La Plume d'Aliocha

18/04/2010

Mon ami l’agent immobilier

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 11:54

Chose promise, chose due.

Les lecteurs fidèles de ce blog savent que je viens de passer les deux derniers mois à la recherche d’un appartement, ce qui m’a obligée à plonger dans l’univers impitoyable de l’immobilier….et à rencontrer ceux qui sont devenus mes nouveaux amis, les agents immobiliers. J’avais annoncé un billet sur le sujet, le voici donc. Autant le préciser d’entrée de jeu pour éviter la colère de la corporation, j’en ai cotoyé des bons, des honnêtes, des impeccables, je ne vais parler ici que des mauvais, ces mauvais qu’on trouve dans toutes les professions, y compris dans la mienne, et qui ont une fâcheuse tendance à transformer toutes les qualités qui font l’utilité de leur métier en d’effroyables travers, tantôt drôles, tantôt crispants,  pour le plus grand désespoir du client.

Commençons par les joies des sites Internet dédiés aux agences.  Un numéro de téléphone surtaxé, qui débute par une explication électronique à vriller les nerfs d’un moine bouddhiste, met immédiatement l’utilisateur en quête d’un nouveau toit dans l’ambiance de ce qui s’annonce comme un parcours du combattant. « Appuyez sur la touche étoile si vous ne voulez pas entendre ces explications la prochaine fois ». Tu parles, je l’ai écrasée, broyée ma touche étoile, sans jamais échapper aux maudites explications que je connais désormais par coeur. Vous croyez accéder directement à l’agence, une fois passé le péage ? Que nenni, une voix masculine crispante au possible vous invite à vérifier que votre téléphone comporte bien une touche dièse en appuyant dessus. Un BING, électronique vous déchire alors les tympans, victoire ! Vous pouvez taper le code de votre annonce sans oublier de terminer par dièse, sinon le Monsieur vous lance « nous n’avons pas compris votre demande ». Nouveau BING électronique, ça y est, le Graal est à portée de main. Si vous voulez entrer en contact avec l’agence (pour quelle autre raison s’infligerait-on cette torture ?), on vous dit de taper 1. Joie. Vous tombez alors sur le répondeur de l’agent immobilier. Eh oui, vous avez beau vous être abonné par mail aux nouvelles annonces tous les jours, vous êtes sans doute en fin de mailing list parce que la ligne est souvent occupée. Heureusement le site, magnanime, vous donne alors le précieux numéro de téléphone.

Petit dictionnaire à l’usage de votre recherche d’appartement

Dans le cas, miraculeux, où vous joignez l’agence, une voix indifférente vous renseigne, et c’est là que vous découvrez ébahi que l’agent immobilier qui a rédigé l’annonce alléchante s’exprime en réalité dans un français différent du vôtre. Voici donc quelques traductions du français de l’agent immobilier en français courant pour vous éviter des déconvenues :

Refait neuf : attention, ce n’est généralement que les pièces dites « à vivre », la cuisine et la salle de bain sont pourries, ou bien l’inverse, mais c’est plus rare.

Entièrement refait neuf : vous avez une chance que ce soit vrai, tout dépend ensuite de l’entreprise qui a procédé aux travaux, car vous n’êtes pas à l’abri d’un bricolage maison. J’en ai fait les frais : parquet souple sous les pieds (explication : l’ancien locataire l’avait posé lui-même directement sur la moquette, l’effet était rigolo, on avait l’impression de faire du trampoline, sauf qu’en partant, l’un de mes talons aiguille à fait bêtement sauter une latte), peinture passée à la truelle dont vous pouvez aisément deviner à l’épaisseur de la pâte le nombre de locataires-peintres-amateurs qui se sont succédé dans l’appartement (ça fera un jour la joie des archéologues), lavabo neuf, certes, mais mur de la salle de bain démoli au passage par le bricoleur du dimanche qui croyait franchement en allant chez Ikéa que le génie de la plomberie l’illuminerait dès qu’il ouvrirait sont paquet ….Résultat, des trous dans le mur, plusieurs carreaux arrachés, les traces du feutre qui a servi à prendre des repères, un tuyau dangereusement torturé qui risque de péter dans moins d’un mois. Bref, votre salle de bain ressemble vu de dessus à Versailles, et vue d’en dessous à Pompéi. Quant à la peinture sur les murs, si elle n’était pas blanc sale on pourrait imaginer que c’est Rouault en personne qui a refait l’appartement.

Charmant 2 pièces : moche et sale, avec généralement un vice rédhibitoire mais aussi un tout petit détail sympathique survendu par l’agence.

Atypique : inhabitable, la baignoire est au milieu de la chambre, les pièces sont triangulaires, et autres fantaisies du même genre.

A voir très vite : j’ai hâte de me débarrasser de ce truc inlouable que le propriétaire considère comme la 8ème merveille du monde, donc je racole franchement.

A rafraichir : pourri. Généralement, c’est l’immeuble qu’il faut rebâtir.

Parfait état : peintures sales, quelques trous dans les murs, plafond de salle de bain écaillé, joints noirs de moisissure, baignoire qui a perdu son émail depuis longtemps, tuyaux crasseux, mais l’appartement a été refait il y a 4 ans pour le précédent locataire, donc ça suffira bien.

Lumineux : sans soleil

J’y habiterais moi-même : mais vraiment si je n’avais plus d’autre solution

Pas très lumineux : réponse d’une « agente » immobilière : « ça dépend, pour certains ce sera peu lumineux, pour d’autres un peu sombre, question de goût ». Quand on a compris qu’ils enjolivaient tout, on raccroche sans demander son reste.

Absence de commentaire particulier : danger sérieux que le lieu soit inhabitable, réservé aux désespérés qui s’en contenteront le temps de trouver autre chose.

