La Plume d'Aliocha

23/08/2012

Journaliste de gauche : pléonasme ou fantasme ?

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 09:04
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Rien de tel qu’une bonne petite polémique à la française pour se remettre en plume en cette morne rentrée de l’An I de la Normalité. Tenez, par exemple, si l’on parlait des penchants politiques de la presse française ?

Demandez à un type de droite ce qu’il en pense, il vous répondra que les journalistes sont d’abominables gauchistes chevelus. Oui, c’est chevelu un gauchiste, par définition, donc tous mes confrères alopéciques doivent être de droite. Evidemment, il y aussi le cas particulier du journaliste chauve à cheveux (merveilleux spécimen découvert par Hugues Serraf dans l’article en lien ci-dessus), mais c’est un peu comme le poisson volant d’Audiard, il ne constitue pas la majorité du genre ; je propose donc qu’on le mette de côté pour ne pas compliquer inutilement un problème déjà hautement épineux.

Interrogez un type de gauche, ils vous répondra que la presse est bien entendu de droite, conservatrice, moutonnière, aux ordres du grand capital. En clair, c’est un ramassis de crânes rasés ou de futurs tondus. Je me demande à ce stade si le plus simple pour identifier l’appartenance politique de mes confrères ne serait pas de les inviter à adopter la coupe attachée à leurs convictions. Mais cela supposerait au préalable de déterminer avec un minimum de fiabilité ce que signifie être de droite ou de gauche (hein, elle est belle cette polémique là ?!). Toujours est-il que je me suis mis en tête de résoudre cette apparente contradiction : pourquoi la droite pense-t-elle que la presse est de gauche, tandis que la gauche accuse cette même presse d’être de droite ?

Acrimed, le site de critique des médias qui ne vous dit pas qu’il appartient à la gauche révolutionnaire tant il considère qu’on ne saurait être autre chose dans la vie que Mélenchoniste, peut nous aider à y voir plus clair. Dans un article récent, le site taille un costard à un journaliste de droite. Il s’agit d’Eric Brunet, dont on comprend à la fin du récit qu’en fait il est surtout une sorte de mélange improbable d’attaché de presse et de polémiste.  D’ailleurs, il n’a même plus de carte de presse. C’est ballot, en commençant ma lecture je croyais sincèrement qu’Acrimed avait enfin mis la main sur l’équivalent en France du monstre du Loch Ness : le journaliste de droite ! Ben non, finalement pas. Disons qu’il a trouvé un ex-journaliste de droite, ce qui n’est quand même pas mal. Avis aux amateurs, la chasse au poisson volant est ouverte !

Piquée par la curiosité, j’ai navigué sur le site et je suis tombée sur un autre article très intéressant. L’auteur tacle avec virulence la revue Médias qui a osé titrer en juin : « 74% des journalistes votent à gauche ». J’avoue n’avoir pas acheté ce numéro, tant  la couverture a suscité chez moi la même curiosité que si elle m’avait lancé :  « En France, il fait froid en hiver ». Depuis le temps que je fais ce métier et que je bavarde avec mes confrères, j’ai élaboré ma propre statistique pifométrique. Résultat, le chiffre de 75% me parait correct, voire légèrement sous estimé mais bon, on ne va pas non plus couper le cheveu de gauchiste en quatre. Pour que vous compreniez le dessous des cartes, il se trouve que la revue est pilotée par un présumé poisson volant : l’ancien patron de Reporter Sans Frontières, Robert Ménard, lourdement soupçonné d’appartenir à une droite plus indigne encore que la droite, celle qui  défend la peine de mort. D’où la hargne d’Acrimed à l’endroit du titre. Toujours est-il que l’article nous donne le fin mot de l’histoire : les journalistes votent peut-être à gauche, mais ils bossent pour des organes de droite. Merci Acrimed ! Voici notre contradiction du départ enfin résolue.

Enfin presque. Nous allons bientôt avoir le fin mot de l’histoire et vous allez voir que la conclusion est ébouriffante. Comme vous le savez, pour un type d’extrême gauche, tout ce qui se situe à sa droite est considéré comme de droite, à commencer par les socialistes. De fait,  les soi-disant journalistes de gauche ne seraient en réalité que des petits bourgeois égoïstes, autrement dit des types de droite qui s’ignorent. Extrait :

« La sociologie du corps journalistique lui-même, composé majoritairement de personnes issues de la petite bourgeoisie, ayant adhéré, parce que c’est l’image que les journalistes veulent avoir d’eux-mêmes, à l’idée que le métier de journaliste est une« vocation » qui nécessite de ne pas « compter ses heures » comme un fonctionnaire. Nombre de ces journalistes ne font pas grève car c’est honteux de faire grève. Les mêmes ne se mobilisent pas collectivement, sauf en cas de péril majeur, sur leur emploi, car c’est à chacun de se débrouiller. Et pour « réussir », c’est-à-dire gravir les échelons qui leur permettront d’accéder à un emploi stable et confortablement rémunéré, les journalistes les plus moutonniers acceptent de se soumettre aux idées de leurs supérieurs. Des désirs qui sont souvent des ordres ».

