La Plume d'Aliocha

29/07/2013

La liberté retrouvée de ne pas fumer

Classé dans : Mon amie la com',Réflexions libres — laplumedaliocha @ 23:02
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Arrêter de fumer n’est pas un sacrifice, ni une contrainte, moins encore une galère. C’est la reconquête d’une liberté perdue.

Ah ! Vivre sans tabac, pour une génération à qui on a enseigné le contraire, c’est forcément une privation insupportable, un vol, un handicap. La vie sans fumer, oui, mais plus jamais pareille, avec quelque chose en moins.  Quelque chose de capital. Un plaisir ! Songez donc, un de moins, dans une vie déjà si aride. Certains, sous l’effet de la peur, de la mode, d’un impératif de santé, d’une promesse, finissent par arrêter, mais on songe qu’ils le font la mort dans l’âme. On envie leur courage tout en plaignant le sacrifice. Terrible sacrifice, amputation suprême. J’ai pensé tout cela. Jusqu’à un soir d’avril 2012 où, vers 22h30, j’ai appris que mon père grand fumeur devant l’éternel,  que l’on opérait à 74 ans d’une douleur au bas de la colonne vertébrale, avait en fait un cancer du poumon qui commençait à tout dévorer autour. Il est parti le 9 septembre. Ce jour là, j’ai compris que si je pouvais vivre sans lui, alors je pouvais vivre privée de tout.  Dans ma famille, on s’aime avec démesure, passionnément, parce que, à la manière de Brel, nous n’avons que l’amour, de sorte que je ne pensais pas survivre à sa disparition. J’ai survécu, comme tout le monde. Mais revenons à ce soir d’avril 2012. Passé le choc de la nouvelle qui m’a littéralement asphyxiée de terreur et de chagrin, je me souviens avoir saisi mon paquet de cigarettes et l’avoir jeté à la poubelle. Quelques heures plus tard, épuisée d’angoisse, j’ai fouillé dans les détritus pour en extraire la précieuse drogue. Et je me revois encore en train d’ôter des fragiles tubes de tabac  blanc satiné le marc de café qui risquait à tout moment de les rendre infumables. Les mois ont passé. Je fumais en sortant de l’hôpital, et je fumais encore ce jour atroce de septembre en attendant que les flammes aient achevé de brûler mon père. Suprême indécence du drogué. J’avais perdu un être que j’aimais plus que tout, alors  plus rien n’avait d’importance. J’allais plus loin encore, il me fallait le suivre jusque dans ses erreurs fatales, m’en sortir, c’était quelque part le trahir. C’est fou comme une drogue peut être inventive quand elle décide de s’incruster. On est heureux, il faut fêter cela en fumant. Malheureux ? Il faut se consoler, en fumant. Angoissé ? Qu’à cela ne tienne, rassurons-nous, en fumant. Soulagé ? Eh bien comment mieux célébrer la chose qu’en fumant ? Vivant, il faut fumer. Mourant. Il faut fumer plus encore puisqu’on n’ a plus rien à perdre. Quel magnifique commerce entre nous, que celui du tabac…

Il n’empêche, même si je continuais de fumer et que je m’en voulais, je sentais obscurément qu’un déclic quelque part s’était produit. Mais où trouver la volonté d’arrêter ? Cette volonté que j’imaginais féroce, implacable. Celle qu’on m’avait décrite de ces hommes et de ces femmes qui avaient un jour jeté leur paquet et n’avaient plus jamais allumé une cigarette. Sans aide, sans patch ni gomme ni soutien médical. De cette volonté là, je me savais incapable. En réalité, je n’avais pas compris ce qu’était la volonté. Je n’avais pas saisi que rien n’arrive du jour au lendemain, que la volonté ce n’est pas une décision brutale, mais un travail patient. Un jour d’avril, j’ai déjeuné avec un avocat que je connaissais à peine mais que j’admirais beaucoup. C’est sans conteste l’un des plus grands que j’ai rencontré dans toute ma carrière de journaliste. En sortant du restaurant, nous avons marché de la Place de la Madeleine à la place de la Concorde. A peine passé le seuil du restaurant, j’ai dégainé ma cigarette. Galant, il m’a pris le briquet des mains pour l’allumer. En approchant de la Concorde, j’en ai sorti une autre. Et je me souviendrai toujours de sa réaction. De sa voix magnifique d’homme qui fait profession de sauver par le verbe, il a simplement observé "déjà une deuxième ?". Cette fois, il ne m’a pas pris le briquet des mains, cette cigarette était de trop, il désavouait. Comme tous les fumeurs, j’ai entendu des milliers de reproches, de mises en garde, et même de menaces. Mais ces mots là, m’ont traversé l’âme comme seul peut le faire un instrument  sublimé par un prodige.  Pour autant, je n’ai pas cessé de fumer ce jour là.  Lors d’une période d’angoisse plus violente que les autres, quelques semaines plus tard, j’ai fait un voeu et j’ai juré solennellement que si mon souhait se réalisait, j’arrêterais de fumer. J’étais quand même parvenue à diminuer ces derniers mois, passant d’environ 24 à 30 cigarettes par jour à 14, mais sans pouvoir aller plus bas. Une semaine est passée, puis deux. Je m’invectivais. C’est facile de jurer quand on a peur, me lançais-je régulièrement à la face,  et si facile d’oublier ensuite !  Au milieu du mois de juin, j’ai acheté une boite de patchs, parce qu’il fallait bien amorcer la mise en oeuvre de cette fichue promesse. Au moins formellement. Je n’y ai pas touché. Et puis le 5 juillet dernier, c’était un samedi, j’ai jeté mon paquet de cigarettes dans la poubelle, à midi. A deux heures, j’allais le rechercher. Son état me dégouta. Mais trente minutes plus tard, je retournai dans la poubelle. Je me souviens encore de ma joie en voyant que le contenu était sauf et qu’il me restait au moins 4 ou 5 cigarettes. Misérable drogue et misérable droguée. Je les ai fumées. A 16 heures, j’ai arrêté. C’est facile d’arrêter quand on a son quota de nicotine. Et puis dès qu’il diminue, on recommence. Je n’ai pas recommencé. Le lendemain j’ai mis un patch. Ces choses là me rendent malade. Et pourtant j’avais choisi instinctivement un dosage inférieur à ma consommation. Las ! Les vertiges m’ont clouée sur mon canapé toute la journée. Le seul intérêt, c’est que l’idée même de fumer parait aussi aberrante que lorsqu’on se réveille avec une gueule de bois.

Le lundi, j’en ai mis un pour aller travailler et j’ai failli tourner de l’oeil, alors de l’ai ôté. Depuis, je n’en ai plus jamais mis. J’avoue que la première semaine a été difficile. Précisément entre 14 heures et 18 heures, au moment d’écrire des articles compliqués, quand j’ai renoncé à sortir dans la cour de mon immeuble fumer pour repousser le moment d’accoucher ce que j’avais à dire. Mais alors j’ai réfléchi, et j’ai compris que le tabac ne me manquait pas, ce qui me manquait, c’était le plaisir de faire autre chose que ce que le travail m’imposait. C’est tout le vice de la cigarette de prétendre combler tous nos manques et nos désirs frustrés. C’est là-dedans qu’elle s’enracine. Il est là le mensonge fondateur. Pourtant, depuis les années 70, nous avons appris à prendre l’ascenseur, le train, l’avion sans fumer. Puis nous avons découvert que l’on pouvait travailler sans nicotine et même déjeuner ou diner au restaurant sans allumer une cigarette entre chaque plat. De là à considérer que l’on peut s’en passer totalement….Toujours est-il que maintenant, à chaque fois que j’ai envie d’une cigarette,  j’inspire une grande bouffée d’oxygène et c’est une jouissance infinie de réapprendre à respirer pour se donner de l’énergie plutôt que s’assassiner. Tous les matins, au lieu de fumer en buvant du café et parfois en écrivant un billet pour le blog, je sors marcher au Parc Monceau. Je hume à pleins poumons l’odeurs de la nature, la terre, les arbres, les fleurs. J’ai gagné un temps phénoménal. Fumer une cigarette dure six minutes. Multipliez par 20 et faites le compte. Fumer, c’est renoncer à faire autre chose. Refaites le calcul. Fumer, c’est une dose d’angoisse. Comptez toujours. Fumer, c’est une dépense. Comptez encore. J’ai acheté une robe, avec l’argent économisé, 130 euros en solde. Elle est vraiment jolie.  Fumer, c’est une contrainte. Quelle libération de n’avoir plus à caler ses occupations sur les horaires de fermeture des bureaux de tabac ! Si vous imaginiez comme elle est bonne la bouffée d’oxygène que l’on aspire à pleins poumons à la sortie d’une réunion. Parce que c’était d’air pur que l’on manquait en réalité, et non pas de tabac.  Voilà, arrêter de fumer n’est pas un sacrifice, encore moins une perte, c’est une liberté retrouvée. Et ça n’a pas de prix. Evidemment, rompre avec une habitude de plus de 20 ans pour ce qui me concerne, ça chahute pendant quelques temps. C’est pourquoi je n’ai pas écrit depuis le 4 juillet ici. Il fallait que je m’occupe de moi, que je casse mes anciens réflexes, que j’accepte avec humilité que, pendant un temps, j’aurai un peu de mal à écrire sans ma drogue. C’est vrai. J’ai eu du mal. Physiquement, j’étais en forme, car le tabac épuise énormément, mais intellectuellement, j’avais perdu un excitant. Ce billet est la preuve, en tout cas je l’espère, que l’on peut se libérer du tabac et reprendre une activité normale. Surtout, il entend exprimer trois idées essentielles :

- il n’y a pas de dépendance à quoique ce soit, ce sont des balivernes de fabricants de cigarettes pour vendre leur saleté et de labos pour fourguer leurs antidotes (d’où le fait que ce billet est classé dans la rubrique "mon amie la com’)  ; si certains ont néanmoins besoin de ce placebo, qu’ils s’en servent, tout est bon pour emmener son cerveau là où l’on veut qu’il aille.

- Il existe, c’est vrai, une habitude dont il est un peu compliqué de se débarrasser, mais bien moins qu’on ne l’imagine,

- la volonté qui permet d’arrêter d’un coup existe peut-être, je crois plutôt qu’il faut accepter de mener sur son propre cerveau un lent travail de conviction. Un travail qui se nourrit de peurs, de rencontres, d’expériences. Cela peut prendre des mois, jusqu’au jour miraculeux où l’on s’arrête, tout simplement, sans effort, sans souffrance, avec une fierté et un plaisir sans limites.

Puisse ce billet aider les fumeurs à comprendre la joie infinie qu’ils vont ressentir quand ils choisiront d’emprunter le chemin de la libération.

