La Plume d'Aliocha

19/10/2012

Ce que je pense de l’affaire Kerviel

Filed under: Affaire Kerviel — laplumedaliocha @ 23:56
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L’arrêt de la Cour d’appel de Paris dans l’affaire Kerviel sera prononcé le 24 octobre. Plusieurs confrères m’ont appelée cette semaine pour connaître mon analyse. Je n’ai évidemment aucune analyse et encore moins de pronostics à proposer sur la décision à venir, même si j’ai assisté au procès et que j’ai une idée sur l’issue. Mais je trouve amusant de constater que si certains préparent leur sujet de mercredi en me demandant d’expliquer ce que j’ai déjà écrit, ce que je comprends très bien, d’autres m’appellent pour un plateau télé une heure avant l’arrêt. Parlons-nous dans ce dernier cas encore de journalisme ou s’agit-il, pour doubler l’instantanéité de Twitter, de se lancer dans la voyance pure ? Toujours est-il qu’il ne me viendrait pas à l’esprit sur un dossier aussi grave, pour Jérôme Kerviel comme pour la Société Générale, de me livrer à ce type de spéculations hasardeuses. J’entends donc décliner car je ne suis pas prête à tout pour faire le zouave sur un plateau télé dans l’espoir de vendre un livre. Soyons un peu sérieux, même si la société ne l’est guère et le monde médiatique moins encore.

Maintenant, pour mes confrères sincèrement intéressés par l’affaire et désireux de connaître mon analyse (qui n’engage que moi), et surtout pour les fidèles de ce blog, la voici :

J’ai écrit ce livre parce que l’affaire m’a passionnée et qu’être journaliste, à mon humble avis, c’est d’abord avoir envie de partager, d’alerter, d’informer, bref de transmettre au plus grand nombre ce qu’on a eu le privilège infini d’observer soi-même d’un événement exceptionnel. En tout cas, c’est ma vision du métier. Je le vis comme une nécessité, une urgence, un besoin irrépressible, celui de partager.

L’affaire Kerviel m’a passionnée parce que pour moi, elle a la dimension d’un mythe moderne, et d’ailleurs j’aurais titré mon livre Le mythe Kerviel, si mon éditeur et le monde médiatique avec lui, ne me l’avait formellement interdit. Que voulez-vous, il y a des mots si usés qu’on ne peut plus les utiliser. Dans un monde de l’hyperbole, lorsqu’un sujet mériterait justement le recours à un mot fort, on découvre que celui-ci est si dévoyé qu’il n’est plus utilisable.

Tant pis. L’intérêt du blog est le corollaire de son travers, à savoir sa gratuité. N’ayant ici rien à vendre, je peux m’autoriser le luxe d’écrire des choses qui ne sont pas considérées comme « vendeuses ». Divine liberté !

L’affaire Kerviel est un mythe moderne à tous les niveaux, observons-en quelques-uns.

La finance : nous avons tous compris depuis 2008 qu’elle gérait nos vies, il n’est donc pas inutile d’observer comment elle fonctionne. Or elle se présente elle-même comme technique, complexe, ultra sophistiquée. L’affaire Kerviel montre en réalité qu’un homme seul (ou avec la complicité de sa hiérarchie, peu importe) peut investir 50 milliards au risque de faire exploser une banque de 150 000 salariés et un système financier à l’époque fragilisé avec elle. Le système n’a pas complètement explosé (indépendamment de cette affaire) et pourtant nous pouvons constater les dégâts sur les peuples. Faut-il être aveugle pour classer ce dossier dans les faits divers appartenant au passé !

– Le monde du travail : nous avons d’un côté un trader qui avoue avoir pété les plombs, être entré dans une spirale infernale, avoir perdu pied avec la réalité, et de l’autre des contrôleurs qui expliquent, pour justifier leur aveuglement, que leur métier ne consiste pas à comprendre les problèmes mais à faire taire les alarmes. Sans compter les cadres qui avouent ne pas lire leurs mails tant ils en reçoivent. Que nous faut-il de plus pour nous interroger :

1. Sur l’environnement professionnel des traders, leur surveillance et leur encadrement.

2. Sur le statut plus général des salariés dans les très grands groupes à qui l’on demande d’appliquer des procédures en considérant qu’elles sont plus fiables que le jugement humain. Le système a trouvé ici sa limite. La sécurité qu’il offre est fausse, les salariés quant à eux se livrent à des tâches mécaniques guère plus enviables que celles du travail à la chaine même s’il est question ici de travail intellectuel et non pas physique. Est-on si loin du problème du burn-out et pire du suicide ? Que nous faut-il de plus pour nous emparer de ce sujet ?

3. Sur les cadres, qui s’appuient sur des systèmes de contrôle défaillants, qui ne tiennent pas compte du risque de fraude, qui délèguent à tour de bras, ne lisent pas leurs mails (et nous, nous les lisons ?), qui sont eux-mêmes victimes de la pression de la rentabilité, etc…

Il n’y a pas ici de quoi remettre en cause le monde du travail, il faut rester raisonnable en tout, mais peut-être des questions à se poser, non ?

– Sur les « process » comme on dit dans le monde de l’audit, ou les procédures pour les indécrottables francophones dans mon genre : quelques rares spécialistes tirent la sonnette d’alarme pour alerter sur le fait que les procédures de management et de contrôle très sophistiqués que l’on met en place pour gérer des groupes de dizaines de milliers de salariés sont potentiellement absurdes et déresponsabilisants. Hier c’était la Société Générale, demain cela peut être le nucléaire. L’idée force qui ressort de cette affaire c’est qu’un homme seul, ou au plus deux ou trois s’il s’avérait que Jérôme Kerviel a été couvert par ses supérieurs, peut faire sauter une banque et même tout un système. De nombreux intellectuels prédisent le développement du phénomène de piraterie quand d’autres mettent en garde contre la fragilité de nos systèmes gigantesques et ultra-sophistiqués. Quand les écouterons-nous ?

– Plus profondément, Jérôme Kerviel  dit lui-même qu’il ne voulait rien d’autre que faire gagner de l’argent à sa banque, ce qui nous interroge sur les salariés d’entreprise soumis à la pression de la rentabilité, sur ce que notre société a à offrir d’autre que l’argent et la célébrité comme gage de réussite d’une vie, et bien d’autres choses encore, je vous renvoie au livre pour le reste. Non pas pour le vendre, mais parce que j’ai une sainte horreur de la psychologie sauvage, de sorte que je me suis effacée derrière l’histoire pour laisser à chacun le soin d’en tirer les conclusions qu’il souhaite sur les motivations du trader. Si Jérôme Kerviel avait été une caricature de trader, roulant en Porsche, habitant dans un 300 m2, fréquentant les boites branchées et les calls girls qui vont avec, nous serions dans un dossier « classique » de rogue trader. Il n’est rien de tout cela. C’est le coeur du mystère. Il se décrit lui-même comme un homme ordinaire et je le crois. Mais alors ? A défaut de me lire moi, je vous renvoie à Houellebecq.

Voilà en gros ce que je pense de l’affaire Kerviel. Parmi ses multiples extravagances, il se trouve qu’elle est tombée dans un angle mort. Certes, les médias en ont parlé comme rarement on a évoqué une affaire judiciaire, tant les enjeux étaient délirants. Mais justement, ces enjeux financiers ont obéré le fond du dossier et pollué le sens de l’histoire. Au départ, je n’avais aucune intention d’écrire ce livre, je signalais inlassablement l’affaire aux professionnels éclairés que je rencontrais dans mon métier, professeurs de droit, économistes, auditeurs, philosophes, financiers en leur demandant de s’intéresser à l’affaire. Et tous me répondaient qu’ils étaient passés à coté, qu’ils avaient cru à une énième affaire de finance folle, que la surmédiatisation les avaient refroidis, mais qu’à m’entendre en faire le récit, ils regrettaient. Alors je m’y suis attelée. Pour la leur livrer, pour qu’ils puissent s’en emparer et en tirer les leçons, tenter d’améliorer les choses, pour qu’elle ne soit pas inutile.

Je n’avais jamais pratiqué le journalisme très chic que l’on qualifie « d’investigation » avant cela, jamais écrit de livre non plus, jamais osé parler d’une banque sans avoir fait une demande officielle au service de communication comme il est d’usage dans le journalisme économique et en particulier avec des acteurs aussi puissants que Société Générale. Je n’ai pas eu le choix, si j’avais fait des demandes officielles d’interview, on m’aurait opposé une fin de non-recevoir ou bien servi de la langue de bois. Alors j’ai posé des questions anodines, dans le cadre d’autres sujets, à des gens en poste dans la banque,  j’ai tourné autour, rencontré des anciens de la Société Générale, recueilli les confidences de professionnels divers et variés en lien avec la SG qui me parlaient en off sans savoir que j’enquêtais.

Et j’ai sorti ce livre avec la peur au ventre de ce qui risquait de m’arriver. Un pigiste c’est fragile, on peut le virer comme on veut, pour une bonne raison ou une mauvaise. Qu’importe,  c’était trop important à mes yeux, cette affaire a été mon journalisme de guerre à moi. Je l’ai racontée en mon âme et conscience. Bien sûr, j’y explique – après avoir lu le dossier en détail de A à Z ce qui représente des milliers de pages et multiplié les interviews durants des mois – en quoi la thèse de Société Générale est crédible (je n’ai pas dit vraie, j’ai dit crédible), mais je dis aussi qu’à mon sens, sa responsabilité  dans cette catastrophe a été sous estimée. Il faut croire que nous vivons dans une société pas si pourrie que cela puisque les seuls retours de la banque j’ai eus, par personne interposée, c’est que le livre était objectif. Quant au clan Kerviel, son avocat me reproche les billets du blog qui le mettent en cause, et je ne peux pas lui en vouloir, ils ne sont effectivement pas en sa faveur. Pour le reste, je préfère me taire.

Un salarié qui ne vole rien, ne détourne rien, qui est juste addict à son travail et qui met en péril un système tout entier, ça interpelle, non ? Surtout quand avec le recul on mesure ce que la défaillance du système financier peut avoir comme impact sur des peuples. Je le répète, demain, cela peut se reproduire n’importe où ailleurs et pourquoi pas dans le nucléaire. Seulement les gens qui savent cela le disent dans des colloques si confidentiels que personne ne les écoute.

Voilà ce que je pense de l’affaire Kerviel.

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82 commentaires »

  1. Je ne suis pas croyant, mais je pense qu’il y a des « miracles » tous les jours dans toutes les entreprises du monde… et c’est sûr que ça fout la trouille de comprendre que c’est également le cas pour le nucléaire, la finance, le sanitaire, … et tant d’autres secteurs pourvoyeurs de catastrophes, dont nous aurions tous à subir les conséquences.

