La Plume d'Aliocha

08/07/2017

Au secours, le débat se meurt !

Filed under: Mon amie la com',questions d'avenir,Réflexions libres — laplumedaliocha @ 11:54

Muray prédisait il y a quelques temps déjà qu’un jour viendrait où tout le monde penserait la même chose de sorte qu’on ne s’engueulerait plus qu’entre nuances. Ce jour là pourrait arriver plus vite que prévu, tant certains mettent d’énergie à faire disparaître toute possibilité de contradiction à l’intérieur du débat public.

Prenons comme point de départ parfaitement arbitraire tant les symptômes sont nombreux, la création par le Monde du Décodex. Lutter contre les « fake news » est évidemment un objectif aussi important que légitime. Mais comment a-t-on pu considérer un instant de raison que l’un des quotidiens les plus puissants de France (et le groupe de presse qui va avec) pouvait se permettre seul de distribuer des bons et des mauvais points à ses concurrents et à l’ensemble des autres médias ? Une telle attitude dans n’importe quel autre domaine industriel serait qualifiée de dénigrement et ses auteurs envoyés s’expliquer en correctionnelle (oui, c’est pénal de dire du mal d’un concurrent). Au-delà de l’argument économico-juridique, comment supporter l’idée que cet organe incarnant une vision du monde dominante – sans connotation péjorative – puisse décider qui informe correctement et qui doit être mis au ban de la société de l’information ? C’est proprement hallucinant. On m’objectera que certains médias sur Internet délivrent des nouvelles évidemment fausses. Parce que le Monde n’a jamais donné de fausse information ? Allons donc…Mais comme évidemment cela vient du dominant, les minoritaires qui protestent sont renvoyés à leur triste statut de minoritaires qui protestent. Ainsi va la loi du plus fort (1) (2) (3).

Des médias à la politique, il n’y a pas l’épaisseur d’une nappe de luxe dans un restaurant étoilé Michelin. Et précisément, on y constate le même phénomène d’éradication programmée de toute contradiction. Nous venons de voir émerger sans presque frissonner un parti tellement dominant qu’il absorbe ce qu’il n’a pas déjà écrasé, ne laissant de l’ancien affrontement entre une majorité et une opposition de poids politiques comparables qu’un mastodonte dont la puissance ne pourra être discutée – avec le succès qu’on imagine – que par quelques extrémistes et les restes moribonds des anciens grands partis. Tous les jeunes députés qui constituent cette nouvelle force politique sont eux-mêmes, en raison de leur caractère novice, aussi susceptibles de contrarier leur chef qu’une bande de témoins de Jéhovah de se rebeller contre leur gourou. D’ailleurs, on leur demande d’applaudir à l’assemblée, ils applaudissent. Lors des travaux en commission ils se taisent, quant aux amendements de l’opposition, ils filent naturellement à la poubelle….Autrement dit, exit le contradictoire digne de ce nom de la part des autres partis et exit également la capacité du parti lui-même à discuter les orientations du chef suprême.

Mais il faut croire qu’une majorité jeune et malléable ne suffisait encore pas à garantir l’exclusion de toute contradiction possible puisque le président de la République a décidé aussi de tenir la presse d’une main de fer et même de l’envoyer devant les tribunaux. Evidemment, nul ne peut lui reprocher de rompre avec la fâcheuse habitude de son prédécesseur de se répandre dans les médias. De même quand il explique que sa pensée est trop complexe pour des médias que les citoyens ont pris la peine de détester, les français j’en suis sûre applaudissent secrètement. Emmanuel Macron n’est pas le premier à décider de se passer des médias pour parler directement au peuple. J’aurais tendance à penser que c’est Nicolas Sarkozy qui a initié vraiment cette habitude. Mais ce-dernier s’était rendu si vite irritant qu’il était moqué et contredit systématiquement. Macron est beaucoup plus subtil, il n’en sera donc que plus dangereux, s’il confirme son apparente intention de développer un pouvoir personnel débarrassé de toute forme de contradiction sérieuse. C’est ainsi que le plus tranquillement du monde, son parti a annoncé la volonté de créer un média. Attention, nous parlons bien d’un média. On objectera que ce n’est ni la première ni la dernière fois qu’un parti politique communique et que c’est même sa vocation. Communiquer oui, devenir un média pour porter la bonne parole gouvernementale dans tous les coins les plus reculés de France en tenant les journalistes et donc les éventuelles critiques à l’écart, c’est une toute autre affaire. Il y a une confusion des genres qui doit être combattue par principe.