Ces palais que des clients capricieux osent dédaigner

Et lorsque vous sélectionnez enfin une annonce qui vous parait mériter le déplacement, que vous croyez avoir identifié tous les pièges, voici ce qui risque de vous arriver  :

– Appartement dans le 7ème face à St François Xavier. Pimpant, c’est vrai. Mais : le tuyau du gaz court à 5cm au dessus du sol le long de la double porte qui sépare le salon et la salle à manger, ce qui ne déstabilise en rien l’agent immobilier : « soit vous condamnez la porte, soit vous pensez à sauter par-dessus le tuyau, c’est une habitude à prendre ! ». Ou même un sport à inventer, « le saute tuyau », (il y en a bien qui sautent dans leur slip pour entrer dans le livre des records) en plus c’est sympathique comme jeu, on peut le compliquer à loisir, se charger par exemple de deux assiettes remplies de soupe et sauter par-dessus le tuyau pour servir sans en laisser tomber une goutte sur le parquet.  Variante : un plateau avec une cafetière bouillante. Dans le même appartement, l’immeuble voisin vient d’être entièrement démoli, la reconstruction va commencer. Heureusement, l’agent immobilier calme immédiatement mon inquiétude :  « c’est la démolition qui est bruyante, construire, ça ne ne fait pas de bruit ! » Ah ? Dans ce cas, pourquoi offrir deux mois de franchise de loyer ? Toujours dans le même appartement, la chaudière dans l’entrée est prolongée par un tuyau qui goûte joyeusement dans un entonnoir vissé dans le sol et fraîchement repeint d’un blanc lumineux (dans un mois, il sera jaune de tartre et noir de poussière). Bêtement, je demande : « qu’est-ce donc ? » en désignant le curieux montage. L’agent immobilier, condescendant, toise du haut de son 1m80 ma blonde petite personne de 160 cm en talons : « ça,  c’est une chaudière Madame ». Le loyer évidemment ne tenait pas compte de ces menues aberrations.

– Autre appartement, dans le 17ème cette fois : la pièce principale comprend un comptoir en brique curieusement élevé entre deux fenêtre et ne dissimulant ni bar ni cuisine, je demande à quoi ça sert : « c’est décoratif » répond la bondissante jeune femme qui me fait visiter. J’avise alors un poêle contre le deuxième mur.  Et ça ?  » C’est décoratif », me lance-t-elle une nouvelle fois. La visite commence à être amusante. Je désigne une cheminée condamnée contre le troisième mur et interpelle la brillante professionnelle :  « C’est une autre décoration ? Eh bien dites donc, c’est déjà drôlement décoré comme appartement ». « N’est-ce pas ! », me répond la fille qui n’a visiblement pas senti l’ironie du propos.  Nous passons dans la chambre. « Elle est petite mais l’ancien locataire avait réussi à caser  un matelas deux places par terre » m’explique ma nouvelle camarade, rassurante. Sans doute, sauf qu’il devait avoir du mal à ouvrir la porte. Quoique, il suffisait à mon avis de penser à rouler le matelas le matin pour ne le redérouler qu’une fois couché. De plus en plus amusée, j’aperçois que l’un des murs n’a pas été élevé jusqu’au plafond mais s’arrête à 20 cm de ce-dernier ! « Ah, c’est qu’il y a la salle de bain derrière » m’explique l’indémontable commerciale. Et en effet, en ressortant elle me montre une porte coulissante en plastique toute bringuebalante qui ouvre sur une douche dont le rideau est amidonné par 40 ans de savon, à vue de nez, le tout agrémenté d’un petit lavabo fêlé.  Figurez-vous que ce petit palais était affiché au tarif du quartier.

– Toujours dans le 17ème, mais un cran plus chic car proche du 8ème, j’entre dans l’immeuble à 9h du matin et suis assaillie par un odeur d’urine de chat, de crasse, d’humidité et de friture. Je pose bêtement la main sur la rampe d’escalier, qui poisse tellement que j’ai du mal à la décoller. Figurez-vous que pour visiter cette merveille sous la pression de l’agent immobilier enthousiaste, j’ai annulé un rendez-vous professionnel, marché 15 minutes au pas de gymnastique car la chose était loin de tous les métros et que je vais devoir courir en sens inverse pour mon rendez-vous suivant. Du coup, malgré un fort mauvais feeling,  je monte joyeusement au troisième, aiguillonnée par une sorte de curiosité mêlée de désespoir. Visite individuelle, qu’il avait dit mon ami l’agent immobilier. Tu parles, il est assis sur le canapé des locataires absents et babille au téléphone d’un air inspiré tandis qu’une vingtaine de personnes se bousculent dans ce 30 m2 où flotte encore l’air vicié de la nuit. Appartement en bon état, m’avait-il assuré. Sans doute, lors de sa construction, il y a deux cents ans. Ce trou à rat affichait fièrement le prix classique au m2 dans le quartier, alors qu’il n’en valait même pas la moitié.

– Mais je vous ai gardé le meilleur pour la fin. L’annonce était alléchante. Petite maison individuelle en fond de cour, quartier bastille. 36m2 sur deux niveaux. En fait de fond de cour, tout dépend de quel côté on se place. Généralement, fond de cour sous-entend « en entrant dans l’immeuble », mais pour la professionnelle que j’avais en face de moi, ce devait être le contraire. Toujours est-il que la « petite maison » était sur rue. Une loge de bignolle, en somme, sauf que ça, on ne le met pas sur une annonce. A moins qu’il ne se soit agi d’une ancienne boutique ou d’un atelier. Je lui laisse bien volontiers le bénéfice du doute. Bref, nous entrons et la petite dame sans âge qui me fait visiter lance, enthousiaste « vous donnez sur un ravissant jardin », tout en s’élançant vers la fenêtre. Et là, je la vois s’arrêter d’un coup, comme bloquée dans son élan. « Ah ben non me dit-elle, en fait c’est une cour mais elle est fleurie ». Je m’approche, et en effet, c’est fleuri : deux lierres achèvent de se dessécher dans leur pot en plastique, juste devant les poubelles de la Ville de Paris. Un étroit escalier métallique en colimaçon  nous mène à l’étage. Des rideaux à fleurs, plein de fenêtres, pas un mur d’exploitable pour y mettre quoi que ce soit, même pas un lit. Ca ne dérange visiblement pas mon enthousisate camarade qui me vante avec ravissement le charme du  lieu. Elle n’a pas tort, c’est mignon, mais aussi peu fonctionnel que possible.  Et c’est là qu’elle me sort sa botte secrète. « Comme dans toutes les petites maisons, il y a un grenier ! ». Bêtement, je lève la tête. Eh oui, à ce stade je dois vous avouer que je nourris quelques préjugés stupides dont celui que les caves se situent en sous-sol et les greniers juste en dessous des toits. Convenez que c’est ballot. Car je vois ma petite camarade redescendre l’escalier à la recherche de son mystérieux grenier, observant avec attention le mur comme un chercheur de trésor en quête d’une ouverture secrète dans un château. Du coup, je commence à me demander si elle n’aurait pas consommé des substances illicites. « Ah ça y est, je l’ai trouvé » me dit-elle, totalement surexcitée. Et la voilà qui ouvre une trappe dans le mur à environ  1m50 du sol, perchée en équilibre instable sur le petit escalier. Je découvre alors étonnée en me penchant au-dessus d’elle, une cavité située en effet sous le toit visiblement en pente de la petite maison, à laquelle je suppose qu’on accède à 4 pattes.  « On peut y ranger tout son gourbis », me lance-t-elle radieuse. Personnellement, je le trouve flippant son trou dans le mur et j’ai bien envie de pousser mon Alice au pays des merveilles dans son joli petit grenier pour qu’elle aille retrouver le gros lapin. Mais bon, les fantasmes, c’est bien connu ne sont pas faits pour se réaliser. Je quitte donc les lieux, plus amusée qu’en colère même si j’ai perdu environ une heure de travail avec cette plaisanterie. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de rencontrer Alice au pays des merveilles.

