La Plume d'Aliocha

10/01/2015

Nous sommes Charlie

Filed under: Droits et libertés — laplumedaliocha @ 02:21

D’abord il y a le choc de la nouvelle : des coups de feu dans les locaux de Charlie Hebdo. Et puis très vite l’horreur d’entendre qu’il y a des des blessés et des morts. On suspend son souffle, on s’informe, on ne mesure pas encore la gravité des faits. Les mots flottent, effrayants mais sans consistance. Les morts sont virtuels, incompréhensibles. Les chiffres sont insensés, il doit  y avoir erreur…

C’est lorsque claquent les noms des victimes « Cabu, Charb, Tignous, Wolinski » que la réalité dans toute son horreur vous gifle.  On ne les verra plus. Ils sont morts. Assassinés. C’est incompréhensible, mais c’est là, et il va falloir apprendre à vivre avec cette absurdité. « Quoi ? On a tué Cabu, mon Cabu de Récré A2, mais comment peut-on tuer Cabu ? »a twitté quelqu’un ce jour là. Je n’ai rien lu de plus juste que ce tweet ces deux derniers jours.

Aussi tragique soit-il et aussi unique dans les annales, l’événement aurait pu demeurer cantonné à un acte terroriste contre un titre de presse. Les chaines d’information en continu l’auraient traité en boucle, entre un sujet sur les soldes et la météo, le gouvernement aurait géré un dossier terroriste grave, la police et la justice piloté la traque des auteurs, le monde des médias aurait porté le deuil et le grand public quant à lui aurait suivi l’affaire comme il en suit d’autres, intéressé, compatissant pour les victimes, révolté par l’acte, inquiet pour sa propre sécurité. Puis l’on serait passé à autre chose.

Sauf que…un miracle s’est produit.

Souvenez-vous, le soir même, spontanément des dizaines de milliers de gens ont afflué sur les places des villes de France, une pancarte à la main  « Je suis Charlie ». C’est la France entière qui s’est levée et le monde a suspendu son souffle, et le monde a brandi la même pancarte « je suis Charlie ». A cet instant précis, la France a revêtu sa tenue des grands jours, celle qu’on ne lui voyait plus que dans les livres d’histoire, la France des lumières, celle des droits de l’homme. Plus belle encore que dans le tableau de Delacroix car les crayons ont remplacé les fusils. Convenez qu’il a un petit air de Gavroche, ce Charlie de la place de la République…

Deux jours plus tard, certaines voix s’élèvent ici et là pour nuancer l’unanimisme, freiner le déluge d’émotion, tenter de tracer un chemin pour la raison dans ce torrent de réactions, de larmes, d’informations sur la traque des auteurs de ce carnage obscène, de querelles sur le rôle et la place de des partis politique. La polémique a rattrapé la grâce et menace de la dévorer. C’est aussi cela la France et sans doute son esprit est-il incapable de penser sans grincer. Après tout, si c’est le secret de son génie…

Tâchons quand même de ne pas oublier l’extraordinaire miracle auquel nous avons participé. On se croyait abreuvés jusqu’à plus soif de la liberté d’expression, on la jugeait galvaudée, usée, éreintée même, surtout par ces fichus médias.  On ne savait plus quoi en faire. Dans ses excès et ses dérapages, elle finissait par nous écœurer. Jusqu’à ce qu’une poignée d’entre nous meurent au combat et que chacun découvre, sous la violence du choc, qu’il porte en lui un irréductible Charlie.

Les journalistes de Charlie avaient, dit-on, avant ces évènements, le sentiment d’être un peu seuls parfois dans leur poste avancé pour défendre la liberté d’expression. Et il est vrai qu’on ne comprenait pas toujours pourquoi ils estimaient si nécessaire de balancer autant de coups de poings dans la gueule de tout le monde chaque semaine. En réalité, leur férocité était à la mesure d’une guerre qu’ils avaient choisi de mener par le rire. Mercredi, des fous ont répondu par les armes. Et nous avons saisi soudain que oui, c’était bien une guerre, à mort. Et nous avons découvert que cette liberté était plus fragile qu’on ne le pensait et qu’on y tenait par-dessus tout. A cet instant précis, nous sommes devenus Charlie.

Recommençons à polémiquer, puisque c’est dans notre nature, sur l’opportunité ou non de chanter la marseillaise en leur honneur ou de dire des messes, sur l’islamophobie, la présence de Marine Le Pen aux rassemblements en leur mémoire, sur les responsabilités des intellectuels et des politiques dans la radicalisation d’une poignée de jeunes transformés en armes de guerre. Mais par pitié, gardons au fond du coeur gravé à jamais le visage de cette France qui a crié un jour, d’une seule voix « Je suis Charlie » et dont le cri de défi à la face des barbares a été relayé dans le monde entier.

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44 commentaires »

  1. Ouais, dans toute cette horreur, c’est la mort de Cabu qui me touche le plus intimement, c’est connement humain, mon Cabu de Récré A2 (et non pas le Club Dorothée, mais c’est un détail), je l’ai connu toute ma vie, quasiment, ça me fait chier comme si on avait tué un membre de ma famille. De plus agés diraient sans doute « Ils ont tué Duduche! »

    Une reporter de guerre vient de dire sur France Inter qu’après le rassemblement de mercredi à Paris, elle et ses collègues se sont retrouvés dans leur bar habituel, celui où ils se rassemblent notamment quand un des leurs tombent au front de l’information. Elle a dit qu’elle a appris à vivre avec l’idée qu’il se pourrait qu’elle ne revienne pas, parce que ça fait partie de son métier, mais que justement ce qui était d’autant plus choquant pour elle et ses collègues c’est que ça n’était pas censé faire partie de celui des gens de Charlie Hebdo.