Tout ceci pourrait être tempéré par la puissance des réseaux sociaux. Hélas, il n’est pas possible d’y développer la moindre contradiction. Car ce lieu utilisé à l’origine pour échanger des informations est devenu un lieu de marketing et de militantisme. Chacun vient y vendre sa vérité et s’assurer que toute forme de contradiction ne peut prospérer, en utilisant des procédés tels que le dénigrement, l’insulte, et la répétition obsessionnelle de mantras qui finissent par étouffer toute possibilité d’en discuter la légitimité.

La contradiction est en train de disparaitre du débat public, il est urgent de la classer «espèce protégée » et de tout faire pour la défendre et s’employer à la réintroduire partout où elle a disparu.

(1) Un exercice intéressant consiste à chercher les observations sur les médias, on y découvre que Libération est à gauche, Mediapart indépendant et que Valeurs actuelles, à droite, a subi une condamnation (c’est le seul média en France jamais condamné comme chacun sait) et que ses informations doivent être vérifiées.

(2) Voir les critiques de Daniel Schneidermann, depuis, le site a évolué mais la démarche demeure sujette à caution.

(3) Et pour une critique très nourrie, voir les billets de Olivier Berruyer, en conflit ouvert avec les décodeurs du Monde.

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22 commentaires »

  1. Au pays de la laïcité triomphante, la foi est suspecte, il est de bon ton d’affirmer qu’on ne croit en rien, ceux qui disent croire en la vérité sont regardés de travers.
    Alors, mensonges contre mensonges, tous les moyens sont bons pour défendre « sa » vérité. D’où ce Decodex, invention proprement inouïe !
    C’est en effet extrêmement violent. Mais c’est une violence sans violence apparente, sans violence physique, sans coups ni sang.
    Comment lutter contre ? En défendant la vérité ? Mais on vous répond « c’est ta vérité, j’ai la mienne ». On en revient à la raison du plus fort. Et à la folie collective.
    Quand, il y a un an environ, j’ai appris l’existence d’un nouveau mouvement, nommé « en marche ! », je me suis demandé « mais en marche vers où ? ». C’est bien beau de marcher mais encore faut-il savoir où on va. Je crains que nous ne nous enfoncions dans la folie, faute de croire, faute de savoir nommer ce en quoi nous croyons, et d’abord la vérité…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 08/07/2017 @ 15:56

  2. Et bien ma chère Aliocha c’est comme dans toutes les bonnes gendarmeries qui distribuent des prospectus sur le racisme imprimé par la Licra juive donnant les tarifs pour tous les racismes et des accès a leursavocats….diable. ENFIN tout le monde sait que les races n’existent pas, sans doute une histoire juive qui dure depuis des milliers d’années. Gouverner c’est l’art d’impressionner, Necker grand franc maç(r)on, suite de la révolution permanente style IKEA qui part dans le décors où tout est infiniment discutable et où le déchet est en promo et devient style comme ces pantalons faussement usés jusqu’au vagin de la reine à versailles, encore un effort et donner vous un genre c’est le saut dans l’inconnu !
    En marche est presque la traduction de Kadima en hébreu, en avant ! Et fermer là….. c’est la banque endettée qui parle comme personne, narrative absconse garantie, de même que l’inversion accusatoire, un jeu d’enfant à décoder, celui qui dit c’est celui qui est. Le CINÉMA final, les salles sont remplies par les subventionnés des comités d’entreprisescomme les médias que plus personne ne lit. Voyez et revoyez le film Being There tout y est, c’est comme à la télé mais en vrai….et les spectateurs n’ont rien à dire….sages comme des images.Le spectacle des sociétés, très, et de + en + anonyme qui ne répondent qu’a des images.
    Ah j’oubliais que tout ceci est de la propagande russe pour influencer les élections à l’ouest car Poutine est un grand manipulateur (entendu sur BFM WC, la chaine présidentielle comme le camembert Président a seulement 15% de mg) très renseigné car il travaillait dans l’intelligence rien à voir effectivement avec nos ectoplasmes sortis de nulle part, purs produits de l’image !
    RAS , rideau, la majorité est sous tranquillisant de toutes sortes et s’endorment maintenant avec l’insu portable. Tirez vous des villes, ils s’entretuent déjà de silence honteux de n’avoir rien à se dire !