Ah, mais j’oubliais ! J’ai eu aussi droit au placard à balais sur le palier qu’on me désigne comme une annexe de l’appartement où je pourrais installer mon lave-linge. Sans doute, songeais-je en observant le réduit, à condition que les aimables locataires retirent tous leurs déchets de mon joli espace et que j’arrive à faire venir les services spéciaux de désinfection. Dans un autre appartement, les propriétaires me montrent avec ravissement une porte sur le palier : « ce sont les anciennes toilettes de l’immeuble, à l’époque où il n’y en n’avait pas dans les appartements. Plus personne ne les utilise et elles sont très sales, mais on vous en donnera la clef, ça peut toujours servir ». Je ne sais pas vous, mais moi l’idée d’avoir des tinettes sales et à moitié condamnées à deux mètres de la porte de mon appartement, ça me met un poil mal à l’aise. J’ai sans doute trop lu Serge Brussolo mais je me prends à imaginer que la crasse a nourri durant plusieurs décennies je ne sais quel arbre maléfique dont les racines s’enfoncent dans la cuvette tandis que les branches immondes ne vont pas tarder à s’insinuer sous la porte et se charger, à la lumière du jour, de fruits purulents et nauséabonds.

Comme me le disait un lecteur sous un précédent billet : « ce que vous cherchez n’existe pas ». Euh, si, un lieu propre et rationnel, ça doit forcément exister, la preuve j’en ai déjà habité 5 jusqu’à présent.

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41 commentaires »

  1. Ah, si seulement les journalistes (presse, télé) arrêtaient de publier bêtement les communiqués des lobbys du milieu immobilier (FNAIM en tête), la situation du marché immobilier irait nettement mieux, je pense (je ne compte plus les « [selon la FNAIM] les prix de l’immobilier ont encore augmenté ce trimestre, c’est le moment d’acheter », qui au final ne sont rien d’autre que des publis reportages copiés/collés sans recul). Après, les propriétaires-vendeurs-bailleurs se croient tout permis (vendre ou louer à prix d’or 3 murs moisis).

    Commentaire par SRG — 18/04/2010 @ 12:23

  2. Warf! De quoi écrire une thèse de doctorat sur « Habitat et Surréalisme »

    Mais j’ai beau me forcer, votre histoire de « saute-tuyau » (de gaz, qui plus est) j’arrive pas à y croire, c’est trop gros! Dites, vous ne vous exerceriez pas à faire des piges pour « La Marseillaise » ou « O.M. Magazine » par hasard?

    Aliocha : tout ce que je raconte dans ce billet est rigoureusement exact. La réalité dépasse souvent la fiction 😉

    Commentaire par Goloubchik — 18/04/2010 @ 14:57

  3. ajoutons des mots supplémentaires à votre glossaire:

    Etat d’usage: pourri
    Maison de caractère: voir Atypique

    D’ailleurs c’est simple: le vocabulaire est sous estimé s’il s’agit de vendre le bien et surestimé s’il s’agit d’établir l’état des lieux.

    J’ai encore jamais vu le tyuau en travers la pièce. Mais j’ai vu un appart avec en tout et pour tout UNE prise de courant.
    J’ai vu un ancien bureau transformé en 3 pièces avec des panneaux mobiles d’Open Space

    Mon expérience personnelle s’est toujours mieux passé avec des propriétaires plutôt qu’avec les agences. Mais je peux avoir eu de la chance.

    Commentaire par fred — 18/04/2010 @ 16:40

  4. « Un lieu rationnel », ça s’appelle la raison ou l’âme (je blague, l’expression est impropre). Votre billet est d’un humour roboratif, on en redemande !

    Commentaire par Bardamu — 18/04/2010 @ 18:12

  5. Aliocha découvre le libéralisme…

    Commentaire par Gilbert — 18/04/2010 @ 19:04

  6. Cotoyé côtoyé
    dès qu’il ouvrirait sont paquet dès qu’il ouvrirait SON paquet
    A rafraichir A rafraîchir
    Rébâtir Rebâtir
    Journaliste dans un hebdo bien pensant, sans doute….

    malheur aux classes moyennes : les pauvres ont droit aux HLM, les riches sont proprios, les autres rament comme des malades à la recherche du bonheur ou s’acclimatent avec ce qu’ils ont.

    Commentaire par patrons-voyous — 18/04/2010 @ 21:29

  7. Ca ressemble aux appartements cauchemardesques de Julius Corentin Acquefacques, la BD de Marc-Antoine Mathieu

    Bon courage !

    Commentaire par VilCoyote — 18/04/2010 @ 21:29

  8. Je me demande toujours pourquoi tant de gens continuent à habiter Paris… Alors qu’il suffit d’aller à Lille, par exemple, pour découvrir, à prix généralement bien inférieur, tant de jolis logis…

    Commentaire par didier specq — 19/04/2010 @ 08:10

  9. J’ai adoré le dictionnaire… :-))

    Commentaire par Ficelle — 19/04/2010 @ 08:44

  10. « Euh, si, un lieu propre et rationnel, ça doit forcément exister »

    Oui, ça existe. C’est « propre, rationnel et sur le marché » qui n’existe pas.

    Commentaire par Ryuu — 19/04/2010 @ 10:44

  11. Je rajouterais un petit quelque chose à votre lexique, que j’ai croisé au détour d’une annonce :

    Appartement sis dans une tour de caractère.
    La Tour de caractère, sur le coup, j’ai eu du mal à y croire. Il faut bien entendu traduire par « tour années 70 », qui sont, il faut bien le dire, la référence en terme de caractère.