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75 Commentaires »

  1. Bravo !
    Je n’étais pas, loin de là, un aussi gros fumeur que vous, mais j’ai fumé pendant plus d’une vingtaine d’années et, après plusieurs essais infructeux, j’ai fini par arrêter complètement. C’était il y a 22 ans.
    Comme dans votre cas le regard d’autrui a joué un rôle déterminant. Je me suis senti ridicule, un jour, devant une amie, à la sortie d’un restaurant (aussi…), d’avoir besoin d’acheter un paquet de cigarette…
    Il n’y a qu’une façon de s’arrêter, s’arrêter. S’arrêter complètement. Ne plus toucher une cigarette, jamais.
    L’envie met beaucoup de temps à disparaître. Longtemps, surtout le soir, avec des amis, un peu d’alcool.., elle revient insidieusement.
    Mais quel plaisir de retrouver l’odorat, le souffle, la liberté bien sûr aussi !
    Le sentiment qu’on est héros, que ça y est, on y est arrivé, aide aussi beaucoup.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 29/07/2013 @ 23:28

  2. Il y a bientôt quinze ans que j’ai arrêté de fumer. J’avais tenté plusieurs fois sans succès. Moi aussi je fumais 30 cigarettes par jour. Et puis c’est vrai, un jour, après avoir longtemps réfléchi à la chose, après avoir épuisé toutes sortes d’arguments, mon cerveau s’est convaincu qu’il n’était pas un fumeur qui serait en manque si on le privait de sa drogue, mais qu’il était un non-fumeur prisonnier d’un nuage de fumée. Dès lors, il sut que les symptômes du manque ne pouvaient plus être soulagés par du tabac; il se soignât donc avec des verres d’eau, de grandes goulées d’air, des fruits dont il avait perdu le goût, des petits changements d’habitudes imperceptiblement glissés ici ou là, dans les rites du repas, dans quelques petites manies du quotidien. Dès lors aussi, ce fut à peu près facile. Car le cerveau convaincu qu’il est non-fumeur devient rapidement inflexible. Avant d’arrêter de fumer, il faut convertir le fumeur en non-fumeur. Et cela peut se faire en fumant. Le jour où le processus est accompli, la cigarette devient une grotesque excroissance. J’ai arrêté du jour au lendemain, et je n’ai jamais rechuté. Retenez bien cette chose qui, au premier abord, a l’air d’une stupide évidence: un fumeur qui ne fume pas, ça n’existe pas. Pour arrêter de fumer, commencez par devenir non-fumeur. Ce n’est pas en arrêtant de fumer que l’on devient non-fumeur, c’est parce qu’on est devenu non-fumeur qu’on a pu arrêter de fumer.

    Commentaire par Daniel Adoue — 29/07/2013 @ 23:32

  3. Bravo … pour ce beau billet … et sans doute aussi pour avoir réussit d’arrêter (enfin, je ne veux pas faire celui qui "casse l’ambiance", mais ça ne fait que 3 semaines … je dirais donc bravo sur ce sujet dans 5 semaines).
    Mais une question me taraude: vous parler de l’arrêt, mais à aucun moment du début …
    Or si la première chose que l’on fait en naissant, c’est bien de respirer … il n’y a rien de naturel à fumer, non ?

    La vrai question est peut-être là: pourquoi avoir commencé ?

    PS1: ce que vous dites sur la "préparation de son propre cerveau" explique pourquoi l’hypnose a en général un bon taux de succès chez les fumeurs qui veulent arrêter sans "substituts".
    PS2: Je regardait "La maman et la putain", un film de 1972, où sur au moins un plan sur 2, il y a qqn qui fume … toute une époque ?

    Commentaire par Yves D — 29/07/2013 @ 23:47

  4. […] Arrêter de fumer n'est pas un sacrifice, ni une contrainte, moins encore une galère. C'est la reconquête d'une liberté perdue. Ah ! Vivre sans tabac, pour une génération à qui on a enseigné le cont…  […]

    Ping par La liberté retrouvée de ne pas fu... — 30/07/2013 @ 00:52

  5. Très beau billet, c’est un sujet très fort et ça se sent – je vous donne, ici, le regard de celui qui n’est pas concerné et ne l’a jamais été, mais qui parvient à comprendre à peu près, grâce à ce que vous avez écrit. Merci, donc.

    Une objection, tout de même: " il n’y a pas de dépendance à quoique ce soit, ce sont des balivernes de fabricants de cigarettes pour vendre leur saleté et de labos pour fourguer leurs antidotes". Il me semble que tout votre billet illustre exactement le contraire. C’est la dépendance qui est décrite ici, avec un réalisme saisissant. Elle est, certes, plus psychologique que physique, mais elle n’en est que plus puissante.

    Commentaire par Gwynfrid — 30/07/2013 @ 02:23

  6. @ Denis
    "Il n’y a qu’une façon de s’arrêter, s’arrêter. S’arrêter complètement. Ne plus toucher une cigarette, jamais."
    C’est vrai pour certains mais je crois qu’au début *tout le monde* rechute un peu.
    Pdt mes premiers mois d’arrêt j’ai fumé à plusieurs reprises une cigarette par ci, une cigarette par là. Si je m’étais dit "ça y est, j’ai échoué, c’est foutu", je n’aurais pas pu arrêter. Au lieu de ça à chaque fois j’ai pris mon courage à deux mains, je me suis dit "bon j’ai fait une grosse bêtise, mais je vais quand même arrêter". Et ça a marché !
    Ca fait au moins 5 ans que je n’ai pas touché une clope. Ca ne me manque plus du tout. Un seul regret, avoir commencé.

    @Aliocha
    Si vous voulez une lecture pour fortifier votre volonté, lisez un excellent bouquin de Robert Proctor "Golden holocaust" (malheureusement pas traduit en français je crois). C’est *le* meilleur livre sur l’industrie du tabac et les salauds qui y travaillent (il faut bien dire les choses comme elles sont).

    Lou

    Commentaire par Lou — 30/07/2013 @ 02:55

  7. P.S. Il y a un excellent site suisse pr arrêter de fumer, "Stop tabac".
    Abonnez vous à leur newselleter.
    http://www.stop-tabac.ch/fra/
    Lou

    Commentaire par Lou — 30/07/2013 @ 03:41

  8. C’est étonnant comme vos récits me semblent parfois étrangement familiers…

    Vous allez en avoir d’autres des retours de fumeurs, voici le mien…

    J’ai arrêté de fumer il y a 22 ans, quand mon frère, atteint du SIDA, commençait à être attaqué par les premiers symptômes des maladies opportunistes… Il fumait toujours et c’est ainsi que j’ai passé un pacte avec lui, "on arrête ensemble" ; et c’est ce qu’on a fait. Malheureusement, ça n’a pas suffi et même si j’aurais, sans la moindre hésitation, donné ma vie en échange de la sienne, il est mort quelques mois plus tard.

    J’ai pris 10 kilos avant qu’il meurt et 10 kilos après… et malgré le deuil qui a tourné à la dépression, j’ai "tenu" 6 ans sans fumer… Effectivement, j’avais ce privilège de pouvoir continuer à respirer et ça aurait été une trahison que de reprendre…

    Puis, j’ai dû travailler en open-space dans un environnement où tout le monde fumait… Un vrai calvaire à une époque où l’anormal était le non-fumeur… et j’ai craqué… Ça a commencé en piquant une clope à des collèges et ça s’est "terminé" un premier avril (comme une "bonne farce" que je me faisais à moi-même) dans un bureau de tabac…

    Depuis, j’ai fait un cancer du poumon, subi une lobectomie… et je fume toujours… en remettant toujours au lendemain ce que j’aurais dû faire hier…

    Toujours étrangement, vous avez absolument raison… quand je suis avec des non-fumeurs ou en espace non-fumeurs, je n’ai absolument aucune difficulté à ne pas fumer… et dès que je suis dans mon bureau devant l’ordi, c’est l’horreur…
    Illustration parfaite et vécue, de cette épitaphe (à multiples entrées) du Club de Laborde sur la tombe de Félix Guattari au Père-Lachaise : "Il n’y a pas de manque dans l’absence. L’absence est une présence en moi."

    Merci de votre témoignage, c’est précieux ! Et ça nous change de l’actu si nulle, tant c’est toujours plus de la même chose… N’oubliez pas le sport, ça m’avait bien aidé également, pour "réintégrer " mon corps et purger les énergies négatives…

    Commentaire par Anonyme — 30/07/2013 @ 06:05

  9. Merci pour tous ces émouvants témoignages.
    Aliocha vous faites ici le procès de toutes les addictions. On dit qu’il faut arrêter huit jours une habitude pour juger de sa dépendance. Si on "tient"plus de huit jours sans ressentir la moindre envie on peut se considérer comme n’étant pas "dépendant".
    J’ai commencê à fumer avec les premières cigarettes américaines à la libération. Tous les ados de mon âge en ont fait autant et ensuite petit à petit un paquet par jour ne me faisait pas peur. Comme vous j’ai vu les dêgâts du tabac dans ma famille mais dus aussi au fait que les hypotenseurs n’existaient pas , Les vieux de mon époque qui roulaient leurs cigarettes n’étaient pas confrontés comme maintenant aux pollutions et aux nourritures trafiquées et chimiques. L’air était plus sain et les pots d’échappement ne distillaient pas leur gaz toxique qui donne des cancers du poumon à nos chiens. Les femmes ne fumaient pas dans la rue, (cela faisait mauvais genre ) et pas au bureau non plus cela limitait la consommation . Bref il y avait aussi des cancers mais beaucoup moins que maintenant. Les cardio-vasculaires étaient nombreux mais encore une fois la tension artérielle et beaucoup d’autres maladies n’étaient pas soignées.
    J’ai arrêtê de fumer autour de la cinquantaine et sans effort parce que je me suis aperçue que la cigarette était pour moi un"pacifier" comme disent les Anglais. Non un plaisir comme pour d’autres mais un substitut à la tétée de notre enfance , un besoin de s’occuper pour faire diversion .. Pour moi l’abominable chewing gum a été la solution de rechange . Ill y a "fumeur" et "fumeur"…

    Conclusion: Sans aller jusqu’à réhabiliter le plaisir de fumer une cigarette après un repas je pense qu’actuellement on en fait un peu trop comme toujours dans la démesure . La cigarette est un facteur aggravant mais il cache les méfaits d’une civilisation qui s’éloigne de la nature . Les cultivateurs qui meurent des suites de l’usage des produits chimiques , les bébés qui ont des problèmes respiratoires de plus en plus, et les gens âgés qui ne peuvent plus sortir de chez-eux à cause de la pollution n’ont rien à voir avec la cigarette.
    La cigarette est nocive , certes , mais elle est l’arbre qui cache une forêt.
    Quant à notre volonté pour arrêter quelque addiction que ce soit , elle dépend de la force de notre caractère et de la violence de notre dépendance , certains avalent la fumée d’autres pas, certains savent doser leur plaisir, d’autres vivent la cigarette au bec , mais quoiqu’il en soit dans tous les cas actuellement elle ajoute une pollution de plus à une atmosphère devenue avec ou sans elle , irrespirable.

    Commentaire par Scaramouche — 30/07/2013 @ 07:47

  10. Je fumais comme un homme comme on disait à l’époque de ma jeunesse. J’étais syndicaliste et tous les hommes fumaient et moi aussi. mes filles m’offraient des petits cigares dont j’étais friande qu’elles achetaient lors de leurs vacances à l’étranger.
    Un jour, j’étais dans ma salle de séjour regardant une émission à la télévision , l’envie de fumer me prends mais il faut que je me lève de ma banquette pour aller prendre un petit cigare . Je me dis que je dois me lever , faire un effort pour quoi ? pour fumer !! .Je me suis dis que cela était bizarre et je n’ai pas été cherché ma drogue et depuis je n’ai pas fumé . Je vais avoir 83 ans et cela fait plusieurs décennies que je n’ai plus jamais touché une cigarette . Mon frère est mort d’un cancer foudroyant du poumon , mon Père avait de l’emphysème et ma Mère est morte d’un cancer généralisé . Toute ma famille fumait , je suis la seule survivante après avoir arrêter de fumer avant que le cancer ne s’attaque à moi

    Puisse mon récit aider d’autres futurs cancéreux.

