La Plume d'Aliocha

29/06/2009

Quand Michael Jackson éclipse l’Iran

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 10:04

9782830913477FSL’attention portée au décès de Michael Jackson dans les journaux télévisés du matin, vendredi, m’avait déjà choquée. L’événement méritait-il de renvoyer toutes les autres actualités à plus tard comme si le monde soudain, s’était arrêté ? En rentrant le soir, j’ai constaté que TF1 et France 2 avaient joué la même partie, comme si ces deux chaînes, frustrées de s’être laissées déborder par la concurrence des chaînes d’information depuis l’aube, avaient décidé de surenchérir. Pour quelques heures, s’en était donc fini de l’Iran, de la crise économique et de  bien d’autres choses encore. Même le sacro-saint sport n’a pas survécu à la tornade Jackson. Comment est-ce possible ?

La réponse se situe peut-être dans un  remarquable ouvrage intitulé « Journalisme et Vérité » de Daniel Cornu. L’auteur est ancien rédacteur en chef de la Tribune de Genève. Il est aujourd’hui médiateur du groupe Edipresse et président du Comité d’éthique et de déontologie de l’Université de Genève. C’est de très loin le plus remarquable ouvrage de réflexion sur le métier de journaliste qu’il m’ait été donné de lire. Il faut dire que l’auteur convoque les plus grands philosophes au chevet de la presse et construit en 500 pages  une réflexion globale assez unique sur le journalisme. C’est ainsi qu’il évoque notamment  la mutation du paradigme journalistique mise en évidence par les travaux de Jean Charron et Jean de Bonville.

Et voici comment il résume leur pensée :

« Un premier changement s’est opéré à la fin du XIXème siècle, qui a vu l’évolution d’un journalisme d’opinion vers un journalisme d’information. Au passage du XXIème siècle, le journalisme moderne amorcerait une nouvelle mue vers un journalisme de communication« .

Quel rapport avec Michael Jackson me direz-vous ? J’y viens.

Pour ces auteurs, le journalisme d’opinion s’inscrivait dans le contexte d’une société rurale dotée d’une économie fondée sur l’agriculture et le commerce. Puis est survenu le journalisme d’information, lié à une société devenue urbaine et fonctionnant sur la base d’une économie tournée vers les produits de consommation. Aujourd’hui, le journalisme de communication émergerait d’une société fortement urabnisée s’appuyant sur la consommation intensive et le secteur tertiaire, particulièrement les loisirs. Les journaliste ajusteraient donc leur stratégie de légitimation au contexte social. Et Daniel Cornu d’observer :

« Une concurrence à outrance domine le marché des médias dès la fin du XXème siècle. Elle favorise un journalisme dont le principal objectif est de retenir le public, afin de le dissuader d’aller voir ailleurs – dans d’autres pages, dans d’autres journaux, sur d’autres chaînes ou stations, sur d’autres sites Internet. Il incomberait au journalisme de tout faire afin de capter ce public volatil, pour ne pas dire volage, induit comme jamais à la tentation du zapping. C’est pourquoi il ne pourrait plus s’en tenir à ses fonctions de base : la publication d’informations et l’expression d’opinions. Il devrait engager d’autres stratégies ».

Voyez comme soudain on se rapproche de la grande messe Jackson que nous ont servie les chaînes de télé. Mais cela n’explique pas encore l’oubli total de l’Iran. Nous y arrivons.

« L’évolution du métier accompagne et encourage un déplacement de l’intérêt du public vers la recherche du bonheur privé. Le transfert s’opère au détriment de l’attention portée au politique. A l’époque du journalisme d’opinion, le journaliste avait un rôle de magistère affirmé. C’était lui qui formulait l’opinion latente de ses lecteurs, qui la revêtait de mots, l’illustrait d’exemples. Ce rôle s’est transformé dans le journalisme d’information. Le journaliste dit à son public, non tant ce qu’il doit penser, mais quels sont les sujets qui méritent de retenir son attention – effet combiné du filtre médiatique (la fonction de gate keeper) et de la fixation d’un ordre du jour (l’agenda setting). Avec l’avènement d’un journalisme de communication, le journaliste fonctionne davantage comme un gentil organisateur. Il se préoccupe de servir à son public des « soft news », des informations capables de satisfaire ses intérêts dans les domaines de la santé, de l’art de vivre, des loisirs, de la consommation ».

