La Plume d'Aliocha

05/05/2011

Baptême de radio

Filed under: A propos du blog — laplumedaliocha @ 17:12

Mardi fut un grand jour, j’ai reçu mon baptême de radio !

En clair, je suis entrée pour la première fois dans un studio. Si j’en fait un petit billet, c’est que j’ai été très impressionnée. D’abord parce que je ne connaissais pas du tout le monde de la radio, j’appartiens à la presse écrite. Ensuite, parce que habituellement, c’est moi qui pose les questions. Je devinais déjà ce qu’il pouvait y avoir de stressant à parler à un journaliste et j’avais pris l’habitude d’expliquer, rassurer, mettre en confiance mes interlocuteurs. Cette fois, je l’ai vécu et cette expérience me conforte dans l’idée qu’il ne serait pas inutile que les journalistes passent parfois de l’autre côté du micro pour comprendre la difficulté qu’il peut y avoir à répondre à leurs questions. Saisir ce qu’attend celui qui vous interroge, s’acclimater en quelques secondes à l’endroit, cerner les autres intervenants, apprivoiser le micro, la lampe qui s’allume et qui s’éteint pour signaler qu’on enregistre ou pas, les pauses, les temps de parole, adapter son discours à un public dont on ignore tout, adopter le rythme qui convient, éviter de dire des âneries, structurer son discours etc. C’est un sacré exercice.

Au passage, cela explique pourquoi les journalistes sont tentés d’interviewer toujours les mêmes personnes, en particulier à la radio et à la télévision. Il y a ceux qui comprennent tout de suite l’exercice et les autres. Personnellement, j’en frémis encore de trac et pourtant l’émission n’était même pas en direct (exceptionnellement). Pour ceux que ça amuse, c’est ici. J’étais invitée par l’émission Grand Angle sur RCF, animée par Christophe Henning, à débattre sur le thème « L’information à l’heure d’Internet » avec Pierre de Charentenay, rédacteur en chef de la Revue Etude, et François Ernenwein, rédacteur en chef du quotidien La Croix qui vient de lancer sa nouvelle formule. Le plus amusant, c’est qu’on m’a souvent reprochée sur ce blog d’être critique à l’égard du web. Mes interlocuteurs, eux, m’ont trouvée un peu trop geek à leur goût. Leurs réserves sont fondées. Je partage en particulier la crainte d’un monde totalement déshumanisé par l’écran et les interrogations légitimes sur l’avenir de l’information et des journalistes. Mais j’assume aussi mes espérances dans les formidables potentialités du web. Ce ne sont en réalité que les deux faces d’une même médaille.

Accessoirement, j’espère que cette intervention rassurera tous les geeks qui me surveillent du coin de l’oeil en me prenant pour une taupe du vieux monde. Je trouve qu’Internet est un formidable outil, mais il le sera d’autant plus qu’on saura l’observer avec un oeil critique et en retirer ainsi le meilleur en tenant à l’écart le pire.

09/09/2010

Mince, 2 ans déjà !

Filed under: A propos du blog — laplumedaliocha @ 10:09

Ce blog a deux ans aujourd’hui !

Eh si.

Rougissez lecteurs fidèles qui n’avez même pas songé à lui organiser une fête hier soir….ou bien à attendre sagement minuit devant votre écran pour lui poster un petit mot gentil.

Si vous saviez dans quel état je l’ai trouvé ce matin. La maquette chiffonnée, lent au démarrage, la plume en berne. Un désastre.

Allons, mon petit camarade, faut pas leur en vouloir, tu sais, ils sont occupés les commentateurs, ça ne les empêche pas de te rendre visite régulièrement, c’est pas une preuve d’amour ça ? Au fond les dates, on s’en fiche un peu, c’est du temps humain, le temps des êtres qui vieillissent. Toi, tu seras toujours jeune.