    Commentaire par Salewa — 30/07/2013 @ 07:49

  11. Bonjour Aliocha,

    Beau billet et tous mes encouragements dans ce nouveau combat. Pour ma part, je ne suis pas et n’ai jamais été fumeur. Je m’octroie cependant le plaisir de fumer une dizaine de cigares dans l’année (disons un par mois maximum), généralement en très bonne compagnie, après un bon repas et au cours d’une promenade pour ne pas enfumer une pièce. Si je me laissais aller, j’aurai une complaisance coupable pour la pipe (l’influence délétère de Nestor Burma sans doute) qui, outre la beauté de l’objet, donne à mon sens un bel aura à l’action de fumer (je n’oublie pas le parfum suave de certains tabacs).
    Bien que l’hystérie anti-tabagique (et je suis au regret d’ajouter la complaisance des agents de communication et faiseur d’opinion modernes sur ce thème) me porte littéralement sur les nerfs (le délire sur les "méfaits supposés" de la cigarette électronique et les dernières gesticulations du ministre de la santé sur ce sujet en témoigne. Que voulez-vous, on a les croisades et les croisés qu’on mérite. J’en arriverai presque à devenir gros fumeur en réaction), j’apprécie que nous soyons revenus sur les errements des années 70-80 où certaines pièces à vivre requéraient, pour s’y déplacer, une bonne expérience du pilotage sans visibilité tant la fumée y était présente. Et que dire des wagons de trains où, très souvent, la sonnerie des portables et les conversations futiles qu’on y tient ont remplacé l’épouvantable odeur du tabac froid.

    Bonne journée et au plaisir de vous lire

    Commentaire par H. — 30/07/2013 @ 09:33

  12. Touché par ce commentaire de remise en question. Mon père a arrêté à 36 ans de la façon radicale que vous évoquez. Il fumait déjà depuis 24 ans, et moi, à 16 ans, pas encore. Jamais il n’a repris ni eu envie de reprendre. Il pourrait s’explrimer en ces termes "c’est toujours possible. Tout le monde peut avoir cette volonté, il suffit de le désirer." Un autre choc que le votre, en 2 temps : l’état de ses poumons vus sur une radio dans un 1er temps, ne l’ayant pas arrêté toutefois, puis le retour de son frère parti à l’étranger et ayant arrêté depuis 10 ans (?). Un autre a pu le faire, pas meilleur que moi, comme moi, et il vit bien mieux. Il se moque de mes blocages (au lieu de de faire du sermont ou du sentiment), me ridiculise gentiment et dit qu’il serait temps de se réveiller et de passer à autre chose. Radical ! Puis la démarche spirituelle qui conforme le choix, le renforce, le dépasse. Mais c’est autre chose …

    Commentaire par Aliocha 2 (V) — 30/07/2013 @ 09:33

  13. J’ai cessé de fumer il y a plus de 20 ans ( j’en ai 65) . j’ai fumé beaucoup, jusqu’à 3 paquets par jour de ces cigarettes de la Seita sans filtre qui vous arrachaient la langue et la gorge au passage…!

    Vous décrivez si bien bien tous les symptômes du fumeur compulsif ! Celui qui à peine mis un pied en dehors de son lit et qui allume sa première clope, celui qui n’a qu’une envie , attendre que l’actuelle cigarette soit finie pour en allumer une autre, celui qui jusqu’au dernier moment, avant de se coucher se dit "allez encore une petite dernière".

    Mais comme toutes les drogues, la cigarette traîne avec elle son lot de symptômes bizarres et inquiétants, essoufflement, maux de gorge, gueule de bois, rhumes à répétition, laryngites, trachéites, surexcitation et même hypertension.

    Alors comme beaucoup de fumeurs qui essaient d’arrêter , un jour on décide qu’on va pouvoir diminuer progressivement. Plein d’enthousiasme au départ on supprime un paquet en replaçant les cigarettes manquantes par un verre d’eau, un carré de chocolat et surtout les fameux "chewing gum" qu’on mâche jusqu’à ce que leur goût devienne écoeurant.

    On supprime un deuxième paquet après beaucoup d’efforts et on arrive même un jour à ne plus fumer du tout . Ca y est , on tient le bon bout !

    Mais en même temps on devient plus irascible, on s’énerve pour un rien , les maux de gorge s’amplifient et on se sent "tout mou" . Deux jours puis trois puis une semaine pendant que les autres autour de vous continuent de fumer comme si de rien n’était .
    Alors un jour on craque, on reprend doucement en se disant qu’un demi-paquet ça ne peut pas faire de mal . Puis un non plus finalement, puis deux , puis pourquoi pas trois….au point où on en est!

    Malheureusement , comme pour les régimes d’amaigrissement , on finit par fumer plus avant qu’après.

    Après trois ou quatre de ces "régimes" d’amaigrissement tabagique j’ai décidé un beau matin en me levant de tout jeter à la poubelle, euh non parce que j’aurais été tenté de les récupérer comme vous, mais dans le feu . Pfffouitttt ! Tout est parti d’un coup en fumée .

    Les premières semaines ont été très difficiles, mais je me suis obligé à lire, à faire des projets, à occuper mes mains par des travaux pratiques et le temps a passé sans que je m’en rende compte . Un beau soir je me suis même dit "tiens" je n’ai même pas pensé à la cigarette aujourd’hui" .

    Ca a été pour moi comme une délivrance , je l’ai vécu comme cela . Pouvoir de nouveau sentir les vraies odeurs pas dénaturées par celle âcre du vieux tabac froid, goûter enfin à des aliments pas rendus insipides à cause de mes papilles brûlées par la fumée et le goudron et ne plus trembler à neuf heures le matin quand je n’avais pas ma dose.

    Malheureusement l’essoufflement a continué, quelques douleurs dans la cage thoracique et deux ans plus tard je me retrouvais en réanimation en cardiologie! Je revois le cardiologue de garde très inquiet me demandant "vous devez êtes un grand fumeur, non ?" .
    Et moi je lui ai répondu tout fier et l’air sûr de moi "Mais non j’ai arrêté il y a deux ans" .
    "Malheureusement" m’a t-il dit " je crois que le mal est fait sur vos artères . Elles se répareront progressivement à condition que vous arrêtiez définitivement la cigarette". Je l’ai échappé belle!
    Depuis 20 ans maintenant je ne fume plus et mes artères-tout doucement -se sont débouchées et ont retrouvé leur souplesse .Aujourd’hui j’ai un traitement contre l’hypertension mais je me porte aussi bien que lorsque j’avais 30 ans.

    On dirait que le corps garde quelques séquelles pour nous rappeler à l’ordre en permanence . Donc pas question de retoucher une seule fois à ce poison insidieux mais violent sinon la prochaine fois c’est le cercueil qui m’ attend .
    On pense toujours en effet au cancer du poumon mais celui du colon ou de la vessie est tout aussi fréquent chez les fumeurs . Et ne parlons pas des dégâts causés sur nos artères et notre cerveau …et même sur notre caractère.

    J’ai réalisé que pour arrêter de fumer il faut admettre qu’on est accro , exactement comme l’alcoolique qui s’arrête après avoir reconnu qu’il a un problème avec l’alcool . Je ne sais pas si c’est une question de volonté, un peu sans doute au début, c’est surtout une prise de conscience que fumer c’est accepter de se se suicider "à petit feu".

    Le poids de la société et de ses modes, de ses principes , de ses contraintes et de ses rites initiatiques a déclenché chez les hommes et maintenant chez les femmes, toutes ces addictions. S’en dégager et s’en détacher est une preuve d’indépendance d’esprit et c’est cela qui est "excitant"!

    Bravo pour votre article et ce magnifique témoignage !

    Commentaire par coup de grisou — 30/07/2013 @ 09:51

  14. @ Salewa

    Ne culpabilisez pas et ne mettez pas tout sur le dos de la fumée c’est trop facile pour excuser la pollution ambiante. J’ai deux amies qui n’ont jamais fumé et sont mortes de cancers au poumon, de plus vous savez bien Salewa qu’il y a des familles qui portent les gênes du cancer comme d’autres sont cardio vasculaires , le tabac est un facteur aggravant mais il n’est pas seul en cause de l’augmentation actuelle de cette maladie.
    Quand je suis réveillée tous les matins à 7h par l’employé de mairie qui n’utilise plus de ràteau mais un engin motorisé qui sent fort mauvais et fait beaucoup de bruit pour ramasser quelques rares feuilles en éte je me dis que nous avons bien de l’argent à perdre et de l’oxygène à gaspiller
    La cigarette est une pollution de plus et on n’en a certes pas besoin , c’est une drogue comme l’alcool et autres plaisirs passagers mais il ne faut pas en profiter pour se dédouaner de comportements qui consistent par exemple à laisser un moteur tourner ou utiliser des machines dangereuses pour rien .
    Nous sommes de la même génération, celle des fumeurs d’après la guerre , celle qui font les centenaires de maintenant . Rien ne dit que les générations futures continueront à améliorer les statistiques . Le stress, l’alcool , les autres drogues , les accidents , la vitesse, la pollution , la mauvaise nourriture .. Tout cela a un impact . Alors ne pas mettre tout sur le dos des cigarettes me paraît plus équilibré et plus sage, mais ça arrange les gouvernements qui force à d’autres consommations et qui laissent passer des produits chimiques dans l’alimentation.
    Encore une fois je n’excuse pas les fumeurs ils contribuent à la pollution et se détruisent mais la chasse aux sorcières trop poussée me paraît assez hypocrite et évite de faire face aux vrais problèmes.
    Ceci dit si l’éducation civique des fumeurs nous permettait de ne pas trouver de mégots dans le sable de la plage où on essaie de respirer .. ce ne serait pas mal.
    Il y a un code de vie et il est dans la mesure.

    Commentaire par Scaramouche — 30/07/2013 @ 10:09

  15. "la volonté qui permet d’arrêter d’un coup existe peut-être, je crois plutôt qu’il faut accepter de mener sur son propre cerveau un lent travail de conviction. Un travail qui se nourrit de peurs, de rencontres, d’expériences. Cela peut prendre des mois, jusqu’au jour miraculeux où l’on s’arrête, tout simplement, sans effort, sans souffrance, avec une fierté et un plaisir sans limites."

    Méfions-nous des discours du type "c’est une question de volonté". La volonté pure, détachée de tout, n’existe pas. Changer un comportement requiert souvent toutes sortes de trucs et bouts de ficelles. Quelque chose qui semble bien marcher en général (mais pas pour tout le monde), c’est de s’appuyer sur d’autres personnes: arréter en groupe, demander à quelqu’un de se porter "garant", profiter d’une rencontre… Se récompenser (avec l’argent économisé) est aussi une stratégie souvent payante.

    Félicitations, en tout cas, et bonne continuation.

    Foxtrot.

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 30/07/2013 @ 10:32

  16. @Aliocha: après une petite inquiétude de ne plus voir lire, ce n’est pas un soulagement, mais bien mieux: un sourire. Félicitations, tant pour votre choix que pour votre témoignage.

    Commentaire par Kaeldric — 30/07/2013 @ 10:34

  17. Bonjour Aliocha,

    Et merci pour ce beau témoignage. Je serai bien en peine de donner un avis pertinent sur le tabac, même si, comme l’un de vos commentateurs précédents, je reste convaincu que la dépendance est un mécanisme qui existe bel et bien. Médicalement parlant, l’addiction me paraît même un fait très répandu.