    Commentaire par schmorgluck — 10/01/2015 @ 06:47

  2. Chère hôtesse,
    Comme vous vous en doutez, et bien que nous soyons souvent d’accord, cette fois-ci je ne vous suis pas.
    Ce n’est pas un miracle.
    C’est une rechute collective dans la tentation sacrificielle la plus élémentaire.
    Ah ! Il est doux, il est rassurant, dans les temps si troublés, si incertains, si inquiétants que nous traversons, de communier dans la même sacralisation des victimes, de s’abandonner à une même ferveur commune, de se sentir tous ensemble, unis, rassemblés autour de la mémoire de ces héros, de maudire d’une même voix unanime les barbares qui ont fait ça.
    Mais ce n’est pas raisonnable.
    Ça fera long feu, car c’est factice et que nous nous en rendrons compte. C’est déjà commencé.
    Ça ne résoudra évidemment rien.
    Ça ne mènera à rien de bon. Bien au contraire.
    Ils auraient bien ri sûrement, eux qui détestaient toutes les religions, s’ils avaient su que Charlie deviendrait l’objet d’un culte planétaire…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 10/01/2015 @ 08:11

  3. Il reste Siné, toujours debout, rescapé de la bande originelle… il acceptera sûrement de collaborer à la relance de « Charlie Hebdo », lui qui aime tant « chier tranquillement dans la colle et les bégonias sans se soucier des foudres et des inimitiés de tous les emmerdeurs ».

    Commentaire par Zarga — 10/01/2015 @ 11:02

  4. @Schmorgluck : c’est vrai que je me souviens toujours de lui dessinant Dorothée et que du coup j’ai mis Club Dorothée, c’est corrigé ! Et non, ce n’était pas censé faire partie des risques de Charlie, et pourtant c’était le cas, et plus encore que pour les reporters de guerre qui en principe ne sont pas des cibles. Les plumes de Charlie étaient les cibles.

    @Denis Monod-Broca : fichtre, je vous trouve bien pessimiste. Moi j’ai le sentiment que cette horreur a réveillé chacun de l’endormissement qui est malheureusement la maladie de la démocratie et je trouve que cet élan est fabuleux. Vous savez, je pense que c’est quand les gens ne sont pas ensemble que la situation est anormale. Les scientifiques commencent à découvrir que nous sommes programmés pour être empathiques et rechercher spontanément la chaleur des autres. Encore faut il, pour le ressentir, être arraché de force à nos préocupations quotidiennes

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/01/2015 @ 11:05

  5. Et pour apporter de l’eau à DMB, que j’approuve (à nouveau)

    http://www.les-crises.fr/indecense-rendons-hommage-a-charlie/

    Commentaire par araok — 10/01/2015 @ 11:13

  6. Quel paradoxe !
    Que dis-je quel paradoxe ?… quelle incohérence absolue !
    Ce culte planétaire rendu à ceux qui conchiaient tous les cultes !
    Cette révérence internationale à l’égard de ces as de l’irrévérence !
    Cet honneur rendu, ce respect exprimé, à ceux qui mettaient un point d’honneur à ne rien respecter !
    Ils auraient bien ri…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 10/01/2015 @ 12:11

  7. @Denis Monod-Broca : ce n’est ce que je vois dans ce mouvement. C’était intéressant d’ailleurs d’entendre une bonne partie des gens venus manifester commencer leur phrase par « je n’étais pas un lecteur de Charlie » ou par « je n’étais pas d’accord avec eux », et pourtant il étaient là, surpris eux-mêmes par le paradoxe. Quand j’écris que nous sommes devenus Charlie, je ne dis pas que nous avons soudain rejoint en masse les bouffeurs de curé pour en bouffer aussi, mais que nous avons rejoint ceux qui voulaient affirmer qu’on a le droit d’exprimer ça sans que quelqu’un en face juge légitime de vous faire sauter la tête à la kalachnikov. C’est très précisément de cela qu’on parle.Le combat c’est celui de la légitimité de la liberté d’expression et de sa survie.

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/01/2015 @ 12:22

  8. et nous sommes #hypercacher
    aussi

    Commentaire par Rubis — 10/01/2015 @ 12:39

  9. Manuel Valls appelle les Français à manifester nombreux demain. Peut-être pour une fois les effectifs donnés par les organisateurs et ceux de la police correspondront-ils…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 10/01/2015 @ 12:40

  10. @laplumedalioche

    Il n’y pas de liberté sans responsabilité.
    En matière de liberté d’expression je préfère la vision de Plantu : ne pas « aveugler » l’autre, ne pas le provoquer au point que la rage l’aveugle. Cette retenue vaut mieux, tant pour l’exercice que pour la défense de ce bien si précieux qu’est la liberté, que la surenchère dans l’excès pratiqué par Charlie Hebdo.
    Et puis quand on agite un chiffon rouge devant un taureau et que le taureau charge, à qui la faute?…
    « Je n’étais pas un lecteur de Charlie et pourtant je suis là » : oui, certes. Lisez René Girard : les réprouvés, les hors-la-loi, les chenapans… font d’excellentes victimes sacrificielles, d’excellents héros, d’excellents saints…

    J’avais écrit cela le 3 novembre 2011 :

    « Dire « ils l’ont bien cherché » à propos des dirigeants de Charlie Hebdo serait inconvenant. Ce serait rendre la victime complice du coup qui la frappe. Et rien n’est plus injuste qu’un tel retournement des rôles. On ne peut nier cependant qu’il puisse y avoir une relation de cause à effet entre la sortie du dernier numéro et l’action des incendiaires. Et on ne peut prétendre à l’ignorance, on savait de science sûre qu’un tel engrenage était envisageable. Rien de bien nouveau sous le soleil. Après l’écroulement d’une tour à Siloé, les Galiléens demandent à Jésus : « ceux qui ont péri sous les décombres sont-ils de plus grands pécheurs que les autres » ? Il leur répond : « non », et ajoute pourtant : « si vous ne vous repentez pas, vous périrez comme eux ». Si nous ne nous repentons pas, si nous persévérons dans l’accusation et la provocation, dans le mépris et la peur, bien d’autres attentats auront lieu et nous périrons sous les décombres de notre société. Et nous ne pouvons pas ne pas le savoir. L’avenir dépend de nous. »

    Je pourrais le réécrire à l’identique, en changeant seulement « incendiaires » par « assassins ». Le sens en serait le même, mais confirmé et renforcé oh combien…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 10/01/2015 @ 12:50

