La Plume d'Aliocha

27/01/2010

Haïti ou les raisons de l’oubli

Filed under: Brèves — laplumedaliocha @ 14:43

J’ai beaucoup lu sur Internet ces derniers temps, à propos d’Haïti, que certains pays oubliés de tous n’intéressaient les médias qu’en cas de catastrophe. C’est une question en effet fondamentale, mais qu’on ne peut pas évacuer d’un  énième coup de gueule contre « ces charognards de journalistes ». C’est pourquoi, je vous recommande  l’excellent travail d’analyse sur le sujet réalisé par  Marc Mentre, journaliste depuis 30 ans et responsable de la filière Journalisme à l’Ecole des métiers de l’information-Cfd, sur son blog Mediatrend. Erreurs, starification de certains journalistes, mais aussi dévouement de certains autres, témoignages sur l’horreur de la situation, angle de traitement de l’information, tout est passé au crible. C’est intelligent, documenté et passionnant à lire.

Mise à jour 15h06 : Ayant observé que les lecteurs cliquaient assez rarement sur un lien si l’auteur du billet ne prenait pas le temps de citer un extrait du document susceptible de donner envie de le lire, je reproduis donc un paragraphe de l’article parce que, franchement, il mérite le déplacement :

« Une fois sur place, il faut travailler. Les conditions sont extraordinairement éprouvantes. Jean-Claude Delaloye, de La Tribune de Génève raconte:

“En treize ans de journalisme, j’en ai vu des horreurs, des pays en crise et de la détresse. Rien ne pouvait pourtant me préparer à ce que j’ai vécu en Haïti. Je n’avais jamais pleuré pendant une interview, mais la vision de Shandley André, 13 ans, sur son lit dans la cour de l’hôpital général de Port-au-Prince à quelques mètres des corps abandonnés dans la boue, a été trop forte. L’enfant souffrant de multiples fractures et en attente d’une greffe de peau sur le crâne ne pouvait même plus crier sa douleur.”

Il explique “ce malaise d’avoir du être spectateur alors qu’il aurait fallu être acteur.” Il ajoute: “En Haïti, il n’était toutefois pas possible de regarder sans rien faire. Des journalistes ont participé à des sauvetages de victimes, lu des histoires à des enfants blessés, étreint des rescapés, aidé des infirmiers.” [lire Sans Blessures apparentes de Jean-Paul Mari, grand reporter au Nouvel Observateur, qui était d’ailleurs à Haïti]

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