    Je n’ai jamais fumé de ma vie. 38 ans et demi sans la moindre cigarette. Ma période de vulnérabilité ? La fin de l’adolescence et le début de ma vie d’adulte quand, assez réservé de nature, j’étais encouragé par les copains, "parce que c’est cool, parce que ça va te décoincer, parce que tout le monde le fait, parce que t’es pas obligé d’obéir à tes parents". Je n’ai jamais craqué. Je crois que j’ai eu deux chances: 1) celle d’assimiler très tôt la cigarette à quelque chose de mauvais – parce qu’un de mes amis d’enfance faisait à ce sujet une guerre assez intense à sa mère (toujours fumeuse aujourd’hui) et 2) celle de n’avoir jamais envie, tout simplement.

    Aujourd’hui, j’aimerais parfois convaincre une amie d’arrêter – comme elle en a plusieurs fois manifesté l’intention, se trouvant toujours une bonne raison de différer cette grande décision. Et je me retrouve bloqué d’une simple phrase difficile à parer: "Tu ne peux pas comprendre le plaisir que cela procure…". Je crois savoir en revanche qu’il en existe d’autres, au moins aussi intenses.

    Commentaire par Martin — 30/07/2013 @ 10:41

  18. Ben moi j’ai commencé à fumer très jeune. Des P4. Les plus anciens se souviennent peut-être, les P4 (ou Parisienne 4), c’était la cigarette des clodos. Vendues en paquet de quatre au prix de 20 centimes (de francs), elles étaient faites, parait-il, avec des chutes de tabac de mauvaise qualité. C’est de là que date mon addiction. J’ai arrêté de fumer l’an dernier, suite à une grave maladie. Aujourd’hui, c’est vrai, on peut fumer devant moi sans que ça me donne (trop) envie. Mais je n’irais pas jusqu’à dire qu’il n’y a pas de dépendance vu que mon addiction à la nourriture en remplace une autre. Depuis que j’ai arrêté de fumer, j’ai pris près de 20 kg.

    PS : Aliocha, qui ne perd pas une occasion de vitupérer contre la com’ qui supplante de plus en plus l’information, devrait apprécier cet article d’Acrimed à propos de l’affaire Séralini et du journalisme scientifique : http://www.acrimed.org/article4063.html?var_mode=calcul

    Commentaire par Gilbert Duroux — 30/07/2013 @ 14:44

  19. Ben, moi, je ne suis pas fumeuse.
    Pour ne pas rester idiote et pour provoquer un tantinet mon entourage, j’en ai grillé une pour mon 18 ème anniversaire (tirée d’un paquet de 10 ans d’âge, mentholée, stockée dans le tiroir des parents qui s’en grillent une pour la saint-sylvestre uniquement ). J’ai remis cela pour mes 20 ans (même paquet).
    Je n’ai pas compris l’intérêt ou le plaisir ressenti par d’autres.

    Par contre, je suis raide dingue de chocolat … par plaques entières.
    Pour décrocher, un peu, je m’occupe. je casse mes habitudes qui génèrent des gestes réflexes.
    Et surtout, en analysant les composants du chocolat, je me suis aperçu que le magnésium était ce qui m’était le plus nécessaire.
    J’ai passé toutes les eaux minérales de la boutique et en cas "d’envie", je biberonne … avec modération.

    En tout cas, bonne continuation, bon courage en cas de doute …

    Commentaire par fultrix — 30/07/2013 @ 16:38

  20. Pour vous aider, ces quelques paroles de Tristan Bernard ou Boris Vian (ou un autre, je ne sais plus); "Arrêter de fumer, c’est facile. Moi-même, j’ai arrêté au mois cinquante fois depuis que je fume!!!" (je ne garantie pas l’exactitude de ces mots).

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 30/07/2013 @ 17:48

  21. Expliquez moi un truc.
    Je n’ai jamais fumé mais ma femme est fumeuse. On me dit que ça ne sert à rien de l’inciter à arrêter puisque l’addiction est plus forte.
    Pourtant, les deux fois où elle a attendu un enfant, puis allaité cet enfant, elle n’a pas touché une clope. La fumée des autres l’indisposait. Les copains devaient aller fumer dehors…
    Une fois les enfants sevrés, elle a repris ses habitudes au point même d’oublier que moi j’aimais bien quand personne ne fumait à la maison.
    Non, ne me dite pas qu’elle est égoïste, elle est sous addiction. Mais ma question c’est: est-ce que l’addiction est sujette aux hormones?
    Notez que c’est purement par intérêt scientifique que je pose cette question parce qu’en termes de stratégie, il est un peu tard maintenant pour que je lui fasse un gosse.
    Merci.
    Et bravo pour le billet.

    Commentaire par Denis Ducroz — 30/07/2013 @ 19:39

  22. @Aliocha Je suis perplexe devant cette entame du billet : "Vivre sans tabac, pour une génération à qui on a enseigné le contraire …" Comme je n’ai pas l’impression qu’on m’ait jamais enseigné quoique ce soit de tel, je me demande de quelle génération vous parlez, et ce que lui aurait fait/laisser croire à ce sujet.
    J’ai aussi un peu de mal avec votre vigoureux rejet de la (notion de) "dépendance" . Surtout quand vous l’appliquez aux cigarettiers, si on prend acte de ce qu’une partie non négligeable de leur stratégie a précisément consister d’un côté à la renforcer scientifiquement (chimiquement, devrais-je dire), tout en dissipant de l’autre "scientifiquement" les dangers inhérents à la consommation de leurs produits. Du côté des fabricants de patch et autres substituts, un questionnement est légitime, mais je ne suis pas certain qu’il faille formuler les choses de cette façon.
    Par contre, je trouve très intéressante la tonalité générale du texte, sans concessions et surtout positive, pour décrire l’aboutissement de votre parcours. J’espère que cela vous évitera l’accusation devenu courante chez les adeptes de l’anti-antitabagisme : celui d’hygiénisme, et tant quon y est, punitif.

    @ Lou, et à propos de Golden Holocaust. Même si l’on a une bonne maîtrise de l’anglais, il s’agit en tout état de cause d’une "somme" universitaire qui pèse 750 pages et coûte 36 €. Y accéder via le réseau documentaire des Universités ( http://www.sudoc.fr/161224628 ) n’étant pas non plus chose très aisée, on peut a minima faire son miel de l’analyse détaillée qui a été publiée sur le site "La Vie des idées" : http://www.laviedesidees.fr/Les-guerres-du-poumon.html .
    Dans le livre : Marchands de doute, d’Oreskes et Conway , un chapitre complet est consacré à l’industrie cigarettière et ses agissements. C’est parfaitement édifiant, très précisément sourcé, et plus facile d’accès que l’ouvrage précédent.
    Pour autant, peut-on mettre dans le même … paquet (de "salauds") tous les acteurs de cette industrie ?

    @Scaramouche La lutte anti-tabac comme cache-sexe de toutes les pollutions qu’on ne voudrait pas combattre, je peux comprendre l’argument si est visée la lutte contre le tabagisme passif, qui commence à aller un peu loin. Mais n’allez pas dire dans un service de cancérologie, même au chef de service qui par hypothèse fume comme un pompier, que la cigarette n’est chez le fumeur qu’un facteur "aggravant"… Même s’il reste pas mal de faits à élucider, ce dont on est bien obligé de convenir, entre autres à l’INSERM : http://www.inserm.fr/thematiques/cancer/dossiers/cancer-du-poumon

    Non-fumeur de toute éternité, e je ne me sens que modérément concerné par les slogans de lutte contre le tabagisme, mais il faut reconnaître que celle-ci prend parfois de bien surprenants chemins. Quand je tombe sur un paquet arborant fièrement la mention "Fumer tue", je me demande parfois au quantième degré il faut le prendre. Sur l’échelle du ridicule, si on veut bien se rappeler que l’Etat subventionne annuellement les buralistes (donc empoisonneurs ?) à hauteur de 300 M€ d’euros, je place ce slogan nettement au-dessus de l’à-peine moins surprenant "L’abus d’alcool est dangereux pour la santé"…

    Commentaire par Meidosem — 30/07/2013 @ 22:55

  23. @ Meidosem

    Je me base sur le fait que tous les cancers n’ont pas de corrélation uniquement avec la cigarette, qu’il y a d’autres facteurs (génétiques entre-autres ). Pour les cardios vasculaires et les pulmonaires la cigarette est destructrice mais cependant certains sujets réagissent différemment , on connaît tous de vieux fumeurs invétérés qui sont morts de vieillesse et ma génération qui fumait sans retenue fait aussi les centenaires actuels.
    Rien n’est vrai dans l’absolu et en médecine comme ailleurs l’être humain est et reste une énigme et si la cigarette contribue et aggrave les problèmes nul ne peut nier qu’elle est moins nocive en milieu non pollué .
    Ce qui la rend dangereuse actuellement ce sont les additifs des fabricants destinés à augmenter la consommation . Nous cumulons dans le monde moderne tous les facteurs nocifs dans tous les domaines .. cigarettes truquées plus stress s’entendent à merveille pour nous détruire .

    Pour moi tout dépend des personnes et des circonstances de la quantité et de la qualité des produits et de la manière de fumer; mais plutôt que faire appel à la sagesse à la modération et au bon-sens on préfère noyer le bébé avec l’eau du bain en passant au second plan les usines et les voitures.
    Fumer tue , mais bien d’autres choses également et Il faut faire la différence entre un plaisir et une addiction dont il est si difficile de se débarrasser.

    Commentaire par Scaramouche — 31/07/2013 @ 10:39

  24. Bravo ! Je sais que ce n’est pas facile d’arrêter. J’ai perdu mon grand-père d’un cancer dû à ce fichues cigarettes (et l’odeur du tabac évoque pourtant en moi de doux souvenirs). Dix ans après, j’ai perdu son frère, mon grand-oncle, devenu un grand-père adoptif (en dépit de ses quatre enfants, il semblait qu’il n’aurait jamais de petits-enfants). Lors qu’il a appris qu’il était atteint d’un cancer, le médecin lui a proposé de diminuer un peu sa consommation (il fumait cigarette sur cigarette du lever au coucher). C’était un homme dur, parfois inflexible, doté d’une volonté d’acier. Il a arrêté du jour au lendemain. Il n’a jamais replongé, en dépit du fait que ses enfants et beaux-enfants soient aussi fumeurs et aient laissé traîner leur paquets partout. Il s’est battu jusqu’au bout pour vivre, mais la maladie était trop avancée.

    Mes cousins continuent de fumer, eux. La mort de leur père n’a pas suffi à les arrêter. Le pire est que nous sommes une famille qui a la chance de ne pas avoir de problèmes de santé graves, et que nos deux absents seraient sans doute encore là, en parfaite santé, sans le tabac. Si vous avez l’occasion d’arrêter, battez-vous. C’est dur, je l’ai vu, mais c’est possible. Courage !

    Commentaire par Talla — 31/07/2013 @ 11:37

  25. Ceux qui après une addiction quelconque sont revenus en arrière savent ce qu’il en coûte et comme il est facile de glisser sur une pente en se donnant toutes les bonnes raisons du monde.
    Je crois cependant qu’il faut chercher dans les conditions de vie , le psychisme, l’entourage etc les raisons fondamentales qui font qu’un individu se détruit . Celui qui allume une cigarette après un bon repas n’a pas la même approche ni le même impact que celui qui fume "compulsivement" pendant un travail fastidieux ou après une algarade avec un collègue, et la femme anxieuse et qui s’ennuie ou le mari trop chargé de responsabilités sont des accros faciles.
    La cigarette allumée l’une après l’autre joue un rôle d’évasion et de pacifiant sous forme de leurre pour pallier à un manque plus profond .

