La Plume d'Aliocha

25/06/2009

Anonymat ? Mon oeil…

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 15:02

Arrêt sur images relance le débat sur l’anonymat dans les forums à la suite d’une de ses émissions.  En deux mots, la journaliste du Monde, Pascale Robert-Diard, oui, celle qui fait rougir Eolas et que je jalouse atrocement à cause de cela, s’est plainte de la violence des commentaires sur son blog. Une violence bien sûr permise, facilitée, voire encouragée par l’anonymat.

Or, il se trouve que j’assistais ce matin à un intéressant colloque intitulé « Droits et libertés sur internet ». Je n’ai pu malheureusement entendre tous les intervenants pour cause d’article urgent à boucler. Mais j’ai noté l’insistance avec laquelle le sénateur Trégouët appelait à une séparation de l’identité de l’internaute et de celle du citoyen. Pour lui, c’est le grand défi des années à venir, celui que nous pose, vous l’aurez compris, l’extraordinaire capacité d’Internet de collecter et de conserver un nombre incalculable d’informations, lequelles font ensuite le bonheur des commerciaux, de nos futurs employeurs et de tous les curieux en général. Il me semble que cette séparation, nécessaire en effet, est celle qu’offre l’anonymat, même si celui-ci a d’autres travers. A condition bien sûr qu’on puisse le garantir, ce que semble remettre en cause la justice britannique.

A ce sujet, allez donc lire, si ce n’est déjà fait,  le « Portrait de Marc L. » paru dans le Tigre et reproduit par la CNIL dans son dernier rapport annuel à titre d’exemple des dangers du web en ce qui concerne les données personnelles.

Et pour finir ce billet un peu décousu en raison de ma charge de travail, une anecdote.

J’ai reçu récemment un mail de la FNAC m’informant que puisque j’aimais les polars et que j’avais par ailleurs commandé un livre de Michel Foucault, je serai sans doute heureuse d’apprendre la parution de tel et tel titre. Il se trouve que je n’ai jamais, ô grand jamais, rien commandé sur le site de la FNAC. J’aime trop toucher les livres, les respirer, les reposer puis les reprendre, bref, il y a entre eux et moi un rapport bien trop charnel pour que je les achète sans que nous ayons au préalable fait en quelque sorte physiquement connaissance. J’en déduis donc que la FNAC m’a surprise en train de flirter avec eux sur le web (à chacun ses sites roses !) et qu’elle a cru nécessaire de le noter, de s’en féliciter et de m’en avertir. Dont acte. Me voici donc prévenue du fait qu’il existe quelque part dans un fichier la mention que je consomme du polar à haute dose. La prestation de service qui s’ensuit ne suffit pas à tempérer chez moi l’irritation et même l’inquiétude de me savoir ainsi surveillée. Du coup, pour tromper l’ennemi, je m’en vais dès à présent concentrer mon attention webesque sur la philosophie, le droit, les sciences et je passerai ainsi aux yeux des espions pour l’un des plus grands esprits du siècle. On ne sait jamais, ça peut servir.

Pour le reste, je continuerai de dévaliser mon libraire de son stock de polars et peut-être même que j’oserai lui acheter un roman érotique. Après tout, il vaut mieux rougir 5 minutes devant un commerçant que d’être fichée à vie sur le web. Autres temps, autres moeurs…

Propulsé par WordPress.com.