    Commentaire par Georges Dubuis — 08/07/2017 @ 19:59

  3. Ah! Chère hôtesse, vous avez été bien trop silencieuse, bien trop longtemps.
    Juste une réflexion, pas tellement hors sujet, à propos des Jésuites
    S’il faut retenir une règle fondamentale des Constitutions auxquelles Ignace de Loyola travaille pendant 15 ans, les laissant inachevées, c’est bien celle qui a trait à la discipline.
    Thème « loyolesque » entre tous: l’obéissance absolue au Pape.
    Ce précepte est symbolisé par la formule perinde ac cadaver. Ainsi qu’un cadavre, voici le comportement que la Règle impose au jésuite: abolition de la volonté, docilité sans faille, anéantissement entre les mains du « général » et, à travers lui, du pape romain.
    Perinde ac cadaver…liberté, égalité, fraternité…

    Commentaire par araok — 11/07/2017 @ 15:26

  4. Ah! Chère hôtesse et hôtes, écoutez bien cela, c’est indiscutable et çà n’a pas de prix, l’économie de la connaissance …..quand on partage de la connaissance on ne la perd pas, principe de base et essentiel. La majorité ne veut rien savoir, donc perd la raison et s’ennuie>>>>>> + de divertissements ( C8 c’est anouka tous les jours) , les merdias perfusions se prennent pour le club med, des G O….rideau, le cercle est bouclé et çà se mords le nœud à mort >>>>>>>>>>>>>Hanouna président !
    L’ochident est bouffi de fantaisies…..Poutine lui fait peur, sérieux comme un Pape et Adolf H n’est plus très loin, dieu a perdu mais perdure dans toutes ses déclinaisons. Je me sens comme la Castafiore…….. je ris de me sentir … tout court. Un héro sans héroïne, confortablement insensible à la tristesse ambiante et à son énervement croissant.

