politiques en écrivent. En réalité l’écriture de biographies politiques par des journalistes est très récente dans nos sociétés. Tout ce que j’AI DIT c’est qu’une biographie politique écrite par un journaliste ne peut donc être réduite à un exercice journalistique puisque les règles du genre ont été définies bien avant que des journalistes en écrivent. Et si vous aimiez vraiment les faits, vous vous seriez obligée à vérifier que nos écoles de journalisme ont commencé, depuis peu, à former leurs étudiants aux exigences méthodologiques en matière biographique. Si c’est çà une « certitude » et non un fait, alors oui « les bras m’en tombent ».
    Je suis navré mais à aucun moment je n’ai affirmé de « certitude » ici. J’ai simplement voulu apporter des nuances. Si des nuances sont pour vous des certitudes, alors oui je suis affligé. Bon vent malgré tout à votre blog. En toute confraternité, comme vous aimez dire.

    Commentaire par Paul Vinatier — 16/01/2013 @ 23:13

  93. Correction : parler de la question du journalisme dans la cité comme étant une question non-POLITIQUE

    Commentaire par Paul Vinatier — 16/01/2013 @ 23:14

  94. @Paul Vinatier : vous ne pouvez décidément pas vous exprimer autrement que sur le mode du procès d’intention. Dans ces conditions, nous n’avons rien n’a nous dire. Sur XXI, je vous laisse me prendre pour une sotte, réfuter des propos que je n’ai pas tenus et mieux, prétendre lire dans mes pensées. Personne n’a proposé d’imposer ce modèle de trimestriel de reportages vendu en librairie à toute la presse et sûrement pas les auteurs. Moi, moins encore. Votre problème c’est que vous prenez les gens pour des imbéciles et/ou des malhonnêtes. ça ne m’impressionne pas, mais ça me fatigue.

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/01/2013 @ 23:27

  95. @laplume…

    en général ceux qui prennent les autres pour des imbéciles…. moi ce que j’en pense.

    Commentaire par herve_02 — 17/01/2013 @ 00:34

  96. @Herve_02 : l’ego, c’est ça le grand malheur, l’ego 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/01/2013 @ 08:08

  97. @laplume …

    non. Prendre les autres pour des imbéciles n’est pas une question d’égo, pas du tout c’est plus crasse que cela. L’égo fait que l’on est certain d’avoir raison et d’avoir tout compris. Décider que les autres sont des imbéciles est une tare supplémentaire.
    La condescendance vient avec l’égo : tu n’as pas assez réfléchi, tu ne sais pas, tu ne comprends pas, ce qui est bien différent de « tu ne peux pas comprendre ».

    Commentaire par herve_02 — 17/01/2013 @ 09:27

  98. @Herve_02 : brrrr, c’est déprimant. Au point que lorsque Luchini récite la première scène du Misanthrope, je me retrouve sous les traits d’Alceste. Misère…. 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/01/2013 @ 10:53

  99. Aliocha vous parlez de débat, je ne sais pas ce que vous entendez par là, moi j’entends échange d’idées, où il est possible d’exprimer des désaccords, mais je vois que vous n’acceptez pas que l’on soutienne des idées avec lesquelles vous n’êtes pas d’accord.
    La manière dont vous répondez à Paul Vinatier : nous n’avons rien à nous dire (!)
    J’ai cité ensemble Zemmour, E. Levy en réponse vous m’accusez de théorie du complot (!)
    Ph Cohen auteur de bios à scandale, ou recherche du sensationnel, voir ce que vous répondu…
    Sur les artistes de grand talent , discordant avec certains de leurs choix politiques, tel Hergé vous me prêtez exactement le contraire de ce que j’ai écrit …
    La vacuité de ces réponses, systématiquement à côté, m’a surprise

    Gilbert Duroux a rappelé les connexions de certains membres de la gauche nationaliste, et même adhésion de certains chevènementistes au FN
    J’ai fait allusion à la droite décomplexée de l’UMP, menée par Guillaume Pelletier venu du FN , dont la motion a remporté la majorité des votes à l’UMP, qui a pour programme et projet de concurrencer le FN sous l’étiquette UMP plutôt que de s’allier à lui : son pari est de le battre sur son propre terrain, plutôt qu’appeler à une alliance avec le FN qui ferait éclater l’UMP
    et dans ce cadre le livre de Cohen, qui est à replacer dans ce cadre précisément, ce qui donne son sens et sa portée à son interprétation de la position de Le Pen .