    Il y a une réponse assez simple à ce problème, c’est d’éradiquer les conflits d’intérêts pour tous ceux qui sont censés nous protéger… et on est très loin du compte. En tant qu’ancien CAC, dès la fin des années 90, j’ai donné l’alerte auprès de la Compagnie sur le fait que je n’étais pas d’accord pour appliquer les procédures de certification de comptes d’entreprise de la bulle internet (en l’absence de résultat réel, on nous demandait « juste » de valider des CA et bénéfices futurs)… Le résultat fut immédiat, on m’a retiré mes dossiers…

    En espérant que les « donneurs d’alerte » soient entendus un jour…

    Commentaire par Incognitototo — 20/10/2012 @ 04:14

  2. En France 3 éléments vont à l’encontre d’une décision favorable à Kerviel:
    – l’application de la loi de par la forme et non sur le fond, ce qui permet en général aux juges de se laver les mains sans éprouver le moindre remord.
    – les « preuves ont eu largement le temps de disparaitre ou mieux d’être arrangées par les sbires de Bouton, là nous avons un indice, beaucoup d’intéressés et témoins ont été mutés avec plus ou moins d’avancement selon leur dangerosité.
    – La notion d’honnêteté intellectuelle est absente dans ce débat, l’intérêt supérieur de la banque prime sur ce tout petit Kerviel, mais ça personne ni ne le lui dira dans les yeux ni en fera une confession publique.

    Commentaire par zelectron — 20/10/2012 @ 08:06

  3. … sans oublier tous les avocats et avocates qui se sont « bizarrement dessaisis » de l’affaire

    Commentaire par zelectron — 20/10/2012 @ 08:08

  4. algotrading (or high-frequency trading)
    vitesse faramineuses des opérations/spéculations boursières (trading à haute vitesse, trading algorithmique) les petits porteurs n’ont plus aucune chance, ah! si! celle de se faire « plumer »* encore plus vite!
    Les opérations boursières s’effectuaient hier à la milliseconde, aujourd’hui à la microseconde et demain ?(nano, pico, femto…septillionième) les traders ont été remplacés par des robots-spéculateurs dont les programmes font l’objet de toutes les attentions: mathématiciens, informaticiens et quelques survivants ex-traders reconvertis en conseillers spéculatifs…

    Tirer plus vite que son ombre
    Dans tous les cas de lenteur, l’hypertrading profite de la défaillance du réseau pour engranger des résultats substantiels.
    En résumé les Kerviel et compagnie ont été remplacés pour la plupart par des machines autonomes qui intègrent le minimum de risque pour le maximum de profit permettant accessoirement par un algorithmique de résultat spécifique à l’instant T moins x, de prouver au « client » que sa mise est perdue (pas pour tout le monde bien sûr)
    Les banques sont devenues des usines de fabrication de fausses liasses informatiques plus vraies que vraies à l’usage de leur clients, qui abreuvés de montagnes de chiffres et de discours abscons auxquels les conseillers eux-mêmes ne croient pas un seul instant, perroquets qu’ils sont devenus.
    En conclusion, les Banques ont acquis une puissance telle qu’il est illusoire aujourd’hui ne serait-ce qu’essayer de les combattre (sauf de l’intérieur?)

    nb ce n’est pas le même genre de plumage qui est évoqué ici
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Transactions_%C3%A0_haute_fr%C3%A9quence

    Commentaire par zelectron — 20/10/2012 @ 09:16

  5. Une question m’obsède : qui fut la contrepartie de Kerviel ?
    Car les 5 milliards ont bien profité a quelqu’un. En respectant les règles ?

    Une complicité était potentiellement plausible. Qui a cherché ?

    Commentaire par Pilou — 20/10/2012 @ 09:49

  6. @ laplumedaliocha
    Il est louable de votre part d’avoir résisté à la tentation du plateau télé, à l’attirance fascinante des projecteurs. Félicitations !
    Qu’y a-t-il en effet à dire d’un jugement avant qu’il ne soit rendu ?
    Mais, aussi, à l’opposé, si vous aviez malgré tout accepté, cela n’aurait-il pas été une occasion pour vous de dire ce que vous pensez de l’affaire Kerviel et que vous exprimez si bien dans votre billet ? à savoir que nous sommes des apprentis-sorciers, que les systèmes, les entreprises, les organisations que nous mettons sur pied nous échappent par leur gigantisme et leur toute-puissance, qu’elles nous font courir des risques de plus en plus cataclysmiques, et que l’affaire Kerviel, au-delà de son aspect judiciaire, en est une illustration aussi manifeste que terrifiante …

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 20/10/2012 @ 10:50

  7. @Incognitototo : je me souviens qu’à l’époque, René Ricol me confiait : quand ça va péter, il ne faudra pas venir nous chercher. Ce n’est pas notre faute si on valorise des sociétés pour des sommes folles en bourse alors que nous certifions leurs comptes qui montrent clairement qu’elles ne valent pas un clou. Et ça a pété, mais on est venu les chercher sur Enron… 😉 Notez, c’est parce que je travaille avec vos confrères depuis des années que je mesure les limites des process. Ce sont eux qui attirent mon attention là-dessus. Récemment, un de mes copains CAC qui a une cinquantaine d’années est arrivé chez un Big, à qui il a vendu son cabinet. Quand il a voulu parler d’une boite à son associé, comment elle fonctionnait, son histoire, ses dirigeants, l’associé en question lui a dit : pas la peine, est-ce que tu as coché les cases du dossier….

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/10/2012 @ 11:44

  8. Bonjour Aliocha : en vous lisant j’ai l’impression de lire mes pensées …

    Je m’explique : personne ne lit plus rien, tout le monde délègue tout, tout le monde sait que rien ne tourne rond mais on avance , et cela presque jamais pour un intérêt « Perso »… Simplement pour faire avancer le schmilblick, en sachant que tout l’édifice peut tomber (mais on s’en fiche presque car on se dit que ça devait arriver ?!!?) …

    En resumé : je pense qu’on sait tous qu’on est parvenu à certaines limites … Mais tout le monde le dit à sa façon (dans des cercles plus ou moins larges) , et en étant trop peu impliqué pour se dire qu’on devrait peut être faire quelque chose !!!! ?!? (malheureusement … Ou pas ?)

    Merci en tout cas de permettre cela ici 😉

    Ps : en ayant relu un bouquin récemment sur les grandes crises (économiques et / ou sociales) je réalise, toutes proportions gardées et en sachant que le lien est extrême, qu’il y avait du y avoir un « déclic » ayant conduit à certaines grandes réformes (genre les congés ou repos de tel nombre d’heure par semaine)… Quel serait ce déclic de nos jours (sachant que l’affaire Kerviel n’a finalement pas suscité assez de réaction/conséquences concrètes à mon goût) ???

    Commentaire par Villiv — 20/10/2012 @ 11:48

  9. @zelectron : les avocats qui se sont dessaisis de l’affaire, comme vous dites, ont en réalité été virés par Kerviel lui-même. C’est le cas d’Elisabeth Meyer, de Dupont Moretti, Benaiem, Wassermann. Ne voyez pas du complot partout. Jérôme Kerviel est un client difficile, l’affaire est difficile, les relations qu’il entretient avec les gens sont passionnelles, résultat ? ça clash. Si la cour le condamne, c’est qu’elle estimera que les infractions sont constituées, ce qui est difficilement contestables dès lors que JK l’avoue lui-même. Les points en suspens concernent l’hypothèse d’une complicité de la banque, et, à défaut, du niveau de responsabilité qu’on attache à son aveuglement.

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/10/2012 @ 11:49

  10. Excellent papier pour les mises au point et clarifications. Et je ne peux qu’approuver votre position de ne pas commenter à l’avance un événement qui ne s’est pas encore produit, en l’occurrence le jugement. C’est élémentaire.
    Même si cela contrarie la soif de sensationnalisme qui caractérise un certain nombre de media.

    Et, si je puis me permettre d’ajouter, aussi parce que ce papier nous change agréablement des pleurnicheries récurrentes sur la presse méchante avec Sarkozy quand Seb Musset, que vous citez, a pu montrer que ce n’était rien (chronologiquement, par les moyens, le contenu et le style) à côté du Hollande-bashing, qui non seulement commence aussitôt celui-ci élu, mais relève quant au fond d’une toute autre logique : la contestation de la légitimité d’organisations politiques autres que celle de la droite, à exercer le pouvoir. Ce qui est autrement plus grave que de souligner, critiquer et moquer les travers (bien réels) d’un homme, de sa politique et de ses méthodes.

    http://sebmusset.blogspot.fr/2012/10/LExpress-LePoint-Hollande-Sarkozy.html

    Et pour le débat de vocabulaire concernant l’utilisation du mot voyou par Marianne (qui réitère avec P. Buisson cette semaine) attendons de voir ce que les enquêtes et le travail de la justice permettront d’établir, avant de s’indigner… autant que devant un jugement incompréhensible (précédent article sur l’affaire du viol).

    Commentaire par Schmilblick — 20/10/2012 @ 11:54

  11. @Denis Monod Broca : louable, vous y allez fort 😉 il n’y a rien de louable à s’énerver contre le système. Les journalistes ont tous le même réflexe, aller plus vite que la musique, mais ça conduit souvent à dire et faire des conneries. Un plateau une heure avant, ça sent la demande de pronostic, je n’ai pas envie de jouer les Madame Soleil. J’ai d’autres confrères télé qui, eux, préparent leur sujet en me demandant si les choses ont changé depuis, ça c’est intéressant. Quant au gigantisme, hélas….je discutais récemment avec des avocats spécialisés dans les catastrophes aériennes et maritimes (c’est passionnant), ils disent qu’ils ont moins de dossiers mais des dossiers beaucoup plus graves, ce qui signifie que la sécurité s’est améliorée, mais qu’avec la course au gigantisme, quand il y a une tuile, elle est beaucoup plus grave. On fait maintenant des porte-conteneurs de 18 000 boites….http://fr.wikipedia.org/wiki/Porte-conteneurs

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/10/2012 @ 11:58

  12. @La Plume d’Aliocha
    effectivement, vous soulevez le caractère difficile de Kerviel et simple hypothèse de ma part ne serait-il pas atteint d’un léger trouble cognitif qui en tout état de cause aurait bien servi les intérêts de la Générale et de ses suppôts parangons de vertu.

    Commentaire par zelectron — 20/10/2012 @ 12:07

  13. Merci, Chère hôtesse, c’est pour celà qu’on vous lit et qu’on vous aime…

    Commentaire par araok — 20/10/2012 @ 14:01

  14. @aliocha

    Nous ne revenons toujours à la même chose.= : comment juger de la responsabilité individuelle.

    Lorsque dans une entreprise de commerciaux, l’ambiance général est a expliquer aux commerciaux que pour vendre il faut accepter de de vendre père et mère et qu’on « tape » sur les mauvais, est-ce que celui qui vend père et mère est responsable ?