Ah, tu souris, j’aime mieux ça. Tu vas voir maintenant qu’on les a prévenus, ils vont venir. Tu sais, tes copains les blogs, ils battent aussi le rappel quand c’est leur anniversaire. Regarde Zythom, Misssfw et même Eolas.

Quelque chose me dit que Fantômette et Tschok vont t’offrir un pot de Danette géant avec des bougies. Gwynplaine a sûrement emballé une bande-dessinée dans un beau papier virtuel. Goloubchik est du genre à te tourner un joli compliment. J’entends déjà Ferdydurke déboucher le champagne (Un Deutz millésimé s’il vous plait Ferdy).

Et puis tu vois, moi je suis là. C’est qu’on en a passé des jours et même des nuits ensemble toi et moi. On en a partagé des joies, des coups de gueule et des fous rire. Mais tu as raison, on s’ennuierait ferme si les commentateurs n’étaient pas là.

Chut, écoute. Ce ne serait pas Stevie Wonder qu’on entend ? Mais si, c’est lui, allons, viens danser.

01/08/2010

A très vite !

Filed under: A propos du blog — laplumedaliocha @ 19:38

Eh bien voilà, il est temps d’éteindre l’ordinateur. A compter de ce soir, les commentaires seront soumis à modération préalable, vous pouvez donc les poster mais ils n’apparaîtront qu’à mon retour. Je pars retrouver l’amour de ma vie, l’Océan Atlantique, que j’ai trop longtemps délaissé pour les plaisirs plus suaves de la Méditerranée.

D’ici là, je vous laisse avec la chanson que j’écoute en boucle en ce moment. Parce que comme Zaz, c’est pas l’argent qui fait mon bonheur.

Je vous souhaite de la joie, de l’amour, de la bonne humeur…

27/05/2010

Tapis volant

Filed under: A propos du blog — laplumedaliocha @ 16:46

Je sais, après un pic d’activité qui donnait à penser que ce blog renouait avec la grande époque de sa quotidienneté, voici que son rythme s’est de nouveau alangui. Et pour cause, ayant découvert que le gouvernement entendait allonger notre durée de vie professionnelle, j’ai décidé d’alléger le rythme de mes journées en application du bon vieil adage populaire selon lequel « qui veut aller loin ménage sa monture ». Allons, je plaisante, jamais pareille mesquinerie n’aurait pu effleurer mon esprit très pur.

Non, figurez-vous que depuis le début de cette année, je pratique le tapis volant. Oui. Et sans fumer quoique ce soit d’illicite, je dis cela à l’attention de celui qui rigole au fond de la salle. Ceux qui me font le plaisir de flâner régulièrement en ma compagnie savent que j’ai déménagé il y a un mois. Plus précisément, j’ai changé de maison et aussi d’autre chose, mais il y a quand même des limites aux confidences, n’est-ce pas ? Un déménagement aurait déjà largement suffit à déstabiliser l’être fixe et même terriblement arrimé aux choses que je suis. C’était sans compter  les facéties de la vie qui n’aime rien tant que nous faire des crocs-en-jambe à intervalles réguliers pour nous rappeler que la prétention de maîtriser son destin est sans doute la plus risible des illusions humaines.

Or donc, telle que vous me lisez ici, j’ai investi il y a maintenant dix jours un nouveau bureau, dans un nouveau quartier, accessible par un nouveau trajet en métro depuis mon nouveau domicile, avec de nouveaux camarades de galère, une nouvelle table de travail, une nouvelle machine à café, une nouvelle tasse, et même un nouveau logiciel de messagerie qui achève de perturber mon ecosystème  s’il en était besoin. Au fond, je m’étais habituée aux plantages quotidiens orchestrés, dixit mon informaticien (nouveau aussi), par windows mail. « Ca va être de la bombe », qu’il m’a dit l’homme de l’art en défragmentant mon disque qui n’attendait que cela depuis 5 ans avant de m’installer, merveille des merveilles, Outlook version je-ne-sais-trop-quoi. Et c’est vrai que « c’est de la bombe », mais justement, je me demande bien à quel moment, lassé d’offrir des prestations supérieures à ses capacités originelles, mon vieux camarade aux touches effacées par le temps va décider de tirer sa révérence. Ce d’autant plus que l’informaticien a dû le vexer quand il a balancé d’un air inspiré que « décidément c’était pas étonnant que j’ai des problèmes, vu que j’avais le plus mauvais système d’exploitation qu’on puisse imaginer sur la plus mauvaise bécane, fabriquée par le plus mauvais constructeur, à sa plus mauvaise période ». T’inquiète mon fidèle ami,  on en a vu d’autres toi et moi, laisse pisser le mérinos et surtout ne me lâche pas, tu es mon ultime repère.

