La Plume d'Aliocha

26/06/2014

Euthanasie, naze, nazi…

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 20:41
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Bernard Kouchner n’utilise plus le mot « euthanasie », il l’a confié ce matin à Patrick Cohen sur France Inter. Pourquoi, me direz-vous ? Parce que, je cite : «  D’abord, il y a le mot nazi dedans, ce qui n’est pas très gentil. Et puis on a tout de suite l’impression qu’il y a une agression, qu’on va forcer les gens ». Je me suis frotté les yeux, quand j’ai lu ça. Et puis j’ai songé à une blague du Gorafi. En fait, non. Bernard Kouchner a vraiment dit : « dans euthanasie, il y a nazi ». Alors j’ai eu une pensée pour mon ami Philippe Muray, ce génial critique des médias. Je dis « mon ami » non parce que je l’ai connu, mais parce que j’ai passé tant de nuits à rire en le lisant, il a mis tant de mots justes sur des impressions, exprimé tant d’idées magistrales, qu’il est devenu un intime.

Là où tu es, tu dois bien rire, hein, Philippe. Toi qui écrivais « les anecdotes grotesques se succèdent à un rythme d’enfer et, par malheur, elles ne sont pas seulement grotesques, elles sont aussi vraies. Et personne ne les trouve grotesques. D’une manière générale, notre époque est celle ou le risible à fusionné avec le sérieux. Et c’est aussi pourquoi il n’y a plus de comiques ; et c’est pourquoi ceux qui se présentent sous cette étiquette ne peuvent être amusants : ils feraient double emploi avec ceux qui se chargent, dans tant de médias, de nous raconter le monde, notre monde, et de nous indiquer à quel point il va bien. Et de nous le dire sans rire.  » (Exorcismes spirituels III). Vous croyez que j’exagère sur le grotesque ? Alors lisez cette interview que le Figaro a cru bon de solliciter pour répondre aux propos de Kouchner, comme si tous les gens qui savent lire et écrire n’avaient pas compris l’absurdité du propos.

En fait Kouchner veut supprimer le mot « mort » (thanatos, réduit par lui à « nasie », puis transformé phonétiquement en « nazi ») dans l’espoir fou que la réalité suivra et qu’on cessera de mourir. Il euthanasie la mort par une pirouette de vocabulaire. Comment la mort pourrait-elle survivre à une telle attaque ?  En cela, il incarne à merveille  l’Empire du bien cher à Muray, cette société qui, à force d’organiser des fêtes, de défendre des bonnes causes et de supprimer les mauvais mots du vocabulaire nourrit l’espoir délirant de transformer la vie terrestre en paradis.

Et Muray encore : « il était fatal qu’une civilisation qui ne s’occupe depuis plusieurs décennies, que de planquer les réalités sous des mots en sucre se retrouve fort dépourvue lorsque la bise est venue (…). Toute l’histoire française récente n’aura consisté qu’à interdire, y compris s’il le fallait par des lois ouvertement liberticides, l’accès au monde concret. On a peur d’attraper les mots comme on craint d’attraper la grippe aviaire : et d’autant plus peur que la réalité entre temps, s’est révélée de plus ne plus horrible au fur et à mesure que les mots pour ne pas la dire étaient de plus en plus angéliques » (Le bucher des vanités, 20 novembre 2005).

Si Bernard Kouchner avait prononcé des propos racistes ou homophobes, le scandale aurait tourné en boucle dans les médias. Mais il n’existe, hélas, aucune association de défense de l’intelligence. Personne pour s’indigner de la négation délirante du réel. Nul organisme pour dénoncer l’affront ainsi fait à l’étymologie et  l’affolante niaiserie de la réflexion « nazi c’est pas gentil ». Quelques individus imprégnés de grec ancien ou moderne ont frissonné, une poignée d’initiés sur la toile a rigolé, les autres n’ont sagement même pas relevé…Muray avait raison. Le grotesque devient le vrai dans l’indifférence la plus générale. Le mot sucre a étouffé le réel. Entre nous, je ne saurais trop vous recommander de lire d’urgence Muray. De tout urgence, même ! D’abord parce que c’est l’équivalent intellectuellement d’une séance de sport – même apport santé et détente -, ensuite parce qu’un jour viendra, il n’est pas très loin, où nous ne comprendrons plus Muray tellement nous aurons été pollués par le délire qu’il dénonçait.

 

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55 commentaires »

  1. Un bref cri du coeur : g r a n d i o s e !

    En fait, j’ai du mal à y croire tellement c’est beau.
    Une chose est sure en tout cas : un Nazi c’est pas gentil. Mon Dieu …

    Plus sérieusement, B. Kouchner fait une étymologie fantaisiste à la Rabelais, mais malheureusement le débat sur l’euthanasie et la politique d’extermination nazie,cela n’a vraiment rien de fantaisiste.
    En plus, on a la désagréable impression qu’il veut presque oublier (je ne veux pas me montrer trop polémique en employant un autre verbe) que les nazis avaient bel et bien mis en place un programme d’euthanasie (en particulier pour les handicapés) comme pour couper l’herbe sous le pied de ses détracteurs qui ne manqueraient bien sûr de s’y référer.

    Commentaire par Maelle — 26/06/2014 @ 21:18

  2. Vous analysez l’absence de réaction aux propos de Kouchner par :
    « Le grotesque devient le vrai dans l’indifférence la plus générale. »

    J’analyse plutôt ça par le fait qu’on a mieux à faire que de réagir à toutes stupidités qu’on peut entendre sur les ondes, lire sur le net ou voir à la télé. Qui vous renseigne sur ce qu’en pense le peuple dans les chaumières ?

    Quand Muray écrit : « Et personne ne les trouve grotesques ». Mais qu’en sait-il ? Il sait lire dans les esprits de la majorité silencieuse ?

    Commentaire par kuk — 26/06/2014 @ 21:30

  3. J’avais déjà vu la même réflexion il y a quelques années, dans un grand débat sur l’euthanasie. Là aussi, l’un des intervenants disait que ça sonnait comme « Etat Nazi ». Je vois dans ce jeu de mot surtout l’influence de la psychanalyse française, déjà une aberration en soi. Les grands psychanalystes font souvent ce style de pseudo-linguistique à la petite semaine : les homophonies ou les ressemblances phonétiques sont interprétées comme révélatrices d’un lien sémantique inavoué. En tant que linguiste, je trouve cela choquant : on refuse totalement de voir l’étymologie liée à la très longue évolution des langues, et en plus on arrive à des idées impossibles à traduire en d’autres langues.