  11. @Denis : c’est encore et toujours une question de terrain cher Denis. Vous êtes à un niveau supérieur et universel, je me contente d’être sur terre, en France, en 2015. Et sur terre, en France, en 2015, deux dingues manipulés ont tué des dessinateurs. Alors sur terre, en France, en 2015, je considère qu’il faut sans hésiter se dresser contre de tels actes. Plantu ? Mais PLantu me choque souvent quand il s’en prend aux catholiques. Je ne le tue pas, je me contente de dire que ce jour là, à mon goût très relatif, il n’a pas été drôle. On ne peut pas prétendre s’exprimer à un niveau susceptible de ne choquer personne. ça n’est pas possible. Hier sur twitter une féministe était choquée que certains dessinateurs aient repris la liberté guidant le peuple de Delacroix parce que dans son délire Delacroix avait instrumentalisé le corps de la femme. Un jour c’est Tintin qu’il faut censurer parce qu’il choque sur les blacks, un autre il faut voiler la nudité féminine parce qu’elle choque au choix des tarés religieux ou des pintades qui jouent à défendre une cause qu’elles comprennent de travers, ça va aller jusqu’où comme ça ? La seule solution possible pour garantir le vivre ensemble c’est d’affirmer la liberté d’expression, quitte à ce que en cas de dérapage, les intéressés en répondent devant les tribunaux. Mais la liberté doit rester la règle.

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/01/2015 @ 13:24

  12. Une vie c’est une vie et on n’en mesure pas la valeur à la notoriété ou même au talent. La mère de famille tuée a Saint Michel avait aussi droit aux mêmes honneurs et a subi la méme atteinte à la liberté primordiale : celle d’exister.
    Passons sur un deuil national et une réaction que toute victime mérite.
    Mais je voudrai comprendre pourquoi certains ne peuvent pas dire qu’un minisre les fait penser à un singe alors que d’autres publient des dessins assez primaires et plutôt vulgaires d’un pape sodomisant des gosses ?
    On m’a dit alors qu’il fallait du « respect » lorsqu’en son temps je minimisais le problème des caricatures Taubira … Fort bien mais où commence et où finit la sacro sainte liberté ? dans l’indécence de la provoc ou dans la retenue d’un humour qui devrait commencer par la dérision de soi-même ?
    Paradoxe que des policiers tant moqués jusqu’à l’insulte soient morts pour défendre leurs caricatures et que les cloches de Notre Dame sonnent le tocsin…
    Oui nous sommes tous Français et souffrons de voir où est notre pays mais nous ne sommes pas tous Charlie , nous sommes tous démocrates mais différents, c’est à la fois notre plus grand défaut et notre charme … Sauf quand certains « démocrates » cherchent à imposer leur propre vision .

    Rien ne justifie de telles horreurs mais que cela serve au moins à nous rappeller que notre « libre » démocratie a ses limites qui commencent avec le respect de notre voisin qui vit et ne pense pas comme nous et si on ne peut pas dire qu’il ressemble à un singe alors on ne peut à plus forte raison insulter ses coutumes et bafouer grossièrement et systématiquement la religion qui est la base de son existence.

    Pour moi tout est possible dès que c’est drôle , il semblerait malheureusement que l’humour soit parfois oublié au profit de la vulgarité et de l’insulte et là je ne suis pas Charlie.

    Commentaire par Scaramouche — 10/01/2015 @ 14:40

  13. @Olivia, moi aussi je vis en 2015 en France. Ce n’est pas une raison pour oublier les leçons du passé, les siècles de savoir et de sagesse accumulés. L’attentat fut odieux. La réponse à l’attentat est inappropriée. Qu’il y ait des réactions spontanées, très bien. Que la France officielle de la politique et des médias trouve là un moyen de redorer son blason national est factice, hypocrite, inopérant, dangereux. « Liberté, que de bêtises on commet en ton nom ! » : ça en fera une de plus.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 10/01/2015 @ 15:26

  14. @Denis : je sais que vous vivez aussi en 2015, ce que je voulais exprimer c’est les différents niveaux de raisonnement, je suis d’accord avec vous sur le principe mais je pense que d’un point de vue très relatif (lieu, date, contexte) cette mobilisation doit être saluée et la liberté d’expression défendue. C’était la même nature d’échange qui opposait hier soir dans Ce soir ou jamais Dupont Moretti à une jeune femme dont j’ignore le nom. L’avocat soutenait que les musulmans de France devaient se désolidariser des attentats, elle répondait qu’on ne pouvait à la fois exiger des musulmans qu’ils s’intègrent, ce qu’ils ont fait, et leur demander dans le même temps d’avoir une réaction communautariste. Elle a raison au niveau des principes et en plus elle est d’une cohérence parfaite, mais Dupont MOretti a raison aussi de dire : c’est sans doute absurde, mais c’est nécessaire.

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/01/2015 @ 17:43

  15. @ Allioca
    Liberté d’expression quitte à ce que les intéressés en répondent devant les tribunaux « , dites-vous..
    Autrement dit  » à la tête du client suivant l’interprêtation qu’on en fait . »
    N’est-ce pas déjà ce qui se passe actuellement ?
    Soit on décide de se lâcher soit on met des limites, mais on ne peut pas favoriser un parti une religion une opinion suivant le vent qui souffle et décider de ce qui est de la dérision ou de l’insulte suivant son propre intellect.
    Charlie Hebdo comme beaucoup de journaux était loin d’être florissant, il va retrouver un temps une nouvelle jeunesse mais je ne sais pas trop si la profession de journaliste y trouvera son compte.

    Quant aux musulmans c’est une erreur de psychologie de leur demander de se dêsolidariser , on voit ce qui se passe dans les écoles avec la minute de silence .
    Il est évident que chaque praticant n’est pas un fou de Dieu mais encore faut-il ne pas l’y pousser.

    Commentaire par Scaramouche — 10/01/2015 @ 18:10

  16. On ne peut pas, ou si peu, et est-ce légitime de chercher à le faire ?, modifier les pensées, paroles, actes d’autrui.
    Mais on peut, et ce n’est déjà pas si facile…, modifier ses propres pensées, paroles, actes.
    Ne demandons donc pas, nous non-musulmans, aux musulmans de penser, dire, agir comme ceci plutôt que comme cela. Ne faisons pas de la laïcité une religion prosélyte. Faisons plutôt un brin d’introspection. Qu’avons-nous fait de la liberté, sinon un alibi du laisser-faire, de l’égalité, sinon, déguisée en égalité des chances, un alibi du chacun pour soi, de la fraternité, disparue des radars ?
    Interrogeons-nous sur nous-mêmes, nous Français, nous la France, plutôt que de désigner du doigt tels ou tels coupables.