Il me semble que c’est cette modification profonde du rôle des médias, ajoutée aux contraintes qui pèsent sur eux (concurrence) qui peut expliquer, au moins en partie, l’attention à mon sens disproportionnée qui a été portée au décès de Michael Jackson. Les loisirs (ou la culture au sens large) ont éclipsé la politique (crise, Iran) l’espace d’une journée, témoignant ainsi des évolutions profondes qui traversent notre société. C’est la faute aux médias me dira-t-on. En sommes-nous si sûrs ?

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31 commentaires »

  1. En l’espèce, il me semble évident que les médias s’arrêteraient s’ils constataient une baisse d’intérêt.
    Mais le plus amusant, c’est de voir se multiplier aussi les réactions des personnes titrant « Michaël Jasckson » pour dire qu’il y en a assez.
    Je gage que la dernière étape dans les médias sera, comme pour l’accident d’avion : « En avons-nous trop fait avec Michaël Jackson ? »
    Cela permettra de reparler du même sujet, tout en l’abordant sous un angle nouveau (car au bout d’une semaine, la redondance guette !).

    Commentaire par Novice — 29/06/2009 @ 11:03

  2. Et puis la guerre, la crise, les mollahs, la barbe!

    Un peu de glamour, un scandale dans lequel personne n’est réellement impliqué, c’est bien. La mort d’une célébrité est cathartique. C’est par un bon sacrifice que l’on résout archaïquement les crises. C’est ainsi que l’insignifiant devient un phénomène de société.

    Le pompon fut décroché par la regrettée princesse de Galles. Elle fut poursuivi à mort par toute la société britannique. A cause de cela, Lady Diana ayant assumé par ses extravagances les contradictions du corps social, la Reine et ses peuples se sont réconcilié autour d’un cadavre. La presse en fit ses choux gras pendant des jours et des jours.

    La presse n’est pas imperméable aux mouvements de folie de la foule. La psychologie du lecteurs et du téléspectateur pèse sur elle.

    Le drame du monde a quitté le devant de la scène. Autrefois, la paix, la guerre, les intrigues formaient une tragédie jouée en public devant le peuple excité par le choeur. Les grands dossiers se sont peu à peu désincarnés en machines technocratiques. Les Princes-Électeurs, c’étaient quand même plus rigolo à voir que nos Conseils Européens. On s’amusait mieux au camp du Drap d’or qu’au dernier G20 à Londres.

    L’attention porté à une malheureuse princesse ou à un chanteur maudit est un rappel nostalgique de la haute époque où la vie publique étaient une représentation où chacun endossait son rôle avec son costume. Il y en a marre des costards gris: rendez-nous nos rubans, nos Grands-Aigles, nos colliers du Saint-Esprit, nos traines chamarrées, nos armures, nos glaives, nos blasons, nos opéras de Lully, nos Royal Fireworks…

    Commentaire par PEB — 29/06/2009 @ 11:41

  3. L’iran est moins préoccupante à mes yeux que le coup d’état ce WE au Honduras. Pourquoi ? Parce que j’ai tendance à penser à de la manipulation d’opinion sur l’Iran. ‘’L’Iran c’est pas bien, il faut que tout le monde le pense’’. Prépare-t-on de cette façon l’opinion à une invasion programmée mais il faut qu’elle soit soutenue par l’opinion publique avant ? L’irak et l’Afghanistan ont pourtant largement prouvés que c’était possible (pour ceux qui allaient me répondre que c’était un mythe la manipulation d’opinion). Le retournement d’opinion s’opère sous 3 ou 4 ans (sauf en France ^^), ca laisse largement du temps.