Bref, tous ces soubresauts de l’existence me donnent l’impression désagréable de faire du tapis volant. D’où mon silence. Car voyez-vous, l’écriture, c’est infiniment fragile. C’est là que je voulais en venir, histoire d’évoquer quand même un peu le journalisme, fut-ce dans un billet de pure intendance. Dans mon métier donc, on applique au quotidien le fameux « show must go on ». Quand on s’est engagé à rendre un article, le ciel peut bien s’effondrer, il faut le rendre, coûte que coûte et qui plus est, en temps et en heure.  C’est l’aspect épuisant du métier, mais c’est aussi son charme. J’ai donc traversé ces derniers mois quelques chamboulements notables sans prendre un jour ou même une seule heure de congé. En revanche, le blog en a souffert, et je vous prie de m’en excuser. Remplir mes obligations professionnelles constituait ma priorité.

Grande est ma frustration lorsque tous les matins depuis dix jours, je m’élance fiévreusement sur mon clavier pour livrer à la discussion l’idée qui me titille sur tel ou tel fait d’actualité, découvrant avec désespoir que, décidément, tous ces bouleversements récents m’ont essoré l’esprit. Nous aurions pu ainsi  disserter sur l’anonymat des blogueurs, fut-ce pour en conclure qu’il méritait de subsister ou bien débattre de l’avenir incertain de deux quotidiens nationaux, La Tribune et Le Monde. Je n’aurais sans doute pas résisté à la tentation de répondre à Philippe Bilger que la corrida nous renseignait moins, à mon sens, sur la face sombre de l’homme (ça ce serait plutôt la justice, non, cher magistrat blogueur ?) que sur la violence de la vie. Nous aurions pu aussi aborder les réjouissantes divagations de Misssfw à propos d’un obscur fromage blanc à la crème de marron ou bien, dans le même ordre d’idée, discuter de la manipulation des esprits par le marketing.  J’aurais même peut-être glissé à l’oreille de mon confrère Regis Soubrouillard de Marianne 2 que, bon sang de bonsoir, il pouvait bien laisser Aphatie défendre les journalistes puisque l’interviewer vedette d’RTL était, dans ce fichu pays, le dernier à oser encore le faire. Qui sait si aujourd’hui je ne me serais pas laissée aller à discuter de l’Ipad et de l’avenir de la presse  au risque de faire un peu plus de publicité encore au dernier joujou à la mode ?

Le fait est que nos discusssions me manquent. Il fallait donc bien que je pose mon tapis volant pour reprendre la plume. Voilà qui est fait. Par sécurité, je vais l’arrimer au sol avec une chaine, on n’est jamais trop prudent…

Tiens, et pour me faire pardonner ce long silence, je vous recommande le film « Invictus » que j’ai vu hier. Un grand moment de bonheur. Une découverte aussi, celle du poème qui a permis à Nelson Mandela de supporter la prison durant 27 ans et qui donne son titre au film :

Dans la nuit qui m’environne,
Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Je loue les Dieux qui me donnent
Une âme, à la fois noble et fière.

Prisonnier de ma situation,
Je ne veux pas me rebeller.
Meurtri par les tribulations,
Je suis debout bien que blessé.

