La Plume d'Aliocha

02/05/2012

Les risques du métier…

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 17:44
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J’apprends en lisant @si que des journalistes se sont fait bousculer hier Place du Trocadéro par des militants de l’UMP. En particulier des confrères de Mediapart. Rassurez-vous, on ne compte que des blessures à la politesse, quelques badges foulés aux pieds et beaucoup de cris d’orfraie qui sont autant de pièces à charge dans le dossier Peuple éclairé de gauche c/ Tyran corrompu Nicolas Sarkozy. Selon les observateurs inspirés  qui commentent l’affaire, parmi lesquels Eric Mettout de l’Express, le mouvement d’humeur des militants serait la conséquence directe du discours anti-journalistes de l’UMP ces derniers jours. Car voyez-vous, non seulement il est normal de se faire traiter de pétainiste par l’Humanité et de tout le reste par Mediapart, Marianne et l’Obs, mais en plus, il est fort malvenu de s’en plaindre. Puisqu’on vous dit que c’est le jeu normal de la démocratie de déverser des tonnes d’ordures sur un Président de la République candidat à sa réélection…Je ne suis pas encartée à l’UMP, je ne vote plus depuis 20 ans, et je crois par ailleurs avoir démontré suffisamment ici le regard critique que je portais sur Nicolas Sarkozy. Néanmoins, voilà plusieurs semaines que je n’ouvre plus un journal, que je ne lis plus mes sites d’information favoris, et que je baisse les yeux quand je passe devant un kiosque. L’incroyable violence que déchaine cette campagne n’a d’égale que la vanité du discours et la vulgarité des propos. Le tout m’inspire un sentiment général de dégout proche de la nausée face à ce qu’il faut bien appeler de l’obscénité. De fait, rien ne justifie que dans notre pays des journalistes se fassent bousculer dans une manifestation, mais tout aussi injustifiable est à mes yeux le délire total dans lequel a sombré une partie de la presse. Chers confrères, vous avez sali cette campagne au-delà de toute mesure, insulté jour après jour un candidat, ses militants et ses électeurs. Ne sombrez pas maintenant dans le ridicule en venant pleurer parce que ceux-là même que vous n’avez cessé d’injurier vous bousculent. Un peu de décence.

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76 commentaires »

  1. Chère Aliocha, cette campagne n’est que l’indigne continuation de la présidence qui l’a précédée. Repensons au « casse-toi, pauvre con », aux chercheurs scientifiques assimilés à des médiocres qui sont là « parce c’est chauffé et qu’il y a de la lumière ». Ceux qui vivent par l’épée périront par l’épée, et ceux qui vivent par l’injure et l’invective périront sous les injures et les invectives…

    Commentaire par DM — 02/05/2012 @ 18:09

  2. @DM : en tant que juriste, je me souviens que « oeil pour oeil, dent pour dent » fut à une certaine époque un énorme progrès de civilisation. Mais justement, c’était il y a très longtemps. Nous avons encore progressé depuis. Je ne vois pas en quoi l’éducation discutable de notre président justifie les Une insultantes. Faut-il rappeler que le journalisme consiste à rapporter des faits, pas à lancer des invectives ? S’agissant en particulier de Mediapart, je ne connais pas tous les dossiers, mais au moins celui du rogue trader de la caisse d’épargne et l’affaire Tapie. Dans les deux cas, je trouve les informations qu’on nous délivre partielles et partiales. Ce qui augure mal du reste…On ne peut pas remplacer les éléments manquants d’une enquête par des convictions idéologiques.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/05/2012 @ 18:18

  3. Et bien ! Pour une fois, pas d’accord du tout avec le fond du propos : rien ne justifie qu’on rudoie un ou des journalistes dans le cadre d’une manifestation politique ou syndicale (et je vous ferait remarquer qu’au meeting de l’UMP, une consoeur du Figaro s’est elle aussi faite malmener, comme bien d’autres journalistes : on n’est pas dans l’exemple isolé). Rien. Ca s’arrête là : si ça m’étais arrivé, j’aurais probablement très mal réagi, quelle que soit la couleur politique du meeting. Quelles que soient les circonstances (pour le Petit Journal, la question est de savoir si ils sont journalistes à part entière, ce qui n’est pas le cas de la profession en général).

    Après, sur la forme, comme beaucoup ici, j’attends dimanche, que ça se finisse. Mais commencer à justifier l’un par l’autre me semble être une pente que d’habitude, vous refusez (à raison) de prendre. Je suis un peu mal à l’aise, j’ai l’impression de faire mon Jean-Michel Apathie. Tant pis. Parce que si les militants mécontents, je gère (et on en voit tous les jours, comme en voient les politiques qui font les marchés), les militants violents, non. Si ça continue on va voir des bastons entre journalistes et militants aux meetings nationaux (localement c’est plus calme, enfin dans mon coin)…

    Commentaire par Moktarama (@Moktarama) — 02/05/2012 @ 18:19

  4. @Aliocha :

    Pour ce qui est de Mediapart, on se doute de l’appétit de Plenel pour constituer un pouvoir à lui tout seul depuis les années 90, et avec certitude depuis la parution de La face cachée du Monde. Rien de nouveau à l’horizon, et la gauche au pouvoir regrettera assez vite le soutien sans réserve qu’elle lui a accordé AMHA. Ce qui n’excuse en rien le comportement des militants au meeting. Un journaliste de Minute se serait fait agresser à un meeting PS ou FdG, ça aurait été la même réponse : inadmissible.

    Il me semble qu’on est dans un des très rares cas où la profession peut parler d’une seule voix : non, on n’agresse pas un journaliste, même si ce qu’il écrit ne vous plaît pas.

    Commentaire par Moktarama (@Moktarama) — 02/05/2012 @ 18:22

  5. @aliocha: Vous avez raison sur le fait que certains journaux, ouvertement partisans, ne brillent pas par leur subtilité. Globalement cette campagne m’insupporte, entre la vulgarité de certains (au sens de : « Plantiez, vous êtes un con ») et le refus de parler de façon réaliste des grands problèmes que l’on ne sait pas résoudre.

    Mais, voyez-vous, je pars du principe que le chef doit être exemplaire (c’est une chose que j’ai entendue chez les militaires et qui me semble assez pertinente hors de leur contexte) : quand on est chef de l’État, on devrait avoir la plus grande dignité, la plus grande retenue, et surtout s’abstenir de se moquer de ceux qui ne peuvent répliquer (rappelons qu’on poursuit ceux qui osent faire le même genre de réflexions en sens inverse).

    Nous avons d’un côté une violence de papier, de courte durée, de l’autre une violence sur plusieurs années, prenant appui sur la force publique…

    Observons ces meetings et leur couverture médiatique. En quoi le fait de rassembler n dizaines de milliers de militants est-il un quelconque signe que l’on a des solutions ?

    Commentaire par DM — 02/05/2012 @ 18:26

  6. @Moktarama : je n’est pas dit que c’était justifié, j’ai dit qu’il fallait assumer ses appels à l’insurrection. Quand on trempe sa plume dans le vitriol, on n’exige pas ensuite d’être traité comme un bisounours. Question de cohérence.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/05/2012 @ 18:27

  7. C’est pas bien, de ne pas voter…

    Blague à part, sur le fond, vous avez raison, trop c’est trop.
    Le fait est que la situation, économique, financière, monétaire, politique est des plus sombres, qu’on ne voit pas comment échapper au terrible orage qui se prépare, et que, faute de mieux, tout « naturellement », comme toujours, on s’en prend à ceux qui sont en vue. Cela ne sert à rien mais ça défoule… Attention à la gueule de bois : le lendemain d’élection sera dur, car rien ne sera résolu, car il n’y aura pas plus de solutions simples qu’avant…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 02/05/2012 @ 18:36

  8. [...] } #themeHeader #titleAndDescription * { color: black; } laplumedaliocha.wordpress.com – Today, 11:46 [...]

    Ping par Les risques du métier… | Journalisme et presse | Scoop.it — 02/05/2012 @ 18:46

  9. @Aliocha :
    Je pense que le jour où un journaliste de Minute ou du Figaro connaîtra de tels « remous » dans des meetings de gauche, on sera bien avancés, chacun estimant que la violence de l’autre est un prétexte valable. Sauf qu’un journaliste peut être violent sur le papier (et le Figaro n’a pas étouffé d’amour les socialistes ces dernières années), pour autant il ne vient pas mettre des pains aux candidats.

    Je vais vous dire : qu’un journaliste se fasse agresser pour un fait divers qui mette en danger/expose une victime ou un gardé à vue, je peux comprendre (même qu’un non encarté dise « vous êtes tous des connards » juste pour le fun, comme ça arrive régulièrement en PQR). Qu’un journaliste, quoi qu’il fasse tant que c’est son boulot (et, non, un journaliste n’est pas objectif, pas plus à Libé qu’au Figaro ou à Mediapart), se fasse agresser à un meeting politique, c’est juste inacceptable, parce que les militants et responsables politiques NE SONT PAS des personnes lambda, et doivent être au courant du fait que la liberté de la presse est importante dans nos sociétés.

    Bref : je n’ai aucun amour pour Mediapart et la stratégie de Plenel, mais il me semble que la menace physique est une ligne à ne pas franchir, d’autant plus si elle est franchie par des militants/responsables de partis politiques.