    Lorsque l’on juge des crimes de guerre est-ce que l’on va cherche chacun des soldats d’une unité qui a tué, violé sur les ordres de la hiérarchie ou en suivant le mouvement ou est-ce que l’on juge le sergent de l’escouade, le capitaine, le commandant ou le général ?

    Je sais que chaque personne a son libre arbitre et qu’elle peut partir, mais c’est papon qu’on a jugé, pas le flic qui est allé rafler les gens chez eux, pourtant si aucun juif n’arrivaient à la gare, il n’y aurait jamais eu de convoi. Papon n’a fait que donner des ordres. pourtant c’est lui le coupable. J’ai l’impression que la responsabilité individuelle est à caractère variable suivant ce qu’on décide de lui faire dire et suivant quels sont les protagonistes du match.

    Mais nous avons aussi nos too big to fail.

    Commentaire par herve_02 — 20/10/2012 @ 14:15

  15. @ La Plume d’Aliocha

    Vous savez René Ricol a été Président de la CNCC de 1985 à 1989, et, de mémoire, il a toujours eu des responsabilités dans les instances dirigeantes aussi bien des CAC que des experts-comptables, sans oublier ses réseaux d’influence… aussi, je veux bien qu’il n’ait pas été dupe de ce qui se passait (le contraire serait inquiétant), mais alors pourquoi n’avoir rien fait ?

    C’est la question que je pose, quand je parle des conflits d’intérêts…

    Pour votre information, à l’époque la CNCC proposait des stages aux CAC pour apprendre à valider les comptes des sociétés du secteur Internet… en réalité les comptes putatifs de ces sociétés… C’est au cours d’un de ces stages que j’ai fait mon premier « scandale »… que j’ai réitéré en faisant un communiqué à une commission… Je vous ai déjà parlé du résultat…
    Et au cours de ma courte « carrière », où j’intervenais en sous-traitance de CAC en titre, je ne vous parle même pas du nombre de dossiers classiques qui m’ont été retirés à chaque fois que je soulevais un lièvre trop gros…

    Quand un système en arrive à ce niveau de déni des réalités, c’est qu’il est devenu inadapté aux problèmes à traiter.

    Commentaire par Incognitototo — 20/10/2012 @ 15:09

  16. Parmi les mille et une hypothèses: Kerviel serait-il soumis d’un coté à une menace et de l’autre à une récompense pour endosser la faute horrible qu’il a commise auprès de la blanche colombe Générale?

    Commentaire par zelectron — 20/10/2012 @ 15:24

  17. @zelectron

    Je ne crois pas à cela. Il ne fait pas partie du gotha des hauts ingénieurs et considéré comme pas assez intelligent, une « petite main » des « intellos » qui ont construit le système ET ses mécanismes de contrôle dont on a vu toute la puissance.

    Je le vois comme un fusible, un pauvre petit fusible sacrifié pour sauver la carte mère. Le bouffon que l’on fait courir en se moquant de lui.

    Commentaire par herve_02 — 20/10/2012 @ 15:34

  18. @Herve
    Oui, mais vous savez comme moi l’âme humaine si complexe, ce petit fusible peut avoir plusieurs qualités et défauts tout à la fois ?

    Commentaire par zelectron — 20/10/2012 @ 15:52

  19. @Incognitototo : il a aussi présidé le CSOEC puis l’IFAC. Que je sache, les CAC certifient que les comptes sont exacts et sincères, ils ne donnent pas de conseils en investissement. Si une boite fait des pertes et que quelques allumés restent persuadés que ce sera un jour la poule aux oeufs d’or en quoi les CAC sont-ils responsables de cette dinguerie ? C’était ça la mise en garde de Ricol. Et je pense qu’il avait raison. Si la profession doit évoluer à mon sens, c’est sur la notion de scepticisme professionnel avancée en ce moment par bRuxelles dans le cadre de la réforme de l’audit, et puis aussi sur mon sujet fétiche, à savoir les process… 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/10/2012 @ 15:58

  20. @zelectron : vous n’êtes pas le seul à avancer l’hypothèse d’une récompense à venir pour avoir endossé la faute. Je n’y crois pas un instant. JK voue une haine bien trop farouche à Socgen pour qu’on puisse imaginer l’existence d’un accord secret entre lui et la banque. Ou alors on est en plein thriller à rebondissements….

    @Herve_02 : c’est peut être plus subtile. Je pense qu’il a pu bénéficier d’une tolérance de dépassement parce qu’il se débrouillait pas mal, ce qui lui permet aujourd’hui de dire que la banque savait. Qu’il dépassait un peu, c’est possible, qu’il avait engagé deux fois 30 milliards puis 50, je n’y crois pas. Mais cette petite zone d’ombre permet aux deux camps de jurer la main sur le coeur qu’ils disent la vérité 😉 Quant au problème de diplôme, il a du se poser, JK nie avoir fait un complexe vis à vis des X, mouais, je n’en suis pas persuadée. Quant aux X, il serait logique qu’il l’aient traité comme une bête curieuse. Sa formation universitaire explique peut-être la rage qu’il a inspirée à la banque, je ne pense pas en revanche qu’elle soit à l’origine de l’affaire.

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/10/2012 @ 16:04

  21. @laplume

    Votre discours _impliquerait_ que tout le monde à la générale (entendre la hiérarchie au dessus de lui) soit honnête et gère en bon père de famille, sans montage complexe destiné à entuber celui qui passe, sans circuit complexe passant par des endroits ou l’eau et le ciel est excessivement bleu, ou tout le monde à un respect des règles et le loi comme axiome de leur pratiques professionnelles.

    Nous aurions donc des gens clean sur eux comme des communiants contre un mecs qui a pété un plomb : ils n’ont pas essayé de l’accuser d’être malhonnête car je crois que la réponse aurait été bien trop forte. Il n’y a que sur les blogs que la « cabale » à présenté kerviel comme un rogue chose. Venant de personnes qui connaissent des gens de la générale, ca fait juste sourire.

    Enfin OUI la thèse de la générale est crédible si personne ne fait son travail, ne lit les mails, ne regarde les résultats, ne sent le sens du vent, n’écoute ce qu’il se dit sur la place, ne verrouille les consoles de trading, ne vérifient les documents… Comment avec de l’informatique qui se chiffre en milliards on vérifie les positions d’un trader sur un fichier Excell qu’il transmet lui même ?

    Comment je peux arriver à imaginer, moi, qu’un trader, payé une fortune (son temps de travail est précieux), qui travailles avec des ordinateurs et des gens d’une compétence extrême, avec la véracité d’une informatique : une ordre passé est passé, un ordre qui n’existe pas n’existe pas, comment on lui demande de REMPLIR DU FICHIER EXCELL alors qu’un simple script que n’importe quel barbus dans la salle info tout en bas est capable de pondre en 2 minutes peut donner la même information avec Zéro travail ?

    Comment on construit des procédures pour permettre de les contourner et affirmer la main sur le coeur qu’il ne faut pas les contourner ? la question est exactement là. Mais on pose une autre question est-ce que JK à détourner les procédures : oui il les a détourné et on arrête là. Mais on les a détournées, pas parce qu’elle sont détournables, mais parce qu’elle sont faites pour être détournées et que son travail consistait à les détourner sans se faire prendre. C’est mon opinion. Et aucun instruction n’a été faite dans ce sens. too big to fail. C’était une instruction politique.

    Oui il a commis le délit mais OUI c’était ce pourquoi il était payé.

    Enfin la générale (et les grands institutions financières) savent que leur masse de trésorerie leur permettent de jouer sur les marché et de presque toujours gagner comme une martingale sans limite. ET dans l’esprit du monde économique la croissance est infinie, donc les futures ne peuvent, à terme que monter. DONC en se positionnant à la hausse, si on a assez de cash et suffisamment de temps, on est presque OBLIGÉ de gagner, suffit juste de couvrir les pertes en attendant le solde positif.

    Sauf quand ca merde, et là ca a merdé. Parce qu’il il n’avait pas le droit de faire 50 milliards, il avait juste de droit de jouer avec 100 millions ? avec un peu de dépassement ? combien ? Parce qu’on le répète parfois, bien que ce ne soit pas la question, si JK avait fait gagner 5 milliards aurait-il été lourdé ? on aurait du maquiller comment ils les avaient gagnés parce que ce n’est pas loi-compliant mais il serait encore en place.

    Et qui a fait la culbute des 5 milliards ? parce que le cours est revenu au dessus dans les semaines qui ont suivie le débouclage ? soit c’est personne et tout le monde et pouff le complot disparaît, soit c’est une société dans ces iles ou tout est si bleu… eh … comment dire…. vite gagnés les 5 milliards, mais là aussi, pas d’enquête. C’est comme pour la pollution de l’eau, on ne cherche que ce que l’on veut trouver.

    Commentaire par herve_02 — 20/10/2012 @ 16:50

  22. @ La Plume d’Aliocha : ce n’est pas le problème du CAC de savoir si une entreprise est rentable ou pas… mais c’est quand même le sien de refuser la certification sur des comptes pourris, de déclencher des procédures d’alertes quand la pérennité de l’entreprise est en jeu, et aussi de signaler au proc les faits délictueux découverts ; ce qui était le cas de nombreuses entreprises déjà cotées à l’époque… Mais également, plus tard, de la plupart des banques qui ont eu à pâtir de la crise financière…

    Le coeur du problème, c’est plutôt que les CAC ne devraient en aucune manière être payés par les entreprises qu’ils contrôlent et que les mandats soient raccourcis à 3 ans avec obligation de nouveau CAC à l’issue du mandat, de façon à ce qu’il n’y ait aucune collusion qui puisse se créer, ni peur de mordre la main qui les nourrit… mais bien évidemment, ce n’est pas Ricol, ni tant d’autres, qui risquent de proposer ce genre de réforme… puisqu’ayant payé leur clientèle pour s’installer, il verrait d’un mauvais oeil de ne plus en profiter…

    Ces schémas de conflits d’intérêts expliquent bien des choses, même nos problèmes dé sécurité nucléaire…

    On a vraiment besoin de refaire une nuit du 4 août en France…

    Commentaire par Incognitototo — 20/10/2012 @ 20:26

  23. « Un salarié qui ne vole rien, ne détourne rien, qui est juste addict à son travail et qui met en péril un système tout entier, ça interpelle, non ?  »

    C’est pour ça, d’ailleurs, qu’il a été interpellé!…

    Commentaire par Alix — 20/10/2012 @ 21:55

  24. Sur le nucléaire, je crois que toute personne qui connaît directement un agent edf travaillant en particulier en salle de commande dans une centrale sait comment les choses se passent. Je pourrais faire une compilation d’anecdotes sur la sécurité dignes des Simpsons, sauf que les anecdotes sont réelles et font froid dans le dos. Un journaliste aurait de quoi enquêter.

