La Plume d'Aliocha

18/01/2010

Un scoop à tout prix ?

Filed under: Brèves — laplumedaliocha @ 10:54

Claude Guéant, comme chacun sait secrétaire général de l’Elysée, évoquait hier la situation des 2 journalistes français enlevés en Afghanistan sur Europe 1.

A cette occasion, @si relève cette intéressante déclaration :

« C’est vrai que Nicolas Sarkozy, à plusieurs reprises, a dit que cette imprudence était vraiment coupable, parce qu’ils avaient été très clairement mis en garde, il leur avait été très clairement demandé de ne pas s’aventurer ainsi parce qu’il y a des risques (…) Ils font courir des risques aussi à beaucoup de nos forces armées qui, du reste, sont détournées de leurs missions principales. Je crois que, quand même, le scoop ne doit pas être recherché à tout prix« 

Les reporters de guerre ne cherchent pas le scoop, mais simplement l’information, une information particulièrement stratégique sur ce type de sujet et donc exceptionnellement verrouillée. Mais bien sûr, on peut toujours se contenter des reportages réalisés par l’armée elle-même et disponibles clefs en mains sur le site du ministère de la défense. Vous verrez comme la guerre en Afghanistan y est belle, euh pardon, comme le dispositif français en Afghanistan est remarquable.

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36 commentaires »

  1. Personnellement, l’un des reproches que je ferais aux reportages réalisés en zones de guerre en général (je ne parle pas des 2 journalistes enlevés ici dont je me garderai bien de juger le travail étant donné que justement je ne l’ai pas vu), c’est l’absence de traitement journalistique d’un traitement journalistique, et ce manque concerne aussi les reportages, articles, et autres sur ces sujets. J’ai l’impression d’un énorme manque de recul, d’analyse, de mise en perspective, de travail. Sorti du reportage de journalistes qui suivent une unité ou qui interviewent des habitants pour dire (en résumant de manière un peu cynique) au final « la guerre c’est mal », pas grand chose.
    Surtout, toujours de manière générale, les reportages de fond sont rares: la plupart du temps, on a droit à une floppée de reportages quand il y a des morts (comme l’embuscade d’Uzbeen) ou des enlèvements (nos 2 journalistes justement), mais en dehors de ça… pas grand chose.
    Enfin, pour le cas des journalistes enlevés, le problème souvent vient de la médiatisation qui peut faire monter les enchères de la part des ravisseurs et compliquer les négociations, sans compter que la pression publique va inciter à détourner les forces présentes sur le terrain de leur mission première.

    Et, apparemment, dans le cas présent, les recherches réalisées pour retrouver les 2 journalistes ont mobilisées une grande partie des forces françaises au détriment de leur mission de fond, certains sur place s’étant apparemment plaint que les recherches auraient même su l’effet contraire de ce qu’ils cherchent à faire (« gagner les coeurs », c’est plus difficile quand on ne fait que faire des barrages et des fouilles des habitations).

    Enfin, n’oublions pas que, de la part du président, c’est de la comm, et qu’il est dommage, de manière générale, qu’il ne soit pas possible d’avoir un débat de fond dans notre pays sur un sujet difficile, comme le montre le coup de pub de Vincent Peillon la semaine dernière.

    Commentaire par Nono — 18/01/2010 @ 12:38

  2. Quand j’ai vu ça hier, je me suis dit « La Voix de Son Maître voudrait peut-être que les journalistes arrêtent de faire leur boulot ?…

    Pour moi aller là-bas, c’est pas chercher le scoop. Pour moi, c’est juste faire ce qu’un journaliste doit faire, comme vous le dites ma chère : rapporter une information au public. D’autant plus que là c’est le genre d’info que notre amie la Comm a peu de chances de modifier avant diffusion… Me trompé-je ?

    Commentaire par Triskael — 18/01/2010 @ 12:53

  3. Effectivement, le scoop ne doit pas être recherché à tout prix. J’espère de tout cœur que vos confrères ressortiront vivants et rapidement de cette aventure. Il est cependant bon de rappeler de temps à autres qu’une carte de presse protège assez mal contre les dangers d’un diamètre de 7,62 mm dotés d’une forte énergie cinétique. La recherche de l’information (ou du scoop) quant à elle, ne justifie pas tous les comportements ou alors, il faut assumer ses choix surtout quand on a été prévenu des risques encourus. Il est vrai que lorsqu’on est capable de faire un reportage chez l’ennemi à sa gloire, comme on sut le faire des journalistes de Paris-Match en exhibant la montre d’un soldat tué par les talibans, je ne peux m’empêcher de me poser quelques questions quant au positionnement de certains. Pourtant, il y a bien des choses à dire pour peut qu’on gratte là où ça fait mal. Par exemple, le sous-équipement chronique de nos soldats et le nombre important de crash-programme lancés pour y faire face, la faiblesse de nos moyens de transport aérien stratégique, le désintérêt (pour ne pas dire plus) de nos parlementaires pour la chose militaire (sauf quand on supprime une unité), la nature de l’action militaire (comment est-elle organisée, comment fonctionne-t-elle, etc…). J’en passe et des meilleurs. Rares sont vos confrères qui s’attaquent à ce genre de sujet (je pense à Jean-Dominique Merchet ou Jean-Marc Tanguy ou à un blog comme Théatrum Belli http://www.theatrum-belli.com/). Evidemment qu’il faut se défier de la communication du ministère de la Défense (je rigole encore, vingt ans après, de la couverture de la guerre du Golfe parfaitement résumée par le sketch des Inconnus http://www.youtube.com/watch?v=eJUAFQa5wtU). Plutôt que de nous faire un énième reportage sur les malheurs du peuple afghan (qui prend des bombes sur la tronche depuis 30 ans) et sur les inexcusables erreurs de tirs des alliés (la guerre est tout sauf facile comme sur les consoles de jeu) qui tourne, comme c’est curieux, rapidement à l’anti-occidentalisme, je préfèrerai de loin avoir des reportages pertinents sur les sujets que je viens d’évoquer, mon côté citoyen s’en trouverait conforté.