    Commentaire par Moktarama (@Moktarama) — 02/05/2012 @ 18:46

  10. @Moktarama : ne raisonnons pas en gauche/droite, je crois que ce n’est pas le sujet. Au passage, je vous ferais observer que les journalistes toutes tendances confondues se font chahuter fréquemment dans les manifs, donc les cris d’orfraie en l’espèce participent soit d’un aveugement idéologique, soit – et c’est plus probable – d’un militantisme décomplexé. Nous avons dépassé depuis longtemps dans cette campagne l’affrontement gauche/droite. Une partie de la presse s’est mise en tête de sauver la démocratie des griffes d’un monstre. Fort bien, mais quand on en arrive là, c’est-à-dire à vouloir jeter Pétain hors de l’Elysée, on n’est plus dans le débat démocratique mais dans une forme d’insurrection. Pourquoi pas, mais qu’on assume. Le journaliste est protégé en tant que témoin neutre d’un événement, Médiapart à mon sens n’entre plus dans la définition du témoin neutre.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/05/2012 @ 19:01

  11. Oui, chère hôtesse, comme dit DMB « trop c’est trop » et je pense comme vous.
    Mais j’irai plus loin: où nous conduira ce sentiment colporté honteusement d’une illégitimité de l’élection 2007 de NS si ce dernier était réélu dimanche? Et si c’est FH, à quels efforts seront prêts ses électeurs pour qui l’anti-sarkozysme a tenu le rôle de programme? car on va traverser une sacré dépression…

    Commentaire par araok — 02/05/2012 @ 19:04

  12. @Aliocha :

    On en a déjà parlé, je ne crois pas à la possibilité du « témoin neutre » (ce qui ne veut pas dire que je prétends que Mediapart n’est pas complètement partisan, hein). Donc ça va tourner au dialogue de sourds, comme ça l’a déjà été par le passé.

    Mais pour le moment, en local, jamais je n’ai vu (j’ai moins d’expérience que vous, certes) un journaliste se faire agresser comme ceux qui étaient au meeting de la Concorde, que ce soit en meeting ou en manif’. Si j’avais été témoin de ça, j’aurais essayé d’en faire un papier.

    Par ailleurs, vous parlez de l’Humanité, je vous répondrai que Minute ne se fait pas en général remarquer pour ses unes fines et historiquement justes. Pourtant, ceux qui travaillent dans ces deux journaux sont bien des journalistes (même si personne n’oserait les qualifier de neutres). Et, en tant que tels, n’ont pas à se faire agresser, en particulier à des manifestations syndicales ou politiques. Et c’est très bien qu’ils soient protégés même s’ils ne sont pas neutres, parce qu’ils cherchent à informer, quels que soient les biais de l’info qu’ils produisent. Donc : même traitement pour Mediapart.

    Je récuse totalement l’idée que le journaliste est protégé « sauf si ». La seule ligne pour moi est sur la qualité de journaliste : si je ne suis pas persuadé que les grands éditorialistes ou les gars du Petit Journal le soient, il me semble que la presse nationale et locale doit bénéficier de de ce statut, quel que soit son niveau de « partisanerie » / « non-neutralité ».

    Commentaire par Moktarama (@Moktarama) — 02/05/2012 @ 19:13

  13. Donc, si l’on vous suit, quand un président, conseillé par des voix venant de l’extrême droite se permettra d’utiliser des expressions discriminatoires, insultantes ou divisant les Français, comme de plus sinistres personnages l’ont fait dans l’histoire, il sera interdit de faire les rapprochements sous peine de devoir accepter de se faire bousculer physiquement par les partisans du dit président et sans s’en plaindre, non mais.

    Le malaise vient de ce que l’on ne peut attaquer le président dans l’exercice de ses fonctions sur ses actes, il est « irresponsable » alors que lui dispose, comme le rappelle très bien DM, du bras armé de la police pour entamer toutes les poursuites judiciaires qu’il souhaite, ce que d’ailleurs il fait (et c’est une notable exception, les présidents précédents avaient bien senti le caractère exorbitant de ce pouvoir). Du reste, j’ai parcouru vite fait quelques pages de google, Mediapart a été condamné 1 fois pour diffamation. Alors, tant que ces journaux rapportent des faits réels, même partiels, (comment un journal pourrait-il tout savoir ?) et n’enfreignent pas la loi, il n’y a aucune raison de dédouaner les attaques physiques qui sont faites à leur journalistes qui, ne vous en déplaise, ne l’ont pas bien cherché. Quoique vous en pensiez, des gens payent pour lire Médiapart, ils doivent donc y trouver autre chose que des Une insultantes, peut-être même un peu d’info.

    Votre billet est assez surprenant. Sur ce coup, on ne pourra pas vous accuser de corporatisme.

    Commentaire par kuk — 02/05/2012 @ 19:32

  14. Il faut tout de même remettre les faits à l’échelle. Appeller agression ce qui n’est juste qu’insultes et menaces est excessif. Est-ce normal? Non et personne ici ne dit le contraire. Est-ce surprenant? Non plus. Les journalistes « mal encartés » ont toujours été la cible des militants. Ce n’est pas une question de couleur politique.
    L’argument de l’exemplarité est à manier avec précaution: aucun responsable politique majeur de l’UMP n’approuve ni ne revendique cet incident. Les foules, elles, qu’elles soient composées de militants UMP, des paysans en colère ou d’étudiants contestataires (liste non exhaustives) agissent davantage comme des hooligans que comme un club de vieux philosophes.
    De vraies agressions lors de manifestations, ça existe (Laura Logan en Egypte…) et ça n’a rien à voir. Si vraiment il faut se mobiliser pour un journaliste en danger suite à son travail, l’actualité nous fournit le cas de Roméo Langlois.

    Commentaire par kaeldric — 02/05/2012 @ 19:52

  15. Je comprends l’agacement et la saturation qui transpirent de ce billet.

    Je ne regarderai pas le débat de ce soir : j’en ai ma claque, j’en ai soupé.

    Je ne sais plus qui de Guaino ou de Guéant avait dit récemment que Nicolas Sarkozy fonctionnait à l’affectif, et que la contrepartie (qu’on accepte ou pas, c’est selon) de ce mode de fonctionnement était un comportement colérique.
    On a là, selon moi, l’illustration de la relation « je t’aime moi non plus » que la presse a noué avec lui depuis que ce dernier a lancé son « opération séduction » auprès des médias et de la presse… trop contents de voir débouler un aussi bon « client » ! Et puis la relation sentimentale est devenue ce que deviennent bien des relations sentimentales : de plus en plus houleuse, au gré des cahots divers et variés que l’ex chouchou du landerneau médiatique a rencontrés au fil de son parcours. On arrive maintenant en phase terminale.
    Tiens, ça me rappelle la chanson de Jill Caplan, qui disait :

    On partage plus de secrets
    On ne partage plus nos joies
    On s’dit plus trop grand chose quand on s’voit
    On s’y brûle plus les doigts
    Et devant tout c’qui nous sépare
    Sans plus rien qui répare
    Au nom de tout c’qui nous sépare
    Sans l’ombre d’un espoir.

    Je vois ça comme ça : « si vous ne m’aimez plus comme j’estime le valoir, après tout le papier que je vous ai fait vendre, alors je vais vous renter dans le lard, vous crever la paillasse ! »

    Je caricature, mais j’ai vraiment le sentiment d’assister à une rupture amoureuse qui traîne en longueur, où les protagonistes n’en finissent plus de se jeter des noms d’oiseaux à la figure, avant de passer à la vaisselle de Grand-tante. On ne se comprend plus, et on ne se parle plus que pour se cracher un peu plus de venin à la figure.

    Là où je ne vous suis plus du tout, c’est dans votre affiche dessinée à la serpe : « Peuple éclairé de gauche c/ Tyran corrompu Nicolas Sarkozy ». Désolé, mais non : je suis convaincu qu’une grande partie du « peuple éclairé » ne se situe pas ou plus exclusivement à Gauche. J’aurais plutôt tendance à me sentir assez proche de ce que ressent Philippe Bilger au regard du feuilleton Libyen, par exemple.

    Pour finir, je vous dirai qu’à titre personnel, je ne ressens plus aucune sympathie pour celui qui, depuis une semaine et demie, tapine sur les trottoirs du 78 rue des Suisses à Nanterre, dans l’espoir d’attraper le micheton Frontiste. Maquillé comme une voiture volée.

    J’en ai ma claque, j’en ai soupé, et là, j’ai les dents du fond qui baignent.

    Commentaire par Zarga — 02/05/2012 @ 19:59

  16. @kaeldric :
    Je parle d’agression, mais je suis d’accord avec vous, un mot moins fort conviendrait mieux.

    Pour ce qui est des responsables de l’UMP : aucun n’a non plus condamné ces actes (peut-être Sarkozy le fera-t-il ce soir).

    Après, si il faut attendre qu’une journaliste se fasse violer en pleine manif’ pour avoir le droit de protester publiquement, il y a effectivement de la marge en France.

    Qua

    Commentaire par Moktarama (@Moktarama) — 02/05/2012 @ 20:02

  17. Suite : quant à Roméo Langlois, on ne peut malheureusement pas grand chose pour lui de France. Par contre, notre influence est bien réelle sur ce qui se passe dans notre pays, j’ai peut-être le tort de croire qu’il faut d’abord agir sur ce qu’on peut changer. Et pour moi, les attitudes menaçantes envers les journalistes, c’est niet, que ça vienne de la gauche, de la droite ou des syndicats (la situation étant différente avec les individus, en PQR notamment, les non-encartés/non-affiliés peuvent effectivement vous insulter, mais ça ça fait partie du boulot.).

    Commentaire par Moktarama (@Moktarama) — 02/05/2012 @ 20:06

  18. Je suis bien d’accords avec vous qu’attaquer quelqu’un physiquement n’est pas acceptable. (journaliste ou non, je ne vois pas la difference sur ce point) Cela dit, en lisant @si, il semble s’agir d’une seule personne a ete victime d’une attaque physique: une journaliste s’etant fait tire les cheuveux. Une personne c’est une de trop, mais ca semble isole.

    Sinon, je ne vois pas le probleme avec une hostilite verbale, meme intense et repetee. Je ne vois aucun probleme a admettre que les journalistes ne sont point des observateurs neutres, mais des etres humains qui ont des opinions. Je ne vois pas de probleme non-plus a ce que ces opinions ressortent dans leurs articles. (tant qu’il y a assez de presse pour plusieurs opinions soient exprimees) Mais ce n’est pas ce qui se passe ici. En regardant les couvertures misent en lien, on ne voit pas une information presente sous un angle ou un autre. On vois des insultes gratuites. Ils ne doivent pas s’etonner qu’ils ne soient pas ensuite les bienvenus et qu’on leur gueule dessus. Quand on insulte quelqu’un, il ne faut pas s’attendre a des roses.