Or donc, tout journaliste non syndiqué, même s’il se sent de gauche jusqu’au fond des tripes, qu’il a détesté Sarkozy au-delà du raisonnable, voté Hollande avec passion et défendu toute sa vie des idées de gauche sans jamais commettre la moindre incartade, est quand même au fond un type de droite, dès lors qu’il n’agite pas de drapeau rouge dans la rue. Forcément, vu ainsi, l’expression « journaliste de gauche » n’est pas un pléonasme, c’est un pur fantasme. Il est temps que mes confrères fassent leur examen de conscience et admettent enfin qu’ils trahissent la Cause.

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26 commentaires »

  1. @Gilbert : article un brin ironique mais pas méchant : pas taper !

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/08/2012 @ 09:05

  2. C.’est pire si vous êtes au centre, tout le monde vous tape dessus comme s’il était impossible de ne pas avaler un parti dans son ensemble d’oublier le sens critique et d’avoir sa propre opinion en prenant ce qu’il y a de bon dans chaque camp.
    Le « président de TOUS les Français ?  » Quelle blague ! La moitié du pays est toujours en guerre contre l’autre et rien n’avance parce que le seul objectif ce sont les prochaînes éléctions.

    Commentaire par Scaramouche — 23/08/2012 @ 09:29

  3. c’est sûr qu’une majorité de journalistes est logiquement de gauche (plutôt de gauche, mais en tout cas clairement, elle n’est pas idéologiquement engagé à droite). De gauche parce que c’est ainsi de manière générale, les classes moyennes intellectuelles sont plus de gauche que d’autres catégories sociologiques (petits patrons, commerçants, professions libérales, paysans, sans parler bien entendu de la bourgeoisie d’affaires). La moyenne bourgeoisie intellectuelle, diplômée, est très majoritairement de de gauche, c’est ainsi. Les journalistes, comme les profs, comme les magistrats, les travailleurs sociaux etc. par leurs choix professionnels, leur formation intellectuelle , sont nettement de gauche.
    Pas besoin de longues études sociologiques pour établir ces faits qui ont leur logique, fort compréhensible.

    De plus les journalistes, en tant qu’ils exercent une profession qui exige recherche d’information exacte, analyse et critique, point de de vue un tant soit peu distancié et un minimum d’objectivité, sont logiquement plutôt des gens de gauche, même si le professionnalisme peut s’accommoder aussi d’un point de vue de droite, pour un bon professionnel (pas Mougeotte, donc, pas Rioufol, pas les idéologues qui travaillent au Figaro, mais ses bons journalistes oui).

    Mais il est évident que, de gauche ou pas, ceux qui travaillent pour des media de droite, sont obligés de se conformer à la ligne éditoriale du media pour lequel ils travaillent, ou démissionner et changer s’ils ne parviennent pas à faire du bon travail. Enfin, changer, s’ils le peuvent.

    Mais surtout, surtout. Nous vivons dans une société capitaliste et dans un monde de même, où toutes sortes de contradictions, profondes et violentes, demandent analyses et critiques pour éclairer le public. Ces contradictions, ces injustices, ces violences inouïes, demandent analyses et critiques, plus qu’assentiment à l’état des faits et conformisme. C’est pourquoi une conscience de gauche comprend assez facilement que le métier de journaliste demande, outre professionnalisme, précision, exactitude, vérification des faits (conformément à la charte professionnelle et à la déontologie du métier), des investigations et études sérieuses et des explications critiques à l’attention du public.
    Le seul regard qui puisse être porté sur les contradictions profondes de la vie politique et économique du monde actuel, ne peut être que critique, pour être valable et informatif, hors des idéologies et propagandes officielles des Etats, servant le capitalisme pour l’essentiel.

    Peut-on reconnaître cette fonction critique du métier de journaliste et en même temps s’offusquer (par exemple) des critiques énoncées contre le catastrophique mandat de Sarkozy ? Ce dernier cas, montre simplement une position de droite.

    Mais évidemment, autant les gens de gauche n’ont aucune difficulté à se reconnaître de gauche, tandis que les gens de droite, dans les professions intellectuelles et surtout chez les journalistes, jamais n’admettront qu’ils sont de droite.

    Quant à l’extrême-gauche et ses excès plus ou moins caricaturaux, son manque de nuances et ses partis-pris, ses engagements idéologiques non analysés avec qq recul, sa position militante manquant souvent de souci d’exactitude, elle sert bien les arguments de droite qui se réjouissent de pouvoir citer des caricatures pour s’en prendre aux idées de gauche et se conforter dans son conformisme de droite.

    (ex encore précédemment relevés : le discours sur les intellectuels de la supposée « gauche caviar » -thème qu’affectionnent les Le Pen et Sarkozy- et sur « les bobos » -terme inventé par un neo-conservateur bushien aux Etats-Unis, afin de servir la propagande de Bush- , ce discours qui crache sur les intellectuels, aveugle à la destruction des valeurs de la culture et du rôle des intellectuels dans une société où l’économisme absolu et les valeurs de l’argent sont les seules ; tel encore le renvoi systématique à Staline et Pol Pot, pour rejeter les idées découlant de l’analyse du capital faite par Marx, non pas discussion sur le bouquin bien sûr, mais les analyses qui en découlent en termes d’exploitation de la force de travail, et les contradictions du capital qui expliquent les maux de nos sociétés -baisse tendancielle du taux de profit entraînant finalement la prédominance du capital financier, pour être précis- ; tel l’adhésion aux « théories » des économistes officiels qui servent le système en le justifiant , et l’ ignorance des économistes critiques qui sont absents des media etc. )

    Etre de droite c’est ça : servir du Staline et du Pol Pot en guise d’argument pour contrer les analyses critiques du capitalisme ou les discours qui se fondent sur celles-ci ; discréditer les intellectuels de gauche (embêtant car presque tous les intellectuels sont de gauche), s’en prendre aux individus pour ne pas analyser le système ; ne pas voir en quoi les économistes dont on nous sert les discours présentés comme scientifiques, sont les grands idéologues du système économique etc.

