La Plume d'Aliocha

05/11/2017

La robe en lambeaux

Filed under: Justice,Réflexions libres — laplumedaliocha @ 14:48

Dans l’affaire Merah, de l’avis général, la cour d’assises de Paris est parvenue à tenir éloignée la pression de l’opinion publique. Mais celle qui, selon le célèbre mot de Moro-Giafferi, au pied du Golgotha tendait les clous aux bourreaux, a plus d’un tour dans son sac. Ignorée par les juges, elle s’est vengée sur l’avocat. En le menaçant durant le procès. En l’insultant et le huant après le verdict. En lui demandant des comptes dès le lendemain matin à la matinale de France Inter. Certes, Eric Dupond-Moretti s’est rendu à cette émission de son plein gré. On se gardera de faire de la psychologie de comptoir en affirmant qu’il aime les arènes, au moins l’observateur le plus distrait peut-il affirmer qu’il ne se défile pas quand il s’agit d’y entrer. Il était venu parler de la place de la victime, du poids de l’opinion publique, de l’image de l’institution judiciaire et du fait que le terrorisme nous a anesthésiés. En pratique, il n’a rien dit de tout cela car il a été sommé de se justifier d’avoir défendu Merah, critique qui s’est focalisée sur un tout petit instant d’audience, celui où l’avocat a osé dire que Madame Merah était aussi une mère qui avait perdu un enfant. Sacrilège aux yeux de Nicolas Demorand qui crie à l’obscénité. La réponse d’EDM est exemplaire « le chagrin des victimes ne peut pas être confiscatoire. Une mère, même si elle a mis au monde un enfant qui est le dernier des derniers, peut avoir de la peine et que vous ne compreniez pas ça m’étonne beaucoup. Ce qui est obscène, c’est de dénier à cette femme le fait d’être une mère, ce n’est pas une vache qui a vélé  Monsieur, Votre question est obscène ».  Un peu plus tard, à l’occasion des questions des auditeurs, le journaliste revenait à la charge, porté par une opinion qu’il devinait favorable. Une partie civile a dit à EDM qu’il était méchant, c’est donc bien qu’il l’a été ! Et comme il n’arrivait pas à prendre le dessus sur son invité, il a fini par sortir l’arme fatale, l’enfant assassiné avec une tétine dans la bouche. L’appel à l’émotion contre la raison est une des ficelles préférées de ces manipulateurs qu’on nomme populistes.

Anesthésie

Ainsi l’opinion publique est-elle venue brutalement exiger qu’on lui rende des comptes, pour une phrase qu’elle n’a pas entendue mais qu’on lui a rapportée dans un contexte qu’elle croit connaître à travers les récits qu’on lui en a fait mais dont elle ignore en réalité tout. Les dossiers exceptionnels comme celui-ci possèdent cette vertu, par leur intensité paroxystique, de rendre visibles les courants souterrains qui animent une société. Ici, l’affaire révèle une méconnaissance du rôle de l’avocat pas très surprenante mais néanmoins inquiétante dans un état de droit.  Sans doute cette méconnaissance se nourrit-elle en l’espèce de ce que l’avocat était venu dénoncer en vain : l’anesthésie engendrée par le terrorisme, autrement dit cette incapacité des citoyens à identifier et résister aux atteintes portées à leurs valeurs communes au nom d’une promesse illusoire de sécurité. La fameuse question « mais comment faites-vous pour défendre des monstres ? » mille fois entendue dans les dîners en ville a encore de longs et tristes jours devant elle. Il est à craindre d’ailleurs que la tendance ne s’aggrave. Comment en effet expliquer les vertus du contradictoire et du respect de l’autre à des internautes dressés malgré eux par les outils que la Silicon Valley met généreusement à leur disposition au confort de l’opinion unique et au plaisir douteux de s’entourer d’une cour qui les plébiscite en permanence. Ces internautes qui ne connaissent souvent du débat que sa version dévoyée que constitue le troll, figure emblématique du sophisme, de la mauvaise foi et de l’agressivité dont le jeu aussi arrogant qu’imbécile consiste à faire déraper les discussions sur Internet en infligeant une contradiction guignolesque à ses interlocuteurs. Bien sûr il y a aussi la place de la victime dans le procès pénal. Ce qui nous renvoie de manière plus générale à la place de la victime ou prétendue telle dans une démocratie et à ces groupes de pression qui transforment tranquillement celle-ci en oligarchie de fait.