    Et juste en preemption, ca n’a rien a voir avec la liberte de presse. La liberte de presse ne donne pas droit a se faire aimer par ceux qu’on insulte.

    Commentaire par PrometheeFeu — 02/05/2012 @ 20:08

  19. Je vous lis parfois, ne commente jamais… Bravo pour cet article. Anne Sinclair ne disait pas autre chose dans une récente émission grand public. Les journalistes devraient concourir à élever le débat, faire parler l’interlocuteur pour qu’il esprime ses idées. Je vous rejoins complètement, et si votre propos était illustré par un exemple politique, ce n’est qu’un exemple et on peut le généraliser… Merci d’avoir exprimé si clairement un malaise persistant qui s’installe!

    Commentaire par La Limace — 02/05/2012 @ 20:12

  20. @Prometheefeu :

    « je ne vois pas le probleme avec une hostilite verbale, meme intense et repetee »

    Ben je vais vous dire : moi, je vois assez bien. Prendre des photos, ou des notes, ou faire des interviews, devient très difficile si on est entouré de gens qui vous invectivent pour la simple raison que vous êtes de la presse (et là, je ne parle même pas de Mediapart, mais d’autres dont le Figaro et des hebdos nationaux par exemple). Quand ces gens sont des militants politiques/syndicaux, il n’est pas anormal que ce soit le parti/syndicat concerné qui soit jugé responsable.

    Bref, le but n’est pas de faire le caliméro, juste de pointer que le journaliste doit avoir cet avantage sur le politique/syndical (lui seul peut se permettre l’incorrection, qui est partie intégrante de son métier d’ailleurs, notamment face aux politiques). Après, cela devrait lui donner certains devoirs, c’est là où je rejoins Aliocha et son soutien d’un vrai ordre professionnel (qui puisse sanctionner donc) accompagné d’une charte déontologique.

    Commentaire par Moktarama (@Moktarama) — 02/05/2012 @ 20:26

  21. @Moktarama:

    Je me suis peut etres mal exprime. Cela cause bien sur un probleme pour le journaliste et pour la collecte d’information. Mais je pense que ce probleme doit etres resolu en cessant de faire des couvertures dans le genre celles en lien, plutot qu’en demandant aux militants et organisations d’etres moins hostiles.

    Commentaire par PrometheeFeu — 02/05/2012 @ 20:31

  22. @Moktarama:
    Personne de l’UMP n’a condamné publiquement cet acte. Mais il n’y a rien à en conclure. La condamnation publique n’est pas un dû. Son absence n’est pas non plus une approbation. Le personnel politique tient suffisamment de propos susceptible d’analyses pour que l’on puisse éviter d’interpréter le non-dit.
    Au demeurant, personne ne vous dénie non plus le droit de défendre cette journaliste. Un désaccord n’est heureusement pas une interdiction :-)
    Les attitudes menaçantes sont un problème. Mais qui quoique l’on fasse perdurera. La forme peut changer, mais pas le fonds. Tant qu’un journaliste, par ce qu’il porte à la connaissance du public gêne des intérets, il est tentant de le faire taire. En faisant pression sur son journal, en le menaçant, mais aussi en le séduisant… A priori, journaliste, ce n’est pas une profession que l’on choisit pour gagner le prix de camaraderie.

    Commentaire par kaeldric — 02/05/2012 @ 20:31

  23. @Prometheefeu :

    Le problème, avec votre proposition pour résoudre le problème (que je peux comprendre, hein), c’est que beaucoup d’hommes politiques locaux se considèrent insultés par la presse du coin, souvent pour pas grand chose (et franchement, la presse locale n’est pas d’une exigence terrible avec eux). Ce que vous demandez, c’est l’auto-censure des journalistes au delà des limites actuellement fixées par la loi. Je préfèrerais une loi durçie pour tous plutôt qu’une exigence qui mette le journaliste dans une position lui compliquant l’exercice de son métier. Désolé de toujours ramener au local, c’est le métier que je connais.

    @kaeldric :

    Certes, il ne faut pas interpréter le non-dit, je vous l’accorde.

    D’accord aussi pour le prix de camaraderie. De là à trouver normal, en France, en 2012, qu’on doive se dissimuler pour exercer son métier lors d’une manifestation publique organisée par un parti politique, car nos écrits sont jugés insultants, il y a un pas que je ne franchirai pas (et on retrouvait ces situations au FN et uniquement au FN au niveau national si j’en crois ceux qui y bossent, en local c’est effectivement parfois plus compliqué).

    Une remarque annexe : on constatera, s’il en était besoin, que le corporatisme n’étouffe pas la profession ;-)

    Commentaire par Moktarama (@Moktarama) — 02/05/2012 @ 21:16

  24. @Aliocha

    allez susucre!!!

    Mais franchement, que penser du respect du à une personne qui ne fait guère d’effort par son attitude pour le susciter?
    des tas de présidents ont été décriés avant NS. Mais en être au point de devoir faire des stages de « président » en fin de mandat, vous avouerez que c’est une première sans doute mondiale.

    si même lui n’est pas convaincu, on ne va pas l’être à sa place

    je fais partie de ceux qui ne respecte pas NS, il n’a respecté ni son pays ni sa fonction il n’est pas à la hauteur et je ne parle pas de celle de ses talonnettes

    J’espère que dimanche nous auront un président et ça me fait ch*** de devoir voter à gauche depuis déjà deux présidences

    Commentaire par Fredo — 02/05/2012 @ 21:16

  25. @Kaeldric : je vais finir par vous donner les clefs du blog et prendre des vacances bien méritées ;-)

    @Moktarama : ce que j’essaie de vous expliquer, c’est qu’on est sorti du journalisme pour entrer dans le militantisme, donc toutes les règles changent. Cela ne justifie pas de se faire rudoyer dans une manif de l’UMP, mais cela interdit de pleurer parce qu’on se fait chahuter. On est très loin du cas du journaliste témoin indépendant de l’événement qu’il observe. Mediapart travaille ouvertement à abattre Sarkozy, c’est son droit quoique ce soit à mes yeux du très mauvais journalisme, mais alors que ses journalistes assument. Ce qui est plus fâcheux, c’est que d’autres confrères se soit également fait chahuter parce que les méthodes de Mediapart rejaillissent sur l’ensemble de la profession.

    @Fredo : personne ne vous oblige à le respecter, en revanche, quand on est journaliste, on a des responsabilités. En principe. Dont celle de conserver une certaine mesure dans le discours.

    @Zarga : il y a de cela en effet, chez la majorité des journalistes, mais pour une minorité, ce n’est pas un chagrin d’amour mais un tremplin pour faire triompher la gauche. Pourquoi pas, mais je suis lasse de cette hystérie qui s’auto-alimente toute seule jusqu’à perdre toute notion des réalités et toute dignité.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/05/2012 @ 21:32

  26. @Moktarama:
    Ce n’est pas moi qui vous ferait grief de corporatisme! Je reprocherait plutôt à la profession un individualisme tellement poussé que parfois il l’affaiblit.
    Quand à votre point, est-il normal de devoir se cacher/cacher sa profession, c’est un débat aussi vieux que ce métier. En l’espèce ici, non une agression n’est jamais normale, quand bien même serait-elle précédée de provocations.
    Simplement, il faut aussi garder la mesure. Une journaliste se fait tirer les cheveux, non, ce n’est pas synonyme de liberté de la presse en danger. Toute choses égales par ailleurs, ça me fait penser à la presse people qui hurle au droit à l’information quand elle poursuivie pour avoir rendu public l’infortune conjugale d’un animateur télé.
    Laissons les grands principes où ils doivent être. Ici, c’est un incident mineur de bêtise ordinaire.

    Commentaire par Kaeldric — 02/05/2012 @ 21:34

  27. @Moktarama:

    Pour le coup, je ne suis pas du tout d’accords avec vous. D’abords, je ne pense pas que le mot « autocensure » soit le plus apte. Imaginez un journaliste qui apprend que le maire d’un village a recemment office au mariage d’un entrepreuneur qui a par la suite obtenu un gros contrat avec la commune. Le journaliste pourrait ecrire un article qui insinu que la mariage prouve la connivance entre les deux et que le contrat est l’issu de copinage. Mais j’imagine que sans autre indication d’une telle connivence, la plus part des journalistes s’abstiendraient de glisser un tel message dans leur article. Est-ce vraiment de l’auto-censure, ou de l’ethique professionelle? Pour moi, quand un journal d’information refuse de publier des insultes gratuites, ce n’est pas ce que j’appel de l’autocensure. C’est ce que j’appel ecrire un bon journal.

    Ensuite, je prefere largement qu’on ne fasse pas appel a la loi. D’abords, par principe, je n’apprecie pas du tout les atteintes a la liberte d’expression. A mon humble avis, les elus locaux dont vous parlez useraient rapidement d’une telle loi pour faire taire le veritable travail de journalisme. Ensuite, ce qui n’est pas dans votre commentaire, c’est la reaction des militants quand l’elu local se sent insulte. J’en deduit qu’ils ne sont pas aussi aggressifs que les UMPs ici. Est-ce que la difference ne serait pas que dans un cas l’elu local n’apprecie pas une critique legitime et mesuree alors que dans l’autre, Liberation traite Nicolas Sarkozy et par extension ses supporters de petainiste?

    Commentaire par PrometheeFeu — 02/05/2012 @ 22:35

  28. @Kaeldric :

    « toutes choses égales par ailleurs », votre analogie se tient. Pour peu que cette situation ne se répète pas dans les prochains meetings de l’UMP. Si ça devenait régulier, il me semble que cela deviendrait très problématique : il est possible que le milieu surréagisse pas mal à cause de ça.

    @PrometheeFeu :

    « C’est ce que j’appel ecrire un bon journal. » Mais ce que vous décrivez n’est pas de l’autocensure, juste le respect de la loi : votre exemple tomberait tout à fait sous le coup de la diffamation, et beaucoup d’élus n’hésiteraient pas à porter plainte (à raison).