    Commentaire par Xavier — 19/04/2010 @ 11:10

  12. @Ryuu

    Vous vous trompez. C’est « propre, rationnel et à un prix abordable » qui n’existe pas. 😀

    Commentaire par Nemo — 19/04/2010 @ 11:14

  13. Je dois vous avouer avoir visité votre dernier appart. il y a presque 2 ans… Enfin, ‘visiter’, j’ai simplement dit en arrivant que ca ne correspondait pas à l’annonce et je suis reparti.
    Le monde des appartements à Paris est impressionnant. Le fameux ‘3 pièces’ sans troisième pièce, la ‘baignoire’ qui est en fait un bac carré de 100cm haut de 50cm.
    J’ai eu droit aussi à la ‘pièce supplémentaire’ ou il fallait traverser le couloir. Visiblement, c’est plus courant que ce que j’imaginais…
    Je ne sais pas si vous cherchez à louer ou acheter, mais à l’achat, sur Paris, il faut obligatoirement prévoir un budget ‘rénovation’. Une fois que c’est assimilé, les visites se passent bien mieux, et la marge de négociation est beaucoup plus grande.

    Nous ne sommes pas ici dans le monde du libéralisme… mais plutôt de l’inconscience. Généralement, les agents immobiliers savent très bien que ce qu’il cherche à vendre ne vaut pas le prix, mais le proprio voit son taudis comme si c’était Chambord…
    Quoique, le libéralisme, c’est la possibilité de choisir… et surtout de ne pas choisir.

    Sinon, je suis d’accord avec SRG.
    La FNAIM a toujours annoncé que les prix ont continuellement augmenté. Et là, on se rend compte qu’en 2008 et 2009 les valeurs des biens au baissé de plus de 5%. Mais bon, ils l’annoncent maintenant parce que le marché repart… enfin, particulier, parce que celui des entreprises, il est en train de s’effondrer sur Paris, mais là, no news.

    Aliocha : Non !!!!! La maison d’Alice au pays des merveilles ! Dingue. Cela étant, celui que vous évoquez avec la pièce supplémentaire de l’autre côté du couloir me dit quelque chose, je ne l’ai pas visité mais j’ai vu passer l’annonce.

    Commentaire par testatio — 19/04/2010 @ 11:29

  14. Aliocha, vous faites dans la « discrimination corporatiste » !

    Il ne se passe un jour sans qu’un journal, une émission radiophonique ou télévisuelle nous démontrent que « commerce » rime maintenant avec « sornette » dans pas mal…, beaucoup…, la quasi-totalité des secteurs économiques.
    Vous pourriez remplacer « immobilier » par banque, assurance, automobile, grande surface, téléphonie, internet, cosmétique,… et j’en oublie des meilleurs encore.

    J’ai l’impression que vous venez de découvrir que les « Techniques Commerciales » d’aujourd’hui consistent à vendre le plus possible, le plus vite possible, le plus cher possible, en disant le plus de conneries possible, un produit ou un service qui a le prix de revient le plus bas possible.
    Au final, optimiser cette logique consiste donc à vendre 100 un produit qui vaut 0 ; c’est finalement ce qu’on enseigne aux commerciaux pour ne pas dire dans les écoles de commerce.

    Ha ma brave dame, mais où sont donc passées ces entreprises d’antan qui nous vendaient au juste prix avec un argumentaire honnête, un produit fiable, sain, et indestructible ?…

    Commentaire par Oeil-du-sage — 19/04/2010 @ 12:04

  15. Petit truc: tentez les « gros » bailleurs institutionnels type France Mutualiste (mutuel militaire avec un énorme parc immobilier 1930 à Paris) ou bien les énormes syndics type Gestrim qui disposent d’offre mieux « encadrées » et plus raisonnables (enfin, souvent) que les petites agences de quartiers…

    Commentaire par blanc — 19/04/2010 @ 12:12

  16. Aliocha,
    Enfin ce billet ! Tout d’abord, le « Ce que vous cherchez n’existe pas », c’est moi. Merci de clore votre billet en me citant : je ne me sens plus !
    Je pourrai être intarissable (je vais l’être…) sur le sujet du jour – ce fut mon métier pendant quelques années. Je me limiterai simplement à quelques « bricole » essentielles car expliquant pas mal de choses – sans les excuser.
    1. Beaucoup d' »agents immobiliers » n’en sont pas. Ce sont des « négociateurs immobiliers », vite recrutés avec des prommesses mirobolantes de commissions élevées, non formés et choisis pour leur énergie (monter des escalier, propecter sous la pluie, faire du phoning, remplir les boites à lettres, etc.). « On » (le vrai agent immobilier, c’est à dire le patron de l’agence, celui qui fait bosser les autres)leur demande de rentrer du mandat à tout prix. Si non, « on » les lourde, « on » garde les mandats rentrés et « on » touche dessus à terme.
    2. Les mandats sont « donnés » par les propriètaires. Un auteur a dit « L’amour donne de l’intelligence à ceux qui n’en ont pas et en retire à ceux qui en ont ». Idem pour l’immobilier. Allez dire à un proprio intelligent et sensé en apparence que l’appartement dans lequel il a eu 3 enfants, des centaines d’heures de bricolage, pour lequel il s’est endetté des années, n’est pas le nid douillet qu’il vous présente mais un taudis immonde… Il vous jette. Le mandat, il vous le faut si vous ne voulez vous entendre dire à l’agence (vécu par moi…) « Tu vas dire quoi à ta grosse ce soir ? Que tu vas ramener 1000 euros à la fin du mois ? T’es pas prêt de baiser ! » Donc le mandat on le prend puisque de toute façon la concurrence le prendra…
    3. Les prix demandés sont fixés par les propriétaires et par personne d’autres. S’ils correspondent la plupart du temps à une certaines réalité, certains propriétaires pensent qu’il est possible d’acheter une Mercédes avec le fruit de la revente d’une R5…
    4. « 2 visites et 20 000 de com’, c’est du vol ! » Non : des jours et des jours de galère pour rentrer du mandat, des semaines sans rien, des affaires qui capotent 2 minutes avant signature, des proprios qui vous plantent pour 500 euros (vécu), des visiteurs qui veulent tout pour peu, qui vous plantent à des RDV sans s’excuser, normal, vous êtes agent immobilier donc quasi escroc, etc.
    5. « Ce que vous recherchez n’existe pas ». Oui, parce que s’il est un domaine où l’on doit faire des compromis, décider vite et ne pas espérer trouver 100% des critères recherchés, c’est bien celui de la recherche immobilière. Ce que je voulais dire, c’est que ce que vous recherchez, il vient de partir, là, il y a 5 minutes, dans une autre agence, à la première visite. Pourquoi ? Parce qu’il était au prix et que quelqu’un a dit OK. ce quelqu’un était là au bon moment, face à quelqu’un d’autre qui avait le bon bien, présenté au bon prix.
    6. Pour finir. J’ai été formé par un agent immobilier qui nous avait tous choqués les premiers jours en nous disant : « Les vendeurs ? Des enculés. Les acheteurs ? Des enculés. Les collègues d’agence ? Des enculés. Les confrères ? Pas des frères. » Une vision réjouissante de la vie et du travail, non ? J’ai pu constater qu’il n’avait pas totalement tort. L’immobilier est un excellent concentré de la violence de la vie et du modèle libéral.
    Cordialement à vous.