En ce lieu d’opprobres et de pleurs,
Je ne vois qu’horreur et ombres
Les années s’annoncent sombres
Mais je ne connaîtrai pas la peur.

Aussi étroit soit le chemin,
Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme
Je suis le maître de mon destin,
Le capitaine de mon âme.

17/03/2010

Le jeu de la mort, ce soir sur France 2

Filed under: A propos du blog — laplumedaliocha @ 16:42

Nous en avons beaucoup parlé, la voici !

L’émission qui porte sur l’expérience de Milgram appliquée à la télévision sera diffusée ce soir sur France 2 à 20h35. Entre nous, je trouve le battage médiatique autour de celle-ci un brin irritant. Sans compter le titre, racoleur à souhait. D’ailleurs, le tournage du débat qui suivra le documentaire, animé par Christophe Hondelatte, suscite déjà la polémique. @si (payant) rend compte d’une querelle qui a opposé, lors de l’enregistrement,  le journaliste et le directeur de Philosophie magazine. La télévision même lorsqu’elle se critique ne saurait-elle que se mettre en scène de manière outrageuse ? Allez savoir.

La deuxième partie de cette série documentaire, intitulée « Le temps de cerveau disponible » , sera diffusée demain soir à 22h45.

Note : Le rythme des billets s’est ralenti, à mon grand regret. Je suis à la recherche d’un appartement, ce qui absorbe le peu de temps disponible que me laisse habituellement mon activité professionnelle. J’espère reprendre très vite un rythme normal.

21/01/2010

Quel silence !

Filed under: A propos du blog — laplumedaliocha @ 21:22

Comme je l’avais subodoré, la rentrée journalistique est très chargée, d’où mon silence.

Rien que dans ma spécialité, je dénombre une dizaine de cérémonies de voeux en deux semaines (Cour de cassation, Cour d’appel, TGI, Chancellerie, Conseil de la concurrence, Autorité des marchés financiers, Tribunal de commerce, avocats etc..), auxquelles s’ajoutent les habituels colloques et conférences de presse. A chaque fois, cela représente deux heures « dehors » et environ 4 heures ensuite d’écriture, si l’information recueillie le mérite.

Je dois à la transparence de vous avouer que ces manifestations de voeux sont suivies de cocktails. Nous y voilà, songerez-vous, halte au copinage entre les médias et les puissants ! Haro sur ces journalistes qu’on achète avec des petits fours !  Entre nous, les journalistes qui pratiquent le copinage n’ont pas besoin des cocktails pour cela, déjeûners et dîners privés font bien mieux l’affaire.  Pour les autres – l’immense majorité – , ces aimables sauteries sont l’occasion d’évoquer l’actualité, de nouer des contacts, de recueillir des confidences et de comprendre le dessous des cartes. C’est étonnant à quel point les gens sont détendus lorsqu’ils ont un verre à la main ! Loin des bureaux et des salles de conférence, les esprits s’assouplissent et les langues se délient. Ce sont donc des rencontres particulièrement utiles pour la presse, même si elles sont diététiquement très incorrectes, comme s’obstine à me le montrer chaque soir cet objet du diable que l’on nomme pèse-personne.