    Voilà un exemple éloquent de ce que l’observation et l’analyse des médias ne peut se prétendre a-politique.

    Un vrai débat d’idées demanderait d’accepter ces points de vue aussi.
    Il ne suffit pas de dire que le FN est républicain pour qu’il le soit.
    Et pour commencer il faudrait être clair sur ce que républicain veut dire.

    Et rappeler qu’à droite aussi, contrairement aux déclarations de Sarkozy par parenthèses, un certain nombre de responsables politiques, tel Koziuscko-Morizet, considèrent que le FN est un parti anti-républicain. La question est donc moins simple qu’un procès fait à la gauche tout entière, sans distinguer ses différents courants, et idem pour la droite.
    Les raisons et motifs de ce jugement, j’en ai donné quelques uns + haut, donc svp, éviter de dire que c’est un a priori juste émotionnel et sans justifications et sans pensée .
    On peut ajouter que pour être considéré comme républicain la moindre des choses est qu’un parti défende les principes fondateurs de la République, et déjà en résumé liberté, égalité, fraternité.
    Il faut lire les discours de Le Pen, père et fille, et le programme du FN : contre les libertés syndicales, certaines professions devraient carrément être interdites de syndicalisation ; la répression est partout, la liberté d’expression nulle part, et pour les journalistes ce serait une mise au pas assurée. Voir sa compulsion à traîner les journalistes devant la justice.
    Pour l’égalité, il a déjà été question de la préférence nationale préconisée.
    Pour la fraternité, ses références aux auteurs de l’extrême-droite classique laisse quelques doutes.
    Aussi longtemps que l’essentiel du discours du FN est la xénophobie, et l’essentiel de son programme des mesures contre les étrangers, on ne peut lui accorder cette qualité d’être républicain
    (svp distinguer des opérations de police contre des irréguliers et un programme systématiquement xénophobe promettant la chasse aux étrangers, leur expulsion, le refus du regroupement familial, la fermeture des frontières et la déchéance de nationalité, la promesse démagogique et irréaliste de ne plus recourir aux travailleurs étrangers, accompagné d’attaques xénophobes et accusations constantes contre les étrangers coupables de tous les maux et responsables de la crise économique et du chômage).

    Commentaire par Carmen — 17/01/2013 @ 11:24

  100. oui je dois être déprimé, mais lorsque je vois comment part le monde dans l’indifférence la plus totale…

    Peut être que je suis déjà passé dans le camps des vieux et que nos parents pensaient la même chose en voyant ce que l’on faisait à l’époque… sur ce point ils n’avaient pas tort, on a gagné une certaine liberté (des moeurs), mais on a pas mal perdu en sécurité… a moins que la liberté des moeurs est venue à cause de la perte de sécurité, pour compenser…. je ne sais pas trop fuir en avant dans des tourbillons pour éviter de regarder ce qui se passe autour…. je suis perplexe…

    Commentaire par herve_02 — 17/01/2013 @ 11:25

  101. ah oui je n’ai pas donné de références
    NKM a écrit un bouquin entier sur le thème  » Le Front anti-national » où elle explique pourquoi il est anti-républicain.
    Elle était tout de même porte-parole de Sarkozy (qui lui même disait le contraire, par parenthèses).

    On comprend très bien que vu ses résultats électoraux le FN espère devenir le centre et pivot d’une nouvelle droite.
    Projet / pari refusé par Pelletier qui a au contraire refusé le FN pour rallier l’UMP, afin de placer celle-ci sur les positions très à droite.
    Projet / pari qui est au contraire celui de Paul-Marie Coûteaux, fondateur ,du SIEL allié et soutien du FN, et de l’ancien chevènementiste Florian Philippot, devenu la tête pensante du FN et le + proche et le + influent conseiller de Marine Le Pen, directeur de la campagne du FN pour les présidentielles.