    Commentaire par Zenonlp — 19/04/2010 @ 13:15

  17. Par pitié, pourrait-on arrêter l’analogie avec le libéralisme qui n’a rien à faire dans le domaine de l’immobilier.
    Il est impossible d’organiser structurellement les conditions nécessaires à l’émergence d’une concurrence libre et non faussée dans le secteur de l’immobilier alors arrêtons-nous de vouloir affubler le libéralisme de tous les maux.
    Le problème du secteur immobilier, c’est très précisément l’absence de concurrence libre et non faussée résultant d’un système financiariste qui non content de nous avoir donné la crise que nous traversons, est capable de permettre à des investisseurs d’accélérer et/ou d’organiser la rareté d’un produit de première nécessité (le logement) afin de faire grimper artificiellement la valeur nominal dudit produit (la spéculation).

    Commentaire par Nemo — 19/04/2010 @ 14:15

  18. J’ai aussi rencontré des « souplex » – soit des caves borgnes et humides transformées en chambres avec pierres apparentes luxueuses (mais toujours borgnes), vendues au prix fort – un charme fou ! « Mais comment faites-vous pour aérer ? » – « Ah, mais Madame, si vous vouliez une chambre avec fenêtre, il fallait le préciser. » ?!!!

    Commentaire par Julie75018 — 19/04/2010 @ 16:59

  19. +1 avec Nemo. L’offre de logements semble inélastique, les ajustements se font par les prix, pas par les quantités. Le pire étant peut-être Londres et sa green belt quasi-inconstructible…

    Commentaire par VilCoyote — 19/04/2010 @ 17:44

  20. @ Nemo,

    Votre deuxième paragraphe, c’est exactement ça, le libéralisme : le renard libre dans le poulailler libre. Je ne parle pas bien sûr du libéralisme au sens anglo-saxon du terme.

    Commentaire par Gilbert — 19/04/2010 @ 23:03

  21. @ Gilbert
    Vos connaissances en matière de libéralisme s’arrêtent-elles à Adam Smith?
    Vous savez, les idéologies évoluent… Je vous invite à lire quelque peu les néoclassiques…

    Commentaire par Nemo — 20/04/2010 @ 00:27

  22. « Vous savez, les idéologies évoluent… »

    Je sais bien. J’ai vu les « socialistes » à l’œuvre.

    Commentaire par Gilbert — 20/04/2010 @ 04:08

  23. les joies des locations en ville … je préfére faire des kilométres et m’éloigner des centres ville … avant d’acheté ma maison je louais un appartement de 70m² avec garage attenant de 20m² environ et une belle cave vouté pour mon vin pour … 450€ par mois (hors charges) et tout ça à 20 kms du centre ville de lyon.
    Par contre pour mes locations je suis toujours passé directement par les propriétaires et non pas par des agences, ça évite les frais inutile et généralement ça ce passe beaucoup mieux.

    Commentaire par karkace — 20/04/2010 @ 09:43

  24. ce récit m’a bien fait rire, même si quand on découvre ce genre d’attitude on est plutôt furax ! Je reçois souvent des constats de ce genre par mail. Une étude démontrait que le métier d’agent immobilier était l’un des plus détestés par les français. Ceci s’explique en partie par le recrutement florissant et l’explosion d’ouverture d’agences quand les prix augmentaient magiquement de plus de 10% par an ! (Si si je vous jure la pierre c’est du solide, les prix ne peuvent que monter ma brave dame !)

    Le blocage du marché immobilier a déjà permis de faire du tri dans cette profession, les vrais agents immobiliers sont généralement ceux qui restent. C’est aux acquéreurs/locataires de ne pas se laisser faire et d’accepter de conclure avec ce genre de « pro »… Je sais c’est plus facile à faire quand l’offre de biens abordables est suffisante, ce qui est loin d’être le cas à Paris.

    Commentaire par Immobilier-danger — 20/04/2010 @ 10:11

  25. Il faut savoir que les agents immobiliers ont plutôt mauvaise presse à peu près partout.

    Etrangement, si sur les transactions françaises la tendance est nettement au contact direct sans intermédiaire entre particuliers, ce n’est pas le cas en Angleterre où les agences sont incontournables.
    Le problème aujourd’hui est de justifier le prix exorbitant d’un service inexistant et inopportun avec l’avénement d’Internet.

    Recherche de logement? Internet joue très bien ce rôle.
    Conseil dans le suivi de la transaction? Rôle du Notaire.
    Visites ? Conservation des clés ? Cela ne justifie pas des commissions de 7 à 8% en moyenne.

    Remarquez en Angleterre, c’est le vendeur qui rémunère effectivement l’agence immobilière. Contrairement à la France, le prix n’est pas répercuté sur le montant de la transaction à la charge de l’acquéreur…cela change beaucoup la perspective.

    Personnellement, pour avoir vendu mon bien en France de particulier à particulier, (mutuellement profitable aux deux parties en ce qu’en l’absence de frais d’agence, il est plus facile de maintenir un prix de vente) j’ai pu mesurer à quel point l’apport de l’agence est négligeable.

    Passons outre le fait que vous devez nécessairement vous farcir un exercice de comédie burlesque quasi ubuesque lorsque l’agent ne manque pas de trouver toutes les raisons du monde pour faire baisser le prix côté vendeur, des raisons qui deviennent soudainement des qualités justifiant de convaincre l’acquéreur que le prix n’est pas négociable.

    J’avais personnellement autorisé trois agences différentes à vendre mon bien.
    J’ai eu en deux mois…deux visites.

    Lorsque je me décidai à tenter la voie de particulier à particulier, à peine avais-je publié l’annonce sur Internet, que ma première visite était accordée une heure après. En moins de trois semaines, trois acquéreurs fermes, qui ont joué d’eux-mêmes la surenchère lorsque les agents m’avaient assuré qu’il m’allait être difficile de vendre le bien au prix du marché, du moins celui que je concevais.