Sous le vent mauvais des réseaux sociaux

Mais cette affaire et le traitement qui a été infligé à EDM est peut-être également le signe d’un nouveau danger qui pèse sur l’avocat. Que le public hurle après la défense sa rage que la solution judiciaire ne soit pas conforme à ses désirs n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau en revanche et dont il convient de se méfier, c’est la puissance conquise par les médias. Ce qui est nouveau, c’est cette opinion publique hautement incendiaire sur laquelle souffle en permanence le vent parfois bon mais trop souvent mauvais des réseaux sociaux. Dans ce contexte, il va falloir veiller avec toute l’attention possible à préserver l’exceptionnelle liberté d’expression qui règne dans un prétoire. Cette liberté organisée par la procédure qui impose à chacun d’écouter l’autre sans l’interrompre et permet de tout dire, absolument tout sans craindre une quelconque censure. Avocats et magistrats se rendent-ils compte du trésor dont ils ont la garde ? Or, en écoutant EDM se défendre sur France Inter, comment ne pas craindre que la dictature de l’opinion ne triomphe un jour de la  liberté d’expression judiciaire ? Comment être sûr qu’un jour un avocat moins fort que EDM ne sorte broyé de la tornade médiatique ? Qu’un autre ne se censure au sein même du prétoire, par peur de déclencher un tsunami ? Ou plus insidieux encore, que l’opinion publique ne prenne le contrôle de la parole judiciaire par la tyrannie molle de la peur du scandale comme elle l’a fait sur tant de sujets du débat public ? Qui peut garantir que la justice sera toujours assez forte pour résister à la puissance de feu des médias et à une opinion chauffée à blanc ? Qui peut affirmer que le procès intenté par l’émotion à la raison, par le populisme à l’état de droit, par l’ignorance au savoir se terminera toujours par le victoire de l’intelligence sur l’obscurantisme ?

Au procès Merah, l’opinion publique a eu beau tirer sur la manche du juge, elle n’a rien obtenu ; alors pleine de colère et de dépit elle s’en est allée déchiqueter la robe de l’avocat. EDM a dit à l’antenne que le procès de Nuremberg, souvent cité par les parties civiles lors du procès Merah, était plus digne notamment parce que nul n’avait songé à contester la présence des avocats. Il a précisé plus tard dans une interview qu’à Nuremberg on n’avait pas non plus traité les accusés d’animaux. Quel constat terrifiant.

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48 commentaires »

  1. Je suis en accord total avec vos propos : vous avez parfaitement exposé les problèmes.

    Commentaire par BONNET Francis — 05/11/2017 @ 15:31

  2. Un grand merci Aliocha
    Nous avons tant besoin de dégonfler cette émotion et la manipulation dont elle est l’outil, sonon, notre liberté en sera le prix. Grand besoin aussi de dire, redire et marteler qu’un avocat ne devrait jamais être associé à l’opprobre publique qui vise le crime et le criminel, et que l’honneur d’un avocat sera toujours de tenter de « sauver » au mieux son client.

    Commentaire par remseeks — 05/11/2017 @ 15:49

  3. J’approuve également complètement. J’ai écouté cet échange et j’ai été écoeuré par Nicolas Demorand, qui, ainsi que le lui a dit M° EDM, ne s’est pas comporté en journaliste. « les familles ont tous les droits, elles sont dans le chagrin… vous êtes un commentateur, vous devez avoir du recul ».

    Commentaire par lagun — 05/11/2017 @ 16:10

  4. Vous parlez de “cette opinion publique hautement incendiaire”. Mais le reste de votre plaidoirie en faveur des avocats me fait songer que vouliez plutôt dire “cette opinion publique hautement *inflammable*” à laquelle des incendiaires cherchent à mettre le feu.
    Mais cette situation est d’abord une conséquence de l’état de tension dangereux de la société française. Tous les personnages publics le subissent car ils en sont jugés, non sans raison, peu ou prou responsables par beaucoup de Français.

    Commentaire par Antoine Belhomme — 05/11/2017 @ 17:14

  5. Merci Aliocha, une fois encore votre plume légère écrit ce qu’il faut dire. Je n’ai guère d’attirance pour les avocats pénalistes, non pas à cause de leur noble métier, mais à cause des leçons qu’ils tentent de nous donner chaque fois qu’ils prennent la parole, en utilisant toutes les ficelles de la rhétorique, même les plus grosses. EDM ne fait pas exception. Mais les journalistes –et en particulier ceux des chaînes publiques– font maintenant une concurrence sévère aux avocats sur ce point: j’ai souvent très envie d’être un auditeur actif (mais lâcheté ou mauvaise organisation, je n’en fais rien) pour leur rappeler que leur rôle est d’informer, et non de militer à la défense de leurs idées, de leur morale et de leurs opinions. Merci Aliocha; et merci à EDM d’avoir tenté publiquement de remettre le journaliste à sa place.