    Commentaire par Georges Dubuis — 12/07/2017 @ 12:44

  5. Une invitation au débat, c’est bienvenu Aliocha. La France est un pays de débats et tous les français sont des débatteurs pensent-on un peu rapidement… et puis soudain, presque plus rien ? Je ne suis pas mécontent que la profession de journaliste devienne plus compliquée maintenant que les sources d’information se tarissent un peu – sauf que cela apporte de l’énergie nouvelle aux ragots et autres canulars au moment même où les soi-disant « réseaux sociaux » deviennent l’outil d’information privilégié de la plupart d’entre nous, bien décidés à rester sous-informés. Le Président Macron, soucieux de ne pas perdre de temps dans les (faux) débats à la française en serait-il responsable ? Ou bien plutôt le Decodex du Monde, qui s’arrogerait le droit de juger, ce que lui reproche non sans raison notre Aliocha – chacun a pu vérifier que sur les sujets qu’il connaît bien, les journalistes, ceux du Monde y compris, se gourent régulièrement et sont souvent incapables d’aligner plus d’une dizaine de lignes sans erreur de fond, de méthode ou de direction. Ou l’enthousiasme encore un peu naïf mais rafraîchissant des députés en marche ?
    J’aime beaucoup Muray mais je crois que lui aussi, ici, se trompe. Par optimisme. Oui, si chacun faisait un (très gros) effort de méthode, si chacun, en parlant du monde, des autres et des problèmes, cessait de ne parler que de soi et de ce qui l’arrange, Muray pourrait commencer à avoir raison (plus de débats sauf sur des nuances). Mais on est loin du compte. Alors pour alimenter l’un des débats (ce n’est pas le seul) que je jugerais d’ordre public si j’étais Ministre du Débat « public » (et pas « citoyen », mot dont on abuse), lançons un défi aux hommes de bonne volonté et aux journalistes sur la question apparemment claire, facile et sans contestation des « conflits d’intérêts ». Qu’est-ce qu’un conflit d’intérêts ? Est-ce une situation rarissime ? Cela mérite-t-il le mépris qu’on lui prête ? Peut-on trouver de vrais « experts » qui soient si éloignés de leurs sujets qu’ils en sont complètement détachés physiquement (ne travaillent pour personne dans le secteur) et financièrement (ils gagnent leur vie en faisant un métier différent, par exemple postiers, chauffeurs de maître, comptables ou gardiens de prison) mais qui peuvent apporter une vraie connaissance objective des sujets ?
    Quand un fonctionnaire nous explique qu’il est indispensable que tel ou tel service au public doit continuer à être réalisé par l’administration publique, peut-on lui apporter du crédit ? Quand un journaliste critique littéraire ou dramatique nous fait une critique positive de tel ou tel livre ou film pour conclure (parfois une autre voix) qu’il s’agit d’un Livre ou d’un Spectacle Inter, peut-on le croire ? Quand un militant anti-nucléaire, même s’il est « scientifique », nous rappelle que la mort est au bout du chemin de la Centrale et que le seul avenir acceptable est aux énergies nouvelles, doit-on lui porter attention ?
    Le problème est-il bien posé ? Pas sûr. En fait l’objectivité recherchée est peut-être une fausse piste. La reconnaissance et l’identification des intérêts est indispensable au débat public. Un « expert », même payé par l’industrie pharmaceutique a des choses intéressantes à dire et ce qu’il apporte au débat n’est pas sale si le débat ne lui donne pas l’exclusivité de l’expertise. L’éliminer du processus –pour conflit d’intérêts– pourrait au contraire décrédibiliser la recherche de la vérité. C’est comme ça qu’on fabrique les lois qui ne seront jamais ou seront mal appliquées …
    Je ne sais pas ou plutôt suis pas bien sûr de tout ça. Voilà cependant, parmi tant d’autres, un sujet conflictuel sur lequel les hommes de bonne volonté et les journalistes (les auteurs du Livre « un Président ne devrait pas dire …. » m’ont souvent donné l’impression, comme d’ailleurs la lecture du Canard, qu’ils se pensaient seuls légitimes à exercer la lourde tâche du juge de la vérité pour le compte des lecteurs et consommateurs d’informations) devraient se pencher.
    Aliocha a la plume légère et subtile, rare – pas toujours ses lecteurs et commentateurs. Aliocha pourrait être le cadre de ces débats dont on a tant besoin aujourd’hui au milieu des fake news, des révolutionnaires insoumis en peau de lapin et des capitaines d’industrie qui commence à se désintéresser du public.

    Commentaire par Alang — 17/07/2017 @ 15:05

  6. « que la profession de journaliste devienne plus compliquée »…..excusez moi de vous lire sans vous comprendre. TOUTE LA NARRATIVE qui demande, exige de très longues études, c’est exactement comme la planche à billets, fausses monnaies, fausses pensées…..l’essentiel, c’est le poids de la dette qui paralyse, terrorise, le chitoyen lambda ! Attentat à la + simple logique 24/7…..et de temps en temps , en prime, bagatelle, bataclan pour un massacre par l’état bien profond. Lit tes ratures est partout …et c’est indiscutable. La majorité écrasante se fout du monde.