    Commentaire par Scaramouche — 31/07/2013 @ 13:36

  26. je fais partie de ces extraterrestre qui n’a jamais fumé, ni même tenté et pourtant je crois être le seul non fumeur de la famille!!!!

    J’ai aussi ces souvenirs de parents ou d’amis qui recherchent compulsivement une cigarette, même pourrie dans une poubelle et je dois dire que j’ai du mal à comprendre que l’on me dise que la cigarette c’est cool, ça n’a rien à voir avec la drogue….

    Après chaque ancien fumeur à son histoire, mais elles ont toutes un point commun: si certains s’abstiennent de fumer ce n’est jamais parce qu’ils se disent à quel point l’odeur du tabac peut être insuportable à un non fumeur.
    C’est réellement une épreuve d’attendre un bus à côté d’un fumeur, d’être attablé à côté d’un fumeur….

    Bon sang et si je déposais mes détritus chez vous vous diriez quoi?

    Félicitation et bon courage à ceux qui font l’effort d’arrêter. Je ne sais pas si ça console, mais y a pas besoin d’arrêter de fumer pour prendre du poids hélas…..!!

    Commentaire par fredo — 31/07/2013 @ 15:18

  27. @Meidosem 22

    ce genre d’arguments je les entends depuis des années de la part de tous mes amis fumeurs invétérés… et de la part de l’industrie du tabac.

    Cette façon de raisonner qui commence à faire semblant d’être d’accord, être raisonnable puis mine de rien balancer un truc invérifiable qui pourrait laisser crore qu’il y a doute.

    Mais non mon cher, il n’y a pas doute, la corrélation entre tabac et certains cancer est prouvé et il n’y a guere que chez Philips Morris que l’on trouve des "experts" pensants le contraire

    Vos "arguments" viennent en ligne droite du film "Thank You for Smoking"

    http://www.allocine.fr/recherche/?q=thank+you+for+smoking

    Commentaire par fredo — 31/07/2013 @ 15:26

  28. @Meidosem
    C vrai, le bouquin est cher. Mais on peut acheter la version Kindle à 26 euros (même sans liseuse Kindle, on peut lire le bouquin sur son smartphone ou son ordinateur).
    Le livre est long (22168 pages sur le petit écran de mon téléphone) mais plus on avance ds la lecture plus on prend conscience du cynisme absolu des criminels qui nous vendent ce produit. Ils ne valent pas mieux que les trafiquants des cartels de la drogue mexicains ou siciliens. Je vous assure que ça m’a aidé à ne pas rechuter.
    Lou

    Commentaire par Lou — 31/07/2013 @ 19:00

  29. Eh bien, Aliocha, j’ai arrêté de fumer une semaine avant vous. Cela fait plusieurs mois que je m’étais fixé la date. Sachez malgré tout qu’un fumeur le reste dans sa tête toute sa vie. Le tabac emprunte un chemin cérébral qui lui est défavorable, mais parvient dans la zone qui crée sa dépendance en quelques secondes. Le cannabis est plus lent à atteindre sa cible cérébrale, bien qu’il fasse beaucoup plus de dégâts. C’est dire la dépendance qu’entraine le tabac.
    On peut très bien se déshabituer, mais les circuits restent imprimés dans les neurones. Donc un fumeur ne doit plus reprendre une seule cigarette.
    J’ai vu un reportage sur le Malawi. J’étais choquée de voir comment dans ce pays le plus pauvre d’Afrique, l’industrie du tabac parvient à les persuader d’abandonner le maïs pour leur propre consommation et leur promet de devenir riches en cultivant le tabac. Résultat : ils sont obligés de mettre leurs gosses au travail car le tabac nécessite plus de main d’oeuvre. Il n’ont plus le temps de cultiver le maïs qui les nourrit. Et en fin de compte, ils sont obligés d’acheter les pesticides qu’on leur demande de mettre dans leurs champs de tabac. Non seulement, l’industrie du tabac appauvrit encore plus les pays pauvres, mais ils nous tuent.
    Cela fait quelques temps que j’avertis mes malades que ceux qui entretiennent leurs facteurs de risque vasculaire ( entre autre le tabac) ne seront plus soignés dans 20 ans. Il n’y aura pas assez de médecins et nous serons obligés de lâcher ceux qui ne font pas d’effort et entretiennent le risque de rechute de leurs maladies.
    Il y a plusieurs méthodes pour arrêter, mais le plus important est le vouloir, le désir d’une liberté retrouvée et l’envie de respirer.
    Si vous le désirez, je peux vous faire une liste très longue des dégâts du tabac. Cela peut éviter d’avoir un malade qui tombe des nues quand on lui dit que sa maladie est due au tabac.
    enfin, un conseil : on ne peut arrêter en même temps plusieurs addictions. Il m’arrive de dire à mes malades d’attendre d’être débarrasser d’une première addiction avant de se sévrer du tabac….

    Commentaire par Dorine — 31/07/2013 @ 22:56

  30. @fedo

    Oui la cigarette (et non le tabac) est _probablement_ un facteur de risque de cancer. Il devrait être _interdit_ de mélanger dans les cigarettes des produits chimiques en tout genre dont on ne sait rien et que l’on inhale pour une meilleur pénétration dans notre organisme. On ne sait pas trop quel est le produit qui induit les cancers, s’il y en a un. Peut être juste la nicotine et les cigarette électronique (les trucs à la mode) sont peut être autant porteuses de risques que l’originale ? ou peut être juste le cocktail chimique qui y est adjoint. Les cigarettes de nos grands pères, des brunes, papier maïs, on n’en fumait pas 20 par jour non plus.

    @scaramouche

    je vous rejoints volontiers sur le tabac comme intronisé responsable des cancers (et même le passif pour expliquer le cas des gens ne fumant pas) pour éviter de devoir légiférer sur les produits chimiques que l’on laisse proliférer pour les bénéfices de quelques uns.

    @la plume

    Dire qu’il n’y a pas de dépendances est un peu inexact. Il n’y a pas de dépendance que l’on ne peut résoudre est plus représentatif :
    1 – dépendance physique à la nicotine (disons 3 semaines difficiles) – les patchs la prolonge.
    2 – dépendance psychique au geste, à la situation … je n’ai pas de réponse, suivant les personnes ?

    Moi j’ai arrêté parce que mon amie voulait arrêter, elle s’est auto persuadée que c’était pas bon pour elle et a décidé un jour de passer le pas. Je ne pouvais pas continuer si je voulais lui donner sa chance de réussir son "pari". Donc j’ai arrêté, comme ça, sans rien, juste en ne fumant pas, en même temps qu’elle. Le faire pour elle a été un élément motivant pour moi (et je suppose qu’avoir arrêté a été pour elle un moyen de ne pas reprendre, pour que je ne reprenne pas.) Ca doit faire une petite dizaine d’année. Beaucoup de marche pour lutter contre l’envie, des litres d’eau également et une humeur un peu exécrable pendant les 3 premières semaines.. Ensuite sur la durée, n’étant pas un grand sportif, j’ai pris un peu de poids (naturellement un non fumeur pèse plus que le même fumeur parait-il) mais je me console en imaginant l’argent que je ne donne pas à cet état scélérat.

    Commentaire par herve_02 — 31/07/2013 @ 23:10

  31. @Dorine

    Pas besoin d’attendre 20 ans pour ne pas être soigné, c’est déjà aujourd’hui le cas pour beaucoup de gens, faut pas rêver et ouvrir un peu les yeux : oui le médecin est presque pris en charge (moins les 1 euros), mais nombre de médocs ne sont plus remboursés ou de plus en plus mal : de nombreuses personnes ne soignent pas : pourquoi aller chez le médecin si on ne suivra pas la prescription ? Je vous parle même pas des examens sanguins qui coûtent un bras non remboursé (l’acte et chaque analyse compte dans le décompte du non remboursable).

    La seule manière de lutter contre cela : ne plus prescrire de médicaments qui ne sont pas remboursés au 75-70-65% (?). S’il ne sont plus remboursés, c’est qu’ils ne soignent pas, donc autant ne pas les prescrire. Ce devrait être le travail du médecin de lutter pour les remboursements, en arrêtant de prescrire ce qui n’est plus remboursé : je peux vous assurer qu’en moins de 6 mois, ca bougerait. (on peut même y ajouter , si on est combatif, de ne pas prescrire les médocs aux prix délirants.)

    Alors dans 20 ans les fumeurs non soignés, ça doit pas faire peur à grand monde.

    Commentaire par herve_02 — 31/07/2013 @ 23:22

  32. @ Dorine
    Qu’est-ce qui vous fait dire que le cannabis fait beaucoup plus de dégâts que le tabac ? Vous avez des données que les plus grands savants, qui ne sont pas d’accord entre eux sur la question, n’ont pas ?

    Commentaire par Gilbert Duroux — 01/08/2013 @ 01:57

  33. @Hervê02

    Je vous rejoins tout à fait.
    Les vieux sont de plus en plus ignorés et les mal aimés de la Sécurité Sociale parce qu’ils coûtent cher et gaspillent les médiicaments . Sans doute vrai pour certains qui ont les moyens mais les autres qui paient un supplément et n’ont pas de mutuelle parce qu’à une êpoque elle n’était pas obligatoire et qu’ensuite elle était trop chère , ceux-là ne s’amusent pas à aller chez le médecin pour rien manger avec joie des médicaments nocifs et encore moins changer de lunettes ou d’appareil auditif. Bref ceci pour dire que les soins deviennent un luxe comme la maison de retraite aussi sordide soit-elle.
    Alors qu’on ne les soigne plus du tout cela n’a rien d’extraordinaire, cela commence dêjà dans les hôpitaux où il y a des choix à faire, et que ceux qui s’en moquent parce qu’encore jeunes n’oublient pas que cette tendance a une propension à s’étendre dangereusement..

    Les addictions conduisent à la supression totale du "plaisir" incriminé . Fort bien …raison de plus pour ne jamais tomber dans l’excès d’un plaisir.

    Je prêche pour une vie d’équilibre et de mesure , si on a un arbre de Noël tous les jours ce n’est plus Noël et s’il faut se priver de tout ce n’est pas vivable.
    Le fumeur ne fume plus le buveur cesse de boire le joueur arrête les jeux. ..etc
    Merci bien .
    Alors j’ai envie de vous dire à tous : En quoi que ce soit ne tombez pas dans l’excès , c’est là la vraie volonté le véritable équilibre ce qui fait d’une cigarette un plaisir et non une habitude et qui permet de vivre le mieux et le plus agréablement possible.

    Commentaire par Scaramouche — 01/08/2013 @ 06:30

  34. @ Hervé 02 : ce n’est pas une question de remboursements. La plupart des médicaments non remboursés sont pour l’instant des médicaments de confort qui n’ont pas d’efficacité certaine ou qui peuvent être compensés par une prise en charge de sa santé par le patient : alimentation équilibrée, vie plus régulière, activité physique etc…Vous habitez peut-être dans un coin riche en médecins. Mais il y a beaucoup de zones qui se désertifient peu à peu. les médecins y travaillent de plus en plus, au lance pierre, à la chaine jusqu’au jour où ils baissent les bras….et refusent les nouveaux patients : c’est ce qui se passe à Tulle…..par exemple…..
    @ Scaramouche : il existe plusieurs types de cancer pour chaque organe. Celui du fumeur dans le poumon ou la vessie est caractéritique du tabac : un épidermoïde…..
    @ G. Duroux : d’une part, les études de pharmacologues, et d’autre part, mon expérience auprès des patients : lorsque vous soupçonnez la persistance d’un gros facteur de risque en raison de récidives rapides ou d’artères à l’état de débris, il suffit de demander s’il y a du cannabis à la place du tabac.