    Une autre idiotie dans le même style, qui m’avait beaucoup énervée, c’était dans l’interview d’une grande psychanalyste dont j’ai oublié le nom. Elle parlait des abus sexuels, et affirmait que la perversion, c’était « père » et « version », c’est-à-dire une autre version du Père. Aaaaargh ! Si le sujet n’avait pas été aussi grave, j’aurais été pliée de rire, mais là j’avais plutôt envie de pleurer de désespoir.

    Commentaire par blondepulpeuse — 26/06/2014 @ 22:34

  4. @blondepulpeuse allez s’il vous plait jusqu’à la conclusion : seule une solide maîtrise du langage permet de penser correctement, peut-être pas droit mais pas trop tordu.

    Ce qui me navre c’est que M. Kouchner avait semble-t-il été confronté au réel, aux faits palpables, têtus, qui puent et qui dérangent, parfois indicibles de tant d’horreur quand il inventait le concept de French doctor … quel naufrage !

    Commentaire par remseeks — 26/06/2014 @ 23:17

  5. LA tribu délire,entre elle, elle y voit des nazis partout, c’est réjouissant, c’est l’ obsessionnel signe des temps, ils en feront toujours plus, ils prennent le mondain conforme au monde, en 69 année érotique c’était leur désir pour la réalité.En voilà une triste, drôle, d’ idée de les écouter, le stade du délire est bien avancé, fantaisie uber alles…..que Poutine, aussi rebaptisé d’Hitler, les emporte avec leur FMI de billet de monopoly. Jeu sent que DSK va revenir par la débandade, il a critiqué très très sévèrement son collègue Hollande…. a t on besoin de relire Jarry, non, le film est réalisé, le vrai cinéma c’est maintenant. Maime Luchini doit être dépassé par ces pseudo événements, lui qui déclamait que d’être de gauche est une tache, pardon, une tâche surhumaine…….et à leur droite bigmaillon se déchaine. Le championnat de France 2017 Sarko vs DSK, le match retour d’âge,que leur dieu nommé culot, leur promet.
    C’est osé, jeu sait, c’est un jeu d’adolescent à l’image de cette période historique très m’as tu vu dans mes conneries,partout sur fesse bouc émissaire, c’est dans le pire que nous sommes contraints d’être les meilleures pour se faire notifier, disait presque Coluche.
    Excellente soirée à toutes et à tous.
    PS vendredi dernier, j’ai été agressé dans ma bonne ville par 2 individus que je connais qui voulait me prendre mon drapeau russe dans ma superbe décapotable……..l’ai je bien cherché.. ce scoop ! Il y a eu quand même 3 témoins qui se sont….déclarés au milieu d’une dizaine de zombies qui ne voulaient pas….. réaliser……. les heures les plus drôles, paradoxales, de notre histoire..çà court dur à l’envers.

    Commentaire par georges dubuis — 26/06/2014 @ 23:18

  6. @blondepulpeuse
    Orwell ne sait tromper queeeeeeeeee de 30 ans mais il l’avait senti venir cette novlangue, c’était un pratique, cet intello, donc pas un gros mot dans son cas. Il avait fait une mauvaise rencontre….le mythe marxiste, redoutable de bonnes intentions.

    Commentaire par georges dubuis — 26/06/2014 @ 23:33

  7. En 2000 à Paris j’ai failli lancer mon premier cocktail molotov sur une affiche de pub qui pérorait, pour le compte d’une moyenne surface, « dans ville il y a vie »… Et puis j’ai taillé à Tahiti. Quel joli con ce BK. Médecin avec çà ! Merci pour Muray et l’intelligence 😉

    Commentaire par Djefbernier — 27/06/2014 @ 02:48

  8. Ce pauvre Kouchner a oublié que la construction d’un mot est souvent millénaire et que ses raccourcis phonétiques relève d’une défaillance cérébrale chez lui et non d’une incapacité à réfléchir intelligemment.Il revient à ses vieux réflexes de soixantehuitard, ceux qui restent quand le cerveau commence à vieillir….

    Depuis combien de temps Kouchner n’a pas tenu un stéthoscope, 30, 40 ans? Il a oublié ce qu’on entend à travers un stétho : les palpitements du coeur, l’air qui descend dans les poumons, le sang qui circule dans les carotides. Il a oublié ce qu’est prendre la main d’un malade et de lui dire qu’on va essayer de combattre ensemble la maladie. Il a oublié de guetter la lueur qui surgit dans le regard de son malade, il a oublié que le rôle des soignants, c’est de montrer au malade qu’il est une personne et non un tiroir caisse.

    Mr Kouchner aura la chance, lorsqu’il commencera à perdre son dentier, à avoir de sérieux problèmes de prostate, qu’on ne lui mette pas des couches qu’on laisse déborder de pipi, mais des aides soignantes et infirmières qui prendront le temps de le sonder, de lui mettre un pénilex, de changer ses draps etc….Il n’entendra jamais le SAMU dire qu’il garde ses voitures pour plus jeune, il n’aura pas de refus d’hospitalisation parce qu’on manque de lit et qu’encore une fois on les garde pour plus jeunes s’ils se présentent. Non, bien sûr, lui est utile pour l’image de compassion qu’il peut donner, l’illusion de l’empathie, alors, on lui prendra la main et on ne lui dira pas qu’il pèse sur les finances de l’état et des retraites.

    Ayez pitié de lui, il commence une involution cérébrale et il n’en a pas encore conscience. .

    Commentaire par Dorine — 27/06/2014 @ 06:40

  9. Philippe Muray a en effet décrit, avec une étonnante clairvoyance et une ironie décapante, cette désespérante dérive de la pensée qui est à l’œuvre dans nos sociétés modernes, qui nous ronge, qui nous mène à une inévitable catastrophe, et qu’illustrent si bien ces propos hallucinants de KB.
    Orwell, avec son novlangue de « 1984 », l’avait bien vu lui aussi.
    Et si j’osais je remonterais au prophète Isaïe…
    Car il y a bien longtemps que nous sommes « modernes », bien long tentes que nous « savons » (tu ne tueras pas, etc,), et bien longtemps que nous faisons comme si nous ne savions pas. Inexcusablement.
    Nos progrès techniques sont époustouflants, mais on ne saurait dire la même chose de nos progrès en sagesse.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 27/06/2014 @ 06:59

  10. Au fait, quelqu’un a-t-il prévenu ce bon docteur ?… dans PS, il y a Socialiste, comme dans Parti National-Socialiste… (nazi, quoi…) ! brrr, pas très gentil tout ça…. et puis on a tout de suite l’impression qu’on va forcer les gens, leur enseigner ce qu’il faut dire, ce qu’on ne peut pas dire, toussa….