    Commentaire par Georges Dubuis — 17/07/2017 @ 16:12

  7. Bonjour Aliocha.

    Je partage pas mal de vos inquiétudes, mais je reste optimiste pour la suite : j’imagine mal, même si les débuts sont loin d’être prometteurs, la totalité des nouveaux députés abandonner tout esprit critique, éteindre toute capacité à raisonner. Pourquoi ? Pour devenir de nouveaux apparatchiks ? C’est justement l’opposé qui était prôné, me semble-t-il. Que certains succombent au mirage du pouvoir, c’est inévitable. Mais je doute que la totalité renonce à faire preuve de discernement si le besoin s’en fait sentir.

    Plus préoccupante est la question de ce nouveau média… nous verrons à l’usage si les colonnes de cet organe seront ouvertes aux avis divergeant, ou bien s’il s’agira juste d’un organe de propagande. Il serait cocasse de voir renaître une « Pravda » ! Le contradictoire ne peut à mon sens disparaitre, vouloir le museler est illusoire, et le chasser par la porte reviendrait à le voir revenir par la fenêtre. Les aspirations sont trop importantes, trop nombreuses pour qu’on puisse se contenter d’attendre. Viendront à moment donné les bilans d’étape, et je pense qu’ils ne seront pas à l’initiative du château.

    Ce que faisait Léonid Brejnev, lorsqu’il tirait les rideaux de son wagon, et prétendait que son train était en marche (alors qu’il était à l’arrêt) n’est, à mon avis, plus possible.

    Tout subtil que soit le nouveau président, il ne pourra se faire obéir de tous. Si ça marche ainsi, ça ne durera qu’un temps.

    Commentaire par Zarga — 18/07/2017 @ 12:56

  8. C’est un réel plaisir de vous retrouver tous .. Et je dirai presque  » une nécéssité  »

    Je me demandais combien de temps il fallait pour que nous ressentions petit à petit que nous allons vers une dictature. Non le mot n’est pas trop fort , en glissant du  » politiquement correct » à la pensée unique et l’absence de débats : » c’est moi le chef silence dans les rangs  » il n’y a qu’un pas
    Nous sommes conduits  » en marche » dans la même direction et l’inquiétude est grande quant aux possibilités de contradiction en provenance de la réflexion et de l’analyse , j’en veux pour exemple l’histoire de la fausse baleine échouée à Paris sur les bords de la Seine à Paris , saluons au passage le magnifique travail d’imitation … mais que dire des réflexions et des questions des promeneurs et autres qui ont avalé l’histoire sans se demander comment il était possible qu’un pareil cétacé vive dans l’eau douce et polluée et de surcroit passe les écluses !!!
    Conclusion j’en déduis qu’ on peut faire croire n’importe quoi , les informations sont truquées ( cf Alep et C dans l’Air) les photos sont retouchées ou subissent un  » montage » et si il s’avère que la contradiction n’est plus possible .. C Q F D ..En marche la dictature.

    Commentaire par Scaramouche — 27/07/2017 @ 05:18

  9. .En marche, en fin, la dictature…..de l’image, l’enfer ordinaire du quand dit raton et du grotesque qui se mord la queue. Le débat est forcement ailleurs et s’est déplacé….. en directe. Des amis, Bénito Conversano dit le dictateur…..constatez la JOIE de ces grands crus bien identifiés et affichés, que du bonne heure……. de pouvoir nommer les choses.

    Commentaire par Georges Dubuis — 27/07/2017 @ 08:31

  10. Qu’est-ce qui est si compliqué ? A un Décodex, opposons d’autres décodex. C’est l’équilibre des pouvoirs qu’on a tant de mal à admettre en France. Chacun contrôle l’autre et basta.
    Ce Décodex peut aussi pousser, chose importante, à distinguer les faits de leur interprétation.

    En fait, seul un manque d’imagination explique l’absence de Décodex, avant. Dans une société où on met des caméras partout pour surveiller, est-il étonnant voire choquant que les médias se surveillent ? Les gens sont privés de leur intimité-image quand ils n’expriment rien, et les médias qui expriment et faconnnent l’opinion ne serait pas scruté ?
    Ce qui est problèmétique est que cela déséquilibre encore plus le rapport de force entre médias – comme la surveillance du quidam celui entre les citoyens et le pouvoir.