    Commentaire par H. — 18/01/2010 @ 13:36

  4. Moi, je regarde ca, ce sont directement les images et interventions sur le terrain . Qu’en pensez vous ?

    http://www.programme-tv.net/culture-infos/r13798-ross-kemp-en-afghanistan/1224694-derniere-mission-en-afghanistan/

    Commentaire par Papi Emerveillé par la justice — 18/01/2010 @ 13:37

  5. Je rejoins assez ‘H.’ lorsqu’il dit « assumer ses choix surtout quand on a été prévenu des risques encourus ».
    C’est un peu trop facile de prendre des risques sans en assumer la responsabilité. L’information est leur métier… mais le métier des soldats Francais n’est pas la négociation d’otage, ni la recherche de personnes disparues/enlevées. Donc, « C’est leur métier », c’est un argumentaire facile à vous retourner Aliocha.

    3 semaines de recherche pour une bonne partie du contingent francais (3000 soldats) + négociations + rancons… Ca coute combien de ne pas avoir écouter les autorités ?

    J’entends déjà les critiques poindre. « Oui, mais, leur vie n’a pas de cout »… Ces millions que les francais vont dépenser pour les libérer va servir à acheter des armes, pour enlever d’autres personnes etc… etc… Et pendant ce temps… le peuple afghan ne voit toujours rien venir.

    J’aurai aimer connaître le sujet qu’ils préparaient…

    Aliocha : ce qu’ils allaient faire ? C’est ici. Je fais observer qu’on ne peut tout à la fois vilipender les journalistes en les traitant de valets du pouvoir quand on regarde une interview de Nicolas Sarkozy et leur reprocher d’être inconscients quand ils se libèrent de la com’ des armées pour faire leur boulot. Mais ce n’est que mon avis.

    Commentaire par testatio — 18/01/2010 @ 14:49

  6. Un bon papier sur le sujet des correspondants de guerre : http://www.evene.fr/celebre/actualite/grand-reporter-guerre-conflits-journaliste-1768.php

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/01/2010 @ 15:58

  7. >> Je fais observer qu’on ne peut tout à la fois vilipender les journalistes en les traitant de valets
    >> du pouvoir quand on regarde une interview de Nicolas Sarkozy et leur reprocher d’être inconscients
    >> quand ils se libèrent de la com’

    Peut-être que ce ne sont pas les mêmes ? Peut être que s’il y en avait plus d’une sorte et moins de l’autre, l’opinion générale s’en trouverait changé ? non ?

    Commentaire par herve_02 — 18/01/2010 @ 15:59

  8. Merci Aliocha.

    Je suis assez étonné qu’ils ne se soient pas tournés vers l’armée francaise pour prendre des « plans supplémentaires » de la route qu’elle était en train de construire.
    Autant comme vous l’avez expliqué Aliocha, les autochtones peuvent ne pas répondre à des questions de journalistes quand ils sont avec des militaires voir de faire l’amalgame entre eux, autant là… j’ai du mal à comprendre leur raison de prendre ce risque de ne pas être accompagné.

    J’ai presque l’impression de comprendre la colère de Sarkozy.

    Commentaire par testatio — 18/01/2010 @ 17:37

  9. Bonjour,

    @H et testatio
    « il faut assumer ses choix surtout quand on a été prévenu des risques encourus »

    Il serait bon de se rappeler que c’est vrai aussi pour les militaires.
    En tant que payeur d’impot, ie de leurs salaire, de leur matériel etc., je préfère très largement qu’ils emploient leur temps à sauver des vies, fut-ce celles de journalistes « inconscients » qu’à construire des routes… car justement ils sont militaires, pas ouvriers du btp.

    Et les journalistes étaient habillés à l’afghane, je comprends fort bien qu’ils n’aient pas sollicité l’accompagnement peu discret des militaires du coin.

    Commentaire par Karam — 18/01/2010 @ 17:54

  10. Je crois que certains ne comprennent pas que le problème ici ce n’est pas de savoir si les journalistes ont été imprudents ou pas et s’ils auraient du l’être.

    Non le problème c’est le commentaire qu’un haut dirigeant du pays peut faire :
    1°/ sur le travail des journalistes
    2°/ sur deux français retenus honteusement par des voyous qui ne supportent pas que l’on puisse aller et venir chez eux pour faire son travail –
    On aurait pu attendre d’un des proches du président et du président lui même un peu plus de respect pour le travail des journalistes et surtout un peu plus de solidarité à l’égard de deux des nôtres.
    Chacun d’entre nous sait que là où il n’y a pas de journalistes ou là où ils ne peuvent aller il y a la dictature civile militaire ou religieuse.