    Merci pour ce billet…! depuis le temps que j’ai l’intention de lire Murray, je crois que je vais vraiment m’y mettre !

    Commentaire par Béatrice — 27/06/2014 @ 08:12

  11. Fichu iPhone qui corrige automatiquement et écrit « long tentes » quand on a voulu écrire « longtemps »

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 27/06/2014 @ 08:17

  12. @Denis Monod-Broca: nous avions bien compris que l’écriture automatique n’est pas au point sur les smartphones. C’est rassurant, l’intelligence artificielle n’est pas encore pour demain. Nous avons encore besoin de nos neurones pour corriger les trucs robotisés.

    Commentaire par Dorine — 27/06/2014 @ 10:46

  13. Le french doctor du «Cordicopolis» dans un un caca nerveux se troue d’«excentricité sémantique » comme si dans Kouchner on pouvait dire qu’il y a couche et qu’il en tient une ? Euh t’es naze si…comme le «mutin de Panurge» tu bafoues le droit minimum d’exigence linguistique. Où l’on voit que le droit de suffisance finit toujours par brasser qu’une couche…d’n’air ?

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 27/06/2014 @ 11:03

  14. Un brin de poésie

    Commentaire par Maelle — 27/06/2014 @ 11:27

  15. quelqu’un a exploré la piste que Fantomas ce soit fait passer pour BK?

    Commentaire par Fredo — 27/06/2014 @ 12:30

  16. Ne l’appelez pas BK, ça rappelle le bacille de Koch (Tuberculose qui a fait et continue de faire tant de ravages dans le monde)

    Commentaire par Dorine — 27/06/2014 @ 12:44

  17. Puisqu’il s’agit d’une « saillie » d’un (ex) médecin :
    http://www.dailymotion.com/video/x5iyuu_tais-toi02_shortfilms

    Je sais, cet extrait du film « tais-toi » a déjà (maintes) fois été cité ici … mais c’est toujours bon à revoir … et criant de vérité 🙂

    Commentaire par Yves D — 27/06/2014 @ 12:45

  18. Bonjour Aliocha,

    Superbe billet sur un sujet bien trop d’actualités. J’ai tout de suite pensé à Murray quand j’ai pris connaissance de cette « réflexion ». Merci donc de rappeler à tous, si besoin en était, sa profondeur d’analyse sur ce sujet. Dommage qu’il soit « non-vivant », il se régalerait.
    Comme l’a dit Platon il y a bien longtemps: « La perversion de la cité commence par la fraude des mots. ». La fraude des mots, je crois que ça restera une des caractéristiques de notre époque. M. Kouchner nous en offre un des plus bels exemples et si le sujet de fond n’était pas si grave, nous pourrions en rire. Sur un blog, tous les commentateurs railleraient le point Godwin ainsi fait et ils auraient raison. Je suis néanmoins forcé de constater que notre Cité est bien pervertie (ce mot n’est que l’arbre qui cache la forêt) avec, pour ma part, une nette accélération depuis deux ans (je précise tout de suite que la pente précédente était assez forte, point n’était besoin d’en rajouter). J’ai peur du réveil qui s’ensuivra.

    Bon après-midi,

    Commentaire par H. — 27/06/2014 @ 13:19

  19. Si vous avez le temps, je vous conseille la lecture du billet du jour de Charles Sannat sut ce sujet:« La stérilisation du langage c’est la stérilisation de votre esprit critique ! » (http://www.lecontrarien.com/la-sterilisation-du-langage-cest-la-sterilisation-de-votre-esprit-critique-27-06-2014-edito?utm_source=Le+Contrarien+Matin&utm_campaign=f4b8b663b6-daily_newsletter_2014_06_27&utm_medium=email&utm_term=0_b6dd3f3e5f-f4b8b663b6-45311105). Il s’inscrit dans le droit fil des paroles de Platon.

    Commentaire par H. — 27/06/2014 @ 13:22

  20. J’ai aussi un four Bosch…c’est grave docteur ? Et pire, j’ai fait quelques fournées de macarons tricolores.

    Commentaire par georges dubuis — 27/06/2014 @ 14:24

  21. @ Dorine :

    « de montrer au malade qu’il est une personne et non un tiroir caisse. »

    Rony Brauman, en son temps, avait dénoncé la dérive des « appareils » : on ne parlait plus du patient qu’au travers de son appareil digestif, appareil urinaire, j’en passe et des meilleures.

    Ça aussi ça fait froid dans le dos…

    Commentaire par Zarga — 27/06/2014 @ 18:31

  22. @ Georges Dubuis :

    Ma voisine a une belle Krups…

    Commentaire par Zarga — 27/06/2014 @ 18:31

  23. @ Denis Monod Broca :

    Vous êtes foutu! Ficelé par l’universelle araignée nommée « progrès technique »!
    😉

    Commentaire par Zarga — 27/06/2014 @ 18:47

  24. @ Zarga : je viens de faire la formation obligatoire imposée par le gouvernement ( Sarkosy, à l’époque l’avait initié) . Formation bidon qui sert à engraisser tout un tas d’organismes au passage, et nous ,pauvres cloches, on perçoit des miettes. Les formations auxquelles j’assiste d’ordinaire et gratuites,, m’apprennent quelque chose sur le malade, la maladie et les nouveaux traitements. Je n’ai pas besoin d’être payée pour y aller ni qu’on me le rende obligatoire. La formation obligatoire, appelée DPC,est une étude sur la gestion du dossier du malade, gestion avec les confrères, les hôpitaux. Bref, pour être agrée ce type de formation doit relever du pôle gestion de paperasse. Perte de temps en inscription sur plusieurs sites, mise de nos dossiers de malades sur internet, puis formation pour nous dire qu’il faut mesurer la bedaine de nos malades, sa taille, son poids et tout un tas d’informations (ce n’est qu’un exemple): bref une check liste à remplir si on ne veut pas avoir la fessée du conseil de l’ordre. .Et après, il faut remettre des dossiers de malades pour vérifier qu’on a bien retenu la leçon. Voyez-vous, je n’ai pas besoin de calculer l’IMC, ni de mesurer le tour de bedaine pour savoir si un patient est obèse…..

    Et ça, moi aussi,ça fait un sacré paquet de temps que je leur dis que je ne soigne pas un organe, mais une personne. Il m’arrive parfois de dire à mes malades que je ne suis pas vétérinaire, pour qu’ils prennent en charge leur santé.

    Il y a sur le bureau de Marisol Tourraine la suppression du 100% pour ceux qui resteront obèses, qui continueront à fumer et qui entretiendront leurs facteurs de risques.