    Commentaire par Nemo — 20/04/2010 @ 11:38

  26. Vous avez également l’agent immobilier qui vous présentera systématiquement quelque chose bien au dessus de ce que vous lui avez dit pouvoir vous permettre …

    « Mais vous savez, c’est négociable » …

    Commentaire par Antoine — 20/04/2010 @ 14:14

  27. Je vous rappelle que Nancy et Metz (bon d’accord, là il faut parler la langue 😉 ) sont à 1h30 de TGV de Paris et que les prix pratiqués y sont nettement, très nettement inférieurs! Faîtes votre calcul et ajoutez y la joie de m’avoir pour voisin !

    Aliocha : vous n’auriez pas pu le dire plutôt, non ? Et moi qui déménage jeudi….Misère !

    Commentaire par Mussipont — 20/04/2010 @ 15:01

  28. Billet très drôle que je n’avais pas vu mais qui vient conforter mon opinion ( http://wp.me/pEiuL-CH ) sur les agences immobilières.

    Commentaire par h16 — 20/04/2010 @ 15:44

  29. Bonjour Aliocha,

    J’imagine très bien ce que vous avez vécu pour l’avoir vécu moi-même. Cela dit, ce que vous racontez est davantage dû à la qualité du bâti urbain dans Paris IM (rappelons quand même que bon nombre d’immeubles parisiens ont vu la Commune, ce qui nous ramène en 1871) et à la pénurie de logements qu’aux travers réels ou supposés d’une profession à laquelle, en qualité de client, j’ai souvent fait appel en règle générale à mon entière satisfaction.

    Il est vrai qu’il y a de sacrés margoulins, mais il est également vrai qu’on trouve sur le marché de la location des biens qui sont assez peu conformes à notre idéal de confort et d’espace en raison de l’ancienneté du bâti. Jusque dans les années 50 et même 60, il n’était pas rare dans les quartiers populaires de vivre à 6 ou 7 dans des appartements de 3 pièces sur 45 m² « avec tout le confort sur le palier » comme on disait.

    Les rapports assez conflictuels des urbains avec l’hygiène ne se sont stabilisés qu’avec l’introduction de force de la salle de bain dans l’architecture intérieure d’immeubles qui, bien souvent, ne l’incluait pas dans leurs plans originels: on se lavait à la bassine dans la cuisine, ou au pied du lit. Même dans les appartements haussmanniens de standing, la salle de bain « historique » est souvent une petite pièce annexe donnant sur un puits d’aération ou une petite courette et qui partage le maigre espace qu’elle offre avec un WC installé derrière une cloison séparative. Les belles salles de bain qu’on voit aujourd’hui dans les revues de décoration n’ont souvent pu être installées qu’en poussant les murs ou en sacrifiant une autre pièce.

    Idem pour les cuisines: on ne mangeait pas souvent chez soi au XIXième siècle, y-compris dans les classes populaires. Essayez donc de préparer un repas traditionnel dans une ancienne cuisine d’appartement parisien et vous comprendrez tout de suite qu’il vous manque les plans de travail pour préparer les viandes, les poissons, les légumes, les sauces, les pâtisseries, assortir les plats, qu’il manque les fourneaux pour cuire les aliments (qui n’étaient pas aussi surveillés qu’aujourd’hui) ou les éviers pour laver les légumes ou nettoyer la vaisselle, qu’il n’y a pas assez de place pour ranger tous les ustensiles de cuisine, etc. Bref, la cuisine de l’appartement du XIXième siècle est souvent une cuisine d’appoint: on y bricolait à manger plus qu’on y préparait de vrais repas, qui étaient pris ailleurs (en brasserie ou dans les fast food de l’époque: les bouillons Chartier, par exemple à Paris).

    L’isolation phonique était un concept inconnu: si on s’engueulait en famille, tout l’immeuble en profitait (souvenez vous du sketch de Fernand Raynaud: « les voisins: bourreau d’enfant! ») d’où une réglementation qui prévoyait la répression du tapage. On n’avait pas prévu le home cinéma 5.1 à 200 watts de puissance installée.

    L’approvisionnement en énergie (gaz, électricité) relevait le plus souvent du domaine de l’improvisation et l’évacuation de l’air viciés souffrait très fréquemment d’insuffisances de conception graves, ce qui a profondément ancré dans notre inconscient collectif les fondations de ce monument littéraire qu’est la fuite de gaz (voir par exemple dans « Le Retour des Cendres », d’Hubert Monteilhet, le rôle joué par la fuite de gaz).

    L’alimentation en eau se faisait sous plomb (saturnisme) et l’évacuation des eaux usées sous fonte (fuites, odeurs, bruit).

    L’accès à la lumière ne se concevait pas comme aujourd’hui: la fenêtre était un savant compromis entre différents avantages et inconvénients (source de lumière mais aussi de froid en hiver, de chaleur en été, de bruit à toute saison).

    Les gens étaient plus petits: l’encadrement de porte standard faisait ses 60 à 70 cm max, contre 80 à 90 cm aujourd’hui. Si vous avez un ami américain, le type sera obligé de rentrer de profil. La livraison d’électroménager n’est pas toujours évidente et on est obligé de plier mamie et sa chaise roulante parce sinon, elle reste dehors.

    Là dessus, vous vous radinez avec votre cahier des charges de française moderne et vous découvrez que vous habitez dans une vieille ville. Et du coup, ces pov’ agents immobiliers en prennent pour leur grade, alors qu’au contraire il faudrait saluer leur héroïsme, car il en faut pour trouver des clients. Quand on voit ce qu’il y a sur le marché, on se dit qu’il faudrait leur donner la légion d’honneur.

    Commentaire par tschok — 20/04/2010 @ 15:53

  30. @ Nemo (25) :

    Sur les pratiques britanniques, je me demande dans quelle mesure ça n’est pas aussi simplement une question d’habitude, le passage par les agences. En Angleterre, si vous cherchez un logement sur internet, vous allez tomber immédiatement sur les sites des agences (ou de groupements d’agences, ce qui revient au même), il est assez difficile de trouver des annonces de particuliers, sauf sur des chambres seules, en gros. J’avoue ne pas y voir de raisons claires sinon que ce sont sans doute eux qui ont construits les premiers sites internet utilisables, donc qui ont attiré les clients. Et pourquoi ont-ils été réactifs et les premiers ? Sans doute parce que, avant internet, ils étaient déjà nombreux et représentaient déjà le passage obligé. Pourquoi ? Je n’en sais rien… mais il n’y a pas de raisons que ça change !