    Commentaire par Alang — 05/11/2017 @ 17:44

  6. La dictature de l’émotion, à laquelle les journalistes cèdent trop souvent, est dominante depuis une vingtaine d’années. Je ne suis pas sure que les réseaux sociaux y soient pour grand chose, même s’ils la rendent plus visible.

    Commentaire par lnk (@lnk75) — 05/11/2017 @ 18:02

  7. Merci Aliocha pour ce billet. Si on dénie à un homme le droit à l’avocat, se posera vite la question de savoir quel homme a droit à un avocat, puis on se demandera quel homme a droit à un procès. C’est vrai que ce jour là on fera des économies – mais à quel prix !

    Commentaire par Gibbs — 05/11/2017 @ 18:31

  8. Nommer un accusé « monstre » revient à le condamner avant qu’il ne soit jugé.

    Un accusé nommé « monstre », et donc condamné d’avance, a, plus que n’importe quel autre, besoin d’avoir un avocat et d’être défendu.

    Comme le dit le Talmud : quand un accusé est unanimement considéré comme coupable, il doit être aussitôt relâché. Car en effet cette unanimité a immanquablement un autre motif que la réalité des faits qui lui sont reprochés.

    Nous vivons une régression terrible. La justice n’est plus comprise. Nous retombons dans la vengeance ou le rituel sacrificiel. C’est incroyable et consternant !…

    Vive Eric Dupont-Moretti ! Sa lucidité dans l’épreuve et son courage nous font honneur.

    Merci chère hôtesse pour ce billet.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 05/11/2017 @ 19:17

  9. Je suis aussi indignée que vous par le lynchage de cet avocat qui ne fait que son métier. Nous sommes dans un Etat de droit et tout accusé à droit à un avocat : même Hitler, aurait-il survécu, en aurait eu un. Sinon, on revient dans la jungle et on lynche direct les accusés… Cet avocat a été fort courageux !

    Commentaire par Sutter — 05/11/2017 @ 21:36

  10. « Il est à craindre d’ailleurs que la tendance ne s’aggrave. Comment en effet expliquer les vertus du contradictoire et du respect de l’autre à des internautes dressés malgré eux par les outils que la Silicon Valley met généreusement à leur disposition au confort de l’opinion unique et au plaisir douteux de s’entourer d’une cour qui les plébiscite en permanence. »
    C’est cela, oui, le lynchage, c’est la faute de la Silicon Valley… Après le défenseur coupable par association des crimes de ses clients, la Silicon Valley responsable de la tendance à faire des boucs émissaires et du peu de débat en France. Chacun ses boucs et le lynchage pour tous !

    Commentaire par Noblejoué — 05/11/2017 @ 22:05

  11.  » Il a précisé plus tard dans une interview qu’à Nuremberg on n’avait pas non plus traité les accusés d’animaux. Quel constat terrifiant. »
    Facile à comprendre : nous n’avons pas encore gagné contre les islamistes… La victoire rend digne.

     » Or, en écoutant EDM se défendre sur France Inter, comment ne pas craindre que la dictature de l’opinion ne triomphe un jour de la liberté d’expression judiciaire ?  »
    En effet. Mais le problème, ce n’est pas les réseaux sociaux – autrefois on aurait dit la télé, la presse, enfin, le messager, toujours… Le problème c’est l’exception française. Le judicaire n’est même pas un pouvoir en France ! Juste une autorité. Au mépris de la Constitution, s’adjoint celui de trop d’hommes politiques, et d’une grande part de l’opinion, c’est une longue histoire… Il faudrait imiter la culture du respect du droit des anglo-saxons. Mais chut ! Alors que nous sommes profondément arriérés dans ce domaine, plutôt que de nous réformer, il est de bon ton d’accuser Internet et d’autant plus si cela permet de critiquer la Silicon valley. La punition de notre manque de lucidité est dans la faute même : un système judiciaire qui a d’aussi mauvaises fondations que le nôtre s’ébranle à chaque choc. Mais bah, accusons plutôt les GAFA ! Je propose aussi de le faire pour les problèmes des immigrés, des femmes et du reste, un peu plus, un peu moins…

    Commentaire par Noblejoué — 05/11/2017 @ 22:23

  12. La question que beaucoup se posent est « qui paie les honoraires de cet avocat réputé (donc hors de prix) ? » Certains prétendent que c’est la famille, d’autres Daesh ou le Qatar, lui soutient qu’il travaille « pro bono » et que c’est un honneur de défendre Abdelkader M…. Maintenant que le Parquet a fait appel, nous verrons bien si EDM change d’avis ! Car désormais il ne défend plus un « innocent », mais un condamné à 20 ans de réclusion.