Plus sérieusement, ce marathon de mondanités frénétiques m’a inspiré quelques réflexions sur l’avenir du métier à l’aune du développement des relations virtuelles. Sans m’appesantir sur l’horripilante querelle entre journalistes et blogueurs, je lis parfois chez les uns et les autres des analyses partiellement erronées de l’actualité qui illustrent à mon sens les limites du travail sur écran. Quand je dis « erronées » j’entends des erreurs d’interprétation ou encore des procès d’intention injustes ou mal dirigés qui témoignent, quand on connaît le sujet traité, de la trop grande distance entre le sujet et son auteur. Cela ne vaut d’ailleurs pas que pour les blogueurs. Je redoute le moment où grâce ou à cause des nouveaux moyens de communication, les journalistes ne sortiront plus de leurs rédactions. On peut déjà en observer ici et là les prémisses prémices. Or, être témoin direct des événements est la seule façon de comprendre réellement ce qui se passe et de pouvoir en rendre compte. D’ailleurs, quand les blogueurs rencontrent leurs interlocuteurs, vous observerez que leur ton change du tout au tout et que leurs analyses s’expriment de manière beaucoup plus modérée. Parce qu’ils ont été achetés, séduits, influencés ? Certains, peut-être. C’est un métier de trouver la bonne distance, en plus d’être une exigence éthique quand on prétend informer le public. Mais plus généralement, parce que lorsqu’on est en prise directe avec les faits et les acteurs de l’actualité, on saisit très vite que la réalité n’est ni blanche ni noire, mais perdue quelque part au milieu d’une gamme infinie de gris. Ce qui incite à l’humilité dans les jugements et à la retenue dans les écrits. Au passage, voici qui soulève la passionnante question de l’influence des évolutions techniques sur la manière dont on représente et dont on se représente le monde, selon qu’on l’observe en direct ou par écran interposé.

Allons, j’y retourne. A très vite, comme on dit !

04/01/2010

Bonne Année 2010

Filed under: A propos du blog — laplumedaliocha @ 14:23

Bonjour à tous !

Eh bien voilà, c’est parti pour une nouvelle année. Enfin, parti, c’est vite dit. On ne devrait jamais prendre de vacances, le retour est trop dur. Mes doigts engourdis frappent maladroitement le clavier, mon esprit embrumé ne perçoit que de très loin l’agitation de l’actualité et ce n’est pas la page de mon agenda pour cette journée, totalement vide, qui va m’inciter  à me remettre en train. Pourtant, je ne doute pas que le retour va être agité. Il me faut terminer d’ici ce soir un article laissé en plan avant Noël, trouver un sujet pour alimenter un site d’information sur Internet d’ici demain, un autre pour un hebdomadaire sachant que le papier devra être terminé jeudi, sans compter l’indispensable revue d’actualité de ces dix derniers jours afin de me remettre à niveau. Et pour couronner le tout, la charge habituelle de travail va se trouver alourdie en cette rentrée par toutes les cérémonies de voeux à la presse organisées par les ministères, institutions et organisations diverses et variées.

Puisqu’une année nouvelle est toujours l’occasion de prendre de bonnes résolutions, j’entends me concentrer dans les mois à venir ici sur ce qui va bien dans le journalisme et limiter autant que faire se peut les critiques. Après tout, la plupart des sites de presse sur Internet se spécialisent dans la critique des médias, sans compter les blogueurs qui ne ratent jamais une occasion d’épingler un journaliste. Cet exercice est salutaire, mais il est déjà tellement pratiqué que je ne vois pas ce que je pourrais y ajouter. Au surplus, on ne peut pas passer son temps dans la révolte, la dénonciation et le mépris sauf à vouloir s’enfoncer dans la névrose, ce qui n’est pas mon cas.  Je crois qu’il est aussi nécessaire de dénoncer ce qui va mal que de mettre en valeur ce qui mérite respect et admiration.