    Commentaire par totoro — 21/10/2012 @ 03:30

  25. @Incongitototo : en GB il y a des CAC qui restent plus de 100 ans en poste (les cabinets pas les hommes 😉 ) C’est pourquoi justement Michel Barnier propose en ce moment à Bruxelles la rotation automatique tous les six ans, les firmes d’audit pur (démantèlement des Big) etc. La profession française propose sa solution : deux cabinets pour les sociétés qui établissent des comptes consolidés. C’est pas plus cher et ça permet un double regard, mais nos voisins européens trainent la patte. Quant à les faire rémunérer par quelqu’un d’autre que la boite qu’ils auditent, d’accord mais qui ? Je me souviens qu’il y a une dizaine d’années, un de mes copains magistrats avaient blagué à une tribune en proposant de les fonctionnariser, ce qui lui avait valu une invitation à déjeuner immédiate de Ricol (pdt CSOEC à l’époque) et de Kling, président de la CNCC 😉 Moi j’en ai vu fonctionner un dans la boite d’un copain. Ledit copain, sur le conseil maladroit d’un avocat, avait fait un ABS sans le vouloir dans un montage compliqué entre les sociétés de son groupe. Le CAC qui le connaissait depuis 20 ans l’a dénoncé au proc’ en lui disant : vous avez fait une connerie, je dénonce, il est hors de question que je mette en péril mon cabinet ( c’était Sallustro-Reydel). Comme quoi, ça fonctionne. N’oubliez pas que ces cabinets tiennent à leur peau…

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/10/2012 @ 10:18

  26. @totoro : hélas…ensuite, la question à se poser c’est celle de l’erreur humaine. J’ai rencontré récemment des avocats spécialisés dans les naufrages, ils disent que 85% d’entre eux sont dus à une erreur humaine. Je suppose que la mise en place de procédures vise à pallier le problème de l’erreur humaine, l’ennui c’est qu’elles-mêmes peuvent devenir absurdes et dangereuses, de sorte que c’est très compliqué de trouver la bonne solution. Dans une société allergique au risque, il faut peut être aussi apprendre à admettre que le risque zéro n’existe pas. Mais entre le risque zéro et la catastrophe déclenchée par une déresponsabilisation générale ou un irrespect des réglementations de sécurité, il y a un pas.

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/10/2012 @ 10:35

  27. @herve_02 : tout le monde vertueux chez Socgen ? Je dis le contraire, tous coupables, l’un d’avoir pété les plombs, les autres de négligence. Une des leçons, c’est justement que tous ces gens très intelligents qui regardent la planète de haut sont en réalité faillibles. Comme tout le monde. Sauf que lorsqu’ils débloquent, les conséquences sont graves. Vous n’apercevez qu’une question de degré entre JK et ses collègues, vous avez raison, c’est aussi son argument, il a juste fait pire que les autres. Mais vous savez, le « crime » (ici il s’agit de délits, j’emploie crime par commodité) n’est pas une différence de nature, c’est justement une différence de degré. Si vous appelez vos copains du bureau toute la journée et que vous êtes salarié, vous faite de l’abus de confiance, si vous êtes dirigeant, de l’ABS. Toujours est-il que vous utilisez vos outils de travail dans un objectif autre que l’entreprise. Tout le monde le fait, et on ne dit rien parce que ce serait absurde, il faudrait poursuivre le monde entier. En revanche, si vous utilisez les ouvriers de votre boite pour construire votre piscine le soir aux frais de la boite, la justice cogne. Question de degré 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/10/2012 @ 10:52

  28. @ La Plume d’Aliocha,

    Vous savez des contre-exemples de collusion et de cabinets qui « ferment les yeux », je peux vous en citer quelques centaines… Ne serait-ce qu’en ce moment, les CAC des groupes bancaires ont certifié des comptes, où figurent des créances de gré à gré qui n’ont pas été provisionnées, alors qu’elles ne valent pas un kopeck, parce qu’elles sont incessibles… Pourquoi ont-ils certifié sans réserve ? Pourquoi n’ont-ils pas lancé des procédures d’alerte ?… Je ne peux pas imaginer que la perte d’un client (au renouvellement de mandat) qui représente un important apport d’honoraires pour eux, ne soit pas toujours une question qui pose dilemme…

    Je l’ai vécu… J’ai toujours eu toutes les peines du monde, et n’ai pas toujours réussi, à ce que les CAC en titre prennent leurs responsabilités, alors que les éléments étaient accablants… Sur une procédure de signalement, jusqu’à la fin de mon stage, le CAC en titre m’a reproché de lui avoir fait perdre ses honoraires et le client, alors qu’il s’agissait quand même d’un système de cavalerie mis en place entre des filiales avec un triple circuit de facturation…
    Les cabinets tiennent plus à leurs honoraires qu’à leur peau, parce que vous remarquerez que très peu sont mis en cause dans tous les scandales financiers (sauf pour Enron, mais là on est carrément dans un cas de fourniture de moyens frauduleux)… Pour une raison simple, c’est qu’ils ont une obligation de moyens pas de résultat, pire ils n’ont statutairement pas l’obligation de rechercher systématiquement les malversations (sauf quand ils y sont directement confrontés comme dans le dernier cas que vous citez)…

    Qui paye ? La réponse à votre question est simple… Les entreprises qui ont obligation d’avoir des CAC payent à la CNCC (de toute façon, les honoraires sont règlementés), et la CNCC redistribue les dossiers en fonction des spécialités des CAC inscrits et en faisant tourner les affectations, tous les 3 ans. On règle d’un coup tous les problèmes que nous évoquons, même le démantèlement des big…

    Commentaire par Incognitototo — 21/10/2012 @ 14:33

  29. @laplume

    Ce n’est qu’une question de degré… c’est, je dirais, juste une question de choix, de votre choix d’arrêter la décision comme cela. Si c’était une question de degré, ce serait un flambeur.

    Vous pensez que tout le monde est coupable, surtout JK, à cause du degré. Je ne suis pas d’accord parce que si tout le monde est coupable, personne ne l’est. Là c’est juste lui. Je pense que tout le monde est coupable parce que c’était dans son travail de truander les contrôles. La preuve : d’autres traders utilisent ce phénomène de cash flow qui reporte en avant des bénéfices : cela veut dire que le système est fait pour que l’on puisse l’utiliser. Cela veut dire que les outils sont fait exprès pour que l’on puisse le faire et donc le faire ce n’est pas un délit. On peut décider que évidemment jouer 50 milliards (enfin c’est exagéré, c’est juste l’encours et ce n’est pas sur une table de poker, ce sont des lignes de titres, donc il n’y a aucune possibilité de perdre 50 milliards, de plus les futures se jouent avec effet de levier, je ne sais plus les chiffres, mais c’est de mémoire de l’ordre de 10% le déposit donc il a joué disons 5 milliards et il avait 1,2 milliards en poche)

    Vous pensez sérieusement que des entreprises capables de mettre en place des logiciels qui font du trading à la microseconde – ce n’est pas QUE passer l’ordre, c’est aussi DÉCIDER de passer l’ordre en faisant tourner tout plein d’algorithmes – n’arrivent pas à faire un système ou on ne peut pas « truander » ? D’ailleurs ce n’est pas JK qui a déverrouillé sa console : pas d’enquête non plus là dessus.

    Vous pensez sérieusement que tous ces grands ingénieurs sorties des plus hautes écoles sont assez cons, stupides et incapables pour pondre un outil qui n’arrive pas à contrôler les gens qu’ils « dirigent » ? Dans un monde ou tout le monde essaye de bouffer l’autre pour prendre sa place ? sérieusement ?

    Même moi qui ne suis pas aussi intelligent qu’eux je ne pondrais pas une bouse pareille. et pour 1000 fois moins chère.

    Tiens à propos, vous avez vu la presse qui essaye de se suicider ?

    http://linuxfr.org/users/sygne/journaux/la-presse-va-mal

    moi je sors les pop-corn

    Commentaire par herve_02 — 21/10/2012 @ 22:40

  30. Tiens, une autre affaire où le contrôle n’a pas marché, et où une employée a truandé afin d’être bien vue du système… http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/10/21/le-scandale-qui-secoue-la-police-scientifique-americaine/

    Commentaire par Gathar — 22/10/2012 @ 06:47

  31. JK et la horde sauvage…

    Bonjour, chère hôtesse, bonjour aux intervenants souvent judicieux.

    JK et la horde sauvage…(c’est de moi)

    Citation issue de L’arnaque, la finance au-dessus des lois et des rêgles, de Jean de Maillard, magistrat.

    Comment a-t-on concilié a posteriori la croyance dans l’innocence a jamais virginale du marché (la main invisible d’Adam Smith) avec la réalité, bien moins rose, dont la crise des subprimes a soulevé un coin du voile? En imputant à l’avidité de quelques managers, banquiers et traders individuellement cupides- j’insiste sur le terme « individuellement »- le dévoiement de l’économie de marché et son naufrage financier.
    L’économie globalisée aurait finalement plongée dans une immoralité qui, certes, ne lui serait pas consubstantielle- n’exagérons rien- mais contre laquelle elle se serait trouvée sans défense, submergée par une horde de coquins sans foi ni loi surgis d’on ne sait d’où.

    Commentaire par araok — 22/10/2012 @ 10:37

  32. @tout un chacun
    En résumé de résumé et conclusion conclusive nous en sommes à « la finance über alles »

    Commentaire par zelectron — 22/10/2012 @ 11:39

  33. encore un bref commentaire pour rebondir sur le sujet déjà évoqué ci-dessous…

    je veux parler du « plus personne ne lit tous ses e-mails », « plus personne ne décide réellement et/ou n’a conscience des conséquences concrètes de ses actes »,  » tout le monde délègue et plus personne n’est responsable de rien » … etc

    et je rebondis, voire bondis, en relayant l’info suivante :  » Par ailleurs, dans une lettre interne d’Antoine Frérot publiée par Les Echos ce week-end, le patron de Veolia annonce la création pour les hauts cadres du groupe d’une prime exceptionnelle pour le quatrième trimestre 2012 si les objectifs financiers sont atteints  » (trouvée ici : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/veolia-et-suez-en-recul-a-la-bourse-de-paris-apres-leur-dementi-sur-un-rapprochement-22-10-2012-2255431.php )

    ne croyez vous pas qu’une telle décision peut conduire les « cadres » en cause à demander tout et n’importe quoi à leurs surbordonnés… ceux qui bossent quoi… et qui n’auront rien, eux…. !!!??!!

    ah la la, tout cela m’inspire à penser à la seule phrase qui me vient à l’esprit dans ces cas là, toutes proportions gardées et mutatis mutandis bien naturellement :  » pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu’ils font  »

    à suivre????

    Commentaire par villiv — 22/10/2012 @ 14:49

  34. @villiv,
    Vous ne savez rien de ces objectifs et vous les critiquez, et pourtant il s’agit de convertir l’entreprise veolia en paradis terrestre avec bisounours et tout et tout, non?