    Le Honduras… coup d’état militaire, le président expulsé et certains ministres aussi visiblement. (on a pas trop d’information en même temps…) Pourquoi, que se passe-t-il dans ce pays d’Amérique central ? Aucune idée… tout juste capable de le placer sur une cartes, alors sa politique…

    Commentaire par Testatio — 29/06/2009 @ 11:46

  4. Une chose est certaine, le journalisme qu’on voit à la TV est tout sauf du journalisme. C’est de la comm’, ou je ne sais quoi. Depuis longtemps le journaliste en France a perdu son objectivité. Je pense que seule le journalisme de région, ou le journalisme local peut permettre de faire du journalisme d’opinion.

    Commentaire par moniaty — 29/06/2009 @ 11:52

  5. Je trouve ce billet un peu ambigu.

    Vous citez Daniel Cornu en indiquant que vous approuvez son analyse avec enthousiasme, elle affirme: « Avec l’avènement d’un journalisme de communication, le journaliste fonctionne davantage comme un gentil organisateur ». Mais en même temps, je n’ai pas l’impression que vous vous voyez vous même de cette façon.
    Êtes vous une gentille organisatrice à votre corps défendant ? une journaliste d’information de la génération précédente mais en voie de disparition ? ou alors une journaliste fossile d’opinion ?

    Aliocha : je n’écris pas que j’approuve son analyse avec enthousiasme et encore moins le phénomène décrit. S’il y a enthousiasme de ma part, (et vous l’avez senti à défaut de le lire) c’est dans la découverte d’une analyse qui nourrit ma réflexion. Le problème de citer un livre aussi riche, c’est que forcément on le trahit. Daniel Cornu ne se félicite pas de l’analyse dont il rend compte, il n’y souscrit même pas tout à fait puisqu’il explique plus loin que ce changement de paradigme ne signifie en aucun cas la mort du journalisme d’opinion et d’information. Simplement, il évoque cette nouvelle tendance dont il faut tenir compte, ne serait-ce que pour comprendre l’information que l’on reçoit en tant que public, et pour savoir où l’on va en tant que journalistes. On ne peut nier une forte attente de qualité de vie et une très forte consommation de masse. Les médias sont traversés par ces influences de société qu’ils répercutent et mécaniquement amplifient. Dans mon métier, je suis à l’opposé du GO, mais lorsque j’allume la télévision, ou que j’écoute la radio, je dois bien admettre que mes confrères le sont. Ce constat peut également expliquer la plus grande participation des auditeurs et télespectateurs et même la tendance (fâcheuse à mon sens) à mêler information et divertissement, comme si on ne pouvait plus diffuser de l’info sans la rendre distrayante. Civilisation des loisirs, donc…

    Commentaire par euromix — 29/06/2009 @ 12:09

  6. Les entreprises ont leur propre service de communication. Les politiques en ont un également. Le public essaye de communiquer par les moyens qu’internet met à sa disposition : les blogs.

    Le journalisme de demain ne devrait-il pas se consacrer à mieux structurer, à porter plus haut les besoins de communication du public ? non pas comme un « Que Choisir » qui lui se contente de prendre la parole à la place du public, mais plutôt en aidant le public à mieux communiquer. Ce serait un journalisme participatif ou chacun pourrait contribuer et où le journaliste apporterait ses précieuses compétences : structurer l’information, développer l’argumentation, contrôler et recouper l’information…

    Certes, cela ne dit pas comment le journaliste sera rémunéré, mais en général lorsque quelqu’un apporte au public ce qu’il attend, le public n’hésite généralement pas à contribuer financièrement.

    La musique s’achète bien sur iTunes, alors que nul n’ignore qu’elle est librement téléchargeable par ailleurs, mais c’est si commode iTunes…

    Commentaire par Morne Butor — 29/06/2009 @ 12:17

  7. La mort de Michael Jackson a t elle éclipsé l’iran ? L’affirmation de parait difficilement tenable. Qu’y a t il a eclipsé en iran ces dernière 48 heures ? rien. Les média ( et surtout la TV )peuvent continuer a faire le tour de twitter et facebook et chercher les scoops sur youtube, tant qu’ils n’auront personne sur place ils ne peuvent pas sortir d’info. Il n’y avait donc pas de matière a traiter face a M. Jackson.