    Encore un mot sur Charlie Hebdo. Sa pensée se résumait à : soit tu penses comme moi, soit tu es un crétin, soit tu ris de mes blagues, soit tu un catho-facho-reac. Faire de lui un symbole de la liberté d’expression est une sinistre blague.

    Mobiliser la France entière et le monde (occidental) derrière lui est à mes yeux insensé.

    Par un enchaînement tout aussi insensé un malheureux attentat à Sarajevo a eu il y a 100 ans les conséquences que l’on sait. L’avenir n’est pas connu mais ne faut-il pas toujours, selon le mot magique de Plick eh Plock, « réfléchir avant d’agir » ?…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 10/01/2015 @ 19:05

  17. Bonjour à tous.

    Moi aussi, et comme beaucoup de gens de ma génération sans doute, un peu bizarrement ma première pensée a été : « Merde, ils ont tué Cabu, celui que je voyais, petite, à Récré A2 faire des dessins qui ne prenaient pas les enfants pour des imbéciles ». J’ai ressenti beaucoup de peine …

    Et puis un peu après j’ai réalisé que ces minables avaient tué des papis, de vieux nanar à l’humour provoc’ à tout prix certes féroce, voire intolérant, comme le dit Denis, mais aussi à mes yeux vaguement obsolète. Et bien non, leur combat n’était pas d’arrière-garde ; la liberté d’expression n’est jamais acquise.

    Pour finir sur les polémiques qui ne vont pas manquer d’avoir lieu. Refuser l’amalgame, c’est juste mais cela ne veut surement pas dire faire l’autruche. Pendant trop longtemps, beaucoup l’ont oublié, surtout à gauche, on voit les résultats (et je ne parle pas que des attaques de ces derniers jours…), peut-être ont-il enfin ouvert les yeux.
    En tout cas, je ne dois pas être la seule à penser au discours de Ratisbonne de Benoit XVI sur la foi, la raison et la violence.

    Commentaire par Maelle — 10/01/2015 @ 19:30

  18. A ne pas manquer, la vidéo de la conférence de rédaction qui a donné naissance au fameux « c’est dur d’être aimé par des cons » : http://vimeo.com/116270107

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/01/2015 @ 19:55

  19. @ laplumedaliocha

    J’ai regardé la vidéo. C’est dérisoire. Le talent est là, indéniable, mais comment peut-on passer autant de temps, aussi sérieusement, à s’interroger sur la meilleure façon de se moquer d’autrui ?

    J’aimais bien le Cabu du grand Duduche. Mais pas le Cabu devenu rebelle, comme tant d’autres, rebelle à la sauce 68, rebelle de salon, pseudo-rebelle faisant commerce de sa pseudo-rébellion…

    Il est mort et sa mort est affreuse. Paix à son âme. Qu’il repose en paix. Est-ce être fidèle à sa mémoire que de lui rendre un tel culte ? Je n’en suis pas sûr.

    Nous sommes poussière et nous redeviendrons poussière.

    La mort devrait être un grand moment d’égalité et de recueillement, pas de distinctions et de classement…

    Et je crois qu’on se trompe quand on affirme qu’une mort peut « servir à quelque chose ».

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 10/01/2015 @ 21:57

  20. @Denis Monod Broca

    Pour moi ils avaient l’aspect de l’éternel ado qui est mécontent de tout critique tout , essaie de choquer le bourgeois et promène sa libido en bansdoulière , de vieux soixante huitards attardés qui ne veulent pas vieillir . Charlie Hebdo plaisait aux vieux jeunes qui refusent la société et aux jeunes qui essaient de choquer pour s’affirmer.
    Je crains que nous ayons des illusions sur l’enthousiasme des motivations qui sont à la base des manifestations , le seul consensus va vers une demande de liberté d’expression , il est mondial , mais je doute que chacun l’exerce dans le même sens. En attendant le gouvernement sous couverture de rassemblement a trouvé là un moyen de remonter dans les sondages.

    Pendant ce temps il y a un répit mais tôt ou tard il faudra creuser un peu plus le problème s’inquiéter des financements des groupes terroristes renforcer les surveillances , prisons etc .. et trouver le moyen d’arrêter l’hémorragie des convertis.

    Si « la mort peut servir à quelque chose  » à l’éviter à d’autres ou bien à servir d’exemple ou à sauver d’autres vies. Celle du Christ a servi à fonder une religion , et elle n’est pas si mal quoiqu’on en dise ! 😊.

    Commentaire par Scaramouche — 11/01/2015 @ 00:51

  21. À lire :
    http://mobile.lemonde.fr/societe/article/2015/01/10/unanimite-des-hommages-a-charlie-un-contre-sens_4553578_3224.html

    @Scaramouche

    Ah, la mort du Christ !?… Oui, bien sûr, encore que… vaste débat…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 11/01/2015 @ 09:26

  22. Zineb El Rhazoui : « J’aurais aimé que ceux qui sont morts bénéficient d’un tel soutien de leur vivant. Et ce n’était pas du tout le cas. Charlie Hebdo est un journal qui a été conspué par tout le monde. »

    Luz : « C’est formidable que les gens nous soutiennent mais on est dans un contre-sens de ce que sont les dessins de Charlie. (…) Cet unanimisme est utile à Hollande pour ressouder la nation. Il est utile à Marine Le Pen pour demander la peine de mort. On parle de la mémoire de Charb, Tignous, Cabu, Honoré, Wolinski : ils auraient conchié ce genre d’attitude. »

    Commentaire par Al — 11/01/2015 @ 14:58

  23. Charlie : pour la justice

    En ces temps d’émotion nationale autour de l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo (et des clients de l’Hyper Casher), je voudrais partager ces réflexions et convictions.