    Commentaire par zelectron — 22/10/2012 @ 15:31

  35. @villiv …

    bah s’il l’a envoyée par mail, les cadres ne l’auront pas lu.

    Commentaire par herve_02 — 22/10/2012 @ 15:36

  36. @zelectron
    J’avoue m’être enflammé… l’erreur du débutant… parce que vous voulez donc insinuer que le pays Bisounours est ailleurs que celui dans lequel nous vivons … là ou TOUT VA BIEN je veux dire ????? 😉

    @herve_02
    Les « cadres » lisent toujours les e-mails de leurs supérieurs… enfin je crois… rapport aux Bisounours tout ça tout ça 😉

    Commentaire par villiv — 22/10/2012 @ 15:53

  37. @villiv non non ils ont trop de travail et ne lisent jamais leur mail (sauf les spam pour le viagra je crois) ils l’ont dit en long, large et travers pendant le procès JK. D’ailleurs même alliocha confirme : en entreprise personne ne lit ses mails, c’est un truc qu’on ne peut pas comprendre nous, mais chez ceux qui gouvernent le monde, ils ne lisent pas les mails ou alors en travers sans comprendre ce qui a d’écrit (c’est la défense de la société générale)

    Commentaire par herve_02 — 22/10/2012 @ 16:07

  38. @herve_02 : moi je ne gouverne pas le monde et j’en reçois 200 à 300 par jour des mails…je ne lis pas tout, il y en a que je zappe quand j’attends autre chose, d’autres que je jète accidentellement en pensant à un spam, quant à la fâcheuse habitude qu’ont certains de mettre 18 personnes dans la boucle « pour information » là je lis carrément pas. Et lorsque je relance 10 fois quelqu’un pour avoir une réponse à mes propres envois, la réponse est souvent la même « excusez-moi, j’en reçois tellement, je n’avais pas vu ». Bref, que Socgen ait raison ou tort ici ne change rien au fait que nos méthodes de travail sont absurdes. On ne se parle plus au téléphone, même les standardistes ne prennent plus de messages, on s’envoie des mails, de sorte qu’ils croissent de manière exponentielle et deviennent inutiles. Moi ça me rend dingue, mais bon, je suis peut-être juste très sensible 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/10/2012 @ 17:19

  39. @laplumedaliocha
    Il est vrai que l’on ne se parle plus trop par téléphone… mais sincèrement, dans mon métier de juriste, si l’on m’appelait à chaque fois que je reçois un mail, le temps de me souvenir du sujet, de noter ce qui se dit… etc etc.. et ce au lieu de me laisser un « simple » e-mail… je crois qu’il faudrait 26H00 dans une journée 😉
    N’y aurait-il finalement aucun bon système ?? le pigeon, c’était pas mal non… ? ah si, avec le Telex également 😉

    Commentaire par villiv — 22/10/2012 @ 17:24

  40. @Aliocha

    je suis suuuuuuper déçu

    Moi qui vous imaginais bien lisant Fantômette durant votre folle jeunesse, et bien pas un mot sur le papa de la pichounette qui vient de mourrir (le papa)

    Ben alors, même moi (un garçon) je lisais ça!

    Commentaire par fredo — 22/10/2012 @ 18:39

  41. @laplume

    Vous venez de faire une démonstration « d’équivalence en substance » qui justifie vos propos sus-cités.

    J’explique : je gère toute seule mes mails, je n’y connais pas grand chose et je ne m’en sors pas, je connais des personnes (toutes ?) pour qui c’est la même chose … DONC pour tout le monde c’est la même chose.

    Je peux vous assurez que le directeur d’une centrale nucléaire n’a pas de problème à lire le mail qui arrive automatiquement d’un serveur qui surveille les niveaux critiques de je ne sais quoi. Et qu’il attend une réponse (qu’il lira) de la personne en charge de ses seuils. Et je reste intimement persuadé que s’il reçoit un mail du cea ou du service R&D de Aréva, il ne va pas passer à coté. Maintenant qu’il dise, le jour ou il y aura un merde, c’est la faute du technicien de 4ème zone, car je ne lis pas tous les mails, j’en suis persuadé, mais ça n’en fait pas la vérité. Le mail se généralise en milieu professionnel car c’est une __preuve__ que la chose été dite, et devant la mauvaise foi générale, tout le monde se couvre. C’est une bonne excuse pour condamner un troufion, mais ça n’en fait pas une généralité : vous avez déjà raté un mail d’un client qui vous demandais une pige ? Vous avez déjà raté un mail de votre banque qui vous disait que le chèque était revenu impayé ? (70 fois ?)

    La générale à fait passer le message que c’est la faute à pas de chance, mais ça n’est pas vrai. Je gère des serveur et ils m’envoient régulièrement des messages, parfois 2 par jours et parfois 150 par jours (problèmes qui se repassent en boucle) je les lis TOUS : parce que c’est mon métier et parce que c’est de mon devoir de surveiller ce qu’il se passe. Il est impensable de ne pas lire 70 alertes des organismes de contrôle et ne pas avoir une oreille qui se dresse.

    Les incapables disent ne pas lire leurs mails pour entériner le fait que JK soit unique responsable car cela leur a rapporté quelques menues monnaies en réduction d’impôts. Mais si ils ne les lisent pas, c’est qu’ils ne font pas leur travail et donc qu’ils devraient être virés, hors ils ne l’ont pas été, donc ils faisaient leur travail.

    Mais on ne va pas revenir sur le sujet en boucle. La messe est dite : c’est une époque ou le truand peut prospérer sans craindre de l’état qui n’assume plus ses missions. Je peux vous assurez que n’importe lequel de vos amis, connaissances reçoivent un mail leur donnant 10 000 euros (sans envoyer son rib au mail) : il va le voir, à 99%

    Commentaire par herve_02 — 22/10/2012 @ 19:44

  42. une solution particulière aux mails: ouvrir une demi douzaines de boites dont une ou deux codées, pour l’instant ça marche.

    Commentaire par zelectron — 22/10/2012 @ 21:09

  43. @Herve_02 : vous avez raison sur la faille logique, pas forcément sur le fond. Les 70 alertes, en réalité 75 de mémoire, s’étalent sur un an, parmi des centaines d’autres et en direction non pas d’un seul agent mais de plusieurs. Ce n’est pas moi qui subodore, c’est la commission bancaire qui constate l’absence de contrôle transversal par agent, en d’autres termes, il n’y aurait pas eu à l’époque de système alertant sur le fait qu’un agent déclenche plusieurs alertes. Voilà pour la question des contrôles. Ces alertes étaient traitées pour ce qu’on pensait qu’elles étaient, c’est-à-dire des erreurs techniques à corriger, et JK allait voir les controleurs pour leur expliquer que c’était efectivement des erreurs. Sur les mails, qui concernent cette fois la hiérarchie, le N+1 ne connaissait rien au trading, son N+1 lui avait dit, c’est pas grave, moi je suis là et puis tu pourras t’appuyer sur tes traders, ils t’expliqueront. Je veux bien croire que le N+1, comme il le raconte, voyait les problèmes se résoudre au-dessus de sa tête, par un N+2 débordé qui lui-même se reposait sur ses systèmes de contrôle. N’oubliez pas que Delta One n’est pas le coeur du réacteur mais un département de trading ordinaire sans risque spécifiquement majeur.
    Ce qui est amusant dans votre attachement sans faille à la thèse d’une complicité de Socgen, c’est qu’elle vous parait plus scandaleuse qu’une défaillance et qu’en filigrane vous me reprochez d’être naïvement du côté du manche, des enfumeurs. Essayez de comprendre que pour moi, une complicité interne serait d’une affligeante banalité. La finance est folle ? On le sait tous. Les financiers font n’importe quoi pour gagner de l’argent ? Pas un scoop. Mais s’il y a vraiment eu une défaillance, alors on sort du fait divers archi classique de la finance folle pour tomber dans autre chose de bien plus grave. C’est le système pourri qui vous irrite ? Moi c’est le système absurde. Le système dont on me dit qu’il est supersophistiqué et supercomplexe mais complètement sous super contrôle et qui nous révèle finalement une faille béante qui aurait pu être mortelle. voilà, ça, ça me botte. Et ça, ça trouve un écho avec tout ce que j’observe depuis des années. Alors que la finance pourrie, ouais, bof.

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/10/2012 @ 22:32

  44. @laplume

    chacun trouve ce qu’il cherche peut être. Ce que je trouve qui est scandaleux c’est que JK a travaillé comme on travaillait à la boite. Avec peut être plus de volume et qu’il a effectivement dépassé (et de loin) les montants qu’il était autorisé à traiter. Là dessus je n’ai aucun doute.

    Maintenant ca n’en fait pas une affaire pénale. Je crois qu’on dit la même chose en fait :

    Vous dites qu’il y a une défaillance et que le système est faillible et que le scandale est là. Je dis que le système est pourri parce que ces « défaillances » sont voulues pour permettre de jouer en dehors des règles et que le JK à trouvé le moyen ou on lui a expliqué ou on lui a fait comprendre comment faire pour s’affranchir des règles.*

    Ou alors ces règles ne sont en vigueur que pour être tranquille vis à vis des instances de contrôles mais elles n’ont pas une réalité forte au sein de l’entreprise : cette faille béante est voulue pour gagner plus : plus de risques, plus de gains. Et JK est puni pour avoir perdu. On a menti sur lui, sur ses actions et sur les contrôles pour ne pas se faire frapper plus fort.

    Mieux vaut être punis pour défaut de contrôle (et se faire rembourser en impôts) plutôt que d’être puni pour avoir mis en place des procédures permettant de s’exonérer des règles du marché.

    Commentaire par herve_02 — 22/10/2012 @ 23:18

  45. En lisant le début de ce post je me posais la question : quel rapport entre le journalisme et « l’info » ?
    Puis je l’ai oubliée pour mieux lire et partager. Sur nos façons de travailler, surtout. Un jour (et oui, ça fera mal), on comprendra un peu trop tard que l’obsession du zéro-défaut (qui va de pair avec l’obsession hygiéniste, d’ailleurs) est un leurre, qu’à nier la faillibilité des hommes et des process (ah, les process-qui-permettent-aux-professionnels-de-se-recentrer-sur-leur-coeur-de-métier!) on se condamne à une absurdité inhumaine. On comprendra aussi qu’on y croyait si fort qu’on cachait les failles sans même s’apercevoir qu’on trichait en les cachant.
    Un mythe, oui, trois fois oui !
    Bonne continuation, Aliocha ^

    Commentaire par secondflore — 23/10/2012 @ 09:16

  46. Intéressante interview : http://www.lejdd.fr/Economie/Entreprises/Actualite/La-Societe-generale-a-fabrique-Kerviel-570628

    @Herve_02 : non, je ne pense pas un instant que ces défaillances soient voulues pour s’exonérer des règles. En revanche, que les fonctions de contrôle qui coutent et ne rapportent rien soient sous estimées au regard du travail à faire, c’est plus que possible. J’ai eu une discussion ce matin avec quelqu’un de très bien informé qui m’a confirmé ce que je pensais, JK a déliré, la banque ne savait rien, les contrôles souffrent d’un vrai problème de moyens.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/10/2012 @ 15:20

  47. Oui, ce que dit cet article sorti hier est juste et plutot mesure.

    Neanmoins il faut remettre ces propos en perspective quand on sait qui est Marc Litzler.