Un mot  à l’attention de mes confrères. Lorsque j’ai ouvert ce blog en septembre 2008, je l’ai fait pour expliquer et défendre notre métier face à la présentation souvent caricaturale qui en était faite sur le web par quelques individus soit clairement mal intentionnés, soit simplement ignorants du journalisme.  Un peu avant Noël, une de mes éminentes consoeurs à qui j’avouais être Aliocha m’a répondu : « Ah! C’est vous, depuis le temps que je me demandais qui osait ainsi parler au nom de la profession, je vous trouvais drôlement gonflée, mais c’est bien ce que vous faites, continuez ». Elle avait mis le doigt sur une question que je me pose chaque jour en écrivant ici, celle de ma légitimité. Disons que je n’en ai pas d’autre que ma carte de presse et la passion que je ressens pour ce métier.  C’est peu et sans doute même insuffisant. Mais il fallait bien que quelqu’un s’y colle,  et je sais trop combien à force de vouloir trop bien faire on finit par ne rien faire du tout. Alors je me suis lancée. Il était temps je crois que je vous le dise pour dissiper toute forme de malentendu. Je ne suis pas omnisciente et ne prétends pas l’être, j’essaie juste de partager avec les lecteurs le peu que je sais pour leur donner une image un peu plus exacte de notre métier. La vérité, c’est que la tâche m’apparait souvent bien trop importante pour mes maigres moyens. C’est pourquoi votre aide sera la bienvenue. Alors n’hésitez pas à commenter, discuter, me corriger si besoin est, m’envoyer les billets que vous avez envie de publier, rien ne me ferait plus plaisir que d’avoir des invités et de multiplier ainsi les regards sur le métier et les témoignages.  Depuis plus d’un an, je vois bien que le public est curieux de savoir comment nous travaillons, je crois surtout qu’il a besoin de trouver des raisons de nous rendre sa confiance. Vous savez aussi bien que moi qu’on est journaliste avant tout par passion, mais nous avons le tort de ne jamais parler de nous, trop occupés que nous sommes à raconter le monde. Alors nous laissons prospérer des malentendus et des ignorances qui non seulement affectent notre crédibilité mais permettent à quelques excentriques nourris de Chomsky, Bourdieu et autres détracteurs des médias de raconter à peu près n’importe quoi sur la presse en toute impunité. Ce n’est pas sain, ni pour nous, ni pour une société qu’on dit de l’information mais qui ignore presque tout de la manière dont ses médias fonctionnent. Si nous ne redressons pas la situation en intervenant dans les débats qui nous concernent, qui le fera ?

A tous les lecteurs de ce blog maintenant, je souhaite une très bonne année 2010.

Indépendamment des classiques voeux de bonheur, santé, amour et prospérité, je vous souhaite surtout une année remplie de rire, c’est vital. On peut s’indigner sur Internet, pousser des cris de colère et même de révolte, débattre sans fin, plonger avec délices dans des polémiques enragées, mais n’oublions jamais de rire. L’humour sera toujours bienvenu en ces lieux et je ferai mon possible pour qu’il trouve sa place dans les billets, entre deux coups de griffe et trois coups de chapeau. Par ailleurs, je fais confiance à mes brillants commentateurs pour laisser libre cours à leur plume fantasque. Je songe en particulier à Goloubchik, Ferdydurke, Tschok et Fantômette. Comme le disait fort justement Alphonse Allais, « les gens qui ne rient jamais ne sont pas des gens sérieux », alors rions !

Bonne année à tous !

22/12/2009

Promenade de Noël en blogroll

Filed under: A propos du blog — laplumedaliocha @ 09:53

La consultation de mon tableau de bord m’informe que les lecteurs de ce blog consultent peu la liste de mes blogs favoris. Du coup, je vous invite à une promenade en blogroll, à la découverte des blogs de journalistes que j’apprécie particulièrement. Allons, c’est parti :

Commençons par les dessinateurs de presse : vous connaissez le dessinateur de ces lieux, Xav, que vous pourrez retrouver sur son site, ici. Mais avez-vous été flâner chez Chimulus ? Pas encore, alors courez vite. Pour la petite histoire, il est le fils de Faizant, vous pouvez lire cette interview de lui pour le découvrir. Plusieurs fois par jour, il me fait rire de son trait assassin. Nous avons travaillé ensemble pour un grand quotidien national (comme on dit). Tout comme Xav’ il a l’art d’illustrer l’inillustrable. C’est ce que j’admire le plus chez les dessinateurs de presse. Et croyez-moi, en tant qu’auteur d’articles sur le droit, la finance, la comptabilité internationale et autres joyeusetés du même genre, je vous garantis qu’il faut un talent hors pair pour faire un dessin intelligent et humoristique sur de tels sujets.   Un talent que j’envie d’autant plus qu’un dessin de presse exprime souvent bien mieux que des mots le coeur d’un sujet.