    * La liberté d’expression, et en particulier la liberté de la presse, est un droit protégé et régulé par la loi.
    * L’assassinat est un crime. Le fait d’assassiner pour des motifs d’appartenance, réelle ou supposée, à une communauté religieuse, ethnique ou autre, est une circonstance aggravante.
    * Se faire justice soi-même attaque les fondements mêmes de la vie en une société humaine et fraternelle.

    Je condamne donc, du plus profond de mon être, ces assassinats, et aurais souhaité qu’ils soient jugés et le cas échéant condamnés et punis, selon la loi. Je regrette que les assassins présumés aient été tués sans jugement par les forces de l’ordre.

    Par ailleurs:

    * Les inégalités économiques et l’injustice sociale fabriquent en masse des déclassés et des humiliés.
    * Les doctrines politiques et religieuses, surtout les doctrines radicales prônant la « pureté », sont une manière pour les déclassés et les humiliés de reconstituer une dignité.
    * La moquerie et le mépris sont – aussi – des outils d’humiliation d’autrui.
    * L’essentiel des crimes naissent d’une humiliation.

    Nos sociétés inégales et injustes ont donc – aussi – leur responsabilité dans ces assassinats.

    Notre devoir est, pour combattre le fanatisme et l’intolérance des doctrines politiques et religieuses, de construire une société de justice, pour qu’elle soit une société de paix.

    Commentaire par Laurent ZIBELL — 11/01/2015 @ 16:19

  24. @ laurent Zibell

    Tout à fait d’accord avec votre exposé. Cependant je suis moins catégorique , Il semblerait que vous ayez une vue très idéaliste et proche de l’humanisme post révolutionnaire chère aux Franc-Maçons mais ne croyez-vous pas que le temps et l’Histoire ont concrétisé notre besoin de transcendance ? c’est ainsi que faute d’adhésion à d’Etre Suprême la révolution a dû revenir à l’ancien Dieu . Nos belles valeurs et nos coutumes en sont héritées . Il faut toujours remplacer un Dieu par un autre et une idéologie par une autre,.
    Soyons réaliistes, à cause des rapports de force inhérents a tout être vivant l’utopie de la justice et  » la paix dans le monde » est une beau conte fragile.

    Commentaire par Scaramouche — 11/01/2015 @ 17:57

  25. Je ne me fonde pas sur un idéalisme creux pour prôner plus d’égalité, mais sur les centaines d’articles scientifiques qui démontrent le lien entre égalité et bien-être social, et qui sont réunis dans un livre tout à fait convaincant à ce sujet: « Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous », éditions « Les petits matins » de R.Wilkinson et K. Pickett (http://www.lespetitsmatins.fr/collections/pourquoi-legalite-est-meilleure-pour-tous/). Les « rapports de force » que vous évoquez ne sont en rien « inhérents à tous les êtres vivants » mais une partie des mécanismes d’adaptation biologiques – l’autre partie, qui est plus efficace à tous points de vue, est celle de la coopération.

    Commentaire par Laurent ZIBELL — 11/01/2015 @ 18:05

  26. @laurent Zibell

    Quel humoriste a dit « la liberté est dans mon porte-feuille et l’égalité au cimetière ?  »
    Je crois aussi que l’ennui nait de l’uniformité .. Mais à chacun son paradis..

    Dans tous les cas bravo pour cette manif de force tranquille . Comme quoi quand on veut on peut.

    Commentaire par Scaramouche — 11/01/2015 @ 23:07

  27. Chers amis,

    D’abord merci pour la qualité de vos interventions et la consistance de vos arguments.

    J’aimerais simplement apporter une brêve réflexion: qui peut croire que la liberté d’expression est menacée en France, aujourd’hui? Autant dire que l’on manifeste contre la possibilité d’un putsch (comme le 8 février 1962, Charonne, pour ceux de ma génération). Personne n’y croit sérieusement.
    Cette manif à base de crayon papier est un contre-sens. On est en guerre (oui, le mot affreux!) contre des gens qui veulent notre asservissement à leur vérité. On est en guerre au Mali, en Libye, en Syrie, …Alors les pancartes ce n’est pas « je suis Charlie » mais « je suis l’adjudant Kronenbourg ». Le grand Duduche doit se retourner dans sa tombe!

    Bonne année à tous. Bonne année chère hôtesse, un peu trop absente à mon goût.

    Commentaire par araok — 12/01/2015 @ 09:42

  28. Bravo sur toute la ligne araok et merci

    Commentaire par Scaramouche — 12/01/2015 @ 10:23

  29. Pour parler à froid, du moins à tiède.

    Ce qui m’a frappée hier dans toutes ces manifestations en France c’est que les gens qui marchaient me semblaient plutôt faire partie du peuple de gauche, pas uniquement bien sûr mais quand même … beaucoup d’étudiants, de profs en particulier. Alors, je m’interroge, toutes ces personnes engluées depuis des années dans une bien-pensance politiquement correcte qui les empêchait sous couvert d’être taxées de racisme d’appeler un chat un chat, autrement dit de dénoncer le radicalisme religieux, l’antisémitisme qui se propageaient dans les banlieues se sont-ils enfin réveillés ; ou du moins les circonstances (en particulier l’exécution de symboles de l’extrême gauche qui justement étaient à la pointe de l’antiracisme) leur ont-elles permis de libérer leur parole. Car beaucoup savaient (je pense en particulier aux profs qui depuis des années osent à peine évoquer l’holocauste, voire le darwinisme) ou s’interrogeaient en leur for intérieur sur la responsabilité de cette politique de l’autruche dans la montée en France de l’extrême-droite.

    Autre chose m’a marquée, et on n’en parle pas. Deux des terroristes (sur trois) avaient fait un peu parler d’eux dans les media bien avant les événements. L’un rêvait d’être rappeur ou footballeur. Des personnalités à tendance exhibitionniste sans doute. Mais cela doit nous interroger sur le modèle de réussite personnelle que l’on propose aux jeunes gens, en particulier dans les quartiers difficiles, où la seule issue semble être la musique, le sport ou la téléréalité, dans un souci bien ridicule de notoriété. Ce n’est pas que la pauvreté économique qui est responsable mais aussi (et elles vont ensemble) la pauvreté intellectuelle et, je dirais même, morale. La ligne de fracture culturelle dans notre société me semble finalement plus béante que la fracture économique avec laquelle elle ne se confond pas tout à fait.