    Commentaire par Dorine — 01/08/2013 @ 08:59

  35. @dorine

    Non, je n’habite pas une zone riche en médecin, mais dans une zone économiquement sinistrée et les gens ne vont pas chez le médecins car les ordonnances (malgré le peut être bon vouloir de certains) sont rarement entièrement remboursées. Si 10 euros vous semblent une paille, pour certains, devant se satisfaire de 200 ou 300 euros, c’est déjà presque une poutre. Peut être est-ce effectivement car le médecin prescrit surtout des médicaments de confort qui n’ont pas d’efficacité certaine … en ce cas, autant ne pas aller chez le médecin et attendre que cela passe.
    Ah oui je connais déjà votre réponse suivante, alimentation saine, hygiène de vie, sport plutôt que télé ou facebook. C’est bien plus facile à réaliser avec 1500 euros par mois (pour certains, à 4 avec cette somme ils auraient l’impression d’avoir gagné au loto) qu’avec 400. Mais ce n’est pas la question : on assiste à une baisse de remboursement généralisée de tonnes de médicaments du quotidien dont l’efficacité était suffisante pour bon nombre de personne sans y mettre un médicament efficace pour la même ‘pathologie’ ; et en même temps le remboursement de médicament à des prix hallucinants : des injections à 2000 euros pièce par exemple.

    Enfin sur les cancers "caractéristiques", il n’est en aucun cas, majoritairement, démontré que le cancer caractéristique du fumeur est uniquement du au tabac et pas à de facteurs multiples (dont le tabac serait probablement un facteur majeur). Peut être qu’une personne qui n’a jamais respiré un gaz d’échappement ne peut pas être sujette au cancer du fumeur, peut être que celui qui a développé un cancer du fumeur, s’il ne fumait pas aurait développé un autre cancer, il reste plein de questions qui sont intéressante, non pour pousser les gens à fumer ou pour les rassurer (trop fumer c’est mal, c’est un fait), mais parce que cela pourrait éviter nombre de cancer avec une vraie recherche sur les causes. Il faudrait pour cela pouvoir étudier le mélange que les cigarettiers incorporent dans ce petit tube avec le tabac : cela me semble un minimum en terme de santé publique.
    On fait chier les sociétés de pseudo pharmacies qui vendent des compléments alimentaires à base de plantes, et on laissent les fabriquants de tabac incorporer ce qu’ils veulent dans les clopes (qui touchent bien plus de monde), c’est juste se foutre de la gueule du monde. Pour donner une comparaison (qui n’est pas raison), ce serait comme permettre de vendre une voiture qui freine presque pas et culpabiliser les gens qui ont des accidents avec de rouler trop vite : si les cigarettes c’est la mort en tube : il faut juste les interdire, c’est simple non ?

    Mais là encore la santé est devenu une industrie qui se moque sur l’impact qu’elle peut avoir sur les individus tant que le business tourne et que la "masse" consomme suffisamment sans chercher à couper des têtes.

    Commentaire par herve_02 — 01/08/2013 @ 10:17

  36. @Dorine

    Oui il y a un cancer spécifique du tabac mais comment expliquez-vous que les cancers du poumon atteignent aussi les gens qui ne vivent pas dans un environnement de fumeurs et n’ont jamais touché une cigarette de leur vie ?
    Comment expliquez-vous que certains vieux fumeurs invétérés mouraient autrefois très vieux ?
    Toutes les maladies ne sont pas imputables aux cigarettes, mais il faut comme partout trouver un bouc émissaire pour cacher la réalité , sinon il n’y a qu’à interdire la nicotine et alors le problème des cancers sera résolu.
    Après on interdira l’alcool
    Les sports facteurs de risque
    Le jeu qui ruine les familles
    Et le sexe qui mène le monde et conduit aux MST et à bien d’autres désagréments
    La vie devient un vrai plaisir sous prétexte que certains abusent et ne savent pas se conduire en société.
    Je me demande si un jour on aura le droit de respirer sous prétexte de précautions et
    Je constate que nous sommes de moins en moins libres.

    Commentaire par Scaramouche — 01/08/2013 @ 11:48

  37. Bravo et bonne continuation !
    Fumeur depuis les années 1977, j’ai arrêté complètement début septembre avec l’aide de la cigarette électronique. Ce n’était pas ma première tentative. Aucune n’a duré si longtemps.
    Une petite rechute courant juin (ah ! le danger des repas festifs…) bien reprise depuis.
    Il n’y a pas de méthode unique pour cesser de fumer, chacun la sienne. Pour continuer à arrêter, je pense qu’il faut garder deux pensées :
    1 – Ne pas oublier pourquoi nous avons arrêté de fumer ; la toux du matin, l’odeur de tabac froid dans la maison, sur les vêtements, le coût, ou autre,
    2 – Savourer chaque jour et à chaque instant tous les plaisirs retrouvés, le goût, l’odorat, la joie lue dans les yeux de son enfant quand son père refuse un petit cigare, et d’autres.
    En lien, un joli texte qui décrit assez bien cette addiction au tabac et une des raisons d’arrêter de fumer
    http://blogs.mediapart.fr/blog/grain-de-sel/170613/en-finir-avec-elle

    Commentaire par Le Pet Financier — 01/08/2013 @ 11:54

  38. @ Dorine
    "@ G. Duroux : d’une part, les études de pharmacologues, et d’autre part, mon expérience auprès des patients : lorsque vous soupçonnez la persistance d’un gros facteur de risque en raison de récidives rapides ou d’artères à l’état de débris, il suffit de demander s’il y a du cannabis à la place du tabac".

    Diantre ! Vous êtes très forte, docteur. Que je sache, dans la plupart des cas, le cannabis est consommé AVEC le tabac et non À LA PLACE du tabac.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 01/08/2013 @ 12:19

  39. Et on repart avec les OGM …
    Pour faire bonne mesure le gaz de "shit" est en route
    N’oublions pas la construction d’un aéroport inutile qui détruit tous les arbres et un écosystème.

    Mais revenez -en au tabac ..

    Commentaire par Scaramouche — 01/08/2013 @ 17:44

  40. Courage et volonté
    je vous souhaite la guérison complète et définitive, jusqu’au jour on l’on peut sentir dans le vent le filet de fumée de cigarette à des mètres et avoir envie de faire (et pouvoir faire) comme le chat devant lequel on épluche une orange, fuir fuir devant l’agresseur.

    Commentaire par Juli-Tux — 01/08/2013 @ 22:47

  41. @kaeldric : je suis très touchée. Simplement – et avec beaucoup de retard – merci.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/08/2013 @ 22:36

  42. Merci à tous les messages d’encouragement. Je ne m’y attendais pas car j’étais dans la démarche de rendre ce qu’on m’avait donné, donc de donner un petit quelque chose à mon tour et non pas de recevoir. Cela étant, les encouragements ont l’immense mérite de me ficeler dans ma décision. Je m’en voudrais atrocement de trahir ne serait-ce qu’un seul message anonyme ici, donc ça m’aide dans ma détermination. A tous donc, merci. Et si vous pensez que ce billet peut être utile, faites-le circuler. Je suis convaincue qu’il n’y a pas d’addictions, mais des idées d’addiction, ce qui est au moins aussi ennuyeux, mais beaucoup moins difficile à chasser, pour peu qu’on en soit conscient.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/08/2013 @ 22:43

  43. @fredo 26 Me serais-je si mal exprimé que vous en tiriez cette conclusion, en forme qui plus est de procès d’intention ? Votre critique me paraît davantage concerner les arguments de Scaramouche, comme en 14 ("les deux amies non fumeuses mortes du cancer du poumon") ou en 23 ("les fumeurs invétérés devenus centenaires"). Il y a là une part de vérité médicale de portée très générale, à savoir que de nombreuses maladies résultent de la rencontreentre un agent pathogène, biologique, chimique ou autre, et un "terrain" individuel (lequel ne se résume d’ailleurs pas aux seuls "facteurs génétiques" que l’on met d’autant plus volontiers en avant qu’on les connaît encore très mal). Si l’issue en est variable et pas toujours prévisible, pour autant, il ne viendrait à personne l’idée de dire, par exemple, que ce n’est pas Yersinia pestis qui déclenche la peste et tue avec beaucoup d’efficacité, au seul motif que ne meurent pas obligatoirement tous ceux qui entrent en contact avec ce redoutable bacille.

    Sinon, une autre cause possible d’incompréhension. Quand j’ai écrit que les cigarettiers ont dissipé "scientifiquement" les dangers du tabac, je pensais que les guillemets suffisaient à signaler que cette prétention de leur part était à prendre au second degré. C’est cette posture qui est précisément et vigoureusement démontée dans le livre recommandé : Marchands de doute, à savoir l’usage pervers qui peut être fait de la "science" pour introduire et faire durer une controverse qui a la couleur, l’odeur et la saveur de la science, mais qui n’en est pas. Pendant ce temps-là, et c’est toujours ça de gagné, les affaires continuent de plus belle…

    Concernant le tabac, il faut prendre en compte les données de santé publique disponibles avant de se lancer dans des développements destinés à faire la distinction entre "corrélation", "facteur" et "cause". 90% des cancers des bronches sont en relation avec le tabagisme, 50% des cancers de la vessie, mas il ne faut pas oublier : 80% des infarctus chez les moins de 45 ans, les bronchites chroniques, les emphysèmes, tous les autres cancers (ORL entre autres)… Si les données épidémiologiques vous intéressent, vous en trouverez d’autres à la fin du numéro 20-21 du BEH sur cette page web de l’INVS : http://www.invs.sante.fr/Publications-et-outils/BEH-Bulletin-epidemiologique-hebdomadaire

    Il est possible enfin que ma critique, un peu épidermique, d’un slogan anti-tabac que je vois en fait " de l’extérieur", vous ait convaincu que je cherchais le message de l’industrie. Je trouve plus simplement que l’information du citoyen ne doit pas passer par son infantilisation, sur le fond du message comme dans sa forme. Cela m’agace encore plus quand un objectif en soi louable génère un message qui a de grande chance de manquer sa cible. Je me demande d’ailleurs s’il a vraiment joué un rôle dans la décision des uns et des autres d’arrêter de fumer.
    Et suis prêt sur ce point à faire amende honorable.

    Commentaire par Meidosem — 02/08/2013 @ 22:52

  44. @Meidosem

    Je pense, que comme pour la justice (la punition doit _certaine_ et _immédiate_ pour être dissuasive) le "potentiel" pathogène de la cigarette n’est pas le facteur majeur de l’arrêt car la "punition" n’est pas certaine et encore moins immédiate (sauf pour les déjà malades et arrêter ne change pas grand chose.).

    Si ce que vous dites est vrai, pourquoi n’y a t-il pas d’études scientifiques, non de corrélation épistémologique, mais de détermination des agents pathogènes majeurs pour diminuer encore la mortalité. Pensez-vous que le business est trop important, Pensez-vous que les taxes que cela rapporte valent les morts que cela provoquent et si non comment continuer à supporter des gouvernements successifs (qui ont abandonnée la seita et l’exclusivité de la distribution lorsque les procès commençaient à pulluler ) qui se moquent de laisser crever leur population…

    J’ai un peu de mal à comprendre, déjà la realpolitik me donne la nausée, mais là nous atteignons des summums….