    Commentaire par Schmilblick — 23/08/2012 @ 10:38

  4. @Schmilblick Incroyable de voir un tel parti pris qui se veut présenté de façon objective. Très joli troll, mais un peu long cependant.
    Donc d’après vous, seuls les gens « de gauche » sont intelligents, objectifs, sensibles, éclairés et humains ? Faudra que je prévienne certains de mes amis, que je tiens en haute considération, qu’ils ne peuvent décemment être de droite.

    Commentaire par Kebens — 23/08/2012 @ 11:14

  5. PS. Robert Ménard est clairement d’extrême-droite, la chose est avérée et connue. L’argument : les journalistes sont de gauche (les individus) donc le système mediatique dans son ensemble est nettement orienté à gauche, est une absurdité d’une mauvaise foi totale.

    Quand vous travaillez pour un système, une institution, une entreprise, que ce soit le secteur nucléaire, l’industrie de l’armement, (entreprises), l’Education nationale, la Justice (institutions d’Etat), le système de santé etc. que vous soyez de gauche influe-t-il sur leur organisation, leur orientation, leurs activités et leurs résultats ?

    idem pour les media.
    Vous êtes de gauche, peut-être, vous travaillez pour les media de droite, vous suivez la ligne.
    Vous êtes de droite, peut-être, vous travaillez pour les media de gauche, vous suivez la ligne.

    Etre de gauche à Paris Match, influe-t-il sa ligne, son style, son idéologie ?
    Il est clair qu’un journaliste de Libé fait du Libé, celui du Monde fait du Monde, celui des Inrocks fait des Inrocks et celui du Figaro fait du Figaro.

    De même que les autres salariés des autres secteurs, institutions etc. suivent, bien obligés, la politique et les instructions données par leur institution, et les entreprises dans leurs buts et leurs résultats ne sont en rien affectés par l’appartenance de leurs salariés à telle ou telle famille politique.

    Evident, non ?

    Ah mais oui, direz-vous mais les intellectuels, profs, journalistes, magistrats etc. c’est pas pareil.
    Alors une seule solution : inventer des contraintes suffisamment fortes pour que ces catégories intellectuelles, traditionnellement de gauche, non sans raison, ne puissent plus l’être ni s’exprimer de façon qui ne soit pas de droite.

    Voilà ce que sous-entend Robert Menard et ça s’appelle censure, tout simplement.

    Entre Ménard et Acrimed que préférez-vous chers amis ?

    Commentaire par Schmilblick — 23/08/2012 @ 11:32

  6. Les ouvriers du syndicat du livre étaient (et sont) cégétistes et les journalistes avant Mitterrand majoritairement de droite mais le « sombre » aidé par Fillioud (son « Goebbels » damné) a mis le holà en phagocytant toutes les antennes nationales avec en prime l’élimination des « radios libres de droite et du centre » en proclamant que grâce à lui l’expression libre en France était arrivée (de qui se moque-t-on) de fil en aiguille de plus en plus de journalistes basculèrent en gôchitude, ce qui aujourd’hui consiste en la bien-pensance que vous savez.

    Commentaire par zelectron — 23/08/2012 @ 11:39

  7. Kebens : pouvez-vous faire la distinction entre intellectuel et intelligent ?

    intellectuel par opposition à homme d’action / homme de pouvoir / gestionnaire / décideur / ceux-ci qui ont leur intelligence, leur propre forme d’intelligence, mais sont à l’opposé de ce que sont des intellectuels

    Commentaire par Schmilblick — 23/08/2012 @ 11:41

  8. @Schmilblick 3 : pas besoin en effet de faire des études très approfondies pour savoir que les intellos français sont majoritairement de gauche. Là où je ne vous suis pas c’est sur l’idée qu’une profession exigeant une recherche d’information exacte devrait forcément être de gauche. Quel est le lien ? La vérité serait-elle de gauche ?
    Sur Pol Pot et Staline, le discours que vous dénoncez ne vise pas décrédibiliser, il tire son origine d’une incompréhension : pourquoi dénonce-t-on sans relâche les nazis en invoquant à juste titre les millions de morts dont ils se sont rendus coupables, tout en observant avec beaucoup de bienveillance l’autre grand totalitarisme du 20ème siècle, au moins aussi meurtier si ce n’est plus ? Ah oui, mais le premier partait d’une idée criminelle quand le second s’inscrit dans une démarche généreuse. Je vous accorde volontiers le point, mais cela ne résoud pas la question du danger que représente l’ambition de changer le monde par la violence et la contrainte au nom d’une idée.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/08/2012 @ 12:44

  9. Aliocha, je vais essayer de vous répondre point par point.

    « pas besoin en effet de faire des études très approfondies pour savoir que les intellos français sont majoritairement de gauche.  »
    ok

    « Là où je ne vous suis pas c’est sur l’idée qu’une profession exigeant une recherche d’information exacte devrait forcément être de gauche ».