    Bon, là j’écoute en arrière-fond une émission de radio où tout le monde s’écharpe. Au temps pour l’unité nationale …

    @Araok
    Oui, les morts de Charlie Hebdo, là où ils sont, ne doivent pas en revenir, il y a de fortes chances qu’ils ne seraient pas d’accord avec l’encens qui les entoure désormais.

    Commentaire par Maelle — 12/01/2015 @ 10:59

  30. Aliocha, j’étais en vacances lorsque toutes ces tueries ont paralysé les français d’effroi avant de réagir. Je n’ai appris que le soir par un pompiste qui écoutait la radio ce qu’il s’était passé. Je crois qu’il aurait eu un arabe sous la main, il lui aurait fait sa fête. Donc, ma première réaction a été la peur devant la violence de la réaction du pompiste. Ensuite, les morts de tous horizons ont continué à tomber.J’étais loin de l’actualité et j’ai été surprise de voir tout l’Occident débouler à Paris. Car des attentas, il y en a tous les jours partout.
    Puis les médias ont essayé de me faire croire que j’étais Charlie. J’étais encore loin de l’actualité émotionnelle. Et si certains journalistes morts au combat m’étaient sympathiques, si aucune idéologie et encore moins une religion ne justifie un seul mort, je suis encore étonnée que les seuls morts « valables », qui font le buzz, sont vos confrères. Moi, je pense à toutes ces compagnes, épouses, enfants qui pleurent leurs proches, qu’ils soient journalistes, policiers, stagiaires, clients banals ou simples balayeurs. La mort injustifiée les met à égalité et ils méritent tous le même respect.
    Au lieu de cela, j’entends, hier sur France Inter, que Charlie Hebdo était le seul rempart pour ne pas oublier Mai 68, et bla bla interminable sur la grandeur des soixante huitards dont Charlie était le dernier rempart comme le dernier des mohicans. Oubliés les autres simples français, assassinés au nom d’une folie entretenue par des dinosaures religieux.
    Pour moi qui suit venue après la révolte de Mai 68, je n’en ai pas retenu les causes mais les conséquences délétères. Dont le célèbre, il est interdit d’interdire que s’applique à eux-mêmes les fous d’Allah.Sans repères et sans sens de la vie, il peuvent se permettre de souiller les femmes, de violer les petites filles et de tuer cette race occidentale tant honnie par ces primitifs incultes.

    Donc, je ne vous suis pas là-dessus. Je ne suis pas Charlie, je n’adhère pas à l’héritage de Mai 68, ni à ceux qui s’accrochent au pouvoir qu’ils se sont attribués par leur révolte étouffant la moindre jeunesse velléitaire pour conserver les parcelles de pouvoir acquises depuis 50 ans. Et de ce que j’ai entendu autour de moi qui avaient manifesté, ce n’est Charlie dont ils revêtaient les oripeaux parfois vulgaires, mais bien ceux des valeurs de la France. Car au-dessus de Charlie Hebdo, il y a tout de même la France.

    Quant à la liberté d’expression, cela fait plusieurs mois que je me demande si les journalistes ne sont pas eux-mêmes bridés ou intermédiaire plus ou moins volontaires d’une propagande.

    Et je vis de plus en plus dans la crainte de voir des Le Pen à l’Elysée……

    Commentaire par Dorine — 12/01/2015 @ 18:05

  31. Ceux qui étaient dans la manifestation n’étaient pas tous  » Charlie » ils étaient pour la liberté d’expression .. Mais elle est vaste cette liberté et on la plebiscite volontiers quand l’autre pense comme nous et nous ressemble.
    Avec leur bon -sens primaire les jeunes des lycées s’étonnent qu’on soit répressif avec un Dieudonnê et si laxiste pour d’autres . En ce qui me concerne je ne cesse pas de lutter contre ce politiquement correct imbécile qui m’oblige à prendre en compte la religion du voisin avant de plaisanter sur son nez .
    Nous avons chacuN une définition du mot « liberté »
    Je suis d’une génération qui n’a pas connu ces subtilités et  » Ya bon Banania » était gentil et pas discriminatif , on plaisantait sur les autres et sur nous mêmes mais on avait alors les bases sinon de coeur du moins d’une éducation polie qui s’appelaient le tact … Et pas question de dessins pornos dans les journaux . Dans notre pays de libertés . La liberté d’ alors n’était pas sexuelle.
    Ceci pour dire que les modes changent et le sens des mots avec , mais ce qui ne change pas c’est le mal que peut faire une plaisanterie ou une attaque sur la dignité et la croyance de chacun de nous et il ne faut jamais aller trop loin qu’on s’appelle Charlie ou Dieudonné.

    Leur noouveau numéro « tout est pardonné » semble faire table rase et remettre le jeu a la case départ, mais ce n’est pas si simple. Le gouvernement recommence en perdant son temps avec la sémantique du style doit-on dire  » bonne à tout faire « ou « employée de maison » …
    On s’en fout ça ne change rien aux faits, ce qu’iil faut changer c’est le regard qu’on pose sur l’autre et ne pas le traiter en « bonne à tout faire » . ( ceci est une image bien entendu)

    Après tout ce cirque il convient de penser plus sérieusement et réagir vite non pas en menaçant du stupide  » patriot act  » qui a empoisonné la vie de beaucoup d’américains mais en définissant clairement les limites sans lesquelles il n’existe plus de libertés,

    Commentaire par Scaramouche — 13/01/2015 @ 07:22

  32. La cage aux phobes s’amuse…

    C’est Philippe Muray qui aurait bien ri des suites de l’attentat contre Charlie Hebdo, lui qui avait inventé la « cage aux phobes », spirituelle trouvaille décrivant en trois petits mots l’état de nos sociétés post-modernes. Islamophobes, judéophobes, cathophobes, homophobes, germanophobes, xénophobes, et j’en passe… nous sommes effectivement des phobes en cage, n’ayant de cesse de montrer avidement du doigt d’autres phobes, et de dénoncer leurs infâmes phobies à eux. Alors forcément, quand une occasion se présente d’échapper un instant à l’inextricable embrouillamini de nos innombrables phobies enchevêtrées et contradictoires, nous nous précipitons. Qu’il est doux d’être tous Charlie, ensemble, unanimement, à l’unisson ! Que c’est réconfortant et rassurant ! Mais que c’est illusoire, factice ! Et ça ne peut être qu’éphémère. Et c’est déjà presque fini. Ça y est, déjà, les charliephobes se réveillent. Forcément… Après la manifestation monstre de dimanche, simili échappée au-delà d’elle-même, la cage aux phobes se refermera. Plus prisonnière d’elle-même que la veille. Ah ! si nous savions aimer les vivants autant que les morts, ah ! si nous savions aimer aussi bien que détester…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 13/01/2015 @ 13:00