    Commentaire par dwarfpower — 29/06/2009 @ 12:23

  8. Ce midi, France Info ouvre ses journaux sur l’hospitalisation du sportif Luc Alphand après une chute lors d’un enduro dans le Puy-de-Dôme. Mieux, il y a des commentaires pour apporter des « précisions » (sur ce drame, évidemment).

    Il y a l’aspect people de l’info qui est très marquant. Disons plus généralement, la personnalisation de l’info : des gens, des marques. par exemple, l’escroquerie de Bernard Madoff dont on entend à nouveau un peu parler n’est pas tant intéressante (pour les médias) par les mécanismes qu’elle met en jeu (qu’ils soit techniques, financiers, psychologiques, sociologiques) mais parce que Liliane Bettencourt, de L’Oréal, parce que Bernard Arnault, de LVMH, parce que Daniel Hechter, parce BNP, parce qu’HSBC, parce qu’UBS…

    Aliocha :….parce que 50 milliards. Comme dit Daniel Cornu nous sommes des spécialistes du « remarquable ». Et ce remarquable englobe votre observation très juste sur les marques.

    Suivez attentivement les obsèques d’une personnalité un peu connue (ou même pas, les victimes d’un accident dramatique). Qu’y aurait-il à dire ? La date et le lieu. Les circonstances du décès. La carrière et la personnalité du défunt. Eh bien, on vous parle de machin, machin, machin, machin qui sont là et de ces milliers d’anonymes massés sous la pluie/sous le soleil/sous le vent et, attendez, une personnalité est au micro de Jean-Paul…

    Aliocha : toujours le remarquable et puis aussi le besoin d’occuper l’antenne sur un sujet pour lequel il n’y a pas grand chose à dire…

    Je vais vous choquer Aliocha, parce que je sais que vous le prenez à coeur, il y a là quelque chose qui dépasse mon entendement (car j’ai la faiblesse de croire que les journalistes sont des personnes qui ont fait des études, qui pour la plupart sont intelligents, sérieux, réfléchis…). On peut toujours pointer le système du doigt, il suffit parfois d’inverser deux sujets, changer un son pour modifier toute la nature d’un flash (entre sensé et racoleur).

    Aliocha : rien ne me choque du moment que l’on ne condamne pas l’ensemble de la presse, voire l’exercice journalistique lui-même, pour les errements de quelques uns. Moi aussi je consomme de l’info et moi aussi je m’énerve parfois 😉 Encore une fois l’idée ici n’est pas de peindre un journalisme idéal en niant ses problèmes, faiblesses etc. mais de nuancer les critiques

    Bruno Frappat s’exprimait réceemment dans je ne sais plus quel quotidien. Il revenait sur le succès de La Croix : exactement l’inverse de ce qui est décrit et dans votre billet et dans mon commentaire.

    Aliocha : Ne serait-ce pas ici ?

    Commentaire par david — 29/06/2009 @ 12:59

  9. Bonjour Aliocha,

    Pour expliquer le phénomène que vous décrivez il y a la théorie de l’agenda ou du passe plat (appellation perso).

    Mais je veux ne pas vous emmerder avec mes modèles théoriques.

    En fait de modèles théoriques,le mieux est de reprendre les vôtres.

    Vous décrivez une dynamique où l’on passe en moins d’un siècle (donc une dynamique historique rapide) de l’opinion, à l’information, puis à la communication.

    En bout de cycle, un constat: « Il incomberait au journalisme de tout faire afin de capter ce public volatil, pour ne pas dire volage, induit comme jamais à la tentation du zapping. C’est pourquoi il ne pourrait plus s’en tenir à ses fonctions de base : la publication d’informations et l’expression d’opinions. Il devrait engager d’autres stratégies”.

    Constat on ne peut plus lucide.

    Constat qui comporte néanmoins des options beaucoup plus positives que celle que vous décrivez et qui, en gros, s’oriente vers la satisfaction du Moi du lectorat, tel que l’entreprise de presse se l’imagine.