    Je n’ai jamais dit ni pensé cela , mais ai employé le terme critique, par opposition à conformiste.
    Pourquoi nécessairement critique ?
    Parce qu’un système économique fondé sur la concurrence entre entreprises et l’exploitation des producteurs, qui façonne nos sociétés dans la dépendance de la technique mobilisée pour la production et l’échange, secrète sa propre idéologie -représentations, idées, croyances- pour faire passer ce système pour naturel, et surtout pas historique et contingent, car il serait dans ce cas envisageable de le transformer ou de le révolutionner, y mettre fin : ce que pense la pensée (théorie). Et la théorie, la pensée est nécessairement critique, au sens de déconstructrice des idéologies, représentations, croyances. En économie tout autant qu’en physique et dans les autres sciences.

    Le capitalisme ne peut être analysé QUE d’un point de vue critique. càd. sans accepter les idéologies qui en font l’apologie comme si elles étaient des connaissances, même si ces idéologies s’entourent d’un appareil mathématique qui les ferait passer pour sérieuses et rigoureuses.

    J’ai commencé par les penseurs, les intellectuels en tant que théoriciens, chercheurs…
    Ce que ne sont pas les journalistes, qui ne sont pas eux-mêmes des chercheurs, créateurs de théorie. Mais les journalistes en tant qu’ils traitent de politique, doivent / devraient s’informer et tenir compte pour les intégrer des travaux théoriques des chercheurs.

    Critiques en ce sens que, pour s’en tenir au domaine de l’économie, au lieu de ne reproduire que les ratiocinations des économistes officiels servant le capitalisme actuel et les discours des responsables politiques les invoquant comme supposés scientifiques, les journalistes doivent/devraient connaître pour les intégrer les analyses des économistes non officiels, qui sont beaucoup plus proches de la connaissance exacte -pour ne pas parler de scientificité- que les journalistes officiels.

    Voir ce que dit à ce propos Joseph Stiglitz, et de l’économie et des économistes qui en vantent l’état actuel. Joseph Stiglitz, prix nobel d’économie, auteur de « triomphe de la cupidité », et critique du « fanatisme du marché ».
    Sans parler, pour la France, de la dénonciation par le groupe des « Déconnomistes » du discours, parfaitement idéologique des économistes officiels, partisans du libéralisme, qui seuls sont présents dans les media.

    « Sur Pol Pot et Staline, le discours que vous dénoncez ne vise pas décrédibiliser, il tire son origine d’une incompréhension : pourquoi dénonce-t-on sans relâche les nazis en invoquant à juste titre les millions de morts dont ils se sont rendus coupables, tout en observant avec beaucoup de bienveillance l’autre grand totalitarisme du 20ème siècle, au moins aussi meurtier si ce n’est plus ? Ah oui, mais le premier partait d’une idée criminelle quand le second s’inscrit dans une démarche généreuse. Je vous accorde volontiers le point, mais cela ne résoud pas la question du danger que représente l’ambition de changer le monde par la violence et la contrainte au nom d’une idée. »

    Il ne s’agit évidemment pas de passer sous silence ou minimiser les horreurs persécutrices, clairement génocidaires mêmes pour le 1°, des régimes de Pol Pot et Staline. Et vous pouvez ajouter Moa et la révolution culturelle etc. Nul ne propose de nier l’histoire.
    Il s’agit de ce que ces régimes sont opposés, comme un supposé argument, aux discours critiques du capitalisme, venus des intellectuels et penseurs ou venus de gauche.

    Vous remarquerez que la critique du capitalisme, système qui constitue les fondements déterminant nos sociétés, cette analyse critique n’inclue pas la référence au nazisme, ni même son évocation lointaine, que ce soit de la part des penseurs (théoriciens), que de celle des journalistes;

    Du reste Marx est antérieur au nazisme.
    Flanquer le nazisme comme argument à un partisan de la droite, est de la pure polémique malveillante et de mauvaise foi.
    idem pour l’inverse envers des raisonnements de gauche.

    Le problème est qu’en économie, ce ne sont QUE les points de vue critiques sur le capitalisme qui approchent qq connaissances et vérités, tandis que les points de vue de droite adhérant aux principes du libéralisme, sont largement idéologiques (imaginaires et inexacts). Vous souvenez-vous de l’auto-critique de Greenspan après qu’ait éclaté la dite crise des subprimes ?