    Aliocha : Merci 😉

    Commentaire par marsan — 18/01/2010 @ 20:20

  11. @karam

    Je vous rassure, les militaires, du moins ceux qui sont sur le terrain, savent parfaitement évaluer les risques qu’on leur fait courir. Comme ce sont des gens responsables, qui n’ont aucune envie, bien qu’ils en aient accepté l’éventualité en choisissant cette activité, de mourir bêtement, ils n’hésitent pas à faire part de leurs réflexions en la matière à ceux qui le souhaitent. Vous seriez surpris si vous aviez connaissance de tous les risques que peuvent prendre les militaires pour sauver leurs concitoyens en détresse (pas qu’en Afghanistan). Maintenant, je crois qu’ils seraient également heureux de connaître le camp dans lequel se situent ceux qui s’affranchissent ainsi des règles élémentaires de sécurité en territoire hostile, fut-il pour satisfaire un droit à l’information, droit à propos duquel on peut longuement disserté en temps de guerre. Si j’en crois l’article cité en lien par Aliocha, c’était pour prendre des vues d’une route mais ce sont des soldats qui risqueront leur peau si demain une opération musclée s’avère nécessaire. Au cas où personne ne l’aurait remarqué, les troupes françaises engagées sur le terrain afghan ne sont pas sur place pour effectuer des promenades de santé ou se préparer virilement au défilé du 14 juillet. Si vous pensez que les militaires n’existent que pour sauver des vies en détresse, vous vous trompez d’adresse, c’est vers la sécurité civile qu’il faut vous tourner.

    Commentaire par H. — 18/01/2010 @ 20:50

  12. @H

    « Maintenant, je crois qu’ils seraient également heureux de connaître le camp dans lequel se situent ceux qui s’affranchissent ainsi des règles élémentaires de sécurité en territoire hostile »

    Pardonnez moi, je n’avais pas compris il fallait obligatoirement prendre parti pour être sauvé.

    « Au cas où personne ne l’aurait remarqué, les troupes françaises engagées sur le terrain afghan ne sont pas sur place pour effectuer des promenades de santé ou se préparer virilement au défilé du 14 juillet »

    C’est vrai … je viens de le noter … pour « faire des routes »

    Faut arrêter un peu les amalgames faciles qui jouent sur tous les tableaux, soit les militaires là bas prennent déjà des risques, auquel cas il me parait moins ridicule de les prendre pour sauver des gens que pour pelleter du sable, soit pas, et dans ce cas votre argumentation est vaine.

    Les journalistes se seraient fait accompagner, vous auriez fustigé le fait que les militaires servent d’escorte. Ils ne se font pas accompagner ils sont inconscients.

    Personne n’y va et c’est on nous dit rien on nous cache tout. Quelqu’un y va c’est de l’imprudence.

    Les militaires risquent leur vie à remplacer la DDE locale, on peut bomber le torse en clamant qu’ils font leur devoir de patriote loin de chez eux *bruit de violon*. Si ils risquent leur vie à sauver des gens par contre c’est pas leur boulot et on peut cracher sur les imprudents qui les forcent à aller là où … ils sont déjà !

    Les journalistes partis là bas avaient accepté l’éventualité d’un tel risque (ceux qui en reviennent ne se sont jamais plains des délais de secours… c’est un signe non ? ). Les militaires l’ont accepté aussi.

    C’est faire injure aux deux que de nier la légitimité des premiers en faignant préserver les seconds.

    Commentaire par Karam — 18/01/2010 @ 23:29

  13. Bon, au cas où certains n’auraient pas compris, les militaires sur places, français ou autre, ne font pas dans le remplacement de la DDE locale. Ils sont là pour combattre les insurgés,qu’ils soient talibans ou autres, et essayer d’arriver à créer un état de droit dans un pays miné par la guerre depuis quelques décennies maintenant.
    « faire des routes » fait partie de ce qu’on appelle les ACM (Actions Civilo-Militaires) qui sont réalisés pour faire en sorte que la population locale ne voit pas en eux que des combattants qui sont là pour tout détruire et tuer tout le monde, mais aussi pour aider la population locale.
    La devise du Génie, c’est « Parfois détruire, souvent construire, toujours servir », et est peut-être le meilleur résumé qui soit de ce que se veut l’action militaire française sur place.

    Pour avoir des infos, il y a par exemple http://lemamouth.blogspot.com/

    Commentaire par Nono — 19/01/2010 @ 09:01

  14. à écouter, l’interview de Florence Aubenas sur France Info (4 minutes). Elle explique qu’on ne va pas en Afghanistan pour chercher des scoops. Elle raconte surtout que durant sa détention, ses geoliers s’empressaient de lui rapporter tout ce qui se passait en France à son sujet. Il est donc probable que les ravisseurs des journalistes de France 3 leur aient relayés les propos de NS et de Claude Guéant sur leur inconscience. Quel soutien moral ! Petite précision : il avait été demandé à la presse en France de se taire sur le sujet afin de ne pas gêner les opérations de secours. Il est donc pour le moins étonnant que le gouvernement choisisse de rompre le silence qu’il impose aux médias. http://www.france-info.com/chroniques-au-fil-de-l-actu-2010-01-19-florence-aubenas-choquee-des-critiques-sur-les-journalistes-de-france-394043-81-346.html?var_mode=recalcul