    Par contre, le tiers payant chez le médecin n’est que pour la devanture.

    Bref, heureusement que j’habite la campagne où le paysan garde un certain bon sens. En ville, je partais me salarier quelque part. On me propose souvent des postes salariés avec des salaires bien plus importants que mon revenu. Pour le moment je résiste préférant ma liberté que d’avoir à faire des actes qui heurtent ma conscience ou être obligée de débiter les malades avec une check liste….

    je n’ai pas à me plaindre, c’est pareil dans tous les métiers. Mon plombier qui a une petite entreprise est en plein burn out !!!

    Commentaire par Dorine — 27/06/2014 @ 19:32

  25. Précision, Zarga : la jeune génération montante est extraordinaire. Ils ont seulement à apprendre la politesse et à écrire aux confrères pour les tenir au courant. Mais ils vont tout changer et ce sera tant mieux.Ils sauront palier le manque d’éducation. Mon plombier a remarqué la même chose dans son métier.

    Commentaire par Dorine — 27/06/2014 @ 19:37

  26. Pas nouveau, nous sommes manipulés pour devenir des robots comme dans l’excellent film de sciences fiction  » Soleil Vert » .
    Il n’y a pas que Muray qui soit un précurseur et d’autres ont tire tiré la sonnette il suffit de voir à quel point nous sommes conditionnés , tout a commencé par le langage qui n’est plus celui de la liberté mais du politiquement correct.
    Kouchner doit craindre qu’on rapproche l’euthanasie de l’eugénisme hitlérien .. Ce serait en effet fâcheux pour le vote de la loi.

    Commentaire par Scaramouche — 28/06/2014 @ 06:35

  27. @ Dorine :

    « moi aussi,ça fait un sacré paquet de temps que je leur dis que je ne soigne pas un organe, mais une personne. »

    Hier soir, j’étais dans le cabinet d’un généraliste pour montrer l’eczéma de mon fils (ça le gêne pour dormir, et du coup nous passons de mauvaises nuits, moi et sa mère).

    J’ai demandé au médecin, en fin de consultation, si, à tout hasard, il n’avait pas entendu parler d’une personne qui aurait un « don » (un magnétiseur, quoi).

    Quelqu’un dont le nom reviendrait régulièrement dans son cabinet, au cours d’échanges avec les patients, et qui apporterait un certain soulagement.

    J’ai été gentiment ignoré.

    Moi qui pensait que le médecin était là aussi pour explorer toutes les pistes permettant de soulager le patient, fussent-elles un simple placebo… Je l’ai trouvé suffisant.
    Gentil, souriant, patient avec mon petit garçon qui se tortillait comme un asticot : rien à redire de ce côté. Mais pas assez ouvert, ou pas assez humble pour considérer qu’on peut associer à la médecine généraliste d’autres pratiques, pourvu qu’elles aillent dans le sens d’un soulagement des maux du patient.

    Vous devez certainement connaître ça, vous qui exercez à la campagne.

    Commentaire par Zarga — 28/06/2014 @ 06:42

  28. @Zarga
    Je peux vous communiquer une adresse d’une femme qui a des dons, c’est près de chez moi (62). Et oui l’esprit de corps paralyse fatalement ces auto suffisant.
    @Dorine
    Le burn out, dépression sociale, semble en effet gagner des gens de plus en plus tôt, ils n’arrivent point à joindre les 2 bouts entre leurs niveaux, longueurs d’études et leurs tâches salariés, ils se retrouvent les attachés d’une machine.En fait ils sont forcés à comprendre, inclure, ce syndrome………. d’insatisfaction.

    Commentaire par georges dubuis — 28/06/2014 @ 08:26

  29. A la campagne, Zarga, vous avez avez des magnétiseurs qui enlèvent le feu, entre autre. On entend parler d’eux et les malades n’hésitent pas à nous dire qu’ils vont mieux. Mais chez nous, le monde est petit et on fait facilement la différence entre le charlatan et le paysan que la grand- mère a formé..Nous n’avons pas le droit de vous les indiquer et de vous envoyer chez le magnétiseur. S’il y a une merde, la justice nous fondra dessus : cela ne fait partie des recommandations de grade 1 !!!!!

    La différence entre la médecine de ville et la médecine des champs résident là. On peut se permettre certaines recommandations parce que on connait bien la plupart de nos malades, y compris dans leur fonctionnement familial, et que faire appel à un magnétiseur est dans les us et coutumes.

    L’autre jour, une malade de ma collègue était ravie d’avoir arrêter de fumer grâce à un hypnotiseur qu’elle est allée chercher à 100km de là, qui lui a demandé 120€ (ça fait beaucoup pour les petites bourses de chez nous). Il était commercial auparavant. Elle aurait eu la même prestation avec un anesthésiste sur place, pour 28€ remboursé par la SS. Certainement que l’effet est supérieur si on vide ses poches….

    Commentaire par Dorine — 28/06/2014 @ 08:34

  30. @ Georges Dubuis :: ne croyez pas que nous sommes tous auto satisfaits et que nous regardons nos malades de haut. Je pense qu’il y a une majorité silencieuse qui préférerait exercer « son art médical » de manière saine. Mais les gouvernements successifs nous mettent à genoux. Je reconnais que la médecine a cru avoir tout pouvoir sur la nature et a été fascinée par l’image qu’elle se renvoyait tel Narcisse. Mais sachez que nous avons l’impression, cadres de la SS également, que la disparition de la couverture sociale telle que nous la connaissons, est organisée depuis les années 90.

    Les jeunes médecins seront totalement différents. Il n’y aura plus d’égo qui écrase l’autre (ou moins, vu le fonctionnement de la nature humaine) et le travail en équipe permet un résultat exponentiel des compétences.

    Commentaire par Dorine — 28/06/2014 @ 09:11

  31. La vraie SS,zut c’est très connoté aussi ce logo, Dorine, ce sont les réseaux de connaissances dans le sens large du terme, çà soigne une maladie très singulière, largement répandue et propagée……..l’inquiétude et ses métastases similaire au….. cancer !.
    En fait ce sont les patients qui se croient…….en bas, un miracle n’arrive jamais seul. Je fume dans tous les sens et je n’ai pas peur de m’exposer à l’obscurité morbide de l’atomisé.Je suis une sorte de magnétiseur dans mon genre, l’esprit pratique me possède, c’est le seul amour qui rayonne…..la plupart des gens, la majorité justement et fatalement silencieuse, n’ont qu’une vie dans la vie, une profession, une carrière qu’ils creusent et qui les mine……… c’est pas grand chose, comme ils l’avouent tristement.
    Bien d’accord avec vous sur le potentiel de la génération qui monte…..elle constate, de visu, in vivo, le bilan du casino, les jeux sont faits, vive le virtuel cad le possible.