    Commentaire par Schmilblick — 23/08/2012 @ 13:32

  10. @ Aliocha
    Je ne risque pas de taper. Votre analyse est tellement grotesque qu’on ne peut qu’en rire. Ce que vous présentez comme une conclusion ébouriffante, ce sont tout simplement des faits.
    Il n’y a pas besoin d’avoir lu Bourdieu pour savoir quelle est la sociologie des journalistes. De quels milieux ils viennent. Quel est leur parcours universitaire. Bien évidemment qu’ils appartiennent, majoritairement, à la petite bourgeoisie. Il y a quelques décennies, le billettiste du Monde, Robert Escarpit, fondait avec le scénariste de BD Pierre Christin l’IUT de journalisme de Bordeaux. En formant des journalistes qui avaient juste le niveau du bac (il y avait même 10 % de non bacheliers qui étaient retenus) le but était clairement d’introduire un peu de mixité sociale dans la corporation. À la suite de Bordeaux, l’IUT de Tours a accueilli également une section « journalisme ». Aujourd’hui, l’IUT de Bordeaux n’existe plus, il a été transformée en une école qui recrute au même niveau que les écoles de journalisme les plus prestigieuses. La plupart des entrants ont fait Sciences Po. Comme pour l’ESJ ou le CFJ.
    Quant à l’image que les journalistes veulent avoir d’eux-mêmes, l’idée que le métier de journaliste est une« vocation » qui nécessite de ne pas « compter ses heures » comme un fonctionnaire, regardez autour de vous. C’est bel et bien le discours dominant. Je me suis fait licencier un jour, alors que je travaillais seul en poste dans une agence locale d’un des monopoles régionaux (tiens, au passage, vous qui êtes libérale, ça ne vous choque pas ces situations de monopole ?) parce que je voulais récupérer une petite partie des heures supplémentaires que je faisais. Je travaillais plus de 60 heures par semaine (j’étais « pigiste permanent », un statut bidon, après 29 CDD en 3 ans). Mon discours était simple. En gros : « je sais bien que c’est l’actualité qui commande, aussi ça ne me dérange pas de travailler le soir, d’être réactif à n’importe quelle heure en cas de fait divers. Mais on doit pouvoir récupérer une partie des heures supplémentaires. Après tout, on est payé sur la base de 39 heures ». Et bien j’ai pu constater que c’est un discours qui ne passe pas du tout chez les collègues chez qui le discours dominant est : « on fait un métier merveilleux, on ne doit pas compter son temps ». Bien entendu, j’ai gagné aux Prud’hommes, mais je suis devenu tricard dans la région (situation de monopole du quotidien régional oblige). L’exemple de mon cas n’est pas du tout isolé. C’est la norme. Lisez le bouquin d’Accardo « Journalistes précaires » (éditions Agone).
    http://atheles.org/agone/elements/journalistesprecairesjournalistesauquotidien/index.html

    « Nombre de ces journalistes ne font pas grève car c’est honteux de faire grève ». Ben oui, c’est vrai. La dernière menace de conflit d’envergure que j’ai connue… c’était pour une revendication corporatiste : l’abattement fiscal de 30 %, qui était menacé. À part ça, les journalistes ne font jamais grève, contrairement au ouvriers du Livre qui sont jalousés par les journalistes parce qu’ils ont su s’organiser solidairement (quoi que l’on puisse penser de certains combats d’arrière garde qu’ils mènent parfois) pour faire aboutir leurs revendications.

    Quant au comportement moutonnier des journalistes et leur soumission à la hiérarchie, est-il besoin de donner des exemples ?
    Pour reprendre l’idée que la plupart des journalistes peuvent être « de gauche » (dans une certaine limite lorsqu’on considère la gaugauche momolle, frileuse comme une alouette dès lors qu’il faut s’opposer aux idées libérales) tandis que les journaux dans lesquels ils bossent seraient plutôt conservateurs, il suffit de les lire, ces journaux, et de regarder la composition du capital. On ne peut tout de même pas dire que les Bolloré, Bouygues, Lagardère, Arnault, Dassault, Rothschild, les marchands d’armes, de béton, les banquiers et autres capitaines d’industrie, qui possèdent les principaux groupes de presse, investissent leur fortune pour favoriser la diffusion des idées de gauche. Il faut s’appeler Aliocha pour le prétendre ou se gausser lorsqu’on rappelle pareilles évidences. Il y a sans doute davantage de journalistes « de gauche » qu’on pourrait l’imaginer au Figaro (j’en connais). Il n’empêche que l’idéologie qui est défendue par ce journal, c’est bien une idéologie conservatrice, voire réactionnaire.

    Commentaire par Gilbert — 23/08/2012 @ 14:25

  11. Un simili-vote parmi les étudiants d’une école de journalisme avant la présidentielle avait donné Hollande gagnant à 100%, non ? Troublant quand même.

    Cela dit ce que vous dites des journalistes ne pourrait-il pas s’étendre au premier quidam venu ?

    Il est bien porté d’être de gauche, on l’est volontiers en parole, dénonçant profiteurs et scandales à tout bout de champ, prônant une réforme en profondeur de la société, etc., mais en actes, au fond, on est le plus souvent de droite, défendant ses intérêts, voulant le meilleur pour ses enfants, profitant confortablement de l’ordre établi, etc…

    Avoir un comportement de droite mais s’afficher de gauche. C’est une façon de se donner bonne conscience