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/01/2010 @ 14:13

  15. Si discrétion il y a à avoir, elle doit être totale et engager toutes les parties prenantes y compris l’exécutif. En soi et pour les raisons évoquées en 14, le silence s’impose.
    Maintenant, lorsque une question identique (quel est le coût matériel et humain d’une opération de sauvetage avec avis circonstancié de Mme Michu à la clé) est posée lorsqu’un navigateur chavire dans les 40ème rugissants, que des spéléos sont bloqués au fond d’un gouffre, que des alpinistes sont bloqués dans une face nord des Alpes en plein hiver, etc…., il ne faut pas s’étonner de la voir surgir quand ce sont des journalistes qui sont eux-mêmes des victimes. Maintenant, je persiste et signe, parmi les soldats qui risquent leur peau tous les jours sur place, il y a un fort contingent français (des compatriotes aux journalistes, si, si). La mission est très difficile, l’ennemi est redoutable (mais c’est avant tout et surtout un ennemi) et même si ça peut choquer, il arrive parfois qu’on y casse des œufs par inadvertance. Je ne suis pas convaincu qu’il soit opportun de compliquer la vie de ceux qui sont chargés de défendre là-bas nos valeurs. Si cette délicate mission échoue, qu’on ne vienne pas alors me parler de femmes lapidées (les ennemis aiment bien) ou de retour vers la barbarie. Il est un peu facile de jouer les parangons de vertu en diabolisant à l’extrême les omelettes inopportunes. Quand je parle de camp, je ne crois pas qu’en 1940 ou en 1914, les émules d’Albert Londres se soient amusés à se promener dans les lignes allemandes. Il y avait suffisamment à dire sur l’impréparation de nos forces, des errements des politiques etc… Si une leçon doit être tirée de ces évènements tragiques qui ont coûté cher à notre pays, c’est celle-ci. Il y a, sans succomber aux sirènes du ministère de la Défense, beaucoup de sujets à traiter autour de ce conflit, sujets propres à éclairer un peu mieux l’opinion publique et, à mon sens, tout aussi important sinon plus qu’un reportage sur la manière dont la guerre est vécue par la population locale (j’ai déjà la réponse: mal!).

    Commentaire par H. — 19/01/2010 @ 16:23

  16. Je n’aurai pas mieux dis Nono, merci !

    @Karam : J’ai tout à fait compris votre position. Mais selon vos propos, ce n’est pas des soldats d’infanterie qu’il fallait envoyer là-bas…
    Après avoir détruit le pouvoir en place, les infrastructures et tous les services de l’état, la moindre des choses pour les « alliés », c’est de prendre le relais le temps que le gouvernement Afghan puisse s’en sortir seul.

    Qu’on le veuille ou non, ces 2 journalistes se sont fait enlevé bêtement, et auraient put l’éviter très facilement… surtout pour des prises d’images d’une route.

    J’ai lu un peu plus haut qu’ils étaient habillés en Afghan… la belle affaire. Eux qui demandent leur chemin dans le premier village via des interprètes. Par analogie, on pourrait dire : il est sur que des Afghans en France habillé en français passent inaperçu, surtout quand ils vous demandent en afghan leur chemin.

    @marsan :
    1°/A partir du moment ou « la France » doit négocier pour libérer certains de ses ressortissant, un haut dignitaire de l’état a JUSTEMENT quelque chose à dire sur l’affaire. Ca fait déjà parti des négociations à mon sens…
    2°/ (Je vais reprendre vos mots, et les mettre dans l’autre sens)
    2 étrangers retenus par des villageois (visiblement, ce ne sont pas des Talibans), qui se protègent comme ils peuvent après 30 années de guerre/dictatures, qui ont peur pour leur proches et peur des étrangers qui se balades pour prendre des photos et des filmes de chez eux. Les rumeurs vont vite, et surtout quand certains bombardements ou expéditions punitives de Talibans suivent certaines images prises dans 1 village.
    On aurait pu attendre des journalistes et des médias un peu plus de respect et de compréhension et surtout un peu plus de solidarité à l’égard d’un peuple opprimé. Et la première chose à faire… C’est se rendre justement compte que l’on est chez eux.

    Je comprends très bien que vous ayez peur pour vos collègues.
    Je comprends très bien que vous espérez une fin heureuse et rapide.
    Et rassurez-vous, je suis comme vous.

    Mais j’essaie aussi de prendre un peu de recul, d’établir une certaine réflexion autour de cet évènement et des réactions des différents intervenants. Et selon moi, chaque acteur a agit en fonction de sa place : Sarko, comme les syndicats de journalistes ou la direction de France télévision.

    Aliocha nous parlait dernièrement des journalistes de terrains et de leur difficulté à récolter des informations avec des soldats sur le dos. En bien là… pour le coup, l’info qu’ils cherchaient n’a pas la nécessité de se passer des soldats… A moins bien évidemment que l’on ne nous a pas tout dit.

    Commentaire par testatio — 19/01/2010 @ 16:51

  17. @testatio

    « J’ai tout à fait compris votre position. Mais selon vos propos, ce n’est pas des soldats d’infanterie qu’il fallait envoyer là-bas…
    Après avoir détruit le pouvoir en place, les infrastructures et tous les services de l’état, la moindre des choses pour les « alliés », c’est de prendre le relais le temps que le gouvernement Afghan puisse s’en sortir seul. »

    Encore une fois, il faudrait se décider, soit on y est en guerre (votre commentaire 11), soit on y est pour reconstruire. Les deux ne peuvent se recouper sauf à imaginer un monde de bisounours où les insurgés qu’on combat le matin n’ont aucun rapport de près ou de loin avec la population qu’on aide l’après midi.

