La Plume d'Aliocha

26/06/2009

« Edition spéciale »

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 09:49

Avez-vous regardé les chaînes d’info ce matin ? Si oui, vous aurez sans sans doute observé qu’elles ont toutes consacré des éditions spéciales à la mort de Michael Jackson. Avec les grands classiques : interview des gens qui sont tristes, images de rassemblements divers et variés, témoins, spécialistes, archives. Il n’y avait plus d’autre actualité dans le monde ce matin que cet événement là. En édition spéciale, avec bande défilante pour bien enfoncer le clou. Et du rouge partout. « Urgent », Edition spéciale » » etc, etc.

Néanmoins, toutes les chaînes n’ont pas bouleversé leur grille dans les mêmes proportions.

Mention spéciale à LCI qui a été la plus raisonnable. Les rubriques sports, économie, la chronique le Christophe Barbier ont été maintenues. L’information s’est cantonnée à occuper l’essentiel du journal. Mais il était possible de glaner quelques informations autres, y compris dans le journal. LCI recevait ce matin Christine Lagarde. Là encore, une autre information que la mort du chanteur a trouvé sa place. Il est vrai qu’on ne décommande pas un ministre.

BFM a été plus loin en bouleversant presque totalement ses programmes. Même la revue de presse qui, habituellement, présente les Unes des quotidiens, y compris économiques, s’est cantonnée à montrer les Une consacrées à Michael Jackson. La Tribune et les Echos sont donc passés à la trappe. Seule l’interview de Bourdin a été maintenue et pour cause, l’invité était Laurent Wauquiez. En voilà encore un qu’on ne décommande pas.

C’est I-Télé qui a fait le plus fort dans l’exercice de l’Edition spéciale. Aucune autre information (entre 7h45 et 8h30) que la mort de Michael Jackson, en boucle, en images et en musique. Même l’invité politique a été remplacé par l’auteur d’un livre sur le chanteur.

Il est vrai que les médias ont un rôle rassembleur et que le chanteur était une star planétaire. Alors rassembler sur ce qui rassemble déjà naturellement, c’est du billard. Vrai aussi que les journalistes aiment l’émotion, pas seulement parce que c’est vendeur, mais aussi parce que c’est à cela qu’ils carburent. L’information est une drogue dure, plus elle est exceptionnelle plus le shoot est puissant. Et cette émotion, cette adrénaline, forcément ils la diffusent au public… jusqu’à l’écoeurement.

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