    Commentaire par herve_02 — 02/08/2013 @ 23:30

  45. @ Meidosem

    C’est l’exemple même d’un détournement de pensée et d’une interprétation personnelle en tirant une phrase d’un écrit sans en donner le contexte.

    En effet je pense que tout dépend de l’idividu qui fume . Sa façon d’avaler la fumée , la quantité de cigarettes, ses gênes, son âge son état physique . La cigarette est nocive je n’ai jamais dit le contraire mais elle n’est pas déterminante à petites doses . Ce qui l’est c’est la volonté de chacun de tomber ou non dans une addiction .
    En conclusion , en France ( et ailleurs ) on punit le fusil pas le tueur , on supprime le martinet et pas le père fouettard.
    Quand nous aurons supprimé tout ce qui fait les petits plaisirs journaliers la vie sera peut-être plus longue mais parfaitement insipide. Ça en prend le chemin, il ne manque plus que les gouvernants nous mettent une puce dans le cou qui renseignera le petit père des peuples sur tous nos comportements .

    La sagesse des nations le dit bien avant moi, tout est dans l’équilibre et la mesure .
    Et bravo pour ceux qui arrêtent la cigarette qu’ils fumaient à la chaîne sans modération . C’est une victoire je n’ai jamais dit le contraire , seulement c’en est une aussi de ne pas commencer à se laisser dominer par quelque passion que ce soit.

    (Merci de faire l’effort de comprendre ce que j’essaie bien maladroitement de dire sans déformer mes propos. Dans le cas contraire il est permis de poser des questions )

    Commentaire par Scaramouche — 03/08/2013 @ 08:17

  46. La comparaison avec la justice me laisse un peu rêveur, sauf à penser que seule la menace proche du châtiment nous amène chacun à respecter la loi. Vaste débat, qui dépasse largement le modeste dossier de la cigarette !
    En tout état de cause, le fumeur (solitaire) n’enfreint aucune loi, et il y a de multiples autres façons de raccourcir sa durée de vie ou de sacrifier sa santé. Est-ce pour contourner cette non-immédiateté de la sanction que le slogan "Fumer tue" a été adopté ? Il est certes frappant, mais au prix de certaines libertés avec la vérité, qui est tout de même plus complexe . Son omniprésence de longue date dans l’espace public, sur un produit en vente libre, ne me paraît pas de nature à le rendre bien compréhensible. Ou alors il a eu le temps d’être tellement bien assimilé qu’il a en fait été digéré …
    Quant à connaître les raisons pour lesquelles les études sur le sujet se font ou pas, avec la complicité éventuelle de l’Etat, grand profiteur de taxes et/ou sous la pression d’intérêts privés puissants, je crois qu’il y a des réponses en ce qui concerne les seconds (voir les ouvrages cités dans les commentaires) . Mais du premier, je dirais plutôt qu’il semble schizophrène, et en ça ressemble à la société dans son ensemble. Après tout, personne n’oblige personne à aller s’acheter sa petite dose de plaisir quotidien, même si pour finir tout le monde, dans le cadre d’un système de santé mutualisé, en paie le prix.

    Commentaire par Meidosem — 03/08/2013 @ 09:42

  47. Il y a bien d’autres choses Meidosem pour lesquelles la société est solidaire , les enragés des hors pistes à ski ou ceux qui sortent en mer par gros temps les joggers imprudents les fous de vitesse les malades du sexe sans préservatifs les alcoliques mondains etc etc
    Est-ce qu’on a le droit de vivre et de mourir en menant l’existence de son choix ou bien est-ce le collectivisme la vie en fourmilière le chemin tracé et le bolchevisme sous prétexte qu’il existe une Sécurité Sociale de moins en moins efficace ?
    Et pendant ce temps vive le diésel le gaz de shist bientôt les OMG tout de suite les constructions de gigantesques aéroports et leur apport de kérozène sans compter la saleté des rues où dans Paris l’hygiène due à l’urine des sans logis est de plus en plus écoeurante . Que fera-t -on en cas d’épidémie de ces familles entières qui maintenant étendent leur matelas sur les trottoirs autour du quai de Valmy et ailleurs ?
    Alors la cigarette tue , oui mais pas toute seule.

    Commentaire par Scaramouche — 03/08/2013 @ 13:35

  48. Perplexe. A la lecture de cet article ce matin, je me suis dit…si seulement je pouvais moi aussi. Fumeuse compulsive, je n’ai pas acheté ma cartouche rêvée mais, un paquet de tabac à rouler. Flemmarde, il est 15h et je n’en suis qu’à 10. Miracle. Merci à vous, vraiment, j’ai l’espoir de m’en sortir . Première fois qu’un article me touche autant et arrive à me convaincre sans me donner une leçon.

    Commentaire par Thibaudeau — 03/08/2013 @ 15:08

  49. 2 roulées et il est 17h50, surprise de ce que les mots, Madame, peuvent frapper. Merci. Une amie est passée dans ma montagne de l’Aubrac et a été sidérée durant nos 2h d’échanges. Boof, ce n’est pas gagné mais, qui sait ? Votre façon d’écrire, de dire, me fait du bien.

    Commentaire par Thibaudeau — 03/08/2013 @ 17:53

  50. @Thibaudeau : Arrêter de fumer est affaire de patience. Il ne faut pas croire qu’un jour on se réveille avec la force de se priver qu’on n’avait pas avant, en réalité, on trouve juste plus d’avantages à ne pas fumer. C’est aussi simple que ça. Et ça arrive parce que pendant des mois, voire des années, on a posé une brique après l’autre. Je vous ai raconté mes briques à moi, vous trouverez les vôtres ;-) La volonté, c’est ça, poser les briques, en réalité, inverser le message adressé au cerveau durant des années, casser l’équation fumer=plaisir pour la remplacer par la vraie équation, celle que l’on ressent puisqu’on veut arrêter : fumer = galère.

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/08/2013 @ 13:06

  51. Oui. Pour moi tout se passe dans la tête. Le déclic que vous m’avez donné. Ce matin…10 au lieu d’au moins 20. Pas mal? C’est surtout, pour moi, à quoi bon stopper, j’ai 70 piges, boof,., simplement je m’énerve d’être ainsi dépendante et le plus proche bureau de tabac est à 25kms dans l’Aubrac et c’est bien une grande bêtise de dépenser autant d’argent lorsque l’on peut donner à son voisin. Dans tous les cas, encore merci. Mes chiens sont contents de moi. C’est déjà qq. chose !

    Commentaire par Thibaudeau — 04/08/2013 @ 13:17

  52. Thibaudeau : quand viendra septembre et ses poussées de cèpes, partez arpenter les bois de l’Aubrac avec vos chiens. Foulez les taillis, les bruyères et les fougères, l’oeil aux aguets à la recherche du chapeau bien rond des têtes noires ou du bolet simple. Imprégnez-vous de l’odeur des sous bois et des coullées de lumières à travers les feuilles jaunissantes des bois. Vous verrez peut-être vos chiens venir renifler votre cueillette, aboyer après un lapin ou une biche et bondir de vie autour de vous.

    Tachez d’éviter les voyous de Montpellier qui montent tabasser les promeneurs pour leur voler leur cueiilette.

    Mais surtout, n’emportez pas votre tabac. Vous verrez que vos occupations dans la nature vous évitent de chercher le paquet dans vos poches. Et la cigarette au retour, prise devant la cheminée, est d’autant plus appréciée. C’est en limitant les moments de la cigarette plaisir et en annulant les moments de la cigarette automatisée que l’envie d’arrêter devient réaliste.

    Commentaire par Dorine — 04/08/2013 @ 14:39

  53. Oh que oui…! Je vais encore avec mes chiens chercher cèpes coprins et rosés des prés. Je fouille, je sens, et sans cigarettes ce sera le vrai bonheur. Merci de m’encourager.

    Commentaire par Thibaudeau — 04/08/2013 @ 14:45

  54. @araok ; il n’y a pas de pire erreur de communication que de faire peur à un fumeur : immédiatement, il allume une cigarette pour se calmer. Ensuite, il songe au choix qu’il faut bien mourir de quelque chose (tempérament jouisseur optimiste) ou bien, que c’est déjà foutu pour lui (anxieux hypocondriaque) et qu’il peut donc continuer. Souvent d’ailleurs le jouisseur et l’hypocondriaque sont une seule et même personne, prise à des moments différents ;-) Je pense que la grande erreur de com’ dans la lutte anti-tabac consiste à dramatiser l’arrêt du tabac, dramatiser au regard des risques, du niveau d’addiction et de la difficulté qu’il va y avoir à arrêter. Résultat, le fumeur est dans un état psychologique catastrophique qui ne l’incite guère à lâcher son amie la clop. En réalité, je pense rétrospectivement qu’il n’y a pas d’addiction physique, et que l’addiction psychologique est bien moins importante qu’on ne le croit. D’où mon choix d’agiter des idées positives. En plus, ça correspond à mon ressenti, je ne me sens privée de rien, au contraire, je me rends compte que le tabac me privait de beaucoup de choses. La seule chose que je craignais, c’était de penser plusieurs fois par jour au fait de ne pas fumer, et même pas.

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/08/2013 @ 18:04

  55. @Thibaudeau : un des signes précurseurs du fait que j’allais m’arrêter, c’est quand je suis sortie faire des courses sans cigarettes. En sortant d’une boutique, j’allais allumer la traditionnelle clop et puis rien, j’aurais pu en acheter, je me suis dit tant pis. Et là, on s’aperçoit que ça ne pose aucun problème, à condition bien sûr de ne pas en inventer un (ah, les vices du cerveau) en se faisant croire qu’on manque de quelque chose, ça n’est pas vrai, c’est un pur fantasme ;-) on ne manque de rien du tout.

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/08/2013 @ 18:09

  56. @ La Plume d’Aliocha,

    Totalement d’accord avec votre commentaire n° 55 ; c’est même à se demander si les faiseurs de campagnes anti-tabac ont un jour mesuré l’impact contre-productif de leurs messages fondés sur la peur de la mort, la culpabilité et autres stress négatifs invalidants… et paralysants…

    Comme si on pouvait aider et soigner un dépressif en lui disant qu’il n’a aucune raison d’être triste ; ou encore, un phobique qu’il n’a aucune raison d’avoir peur…

    C’est d’une bêtise sans nom… d’ailleurs depuis 2005 – et l’offensive généralisée sur les fumeurs (par l’augmentation des prix, les messages, les campagnes, les interdictions, et cetera) – il n’y a eu aucune diminution des addicts au tabac…

    Commentaire par Anonyme — 05/08/2013 @ 18:20

  57. Votre billet est très émouvant, merci de nous faire partager tout ce qu’il contient. On sort tous un peu grandis, dans votre histoire… Et puis maintenant qu’on se connaît, on peut se prendre dans les bras, hein ? Alors, je vous serre fort contre moi (on est entre nous, personne n’y verra quoi que ce soit de déplacé ;-) ).

    Votre témoignage me rappelle des images… moi, gamin, regardant mon père (grand taiseux) lire son journal, une Gauloise sans filtre (puis avec filtre) à la main, soufflant la fumée par le nez. Ces deux jets bleutés m’ont longtemps laissé songeur.

    Puis est venu (bien des années après) le diagnostic : angine de poitrine. Le lendemain, le paquet de Gauloises passait à la poubelle : plus une cibiche !

    Il avait du caractère, le père…

    Commentaire par Zarga — 05/08/2013 @ 19:13

  58. Je tiens bon et est encore réduit, voyant de moins en moins l’utilité d’en griller une. Je me surprends moi même et je pense que votre témoignage a été fort (pour moi) car vous ne culpabilisez pas les fumeurs. Je suis totalement en accord avec le commentaire de araok.