    Ceci dit, dans mon expérience leur valeur ajoutée est très claire : ils ont des listes, ils vous appellent quand il y a des nouveautés (ils vous harcèlent, même…), font visiter à quasiment n’importe quelle heure, s’occupent de mettre ds affiches sur la propriété, des annonces sur internet, ont des conseillers financiers (généralement gratuits), des notaires… Et le même logement étant souvent chez plusieurs agents, il n’y a même pas forcément besoin de faire 42 agences pour tout couvrir. Au final, l’acheteur ne paie strictement rien à l’agent, le locataire paie une somme fixe de l’ordre de 200 euros (pas grand chose, donc), le vendeur paie un peu plus mais pas grand chose non plus par rapport au prix de vente. Bref, ici, le rôle est assez clair. Et je ne sais pas si c’est lié ou pas, mais la qualité des agents est aussi nettement meilleure qu’en France, de ce que j’en ai vu. Ils essaient moins de vendre tout et n’importe quoi et sont plus attentifs à ce qu’on leur demande.

    Mais je crois que c’est aussi lié au fait qu’il y a beaucoup plus de transactions (locations ou achats) qu’en France, ce qui fait qu’ils ont bien plus de clients, et que chacun à affaire à eux assez souvent (et donc qu’il devient rentable pour un agent de cultiver ses clients pour les voir revenir !).

    Commentaire par Rémi — 20/04/2010 @ 17:59

  31. Hé bé… la pendaison de crémaillère risque de se faire attendre.

    Au pire, vous disposez de cette solution :

    (Garanti sans Ferdydurke à l’intérieur)

    Commentaire par Ferdydurke — 20/04/2010 @ 18:20

  32. WTF!!!

    Avec le lien c’est mieux (et toujours sans Ferdydurke à l’intérieur)

    Commentaire par Ferdydurke — 20/04/2010 @ 18:22

  33. Au fait Aliocha,

    Vous dîtes aux agences que vous avez un lama et un homard de compagnie ou vous le passer sous silence ?

    Aliocha : taisez-vous, malheureux ! J’emménage demain. Imaginez que la propriétaire tombe sur ce blog, qu’elle se dise « tiens, justement, je loue à une journaliste », qu’elle découvre en surfant que décidément cette journaliste me ressemble et que d’ailleurs elle déménage demain (quel hasard !) et qu’ouvrant les derniers commentaires du dernier billet, elle vienne à lire le vôtre alors que précisément j’envisageais de transporter le lama et le homard dès cette nuit dans mon nouvel appartement, eh bien je serais drôlement dans l’ennui. Franchement, cher Gwynplaine, je vous trouve très imprudent, sur ce coup là 😉 Déjà que je me demande comment mon lama va faire pour grimper les 6 étages, vu qu’il a peur des ascenseurs….sans compter que je dois aussi installer une famille de hérissons, deux chats acrobates, ma tortue des galapagos, un couple d’iguanes et Jiji, ma grenouille verte. Quant à Albert, le homard, il me fait une déprime depuis qu’il a découvert que SDD en langage immobilier ça voulait dire « salle de douche ». Il regrette déjà sa baignoire.

    Commentaire par Gwynplaine — 21/04/2010 @ 12:40

  34. @ Gwynplaine

    En plus, y a même pas de lustre… pfff.

    Au passage, merci à Tschok de m’avoir rappelé ce grand moment de « la chatte n’est pas là, les souris dansent » même si je souffre toujours de ne pas avoir assisté à la démonstration de la technique de la fronde – soutien-gorge. J’ai relu avec plaisir ce billet, jusqu’à son finish… hum… éruptif.

    Rome avait sa roche tarpéienne, j’ai ma roche aliochéenne (aller à Canossa, tourner à droite, marcher deux cent mètres, sauter : la routine)

    @ Aliocha

    Albert, le cousin de Robert? Celui qui a pris la tangente avec Clara en nuisette humide?

    Je vous laisse imaginer si, à la suite de votre propriétaire, Clara lisait elle aussi ce blog : « Pfff… toute une carrière dans le porno pour voir des mecs fantasmer sur moi entre les pattes d’un homard. »

    Pourquoi ne pas l’inviter? Cela fait longtemps qu’on est sans nouvelles.

    @ Goloubchik

    Sortez de la malle à chaussures d’Aliocha d’où vous avez expulsé trois régiments d’escarpins pour y glisser vos abattis. J’ai une mission pour vous, l’expert es donzelles en tenue légère (place que je vous laisse de bon coeur, mon âme d’enfant me faisant préférer les jolis cadeaux délicatement emballés). Allez donc quérir Mme (Melle?) Morgane, elle trouvera sans peine sa place parmi nous.

    Ce qui donnerait ceci :

    – Clara (sous le pseudonyme de nuisette_humide qui ne trompa pas notre perspicacité) : Bonjour, vous n’auriez pas vu un homard?

    – Les garçons (Gwynplaine, Tschok, Goloubchik, moi, Mussipont étant sur le balcon à s’assurer que les plants de l’hybride goyave-pamplemousse qu’il a créé ont survécu au transport et se faisant une joie à l’idée d’entamer une nouvelle série de tests balistiques au dessus des toits de Paris), affalés et encore haletants d’avoir porté le carton contenant l’intégralité des oeuvres littéraires russes du 19 et du 20ème siècle, avisant de concert l’esquisse d’un mollet doré dans l’entrebâillement de la porte :

    Bonjour, Clara! Venez nous rejoindre, vous êtes la bienvenue.

    *tous retrouvent courage et vivacité à la seconde où derrière le mollet doré se profile le galbe d’une cuisse*

    – Tschok : Asseyez-vous parmi nous et laissez-moi vous parler de mes champs de fraises.

    – Gwynplaine : Tenez, j’ai opportunément amené quelques BD tendrement coquines qui vous enchanteront.

    – Goloubchik : Quel plaisir de vous voir! Saviez-vous qu’à mes heures perdues je crée des tenues légères? Votre expertise en la matière me serait d’un grand secours.

    – moi : Le business de la lingerie m’a toujours attiré. Il faut que nous en parlions tous les deux, Clara.

    – moi (à Goloubchik) : Arrêtez de pousser, voyons! Vous allez la bousculer!

    – Goloubchik (me répondant) : C’est vous aussi, avec votre fichue armure! Vous ne la quittez donc jamais?