    Pire que problèmatique, Macron veut créer un média à sa main ! Mais sur un autre blog, Bilger, la liberté d’expression est très grande, alors autant en faire la publicité pour le débat. Je pense qu’il faudrait, plus que maintenant, que les sites de qualité renvoient les uns aux autres, pour permettre de consolider la liberté d’expression résiduelle de notre pauvre pays.
    Ce n’est pas parce qu’il y a par exemple un enthousiaste de Macron le prenant pour une figuer christique, et des intervenants pire, d’aucuns diraient moi, que c’est à dédaigner. Il faut devenir fort pour résister à une probable attaque de l’internet sous couvert de moralisation.

    Remarquez, prendre un moindre mal pour un Jupiter, christ ou tout ce qu’on voudra me fait bien rire… Le besoin d’adoration des uns, de dénigrement systèmatique des autres, est désolant.
    Ceux qui veulent interdire les pseudonymes aussi. Arrêtons de tout mettre sur le dos du Pouvoir : un tas de gens ne pensent qu’à diminuer les libertés par routine, jouer au petit chef ou allez savoir, enfin la liberté pèse plus aux gens que la page blanche à l’écrivain sans inspiration, ils ne pensent qu’à gribouller des interdits dessus.

    Commentaire par Noblejoué — 27/07/2017 @ 19:57

  11. @ Noblejoué
    « dénigrement « contre « adoration « . pourquoi? Qu’est-ce que l’adoration pour vous ? Qu’entendez -vous par dénigrement ? …ça fait un parfait débat.
    Rien de plus déprimant que des gens tous du même avis qui se congratulent et n’ont pas d’imagination. Du débat jaillit la lumière et la vie , les conversations entre « bénis oui-oui  » du genre politiquement correct sont fichtrement ennuyeuses. A condition que chacun sache se retenir parler à son tour et respecter le point de vue de l’autre le débat ne peut être que salutaire voire constructif.
    Le débat permet de réfléchir de creuser un peu de se perfectionner et de s’instruire . Mais il demande une culture et une discipline , il exige une certaine politesse et le respect de l’autre.
    Difficile dans notre civilisation de l’instant , de la vitesse et du jugement réducteur.
    Puisque vous parlez de Bilger il fait dans son blog l’éloge de la conversation , un art perdu au profit des débats et fort éloigné dans le temps. Aprés sa disparition celle des débats suivra et quoique vous en pensiez c’est la porte de la dictature .

    Commentaire par Scaramouche — 29/07/2017 @ 18:06

  12. @ Scaramouche

    Je suis pour la conversation. Je remets les choses en perceptive : le décodeur peut être une bonne chose. Si chacun décodait ses dérives ou du moins les dérives de l’autre, par exemple de media à media, les monde serait meilleur.

    Je me moque par « adoration » ou « detesation » de ceux qui pensent que telle idée, politique, tel politicien, ou individu, enfin, tout ce qu’on voudra, serait tout bon ou tout mauvais. D’autant que le débat d’une caricature contre une autre donne une caricature de débat.

    Ceci dit, la langue de bois comme les lois restreignant la liberté d’expession, pire que de la caricature, donnent une anémie, bientôt mortelle, du débat. A ne pas confondre toutefois avec la dictature : ce n’est pas un homme qui pousse à cela mais la concurrence des victimes, moi j’ai le droit d’interdire la critique des miens au motif, d’ailleurs vrai, de ce qu’on leur fait. Le politique répond à de telles demandes clientèlistes, et peut – je ne sais pas si c’est fait dans cet esprit et si cela donnera ce résulat – s’en servir pour exclure des gens voire des mouvements de la politique.
    Cela peut se faire dans le cadre d’une démocratie.

    En tout cas, en France. En France, les gens aiment l’égalité dans le sens pas plus haut que moi en espérant être plus haut que toi… Et la plupart se servent de la liberté comme lest, qu’on sacrifiera à toutes fins.