    Au fond peut etre est cela le vrai problème: la schizophrénie de notre présence la bas…

    Commentaire par Karam — 19/01/2010 @ 19:33

  18. Il serait bon que les journalistes, les reporters de guerre en particulier, réfléchissent un peu à la façon dont se déroule l’action sur un théâtre d’opérations.
    Pendant la Première Guerre Mondiale, des milliers de soldats français ont perdu la vie parce que les officiers allemands lisaient toutes les informations nécessaires sur le dispositif ennemi dans la presse française.
    Vous dîtes que les journalistes « ne cherchent pas le scoop […] mais une information particulièrement stratégique […] exceptionnellement verrouillée ». Vous ne vous donc êtes jamais dit que si l’armée verrouillait ses infos, c’était pour justement pour que l’ennemi n’y ait pas accès ? Il y a des Français parmi les terroristes d’Al Qaïda, qui vous dit qu’ils ne captent pas la TV par satellite ?
    P**** ! Vos petits copains risquent la vie de centaines de soldats et de civils pour un bout de papier ! La guerre, c’est pas un jeu ! Franchement, dans l’armée, on n’apprécie pas les journalistes, mais il faudrait être complètement irresponsable pour vous faire confiance.

    Ancilla Domini

    Commentaire par toutestgrace — 20/01/2010 @ 01:46

  19. Sérieusement, il faut arrêter avec « le public doit savoir » et « l’info à tout prix ». En fait d’info, vos reporters, ils servent de taupes à l’ennemi.
    J’ai un scoop pour vous : dispositif grillé, ça veut dire contre-manip ennemie dans la foulée.
    Bon sang, quand on vous dit « non », c’est « non », pas « oui mais si je me planque là dans le petit trou je peux savoir ».

    Ancilla Domini

    Commentaire par toutestgrace — 20/01/2010 @ 01:51

  20. Le problème, comme dans toute guerre civile, c’est que de totues façons ceux que l’on combat on forcément à voir avec la population que l’on doit protéger. Ne serait-ce que parce qu’insurgés et population civile sont de la même population, et que la population civile n’a pas forcément le choix d’aider ou pas les insurgés. La situation dans ce pays est suffisamment complexe au niveau ethnique et politique pour rendre ce conflit ingérable simplement, et ce ne sont pas des brèves dans un journal ou à la TV que ça va aider à comprendre.
    Pour ce qui est du droit de l’info, j’avais zappé ça: l’information EST stratégique, et les journalistes ont le devoir d’avoir suffisamment de recul pour:
    – ne pas trop en dire et éviter de dévoiler des informations susceptibles de tuer,
    – de faire attention à qui ils font parler pour ne pas faire de pub outre mesure à ceux qu’ils croient dénoncer. Exemple donné en Belgique: http://athena-et-moi.blogspot.com/2010/01/un-djihadiste-belge-au-pakistan.html

    Sinon, je suis d’accord avec Aliocha pour dire que si un « silence radio » est à respecter sur le sujet, il doit l’être par tout le monde. Mais est-ce utile d’épiloguer sur ceux qui passent leur temps à discourir sur tous les sujets?

    Commentaire par Nono — 20/01/2010 @ 11:34

  21. Le problème de ce débat, c’est que les 2 parties ont raison.

    Actuellement, on rique la vie de soldats soit directement, soit en finançant via les rançons leurs adversaires, pour récupérer 2 personnes qui ont pris leur responsabilité.
    Personne ne peut dire que c’est satisfaisant

    On pourrait régler la contradiction en laissant les journalistes assumé la responsbilité qu’ils ont pris en les laissant à leurs propre sort, mais ca ne saurait pas mieux.

    A la longue, si les journamistes se découragent, on n’aurait que la version gouvernementale du conflit. Ne pas oublier qu’en democratie, le patron, c’est le citoyen et le larbin le politique. Et comme tous employés, les politiques ont la tendance naturelle de se montrer sous un jour exagérément flatteur lors de leur entretien d’embauche.

    Commentaire par Cyd — 20/01/2010 @ 12:11

  22. Une comparaison qui vaut ce qu’elle vaut…

    Sur la plage, le drapeau Rouge flotte au vent. Ca veut dire baignade interdite.
    Un gars y va quand même…
    Evidemment, il est emporté par le courant et risque la noyade.
    Evidemment un pompier se jette à l’eau, risquant sa vie pour le sauver…
    Ensuite, le pompier engueule le nageur imprudent en le traitant de gros con qui prend des risques inconsidérés et en fait prendre aux autres.

    Alors quoi ?… C’est une atteinte inadmissible contre la liberté de circuler ? Ou bien c’est juste quelqu’un qui est un p’tit peu en colère parce qu’un crétin n’est pas foutu d’être prudent.

    Et ne venez pas me dire que journaliste c’est pas pareil !… On peut être journaliste et prudent. Ou bien on assume ses imprudences. On ne vient pas demander à l’aide à celui dont on n’a pas écouté les conseils.

    Un peu de décence.

    Bien sûr qu’il faut tout faire pour récupérer ces deux journalistes. Mais voir les syndicats la ramener comme ça, jouer les outragés, je trouve ça odieux.