    Commentaire par nada — 06/11/2017 @ 01:51

  13. Totalement en accord avec vos propos.
    J’ai ressenti un certain malaise à l’écoute de France Inter ce jour-là. Le populisme rampe.

    Commentaire par Northam — 06/11/2017 @ 07:09

  14. @nada — 06/11/2017 @ 01:51
    Tant que la condamnation est susceptible de voies de recours (appel ou cassation), l’accusé est toujours présumé innocent.

    Commentaire par xc — 06/11/2017 @ 07:30

  15. @nada :
    E D-M, pour sa part, a dit les choses suivantes :

    « Pour l’instruction, j’ai touché 12.000 euros réglés par la famille d’Abdelkader Merah », explique l’avocat sur France Inter. « Sur ces 12.000 euros, il y a 2.000 euros pour la TVA. »

    « Je ne suis pas payé par Daesh ni par les Etats du Golfe et je n’ai pas demandé un centime pour assurer sa défense », scandait l’avocat lors du procès d’Abdelkader Merah alors qu’il dénonçait les lettres de menaces de mort contre ses enfants.

    Vous avez des éléments précis à nous apporter ? Des sources ?

    Commentaire par Gibbs — 06/11/2017 @ 07:33

  16. je ne suis pas d’accord avec vous sur EDM:
    http://leblogdebernardhawadier.blogspot.fr/2017/11/est-ce-un-honneur-de-defendre.html

    Commentaire par Bernard Hawadier — 06/11/2017 @ 10:22

  17. @ Bernard Hawadier

    La question est de savoir si nous sommes en guerre.
    Si nous l’étions, Abdelkader Merah aurait dû être jugé pour haute trahison, pour entente avec l’ennemi.
    Mais ce n’était pas le cas et nous ne sommes pas en guerre.
    Dupont-Moretti n’a pas épousé les thèses de son client. Il l’a défendu comme il devait le faire au regard des chefs d’accusation portés contre lui. Le lui reprocher, l’insulter, le menacer est indigne.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 06/11/2017 @ 13:42

  18. EDM est un avocat aussi célèbre que talentueux. Je doute que les revenus légaux du clan Merah permettent de financer le prix de ses services. J’ai lu qu’il avait travaillé « pro bono ».

    Mais lorsqu’on offre ainsi un valeur de plus de 50000€ (je doute qu’une des stars du barreau ne prenne votre dossier pour un procès de plusieurs jours aux Assises pour moins) à un clan lié au terrorisme, on prête le flanc à des critiques légitimes.

    Commentaire par Jordi — 06/11/2017 @ 18:29

  19. Encore une obscénité : mettre dans la discussion les honoraires de Dupont-Moretti !

    Un avocat défend son client parce que c’est mon métier. Il peut ne pas être payé, il peut être payé par l’aide juridictionnelle, il peut demander des honoraires à la tête du client, il peut s’en mettre plein les poches ou pas, là n’est pas la question.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 06/11/2017 @ 20:13

  20. Défendre ne signifie ni approuver le fait criminel , ni être complice de son auteur. L’avocat veille d’abord au respect de la règle de droit émanant du parlement . Son rôle consiste ensuite à aider les juges dans l’appréciation des faits au regard des diverses pièces du dossier ( enquête , instruction, expertise , témoignages ) . Mais , le bon sens voudrait que l’avocat adapte les mots , les façons d’interroger témoins et experts , à la nature des faits et la personnalité du mis en cause . En d’autres termes, il ne doit pas provoquer l’opinion publique par une défense dite de rupture qui consiste à s’en prendre aux juges , aux témoins , aux experts et à oublier les victimes.