    Commentaire par Noblejoué — 30/07/2017 @ 12:47

  13. J’aimerais bien savoir si les Déconneurs du Monde trouvent quelque chose à redire concernant le silence des magazines féminins à propos des cosmétiques dangereux pour la santé :
    http://www.acrimed.org/Les-Feminins-et-les-cosmetiques-dangereux-pour-la

    Commentaire par Gilbert Duroux — 31/07/2017 @ 14:25

  14. @ Noblejoué
    Merci de vos précisions et vous avez raison , de mon coté je fais partie de ceux qui se plaignent d’avoir perdu toutes les petites libertés du quotidien incluant celles de se moquer du voisin qui le rendait bien. Ces pertes qui augmentent de jour en jour en ajoutant des petites frustrations exacerbent nos sentiments de frustration activant ainsi ce que j’appelle le « syndrome de la cocotte minute  »
    En France chaque gouvernemtn ajoute des lois aux lois … et c’est intenable.

    Commentaire par Scaramouche — 31/07/2017 @ 17:02

  15. @ Scaramouche

    Eh bien oui, « le syndrome de la cocotte minute »… Et on s’étonne que les jeunes « s’écatent  » ? Maintenant, on ne peut même plus faire d’humour en disant ou en montrant un symbole d’humour, que c’est lourd. Ou ceux qui s’en servent pour attaquer sournoisement… Et ceux qui présentent des excuses qui sont encore des moqueries.

    Et l’interdiction de nager sous l’eau à la piscine ! J’ai appris à nager dans une rivière, j’aime retrouver cette sensation de receuillemnent du corps et de solitude de l’esprit, c’est trop tentale d’avoir l’eau et pas le meilleur de l’onde. J »aurais plus de risque de me noyer à d’autres excercices qu’à ça, malheureusement, ce n’est pas arrivé. Qui sait, cela aurait donné plus de liberté… Pas la liberté des mers, celle des piscines. De loin en loin, j’y retourne, espérant un gain de liberté, mais… Mais on finit par me désillusionner, elle ne dure que le temps de ne pas être repéré.
    Et voilà, j’aurais eu ma petite ZAD !.

    Commentaire par Noblejoué — 31/07/2017 @ 20:12

  16. Débattre certes, le pbl est que politiquement correct, aidant il commence à être difficile d’émettre des idées sans être immédiatement en danger. Même si cela ne va pas forcément jusqu’aux tribunaux, vous vous retrouvez vite avec une campagne orchestrée sur les médias sociaux par la fachosphère de la bien-pensance et son armée d’indignés professionnels à 3 neurones.

    Maintenant on ne débat plus, on lance des hashtags et des procès en sorcellerie ultra médiatisés et rarement remis en cause ou en perspectives par les médias qui courent après le clic. Le risque il est professionnel, il est social, et va parfois même jusqu’à se retrouver en danger ainsi que ses proches

    Commentaire par amethyste16 — 09/08/2017 @ 11:19

  17. J’aimerais savoir qui , ici ,c’est……retrouver en danger ainsi que ses proches………………………………………………………………………juste pour rigoler !

    Commentaire par Georges Dubuis — 09/08/2017 @ 12:29

  18. ok, rigolez bien alors:
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/10/10/cinq-questions-sur-ulcan-le-hacker-franco-israelien_4504118_3224.html

    On pourrait aussi multiplier les exemples dans lesquels il n’est plus possible d’avoir une opinion divergente sans être immédiatement catalogué comme au choix: facho, macho, sexiste, raciste, antisémite, homophobe…

    Essayez de dire par exemple que vous êtes contre le mariage homosexuel, juste pour rigoler puisque vous aimez rigoler….

    Ben je regrette, c’est des choix de société et donc des sujets de débat et je ne cois pas pourquoi on ne peux pas en débattre.

    Commentaire par amethyste16 — 14/08/2017 @ 08:40

  19. amethyste16
    Pendant mes révisions, je pouffe, tellement l’Histoire non enseignée est merveilleuse de sens, je me sens comme Alice, enchanté d’une telle ignorance si soigneusement programmée, c’est la suite de l’effet Dieudonné et je n’habite pas dans les banlieues palestiniennes qui sont notre avenir programmé…. .par les antiracistes arrogants et sûres d’eux maimes, etc, etc….