    Si Libération veut traiter Sarkozy de pétainiste, grand bien leur fasse. Même si ce n’est pas ce que je considère comme mon boulot, avoir une presse d’opinion, avec les mêmes droits (en attendant d’éventuels devoirs cf. Ordre pro) que les autres journalistes me semble important ! Il me semble que les lois actuelles encadrent déjà fort bien la liberté d’expression. J’admets volontiers, cependant, que le sujet est complexe. Et qu’on a décidément besoin d’un ordre, parce que visiblement rien n’est clair, pour les journalistes comme pour les lecteurs.

    @Aliocha :

    Je comprends ce que vous écrivez, c’est juste que je ne suis pas d’accord. Les journalistes ouvertement militants doivent avoir les mêmes droits que les autres : sans l’être moi-même, je pense que leur boulot est important (un avis qui a évolué d’ailleurs) parce qu’ils n’ont pas à s’encombrer des contraintes de la com’ moderne (face à laquelle, vous le dites fort bien, nous sommes quasiment impuissants).

    Je pense aussi qu’ils doivent avoir les mêmes devoirs, en cas d’Ordre pro réel : mais ça, tant qu’on fera l’autruche, ça ne se créera pas, donc la question me semble non avenue pour le moment. Ils n’ont que les mêmes droits, vu que personne n’a de devoirs hormis la loi.

    Dans ce cas, la logique voudrait qu’on accepte effectivement le blâme mélangé, qui vise l’un et touche tout le monde. Il me semble qu’on l’accepte plutôt pas mal au quotidien, parce qu’on peut expliquer les choses notamment. Par contre, face à un parti politique, et une foule de militants, ça me semble juste inacceptable. Nos partis politiques ne sont pas n’importe quel corps social : ils sont au coeur de la République, donc pas comme « les autres ». Au niveau local, un tel truc arriverait par chez moi, ce serait le scandale du mois… (désolé avec mes grands principes, hein, ça sort tout seul)

    Commentaire par Moktarama (@Moktarama) — 02/05/2012 @ 22:59

  29. @laplume

    ouais… ca me laisse un peu froid sur cette tirade des journalistes qui font plus leur boulots. J’ai l’impression que pour vous le journaliste c’est un peu le prof de fac qui plane au dessus de la mêlée et qui fait de la soupe consensuelle, forte en savoir mais d’un consensuel qui fait pitié. Sans trop rien bousculer, sans un mot plus haut que l’autre.

    C’est une vision du métier, peut être empreinte de votre spécialité : droit et finance ou il n’y a que des théories qui s’affrontent sans une vérité révélée. Je me souviens également de vos mots assez durs sur denis robert (alors qu’il a gagné tous ses procès en appel ou cassation) parce que ce n’était pas assez …. journalistique.

    Vous avez en même temps cette haine de la communication qui dévoie le journalisme. Or, j’ai un peu l’impression que vous imaginez un monde de bisounours ou les journalistes seraient les nouveau professeur de la vie. Làs

    Le monde a changé, je ne sais pas quelles sont les responsabilité de celui dont il ne faut pas dire le nom, mais c’est durant sa carrière politique (depuis ministre des finances) qu’il s’est passé pas mal de truc louche. D’ailleurs je ne vous entend pas vous plaindre de l’absence de journalistes qui travaillent sur karachi, les milliards libyens, bétancourt etc…. Effectivement dans votre monde de bisounours ce n’est pas aux journalistes de faire ce travail mais à la justice… qui est malheureusement tenue en laisse par le pouvoir et le serpent se mord l’appendice caudale. D’ailleurs c’en est ou bétancourt ? ca a été plus vite de crucifier kerviel, je vous le dis.

    En fait le pouvoir politique façonne la société par ses discours, ses politiques, ses lois. Depuis 30 ans la société est un monde de plus en plus dur avec un pouvoir politique qui s’émancipe de la loi prévue pour tous (même pour lui), il est __obligatoire__ que cela tourne en invective. Lorsque l’on parle de vrai travail avec 5 millions de chômeurs on est soit con,soit cynique,soit les deux mais de toute façon un sombre crétin). Lorsqu’il a dit ca, il doit y avoir 1 millions de personne, au moins, en train de crever la dalle qui a une forte envie de lui entarter une tarte au doigts dans la face.

    Si l’on écoute ce qui se passe dans la sphère économique qui ne fait que bruisser de fermetures d’usine et de plans de licenciement à grande échelle reportés à après l’élection, je peux vous assurer que les lendemains vont être violents : personne ne se laissera crever la bouche ouverte.

    Alors oui, comparer un facho à un autre facho, c’est insultant, mais j’ai un peu de mal à voir l’abbé pierre là. probablement soucis de lunettes.

    Commentaire par herve_02 — 02/05/2012 @ 23:00

  30. @Herve_02 : je ne me souviens pas d’avoir eu des mots durs pour Denis Robert, j’ai simplement dit que je ne le suivais pas dans ses raisonnements, c’est différent. Il a gagné et c’est tant mieux à la fois pour lui et pour le métier puisque de mémoire on a reconnu le sérieux de son travail. En clair on n’est pas forcé d’avoir raison, mais on nous demande de travailler sérieusement et de ne pas lancer d’accusations non étayées. Justement, je ne vois depuis des semaines que des noms d’oiseaux, des accusations non étayées, des insultes et au fond, une haine de Sarkozy qui tient lieu d’enquête, d’argumentation, d’éléments factuels et de démonstration. Ce n’est pas le journalisme que j’aime, d’ailleurs je me demande même si c’est du journalisme….

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/05/2012 @ 00:11

  31. @ Aliocha, je ne comprends pas bien, où est le problème… et comme Moktaram, je ne ne vous suis pas sur le fond du propos…

    C’est quoi qui vous gêne ? Que des journalistes puissent porter des jugements ? À ce que je sache, il n’est écrit nulle part que parce qu’il émettrait des opinions personnelles un journaliste devrait rendre sa carte de presse. Réduire le journaliste à n’être qu’un rapporteur factuel d’informations et un « distributeur objectif » des idées des autres, c’est oublier que la neutralité est un voeu pieux… même, ne pas prendre parti, c’est déjà prendre parti… et a priori les lecteurs savent bien ce qu’ils font quand ils lisent tel ou tel journal d’opinion… même d’accepter que cela renforce leurs croyances par l’ingurgitation d’informations insuffisamment recoupées et étayées…

    Vous avez fait, il n’y a pas longtemps, un article qui tendait à démontrer la complaisance de certains journalistes vis-à-vis de Mélenchon, qui dénonçait lui-même Lenglet (en oubliant au passage que les journalistes ont été maltraités par « Chochon » tout au long de sa campagne ; que c’était même sa stratégie de « communication », pour qu’on parle de lui)… Cela vous a insupporté, et comparativement, c’est bizarre que vous trouviez presque normal que l’UMP puisse faire de même, avec violence, avec d’autres journalistes…

    Un problème de neutralité et d’objectivité peut-être ?

    Cela dit, je reste personnellement éloigner de ce genre de journalistes et je comprends qu’ils vous énervent… cependant, il ne faut pas « justifier » la violence par le fait « que ces journalistes l’auraient cherchée ; ça, c’est du grand n’importe quoi… je vous le dis bien cordialement.

    Commentaire par Incognitototo — 03/05/2012 @ 01:04

  32. @Aliocha:

    « On est très loin du cas du journaliste témoin indépendant de l’événement qu’il observe. Mediapart travaille ouvertement à abattre Sarkozy, c’est son droit quoique ce soit à mes yeux du très mauvais journalisme, mais alors que ses journalistes assument. Ce qui est plus fâcheux, c’est que d’autres confrères se soit également fait chahuter parce que les méthodes de Mediapart rejaillissent sur l’ensemble de la profession. »

    Mediapart n’est pas tendre avec Sarkozy, c’est clair, mais ça ne me semble pas particulièrement incompatible avec la profession de journaliste d’exprimer une opinion, à condition de ne pas le faire de manière trop biaisée. Ce qui est reproché au Figaro, par exemple, ce n’est pas seulement de faire ouvertement la campagne du président sortant, mais surtout leurs accès de mauvaise foi et leurs biais systématiques. En comparaison, il me semble que Mediapart n’a pas été tendre non plus avec le Parti Socialiste par exemple (enquêtes sur les affaires du PS, Guérini et affaire du Nord-pas-de-Calais notamment, et mise en lumière de contradictions de plusieurs personnalités de ce parti, dont Hollande).

    Aussi, la campagne de Nicolas Sarkozy, en particulier depuis le 22 avril au soir, se rapproche dangereusement de l’extrême-droite, de plus en plus crade et vomitive. Notamment sa sortie scandaleuse sur le « vrai travail » (puis déni d’avoir tenu ce genre de propos, jusqu’à être confronté aux preuves en direct), et son meeting sur les thèmes du travail, de la famille et… allez je vous laisse deviner le dernier: http://www.365mots.com/2012/04/sarkozy-vire-t-il-petainiste/
    Sans parler de sa reprise de la proposition de Le Pen de la présomption de légitime défense, que Guéant lui-même (qu’on taxera difficilement de gauchisme) avait assimilé à un « permis de tirer aux policiers » en janvier dernier…

    Si vous ne suivez pas cette campagne depuis plusieurs semaines, vous avez peut-être raté tout ça, mais il semble au minimum qu’il y des raisons de critiquer la dérive ultra-droitière du candidat sortant, et sa campagne indigne et d’une extrême virulence. Mediapart (comme d’autres journaux) ne l’ont peut-être pas toujours critiqué avec les égards qu’un président pourrait attendre ? Certes, mais est-ce que ça rendrait leur travail plus mauvais, ou leurs révélations moins pertinentes pour autant ?

    Commentaire par Jor — 03/05/2012 @ 02:03

  33. @Incognitototo : c’est curieux comme il devient difficile de développer une pensée un tant soit peu nuancée. Notez, vu le niveau de la campagne, ce n’est pas étonnant. Je ne justifie pas que des journalistes se fassent prendre à parti, je dis que quand on milite, ce qui est le cas de Mediapart, on doit supporter d’être traité en militant, ça s’appelle assumer les conséquences de ses actes. Sauf que, en l’espèce, lesdits journalistes sont tellement dans un trip messianique qu’ils imaginent sans doute que les militants de l’UMP vont s’agenouiller à leurs pieds en les remerciant de leur avoir montré la voie de la rédemption. Allons, entre nous, la provocation, c’est vieux comme le monde, non ? Personnellement, j’ai horreur qu’on me prenne pour un canard sauvage.