    Monsieur Litzler est lui meme un X (c’est lui qui parle de Polytechnique, non qu’il crache a proprement parler dans la soupe mais bon). Il a fait partie de ceux qui ont bati la forteresse derives actions de la SG avant d’etre plus ou moins ecarte dans la douleur au profit de J.-P. Mustier et C. Mianne. Il a alors ete recupere par le Credit Agricole qui l’a place assez vite a la tete de sa banque d’investissement pour faire une SGCIB bis. Et on connait la suite, le Credit Agricole et les subprimes …

    Vous allez me dire a juste titre qu’au moins il connait son sujet. Certes. Mais, si la SG a fabrique Kerviel, il me semble que M. Litzler a fait au moins au debut partie de ces artisans « a la culture extremement egoiste ».

    Commentaire par Maelle — 23/10/2012 @ 16:36

  48. Pour en revenir a votre papier, Aliocha, il y a en effet du sens (non galvaude) a parler de mythe dans cette affaire Kerviel, non seulement pour Jerome K. lui meme (en particulier, comment un trader a la personnalite elusive, pour ne pas dire opaque, a-t-il pu devenir le symbole anti finance pour une partie de l’opinion ?) mais aussi pour la Banque avec un grand B dont beaucoup ont une vision fantasmee, ce qui explique cette these pour moi abracadabrante du complot.

    Par ailleurs, vous analysez bien dans votre discussion avec Herve les deficiences de controle qui ont eu lieu a la SG.
    Mais la comparaison que vous faites avec le nucleaire ne me semble pas completement pertinente car cela n’a rien a voir, il y a une difference de nature. Non, cela ne se passera pas dans le nucleaire, du moins pas comme ca. Une catastrophe dans une centrale p.ex. peut se produire bien evidemment, tout systeme est faillible, mais ce ne sera pas liee a un climat general et surtout assume de laxisme dans les procedures de securite. Je connais certaines personnes travaillant au coeur du nucleaire, si je puis dire, qui ont ete abasourdies par ce qui s’est passe avec Kerviel a la SG. Ce qu’elles ne comprenaient pas, c’est que, dans le monde de la finance, ce ne sont pas des vies humaines qui sont en jeu mais seulement de l’argent … La securite  n’est pas vitale et, comme vous le dites, coute. En plus, l’argent ca circule vite, pas le temps de tout controler. C’est comme ca. Il faut bien sur renforcer les controles des risques sur le trading floor, mais la securite ne peut pas etre un absolu comme dans le nucleaire, il faut trouver un juste milieu, un risque acceptable.

    Commentaire par Maelle — 23/10/2012 @ 17:16

  49. Une fois de plus : bravo Aliocha. Je vais acheter votre livre pour, au moins, participer aux droits d’auteur au cas ou votre travail de pigiste soit compromis. Mais je vous rassure, avec des raisonnements aussi honnêtes et pointus que les vôtres, je ne me fais pas de souci quant à votre avenir.
    Amicalement

    Commentaire par Magfuel — 23/10/2012 @ 18:17

  50. @Magfuel : c’est gentil, vous verrez, l’affaire est vraiment passionnante !

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/10/2012 @ 20:37

  51. Bon, pour ceux que cela amuse, je me suis laissée convaincre par France 24 et LCI, dans les deux cas, il ne s’agit pas de faire des pronostics, mais d’expliquer ce que j’ai livré ici en substance. Enregistrement aujourd’hui, diffusion demain pour France 24. En direct je crois demain 12h15 sur LCI. Je le dis par souci de transparence, parce que franchement, j’ai horreur de l’exercice et moins il y a aura de témoins, plus je serai contente 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/10/2012 @ 20:41

  52. @laplume

    moins il y aura de témoins de plus vous serez contente, donc vous donnez avec attention les 2 heures de passages.

    on vit vraiment une société folle.

    Commentaire par herve_02 — 23/10/2012 @ 20:57

  53. @Herve_02 je serais bien en peine de donner les deux heures de passage, je n’en sais rien. France 24 ne me l’a pas dit, LCI non plus, j’ai donné les deux enregistrements, celui d’hier et mon rdv d’aujourd’hui, ce qui renvoie au fait que je ne voulais pas faire de pronostics avant, mais on m’a assurée que ce n’était pas le cas. Cela montre, puisqu’on parle ici de journalisme, que les confrères TV préparent leur sujets à l’avance et que ce que vous voyez le jour J a été enregistré avant le plus souvent. C’est tout. Pas la peine de vous mettre la rate au cours bouillon 😉 Quant au fait que je n’aime pas, c’est vrai. Quand je me suis vue sur BFM en juin au réveil, j’ai coupé le poste. Simplement, je pense qu’il y a des fois où il faut se secouer et accepter de faire des choses stressantes au lieu de toujours critiquer. Etre filmé est très angoissant quand on est sauvage comme moi, ne pas savoir ce qu’on fera de votre discours est flippant (je comprends les gens qui fuient les médias, d’ailleurs je le savais intuitivement avant de me livrer à l’exercice), quant à un direct, c’est une torture. Seulement voilà, je n’aime pas le comportement qui consiste à se mettre à l’écart du système et à chouiner ensuite parce qu’on n’est pas entendu alors qu’on estime avoir quelque chose à dire. Alors j’y vais, et ensuite inch’allah.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/10/2012 @ 09:21

  54. Que Kerviel soit coupable d’une partie des chefs d’accusation qui lui ont été signifiés, c’est normal, mais au final, la Générale, son PDG, ses directeurs et toute la hiérarchie (staff) s’en sortent blanc comme neige, pas la moindre peccadille à leur reprocher, c’est un miracle d’hypocrisie judiciaire, c’est inique ! A mon point de vue il y a une solidarité de responsabilité qui est déniée purement (si l’on peut dire) et simplement.

    Commentaire par zelectron — 24/10/2012 @ 09:22

  55. Stéphane Durand-Souffland toujours aussi bien informé et judicieux : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/10/24/01016-20121024ARTFIG00339-jerome-kerviel-chronique-d-une-defense-evolutive.php

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/10/2012 @ 09:34

  56. @Maelle : ce n’est pas moi qui fais la comparaison avec le nucléaire mais des gens bien plus calés que moi 😉 ce qu’on veut dire, c’est attention aux procédures de management et de contrôle qui font bien sur le papier mais ne tiennent pas compte de l’humain. Dans l’aviation civile, visiblement on en revient des procédures en autorisant les pilotes à s’en extraire en cas de danger imminent, or là il est question de vies humaines. Maintenant j’ose espérer en effet que les moyens alloués à la sécurité dans le nucléaire sont traités plus sérieusement que dans la banque. A ceci près que la crise des subprimes puis celle de la dette souveraine nous ont montré que la finance pouvait aussi, à un certain niveau de crise, avoir un impact sur les vies, non ? 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/10/2012 @ 09:41

  57. Hervé s’est activé tous azimuts pour expliquer que la justice ne condamne pas sans preuve à propos de l’affaire de viol jugée au tribunal de Bobigny, car, dans un Etat de droit elle s’en tient aux principes juridiques qui la régissent. Il est curieux que Hervé, à l’occasion du procès Kerviel qui a à juger des responsabilités de celui-ci sur une affaire précise, revienne dire que le véritable objet du procès est ailleurs et devrait être autre car la justice devrait mettre en cause le système bancaire lui-même.
    Comme si c’était au pouvoir de la justice et comme si c’était son rôle.

    Ces mises en cause, de la manière dont sont sanctionnés les viols, comme du système financier que font tourner les banques, sont parfaitement légitimes, toutes deux, mais ce sont des critiques politiques, extérieures au fonctionnement de la justice.
    Dans le premier cas, l’approche politique et militante vaut aux groupes féministes des injures à répétition, dans le second, l’approche politique et militante est le point d’appui invoqué pour mettre en cause le fonctionnement de la justice.

    Cette confusion des registres est le choix, et peut-être l’erreur, de la défense de Jérôme Kerviel. Il a choisi, contre l’avis de ses avocats, de mettre en avant un argument qui, personnellement, me semble irrecevable pour un tribunal car il repose sur une faute de raisonnement. St Durand-Souffland l’explique fort clairement.

    Ce n’est que mon impression personnelle, bien sûr.

    Commentaire par Schmilblick — 24/10/2012 @ 10:49

  58. @Smilblick,
    parfaitement d’accord légitimité ne veux dire ni honnêteté, ni morale, ni bien-séance, ni loyauté… la forme l’emporte sur le fond.

    Commentaire par zelectron — 24/10/2012 @ 11:08

  59. Bonjour Aliocha.

    On peut toujours comparer, mais le risque dans les banques n’est pas et ne peut etre un absolu comme dans le nucleaire ou encore l’aviation. 

    Pour avoir discute moi aussi avec quelques personnes travaillant dans le nucleaire (dont un cadre dirigeant), j’ai compris que leur stupefaction sur ce qui s’etait passe a la SG avec J. Kerviel venait essentiellement du fait qu’ils ne comprenaient pas vraiment comment fonctionne une banque d’investissement, ou la gestion du risque est toujours un compromis. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille s’abstenir de rechercher l’optimisation …

    Petite digression. Vous ne vous etes jamais demande pourquoi la valise contenant les codes de securite nucleaire etait donnee a un colonel. Quel boulot ingrat, apres tout, porter une valise derriere le president ! Mais l’armee ne confierait jamais cette mission a un sous-off meme champion de karate, et l’ importance de ce qui est dans la valise confere bien sur du prestige a la fonction. 
    Le probleme dans les banques, et je ne parle pas ici du cas Kerviel qui lui a outrepasse ses limites, c’est qu’on a confie d’enormes sommes a de petites equipes plus ou moins encadrees qui devaient les faire bouger aux marges, normalement sans risque, pour gagner de l’argent. On ne voyait plus que la fluctuation, en perdant de vue les liquidites gigantesques qui etaient mises en jeu. Et bien sur tout a pete. Je ne sais pas si ce que je dis avec mes mots de non specialiste est tres clair, mais je pense ici au negative basis.

    Au fait, la crise financiere a un impact sur nos vies, mais on est toujours la non ?!