    Commentaire par ESPOSITO — 06/11/2017 @ 23:43

  21. je pense quand même que notre confrere a manqué de délicatesse je ne vois pas l interet de comparer le chagrin de la victime avec le chagrin de la mere de l accusé. quand il y a grande souffrance les mots sont des cris parfois maladroits il faut alors etre vigilant pour ne pas blesser encore plus ces pauvres gens marqués par tant de violence. on peux etre brillant et donner une image de suffisance et d arrogance aux juges et aux victimes qui se traduit par l absence de compassion

    Commentaire par darel — 07/11/2017 @ 01:24

  22. Le poids de l’opinion publique est certes énorme, mais il existe une autre forme de mise sous tutelle de la Justice, qui elle est totalement inexcusable, c’est celle du gouvernement et du Président.
    Que n’a-t-on entendu des « Je veux des peines exemplaires et que la Justice soit sans faiblesse. » et autres balivernes de mauvais aloi car le politique n’a pas à dicter sa conduite à la Justice. D’autre part, forte des incantations présidentielles, l’opinion publique se croit en droit de se lâcher et de lyncher.

    Je me rappelle de l’histoire de deux mères américaines. L’une mère de la victime ,l’autre mère de l’assassin qui fut exécuté. Ces mères s’étaient reconnues dans le chagrin de l’autre et avaient milité ensemble pour la grâce de l’assassin.
    Dans l’histoire du jugement Merah, on est bien loin de cette grandeur d’âme…

    Commentaire par Blutch — 07/11/2017 @ 03:19

  23. J ai écouté l interview et les questions des auditeurs en replay… J ai eu honte pour Nicolas Demorand. Ou plutôt je me suis dit que punaise, si même un gars comme lui, plus souvent critiqué pour être « un bobo de gauche » qu un populiste, tombait dans ces travers là, ben c est qu on était visiblement sur une salement mauvaise pente 😦
    J ai trouvé EDM très bien (comme souvent quand je l entends), laissant transparaître juste ce qu il faut de saine déception face à l attitude indigne de son intervieweur.
    Je ne vais pas faire avancer le schmilblick certes… Mais j avais juste envie de dire ici que pour ma part, sans avoir rien à voir professionnellement avec la justice, je suis particulièrement attachée aux droits de la défense et à notre système judiciaire et tremble à l idée que la folie de l epoque puisse un jour prochain le remettre en question.
    Respect et encouragements donc à tous ceux qui contribuent à le faire vivre et à le défendre

    Commentaire par Sofy — 07/11/2017 @ 08:24

  24. je reviens à la charge. J’ai la passion de mon métier. Mais EDM n’est pas dans une attitude appropriée. Il faut revenir à la question de l’honneur; il a l’honneur d’assumer la charge de LA DEFENSE; c’est cela qui fait l’éminente dignité de l’avocat. Le problème c’est Merah, sa ligne de défense, quand même il ne faudrait pas l’oublier celle-là!, et la fausse distance prise par EDM par rapport à son client et sa ligne …..sauf à s’en démarquer tout en le défendant. Or là ni il n’adopte une défense de rupture à la « Vergès », ni il prend vraiment la distance nécessaire qui fait l’indépendance et la liberté de l’avocat!!!!! Il est dans l’ambiguïté; Si on ajoute les arrières-pensées sur les honoraires qui seraient payés par…..cela fait le cocktail dont Demorand s’est léché les babines…..N’oublions pas qu’il a mis sa notoriété et avec elle celle du Barreau dont il est un ténor dans cette affaire!

    Commentaire par Bernard Hawadier — 07/11/2017 @ 13:58

  25. « Mais EDM n’est pas dans une attitude appropriée »;
    Quand on veut noyer son chien on dit qu’il a la rage.
    Quand on prend A. Merah pour le mal absolu et donc son avocat pour indigne, on trouve toujours quelque chose à lui reprocher. Son attitude, sa stratégie de défense, sa compassion pour une mère, ses honoraires… n’importe quoi est bon à prendre.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 07/11/2017 @ 14:26

  26. aah la plèbe, elle ne comprend jamais rien pffff… Le « manipulateurs qu’on nomme populistes » en l’occurrence était tout seul et c’était le père et grand-père de victimes. Il a un peu le droit d’être dans l’émotion. Ce n’est pas remettre en cause le rôle de l’avocat que de remettre en cause l’indignité d’un argument. Et là, EDM, drapé dans sa toge, de sa bonne conscience jamais ébranlée, qui vient sur France Inter (ce n’est pas pourtant pas l’audience de TF1) argumenter… avec beaucoup de pertinence, certes, mais c’est inaudible. On se demande parfois dans quel monde vous vivez. Bienvenue sur terre. Bienvenue dans le vrai monde, ou la réalité se vit autrement que par les textes de loi. Ou les gens ressentent, souffrent et donc cherchent des exutoires… au hasard les gens arrogants, tiens !! Le problème n’est donc pas les media, qui ne font que reprendre l’opinion publique. Les gens ont été choqués, à tort ou à raison. L’erreur de EDM c’est son arrogance, pas tellement sa technique d’avocat. Personne en France n’est prêt à entendre qu’un avocat a le devoir de tout faire pour défendre au mieux son client. D’ailleurs, accessoirement, quand c’est le Figaro ou Elisabeth Levy qui manipulent les émotions, c’est moins grave…