    @Jor : question de lunettes mon cher. Il est reconnu par tout le monde que NS a été le président le plus conspué par la presse. On peut trouver cela justifié, mais qu’on ne vienne surtout pas me soutenir le contraire. Pour ma part, je me désolidarise de ce journalisme hystérique où les faits comptent pour rien et l’idéologie pour tout. J’ai eu l’occasion de débattre avec des gens de Mediapart, ils estiment incarner à eux seuls le journalisme en France et ils refusent tout débat sur la déontologie car ils considèrent également qu’ils incarnent à eux seuls la déontologie. Moi, des gens comme ça, ça me fait flipper.

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/05/2012 @ 09:06

  34. Je me fais la réflexion que la bipolarisation et la personnalisation de la vie politique française la font ressembler à la vie politique américaine : celle où l’on agite la menace du « socialisme », du « communisme » et des « musulmans » (écoutez l’extrême-droite républicaine, Barack Obama serait un crypto-musulman né au Kenya et donc usurpateur de la présidence)…

    Comme d’habitude, les français se sentent plus fin, subtils et cultivés que les américains, puis font pareil.

    Commentaire par DM — 03/05/2012 @ 10:09

  35. @Aliocha:

    « Il est reconnu par tout le monde que NS a été le président le plus conspué par la presse. »

    Reconnu par tout le monde de droite, vous voulez dire ? Je suis désolé, mais à quelques exceptions, il me semble que la presse française a été particulièrement clémente avec notre souverain depuis 2007 (et même avant), et en particulier les journaux/magazines à grand tirage, et je ne parle même pas de la télé… Il est possible qu’avec le rejet croissant que suscite NS, et surtout l’alternance de plus en plus probable le 6 mai, certains en profitent pour altérer un peu leur ligne éditoriale, mais en général on ne peut pas dire que notre presse ait été particulièrement incisive… Il suffit de comparer ce qu’ont fait Sarko et sa clique pendant 5 ans (et plus) avec le traitement de cette même actualité politique par la majorité de la presse pendant ladite période pour s’en convaincre, et comparez avec le traitement des mêmes faits (lorsqu’il y a lieu) par la presse étrangère… En même temps, si la majorité des groupes de presse appartient à des riches amis du pouvoir, ce n’est pas tout à fait étonnant.

    « Pour ma part, je me désolidarise de ce journalisme hystérique où les faits comptent pour rien et l’idéologie pour tout. »

    Mais lorsque Mediapart accuse le pouvoir en place sur différentes affaires (Bettencourt-Woerth, achat de l’appartement de Sarkozy, affaire Takieddine puis financement de la campagne 2007 par Kadhafi…) ils apportent tout de même des preuves non ? En quoi est-ce que ce ne sont pas des faits ? Est-ce qu’il n’y a pas un vrai travail de journalisme derrière pour obtenir ces preuves ? Quand bien même le ton de l’accusateur ne plait pas, peut-on balayer d’un revers de main les accusations sous ce prétexte, lorsqu’elles sont étayées ?

    « J’ai eu l’occasion de débattre avec des gens de Mediapart, ils estiment incarner à eux seuls le journalisme en France et ils refusent tout débat sur la déontologie car ils considèrent également qu’ils incarnent à eux seuls la déontologie. Moi, des gens comme ça, ça me fait flipper. »

    Je n’ai pas suivi ces débats sur la déontologie avec Mediapart. Ce que vous en relatez fait effectivement peur. Auriez-vous un lien résumé du truc ? (oui je sais, je cède à la société du tout-le-monde-pressé… mais pour le coup j’ai une bonne excuse: c’est la campagne et il reste beaucoup de boulot jusqu’à vendredi minuit)

    Commentaire par Jor — 03/05/2012 @ 10:26

  36. @Jor : allons, vous avez vu les couv’ de Marianne depuis avant l’élection ? Puis la montée en puissance durant le quinquennat ? Vous avez observé le vocabulaire, les comparaisons ? Le voyou de la République, au hasard ?
    Pour Mediapart, il n’y a pas de lien, j’en avais fait un compte-rendu ici : http://laplumedaliocha.wordpress.com/2011/11/19/la-deontologie-dans-tous-ses-etats/ à l’époque, j’avais été, comme à mon habitude, plutôt tendre. J’ai un caractère enclin à la tempérance et au dialogue. Ce que je n’ai pas raconté dans ce billet, c’est la crispation et le mépris absolu de Bonnet pour qui un débat sur la déontologie de la presse en ligne était tout bonnement absurde. Quand j’ai croisé ensuite Plenel, il m’a dit qu’il serait pour un conseil de la presse quand tous les groupes de presse seraient devenus indépendants des groupes industriels. Jolie façon d’être contre tout en faisant semblant du contraire, vous ne pensez pas ? Bref, j’ai décidé de mettre entre parenthèse mon habituelle tempérance, parce que là franchement, je fatigue.

    @DM : je suis d’accord, c’est affligeant.

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/05/2012 @ 10:46

  37. @Aliocha : Parce qu’il est évident que les critiques grandissantes que subit notre Président ne sont basées sur aucun fait mais uniquement sur le fruit d’une idéologie partisane… Les faits que portez au pinacle, vous avez tendance à les ignorer quand ils vous gênent, comme les autres.

    Quant à l’objection de Plénel, n’est-elle pas pertinente ?

    Commentaire par kuk — 03/05/2012 @ 11:32

  38. @Kuk : je vous parle des insultes, je vous parle d’un ton général. Maintenant, si tout ceci vous plait, dont acte. Moi pas. Quant à l’objection de Plenel, je l’entends, mais je ne partage pas son avis. Pour deux raisons. D’abord c’est insulter le journalisme que de prétendre qu’il serait entièrement à la botte, sauf Mediapart. Ensuite c’est un argument de positionnement économique : tous pourris sauf nous. Que ça flatte le mélenchoniste de base, fort bien, personnellement, le dézingage systématique et sans discernement du système dans son entier, ça me fatigue. Et les gens qui se prennent pour des modèles de vertu au milieu d’un monde entièrement pourri, ça me fait carrément flipper. Il est vrai que je ne suis pas trotskiste, ceci explique donc sans doute cela.

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/05/2012 @ 11:44

  39. @aliocha : merci pour votre réponse. Les insultes sont, il me semble, passibles de sanctions pénales. La loi me paraît être la seule bonne limite objective pour juger de ce qui est acceptable en matière de publication. Après, le bon goût n’empêche effectivement pas de déplorer l’état de violence actuel des dits et écrits, même légal. Mais comme d’autres l’ont dit, qui a le plus œuvré à rabaisser la grandeur de la fonction présidentielle ? Vous dites souvent que les journalistes ressemblent à la société dont ils émanent. Toute violence créée ou entretenue dans celle-ci doit donc logiquement se retrouver dans leurs papiers. L’on ne saurait exonérer le chef de l’état de sa part de responsabilité dans la dite violence.

    Il y a également peut-être une vengeance de fin de règne. Peut-être pourrez-vous confirmer, mais je crois me souvenir que les presses écrite et télévisuelle n’avaient pas vraiment bien pris les menaces parfois suivies d’exécution du chef de l’état à l’encontre de certains de vos confrères qui s’étaient montrés peu déférents à l’égard de celui-ci.

    Concernant les leçons de déontologie de Médiapart, on a bien saisi que celles-ci vous horripilent, comme les leçons de morale de vos « amis de gauche » (cf précédent billet). J’ai relu votre très intéressant compte rendu de la journée de la presse et telle quelle, l’objection de Plenel ne me semble pas impliquer que le journalisme serait entièrement à la botte sauf Médiapart. Ni même qu’un conseil déontologique avec des représentants actuels du journalisme ne pourraient pas faire du bon travail. Mais que la légitimité et l’indépendance d’un tel conseil, qui devrait forcément rendre des avis qui déplairaient à certains, ne peut être garantie en l’état actuel des relations économiques qui unissent les groupes de presse aux industriels.

    Vous proposez des règles pour encadrer ce 4eme pouvoir pour le rendre plus fort par rapport aux trois autres. Admettez qu’il y aussi un risque de l’affaiblir et que devant ce risque certains préfèrent le statu quo. Qu’en est il de l’existence de conseils de déontologie régissant l’exercice de ces trois autres pouvoirs ? Et si certaines entreprises ont incorporé dans leur procédé de production des normes déontologiques, ces normes sont bien souvent individuelles et guidées par des impératifs économiques. Enfin, rien ne dit que le code de déontologie dont vous rêvez vous protégerait de la communication galopante des politiques, du mépris des milieux économiques ou de la perte de confiance du lecteur. Ce qui n’empêche effectivement pas d’y réfléchir.

    Commentaire par kuk — 03/05/2012 @ 13:19

  40. Aliocha : « allons, vous avez vu les couv’ de Marianne depuis avant l’élection ? Puis la montée en puissance durant le quinquennat ? Vous avez observé le vocabulaire, les comparaisons ? Le voyou de la République, au hasard ? »
    Brillante démonstration, bravo. Vous généralisez à partir d’un seul exemple. Pris au hasard. Un peu plus, le hasard tombait sur Le Figaro !

