La Plume d'Aliocha

30/05/2012

BHL, l’intellectuel qui marche

Filed under: Coup de chapeau ! — laplumedaliocha @ 21:55
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« Deux intellectuels assis vont moins loin qu’une brute qui marche ». La savoureuse formule, évidemment signée Audiard,  est tirée d’Un taxi pour Tobrouk.

Cinquante et un ans plus tard, BHL démontre dans son film Le Serment de Tobrouk qu’un intellectuel qui marche, pour peu qu’il ait le vent  médiatique dans le dos et qu’il aperçoive l’opportunité de s’offrir un destin historique, peut aller bien plus loin que toutes les brutes du monde qui auraient décidé de se mettre à courir.   Je me souviens avoir entendu un jour notre philosophe national déclarer sur un plateau de télévision « le monde m’intéresse plus que moi-même » et j’avais songé à l’époque que c’était une jolie définition du journalisme. Las ! BHL est philosophe, de sorte que le sens de cette déclaration est sans doute bien plus complexe qu’on ne l’imagine. Lorsque j’ai visionné la bande-annonce du film, j’ai d’abord pensé que Sacha Baron Cohen avait concocté dans le plus grand secret, entre Brüno et son Dictateur, un Bernard-Henri retraçant les aventures rocambolesques d’un philosophe français décidé à installer la paix définitive dans le monde par la seule force magnétique de sa chemise blanche. Vérification faite, le génial humoriste anglais n’y est pour rien. D’ailleurs, malgré son immense talent, je ne pense pas qu’il aurait pu inventer pareil scénario. Et pourtant, il ne manque pas d’imagination…

Ne nous hâtons pas trop vite cependant de  jeter la pierre à notre BHL. Au fond, sa seule faute est d’avoir intimement compris la vanité du système et su en jouer avec une maestria hors pair. De fait, il n’est sans doute pas inutile de réfléchir à ce qu’il nous enseigne sur notre élite médiatique française…

Pourquoi classer ce billet grinçant dans la rubrique « coup de chapeau » se demanderont les lecteurs les plus attentifs ? Parce que, à ce niveau-là franchement, moi je dis : « chapeau bas ».

A déguster avec la même modération que celle avec laquelle l’auteur du film se met en scène…

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7 commentaires »

  1. Wow, faire passer une attaque en règle contre un pays souverain comme un acte héroïque et juste, il faut de l’audace et du génie. Bravo BHL!

    Commentaire par Ayoub — 30/05/2012 @ 22:15

  2. « La guerre sans l’aimer » est le titre du livre dans lequel BHL raconte son épopée libyenne. Ce titre est un aveu par antiphrase. Et la bande-annonce confirme à quel point il l’a aimée cette guerre. Double aveu en vérité : et de son amour et de la honte née d’un tel amour…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 30/05/2012 @ 23:08

  3. @DMB : en fait, ça me rappelle une vieille chanson, « confidence pour confidence c’est moi que j’aime à travers vous ». Ce qu’il aime, c’est lui dans cette guerre, l’image de lui-même qu’elle lui permet de renvoyer. Il me parait évident que cet homme a rêvé sa vie au point de parvenir à vivre son rêve et surtout à l’imposer au monde. Chapeau, vous dis-je !

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/05/2012 @ 23:34

  4. « C’est moi que j’aime à travers vous » : belle et terrible formule. Je ne connaissais pas cette chanson.

    Quant à moi, je pense à Tintin : quel petit garçon lisant les aventures de Tintin n’a pas rêvé faire comme lui ? BHL l’a fait. « Chapeau ! » dites-vous. Oui certes. Mais dans Tintin il n’y a pas de morts, sinon par accident…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 31/05/2012 @ 07:28

  5. @DMB : J’ai failli faire la comparaison avec Tintin. Quant à mon coup de chapeau, il est au second degré, je salue la performance hors normes, je ne la cautionne pas. Sur la chanson entre nous, vous ne manquiez pas grand chose, c’est ici :

    Commentaire par laplumedaliocha — 31/05/2012 @ 10:19

  6. @laplumedaliocha
    On dit « chapeau! » à BHL comme on dit « chapeau! » à Spaggiari. C’est dans les deux cas une sorte de « casse du siècle »…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 31/05/2012 @ 11:54

  7. @DMB : en effet, à ceci près qu’il y a dans le mythe BHL quelque chose qui nous renseigne sur un phénomène plus profond et nous aide à comprendre notre société, tandis que Spaggiari pour ce que j’en sais ne représente que lui-même et au mieux la confrérie des auteurs de casse 😉 notez, je dis cela et je suis en train de faire brûler le dîner, donc je retourne en cuisine…

    Commentaire par laplumedaliocha — 31/05/2012 @ 21:31


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