    Commentaire par georges dubuis — 28/06/2014 @ 10:03

  32. Après l’immense perte du « médecin de famille » est arrivé le médecin qui doit s’assurer contre l’erreur humaine qui peut le conduire à un éventuel procès , petit à petit on a grignoté chez les malade la confiance et la « fidélité » à un praticien pour les persuader qu’ils avaient un droit à la santé et que c’était le travail du médecin avec obligation de réussite. De « sacerdoce » à vocation humaine la médecine est passée à un travail ordinaire banal du point de vue des malades et du point de vue des médecin à une profession comme une autre entreprise en vue de bien gagner sa vie.
    Or à part quelques privilégiés évoluant en esthétique ou à la tête d’importantes cliniques cette profession où certes on ne meure pas de faim a dans ses membres beaucoup d’´inégalités et un nombre majeur de gens qui travaillent plus que les autres pour un avantage financier loin d’être en rapport.

    @ Zarga
    Il ne faut pas demander à un scientifique de croire à l’ésotérisme , aux passes magnétiques et aux hypnotiseurs…si cela fonctionne c’est que l’homme est un « tout » et pas seulement un corps physique .(.et on l’oublie et on l’oubliera encore d’avantage dans l’avenir) mais un être fragile et dépendant de son psychisme et de ses humeurs.
    L’erreur consiste pour moi à séparer l’un de l’autre dans la médecine moderne trop « clinique » trop rigide et trop protocolaire.

    Commentaire par Scaramouche — 28/06/2014 @ 10:22

  33. Quand même plus intéressant que ce buzz stupide : colloque à écouter sur « Géopolitique, big data et démocratie : le monde après les révélations d’Edward Snowden » qui devrait intéresser Mme Dufour notre hôte :

    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/06/27/geopolitique-big-data-et-democratie-le-monde-apres-les-revelations-d-edward-snowden_4446858_4408996.html

    Commentaire par walas — 28/06/2014 @ 10:30

  34. @Georges Dubuis : « vive le virtuel , c’est à dire le possible » . Vous m’avez ouvert des horizons. Cette jeune génération que nous avons plongé dans le virtuel, va peut-être , grâce à ça , retrouver dans sa quête la Phénoménologie que nous a légué Husserl et qui recèle des trésors encore non explorés. C’est peut-être par ce biais là que la jeune génération offrira au monde une pensée qui soit au dessus de la ceinture……

    Commentaire par Dorine — 28/06/2014 @ 10:35

  35. @ Zarga
    @ Scaramouche et Dorine

    Assez surprenant cette dérive des commentaires d’un billet sur une idiotie, lancée aux médias, d’un ancien ministre, vers un débat sur les « bienfaits » des « guérisseurs » !!

    Comme l’indique Dorine (avant de dériver elle aussi vers de l’ésotérisme), un médecin ne peut (doit) pas « conseiller » le recours à des « rebouteux », « soigneurs » et autres « guérisseurs » !
    Non seulement leur formation leur a appris à maintenir un raisonnement établi sur des faits « scientifiquement prouvés », mais d’un point de vue légal, ils (les médecins) sont les seuls habilités à pratiquer la médecine …

    Ceci dit, l’effet placébo existe … et c’est là aussi scientifiquement prouvé.

    En particulier, pour les eczémas dits « atopiques », parfois qualifiés de  » multifactoriels complexes » (c’est à dire en clair, dont on ne sait pas trop quelle en est l’origine), des guérisons rapides ont été constatées après passage chez des « guérisseurs ».
    Comme on ne sait pas trop d’où venait l’eczéma, difficile de dire quel est le mécanisme qui l’a fait disparaître. Mais il y a très probablement une influence psychologique, similaire (bien que totalement différente dans le cas des « guérisseurs ») aux mécanismes mis en œuvre lors de l’hypnose.

    Plutôt qu’auprès de votre médecin, renseignez vous plutôt auprès de votre entourage (voisins, commerçants/artisants, etc) pour obtenir des références proches de chez vous … et surtout refusez toute personne qui demanderait plus cher qu’une consultation d’un généraliste !

    Commentaire par Yves D — 28/06/2014 @ 22:28

  36. @Yves D

    Pas vraiment « surprenant » la dérive , parce que les propos fâcheux de Kouchner ont été prononcés à propos de la nouvelle loi sur l’euthanasie qui touche médecins et malades … C’est pourquoi je me demandais si en faisant référence à l’eugénisme Kouchner , qui semble ne pas apprécier cette loi, n’avait pas fait le rapprochement avec Hitler qui en son temps favorisait le choix de la naissance et de la mort.
    Pour ce que vous dites concernant les  » médecines » parallèles je pense que nous sommes tous d’accord et que si le confort moral y trouve son compte elles ne font pas de mal à condition de ne pas les substituer au traitement que la science nous apporte.

    Commentaire par Scaramouche — 29/06/2014 @ 04:31

  37. @ Scaramouche

    Vous évoquez une «obligation de réussite » or, en droit, elle ne peut être qu’une simple obligation de moyens chez le médecin c’est-à-dire celle dans laquelle existe un aléa ou qui nécessite l’intervention du débiteur qui promet d’apporter tous ses soins et diligences à sa mission, mais ne s’engage pas sur son succès : il est tenu d’employer tous les « moyens » possibles pour procurer satisfaction à son patient mais ne peut pas garantir le résultat.

    Si elle n’est pas respectée, elle ne peut pas pour autant entrainer la responsabilité immédiate du médecin : il faut prouver que ce dernier a commis une faute, un manque de soins par exemple.

    On ne saurait demander à un médecin de guérir du cancer ou du sida, par exemple, etc… a fortiori lorsque l’on voit que même le simple eczéma du fils de Zarga ne peut être soulagé.

    En ce sens la responsabilité du médecin ne peut donc reposer sur une obligation de résultat ou de « «réussite ».

    En revanche, selon la formule classique consacrée par la jurisprudence de la Cour de cassation la responsabilité du praticien peut se voir engagée : «en l’état des données de la science acquise ».

    Certes, l’erreur est humaine mais si le médecin commet une faute il doit la réparer. Il ne peut donc pas vous dire, à l’occasion d’un diagnostic prénatal, par exemple, que sur deux banals tests à la rubéole, effectués auprès d’un laboratoire, que c’est la première version du test qui est la bonne parce que négatif.