    Aliocha : “Il est reconnu par tout le monde que NS a été le président le plus conspué par la presse.”. Bon, pas par @SI, déjà, que vous semblez tenir (comme moi) en certaine estime. « Sarkozy et la presse, l’histoire d’amour tourne au vinaigre » http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=723 (il y avait donc bien histoire d’amur tujurs !) « Les journalistes et Sarkozy, retour sur une lune de miel » (chabadabada) (http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=523)

    N’avez-vous pas parlé (possible que non, je confonds peut-être) du « lécher, lâcher, lyncher » ? On a eu la lèche pendant quelques années (très longtemps, mais c’est sûrement subjectif), le lâcher a ensuite vite cédé la place au lynchage actuel…

    Commentaire par Chicxulub — 03/05/2012 @ 15:09

  41. @chicxulub : désolée, je n’ai pas les moyens d’@si pour vous sortir toutes les couv’ mais pour Marianne, je pense qu’on est à 8 sur 10 sur Sarkozy. Je n’ai pas choisi au hasard, j’ai choisi celle qui, il y a quelques mois, avait suscité un certain émoi, englouti dans les excès intervenus depuis…
    Pour le reste, il y a deux mouvements parallèles. La presse bon ton qui est passée en effet d’un adoration qui me choquait à une irritation qui ne me va pas non plus et une presse un peu plus virulente qui dézingue depuis le départ. Les deux tendent aujourd’hui à se confondre. Permettez-moi de préférer à ce journalisme émotionnel un journalisme rationnel qui se garderait d’encenser autant que de démolir. Est-ce vraiment trop demander ? Cela traduit-il un aveuglement quelconque ou un parti-pris idéologique ? Je ne pense pas.

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/05/2012 @ 15:23

  42. J’en profit pour rappeler la maxime d’Albert Londres : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ».

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/05/2012 @ 15:47

  43. @ Aliocha # 25 :

    Vous parlez de tremplin pour faire triompher la gauche… pardon, mais je trouve la phrase un peu floue. Quelle gauche ? Certainement pas celle qu’Elisabeth Lévy voue aux gémonies, je suppose. Peut-être que vous pensez plutôt à une certaine idée que ces personnes-là se font de la gauche, idée qu’ils s’imaginent représenter au mieux de ses intérêts… et qui se confondent sans doutes avec les leurs. Y-a-t-il un peu de cela dans votre réponse ? Je ne pense pas que vous fassiez référence à la gauche cavairdo-boboïsante. La gauche est un concept flou, pour le coup…

    Pour rebondir sur votre réponse en # 36, je ne pense pas que l’exemple du « voyou de la république » soit le meilleur.
    J’aurai plutôt retenu celui de « Marianne » qui laissait entendre qu’il était fou… un peu trop fort de café pour moi !

    Non, le « voyou de la république » me semblait amplement mérité, tant il a fait preuve d’un comportement de chef de bande devenu chef d’état. Pour peu qu’il soit rendu à la vie civile en début de semaine prochaine, nous verrons avec quelle promptitude la justice éclaircira l’épais maquis des « attaques » dont il a fait l’objet.

    Mais je maintiens qu’il y a eu au sommet de l’état un chef de bande disposant de tous les attributs du chef d’état.

    Et non, je ne brûle ni cierges ni bâtonnets d’encens sur l’autel de Saint François de Jarnac ! Aucune inquiétude à avoir de ce côté-là…

    Commentaire par Zarga — 03/05/2012 @ 18:33

  44. @Moktarama:

    Vous me dites vraiment que vous n’avez aucune contrainte ethique ou morale autre que la loi dans votre travail? Il ne vous arrive jamais de vous dire: « Cette tournure de phrase est techniquement juste, mais elle fait passer une idee qui n’est pas forcement honnete. » Ou par example d’avoir assez d’elements pour etablir la bonne foi si on vous attaque en diffamation mais de vous dire: « Avant de vraiment bousiller la vie de cette personne, j’aimerai quand meme faire une ou deux petites verifications supplementaires. »

    Je ne suis pas du tout en faveur de lois supplementaires qui enfreindraient encore plus qu’aujourd’hui la liberte d’expression. (Ou d’un ordre qui definiraient les regles d’appartenance aux journalisme) Chaque lecteur a ses propres normes et ce processus organic d’etablissement de normes me semble beaucoup plus sains que la definition de regles rigides. C’est sur que c’est chaotique, mais cela laisse la liberte a Marianne d’etres un mauvais journal et a nous de le leur dire.

    Commentaire par PrometheeFeu — 03/05/2012 @ 19:46

  45. @Zarga : je viens de passer devant un kiosque et j’ai saisi au vol un titre du Monde dans lequel il était écrit « M. Hollande ». Voilà, c’est tout simple, on peut très bien sortir des affaires, critiquer un régime ou une personne, mais pour moi, ça passe mieux si on écrit Monsieur, ou M. Pas voyou. Quant au journalisme psychanalytique, je préfère ne pas vous dire ce que j’en pense….
    Quelle gauche ? En l’espèce à mon avis tout ce qui ne se situe pas à droite ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/05/2012 @ 19:55

  46. Vous dîtes que Mediapart est « militant » comme s’ils ne faisaient pas de travail d’investigation et d’enquêtes rigoureuses, avec des preuves à l’appui. « militant » c’est quoi pour vous ? ça veut dire être de gauche ? Ce n’est pas interdit il me semble.
    Quant à leurs enquêtes, elles sont solides, elles sont précieuses, car ils sont seuls à les faire. Ce qu’ils ont publié sur Karachi, est un travail, sérieux, ce ne sont pas leurs fantasmes « militants » , et sur Woerth, et Woerth-Bettencourt, sur Bazire, sur Gaubert etc. toutes leurs enquêtes ont abouti à des mises en examen. Il faut croire que le dossier était solide. Sans eux, on n’en n’aurait rien su. Sur les rapports troubles avec la Libye aussi. En démocratie, ce genre de travail journalistique est plus que précieux. Cela fait partie des fondements de la démocratie, la liberté de la presse.

    Par ailleurs l’UMP n’a pas condamné l’agression de la journaliste dans un meeting UMP. La violence monte, excitée par le discours du chef d’Etat. Comment s’en étonner ?

    Commentaire par Schmilblick — 03/05/2012 @ 20:49

  47. Quand le même chef de l’Etat entonne le discours nationaliste (les frontières…à l’heure d’une mondialisation irréversible) incluant l’attaque systématique des étrangers d’où viendraient tous les maux car ils seraient responsables de la crise, quand il défend la famille traditionnelle et chrétienne (contre l’homosexualité et pour attaquer les musulmans encore), le « vrai travail » contre les syndicalistes accusés d’être tous des permanents qui ne travaillent pas (750 000 permanents défilent le 1° mai), ce sont des éléments de langage, un vocabulaire, des référents linguistiques et idéologiques qui sont exactement ceux de Pétain.

    ça ne veut pas dire que Sarkozy = Pétain évidemment, on n’est pas en 1940, ni entre 40 et 45, ni sous occupation hitlérienne et la guerre ne fait pas rage en Europe. Il s’agit d’une idéologie, de références, d’éléments de langage.

    Que pensez-vous du Pdt de la République qui, lui-même, personnellement, dans les media, traite les dirigeants de gauche de staliniens ?
    Existe-t-il une gauche qui prône la conquête violente de l’Etat par une guerre révolutionnaire, la mise en place de la dictature du prolétariat, la mise à mort de la bourgeoisie et l’ouverture de camps pour les ennemis du peuple ? Pour rester dans les éléments de langage justement ?

    Commentaire par Schmilblick — 03/05/2012 @ 20:59

  48. @Schmilblick : il n’y a pas d’argumentation possible contre les fantasmes. Vous fantasmez ce que je pense, vous fantasmez Sarkozy et vous fantasmez même la gauche. Notez, vous avez raison, c’est important de rêver, même si je trouve vos rêves bien torturés, c’est Edgar Poe votre truc…mais bon, si vous y trouvez du plaisir, je m’en voudrais de gâcher la fête.

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/05/2012 @ 21:16

  49. @aliocha: Après les journalistes de Médiapart, site d’information certes plutôt antisarkozyste, c’est au tour de journalistes de BFM TV de se faire agresser dans un meeting UMP, dont il me semble qu’il ne s’agit pas spécialement d’un média de gauche…

    Commentaire par DM — 03/05/2012 @ 21:19

  50. @DM : hélas, nous allons en effet tous payer….Le problème encore une fois n’est pas que Mediapart soit de gauche, bien au contraire même, il est fondamental d’avoir des médias indépendants capables de critiquer le pouvoir en place. Le problème, c’est que même moi qui suis un peu droite gaulliste et de plus en plus de gauche au fond, je trouve qu’ils dépassent les bornes. Non pas en sortant des affaires, c’est leur rôle et c’est indispensable, mais en sombrant à mon sens dans l’attaque de principe. Le numéro spécial de Marianne en collaboration avec Mediapart était à ce sujet édifiant. Takiedine, je ne connais pas, donc je me tais. Le financement Kadhafi, idem. Mais prétendre comme le fait Laurent Mauduit, que le rogue trader de la caisse d’épargne en octobre 2008, c’est la conséquence directe (et au passage pas plus démontrée que cela) du fait que Sarkozy aurait placé des hommes à lui dans l’établissement avant son élection, c’est non recevable. Soit Mauduit a des éléments et dans ce cas ils auraient mérité de figurer dans l’article, soit il n’a que les présomptions qu’il avance et elles sont tout bonnement ridicules. Pourquoi pas lui coller l’affaire Kerviel tant qu’on y est ? Deuxième dossier que je connais un peu, Tapie. Dans l’univers juridique dans lequel j’évolue, personne n’est choqué de cet arbitrage, bien au contraire. Toujours dans le même dossier de Marianne, Mediapart admet en fin de papier qu’on ne sait toujours pas pourquoi Sarkozy aurait fait ce cadeau. Même @si l’a relevé dans un excellent dossier, c’est un vide majeur de l’enquête, qu’on remplit par une pétition de principe : puisque Sarko a opté pour l’arbitrage, c’est mal et c’est forcément pour faire un cadeau à Tapie. Moi je n’appelle pas ça du journalisme. Qu’ils évoquent l’hypothèse, je suis d’accord, qu’ils parlent de soupçons, d’interrogations, encore d’accord, mais qu’ils accusent comme ils le font tout en disant « oups, il manque juste un élément du puzzle, c’est le mobile, mais hein bon, nous on est sûr que ce dossier est pourri », là, je ne marche plus.