    Etant précisé que le Moi du lectorat est un Moi « hyper-susceptible » (la conduite à tenir: il ne FAUT PAS lui infliger de souffrances psychiques, sinon, procès, expression du Moi Victimaire).

    D’où votre conclusion en forme de(faux) questionnement, façon mon cul : »C’est la faute aux médias me dira-t-on. En sommes-nous si sûrs ? »

    Ben non, sinon je poserais pas la question, of course (un avocat ne pose que les questions dont il connait déjà les réponses et un journaliste, c’est pareil).

    Bien.

    Reste l’autre option de la question initiale: »Il devrait engager d’autres stratégies”. Lesquelles?

    On a vu les mauvaises. On mesure le résultat aujourd’hui. Le résultat est objectivement mauvais: sous l’exigence démocratique.

    Mais il y en a des bonnes.

    Lesquelles? (là, je vous tends une méga perche grosse comme l’embouchure de la Tamise, ce qui ce fait croire que vous allez m’envoyer valser, je prends donc sagement la direction de la porte à qui je dis bonjour porte).

    Commentaire par tschok — 29/06/2009 @ 13:33

  10. Bonjour Aliocha,

    Je ne regarde plus les journaux télévisés ni ne lit la presse papier depuis que je suis abonné sur internet aux flux d’informations qui m’intéressent. Les journalistes-internet que je lis semblent peu touchés par le phénomène « Michael Jackson ». J’ai d’ailleurs appris la nouvelle de sa mort par les blogs BD.

    Je n’aime pas du tout le journalisme de communication dont vous parlez dans votre billet, et je crains effectivement que la mutation indiquée par Daniel Cornu vers ce type de journalisme soit largement effective.

    Votre billet m’intéresse d’autant plus qu’il donne une vision à mon avis assez probable de l’évolution du journalisme.

    Pour ma part, je continuerai à aller chercher le journalisme d’opinion et le journalisme d’information sur internet, et essayant d’éviter le journalisme de communication.

    En essayant tout simplement d’éviter « votre amie la comm » 😉
    En essayant également d’éviter l’amateurisme…

    Commentaire par Zythom — 29/06/2009 @ 13:35

  11. A propos de pratique journalistique, lire dans Libé comment Match s’est fait rouler :

    « Intense rigolade dans le Landerneau : Paris Match s’est bien fait avoir en attribuant un prix de photo journalisme dans le cadre solennel de la Sorbonne à deux étudiants strasbourgeois des Arts décos qui, lors de la remise du prix, ont révélé avoir mis en scène les photos primées. »

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 29/06/2009 @ 18:23

  12. bonjour chère Aliocha

    que votre plume est agréable à lire merci pour cet éclairage
    moi aussi j’ai été choquée par l’importance disproportionnée donnée à ce fait divers
    selon mon style un peu abrupte et volontairement provocateur j’en ai fait un billet d’humeur sur mon blog
    me permettez vous de tirer de votre billet un petit extrait et faire un lien vers le votre pour l’excellence de vos propos
    venez me voir de temps en temps je suis jalouse des autres que vous fréquentez mais bon ils ont une autre stature .

    Commentaire par artemis — 29/06/2009 @ 20:11

  13. Peut-être pourriez vous retrouver le texte lu par le journaliste Bernard Le Coq en ouverture du journal télévisé du 14 septembre 1982, texte où il annonçait les dècès, survenus à quelques heures d’intervale, du président libanais Béchir Gémayel tué lors d’un atentat, et de Grace de Monaco victime d’un accident de la route. Parce qu’il avait tenté de mettre en perspective ces deux drames humains, l’un aux répercussions politiques potentiellement graves, l’autre au retentissement mondain garanti, ce courageux journaliste fut viré de l’ORTF sur le champs. Trois jours après les phalangistes se déchaînaient dans les camps de Sabra et Chatila ( au moins 800 morts parmi les réfugiés) mais cela n’a pas compromis le succés télévisuel des funérailles princières. Peut-être que le public de l’époque n’a pas pardonné à Le Coq de le prendre pour plus intelligent qu’il n’était.