    Dans un cas l’UMP avec Cpé / Pelletier rêve d’absorber le FN. Dans l’autre, mouvement inverse.
    C’est le moment que choisit Ph. Cohen pour faire du FN un parti comme les autres, républicains, normalisé.
    Faut être aveugle pour ne pas voir, les manoeuvres et projets à droite et à al droite de la droite, d’une part, et comment le livre de ph.Cohen , tombe vraiment trop bien dans le contexte à faire du FN un parti comme les autres.

    Sous prétexte de ne pas le « diaboliser ». En usant d’une notion psychologisante qui ne veut rien dire, genre « le loup » qui fait peur, dans les contes pour enfants, et avec cette notion a-politique qui évite de diagnostiquer avec précision la position et la place politique du FN et son caractère, on peut en faire un parti comme les autres et JMLP et sa fille, des chefs politiques comme les autres;

    Et svp pas de crise de nerfs ni de vexation personnelle, ce sont des estimations politique nées de l’observation d’une certaine situation politique dont Cohen ne peut être abstrait car écrire ce qu’il écrit dans ce moment précis, peut se comprendre comme un coup de pouce à ce rapprochement d’une partie de la droite et même de certains de la gauche nationaliste, avec l’extrême-droite.

    Commentaire par Carmen — 17/01/2013 @ 11:48

  102. @carmen..
    >svp distinguer des opérations de police contre des irréguliers

    ouais bien sur évacuons le débat…la limite est déjà tracée. Vos convictions politiques vous laissent accepter ce qui se passe actuellement parce que VOUS avez décidé que l’autre, c’est vraiment trop, que la limite se situe dans le programme politique (comme pour hollande ou sarkozy qui promettent plein de choses dont on ne voit pas la queue d’une cerise) mais que ce qui se passe actuellement c’est républicain de DROIT. parce que la loi, parce que ca ne vous dérange pas trop, parce que c’est loin de chez vous.

    Oui vous avez raison c’est un échange d’idée et vous venez avec les vôtres, moi avec les miennes et sauf deus ex machina, rien ne dit que les vôtres sont le bon sens et les miennes idiotes.

    SI, il faut parler de ses opérations de polices contre les irréguliers.. vous savez votre envolée lyrique sur les grands principes de la républiques blablabla liberté, égalité fraternité blablabla…

    ca correspond à quelle partie cette petite fête ? égalité ou liberté, je comprends pas trop. Je ne veux pas trop arriver au point godwin, mais ca me rappelle « les heures noires blablabla…. » hein « ca se comprend parce qu’on est chez nous, bordel ! »

    http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/120113/la-police-gaze-des-enfants-et-saccage-un-camp-de-roms

    Commentaire par herve_02 — 17/01/2013 @ 11:50

  103. Ca s’echauffe par ici …
    Pour moi le plus grave (si ce n’est bien sur pour la victime) ce n’est pas tant que Le Pen ait commis ou pas des actes de torture en Algerie, et si cela s’averait, sur ordre ou pas, mais que celui-ci semble avec un sourire en coin s’en enorgueillir et que cela ne gene pas ceux qui pensent qu’il s’est rendu coupable de ces actes de voter pour lui. En ce qui concerne l’antisemitisme c’est un peu le meme raisonnement. Pour rebondir sur les propos d’Aliocha #90 sur l’esthetisme historiquement prouve de l’extreme droite, on sait bien que le diable est foutrement attirant, et rien que pour ca il ne faut pas diaboliser Le Pen.
    De la a dire tous pourris, tous dans le meme sac d’avortons a noyer, c’est un pas que je ne franchis pas, mais alors pas du tout.
    Et