    Commentaire par Arnaud — 20/01/2010 @ 14:42

  23. « *Ensuite*, le pompier engueule le nageur imprudent en le traitant de gros con qui prend des risques inconsidérés et en fait prendre aux autres. »
    Très franchement si le pompier vient le traiter de gros con devant moi alors que le nageur est encore dans l’eau, avec tout le respect que j’ai pour la profession, il se mangera une tarte aux doigts.
    « Un peu de décence. »
    La décence veut justement que l’on attende le sauvetage avant de montrer du doigt. Rien ne sert d’ajouter la morale au drame.

    Et cela est indépendant de toute autre considération.

    Commentaire par Karam — 20/01/2010 @ 15:01

  24. David Hasselhoff et Yasmine Bleeth (non pas que tous nos militaires ressemblent aux héros d’Alerte à Malibu), peuvent quand même laisser échapper un « quel con ! » au moment où ils empoignent leur jolie bouée rouge pour aller sauver le nageur en péril.

    Commentaire par Arnaud — 20/01/2010 @ 16:13

  25. @ Arnaud,

    Il me semble que vous vous y prenez mal pour dire quelque chose de mal.

    En ce sens vous êtes décevant: vous auriez pu vous y prendre bien pour dire quelque chose de mal (comme Le Pen sur les sidatoriums par exemple), et flatter ainsi notre sens esthétique et pas notre sens moral,

    Ou vous y prendre mal pour dire quelque chose de bien (comme la république ou le christianisme, les exemples ne manquent pas).

    Si je reprends votre métaphore – le militaire, en tant que sachant, qui conseille au journaliste en tant qu’enquêteur de ne pas aller « par là », parce que c’est dangereux, tout en présentant le journaliste d’une façon veule, c’est à dire prompte à s’émouvoir au premier danger, au devant duquel il a couru en toute inconscience, ce qui le rend évidemment ridicule, comme un touriste qui va skier en hors piste alors qu’il est à peine fichu de faire un chasse neige – alors, le résultat de cette équation, dont vous gouvernez toutes les composantes, s’impose de lui-même: les journalistes sont des cons.

    La réalité est complètement différente. Les journalistes sont là pour nous en parler et leur témoignage a une valeur. A vous de les lire et de mesurer à quel point le modèle intellectuel que vous proposez est nul: il est « home made ». Fait maison, pour vous convenir.

    A vous de vous confronter à la réalité, à travers le témoignage d’autrui. Ce qui n’est pas si facile que cela. C’est un premier point.

    Le second point est théorique.

    Il porte sur le contenu de ce que vous avez mis dans l’équation, pour vous donner l’impression que vous avez raison.

    Si vous voulez on en discute.

    Mais je serais curieux d’avoir votre avis déjà sur le premier point. Et, si vous le voulez je vus démontre à quel point vous avez tort.

    Pardonnez moi de vous appliquer la discipline que vous imprimez aux autres: on ne donne pas de confiture aux cochons.

    C’est ce que vous voulez dire, non?

    A vous de jouer.

    Commentaire par tschok — 21/01/2010 @ 15:25

  26. @Karam :
    1°/ En effet, les troupes françaises ont 2 objectifs distincts et diamétralement opposées en Afghanistan.
    – Guerre contre des insurgés
    – Reconstruction du pays et protection des civils.

    Comme chacun sait, ce n’est pas écrit sur la tête des personnes s’ils sont insurgés ou civils (ce qui d’ailleurs m’’espante’ toujours quand je lis la presse qui parle de civils bombardés).
    Ceux qui ont accueillis les soldats en héros et libérateurs sont peut être ceux qu’on appelle insurgés aujourd’hui… L’inverse est peut être vrai également.

    A mon sens, le principal problème, c’est qu’en débarquant, les Etats-Unis n’avait aucune idée de comment mener leur guerre. Ils pensaient bêtement (un peu comme les Russes d’ailleurs à leur époque) qu’ils auraient des adversaires et qu’une fois ces adversaires tués, tout iraient pour le mieux dans le meilleur des mondes.
    Manque de peau, avant même d’avoir débarquer 10% de leurs troupes, il n’y avait plus 1 taliban à l’horizon.

    Le problème des Américains, c’est qu’ils sont restés à une stratégie « Seconde guerre mondiale ». On va sauver l’Europe : on bombarde, on débarque, on sauve.
    J’aurai aimé voir comment aurait réagit les gouvernements de l’époque avec les traitements médiatiques actuel. (J’imagine que les bombes de l’époque n’avaient pas la capacité d’éviter les civils)

    C’est peut être ce qui arrive quand on décide pour un peuple s’il doit ou non être sauver… surtout quand finalement, on ne connait rien de sa culture.

    2°/ Je pense qu’Arnaud fait parler son pompier après le sauvetage. 😉
    Dit en passant, un sauvetage en mer et noyade, nécessite massage cardiaque. Un bon massage cardiaque entraîne normalement des cotes cassées. Des cotes cassées peuvent envoyer un pompier devant un tribunal ou un juge lui dira que pour avoir sauvé la vie de cette personne, il devra en plus lui payer des indemnités.
    La loi n’est pas forcement bien faite…

    @tschok : difficile de suivre votre raisonnement ^^
    Personnellement, je ne critique pas les journalistes de terrains, mais là, en l’occurrence, ils ont pris une décision… qui c’est avéré être mauvaise. Qu’on soutienne leur initiative ou non.