Voyons maintenant mes confrères de plume.

Evidemment, vous connaissez tous Pascale Robert-Diard, seule journaliste adoubée par Eolas. Mais savez-vous que cette chroniqueuse judiciaire passionnée par son métier qui travaille depuis 21 ans au Monde,  est une adepte convaincue du web dont elle estime qu’il ouvre de formidables possibilités journalistiques  ? Vous trouverez sur son blog tout ce qu’elle ne peut pas écrire, faute de place, dans la version papier ainsi que des documents en lien avec les procès qu’elle couvre. Lors de la journée des blogs du Monde, elle a relaté en live, depuis la salle d’audience, les comparutions immédiates à la 23ème chambre correctionnelle de Paris. Une prouesse journalistique et un vrai trésor en termes d’information, tant l’instantanéité bien maîtrisée de l’exercice revêt en l’espèce le charme d’une esquisse de grand peintre.

Dans un tout autre genre, ma mystérieuse consoeur Misssfw – j’ignore le sens de cet étrange pseudo – raconte ces petits riens du quotidien qu’elle transfigure de sa plume tantôt enchanteresse, tantôt vitriolée en de succulents billets, décalés, corrosifs, à la fois intimes et universels. Un plaisir de gourmet et la démonstration que les journalistes savent encore écrire, n’en déplaise à leurs détracteurs.

Et puisque nous en sommes aux gourmandises, pourquoi ne pas aller flâner sur le blog des correcteurs du monde, Langue sauce piquante ? Connaissez-vous par exemple la date du premier exemplaire du Monde et son prix à l’époque ?  Avez-vous déjà vu un empêche-pipi ? Qui d’après vous a fait inscrire sur sa tombe « Laissez-moi dormir, j’étais fait pour cela »? Cédez aux délices de ces savants des mots que sont les correcteurs. En plus, le blog propose des devinettes et des concours amusants. A gagner ? Le plaisir de se sentir plus intelligent. Convenez que ça n’a pas de prix ! Ah, j’oubliais, promenez-vous dans leur liste de liens utiles, vous y découvrirez l’argot des typographes, le dictionnaires des mots moches et plein d’autres surprises du même genre.

Toujours au chapitre du plaisir des mots, un billet savoureux de l’oeil du SR (Secrétaire de rédaction) sur les bouboules de Noël. Quelle plume magnifique !

Il y a aussi Hugues Serraf (commvat, pour commentaires et vaticinations) dont l’esprit rugueux m’enchante. Il manie l’ironie comme personne et ses billets, bien sentis, frappent juste.

Journalistes spécialisés

Pour ceux qui cherchent des informations éclairées délivrées par des journalistes professionnels sur leur spécialité, je recommande l’excellent So Biz, le business expliqué à ta soeur. Ses billets sont peu fréquents, mais toujours remarquablement bien informés. Luc Cédelle, journaliste au monde, que j’ai découvert lors du conflit entre le quotidien et les enseignants chercheurs, vous donne l’opportunité de débattre sur l’actualité de  l’éducation. Quant à Jean Quatremer, il vous dévoile régulièrement les coulisses de l’Europe. En faisant cette petite recherche pour vous, je me suis aperçue qu’il y avait un nombre assez incroyable de journalistes blogueurs. Voyez cette page sur le site de l’Obs qui recense tous les journalistes de la rédaction qui tiennent un blog, je suis sûre qu’il y a des trésors. Il y a aussi les blogs du Monde diplomatique, ici, le blog du correspondant de l’Express aux Etats-Unis, celui de Christophe Barbier etc…Et si vous avez envie de voyager au Sénégal, suivez donc Justine Brabant (ex-journaliste d’@si) qui travaille actuellement au Quotidien et vous raconte ce pays fascinant. D’ailleurs, toujours au chapitre du voyage, ne manquez pas le blog de XXI.