    Ce qui fût, malheureusement, le cas dans la célèbre mais dramatique affaire dite « N. Perruche » d’un enfant né lourdement handicapé (syndrome de Gregg) à la suite, précisément, d’une erreur d’interprétation par le médecin de la mère des conclusions de l’examen prénatal.

    http://www.courdecassation.fr/jurisprudence_publications_documentation_2/bulletin_information_cour_cassation_27/bulletins_information_2000_1245/no_526_1362/#3

    Si la responsabilité d’un point de vue général est le fait de devoir répondre de ses actes devant une autorité c’est-à-dire d’en assumer les conséquences, d’un point de vue civil, la responsabilité a trait aux rapports du sujet de droit avec ses concitoyens ; or, il ne répond de ses actes que s’ils sont anti-sociaux et causent un dommage à autrui.

    C’est pourquoi la «responsabilité civile» se définit comme l’obligation de réparer les dommages causés à autrui indépendamment de la confiance ou de la fidélité que l’on accorde à son médecin dont l’assurance professionnelle sert aussi de « gage réparateur » contre les erreurs humaines éventuelles, voire de la « réputation » du cabinet médical si elle rarement mise en jeu.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 29/06/2014 @ 10:28

  38. @ Yves D :

    J’ai rencontré une personne qui « enlève le feu », et dont le père possède le même don. Il m’a dit qu’un chef de service d’un hôpital régional demandait régulièrement son aide afin de soulager certains patients, atteints de graves brûlures.

    Il me semble (mais Dorine pourra corriger) que le devoir du médecin n’est pas avant tout de guérir le patient, mais de le soulager… nuance.

    Dans le cadre du soulagement à apporter, je considère que le « rebouteux-magnétiseur-guérisseur » a sa place, même si on ne comprend pas encore les tenants et aboutissants de la chose.

    Enfin, même si je n’ai pas fait d’études de médecine, je suis tenant d’un principe simple : l’absence de preuves ne saurait raisonnablement être considérée comme une preuve de l’absence.

    Ça vaut ce que ça vaut…

    Commentaire par Zarga — 29/06/2014 @ 11:05

  39. @Chevalier Bayard. Merci de rappeler les textes de lois et de rappeler que les médecins n’ont pas obligation de réussite. Cependant, je me souviens qu’un médecin peut être condamné pour perte de chance d’un malade, c’est à dire, que si le malade a un handicap qui n’a rien à voir avec le traitement du médecin, mais que le dit traitement n’a pas été donné dans les règles de l’art, le médecin est condamné pour perte de chance du malade. Est ce toujours en vigueur.?

    Je sais qu’il y avait eu à l’assemblée nationale une discussion pour savoir si on pouvait dissimuler des problèmes dûs à sa santé, au médecin. C’est ce qui avait été intitulé le droit au masquage. Est ce toujours en vigueur?

    Entre le principe de précaution mis dans la constitution,et perte de chances, droit au masquage, etc…je ne vous cache pas que je refuse de faire certains actes de confort à des clients que « je ne sens pas ». Et je me souviens d’un confrère à l’époque qui m’avait dit de ne surtout pas prendre dans ma voiture pour l’amener rapidement aux urgences un enfant qui fait une laryngite striduleuse, au cas où il décéderai dans ma voiture parce que je pourrais être condamnée par la justice. je ne sais pas si la justice est devenue plus raisonnable, mais avec l’affaire Bonnemaison, on dirait que la justice a plutôt perdu ses repères.

    Ceci dit, il est vrai qu’un médecin peut faire des erreurs et le malade doit être protégé. Comment gérer un manque de temps, manque de sommeil, et manque de vie tout court pour gestion de paperasses et travail. Tous les métiers ont le même problème, y compris la justice, sauf, qu’au moins, on ne manque pas d’avocats.

    @Zarga : je vous comprends tout à fait, et mon éloignement du pouvoir centralisé du fonctionnement de la médecine, me permet de m’affranchir de certaines normes. Néanmoins, il faut savoir que la médecine sélectionne depuis 40 ans des scientifiques et que des études diverses et variées doivent valider un traitement. Je suis donc tenue de donner des traitements validés par nos organismes d’état, eux mêmes aux mains des lobbys.
    Je ne crois pas à l’homéopathie, mais j’ai remarqué que ceux qui se soignent à l’homéopathie ont une hygiène de vie qui leur permet de ne pas tomber souvent malades. Donc, je leur dis surtout de continuer avec leur médecin généraliste. De même, les rebouteux de chez nous enlèvent bien le feu et je n’interdis pas aux malades d’y aller. Mais je ne leur donne pas d’ordonnance pour le rebouteux et je ne l’écris pas dans mon dossier. Lorsque j’ai des tordus dans mon cabinet, je ne leur dis rien du tout……
    La médecine africaine est remarquable pour certains traitements, mais elle a un problème de dosage dont il n’y a pas de transmission orale. Je rêverai qu’un labo honnête qui ne soit pas obligé de reverser son bénéfice aux actionnaires puisse utiliser cette médecine expérimentale pour offrir à la population des traitements simples et pas chers.

    Il faudrait pouvoir trouver un équilibre entre la raison, l’empathie, l’humilité du savoir et le temps. Mais dans une société qui a le vertige, c’est difficile de trouver le chemin de l’humain. Et c’est valable pour tous les métiers.

    Commentaire par Dorine — 29/06/2014 @ 13:34

  40. @ chevalier Bayard

    Je me suis sans doute mal expliquée . L’obligation de réussite n’est pas un droit légal mais moral , une vue de l’esprit qui existe chez la plupart des patients qui jugent un traitement suivant le resultat et sont prompts a dire que le médecin est nul s’ils ne sont pas satisfaits afin d’ en changer facilement .Le médecin « référent  » a réussi à pallier à cet êtat de fait mais il reste qu’avec les informations vraies ou fausses à leur portée les patients ont un jugement plus critiques qu’autrefois et n’hésitent plus à l’exprimer.
    Le devoir du médecin est en effet de soulager mais on en attend la guérison , je crois que c’était la même chose du temps de Molière, seulement le patient ne se piquait pas de discuter les traitements et attaquer le médecin en justice. Les gens de robe avaient la vie plus facile !

    Aliocha dit que Kouchner voudrait rayer le mot « mort » du vocabulaire…Mais quel médecin ne le voudrait pas ? Leur demander de la donner par euthanasie est un non-sens .
    Il y a une différence entre aider un patient à mourir en le soulageant au maximum … et faire la piqûre qui l’enverra ad patres. Pour moi dans un cas on est médecin et dans l’autre un assassin.

    Commentaire par Scaramouche — 29/06/2014 @ 13:56

  41. « Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours. » Louis Pasteur.