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/05/2012 @ 21:29

  51. @DM : j’oubliais, sur les journalistes bousculés, je me souviens avoir écrit une lettre ouverte à un ex-confrère qui vilipendait les journalistes dans une manif’ d’extrême gauche tout en expliquant à ses camarades qu’il valait mieux ne pas les taper. Que je sache, les journalistes ne sont pas très appréciés et souvent chahutés, en particulier dans les manifs’. C’est inadmissible, je l’ai déjà dit et je le redis, que ce soit de la part de l’extrême gauche ou de l’uMP. Simplement, qu’on ne nous monte pas le truc en épingle, comme une nouvelle illustration de la peste brune, il faut arrêter cinq minutes de prendre les gens pour des canards sauvages. Si la couv de Marianne Sarko voyou a déclenché un tollé quasi-général, c’est bien qu’il y a eu des excès médiatique. Et encore, ça relève du bisounours, à côté de ce qu’on a pu voir depuis. Que les militants de l’UMP s’énervent en bout de course, ce n’est pas admissible, mais c’est compréhensible, moi j’appelle ça l’excuse de provocation. Croyez bien qu’il y a des manifs où les journalistes n’ont absolument rien écrit de désagréable sur les manifestants et où ils se font chahuter par principe en raison de leur profession. Encore une fois, il faut arrêter de prendre les gens pour des cons, ça finit par devenir extrêmement fatiguant (je ne parle pas pour vous évidemment, je pense à ceux qui nous font une choucroute du truc en faisant semblant de ne pas comprendre).

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/05/2012 @ 21:39

  52. compréhensible ?
    Mais peut-être révélateur malgré tout ?

    Quant aux fantasmes sur Sarkozy vous savez aussi bien que moi que son conseiller, de l’ombre depuis le début de son mandat, et officiel durant cette campagne, est Patrick Buisson. C’est lui qui lui a fourni ses thèmes et ses éléments de langage, assez connotés.
    Vous avez dû voir, je suppose, l’étude récemment publiée sur les sondages de l’Elysée et le rôle de gourou de Buisson auprès de Sarkozy depuis le début.

    Commentaire par Schmilblick — 03/05/2012 @ 21:47

  53. @aliocha: En tout cas, je n’ai pas souvenir d’une campagne électorale pareille depuis que j’ai l’âge de m’intéresser à la politique… La haine est palpable : contre Sarkozy, mais aussi de la part de militants sarkozystes. Je me rappelle de gens qui considéraient Jacques Chirac comme un escroc, mais pas d’une haine pareille. Peut-être faut-il remonter à l’élection de Mitterrand ?

    Commentaire par DM — 03/05/2012 @ 22:42

  54. @Schmilblick : Ne cherchez pas, le dossier contre Sarkozy est vide, aucun fait, tout n’est que fantasme d’idéologues ou de partisans.

    Commentaire par kuk — 04/05/2012 @ 01:48

  55. Bonjour Aliocha,

    Je vous rejoins parfaitement sur le pourquoi ?

    Pourquoi Nicolas Sarkozy a décidé d’amputer les finances publiques de 400 M € ? C’est la question que se pose Bayrou dans « Abus de pouvoir » (Plon 2009 – Chapitre XI L’ affaire Tapie ou L’arbitraire – p. 211).

    Il apporte des éléments de réponse factuels extrêmement bien étayés mais reconnait que les liens qu’il opère dans sa démarche ressortent que par intuition et déduction (p. 212 et 213).

    En revanche, dire que les enquêtes (pas seulement de Mauduit !) sur la relation Tapie-Sarkozy est vide, pour le coup et pour reprendre une expression dépréciative à la mode : c’est un mensonge !

    D’abord le « Canard enchaîné », ensuite « Le Point », et les journalistes Denis Demonpion et Laurent Léger dans « Tapie-Sarkozy les clefs du scandale » (Pygmalion 2009) mettent en évidence l’illégalité de la décision d’arbitrage.

    En effet, par principe, l’article 2060 du Code civil dispose que les établissements publics ne peuvent compromettre ! Sauf, alinéa 2 du même code, par exception, les établissements publics à caractère industriel et commercial.

    Or, le conflit des consorts Tapie entre le CDR (Consortium de réalisation) a été explicitement mis à la charge de l’EPFR (Etablissement public de financement et de restructuration) propriétaire à 100% du CDR (Consortium de réalisation).

    Certes, le CDR était une structure privée en droit mais « entièrement financée par un établissement public : l’EPFR.

    Et, en logique élémentaire c’est bien de l’argent public qui a servi à indemniser les Epoux Tapie or, l’article 2060 du Code civil prévoit également que sont exclues du champ de l’arbitrage « les contestations intéressant les collectivités publiques et les établissements publics ».

    Mais, notre justice administrative (indépendante ?) en a décidé autrement.

    En outre, il est pour le moins surprenant qu’en 2007 on se saisisse d’une discussion législative sur un tout autre sujet pour présenter un amendement surprise, autorisant les établissemens publics administratifs à avoir accès à l’arbitrage pour résourdre les conflits.

    Déféré au Conseil constitutionnel il a été déclaré inconstitutionnel comme « cavalier  » législatif ! Qui avait, dans le secret des cabinets, préparé ce texte ? Le garde des Sceaux s’en émouvait en privé. Etait-ce le cabinet du ministère de l’Intérieur, celui de Nicolas Sarkozy et de Brice Hortefaux ? Ou Bercy, sous la double autorité du ministre de l’Economie Thierry Breton, et du ministre du Budget, Jean-François Copé ?

    Enfin, pour avoir travaillé à la SDBO filiale dans les années 80 du Crédit Lyonnais je peux vous assurer que le tapis rouge (sans jeu de mots) était largement déroulé par la gauche à la faveur de « la protection Miterrand » et la banque ainsi devenait le tapis vert d’un casino où les époux Tapie jouaient et gagnaient à tous les coups !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 04/05/2012 @ 09:55

  56. @Le Chevalier Bayard : D’abord j’ai dit que le papier dans Marianne était vide. Ensuite, je regrette que dans ce dossier il ne vienne à l’esprit de personne qu’il était peut-être nécessaire de se débarrasser de ce merdier une bonne fois pour toutes. Et si l’Etat y avait intérêt ? Je me souviens d’avoir discuté du dossier Lyonnais il y a 10 ans avec un associé d’Andersen. Si les comptes étaient faux, alors l’Etat avait touché des dividendes fictifs, joli sujet non ? Cela avait donné lieu à un joli chantage dans les bureaux de Bercy entre les comptables et le ministre. Je ne serais pas surprise qu’il y ait d’autres bombes du même genre dans le dossier. Seulement voilà, quand on instruit uniquement à charge et qu’on remplit les blancs par « si ce n’est toi c’est donc ton frère », forcément, on ne convainc pas tout le monde…En tout cas pas moi.

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/05/2012 @ 10:05

  57. J’oubliais s’agissant des arbitres, ce passage du livre « Abus de pouvoir » :

    « Je n’entrerai pas dans une enquête dont deux au moins (je n’avais jamais entendu parler de M. Estoup) m’apparaissaient jusque-là au-dessus de toute controverse et même au-dessus de tout soupçon. Ce n’est qu’après que l’on a appris ceci : M. Estoup avait servi d’arbitre dans l’affaire Elf, entre Tarallo et Bongo ! M. Jean-Dnis Bredin, juriste et personnalité intellectuelle réputée que je n’avais jamais imaginé en pareil emploi, avait servi d’arbitre dans l’affaire des frégates de Taïwan entre Thomson et la société créée pour toucher les commissions de leur entremise auprès de Rolland Dumas, Christine Deviers-Joncours et Alfred Sirven !…Pierre Mazeaud, sous la présidence de qui le Conseil constitutionnel avait déclaré inconstitutionnel l’amendement « arbitrage », ne pouvait ignorer le contexte juridique : »Dans cette affaire, je me suis fait un peu avoir… » dira-t-il dans « Tapie-Sarkozy les clefs du scandale » p.275.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 04/05/2012 @ 10:22

  58. Aliocha,

    Sans refaire le débat sur cette affaire ce n’est pas mon propos mais connaissant bien cette affaire et ses ressorts politiques l’intérêt de l’Etat, comme vous dites, en toute honnêté, n’était-il pas de s’en tenir à la décision de la Cour de cassation la plus haute juridiction française au surplus dans sa formation la plus solennelle (l’Assemblée plénière) ?

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 04/05/2012 @ 10:33

  59. @Aliocha:

    Mais les quelques titres de la presse française qui sont un tantinet incisifs ne nous paraissent ils pas irrespectueux surtout parce que la presse française a été extrêmement servile depuis des années ? Le Figaro titre n’importe quoi depuis des mois, la droite s’en offusque t-elle ? Quand le Wall Street Journal, qu’on traitera difficilement de gauchiste, titre « Nicolas Le Pen », est-ce une injure ou une simple constatation ?

    Pour reprendre l’exemple du « vrai travail », Sarko en a d’abord parlé pendant ses meetings, puis, lorsque les médias lui ont demandé si la formule n’était pas excessive, il a nié à plusieurs reprises l’avoir prononcée… Jusqu’à finalement que Pujadas (lui aussi difficilement taxable de gauchisme) lui mette le nez dans son mensonge en lui montrant la vidéo en direct, forçant enfin notre monarque à regretter ses propos. Maintenant, oserez-vous nous dire, en regardant vos lecteurs droit dans les yeux, que ce n’est pas honteux de la part du Président de la République et candidat à sa réélection, garant (en théorie) de nos institutions, de mentir ainsi éhontément devant des millions de téléspectateurs ?

    D’ailleurs, depuis le début du deuxième tour, le festival de mensonges et de calomnie de l’UMP s’est certes accéléré (le coup des 700 mosquées et de l’appel de Tariq Ramadan, par exemple), mais cet homme et son camp ont quand même passé le dernier quinquennat à mentir et à retourner leur veste au gré du vent ou des interlocuteurs. Mais pas seulement, tant cet homme et la politique qu’il représente nous éloignent jour après jour de l’idéal républicain (la récente condamnation de la France par la CEDH pour « traitements inhumains et dégradants » d’une fillette de 3 ans et d’un bébé dans un CRA semble assez symptomatique, mais ce n’est malheureusement qu’un exemple). Partant de là, titrer « La honte de la République » ne me semble pas tout à fait excessif.