Maintenant, sur le journalisme lui-même, je vous recommande la Voix du Dodo dont nous avons déjà parlé ici. Tatiana Kalouguine effectue des reportages sur le métier tout à fait intéressants, souvent assortis de vidéos. Claude Soula, de l’Obs, publie une fois par semaine un billet sur l’actualité des médias. Marc Mentre, journaliste depuis 30 ans, analyse de manière très savante les évolutions actuelles du métier tandis qu’Olivier Da Lage, journaliste à RFI évoque les débats de la profession entre deux billets plus exotiques sur ses sujets de prédilection, à savoir l’Inde et le Moyen-Orient. Sans oublier le journal d’un journaliste de CB News.

Qui a dit que les journalistes étaient des dinosaures réfractaires aux nouvelles technologies ?

Voilà, c’était mon petit sapin de Noël avec plein de cadeaux virtuels. Je vous propose de signaler en commentaires vos blogs favoris, journalistiques ou pas, histoire de terminer la saison sur une joyeuse note webesque. Attention néanmoins, ce blog est réglé pour classer en spam tout commentaire contenant plus de deux liens. Donc ne vous impatientez pas si votre commentaire tarde à s’afficher, j’irai régulièrement faire un tour dans la boite à spams pour vous délivrer.

Bonnes fêtes à tous !

26/10/2009

Planning chargé

Filed under: A propos du blog — laplumedaliocha @ 19:40

C’est étrange les blogs. Un blogueur peut soudain se taire pour une raison ou une autre et ses lecteurs se retrouvent dans le vide, sans nouvelles. L’inverse est vrai également, il m’arrive de me demander en tant que blogueuse où est passé tel ou tel lecteur, l’ai-je déçu, est-il en vacances, débordé…Bref, la grande différence entre un organe de presse et un blog, c’est l’absence de périodicité et donc d’engagement. Un jour on écrit, l’autre pas. Un jour on est là, le lendemain on disparait. Nul ne peut me demander de rendre des comptes. Je suis libre d’écrire ou pas, vous êtes libre de me lire ou de passer votre chemin, de commenter ou de vous taire, d’approuver ou de critiquer…Toutefois, qu’on le veuille ou non, le blogueur crée une relation dont j’estime qu’il est ensuite responsable, fut-elle libre, virtuelle, anonyme et gratuite. Il suffirait d’un clic pour que ce blog disparaisse, mais tant qu’il existe, je me sens tenue de l’alimenter et d’expliquer ses silences lorsqu’ils sont inhabituels. Après tout, nous passons du temps ensemble, ça crée des liens, non ? Oh ! J’aperçois bien le soupçon de vanité que suggère l’expression de cette préoccupation. Faut-il que je me croie indispensable pour me sentir obligée de me justifier. Quel orgueil ! Peut-être, mais peut-être aussi que j’ai simplement horreur des silences sans explications, des promesses non tenues, des attentes insatisfaites. Un petit mot donc pour vous dire que je suis sous l’eau, comme dans toutes les périodes de vacances scolaires où il faut produire le même nombre d’articles mais avec beaucoup moins d’interlocuteurs pour nous éclairer et des contraintes d’agendas infernales. Ajoutons à cela que j’ai deux enquêtes passionnantes sur le feu qui absorbent toute mon énergie. Ce blog va donc s’endormir quelques jours. A très bientôt !

09/09/2009

Un an, déjà !

Filed under: A propos du blog — laplumedaliocha @ 18:39

Je viens de m’apercevoir que le blog fête son premier anniversaire aujourd’hui. Du coup, je vous aurais bien proposé un debriefing de cette expérience, notamment à l’attention de ceux qui seraient tentés de se lancer, sauf que je n’ai pas le temps, mes rédacteurs en chef trépignent. Ce sera donc pour plus tard. En attendant, comme l’anniversaire d’un blog c’est aussi un peu celui des lecteurs qui le fréquentent, voici donc un dessin en cadeau.

xav-dessin-anniversaire-aliocha

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