    @ Yves D :

    Ce que j’apprécie dans le salon d’Aliocha, c’est la possibilité de digression… elle permet, par une trajectoire courbe (comme un boomerang) de retourner au point de départ (qui semble vous tenir particulièrement à cœur ). Ce faisant, on échange, on partage, et c’est bien agréable.

    Pour en revenir au personnage principal du billet, Bernard Kouchner : Je pense qu’il s’agit de paresse de la part de la rédaction de France Inter. Il y a pléthore de médecins à interroger sur la question. Pourquoi passer par le « Tiers-mondiste deux-tiers mondain » ? Mystère.

    C’est un bon client, et on peut s’attendre à avoir de quoi retenir le chaland au poste de radio.

    Espérons que ce pitoyable épisode servira de leçon.

    Commentaire par Zarga — 29/06/2014 @ 18:00

  42. @ Scaramouche

    Ainsi formulée « l’obligation de réussite » relèverait donc de la croyance légitime au sens de moral.

    Si c’est de dire que cette «obligation de réussite » serait à apporter aux soins en vue de la guérison ça me convient !

    Quant à Molière et son malade imaginaire s’il n’a pas soigné les hommes de la médecine, il a en revanche su corriger les médecins de leur ignorance et de leur barbarie.

    Quant aux querelleurs processifs si le fondement du devoir d’information du médecin, valeur fondamentale du « respect de la personne humaine » est respecté, en l’état des exigences des données acquises de la science leurs revendications pathologiques seront aussi sanctionnées par le légal.

    @ Dorine

    Pour faire court, en matière de responsabilité médicale il faut savoir que c’est un arrêt de 1936 dit Mercier qui a posé l’existence d’un contrat entre le médecin et le patient. Dans ce contrat, le médecin s’oblige à donner au patient des soins attentifs et consciencieux, en tenant compte des données de la science. Mais il est tenu qu’à une obligation de moyens : en effet, s’il est tenu de soigner, il ne peut s’engager à guérir, du fait de la présence de ce qu’on a appelé l’ « aléa thérapeutique » (V. désormais la loi du 4 mars 2002 qui a modifié le système de responsabilité médicale)

    En effet, il n’existe dans le domaine de la médecine nulle certitude que l’on obtiendra la guérison, le malade pouvant présenter des phénomènes de rejet face à un traitement, qui ne peuvent être prédéterminés. Aucun résultat ne peut être garanti.

    Par la suite, une obligation de sécurité de résultat a été reconnue, particulièrement dans les infections nosocomiales c’est-à-dire les infections que le patient a contractées lors de son séjour en hospitalisation.

    En effet, dans ce cadre aucun aléa n’existe : le patient a droit à un résultat déterminé.

    Quant à la perte de chance, en effet, c’est un arrêt du 7 juillet 2011 qui a considérer que : « les fautes des professionnels de santé engagent leur responsabilité dès lors qu’elles font perdre au patient une chance de retarder l’issue fatale que comporte sa maladie et d’avoir une fin de vie meilleure et moins douloureuse, ce qui constitue une éventualité favorable ».

    Autrement dit, l’évolution même inéluctable, de l’état antérieur d’un patient n’exclut pas l’indemnisation sur le fondement du concept de perte de chance.

    S’agissant de la loi Leonetti, pour moi, en 4 articles concis mais clairs, elle proscrit l’acharnement thérapeutique et définit le droit de l’individu de mourir tranquillement. La loi actuelle commande au médecin (qui doit respecter avant tout son serment qui lui dicte de ne pas donner la mort délibérément) de respecter ce vœu. J’observe que « laissez-moi mourir tranquille » n’est pas synonyme de « je veux me suicider ».

    Sur l’affaire Bonnemaison : accepter de prendre la mort quand elle vient, accepter d’accompagner l’autre jusqu’à la mort, attendre la venue de celle-ci sans la provoquer c’est vivre dans la dignité. Je pense qu’il est inopportun et dangereux d’organiser l’aide au suicide.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 29/06/2014 @ 18:20

  43. Merci beaucoup Chevalier Bayard de vos explications claires et concises qui me permettent de mieux saisir ce que la justice attend de nous.
    Je trouve moi aussi, la loi Léonetti appropriée à la plupart des situations de fin de vie.

    Ce que demandent surtout les malades, c’est qu’on leur tienne la main et qu’on allège les souffrances, et quelque fois les souffrances morales sont pires que les physiques.

    Commentaire par Dorine — 29/06/2014 @ 21:28

  44. @Zarga

    Pour moi Kouchner sert de catalyseur au blog d’Aliocha centré sur la puissance des mots et leur valeur , sur une société qui édulcore ces mots pour les rendre plus assimilables, une façon de nous dorer la pilule en quelque sorte… C’est du moins ainsi que je comprends son intervention .
    De là à glisser avec Koucner sur le sujet de l’euthanasie , c’est logique.

    @ Chevalier Bayard

    N’étant pas juriste je suis bien incapable de fournir les précisions que vous donnez et qui sont précieuses, je me place donc du côté de la plupart des patients qui attendent de leur médecin un service quasi commercial , ce que je déplore tout comme l’idée qu’ils détiendraient maintenant sur nous un droit de vie et de mort. ( L’affaire Bonnemaison fait peur. )

    Commentaire par Scaramouche — 30/06/2014 @ 05:56

  45. http://www.prophete-du-sacre-coeur.com/

    Commentaire par figue — 30/06/2014 @ 09:05

  46. @ figue
    Je suis prêt, le saint esprit me possède, c’est merveilleux la grâce des liens reliés qui libèrent,un dieudonné est parmi nous et je dis çà en riant de bon coeur.
    Signé Dupont la vraie joie qui leur fait peur…..aux emmerdeurs/emmerdés…..proprement, les gens dans le besoin qui s’ignore, stade anale + toujours +qui se propage naturellement sur toutes les chaînes.Le bon Dr Kouch a la diarrhée… çà fuit et c’est très prometteur comme la terre du même nom.Le conformisme a de gros soucis a se faire, les appâts deviennent rances, de profundis.La bourse où la vie est une expression qui prend enfin ..vie, all inclusive, tout compris.
    PS: j’ai presque été menacé, gentiment, par un sous traitant d’EDF, d’un crime, ce matin au téléphone: gaspillage d »énergie, le rendement énergétique de ma belle cage n’ est pas aux normes, ils veulent m’aider…….à é c o n o m i s e r.

    Commentaire par georges dubuis — 30/06/2014 @ 10:29

  47. @Figue : je crois que la phrase de l’Evangile : « vous ne savez ni le jour, ni l’heure  » me suffit. Ainsi, pas d’émois ni d’angoisses à propos de ma propre fin ou de celle du monde.