    Commentaire par Denis Ducroz — 29/06/2009 @ 23:04

  14. La mort tragique d’une princesse est symboliquement plus forte que l’assassinat d’un président.

    Encore et toujours la nostalgie de la théâtralité de l’ancien monde.

    Commentaire par PEB — 30/06/2009 @ 11:35

  15. Ca s’écoute un peu trop écrire, ici… A l’instar des journalistes.

    Commentaire par errance — 30/06/2009 @ 14:27

  16. Evidemment que c’est la faute aux médias. Plutôt de remplir leur rôle, ils versent dans le populisme à paillettes, ce à des fins mercantiles. On flatte le ventre et le bas-ventre (l’epithumia, chez Platon), on nourrit la bête. Et puis on pleurniche parce que la presse va mal. Une presse racoleuse et de caniveau à vocation à disparaître et le plus tôt sera le mieux.

    Aliocha : merci de respecter les règles de ce blog et d’éviter les jugements à l’emporte-pièce sur les médias. Toutes les critiques sont admises à condition d’être argumentées et surtout de ne pas sombrer dans la stigmatisation générale du journalisme.

    Commentaire par Al-Kanz — 30/06/2009 @ 15:10

  17. Mais ne suffit-il pas de savoir où chercher? Certes, il y a un halo lumineux sur jakson, en cemoment, qui attire. Mais quand on veut d’autres infos, on peut les trouver. Effectivement sur LCI, mais aussi sur Arte, dans le courrier international, le monde. Personne n’est obligé d’acheter tel ou tel magazine ou de regarder tel ou tel chaine. J’ai tendance à penser que ceux qui font l’information unique vont effectivement sur les sujets qui interessent les gens.
    Est-ce si grave, tant que les autres, les innintéressés, peuvent regarder ailleurs?

    Commentaire par Laure — 30/06/2009 @ 16:44

  18. OUh la la, j’ai écrit trop vite. Pardon pour les fautes.

    Commentaire par Laure — 30/06/2009 @ 16:46

  19. Aliocha,

    Ce n’est pas un jugement à l’emporte-pièce, c’est un point de vue non développé. Je m’emploie à trouver un peu de temps pour étayer mon propos.

    Commentaire par Al-Kanz — 30/06/2009 @ 17:39

  20. Oula!

    fermage de coms en perspective?

    Aliocha : eh oui ! Censuuuuuuuuuuuuure !!!! Plus sérieusement, je ne voulais pas que ce sujet dégénère en bataille rangée. Or, vous avez un don certain pour agiter les esprits. Sur d’autres sujets, ça m’amuse et je trouve même ça hautement salutaire, sur celui-là, ça risquait de crisper inutilement les esprits. Et d’abîmer de surcroît ma démonstration suivant laquelle on peut parler de tout à condition de le faire avec délicatesse.

    Commentaire par tschok — 30/06/2009 @ 18:27

  21. Bonsoir Aliocha

    Pardonnez-moi du hors sujet, avez-vous vu le film « JEU de POUVOIRS » ?

    Aliocha : pas encore, mais c’est prévu et vous ?

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 30/06/2009 @ 19:20

  22. Vu la semaine dernière ! Efficace, un bon moment de divertissement intelligent mais qui reste, pour ma part, sans surprise !

    Et pour reprendre la conclusion de Thomas Sotinel du Monde : « Plus on approche de la résolution de l’intrigue, plus Jeux de pouvoir se conforme aux normes dramatiques américaines. L’ambiguïté des personnages, à commencer par le politicien qu’incarne assez brillamment Ben Affleck, se dissipe, pour laisser place aux lignes de front habituelles qui ne permettent l’existence que d’un héros. Ici, ce sera le journaliste, on le prendra comme un hommage à une espèce en voie de disparition « .

    Cela étant, la caricature faite de la rédactrice en chef en « femme virile » d’une part dans ses rapports avec Russell Crowe (journaliste) et, la vision d’autre part des intérêts commerciaux à privilégier pour préserver l’existence du journal montre bien l’absolu nécessité du suivisme journalistique !