    Commentaire par testatio — 21/01/2010 @ 17:49

  27. Facile…
    « alors, le résultat de cette équation, dont vous gouvernez toutes les composantes, s’impose de lui-même: les journalistes sont des cons. »

    Une phrase commençant par « les » a toutes les chances d’être une bêtise.
    LES journalistes, ça n’existe pas.
    Il y a DES journalistes. Certains sont bons, d’autres moins. Certains sont prudents, d’autres moins. Certains sont malins, etc…

    Ma seule conclusion concerne DES journalistes (deux en fait), et jamais LES journalistes.

    C’est malheureusement ce genre de manipulation linguistique qui rend tout débat difficile.
    Si quelqu’un dit: « DES journalistes (militaires, prof, flics, maires, chauffeurs routiers, peintres, jeunes, femmes, blancs, noirs, gauchers, diabétiques etc…) ont fait ceci ou celà », il reçoit souvent comme réponse: « Comment osez-vous ?! Vous attaquez LES journalistes (militaires, prof, flics, maires, chauffeurs routiers, peintres, jeunes, femmes, blancs, noirs, gauchers, diabétiques etc…), vous stigmatisez toute une catégorie de gens, vous faites des amalgames !!! »
    Et comme chacun sait, il ne faut pas stigmatiser les amalgames.

    En tout cas, avec ce genre de réponse, hop !… plus besoin d’argumenter puisqu’il suffit de dire que le gars d’en face est un méchant qui fait rien qu’à attaquer tout un tas de gens qui ne lui ont rien fait.

    Considérez donc que mon commentaire ne concerne que 2 journalistes, qui ont été imprudents, et qui comptent désormais sur d’autres pour venir à leur secours.
    Comme je l’ai dit plus tôt (ou sur un autre article), bien sûr qu’il faut les secourir, mais faudrait voir à pas trop la ramener… (j’ai droit au langage familier)

    Commentaire par Arnaud — 21/01/2010 @ 17:50

  28. Qu’ils aient été imprudents ou non, peu importe, nous leur devons secours sans état d’âmes… Il y a quelques semaines nous nous sommes tous émerveillés devant la libération de 2 bisontines arrêtées en République Dominicaine (ou ailleurs). Tout le monde a applaudi, peu de gens ont émis des réserves du moins dans les médias (enfin ceux qui reprennent positivement les propos de Mr Guéant) et encore moins à la présidence (bien au contraire on s’en ait gargarisé)sur le fait que l’Etat (et c’est aussi son rôle) a déployé des moyens humains et financiers pour la libération de ses 2 jeunes filles…
    Et voilà que pour 2 journalistes, on crie « au loup »… C’est un comble quand même… J’aurai plus facilement compris l’inverse..

    Commentaire par Olivier — 21/01/2010 @ 19:20

  29. J’arrive un peu tard, mais sur le sujet de ce billet je recommande l’humeur de Stéphane Guillon de lundi dernier. Plutôt en forme, belle férocité sournoise :

    Commentaire par Schmorgluck — 22/01/2010 @ 02:05

  30. @ Testatio, com 26,

    Sur l’erreur des journalistes: vous enfoncez une porte ouverte. S’ils ont été capturés, c’est qu’ils ont commis une erreur. Comme la section Carmin 2 qui s’est aventurée dans un défilé et s’est trouvée prise sous le feu d’un tir croisé, avec le bilan que vous connaissez.

    Est ce à dire que puisque les militaires ont commis une erreur d’appréciation il ne fallait pas envoyer des renforts pour les dégager? Opération au cours de laquelle un 10ième soldat a été tué, d’ailleurs.

    Cette option n’a pas du tout ma faveur.

    Ou bien alors on instaure une différence de traitement suivant le statut social: on sauve les militaires, quitte à perdre un 10ième homme (10% de perte en plus, soit le seuil de la décimation, l’air de rien) et on abandonne les journalistes à leur sort.

    Cette option là non plus ne me plait guère.

    Le principe est simple: on prend soin des nôtres. C’est ce qu’on appelle la solidarité, principe qui fonde entre autre la sécurité sociale et qui est matérialisé dans la devise républicaine par la « fraternité ». Ce principe est invariable en tant que tel. Il faut bien sûr l’appliquer de façon intelligente et ne pas risquer inutilement des vies pour en sauver d’autres. Mais ça ne change rien au principe, qui demeure ce qu’il est.

    Remettre en cause le principe parce qu’il pose des problèmes d’application est un travers de l’esprit assez courant et la marque d’une certaine pusillanimité dans l’affirmation de soi et de ses valeurs.

    Je regrette que notre président ait donné maladroitement l’impression de renoncer à cette valeur de solidarité – ce qui n’était sans doute pas son intention.

    Mais je comprends fort bien le mouvement d’humeur d’un sauveteur qui va récupérer un touriste imprudent qui s’égare en montagne ou est emporté au large sur sa planche à voile: un sauveteur a le droit d’avoir ses humeurs, car c’est lui qui est chargé d’appliquer le principe.

    Quand on est chargé d’appliquer quelque chose, on a le droit de râler.

    Commentaire par tschok — 22/01/2010 @ 10:29

  31. @ Arnaud,

    Là, je vous suis.

    Cela dit, vous anticipez des réclamations de la part de ces journalistes qui n’ont pas encore été formées, que je sache.

    Ces journalistes ont un droit de créance sur nous: nous sommes tenus de leur porter assistance dans la mesure de nos moyens.