  33. Quelques bémols et rappels concernant CH depuis la ligne Val, le pote à Bush et BHL. Entre autres âneries, la publication d’un texte de Misrahi pro Fallaci et bien d’autres choses. Moi même lecteur occasionnel trouvais que parfois ils déconnaient plein pot, et pas dans le sens espéré :

    Robert Misrahi, philosophe et chroniqueur, encensait dans les colonnes de Charlie Hebdo le livre ouvertement raciste d’Oriana Fallaci « La Rage et l’Orgueil », avec la mention « COURAGE INTELLECTUEL ». Pour celles et ceux qui n’ont pas entendu parler de cet ouvrage, on y trouve des perles telles que : « Au lieu de contribuer au progrès de l’humanité, [les fils d’Allah] passent leur temps avec le derrière en l’air à prier cinq fois par jour », et que ceux-ci  » se multiplient comme des rats. » Une rhétorique qui ne se cache même pas d’être raciste, digne de l’Europe des années 30, s’attachant même à dresser un portrait physique écoeurant de l’Arabe en général, lorsque Fallaci dit « [qu’] Il y a quelque chose, dans les hommes arabes, qui dégoûte les femmes de bon goût. »

    http://danactu-resistance.over-blog.com/article-affaire-charlie-hebdo-reaction-a-l-imposture-110357116.html

    Commentaire par edgell oliver — 13/01/2015 @ 13:44

  34. Soyez gentil oliver de ne pas juger toute l’Europe des années trentes sur le modèle Hitler . Paris dansait encore comme en 1925 et Joséphine Baker fuyant les US pointait le bout de son nez. En France la curiosité de l’autre l’emportait sur l’égocentrisme et personne ne nous disait à l’école que l’autre ne nous valait pas. Même pendant la guerre où le juif et le Franc Maçon étaient avec le communiste les nuisibles à abattre et où certains ne s’en privaient pas, je n’ai jamais entendu des propos sur les gens et leur religion aussi violents et grossiers que maintenant.

    A part ça vous avez bien sûr raison et à Denis Monod Broca je dirai que le contraire de l’amour ce n’est pas la haine mais l’indifférence et que s’acharner sur les religions traduit le goùt du renard pour les raisins verts 😊

    Commentaire par Scaramouche — 13/01/2015 @ 15:53

  35. Soyez gentil Scaramouche de ne pas m’attribuer des propos que je n’ai pas tenus, nulle part j’ai évoqué les années 30 ou Hitler.

    Commentaire par trucmuche33 — 13/01/2015 @ 19:07

  36. @ oliver edgell
    Regardez ce que vous avez écrit : « Une rhétorique qui ne se cache même pas d’être raciste digne de l’Europe des annêes 30  » (sic)
    Difficile de ne pas lire entre lez lignes

    Commentaire par Scaramouche — 13/01/2015 @ 19:34

  37. Monsieur trucmuche vous êtes en dehors de cet échange j’avais êcrit mon message en débutant par  » soyez gentil oliver » et vous n’êtes pas  » 0liver  » j’ai pensé que c’étit lui qui me répondait .. Bref
    Confusion confusion …..
    Pas de problème

    Commentaire par Scaramouche — 14/01/2015 @ 07:11

  38. Sur les 52 dernières unes de Charlie Hebdo, 30 sur la politique intérieure, 10 sur le FN, 2 sur les Cathos 1 sur l’Islam. C’est un peu pour ça que j’ai du mal à supporter en ce moment toutes celles et ceux qui sont solidaires… mais en se pinçant le nez. D’ailleurs, celles et ceux qui se pinçcent le nez ne sont pas forcément bien entourés : une grande majorité vient de l’extrême gauche complotiste, l’extrême droite, et les croyants identitaires. Personnellement je ne le lisais plus mais pour une fois je suis bien content d’être « au centre », dans le « coeur » – au propre et au figuré – de la France. Si on aime pas le droit au blasphème, on va vivre en Angleterre, aux USA ou bien en Iran, pas en France. Par ailleurs, ils sont bien gentils ceux qui se pincent le nez, mais moi je suis parisien, je travaille et vis à côté, et j’ai eu peur.

    Commentaire par eczistenz — 14/01/2015 @ 12:44

  39. Vous considéreriez sans doute, eczistenz, que je me pince le nez. Ce que je veux dire par là, c’est que je veux bien être Charlie dans l’émotion, mais la vérité c’est plutôt je veux soutenir Charlie. Autrement dit, en général, je ne suis pas d’accord avec ce que ce magazine dit, et pire encore la façon dont il le dit (la grosse blague de cul qui tache, ce n’est pas mon genre, que voulez-vous !). Mais, je considère qu’ils ont un droit absolu à écrire et à dessiner ce qu’ils veulent et que j’ai un droit absolu à ne pas acheter leur magazine et à ne pas les approuver.

    Je suis catholique et je vais même souvent à l’église, c’est dire ! Mais ce n’est pas pour autant que je veux que le blasphème soit reconnu par la loi française ! Oui, les unes cul de Charlie Hebdo sur les scandales pédophiles dans l’Eglise catholique m’ont pour certaines mise mal à l’aise, mais je savais bien que ce qu’elles dénonçaient, le silence de la hiérarchie, était vrai et épouvantable. Et que pèsent des dessins face aux atrocités qu’ont subies les victimes ?