    Commentaire par Thibaudeau — 05/08/2013 @ 22:37

  59. J’ai pris beaucoup de plaisir à vous lire. La liberté vous va bien (je veux dire, dans vos phrases car nous ne nous connaissons pas). J’ai été touché aussi par ce texte car j’ai fumé 28 ans et me suis libéré il y a 6 ans. La cigarette ne me manque pas du tout, mais je dois dire que le sevrage psychologique fut lent… il faut de la patience. Comme à pied, on va lentement mais un jour on s’aperçoit qu’on est très loin, dans un autre pays où tout est plus beau, vraiment plus beau. J’ai découvert ainsi le bonheur, très tard, mais c’est définitif. Ca vaut le coup, à mon avis, de ne pas sacrifier cette liberté d’oxygéner son corps correctement, pour quelque chose de forcément plus futile. Au plaisir de vous savoir libre, plutôt que de vous lire, à la limite les deux, mais pas le deuxième sans le premier…

    Commentaire par ali — 06/08/2013 @ 15:35

  60. J’ajouterais que ceux qui ont des problèmes de santé ou des problèmes pécuniaires peuvent vite voir les avantages à diminuer leur consommation (commencer en douceur). On tousse moins, on respire mieux, on peut se payer un petit gâteau pour le goûter… Manifestement, après la diminution de la consommation ou l’arrêt du tabac, les capacités pulmonaires reviennent très vite (et les facteurs de risque diminuent aussi très vite). Un bon truc peu aussi de se dire "qu’est-ce que j’aimerais faire avec tout cet argent qui part en fumée, et ce temps perdu à fumer (si si) ? " Quel genre d’activité agréable et conviviale pourrais-je proposer aux copains avec qui je sors fumer (c’est plus facile à plusieurs) ? Quand la dépendance est psychologique, il faut se trouver une autre occupation, source de plaisir sans les ennuis qui accompagnent la cigarette. La méditation, le tricot, le fendage de bûche (idéal pour le retraité campagnard sujet aux sautes d’humeur et aux crises d’angoisse, on est plus calme après un demi stère), la machine à café, la course à pied, la broderie, la lecture…

    Commentaire par Talla — 09/08/2013 @ 10:29

  61. @Talla : certains disent que l’argument de l’économie n’est pas assez puissant, je les rejoins. En fait, aucun argument, pris isolément, n’est assez fort pour arrêter de fumer, sauf exceptions. C’est toujours me semble-t-il une conjonction de facteurs – coordonnés et soutenus par la volonté – qui aboutit à l’arrêt. Je rentre de vacances en Tunisie. Dans ce pays, on peut encore fumer partout et du coup j’avoue avoir eu envie, de temps en temps, de fumer mais le bonheur d’avoir arrêté et le dégout réel à l’égard de l’addiction, additionné d’un poil de volonté m’ont empêché de replonger. Du coup, je salue – une fois n’est pas coutume – l’action des pouvoirs publics consistant à réduire le plus possible les lieux où l’on peut encore fumer. Une interdiction est par définition irritante (surtout pour une forte tête dans mon genre), mais il faut bien admettre qu’en l’espèce, ça aide.

    @Thibaudeau : toujours dans le cercle vertueux de la liberté ? Courage ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/08/2013 @ 12:50

  62. Oui, mais je n’ai pas encore cessé totalement. Patience…! Je ne fume plus en voiture, je ne fume plus chez les autres ni en ballade MAIS je fume chez moi, toujours la cigarette du matin et quelques autres. Rien à voir avec "avant" mais je ne sais si j’arriverai à plus rien ?

    Commentaire par Thibaudeau — 14/08/2013 @ 13:50

  63. un de mes confrères, tabacologue, a eu un patient qui fumait trois paquets par jour. Pourvu d’une petite retraite, il ne parvenait plus à faire face à ses besoins. Il est allé voir ce médecin, il a mis trois ans à arrêter, mais il y est parvenu.
    Bien évidemment, ce pauvre retraité n’avait pas envisagé de faire des casses ou de voler le passant pour servir les besoins de son addiction…..

    Commentaire par Dorine — 14/08/2013 @ 14:13

  64. @Dorine

    Intéressant ce commentaire. Vous faites le lien avec la délinquance associée à l’addiction à d’autres substances.

    Premièrement, il y a une certaine corrélation mais est-ce qu’il y a vraiment un lien causal? Est-ce que la consommation et l’addiction cause la délinquance ou est-ce que les personnes enclines à la délinquance sont aussi enclines à consommer (parce que la consommation de certaines substances est considérée comme déviante/délinquante)?

    Deuxièmement, on peut aussi faire un autre parallèle, le tabac n’est pas une substance prohibée et son utilisation n’est pas (trop) stygmatisée et on le traite comme un problème de santé publique donc il est possible d’aller voir un médecin pour y faire face. Qui irait voir un médecin pour un problème d’addiction à l’héroine? Aussi, est-ce que le délinquant moyen a une relation avec un médecin traitant lui permettant d’aborder ce genre de problème?

    Foxtrot.

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 14/08/2013 @ 14:46

  65. @ laplumedaliocha

    Comment ça va, après plus d’un mois maintenant, non ?
    Toujours non-fumeuse.
    Pas trop de passages à vide ? de moments de doute ? de phases délicates d’introspection ?
    Quand l’arrêt est un succès, c’est bien, très bien même, mais la suite est parfois difficile, en comparaison.
    J’espère qu’il n’en est rien.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 14/08/2013 @ 19:03

  66. @Foxtrot : c’était une plaisanterie pour le tabac. Effectivement, il y a peu d’agressions dues au tabac. Il suffit de prendre sa voiture un week-end et d’aller remplir son coffre dans un pays où le tabac est moins cher. Quite à revendre une partie de sa cargaison au noir.
    L’héroïne et la cocaïne ont débarqué en masse dans mon coin depuis peu de temps. Mais on ne voit ces consommateurs de drogue dures que pour des problèmes consécutifs à leur addiction et non pour l’addiction elle même dont il n’ont pas envie de se libérer. D’ailleurs, ils vous disent qu’ils trimbalent le sida et l’hépatite B ou C. Mais ils vous disent toujours qu’ils ont abandonné l’héroïne!
    Le lien de cause à effet n’est pas celui de l’addiction responsable directe de l’agressivité. C’est celui de la dépendance, alliée à l’incapacité de travailler qui est responsable des agressions pour récupérer de quoi nourrir son addiction.
    De tous les drogués aux drogues durs que j’ai pu voir, pas un n’a abordé franchement le problème de son addiction. Ils sont tous menteurs et manipulateurs.

    Commentaire par Dorine — 15/08/2013 @ 09:24

  67. Sucre, café, vin, cocaïne, psychotropes, amphétamines, pharmaceutiques stupéfiants, Tabac, hallucinogènes…
    Sans oublier la techno addicte… Que de drogues contemporaines excitent les tranquilisants!
    Comme si la liberté se résumait dans le choix de ne pas fumer. C’est plutôt manichéen comme attitude.
    La vrai liberté de fumer et de s’arrêter quand on veut. Non!?

    Commentaire par Obi — 16/08/2013 @ 19:40

  68. @Aliocha, Hors Sujet: ce lien parle de journalisme, du journaliste… est-il auteur? Seulement 99% HS, on y évoque quand même la clope :-)
    http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20121109.OBS8842/andre-gorz-inedit-le-journalisme-cette-pensee-sans-sujet.html

    Commentaire par Kaeldric — 19/08/2013 @ 11:50

  69. Un maire a fait installer des caméras vidéos pour contrôler les crottes de chien et verbaliser.
    Un journaliste TV a parlé des pigeons …
    Fort bien
    Mais c’est la fable de l’âne dans " les Animaux malades de la Peste"
    Personne ne soulève le fait que beaucoup de rues de Paris sont envahies de rigoles d’urine humaine qui coulent sur les maisons, de déjections toujours humaines dans les couloirs du métro ou entre les voitures.
    Il est plus simple de verbaliser les chiens et supprimer les pigeons que solutionner le problème des SDF qui est en forte augmentation avec leurs matelas dans la rue où couchent des familles entières.
    A souhaiter qu’il n’y ait aucune épidémie…

    Le rapport avec la cigarette ? Devinez !

    Commentaire par Scaramouche — 20/08/2013 @ 19:28

  70. @ Scaramouche :

    Lu sur une pancarte à l’usine, quand j’y étais il y a 25 ans de cela…

    Les collègues maghrébins avaient bricolé un écriteau sur un grand morceau de carton, attaché par deux mauvaises ficelles :

    "jeter les migots dans la poubil"

    Commentaire par Zarga — 22/08/2013 @ 13:18

  71. @ Zarga

    Sans les "étindre" ???
    (Je ne me moque pas parce que je ne parle pas arabe et que comme vous je trouve ça plutôt drôle et sympa.)
    Les Américains connaissant le pouvoir de leurs avocats n’auraient pas oublié de préciser !!!

    Commentaire par Scaramouche — 26/08/2013 @ 13:01

  72. Article du Washington Post sur le cynisme sans limites de l’administration américaine.
    Les américains font tout pour réduire le nombre de fumeurs chez eux mais aident leurs compagnies de tabac à augmenter le nombre de fumeurs à l’étranger. Ils pratiquent le chantage lors des négociations d’accords commerciaux de libre échange : interdiction d’interdire la pub pour le tabac, interdiction d’ajouter des mentions comme "Le tabac tue" sur les paquets de clopes, interdiction des paquets génériques etc.
    Article en anglais.
    http://www.washingtonpost.com/blogs/wonkblog/wp/2013/08/21/smoking-could-kill-a-billion-this-century-obamas-trade-deal-will-help/?wpmk=MK0000200
    Cordialement,
    Lou

    Commentaire par Lou — 27/08/2013 @ 14:49

  73. […] : un grand merci à Kaeldric pour avoir déniché un remarquable texte d’André Gorz "Le journalisme, cette pensée […]

    Ping par Analectes | La Plume d'Aliocha — 09/09/2013 @ 20:26

  74. fumer est une drogue qui prend littéralement possession de nous, le tabac annihile notre volonté. On se croit libre quand on fume et on se rend compte de notre dépendance que lorsque l’on souhaite arrêter pour diverses raisons. J’ai commencé à crapoter mes premières cigarette à l’âge de huit neuf ans. des P4. ceux qui ont environ mon âge connaisse peut-être. Des qu’on avait 20 centimes de francs moi et un pote au lieu d’acheter des bonbons, on allait acheter des cigarettes, pour faire comme les grands. depuis elle ne m’a plus jamais quitter cette satané cigarette. cela fait prêt de quarante ans que je fume et sincèrement ça doit bien faire plus de trente que je souhaite m’en défaire. oh, certes j’ai déjà réussi à m’en débarrasser un jour, deux jours, une semaine, une fois j’ai tenu trois mois mais à la finale, c’est toujours la cigarette qui a repris le dessus sur moi. j’ai même essayé les patchs mais comme l’auteur de cet article, je ne les supporte pas. et ça m’a pas vraiment aidé à me passer de cigarettes. Aujourd’hui je ne désespère toujours pas d’y arriver. Je me relance en espérant que cette fois ça sera la bonne. C’est quant même dingue que pour apprécier la vie, quand on est fumeur, on ait à tout pris besoin de respirer des substance toxique et cancérigènes. c’est la grande puissance addictive de la cigarette

    Commentaire par jamal — 29/03/2014 @ 02:58


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