    Commentaire par Maelle — 17/01/2013 @ 12:29

  104. Bon, compte-tenu de la manière dont les choses tournent je ferme les commentaires. Mais avant, un dernier mot. Eh oui, je suis chez moi, donc je m’arroge ce luxe.
    Je suis en train de relire le livre à la lumière des commentaires – et hurlements – lus sous ce billet. Et je confirme mon propos de départ. Cette biographe est intelligente, nuancée, distingue ce que l’on sait, de ce que l’on peut raisonnablement penser et de ce qui n’est pas prouvé. Je comprends bien que cet effort de revenir aux faits après des décennies de fantasmes puisse déranger quelques énervés. En ce qui me concerne, c’est ce journalisme là auquel j’adhère en tant que porfessionnelle. Et c’est ainsi, en tant que lectrice, que je souhaite être informée.
    Ma relecture « politique » du livre m’a amenée à une autre conclusion. Les auteurs ne sont pas tendres avec la gauche et la manière dont elle a géré le « cas Le Pen ». Ils égratignent même ceux de leurs confrères dont ils considèrent qu’ils ont nourri une légende noire avec les meilleures intention du monde, mais au risque de s’éloigner de la réalité. A mon avis, le fond du problème est bien plus là que dans une soi-disant querelle de stratégie à l’égard du Front national. Sans compter les positions bien assises et financièrement juteuses de quelques maitres à penser qui se sentent en risque quand ils lisent un livre qui s’éloigne du discours qui les nourrit.
    Ce que je pense de Le Pen après avoir lu le livre ? Il ne m’apparait pas plus sympathique qu’avant, n’en déplaise aux agités du bulbe.
    Bonne lecture à tous ceux qui auront la curiosité d’aller voir sur pièce.

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/01/2013 @ 12:33

  105. […] et l’homophobie — qu’ils prétendent défendre ». Eh oui, de la même manière que soupçonner des journalistes de blanchir Le Pen dans une biographie ne contribue pas davantage à servir la Cause Légitime. Mais ne soyons pas […]

    Ping par La chasse aux sorcières est ouverte ! « La Plume d'Aliocha — 18/01/2013 @ 09:53

  106. […] «Il arrive parfois qu’un événement cristallise le fonctionnement d’un système. Je ne voulais pas laisser passer celui-ci tant il me parait exemplaire d’un certain journalisme à la française dans lequel on ne départage plus très bien l’idéologie et même le combat politique assumé de la réalité des faits.» Par Aliocha.  […]

    Ping par Des faits et des opinions | Journalisme et déontologie | Scoop.it — 20/01/2013 @ 16:49

  107. […] loupé un épisode, je rappelle que la sortie de son livre co-écrit avec Pierre Péan sur Le Pen a consommé le divorce entre lui et la direction de Marianne cet automne. Philippe a quitté l’hebdomadaire en janvier. Mais reprenons le fil de notre […]

    Ping par Sans nouvelles de Marianne… | La Plume d'Aliocha — 24/03/2013 @ 10:36

  108. […] "Idôlatrie du factuel" et "psychologisme de bazar", s’est écrié  Mauri…, le patron, l’ami, le confrère de Philippe, avant de le pousser vers la sortie de leur journal. Pour les éditocrates au cul vissé sur leur fauteuil de bureau entre deux repas dans des étoilés Michelin à cirer les pompes des puissants de ce monde en se donnant l’illusion de faire de l’information, les faits c’est sale, ennuyeux, parfois même retors, en effet. De même, parler avec les gens pour savoir ce qu’ils ont dans le ventre, les brusquer si besoin est, ou bien les séduire et attirer la confidence, bref, se frotter à l’humain dans ce qu’il peut avoir d’infiniment nuancé, de complexe, paradoxal, contradictoire, prendre le risque d’ébranler ses certitudes, tout cela n’a aucun intérêt. Car voyez-vous, diffuser l’idée que l’on se fait des choses est beaucoup plus facile et, pour peu que l’on sente l’air du temps, infiniment plus rentable . Philippe était trop intelligent pour l’ignorer seulement voilà, il avait besoin de mettre les mains dans le cambouis, de rencontrer des témoins, de lire des mètres cube de documents, de comprendre vraiment,  et de raconter ensuite ce qu’il avait observé. Philippe avait cette qualité qui fait les grands journalistes,  l’humilité de s’incliner devant les faits, de les servir. […]

    Ping par Philippe Cohen ou la leçon d’humilité | La Plume d'Aliocha — 21/10/2013 @ 20:00

  109. vince delmonte fitness affiliates

    Des faits et des opinions | La Plume d’Aliocha

    Rétrolien par vince delmonte fitness affiliates — 31/08/2014 @ 01:17


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