    Commentaire par eczistenz — 07/11/2017 @ 14:29

  27. Un grand merci Aliocha ! Totalement en accord avec vos propos ! Pour ma part, j’en ai plus qu’assez de ces « journalistes-chroniqueurs-stars(!) » qui sont très loin de l’éthique de leur profession et qui place l’émotion brute au coeur des débats . Avec la plus grande arrogance et sans la moindre raison …

    Commentaire par Rémi — 07/11/2017 @ 19:25

  28. Merci, Monsieur Dupont Moretti, avec des hommes comme vous, je suis sûr que demain, tout homme sera jugé et ne risquera pas une exécution sommaire pour avoir volé un morceau de pain.

    Commentaire par Roche Gerard — 08/11/2017 @ 00:05

  29. Merci Monsieur Dupont Moretti, la fonction de l’avocat est ms hautement à la place qui lui revient; et … stop à cs journalistes qui croeinet tout savoir et nons donnenet en permanence des leçons

    Commentaire par Eric DUPRE la TOUR — 08/11/2017 @ 12:20

  30. Merci. Merci de rappeler ce qu’est la conscience et l’impartialité. Traversant cette salle des pas perdus mais de la haine retrouvée au sortir du procès, Diogene, sa lampe allumée en plein jour aurait plus que jamais crié; »je cherche un homme! »

    Commentaire par Denis Coquay — 08/11/2017 @ 15:55

  31. Tout à fait d’accord. Une petite précision. La dictature de l’émotion et de l’opinion public ne date pas d’aujourd’hui. En Belgique lors de l’affaire Dutroux il y a 20 ans, on a senti les médias (presse écrite et audiovisuelle) se placer au dessus des autres pouvoirs, se muant en juges des juges et des gouvernants. Ils se sont également alliés à une nouvelle catégorie : les Victimes. C’est Inquiétant pour le fonctionnement démocratique mais.. sans doute était-ce nécessaire pour secouer un système assez rétrograde, dysfonctionnel

    Commentaire par Marc goltzberg — 08/11/2017 @ 17:00

  32. « Le monde est plein d’idées chrétiennes devenues folles »
    L’une de ces idées chrétiennes est la défense des victimes. Elle est une merveilleuse idée. Mais quand elle devient une arme et fait de nouvelles victimes, c’est qu’elle est devenue folle…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 08/11/2017 @ 18:01

  33. @ xc 14. Désolé de vous contredire, l’accusé condamné n’est plus « innocent ». Ce n’est que par une décision contraire en appel ou en cassation que la peine prononcée en première instance peut être effacée. D’ailleurs, n’est-il toujours pas en détention ? Si il avait été déclaré innocent, il serait libre !

    Sur un plan plus général de la discussion, beaucoup semblent assimiler les faits reprochés à Abdelkader Merah à un crime passible d’une Cour d’Assises « normale ». Tel n’est pas le cas, s’agissant d’une Cour d’Assises « spéciale » ayant à juger d’affaires touchant au terrorisme, c’est à dire des gens qui prétendent réformer notre mode de vie et notre manière de penser, y compris en nous éliminant physiquement… Dans ce contexte, chacun s’expose, y compris l’avocat de la défense, à affronter la fureur de l’opinion publique, quand celle-ci ressent, à tort ou à raison, que l’accusé est mieux traité que les victimes et que sa mère qui fait l’apologie du terrorisme peut être comparée aux mères des victimes… D’ailleurs, quand Mme Merah déclare que son fils à « mis la France à genoux », elle n’est même pas poursuivie !