    @ Georges Dubuis : Si vous ne voulez pas de désillusions, ouvrez les yeux. Un prophète ne commence pas par un auto satisfecit. Vous avez plus affaire à une secte qui surfe sur la vague des écrits apocalyptiques. Il y en a plein en ce moment.

    Commentaire par Dorine — 30/06/2014 @ 12:48

  48. La phénoménologie de l’esprit, Dorine, ce n’est ni vague, ni sectaire, c’est toute une Histoire qui se révèle……son essence,son principe, est connaissance/ reconnaissance, dès le départ, bien au delà du soi-disant matériel. Vive la désillusion et assez des illusionnistes, je suis terre à terre sans être atterré. Le pire est derrière nous où avant nous le déluge.
    PS: un conseil de lecture, 1990 La Transparence du mal, réflexions sur les phénomènes extrêmes de Jean Baudrillard, il suffit juste, de remplacer le mot signe, par marchandise et tout devient clair. Intéressant parcours cet homme, entre le manuel et l’intellectuel.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Baudrillard
    Et puis surtout celui là,le modeste Jean Pierre Voyer, le seul vrai critique de Marx la pseudo menace, en 1976, qui me réfléchissait déjà la question essentielle, pourquoi le silence dans les rues ! !
    http://leuven.pagesperso-orange.fr/enquete.htm
    Nous allons goûter,( le goût à déjà pour racine, savoir) ce jeudi, chez lui en Normandie, blinis fait maison, champagne et last but not least conversation.

    Commentaire par georges dubuis — 30/06/2014 @ 21:27

  49. Blaise Matuidi a cassé la jambe d’un joueur du Nigéria qui s’appelle Onazi. Il aurait pas dû écouter Bernard Kouchner…

    Commentaire par Gilbert Duroux — 02/07/2014 @ 03:46

  50. Je suis abasourdi de lire ici cette belle unanimité méprisante contre Kouchner.
    Je l’avais écouté attentivement et du début à la fin sur Inter. Et, honte sur moi, j’ai trouvé son propos d’ensemble extrêmement nuancé, humain, complet.
    Je ne l’ai pas entendu exprimer « l’espoir fou que la réalité suivra et qu’on cessera de mourir ». Mais je l’ai entendu dérouler un argumentaire plaidant pour la maîtrise par chacun des conditions de sa propre mort.
    Il est vrai que dans la première réponse à la première question posée, il cherche à désarmer (maladroitement certes) des connotations fâcheuses bien que fallacieuses du mot euthanasie. Mais j’ai cru comprendre qu’il le faisait en exprimant le risque que celles-ci risquaient dans l’opinion publique large d’être un frein à l’examen du fond. Ce qui n’est pas forcément complètement idiot.
    Ou je suis moi-même aussi idiot que Kouchner. Vis-à-vis des habitants de ce blog, je pense que c’est la conclusion que vous tirerez.

    Commentaire par Ginkgo — 02/07/2014 @ 16:05

  51. oui je sais j’aurais dû me relire :  » le risque que celles-ci risquaient… »

    Commentaire par Ginkgo — 02/07/2014 @ 16:10

  52. @ Ginkgo

    C’est vrai qu’on a fait fort ! Mais le mépris c’est peut-être aussi d’ignorer l’intelligence des hommes. Il n’est pas douteux que nous eussions préféré qu’il nous rappelât l’étymologie grec du mot et le sens donné par nos anciens.

    Mal nommer les choses disait Camus participe à la régression du monde.

    Qu’ une belle conscience, dont on veut bien volontiers excuser la maladresse, puisse torturer ainsi un mot dans une sorte de vilain « barbarisme » d’abord, personnellement, je maintiens c’est crétin, ensuite pour le moins déconcertant !

    Tout comme peut être méprisant le procès d’intention que vous faites sur la valeur que nous pourrions tirer de votre contribution alors même que le principe de ce blog c’est, précisément, d’apporter la contradiction avec intelligence ce que vous faites avec force, ce dont on vous remercie, et qui permet d’enrichir le débat.

    Alors d’accord avec B. Kouchner pour s’interroger sur quel peut bien être le sens de ce rapprochement conceptuel entre le droit à la vie, la protection juridique accordée à une des valeurs fondamentales de l’humanité, et l’euthanasie, cette recherche de la « mort douce » des anciens ?

    Car le paradoxe de ce questionnement est d’autant plus grand que sa formulation semble inscrire l’euthanasie dans une perspective juridique où cette quête de la mort pourrait être l’application d’un droit de l’homme reconnu, le droit à la vie ; à moins que le sens de ce libellé ne soit de dresser face à l’euthanasie, simple revendication sociale, la force du droit à la vie.

    Le droit à la vie serait, suivant les opinions, rempart contre l’euthanasie ou cheval de Troie de celle-ci. Nouer ainsi notre questionnement, c’est assurément poser la question de l’euthanasie au regard de la maîtrise de la vie et du sens que nous lui donnons.

    Et, donc pas d’accord pour la régression du monde…

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 03/07/2014 @ 08:22

  53. Pour conclure en ce qui me concerne : la démocratie c’est le droit du plus grand nombre d’imposer sa loi ou ses goûts aux moins nombreux. Les lois qui sont en principe coercitives nous obligent tous à rentrer dans le moule. Pas vraiment de place pour l’innovation et encore moins la fantaisie et quand vous n’avez pas vocation ou tendance à porter l’uniforme et suivre les godillots tant pis pour vous .
    Donc une partie de la population supporte entre autres le foot ce qui est un moindre mal et verra les dérives de l’euthanasie légale, ce qui est bien plus grave .. et comme on se sent bien dans un pays quand les avantages matériels et autres sont plus importants que les inconvénients beaucoup d’entre-nous commencent à se poser des questions sur ce qui reste de la joie de vivre en France.

    Commentaire par Scaramouche — 05/07/2014 @ 10:33

  54. Le mot euthanasie est de toute façon utilisé à tort et à travers. L’euthanasie, c’est la « bonne mort », ça ne préjuge pas des motifs qui ont mené à donner la mort. Le terme désigne aussi bien la peine de mort appliqué aux animaux (tel chien a mordu, tel tribunal le condamne à l’euthanasie), que la mise à mort des animaux souffrants (dans certains pays c’est aussi autorisé pour les humains).

    Commentaire par Tortuga — 12/07/2014 @ 23:14

  55. Et au prochain scandale sexuel, « Dans ‘viol’ il y a ‘vie’ et la vie c’est beau, donc ça ne peut pas être si terrible, un viol. » tant qu’il y est !

    Commentaire par juwai — 08/08/2014 @ 19:28


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