    Il est évident que dans le cadre d’un éventuel et futur procès en responsabilité qu’ils pourraient intenter, ou leurs ayant droits, il sera tenu compte de leur imprudence: sur un plan civil, il est en effet admis que celui qui concourt à son propre préjudice peut être partiellement ou totalement privé de son droit à réparation.

    Ce n’est pas un cas d’école, d’ailleurs. Il suffit de se rappeler de ce qui s’est passé après la libération d’otages capturés par des pirates somaliens.

    Commentaire par tschok — 22/01/2010 @ 10:41

  32. Non mais sérieusement !… Personne ne dit qu’il ne faut pas tout faire pour récupérer les journalistes !!!

    Je dis juste que les responsables de l’armée (et au premier chef le Président de la République) ont le droit de râler et que les syndicats sont hyper-gonflés de voir la réaction de Sarko comme une « inadmissible atteinte contre la liberté de la presse »…

    C’est tout, je ne vais pas plus loin que ça.

    Commentaire par Arnaud — 22/01/2010 @ 12:14

  33. @ Arnaud?

    Tout faire?

    Oh?

    Vous voilà soudainement bien jusqu’au boutiste!

    Pour ma part je dis juste: agir intelligemment dans la mesure de nos moyens, mais dans la volonté claire de satisfaire à l’obligation d’assistance.

    Si les « syndicats hyper-gonflés » ont vu dans les déclarations présidentielles une « inadmissible atteinte à la liberté de la presse », il n’est pas interdit de penser que cette volonté ne s’est pas clairement exprimée.

    Au moment où, d’une part, personne ne lui demandait de s’exprimer, alors que, d’autre part, si il faisait le choix de le faire, il lui appartenait de le faire clairement.

    Non?

    C’est ça un chef, après tout.

    Commentaire par tschok — 22/01/2010 @ 12:30

  34. @tschok : Ou ai-je exprimé qu’il ne fallait pas aller porter assistance à ces 2 journalistes ?
    Vous comprenez le mouvement d’humeur d’un sauveteur, mais pas de son responsable hiérarchique ? (Surtout, que sauveteurs, c’est un peu son métier à la base)

    Il semblerait plus que nous n’interprétons pas le mouvement d’humeur du chef de l’Etat de la même façon. Il me semble pourtant qu’il était question d’irresponsabilité et d’obtention de scoop… pas de refus de sauver les journalistes.

    Dès lors, j’ai du mal à comprendre votre discours moralisateur sur la fraternité… Mais cela vient certainement du fait de nos interprétations différentes.

    D’ailleurs, a ce propos, pensez-vous que ‘la valeur marchande’ des journalistes sera la même si Sarkozy déclare une mobilisation de toute la nation pour les récupérer ou s’il critique l’imprudence des journalistes ? A la place des ravisseurs (qui n’en doutons pas ont le net, la télévision et touti quanti) j’aurai tendance à réclamer moins… ou accepter moins.

    Commentaire par testatio — 22/01/2010 @ 14:40

  35. @ Aliocha : j’arrive amplement après la bataille, mais à propos de la phrase de Guéant :
    – Quand des personnes sont prises en otage, le rôle d’un Gouvernement et de ses représentants / conseillers / grands muftis est de les soutenir. Fermement. Sans appel. Que les ravisseurs passent cette séquence aux journalistes pour montrer la réprobation des autorités françaises ou ce qui leur tient lieu de porte-parole et les voilà privés du soutien légitime qu’ils attendaient. Pire, c’est une arme psychologique aux mains des ravisseurs. Bien joué, Claude.
    – Quand on négocie la libération d’otages ou prépare une action, l’Etat ferme les vannes de la communication et agit en coulisses. Il y a un temps pour le silence officiel. Même Pasqua et Marchiani savent ça.
    – Ce n’est pas à un conseiller du Président de déterminer le rôle des journalistes. Il semble que les deux personnes ne soient pas des débutants, ils savaient ce qu’ils allaient faire et dans quelles conditions.
    – Sur les reportages faits par l’armée, il y a une raison en effet au fait que les journalistes souhaitent désormais « bypasser » (je parle très mal français, je sais) l’armée : Desert Storm et la première guerre du Golfe. Les journalistes « embarqués » s’étaient fait méchamment enfumer sur la guerre propre et autres foutaises, ça a visiblement laissé des traces et servi de leçon.
    – Que Guéant parle du montant qu’aurait coûté l’opération jusqu’à présent environ 1 million d’Euros, il me semble), c’est délicieusement infect. A partir de quelle somme ne sera-ce plus « rentable » ? Réclamera-t-il remboursement ?
    – Quand on mobilise d’importants moyens de secourisme pour des spéléologues, des skieurs ou des randonneurs, Claude Guéant ne manifeste pas autant d’ire. Certes, les secouristes sont là dans leur rôle. Mais l’armée et l’Etat sont aussi dans leur rôle en protégeant des ressortissants français. A ceci près que les spéléologues, randonneurs et skieurs ne font rien que vivre le frisson, sans rapporter autre chose que des photos de vacances et des souvenirs à leur famille. Les journalistes sont dans un travail d’information. Je sais, cette dernière remarque est quelque peu déplacée. Mais tout de même.

    Commentaire par [Enikao] — 25/01/2010 @ 18:25

  36. Arf!

    Testatio, je ne voulais pas être « moralisateur ».

    Je vais méditer la sainte parole de la Danette, ça m’apprendra.

    Commentaire par tschok — 26/01/2010 @ 11:52


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