    Commentaire par nada — 08/11/2017 @ 19:29

  34. Bravo Francois c’est bien d’avoir écrit cela
    Ça ne m’etinne Pas de toi
    Amicalement
    Manuel

    Commentaire par Manuel Javary — 08/11/2017 @ 22:41

  35. @nada : Voir https://www.legavox.fr/blog/maitre-anthony-bem/atteinte-presomption-innocence-defaut-information-11700.htm

    « La cour de cassation a approuvé les juges d’appel en considérant que :

    « l’atteinte portée à la présomption d’innocence est réalisée chaque fois qu’avant sa condamnation irrévocable, une personne est publiquement présentée comme nécessairement coupable des faits pénalement répréhensibles pour lesquels elle est poursuivie, ajoutant que l’affichage d’une décision de justice ne peut s’assimiler à l’immunité propre dont bénéficie celui qui se livre au compte-rendu de débats judiciaires, une telle activité devant du reste être menée avec fidélité et bonne foi (…)».
     »

    Quand à l’idée de caractériser la culpabilité éventuelle d’un accusé par le fait que les poursuites se font par tel ou tel tribunal…
    Et je vous rappelle que l’avocat de la défense ne parle pas de la fureur de l’opinion publique, à laquelle il était pret, mais de menaces de mort envers ses enfants.

    On est là aussi dans un autre registre me semble-t-il, avec des menaces de mort proférées par des « gens qui prétendent réformer notre mode de vie et notre manière de penser, y compris en nous éliminant physiquement ».

    Commentaire par Gibbs — 08/11/2017 @ 22:58

  36. Tellement d’accord avec tout cela, moi qui ai été juré d’assises en avril dernier pour 4 affaires. Par contre, ces grands procès hyper-médiatiques cristallisent l’opinion, qui du coup laisse tranquille les 99% et des broutilles autres dossiers d’assises (dont viols à 50%, je dirais sans trop savoir). En province, les journaux locaux semblent bien tenir leur place et ne tentent pas à tout prix à d’en savoir plus. Et quand bien même, la pression est trop faible pour que cela empêche les tribunaux de garder la main sur la publicité des informations.

    Commentaire par valuet — 09/11/2017 @ 11:37

  37. @ valuet

    Bonne remarque. En effet, on l’oublie mais on le sait bien, la plupart des procès se passent loin des projecteurs et des caméras et c’est très bien ainsi.

    Ces procès médiatisés sont des rituels sacrificiels mis au goût du jour, mis à la mode moderne, supposément guidée par la raison. La foule unanime fait cercle, réunie par média interposés, et, au centre de ce cercle virtuel, se trouvent à la fois le coupable en victime expiatoire, en butte à la fureur de la foule, et ses victimes en « anti-victime expiatoire », objet de la vénération de la foule… C’est tout sauf raisonnable et rationnel.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 09/11/2017 @ 16:01

  38. Excellent article qui vous honore !
    Thierry Chenillot (j’ai eu l’opportuni d’etudier le droit et j’approuve vos craintes et votre point de vue….une démocratie se mesure non pas à sa constitution mais à son code de procédure pénale)
    Il est plus que temps que les acteurs du/des services judiciaires fassent du droit, commentateur compris, et cessent de se prétendre moralistes !
    La morale c’est une branche de la philo ! Ce n’est pas du droit

    Commentaire par Chenillot thierry — 10/11/2017 @ 09:44

  39. […] La robe en lambeaux « Au procès Merah, l’opinion publique a eu beau tirer sur la manche du juge, elle n’a rien […]

    Ping par « Foireux liens » de novembre (24) : « Big Bang » | PEP'S CAFE ! — 10/11/2017 @ 10:00

  40. Que le pire des criminels soit défendu par un avocat ne devrait plus faire débat car c’est de l’essence même d’un État de droit dont la force fait la grandeur d’une démocratie digne de ce nom.

    A-t-on vraiment intégré l’idée que la défense est un droit essentiel ?

    Pour une large partie de l’opinion publique ça l’est ! Hélas…on ne pourra jamais empêcher l’ hystérisation aux marches du palais, voire celle orchestrée (?) dans ce type de procès « hors normes » sans doute peut-elle se comprendre…

    Selon Edwige Rude-Antoine auteure de « L’Éthique de l’avocat pénaliste » tout au long du processus judiciaire, l’avocat pénaliste peut être saisi par des sentiments moraux – sympathie, compassion, dégoût, indignation, pitié – vis-à-vis de son « client », par des conflits éthiques et parfois par des doutes persistants sur la culpabilité ou non du prévenu ou de l’accusé.
    L’avocat a ainsi une responsabilité morale concernant à la fois le prévenu ou l’accusé, la victime mais aussi la société civile. La question se pose alors de savoir ce que la conscience éthique peut tolérer. Jusqu’où l’avocat peut-il aller dans la défense de prévenu, de l’accusé ou de la victime sachant qu’au moment du procès ce n’est pas seulement l’incrimination qui est en cause, mais aussi le poids de l’acte, ses représentations et sa résonance sociales. L’avocat pénaliste s’ouvre à une responsabilité, certes qui se base sur un accord entre lui et son « client », mais qui est au service du bien commun et du vivre-ensemble.