    Ne trouvez-vous pas qu’il y encore plus de sens à soutenir la liberté d’expression de quelqu’un avec qui on n’est pas d’accord ? Alors, oui, je me pince un peu le nez quand je vois les caricatures de Charlie Hebdo, mais cela n’a guère d’importance dans le fond …

    Commentaire par Maelle — 14/01/2015 @ 14:53

  40. Sans vouloir troller, je sors un peu du débat de fond pour aborder un sujet collatéral : on commence à reconnaitre qu’il y a eu des failles dans la surveillance des terroristes pourtant connus et suivis depuis des années. (Les USA, semble-t-il, étaient mieux informés et auraient alerté le gouvernement français de la dangerosité des individus. Source médiapart).

    Ceci dit, dès leur identification, nous savions tout de leur passé et on en a déduit que la collecte d’infos a été efficace, mais pas leur exploitation qui auraient pu donner l’alerte. Plus amusant, on apprend aussi que pour déjouer les services de renseignements, les terroristes auraient communiqués avec les téléphones de leurs compagnes. Ca fait cruellement sourire !

    Je suis surpris qu’on ait pas encore rappelé qu’en matière de surveillance la France s’était fait remarquer car des entreprises françaises (cf. amsys, Qosmos), spécialisées dans la surveillance et le contrôle de l’information intérieure, ont vendu des systèmes et des technologies très performants d’interception et d’exploitation des communications des population à des régimes dictatoriaux (technologie « Deep Packet Inspection » vendue à la Lybie, Syrie, …).

    Au niveau du citoyen de base que je suis, je constate souvent que mes communications (surfs, mails, sms) sont scrutés et exploités très efficacement à des fins commerciales pour ensuite m’adresser des offres promotionnelles et des publicités très ciblées en lien avec le contenu de mes communications !!!….
    J’en déduis que le secteur commercial est autrement plus compétent, efficace et rapide que les services de renseignement intérieur pour intercepter et exploiter les contenus des communications échangées en France.

    Pour terminer sur une touche d’humour cynique, digne de Charlie Hebdo, j’imagine que lorsque les terroristes communiquaient entre-eux sur leurs projets de jihad et d’attentats, ils recevaient aussitôt des publicités et des offres promotionnelles pour se rendre au Yémen, en Syrie ou en Irak, voire même des offres pour des matériels militaires en solde !…

    Commentaire par Oeil-du-sage — 14/01/2015 @ 14:53

  41. Ah Ah « oeil du sage » quest-ce-que ça doit être quand vous avez deux yeux qui observent !
    N’y a-t-il pas un poste pour vous dans les RG ?
    Avec mes deux oreilles j’ai seulement entendu à deux heures d’intervalle des journalistes dire qu’il fallait une dizaine de personnes pour tracer un suspect et assurer sa livraison à la police , puis un autre parlait de 15 et in fine c’est passé à trente.
    Tout plein de monde pour assurer un suivi de commande et malgré ça l’après-vente est raté.

    Commentaire par Scaramouche — 14/01/2015 @ 15:28

  42. Scaramouche, je crois que vous n’avez pas saisi le sens de mon commentaire.

    Je comprends votre intention de défendre nos RG, et plus généralement nos services de police, mais ce que j’ai voulu souligner, à ma manière et sans doute maladroitement, c’est plus la dérive commerciale et cupide de notre société que les manques de moyens de la police. Cette dérive est à mon sens un des maillons crucial qui fragilise notre société et la rend si cruelle et inhumaine en laissant une partie de sa population dans le fossé, pousse certains à la marginalisation, à la haine, puis à la délinquance, suivi du gangstérisme, et enfin au terrorisme.
    C’est un peu court et simpliste comme analyse, mais c’est une réalité que certains connaissent et commencent à pointer du doigt (Daniel Cohn-Bendit est le premier que j’ai entendu faire ce constat à chaud).

    J’ai été déçu d’apprendre dernièrement par les médias qu’il y a avait eu des tentatives de récupération de la propriété commerciale du message « Je suis Charlie », dès sa sortie : dès qu’il y a une opportunité commerciale « notre société » a le réflexe de l’exploiter commercialement, et peu importe l’origine.
    De même certains médias n’ont pas hésité à faire fuiter des informations sensibles en temps réel. Que voulez-vous, le côté commercial est prioritaire, même au risque d’aggraver la situation et mettre en danger la vie d’otages. Et oui, le prix des publicités télévisuelles entre 2 news ont surement vu leur prix monter, fallait capter l’audimat, prendre des parts de marché.

    Comme vous tous, j’ai été horrifié par ces événements. Mais alors que l’heure était à la solidarité, au recueillement et à la défense de la liberté d’expression pour certains, d’autres tentaient, avec cynisme, de récupérer et transformer notre émotion en chiffre d’affaire. C’est ce constat qui m’effraie et me fait dire que le chemin pour retrouver une cohésion populaire sera long, sinueux et pavé d’obstacles.

    Il n’en reste pas moins que sur le fond, et accessoirement (le débat arrivera quand même sur la table) je crois avoir raison en disant que malgré un incontestable savoir-faire français en matière d’interception, de surveillance et d’analyse des communications de la population, le monde du business a une bonne longueur d’avance sur nos services de sécurité.

    Je termine par 2 anecdotes :

    – Je viens d’entendre que Facebook affirmait être en mesure de déterminer un profil psychologique très précis, par algorithmes informatiques, simplement en analysant le comportement d’un internaute,

    – Quand j’ai écrit le commentaire qui vous a choqué, j’ai cherché sur le net les noms des entreprises concernées (Amsys et Qosmos), et le gag, c’est que dans la minute qui a suivi, je recevais par des offres commerciales pour des systèmes d’espionnage et de surveillance de salariés entreprises !…

    Mais que fait la police ?….

    Commentaire par Oeil-du-sage — 15/01/2015 @ 09:43

  43. @ oeil du sage

    Votre commentaire n’était pas choquant j’essayais d’y répondre avec humour. Mais je vous remercie de vos intéressantes explications . Tout est affaire de gros sous c’est vrai nous sommes en plein big brother et comme vous pour beaucoup d’autres raisons aussi je crains que nous ayons du mal à nous rassembler. C’est pourquoi je regrette ce slogan Charlie au dépens d’un slogan France.

    Commentaire par Scaramouche — 16/01/2015 @ 09:24


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