    – moi (gêné, chuchotant à Goloubchik) : C’est que je ne peux pas, j’ai oublié mon caleçon dans l’ancien appartement…

    * Tschok profite de l’occasion pour se rapprocher et entame l’énumération des diverses techniques d’effeuillage (de fraises) qu’il maîtrise sur le bout des doigts. Gwynplaine a entamé de croquer Clara (sur le papier). Mussipont, lui, après d’intenses calculs télémétriques constate avec désarroi que la colonne Vendôme ne sera sans doute pas à portée de tir.*

    – Clara (sagement agenouillée et imperturbable, pensez donc : quatre hommes c’est la routine) : Et Bob dans tout ça?

    – Les garçons (en choeur) : Bob? Ah oui, Robert. Il teste la température de l’eau de la marmite dans la cuisine. Nous le servirons reverrons plus tard, c’est promis.

    – Aliocha (dont la tête surgit d’un fatras de cartons) : Dites donc! Je me rends compte que les trois caisses de vodka achetées avant de venir sont déjà vides. L’un d’entre vous peut-il avoir la gentillesse d’aller au ravitaillement?

    – Les garçons (en choeur) : Ah ben non, c’est pas possible. On est épuisés et super occupés, là. Demain d’accord?

    – Fantômette (à la sagesse blasée et compatissante) : Laissez tomber Aliocha. C’est pareil au château avec le rugby. Rien à en tirer. J’en veux pour preuve que Dadouche et moi avons pu repeindre quatre fois la salle de bal sans qu’ils s’en aperçoivent. Même le port de la robe n’y change rien. C’est tout dire.

    – Clara (insistante) : Vous êtes tous très gentils mais je veux voir Bob maintenant!

    – Les garçons (prenant un ton très tendre) : Ecoutez Clara… Nous ne voulions pas vous brusquer mais… Allez, vous avez le droit de savoir. Voyez-vous, les homards, s’ils sont d’excellente compagnie, n’en restent pas moins mus par un instant primaire qui ne manque pas de surprendre les nombreux chercheurs qui s’évertuent à percer ce mystère. Pour être bref, tout homard arrivé à un certain âge est inexorablement attiré par les marmites d’eau bouillante et s’y jette pour y… Vous comprenez où nous voulons en venir.

    – Clara (se redressant d’un coup) : Vous voulez dire qu’il est…

    – Les garçons (au bord de la fibrillation ventriculaire devant Clara debout) : Oui, Clara. Nous sommes désolés de vous le dire de but en blanc. Le mieux est d’en profiter une dernière fois. Heureusement nous sommes là, nous. Mais par pitié, rasseyez-vous s’il vous plait. Cela devient très très dur pour nous de… euh… vous voir ainsi.

    – Les garçons à Aliocha, sanglotante au milieu des cartons devant un pot de Danette offert par Fantômette : il ne vous reste pas de la vodka, par hasard, pour revigorer notre pauvre Clara, qui est toute abattue? Vous avez sûrement pensé à en acheter avant d’emménager?

    – Aliocha : Rwwaaaarh!

    Commentaire par Ferdydurke — 21/04/2010 @ 23:02

  35. @ tschok

    J’ai bien aimé votre commentaire 29 en contre-point.

    @ T’Gwynplaine 33

    Misérable! Vous risquez d’affoler la nouvelle proprio et de faire repartir Aliocha en recherche d’appart pendant 3 mois, avec une fréquence d’émission de billet toutes les quinzaines. Mauvais plan. Et puis c’est pas un lama, c’est une vigogne. Même qu’Aliocha, en plus d’être journaliste, a le statut d’auto-entrepreneur de fabricante de pulls (500 € pièce, la vache, elle s’embête pas).

    @ Ferdydurke

    Beaucoup de matière intéressante dans le 34 mais trop tard ce soir pour réagir.

    Juste une supposition en forme d’énigme musicale (datée): Albert est’il en CDD?

    Commentaire par Goloubchik — 22/04/2010 @ 01:07

  36. @ Ferdyduke : ce n’est pas la colonne que je vise avec mes goyaves, mais la place elle même(du moins, le bâtiment situé en face des joaillers!) 😉

    Commentaire par Mussipont — 22/04/2010 @ 16:38

  37. Héhé… vous auriez lire auparavant l’excellent « Freakonomics » de Levitt et Dubner (Folio) !

    maison bien entretenue = vétuste, mais ne tombe pas encore en ruine
    fantastique, charmant = quand l’agent immobilier n’a trouvé rien d’autre à vanter (donc, se méfier)
    spacieuse = décrépite, ou peu pratique
    quartier agréable = maison pas très belle (les voisines le sont ;-))

    Commentaire par Médard — 23/04/2010 @ 07:15

  38. Bonjour,

    Un petit guide qui regroupe des conseils pour bien mener sa recherche d’appartement :

    http://www.diable-vauvert.com/immobilier/

    Il ne faut pas être si remontée contre les agents immobiliers. C’est comme les moustiques, ils ont probablement un rôle à jouer dans le grand dessein de l’Univers, c’est juste que nous ne le voyons pas !

    Thibault

    Commentaire par Thibault — 24/04/2010 @ 15:22

  39. C’est à se demander si, après les publicitaires pur jus, les agents immobiliers ne pourraient pas imaginer un avenir dans la com’

    « si l’on vous interroge, dites que c’est une politique atypique, mais qu’il serait dommage de passer à coté, surtout vu ce qui se fait ailleurs. S’ils insistent accordez leur la jouissance des communs et rendez leur 1 mois de charge »

    C’est jouable 🙂

    Commentaire par Karam — 25/04/2010 @ 00:18

  40. C’est brillant, enlevé, drôle ..Du grand Aliocha! et on aimerait cette verve et cet humour de la part de certains confrères car contrairement à ce qu’on croit on peut rire de tout mais avec « finesse » et c’est encore mieux quand ça ne fait de peine à personne d’autre qu’aux agences de location.
    Ce petit bréviaire est à diffuser à tous les malheureux en quête d’un nid douillet.
    Merci et… encore!

    Commentaire par scaramouche — 25/04/2010 @ 11:56

  41. J’adore ce billet.

    Un exemple des appartements qu’on trouve sur Se Loger, en droite ligne de ce billet. Un vrai collector :
    un souplex de 60 m² (48 m² Carrez), à 7500 euros/m², avec en sous-sol 2 chambres en enfilade….. A mourir de rire ou à pleurer, au choix…

    http://www.seloger.com/12353/51357159/detail.htm

    Commentaire par Stef_Paris — 10/05/2010 @ 17:31


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