    Commentaire par Georges Dubuis — 14/08/2017 @ 14:44

  20. Du monod broca à l’envers, le spectacle de la société…..des terrorisés de leurs propre silence comme dans « on achève bien les chevaux » un autre film sur les dépressives années 30 . La terreur est excellente pour faire acheter de la ….sécurité, et c’est reparti à double tour et n’oubliez pas les bougies !
    La société du spectacle selon Denis Monod-Broca chez Jorion.

    Les flancs des autobus parisiens portent des affiches annonçant la sortie du film « Annabelle 2 ». À côté d’une image montrant quelque chose comme un mannequin dans un cercueil, un slogan en gros caractères est censé susciter l’envie des spectateurs potentiels d’aller voir le film. Ce slogan dit : « Jamais on n’était allé aussi loin dans la terreur ».

    Je n’en reviens toujours pas ! Je n’en reviens pas de lire cette publicité, littéralement terrorisante, sur les autobus parisiens. La terreur devenue un argument publicitaire ! Comment est-ce possible ? Et en outre à l’heure où la lutte contre le terrorisme est présentée comme la priorité des priorités… à l’heure où on s’interroge sur le moyen de déradicaliser tous ces jeunes fascinés par la terreur… Certes c’est du cinéma, mais les mots sont les mots, et ils disent ce qu’ils veulent dire. Je serais le dir’com’ de Daech j’adopterais aussitôt un slogan aussi adéquat : « Jamais on n’était allé aussi loin dans la terreur ».

    On conçoit, écrit, imprime, affiche un tel slogan et personne ne bronche.

    La terreur fait vendre. Rien d’autre ne compte.

    Nous sommes devenus fous.
    PARLEZ POUR VOUS, il est vrai que c’est tout le programme a expérimenter sur les goys sensibles. De toute façon ce genre de film sera vu et subventionné par les Comités d’Entreprises, c’est comme la presse, plus personne ne peut la lire. Tiens ON peut même acheter des manifestants comme Macron l’a déjà fait, un jeu d’enfant, des petits drapeaux et un coup à boire, vous réagissez au texto . /
    https://www.egaliteetreconciliation.fr/Aux-Etats-Unis-il-est-possible-de-louer-une-foule-de-manifestants-47235.html#forum1787657

    Commentaire par Georges Dubuis — 22/08/2017 @ 09:14

  21. @ Georges Dupuis,
    Vous n’avez pas d’autres sources que le site de ce facho antisémite de Soral ? D’autant que la « location » de manifestants n’a pas été inventée par Trump. Il s’est trouvé chez nous, en 1990, un ministre du Tourisme « centriste » (donc de droite), Olivier Stirn, surnommé par le Canard Enchaîné « l’andouille de Vire » (puis « l’andouille de vire à gauche quand il a changé de camp), qui a recruté et payé (349 F de l’époque pour trois heures de claque), quelque 200 comédiens, chômeurs, lycéens et étudiants pour applaudir ministres et personnalités venus plancher à ses «Etats généraux du progrès» ! Le plus gag, c’est quand la salle s’est vidée en plein milieu d’une conférence, les recrutés étant arrivés au terme de leur contrat.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 28/08/2017 @ 13:55

  22. Alors pardon, je débarque bien tard sur ce billet que je ne découvre qu’aujourd’hui… J’ai tiqué en lisant que « c’est pénal de dire du mal d’un concurrent » : cette affirmation est pour le moins inexacte. Il n’y a pas de délit de dénigrement en tant que tel. Le dénigrement peut se confondre avec une diffamation, auquel cas il est pénalement réprimé, mais ce n’est pas forcément le cas, loin de là ; et en l’espèce je vois mal quelle qualification pénale on pourrait retenir à l’encontre de Decodex.

    Et puis alors renvoyer chez Berruyer comme référence sur le débat, merci, quoi… Un bon cloaque, « les-crises ».

    Commentaire par Vil Coyote — 31/08/2017 @ 13:21


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