La Plume d'Aliocha

15/01/2010

Cette presse que l’on foule aux pieds

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 17:50

Quelques mots sur la défection spectaculaire hier de Vincent Peillon lors du débat organisé sur France 2 par Arlette Chabot avec Eric Besson et Marine Le Pen.

Il fut un temps où les responsables politiques faisaient des pieds et des mains pour s’exprimer dans les médias et tout particulièrement à la télévision. Et puis le rapport de force a basculé. Ils sont devenus, eux et d’autres d’ailleurs, les maîtres de la relation médiatique, choisissant le support, le timing et même les journalistes, dictant leurs conditions, acceptant qu’untel soit invité, refusant en revanche un autre, j’en passe et des meilleurs. Dans cet exercice, Nicolas Sarkozy est bien entendu passé maître comme en témoignent ses fameuses interviews qui ne sont rien d’autre que des mises en scène de monologues. Mais il n’est pas le seul. Publics ou privés, les acteurs de l’actualité ont de plus en plus l’habitude de signifier leur mépris à l’égard d’une presse qui ne les impressionne plus guère, briefés qu’ils sont par leurs services de com’ sur la manière d’en jouer. Le temps n’est plus où la presse était le seul moyen de communiquer avec le public. Elle est désormais inscrite dans des plans de com’ plus larges et sommée de remplir sa fonction dans les conditions les plus satisfaisantes non plus pour elle et donc pour le public qu’elle représente, mais pour celui qui prétend en user.

Le comportement de Vincent Peillon n’est qu’une illustration parmi d’autres de cette instrumentalisation de la presse. Il est simplement un peu plus inédit, mais il ne manquera sans doute pas de faire jurisprudence.  On peut en tenir les médias pour responsables et je pense en effet que nous avons une part de responsabilité dans le phénomène.  Nous avons sans doute péché par manque de vigilance et d’esprit de corps. Dans un pays libre comme le nôtre, on ne met pas les journalistes en prison, on ne les tue pas, on se contente juste d’embaucher des bataillons d’experts pour apprendre à les manipuler, voire à les neutraliser. La menace est diffuse, imperceptible la plupart du temps, mais aussi dangereuse ou presque pour la liberté de la presse que les geoles des dictatures. Il suffit de comparer les moyens à disposition de la communication et ceux de la presse pour comprendre que le combat est en train de devenir terriblement inégal. Surtout lorsque, comme ici,  l’ultime verrou de la politesse et du respect des engagements saute.

Les kamikazes de l’info

Filed under: Dessins de presse — laplumedaliocha @ 16:22

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