    Commentaire par Maelle — 24/10/2012 @ 11:17

  60. Juste pour rajouter que je trouve tres juste cette idee de procedures videes de toute substance et qui ne sont la que pour camoufler les disfonctionnements.
    Une des principales explications de la crise des subprimes, c’est que de haut en bas dans la hierarchie des banques, on ne voulait surtout pas savoir, on fermait les yeux tant que l’argent coulait a flots. Pour le dire autrement, tout le monde avait le nez sur le guidon et tracait sa route vers le bonus. Cet aveuglement cupide est en effet on ne peut plus humain ! Ce qu’il faut, c’est sens des responsabilites et distance critique sur le trading floor, mais est-ce seulement possible sur le long terme ?

    Une petite pique en passant : dans les catastrophes aeriennes c’est dans l’immense majorite des cas une defaillance humaine qui est en cause.
    Du reste, le danger aujourd’hui dans l’aviation vient moins  de procedures qui seraient betement appliquees a la lettre que des petits arrangements avec la securite que voudraient bien faire les compagnies low cost.

    Commentaire par Maelle — 24/10/2012 @ 12:17

  61. Peine confirmée: 5 ans dont 3 ferme, remboursements identiques. En route pour la cassation?

    Commentaire par Kaeldric — 24/10/2012 @ 14:01

  62. Bonjour Aliocha

    Je suis un peu déçu que vous ayez en définitive cédé aux sollicitations de France 24 et LCI, quelle que soit le teneur de votre intervention (je ne les ai pas vues).

    En lisant votre billet, j’avais été pris du même vertige que celui que j’avais éprouvé au moment de l’élection du président de la République, lorsque les médias débattaient gravement sur le point de savoir si le jour de l’élection et avant la fermeture des derniers bureaux de vote ils pourraient diffuser le résultat des sondages « sortie des urnes ». Je me disais que les journalistes n’avaient plus aucune conscience de ce qu’était leur métier, qui d’informer sur ce qui s’est passé et non pas d’informer sur ce qui n’est pas encore advenu. Déjà, dans l’affaire Merah, j’avais eu le sentiment que les journalistes s’étaient couverts de ridicule en tenant en live la chronique du temps qui passait et pendant lequel il ne se passait rien. Il me semble que le temps et les moyens utilisés à ces prestations médiocres pourraient être mieux employés pour l’information du public et qu’alors peut-être la presse pourrait rêver à nouveau d’un meilleur avenir que celui qui est promis.

    Même si l’exemple vient de très haut (voyez la brillante intervention de M. Ayrault ce matin), je pense que vous n’auriez pas dû avant le prononcé de l’arrêt. Ce n’est pas votre métier. Voilà, c’est dit.

    J’ai lu votre livre et je pense qu’il appelle un second tome. Non pas pour nous raconter le procès en appel, où de ce j’ai suivi aucun élément vraiment nouveau n’est ressorti, sauf les différences de style dans la manière de présider et dans la manière de défendre. Mais pour prolonger la réflexion, spécialement sur l’efficacité du droit pénal pour sanctionner et si possible prévenir ce type de dysfonctionnement. Le point de départ de votre réflexion, est que le procès pénal, dont la fonction est de faire cesser le scandale causé par l’infraction, non seulement ne l’a pas fait cesser mais l’a même amplifié. Dans l’évolution du droit, la branche du droit pénal est certainement la plus archaïque. N’est-elle pas trop archaïque pour être efficace pour agir pour/contre des systèmes où les responsabilités sont multiples et segmentées ?

    Jérôme Kerviel, comme le public, aurait voulu que son procès pénal soit aussi le procès de la banque. Cette défense était irrémédiablement compromise dès le stade de l’instruction, parce qu’il n’y avait pas de texte qui aurait permis de lancer des investigations. Le seul « outil » intellectuel était celui de la complicité, qui suppose un dessein commun entre l’auteur principal et le complice. Dont acte.

    Je ne suis pas « complotiste », je ne pense pas que la banque savait ni qu’elle faisait exprès de ne pas savoir. Il n’empêche. Dans le courant de l’année 2007, un autre trader avait été licencié pour s’être livré à des agissements comparables à ceux qui sont reprochés à Kerviel ; la commission bancaire en 2007 avait identifié les « béances » (parler de failles c’est trop gentil) du système de sécurité. La banque n’a rien fait. Bien sûr qu’on ne peut pas se prémunir absolument contre tous les agissements délictueux et toutes les fraudes. Mais on sait que ça peut se produire et ne peut-on pas (ne doit-on pas ?) exiger des responsables qu’ils mettent en place les mesures de sécurité nécessaires pour que de telles fraudes, si elles adviennent, ne mettent pas en danger tout le système ? Il existe bien pour les infractions de blessures et d’homicides involontaires un délit de mise en danger de la vie d’autrui. La protection par le droit pénal, en l’état actuel des textes, conduit à déresponsabiliser les « décideurs » au point de leur permettre d’ignorer les avertissements et les mises en garde de leurs autorités de tutelle, de décider en toute bonne conscience de ne pas améliorer un système de sécurité dont il est établi qu’il est facilement contournable.

    Vous terminez votre livre en signalant le procès civil intenté contre la banque comme civilement responsable de son préposé. A l’époque où vous écriviez, le procès n’était pas terminé. Savez-vous ce qu’il en est ? Au-delà de sa responsabilité comme civilement responsable (dont elle pourrait bien être exonérée en conséquence de la condamnation pénale de Jérôme Kerviel), il y a place pour la reconnaissance d’une responsabilité civile pour les fautes civiles commises par les « décideurs » de la Société Générale dans la mise en œuvre des mesures de sécurité pour protéger le système. Dans ce cas, y aurait-il des enseignements à tirer de la définition de la faute au sens civil comparé à la définition de la faute pénale. Le sujet va au-delà de l’affaire Kerviel, de la Société Générale, du secteur financier. Dans quelques semaines, la Cour d’appel de Versailles doit rendre son arrêt dans l’affaire du Concorde. Dans quelques mois ou dans quelques années nous aurons un procès Mediator. les mêmes problèmes se poseront sur l’étendue des devoirs des décideurs en matière de sécurité et sur les devoirs et les pouvoirs de ceux qui les contrôlent. Voilà un beau sujet d’enquête !

    Bon je coupe là pour me brancher sur un canon à dépêches de l’AFP et connaître en direct le sort réservé par la cour à Jérôme Kerviel.

    Commentaire par ranide — 24/10/2012 @ 14:01

  63. Bonjour Aliocha

    Vous qui avez suivi tous les débats devant la Cour d’Appel, est ce que Koubbi a défendu le coté civil de l’affaire ? On a l’impression qu’il a surtout voulu se battre sur le volet pénal sans pour autant chercher à établir un partage des responsabilités.

    Si j’ai bien lu certains articles qui circulent, le jugement de la Cour d’Appel, reprend mot pour mot le motif de condamnation au remboursement. J’ai fais un peu de droit a une époque, et si je me souviens bien, un juge d’appel doit répondre aux arguments soulevés par l’avocat pour justifier une positiion. Or, on al ‘impression qu’il n’a meme pas soulevé ce probleme

    Qu’en est il ?

    Merci pour votre réponse

    Lisa

    Commentaire par Lisa — 24/10/2012 @ 17:09

  64. @Schmilblick

    Non, non je ne demande pas d’accuser la générale sans preuve. La preuve est importante. Il y a eu des indices concordants (des mails, le fait que sur la place de paris les gens savaient..) mais aucune enquête n’a été faite dans ce sens là. L’avocat de Kerviel à demandé 34 actes d’enquêtes qui ont TOUS été rejetés.

    Maintenant je veux bien croire que que certains étaient peut être dilatoires, mais les 34… Par exemple la justice n’a pas saisie les boites mails des supérieurs de JK. Pour faire taire toute théorie du complot, il aurait été simple de sortir les mails des supérieurs et montrer qu’ils n’étaient au courant de rien de ce qu’on les accuse : avoir introduit des données frauduleuses était inconnu des gens de la hiérachie et aucun autre trader ne le faisait.

    Rien de plus, rien de moins. Parce que OUI je n’ai aucun doute qu’on n’a pas autorisé JK à prendre pour 50 milliards de position (en plus c’est un montant qui peut décaler le marché – or il n’a pas été décalé puisqu’il continuait à baisser : est-ce que quelqu’un prenait des positions inverses ? là aussi cela aurait été intéressant de chercher un peu), mais ce n’est pas de cela qu’il est accusé. Il est accusé d’avoir introduit des données frauduleuses.

    Or aucune enquête n’a cherché à savoir si c’était une pratique courante et que tout le monde jouait à cela (même à des montants inférieurs) : si c’était le cas, il n’y a plus faute. Ce que l’on tolère pendant un temps ne peut être reproché à une personne.

    Mais comme j’ai dit plus haut : on ne cherche que ce que l’on veut trouver. Et contrairement aux procès pour viol sans preuve : ce n’est pas paroles contre paroles : il SUFFIT d’expertiser les données de l’époque pour vérifier que TOUTES les lignes correspondent à un véritable mouvement et il suffit de saisir les mails. Mais cela n’a pas été fait.

    Alors non il n’y a aucune preuve de la complicité de la banque, mais en même temps on a pris pour argent comptant tout ce qu’elle a dit. Je ne dis que cela. ET qu’il est juste impensable de ne pas avoir trader par trader un tableau en temps réel de toutes ses positions et il est juste impensable qu’on puise prendre des positions sans les faire passer par le logiciel et il est juste impensable qu’on puisse saisir dans le logiciel des lignes qui ne soient pas des positions sur le marché. La moindre boite d’informatique de plus de 10 ans et avec un minimum de jugeote ne pourrait pas faire un logiciel comme cela. Imaginer que ce soit possible à la générale est impossible.

    Ce n’est même pas un soucis de procédure de contrôle c’est un soucis de conception même du système. Or je ne peux pas croire qu’il ait été conçu pour mal fonctionner.

    Commentaire par herve_02 — 24/10/2012 @ 18:58

  65. @laplumedaliocha

    Vous avez bien d’accepter de donner votre avis.
    Pouvez-vous nous mettre un lien afin qu’on voit en replay vos intervention sur LCI et France 24 ?
    Merci d’avance

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 24/10/2012 @ 19:04

  66. Ah bon Herve … Qui savait sur cette fameuse place de Paris ? Et quoi exactement ? Je suis curieuse … Et pourquoi a votre avis l’instruction aurait-elle ete baclee ?

    Quant a ce que vous jugez impensable, je crois que vous n’avez aucune idee de comment fonctionnaient (ou plutot dysfonctionnaient) les banques d’investissement au plus fort de la bulle speculative pre-crack.