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 23/08/2012 @ 14:45

  12. @Gilbert : ciel, aurais-je caricaturé une caricature ? 😉
    Plus sérieusement, vous m’avez lue avec vos lunettes anti-Aliocha, et donc vous m’avez mal lue. Je trouve très franchement et sans ironie aucune que les textes d’Acrimed éclairent le mystère de la perception des opinions politiques de la presse selon les camps considérés. Je pense qu’on peut tomber d’accord sur le fait que les uns voient les hommes (de gauche), les autres les structures (de droite). Maintenant, sur la suite, à savoir le fait qu’un petit bourgeois non gréviste est forcément un type de droite qui s’ignore même s’il se pense de gauche, c’est une vision respectable mais que je ne partage évidemment pas. Nous savons vous et moi que nous sommes là en face d’une querelle de définition de ce qu’est ou devrait être la gauche.
    Quant à l’argument selon lequel on ne compte pas ses heures dans ce métier, je trouve contrairement à vous qu’il est tout à notre honneur et témoigne justement d’une certaine pudeur nourrie d’une conscience de ce qu’est la réelle pénibilité du travail.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/08/2012 @ 15:24

  13. @Denis Monod-Broca : mes copains gauche caviar (ils votent vraiment à gauche et mangent vraiment du caviar)restent un mystère à mes yeux…je me demande parfois si leur discours ne relève pas du suivisme et de la paresse intellectuelle, plus encore que de la bonne conscience, même si je vous accorde que celle-ci tient une place majeure dans la démarche…Quand je les chahute un peu, je m’aperçois qu’il y a beaucoup de pétitions de principe dans leur discours, mais bon.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/08/2012 @ 17:21

  14. Aliocha : « Quant à l’argument selon lequel on ne compte pas ses heures dans ce métier, je trouve contrairement à vous qu’il est tout à notre honneur et témoigne justement d’une certaine pudeur nourrie d’une conscience de ce qu’est la réelle pénibilité du travail ».

    C’est surtout un argument patronal. Ça montre bien, une fois de plus, de quel côté vous vous situez. Je ne vois pas pourquoi on devrait travailler gratuitement sous prétexte qu’on fait un boulot « intéressant » ?
    La notion de sacerdoce est d’ailleurs à relativiser parce que dans la presse locale, comme vous le savez bien, c’est l’agenda qui prime. On n’a plus guère le temps de faire des enquêtes fouillées. Ça coûte trop cher.
    Vous êtes l’exemple type du pigiste qui fait, comme on dit, de nécessité vertu (ou plus vulgairement se dore la pilule, parce qu’elle est souvent dure à avaler). La plupart des pigistes, dans le bouquin d’Accardo, le disent : « on a choisi d’être pigiste, c’est la liberté ». Mon cul ! La plupart d’entre eux, au bout de quelques années de galère, réclament un CDI et intègrent une rédaction si on leur en donne la possibilité.

    Commentaire par Gilbert — 23/08/2012 @ 18:11

  15. Question bête : comment reconnaitre UNE journaliste de droite ou de gauche ?
    Non, parce que le critère du « chevelu/calvitie », ça va pas forcément le faire … !

    Commentaire par fultrix — 23/08/2012 @ 18:17

  16. « gauche caviar » encore !
    Faut-il être pauvre pour avoir le droit d’être de gauche sans être suspecté ?
    … ce qui sous-entend trop bien que la fonction de la droite est de défendre les intérêts des riches, par parenthèses.

    Les idées devraient donc être la traduction directe du compte en banque ?
    Et alors, les idées politiques, ne comptent pas, mais seul le porte-monnaie et les intérêts matériels, quand on est de gauche ? On ne peut être Badinter et républicain et de gauche ? Voilà bien une vision de droite qui projette sur l’autre son fonctionnement et ses références.

    Quelle misère !

    Commentaire par Schmilblick — 23/08/2012 @ 18:59

  17. être de gauche = pauvre
    être de gauche = travailler 60h sans rechigner
    être de gauche = subir l’exploitation et s’en réjouir, sans se référer au droit

    en somme être de gauche = être curé, saint, vierge et martyre, et attendre le paradis dans l’autre monde

    Commentaire par Schmilblick — 23/08/2012 @ 19:06

  18. @Gilbert : c’est le cas de beaucoup de métiers dits « intellectuels » et ça n’a pas grand chose à voir avec un sacerdoce. Vous arrêtez de travailler quand vous sortez du boulot vous ? Moi pas. L’idée d’un papier peut me prendre sous la douche, un aspect d’une enquête surgir dans le métro, en week-end ou pendant un jour férié etc. A l’inverse, mon temps de travail peut être largement improductif. Allez donc comptabiliser réellement tout ça, c’est impossible. Alors vous avez peut être vécu une situation exceptionnelle correspondant à un réel abus, mais je ne pense pas qu’on puisse en faire une généralité et transformer le truc en combat collectif. Surtout que le métier, pour qui l’aime, apporte beaucoup de satisfactions difficiles à évaluer mais réelles, à commencer par son aspect sans cesse renouvelé, sans compter les avantages divers et variés, des musées gratuits à l’abattement fiscal. A l’inverse, des métiers comme la vente, le travail en usine, le transport et plein d’autres, ça se compte vraiment en heure, voire en quart d’heure et je trouve ça justifié. J’ai financé mes études grâce au télémarketing puis avec un job de standardiste hôtesse d’accueil et là je vous assure que je comptais les minutes ! (4 ans en CDI, je ne vous parle de jobs d’été)
    Le problème des pigistes est encore différent. J’ai fait ce choix parce que je ne suis pas à l’aise dans une entreprise, j’ai horreur des horaires, des hiérarchies, du léchage de botte imposé pour obtenir la plus petite dérogation aux règles en cas de nécessité, des flemmards qui font bosser les autres à leur place, des rivalités, des lâchetés, des jalousies et de tout le cirque. Ma vie de free lance est rude, mais pour l’instant elle me convient mieux. Cela étant, je suis parfaitement consciente d’être un cas très spécifique et je ne recommande à personne de m’imiter. Et je vous rejoins entièrement sur la fragilité du statut. La différence entre vous et moi est en réalité très ténue, on sait tous les deux que le système broie les hommes, vous voulez le changer, belle preuve d’optimisme, personnellement, je n’ai pas cet espoir-là, donc je m’en écarte.