    Commentaire par Jor — 04/05/2012 @ 11:04

  60. @Kuk 54, vous êtes bien mal renseigné ; l’affaire libyenne est énorme, bien plus énorme que l’affaire pakistanaise (Karachi) , et l’affaire des relations avec la Syrie de Bachar el Assad, ces deux dictateurs, Kadhafi et Bachar, adoubés par Sarkozy à l’aube de son mandat. Ses relations avec les dictateurs de ces pays, sont à soi seules un problème et bien des zones obscures subsistent quant aux deals secrets et aux versements d’argent.
    Pour Kadhafi http://www.liberation.fr/politiques/2012/05/02/mediapart-s-invite-dans-la-campagne_815770

    Commentaire par Schmilblick — 04/05/2012 @ 11:25

  61. @Scmilblick : mon commentaire n’était qu’ironie bête et méchante (cf mes commentaires précédents pointant la tendance d’Aliocha à mettre de côté des faits embarrassants à l’origine des attaques de la Presse sur notre président). En fait, on ne peut pas blâmer Aliocha d’exiger un niveau de preuves plus élevé que la moyenne et de réclamer plus de précautions, le problème est que si l’on ne tape pas fort, rien ne sort. Les présomptions sont lourdes, et l’immunité pénale du chef de l’état n’arrange pas du tout le problème de la suspiscion qui pèse sur sa personne, ni les inquiétude sur l’indépendance de la justice. Enfin, il est difficile d’exiger un dossier bouclé clés en main de la part de journalistes, quand c’est à la justice de le faire. Doit-on taire l’enquête tant qu’elle n’est pas bouclée et que la procédure judiciaire n’est pas terminée ?

    Commentaire par kuk — 04/05/2012 @ 12:24

  62. D’accord kuk.

    Quant aux journalistes, non pas pris à parti verbalement, mais agressés physiquement, cela ne se produisait jusqu’à présent que dans les réunions et meetings du FN.

    Et pour ce qui est des rapports de Sarkozy avec les medias, durant 5 ans celui-ci a été omni-présent dans les medias à qui il fournissait en permanence du spectacle, de bons sujets croustillants (sa vie privée), des surprises voire des scandales du fait de son style décomplexé, des « coups », qui commencent avec la libération des infirmières bulgares et se poursuivent avec l’invitation de Kadhafi reçu en grande pompe, se poursuivent avec ses mensonges et ses déclarations et attitudes peu conformes à ce qu’on attend d’un Pdt de la République, et également d’un homme de droite qui n’est en principe pas d’extrême-droite, sa personnalité aussi, peu protocolaire.

    En fin de mandat il n’a pas été aussi bien servi par les medias qui n’y trouvaient plus un si bon spectacle, et avec la campagne pour les présidentielles, depuis les primaires socialistes, il n’était plus le seul sujet d’intérêt, ni le seul à avoir une parole médiatisée. Ses ralliements à l’extrême-droite ont donné lieu à des critiques virulentes en effet, mais pourquoi parler de haine lors de rappels historiques factuels des éléments de langage qu’il a utilisés ?

    Ses sorties sur le « vrai travail », contre les syndicats, contre la gauche, contre les corps intermédiaires et les appels à renoncer à toute culture de gauche et à tous les droits conquis par les travailleurs, à tout symbole des luttes ouvrières passées, renouaient avec une tradition et des éléments de langage de l’ extrême-droite. Il a même été jusqu’à prononcer « le travail libère ».

    Donc n’ayant plus toutes les faveurs de tous les medias bien qu’il eut placé ses hommes partout, et ayant eu des réactions de protestation de ceux qu’il avait attaqués, il s’est fâché très fort contre les medias qui auraient fait de lui une victime injustement attaquée, en un de ces renversements dont il est coutumier.
    Ses partisans ont joint le geste à la parole, ce qui est une grande première.

    Ah le thème de l’attaque contre les medias , comme il peut rendre service !

    Commentaire par Schmilblick — 04/05/2012 @ 12:33

  63. Je vais faire un peu de provocation. Il faut distinguer les bonnes attaques contre les médias et les journalistes des mauvaises. Quand les troupes de Sarkozy, chauffées à blanc par le nain hargneux parce qu’il n’a plus le soutien des médias qui l’ont beaucoup servis, s’en prennent à des journalistes qui couvrent un meeting, je désapprouve.
    Mais quand, lors d’une manifestation sociale, les journalistes sont pris à partie après moult reportages sur (au choix) « les fonctionnaires fainéants », « les grévistes nantis », « les privilégiés », « les preneurs de gentils usagers en otage », reportages qui ne disent jamais rien des raisons du conflit social en question, et bien j’ai tendance à me réjouir…
    Par ailleurs, Aliocha, je remarque une fois de plus que pour vous (alors que vous dites pourtant glisser vers la gauche), l’idéologie c’est toujours du côté de la gauche. Bien sûr que Médiapart a des façons de survendre des dossiers approximatifs plutôt déplaisantes, mais comment se fait-il que vous ne trouviez jamais idéologiques les péroraisons des Aphatie, Duhamel, Elkabach ou les interventions des Calvi, Pujadas et leurs semblables lorsqu’ils méprisent les ouvriers ?

    http://www.acrimed.org/article3460.html

    Commentaire par Gilbert — 04/05/2012 @ 14:15

  64. @Gilbert : je vais vous surprendre, je ne lis que la presse dite de gauche, et je me sens en harmonie avec elle en temps normal, mais là, je bloque. Je ne peux donc pas vous parler des autres, je ne les lis ni ne les écoute. Je ferais une exception pour Calvi que j’aime beaucoup et que je regarde presque tous les soirs.

    @Le Chevalier Bayard : si, peut-être, je n’ai pas suivi attentivement, simplement, ce que je lis me donne toujours envie d’aller de l’autre côté du miroir, le principe du contradictoire, ça doit vous dire quelque chose, mon cher maître ? ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/05/2012 @ 16:21

  65. Calvi et ses plateaux monocolores ne vous posent pas problème ? C’est le pire de tous !

    Commentaire par Gilbert — 04/05/2012 @ 17:55

  66. @Gilbert : allons, une petite halte dans la violence électorale, vous avez lu le Neuf Quinze de DS ce matin ? Il invente le concept de « compotegate ». Magique !

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/05/2012 @ 18:56

  67. Au sujet de la compote : qui nous fera croire qu’un type aussi occupé que François Hollande en campagne électorale, et avec son niveau de revenus, s’amuse à faire ses courses alors qu’il peut employer une aide à domicile pour faire les courses, la cuisine, le ménage et le repassage ?

    Commentaire par DM — 04/05/2012 @ 20:17

  68. @DM : Il pousse le normal à l’extrême …

    Commentaire par kuk — 04/05/2012 @ 21:09

  69. Et la bouteille de gaz, c’est lui qui la porte et qui la remplace ?

    Commentaire par Gilbert — 04/05/2012 @ 21:30

  70. Quelque soit l’agressivité ou les attaques d’un média, ça ne justifie pas qu’on s’en prenne au journaliste en question. Ni à un autre journaliste du même média et encore moins à d’autres journalistes d’autres médias qui n’ont rien publiés de particulier (BFM TV). Quand les médias dépassent les bornes, on ne se fait pas justice soi-même, on utilise les procédures légales.

    La mini-jupe de la fille n’a pas plus provoqué son agresseur que la carte de presse du journaliste n’a provoqué ces beaufs illettrés.

    Commentaire par VyGER91 — 05/05/2012 @ 17:51

  71. @DM : vous faites du mauvais esprit. Un homme de gauche achète sa compote en grande surface pendant que la femme de droite claque des dizaines de milliers d’euros avenue Montaigne. C’est ainsi. Les fantasmes prennent le pas sur le réel, sous l’influence de mon amie la com’ qui a intérêt à les cultiver…et de certains de mes confrères qui se prêtent à cet exercice ridicule et dangereux. Je pense que ces pitreries ont une grande responsabilité dans le vote pour les extrêmes.

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/05/2012 @ 21:25

  72. En @57 : il fallait lire « Je n’entrerai donc pas dans une enquête sur des personnalités… »

    En @64 : Aliocha ma chère, en effet, grand principe fondamental de notre droit dont nous avons en commun « la lettre et l’esprit » et si je vous lis c’est aussi parce que vous ne lâchez rien et c’est tant mieux !

    Plus que Sarkozy, c’est la gauche et les « années frics », c’est donc « Mitterrand et les 40 voleurs – Albin Michel – 1994 » que je pointais vous l’aurez compris : relisez les pages 128 à 139 de Montaldo et vous aurez le mobile de Sarko !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 06/05/2012 @ 08:05

  73. @Le Chevalier Bayard : dans quelques jours, je vous parlerai de quelque chose qui vous montrera que si, il m’arrive de lâcher – un sujet sur lequel nous avions âprement débattu – seulement je m’incline devant les faits, et uniquement les faits, jamais devant les fantasmes, les idéologies, les présupposés et autres choses du même genre ;-)
    hélas, je n’ai pas Mitterand et les 40 voleurs…si vous voulez vous exprimer, n’hésitez pas.

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/05/2012 @ 14:26

  74. @Aliocha : Un discours d’un homme politique est-il un fait ?

    Commentaire par kuk — 06/05/2012 @ 17:49

  75. @Kuk : Yes. « Le x dans la ville d’Y Monsieur Z a déclaré….. », c’est un fait. Il s’est passé quelque chose. Mais le discours demeure un discours.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/05/2012 @ 11:49

  76. Il semblerait que les journalistes aient tous les droits : jeter de l’huile sur le feu et alimenter la haine, propager rumeurs et calomnies pour détruire une réputation, et en plus, ils ne sont pas obligés de citer leurs sources !
    A cause du sacro-saint droit à l’information (Information ou déformation ?), ils vont prendre des risques insensés dans des pays en guerre, et mobiliser des moyens considérables pour les sauver.
    Les journalistes oublient leurs devoirs :

    1) – Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité ;

    2) – défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique ;

    3) – publier seulement les informations dont l’origine est connue ou dans le cas contraire les accompagner des réserves nécessaires ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et documents ;

    Commentaire par Simon de la Roche — 20/05/2012 @ 20:39


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