    Commentaire par Maelle — 24/10/2012 @ 19:19

  67. @lisa : l’arrêt fait 105 pages, laissez moi le temps de le lire attentivement. Pour une synthèse voyez chez Pascale Robert Diard. Elle explique brièvement que la cour répond à la stratégie de la manipulation.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/10/2012 @ 19:45

  68. @Denis Monod Brocas : si je les trouve….de toute façon, je ne fais que dire en plus court ce que j’explique ici, alors ce n’est pas très important.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/10/2012 @ 19:46

  69. @maelle

    Vous arrivez à imaginer possible qu’une banque dont le métier est de gérer des débits et crédits, sur des centaines de milliers de comptes différents venant de contrepartie d’autres établissements développe un logiciel de « trading » (passer les ordres et les suivre) ou il est possible d’entrer une écriture qui n’a pas de contre-partie, c’est à dire qui n’est pas un ordre (l’opération fictive) et vous arrivez à imaginer qu’on puisse passer des ordres sans la machine (ce qui veut dire créditer/débiter un compte sans que cela apparaisse ? Au tout premier cour de compta on apprend qu’une écriture c’est une pièce et qu’une pièce c’est une écriture : niveau BEP compta (2nde – 15 ans).

    Ce système, c’est le système clear stream : pouvoir faire disparaître des opérations des comptes pour tricher. Mais ca ne peut pas être conceptuellement le cas dans une banque SAUF si la banque triche et qu’elle implémente un système pour tricher.

    Sinon qui savait : il y a eu les enregistrements d’une écoute téléphonique entre un trader de la générale et je ne sais plus qui, qui savait que JK jouait gros, très très gros : il disait même baleine. Et celui qui a relevé puis débloqué la console de trading de JK : lui savait qu’il dépassait les limites.

    Maintenant, dans l’absolu, je m’en moque complètement de l’affaire kerviel, cela ne changera pas ma vie et je ne suis même pas à la générale. Mais rien n’a été fait pour montrer que ce n’est pas une justice de classe. (et dans l’absolu je m’en moque aussi.)

    Commentaire par herve_02 — 24/10/2012 @ 19:50

  70. @Herve_02 : je ne peux pas vous laisser dire cela. Qui savait ? De l’aveu même de JK pas Bouton et pas Mustier. Quand il désigne ceux qui savent, il parle de son N+1 er N+2, sauf que : pas de preuve. Donc la justice ne poursuit pas. Contre JK ? Des tonnes de preuves, plus de 900 opérations fictives, de faux mails etc…C’est quoi pour vous le contraire d’une justice de classe ? Une autre justice de classe. Vous accusez celle-ci de protéger les puissants et vous réclamez donc une justice qui ferait le contraire, qui les écraserait par principe. Mais s’agirait-il alors d’une justice ? Moi j’appelle cela de la vengeance. Vous pouvez critiquer le système, dénoncer la finance folle, mais pas accuser ici la justice de la protéger.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/10/2012 @ 20:02

  71. @laplume j’entends bien et je répète la même chose :

    pourquoi la justice n’a pas saisie les mails ?
    pourquoi la justice n’a pas regardé les opérations écrites de la période : les vraies et les fictives et leurs « propriétaires » ?

    La justice à pris pour argent comptant ce que la générale disait et à automatiquement désavoué tous les témoins qui ne disait pas la même chose que la générale.

    Pourquoi la justice à repris le montant du préjudice fournis par la générale, en recopiant même l’erreur d’opération, sans vérification, sans expertise ?

    Maintenant si vous trouvez que c’est une bonne et vraie justice, moi ça me va. C’est vous la spécialiste espérez juste ne pas vous retrouver un jour contre la bnp ou la cdc…

    Commentaire par herve_02 — 24/10/2012 @ 20:37

  72. @laplume

    d’ailleurs, il faut aller au bout du raisonnement, la finance n’est pas folle, il y a juste 2 ou 3 JK qui agissent dans l’ombre sans que personne ne sache mais tout le reste se passe dans la plus stricte intelligence et légalité.

    Ce n’est pas un soucis de contrôle, ou de conception, ou de management, c’est juste un soucis de 3 ou 4 personnes malhonnêtes.

    Commentaire par herve_02 — 24/10/2012 @ 20:41

  73. Si se système informatique réputé pour être sûr a été violé, alors les informaticiens et les cadres qui n’y ont pris garde doivent aller au trou , non ?

    Commentaire par zelectron — 24/10/2012 @ 21:18

  74. ben non zelectron parce que ca été fait par quelqu’un de malhonnête, et ils l’ont bien dit au procès et sur tous les tons : leur objectif est seulement de faire que ca marche : ils ne traquent pas le malhonnête.

    D’ailleurs je ne sais pas si on peut appeler système informatique un truc ou tout le monde peut rentrer des fausses informations sans contrepartie, moi j’appelle plutôt cela un tableur excell à peine amélioré.

    Commentaire par herve_02 — 24/10/2012 @ 21:24

  75. Alors plutôt Visicalc 🙂

    Commentaire par zelectron — 24/10/2012 @ 21:43

  76. Zelecton,

    non en fait à la générale, ils travaillent encore avec des décalques exacompta et parfois ils oublient de mettre la feuille de l’autre compte en dessous…

    c’est même pas des malhonnêtes en fait, juste qu’avec le nombre d’opérations qu’ils traitent, ca arrive d’oublier de mettre la feuille de contre-partie, ca peut arriver d’oublier… 😉

    Commentaire par herve_02 — 24/10/2012 @ 22:04

  77. @herve_02

    Rien a rajouter a la plume #70… Au fait la Baleine vous etes sur que ce n’est pas plutot chez JP Morgan a Londres.

    Pour le reste, ca se confirme : vous ne savez pas de quoi vous parlez. C’est precisement parce que  la realite des operations financieres est d’une extreme complexite que les systemes informatiques ont beaucoup de mal a suivre. Vous travaillez dans l’informatique peut etre ? Si c’est le cas, vous n’etes pas sans ignorer qu’il y a des boites tres pointues dont c’est le metier de procurer les outils informatiques les plus adequats possibles pour les salles de marche.

    Commentaire par Maelle — 24/10/2012 @ 22:55

  78. @maelle

    oui je sais qu’il y a des boites très pointues. Et je n’imagine pas une seule seconde que ces boites « très pointues » puisse faire des logiciels de trading permettant de saisir des opérations qui n’existent pas… sauf si on leur demande de le faire. Parce que le problème majeur de ces outils ce n’est même pas la sécurité, c’est l’intégrité des données : être certains que chacune des lignes présentes est une réalité et être certain que tout réalité à une ligne présente : cette rêgle est inscrit dans le marbre de la conception, sinon le logiciel ne sert à rien, il est impossible de retrouver une fausse ligne sur des millions, puisque par nature elle n’a aucune réalité, on ne sait pas ce que l’on cherche et le volume de ligne empêche tout pointage à la main.

    De même une fois cette possibilité offerte de rentrer des lignes factices, elle ne peut être permise QUE par certains comptes (opérations de maintenances, test, simulation, contrôle…) ET être obligatoirement taggué comme factices. Si les traders peuvent le faire c’est que la conception même du système DEMANDE que l’on puisse rentrer des opérations fictives pour tout le monde. DONC que c’est utilisable et DONC que ce n’est pas répréhensible.

    Non la réalité des opérations financières ce n’est pas très compliquée. La nature des opérations peut être très complexe suivant le montage du titre, mais la réalité est extrêmement simple : c’est une transaction : un vendeur vend un titre et un acheteur l’achète lorsqu’ils tombent d’accord sur le prix. Que ce soit une action, un futur, une obligation, tout autre titre : c’est aussi simple que cela. D’ailleurs si vous jouiez un peu en bourse, pour vous amuser, vous pouvez voir, en même temps, la courbe de valeur du titre avec le volume des échanges et les « ordres à l’achat et à la vente de tous le marché pour ce titre » : lorsque le prix d’achat et de vente de 2 personnes correspondent la transaction se fait et la valeur du titre sur le marche devient le prix de cette transaction et ainsi de suite sur la journée, jusqu’à la clôture.

    Vouloir faire croire autre chose et expliquer que c’est compliqué c’est juste un moyen pour que ca ne semble pas trop gros. N’importe qui comprend que JK n’a pas pu tout seul miser aussi gros, sur autant de temps, sans que personne ne voit parce que c’est très simple comme mécanique : des ordres d’achats et des ordres de vente. Et n’importe qui peut comprendre facilement que si JK à triché, c’est qu’il a misé plus (beaucoup plus) que ce qu’on lui autorisait de faire, mais la mécanique mise en place pour se couvrir est/était , à mon avis, monnaie courante.

    MAIS l’instruction n’a pas été voir et n’a même pas chercher si ce que faisait JK était une hérésie ou une pratique professionnelle courante : elle a juste écouté la générale qui criait que c’est une hérésie et qu’ils ont pas fait leur travail parce qu’il ne pensait pas que quelqu’un pouvait être malhonnête.

    Pour mémoire, une conversation avant que l’on parle de JK en direct… :
    http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/2010/06/quand-tout-le-march%C3%A9-savait-que-j%C3%A9r%C3%B4me-kerviel-jouait-gros.html

    Commentaire par herve_02 — 25/10/2012 @ 14:52

  79. La S.G. en victime !
    Pour ne se limiter qu’à la période 2007 – 2012, elle a été de tous les coups tordus du monde financier, jusqu’au crime du LIBOR.
    Il semble qu’il y en a encore qui croit à la justice, à son indépendance et à sa compétence…
    Affligeant. Finalement, c’est peut-être cela le plus désespérant… Rien ne change !

    Commentaire par Moussars — 30/10/2012 @ 11:23

  80. […] L’arrêt de la Cour d’appel de Paris dans l’affaire Kerviel sera prononcé le 24 octobre. Plusieurs confrères m’ont appelée cette semaine pour connaître mon analyse. Je n’ai évidemment aucune analyse et encore moins de pronostics à proposer sur la décision à venir, même si j’ai assisté au procès et que j’ai une idée sur l’issue. Mais je trouve amusant de constater que si certains préparent leur sujet de mercredi en me demandant d’expliquer ce que j’ai déjà écrit, ce que je comprends très bien, d’autres m’appellent pour un plateau télé une heure avant l’arrêt. Parlons-nous dans ce dernier cas encore de journalisme ou s’agit-il, pour doubler l’instantanéité de Twitter, de se lancer dans la voyance pure ? Toujours est-il qu’il ne me viendrait pas à l’esprit sur un dossier aussi grave, pour Jérôme Kerviel comme pour la Société Générale, de me livrer à ce type de spéculations hasardeuses. J’entends donc décliner car je ne suis pas prête à tout pour faire le zouave sur un plateau télé dans l’espoir de vendre un livre. Soyons un peu sérieux, même si la société ne l’est guère et le monde médiatique moins encore…      […]

    Ping par Ce que je pense de l’affaire Kerviel | Chronique des Droits de l'Homme | Scoop.it — 01/11/2012 @ 22:18

  81. Pour info http://www.margincall.fr/2012/11/4829.html

    Commentaire par Kaeldric — 20/11/2012 @ 22:05

  82. @Kaeldric
    C’est édulcoré et prudent, il faut savoir lire entre les lignes: très intéressant.

    Commentaire par zelectron — 20/11/2012 @ 22:24


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