    @Schmilblick : non, il ne faut pas être pauvre pour être de gauche, l’expression gauche caviar ne désigne pas des riches de gauche, mais des gens qui tiennent un discours et agissent à l’inverse. Je vous assure que ce n’est pas une accusation en l’air, ça existe vraiment. Et je pourrais vous citer au moins un exemple de patron de presse de gauche qui prend franchement ses salariés pour des cons, mais je préfère m’abstenir, la dénonciation, c’est pas mon truc.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/08/2012 @ 19:38

  19. Curieux billet où pas une seule fois – alors qu’Aliocha, journaliste économique, diplômée en Droit SVP, veut parler des journalistes – il n’est question de la b[concentration des Medias ]b(du simple journal de Province à TF1 en passant par le Figaro, Europe 1 etc), pas une fois il n’est question des territoires sur lesquels ces journalistes travaillent, territoires et espaces squattés par nos admirables Capitaines d’Industrie ( de Droite pour la plupart) qui (dé)tiennent dans leurs mains les orientations politiques et idéologiques in fine.

    Bah tout cela n’a pas d’importance pour Aliocha. Mieux vaut lâcher son fiel avec une pauvre ironie sur Acrimed ( dont le lectorat ne représente même pas le 1/1000è du lectorat d’un seul numéro du JDD-Lagardère). Mieux vaut se taire sur les différences entre les journalistes précaires et les Editocrates (ces nouveaux Intellectuels médiatiques qui envahissent les écrans – de Brunet à Jeudy, de Calvi à Reynié etc.)

    Pour compléter mon commentaire, je signale que les meilleurs écrits qui touchent au journalisme prolétaroïde restent les articles et le livre d’Alain Accardo («Journalistes au quotidien» au Mascaret) et que sur l’Aristocratie journalistique, il y a le livre «Les Editocrates» à la Découverte.

    Alain Accardo par exemple s’y demande pourquoi les journalistes dans leur grande masse ne s’insurgent pas davantage contre le fait qu’ils soient considérés comme des marionnettes. Pour lui, il faut D’ABORD ( à juste titre) analyser le champ qu’ils occupent et sortir de la vision réductrice qui ne prendrait en compte que les rouages qui les broient. Des journalistes – heureusement – se révoltent mais ce phénomène semble très limité et n’enraye nullement le fonctionnement du système.

    Le milieu est individualiste, narcissique au possible et souvent malheureux (on boit beaucoup dans le métier) : il demande du capital symbolique accumulé, une visibilité sociale (les grandes signatures), une reconnaissance par ses pairs etc.

    Et si on reste – pour les plus jeunes – dans la précarité, on est en même temps gratifié par le fait d’avoir (un certain) droit de vie et de mort sur l’existence sociale des acteurs de la vie du pays. Cette fascination est la base objective qui entretient solidarité et défense de la profession tant bien même les journalistes sont en état de perpétuelle concurrence.

    Enfin un point tout aussi important : avec les acteurs du Net, il y a certes du changement mais on assiste à un agrégat entre Médias qui se refont une santé électronique et Nouveaux Entrants dans le champ du Marché informatif (bloggeurs, créateurs de Sites informatifs etc). Les grands sites des journaux se sont vite mis au pli pour truster le Top niveau.

    Ce sera tout pour aujourd’hui.