    A voir donc pour une bonne séance de détente !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 30/06/2009 @ 20:41

  23. Ce film marque bien le virtualisme américain. En fait, le propos de ce film est de faire tomber les masques. Je n’en dirai pas plus…

    Commentaire par PEB — 01/07/2009 @ 10:32

  24. Bonjour Aliocha
    Pourquoi ne pas soupçonner des dirigeants iraniens d’avoir commandité la mort de Michael Jackson ???
    Lambda

    Commentaire par Lambda — 01/07/2009 @ 10:51

  25. Oui, vous avez eu raison, moi aussi je trouve que DaZahid, et d’autres encore, ont singulièrement manqué de délicatesse.

    Je suis quand même vice pape de la Danette et ils auraient pu respecter ma Foi.

    Heureusement que vous êtes intervenue pour remettre de l’ordre.

    (toussa parce qu’ils se réclament d’une religion reconnue, j’vous jure!)

    Commentaire par tschok — 01/07/2009 @ 13:13

  26. Bonsoir cher vice-pape,

    Vous auriez pu vous prévaloir également de ce que vos opinions sont revêtues du sceau de la quasi-infaillibilité. Perso, je vous ai trouvé un peu « en retrait » dans le débat sur la burqa.
    Ne pourrait-on pas (je lance l’idée dans l’espoir d’arriver à un honnête compromis) exporter de notre religion à l’intention des partisans du port de la burqa le concept « d’ouverture facile » ?

    Commentaire par Fantômette — 01/07/2009 @ 19:05

  27. Bonsoir ma chère papesse,

    Certes, mais ma quasi infaillibilité pontificale ne joue qu’ex cathedra, ce qui supposait que j’aie à m’exprimer en tant que docteur de la foi danétienne.

    Or dans ce débat, ce n’est pas moi qui faisais étalage de ma foi, mais quelqu’un d’autre, à propos d’une autre religion.

    Vous soulevez justement une question qui relève de mon autorité (ex cathedra): faut il ou ne faut il pas exporter vers d’autres religions notre concept d’ouverture facile? En particulier vers la religion musulmane qui comporterait selon certains l’obligation pour la femme de soustraire son corps à la vue de l’homme, hors du cercle de famille.

    Ma réponse:

    Il est certain que la religion danétienne encourage le dialogue inter-religieux et même œcuménique, puisque nous aussi nous avons eu un schisme!

    C’est la raison pour laquelle elle est prête à accueillir les fidèles d’autres religions sans même exiger d’eux qu’ils abjurent leur foi ou ne se convertissent, préférant laisser à chacun la liberté de son choix.

    De même, c’est avec une joie profonde et une béate félicité que nous envisageons la possibilité qu’un danétien se convertisse à une autre religion, quitte à abandonner la sienne.

    Cela dit, l’exportation de l’un de nos concepts religieux vers une autre religion suppose l’accord des autorités de cette religion.

    Or, la plupart des autres religions reposent sur l’intangibilité de leurs dogmes, l’irréversibilité de leurs principes et l’incompatibilité de leurs croyances avec celles des autres religions, sauf rares exceptions.

    Le concept d’ouverture facile ne me semble donc pas cohérent avec ces contraintes et me semble même de nature à provoquer des conflits avec ces autres religions, alors que nous sommes soucieux de notre côté de maintenir un haut degré de compatibilité inter religieuse.

    C’est pourquoi, à la réflexion, je ne recommande pas l’exportation de ce concept vers les autres religions.

    En revanche, je recommande qu’il soit laissé un accès le plus libre à notre doctrine, et donc à ce concept, afin que les autorités religieuses des autres religions puissent en prendre connaissance si elles le souhaitent et se familiariser ainsi avec notre mode de penser.

    Commentaire par tschok — 01/07/2009 @ 20:44

  28. @Aliocha:

    Vous ronchonnez contre ceux qui affirment que la mauvaise qualité d’une bonne partie des médias les ont conduit à ne plus les acheter.

    En même temps, vous ronchonnez contre ceux qui continuent à les acheter et donc à les encourager dans leur nullité (nouvelles people, sensationnalisme, etc.).

    La seule issue logique est que vous reprochez aux premiers de ne pas acheter les rares publications de qualité afin de les soutenir. D’où ma question: quelles publications conseillez-vous en France et à l’international?

    Commentaire par DM — 01/07/2009 @ 20:57

  29. Je découvre ce blog avec beaucoup d’intérêt et de plaisir. Les lieux où l’on peut discuter « avec respect » sur le net ne sont pas, après tout, si nombreux. Ce qui est intéressant dans cette réflexion sur l’évolution du journalisme, c’est qu’elle éclaire, à un moment donné, la réflexion que tout citoyen, en âge de lire, doit avoir sur la façon dont il est informé. Essayer de » bien » s’informer, pour celui qui en a envie (tout le monde devrait en avoir envie) est devenu un travail presque à plein temps. Le problème est complexe, les analyses diverses et variées mais c’est toujours passionnant de traiter ce sujet surtout en ce moment où il y a vraiment beaucoup à dire.

    Commentaire par Chris — 01/07/2009 @ 23:32

  30. Bonjour,

    Quand je lis votre article, cela me conforte sur le fait que le journalisme est mort depuis longtemps. Une approche abracadabrentesque pour esssayer de justifier cette médiatisation, sans précédent, sur Michael Jackson. C’est vraiment n’avoir rien compris à ce que cet homme a apporté et à mon avis va continuer de porter. Aucune autre mort de star connue à ce jour ne fera la moitié de cette médiatisation.( cf des études sociologiques des universités d’Oxford et d’autres amériacines)
    Le journalisme depuis des années se fiche totalement du contenu et de la vérité. Il crève d’être en perpétuelle recherche du scoop à tout prix. Racontez, inventez, soyez les premiers mais que cela se vende. Tant de sujets ont été abordés avec erreurs, mensonges et diffamations. Jamais de remise en question des journalistes, jamais de mea culpa mais une assurance à tous les coups.
    Le résultat est que la presse en a crevé (plus de presse papier rentable). Tout cela fait que la profession de journaliste est devenue presque honteuse et en tout cas sans beaucoup de crédits dans l’opinion publique.
    Heureusement, Internet existe et permet de trouver de la vraie information ou en tout cas de l’information plus sérieuse…car on peut comparer.

    Mais ne nous leurrons pas les journalistes n’ont un champ d’action qui se limite, malheureusement qu’à l’écume des vagues.

    Juste un exemple récent puisque vous parlez de Michael Jackson:
    Les scandales…Rappelez vous le fameux interview fait par le journaliste Martin Bashir (qui avait aussi interviewé Lady Diana) qui s’appelait »LIVING WITH MICHAEL JACKSON » diffusé juste avant le fameux procès. Ce document était « la seule pièce à conviction » présentée contre Jackson durant son procès. On voyait des images troublantes et des voix off sordides du journaliste Martin BASHIR. Et bien il s’est exprimé, il y a 4 jours à la TV américaine en disant »OUI j’ai truqué le montage de mon interview et j’ai menti »juste avant de dire que Jackson était La mégastar de talent.Mais à quel prix pour cet artiste! Avez vous vu ce rarissime mea culpa de journaliste dans la presse française ou à la télé? Non. Cela est moins vendeur que de cracher sur un individu à l’époque.

    Et je pourrai vous citer tellement d’exemples dans différents domaines.

    Avez vous déjà vu un scandale éclaté en France grâce à un journaliste ces 10 dernières années? Malheureusement non et je le regrette.

    J’espère que le journalisme retrouvera de sa superbe un jour. On en aurait bien besoin.

    Commentaire par hugo — 05/07/2009 @ 02:33

  31. […] y a dix jours, la mort de Michaël Jackson éclipsait l’Iran. Aliocha nous faisait part d’utiles clés pour comprendre l’évolution tragique de nos medias : “Un premier changement s’est […]

    Ping par Koztoujours, tu m’intéresses ! » Heal the World ?! — 08/07/2009 @ 13:15


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