    Commentaire par Pensez BiBi — 23/08/2012 @ 23:32

  20. @ Schmilblick
    Il y a deux dimensions à prendre en compte pour qualifier la gauche : la dimension sociale et la dimension sociétale. Pendant longtemps, ce qui primait, c’était le social. À gauche, on se battait pour de nouveaux droits. La plupart des droits sociaux (congés payés, retraites, sécu…) viennent de la gauche et des combats syndicaux. Parfois même, comme en 1936, les luttes sociales ont contraint les partis de gauche au pouvoir à aller plus loin qu’ils l’auraient voulu. Le patronat n’a jamais rien lâché spontanément. S’il n’y avait pas eu des luttes sociales, les mômes de 6 ans pousseraient encore des wagonnets au fond des mines. La gauche a souvent été en avance également sur le plan sociétal. Les combats contre les discriminations des homosexuels, pour l’égalité des droits entre les hommes et les femmes, pour la généralisation de la contraception et pour le droit à l’avortement, là encore, ça vient incontestablement de la gauche. Le planning familial, qui s’est battu sur ces deux deniers points, contre les curés et la droite, est un mouvement de gauche. Ceci dit, il faut reconnaître qu’il y a aussi à droite certaines figures plus progressistes que la moyenne (je pense à Lucien Neuwirth et à Simone Veil, qui se sont battus contre leur camp pour imposer la généralisation de la contraception et le droit à l’avortement).
    Le hic, et c’est pour ça que dans mes derniers posts je fais la distinction entre les valeurs de gauche et ceux qui sont supposés les porter (je fais allusion au parti dit socialiste), c’est quand les partis qui se disent de gauche oublient tous les projets de transformation sociale pour gérer le système économique de la même manière que le feraient les partis de droite. Entre les sociaux libéraux et les libéraux sociaux, il y a souvent très peu de différences. Il ne faut pas oublier qu’avant son accident hôtelier, Dominique Strauss-Khan était donné gagnant et était adoubé par les milieux patronaux. Ce n’est pas un hasard si le principal conseiller financier de François Hollande est Jean-Pierre Jouyet, qui avait été débauché précédemment par Sarkozy. Bref, même si on ne confond pas les militants du PS et ceux de l’UMP, il faut admettre que du côté des directions de ces partis, globalement les politiques sont interchangeables. Il ne faut pas oublier non plus que le gouvernement Jospin a privatisé davantage que les gouvernements de droite qui l’ont précédé.
    Bien sûr, il y a tout de même des nuances. La gauche a augmenté le SMIC de l’équivalent d’un carambar par jour. C’est pas rien 😉
    Plus sérieusement, la gauche de gouvernement a renoncé à tellement de choses qui faisaient sa spécificité qu’un courant important du PS, issu de ce qu’on appelle « la deuxième gauche » (en gros : les rocardiens, orphelins du courant autogestionnaire issu du PSU, le think tank Terra Nova (Pierre Rosanvallon), la CFDT…) a même théorisé l’abandon des classes populaires (« qui, de toutes façons, ne votent plus pour nous » a dit un jour Dominique Strauss-Khan) pour focaliser sur le sociétal (l’euthanasie, la drogue, le mariage homosexuel…)
    Le plus extraordinaire avec cette confusion des valeurs, qui fait que l’on a souvent l’impression que le combat est à front renversé (remember Chirac et la fracture sociale), c’est que parmi ceux qui ont dénoncé la trahison des valeurs de la gauche, on a pu rencontrer… des secrétaires nationaux de l’UMP :
    http://www.u-m-p.org/actualites/espace-presse/la-gauche-abandonne-les-classes-populaires-2396909

    Commentaire par Gilbert — 23/08/2012 @ 23:57

  21. oui Gilbert, bien entendu pour l’histoire des conquêtes sociales et sociétales toutes portées par la gauche.
    Ce qui précisément marque la différence entre la gauche et la droite, clairement. Ce que la pensée de droite nie. Et même si la gauche est dans le marasme aujourd’hui car l’économie ou plutôt la Bourse, gouverne le monde, cela reste vrai. Quant à la droite qui file vers l’extrême-droite, pire encore.
    Pour poursuivre comparaisons et différences.

    Cet échange aura bien montré également cette différence entre droite et gauche, en matière d’idées et de manière de raisonner aussi, malgré le confusionnisme. Il est bien pratique de s’en prendre aux individus pour ne pas prendre en compte le système économique et financier qui domine tout, et même les Etats, et qui réduit l’espace de l’initiative et de la décision politiques à une peau de chagrin.
    D’où le marasme à gauche et la montée de l’extrême-droite et des réactions populistes, racistes, sur lesquelles la droite s’aligne avec trop de facilité.

    Absence d’idées généralisée, face à cette omnipotence de l’économie.
    Ce qui ne justifie pourtant ni les idées de droite, ni le conservatisme anti-social ni l’oubli de l’histoire, ni encore moins d’oublier la fonction critique des intellectuels, sous prétexte qu’on a des amis qui… je ne sais quoi. L’arbre qui cache la forêt.

    Commentaire par Schmilblick — 24/08/2012 @ 14:48

  22. La majorité des économistes ne sont pas néo-libéraux mais on a eu le discours néolibéral, dit dans les 90′ pensée unique, des économistes dominants dans les media dominants. Remplacez économistes par journalistes, c’est le même topo. Qui dirige? Qui paie? Qui licencie dans une profession concernée par le chômage? L’article d’Acrimed est bien intéressant.

    Commentaire par Maurice — 26/08/2012 @ 21:19

  23. […] Rien de tel qu’une bonne petite polémique à la française pour se remettre en plume en cette morne rentrée de l’An I de la Normalité. Tenez, par exemple, si l’on parlait des pencha…  […]

    Ping par Journaliste de gauche : pléonasme ou fantasme ? | Journalisme et presse | Scoop.it — 31/08/2012 @ 12:23

  24. Du moment qu’ils conservent leur petite niche fiscale de journaliste (vidéo)…
    –>

    Commentaire par Pandy — 01/09/2012 @ 11:07

  25. journaliste de gauche honnête, est-ce un oxymore ?

    Commentaire par zelectron — 06/09/2012 @ 06:24

  26. Un petit élément.

    Je connais des gens qui se veulent « de gauche », en faveur de la paix, antimilitaristes même, et qui travaillent dans le complexe militaro-industriel (au sens large).
    Ce ne sont cependant pas eux qui décident de la ligne suivie et des buts visés.

    Je ne vois donc pas de contradiction entre l’hypothèse de 75% des journalistes qui seraient de gauche et des lignes éditoriales entre gauche très molle et droite.

    Commentaire par DM — 21/09/2012 @ 02:52


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