    De sorte que, le reproche qui peut être fait à Me Dupont Moretti qui ne relèverait pas de la pure technique du droit (la preuve, toute la preuve, rien que la preuve) serait donc celui de son éthique, en tout cas, pour certains de ses confrères.

    Ainsi, à la question posée par un journaliste à propos de son confrère qui se « gargarise » d’accepter d’être « la honte du barreau, le déshonneur de la profession » Me Klugman, par exemple, répond :  » Dans ce métier il y a deux écoles : il y a celle d’Henri Leclerc et il y a celle de Jacques Vergès. Pour Henri Leclerc « la révolte est parfois nécessaire pour la défense mais elle doit se faire avec l’éthique et même lorsqu’on est amené à contester la loi, ce qui est nécessaire parfois dans une mission de défense on respecte les victimes on respecte leur souffrance. Je m’inscris dans cette filiation, je pense que Me Dupont Moretti est dans une autre filiation et moi, voyez-vous, j’espère n’être jamais le déshonneur de mon barreau ».

    Un article de la Gazette du Palais évoquait non sans une pointe d’humour « l’hypertrophie du cerveau des avocats » à propos de leur égo souvent surdimensionné.

    Me Dupont Moretti n’étant pas ma tasse de thé pour autant c’est un Artiste dont je reconnais le talent d’un grand pénaliste.

    Les avocats ont-ils un sens moral ?

    Fort prosaïquement, je rappelle que l’avocat doit, en principe, exercer ses fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité dans le respect des termes de son serment. Il doit, en outre, respecter les principes d’honneur, de loyauté, de désintéressement, de confraternité, de délicatesse, de modération et de…courtoisie !!!

    Quant au Président d’une Cour si les limites de la bienséance sont dépassées il lui appartient d’assurer ce qu’on appelle la police de l’audience …

    Commentaire par Ardrich — 10/11/2017 @ 10:06

  41. Fogiel hier sur RTL, interrogeant Dupond-Moretti, lui demanda ce qui se passerait lorsque A. Merah, cet homme si dangereux, sortirait de prison. Sous-entendu : il aurait fallu le mettre hors d’état de nuire pour le reste de sa vie.
    Encore un qui n’a pas compris ce qu’est la justice.
    La Justice juge un homme en fonction des actes qu’il a commis, et prononce contre lui une peine en proportion de la gravité de ses actes, elle ne le juge pas en fonction des actes qu’il est susceptible de commettre dans l’avenir, ni de la peur qu’il inspire dans l’opinion….

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 10/11/2017 @ 10:36

  42. Bravo François pour ce commentaire éclairé. J’étais l’écoute de France inter et j’ai admiré le calme et la maitrise de Dupont Moretti et trouvé détestable la conduite de Demorand. Voilà le coeur du problème ! les journalistes doivent’ ils être des surhommes ? En effet les grands prêtres de la société du spectacle peuvent ils ne pas se laisser envahir par leurs émotions , résister au besoin d’audience qui garantit leur emploi et flatte leur ègo ? Le plaisir de faire du Buzz à tout prix peut-il être tempéré par la conscience de l’énorme amplification du propos à une heure de grande écoute sur un grand média? Doit on se résigner à considérer que l’information est une marchandise comme les autres et que rien ne distingue à ce titre le service public des antennes privées tant la course à l’audience est pressante? Avons nous bien mesuré la pression irrationnelle et émotionnelle des réseaux sociaux sur les démultiplicateurs d’opinion que sont les journalistes
    je crois que nous n’avons pas assez prolongé la pensée de Debord depuis Internet et les réseaux sociaux qui ont fractionné le spectacle dans des millions de bouches et des millions d’yeux et d’oreilles au point de n’en plus faire qu’une clameur moutonnière d’ou toute raison est absente. J’ai en tête les paroles d’un spécialiste des médias entendus à la radio:  » s’informer sur internet c’est chercher de l’eau potable dans le tout à l’égout »
    Dur dur d’informer aujourd’hui.

    Commentaire par Calandra Paul — 10/11/2017 @ 11:34

  43. EXCELLENTISSIME !
    Que le citoyen « Lambda » hurle au scandale n’est guère surprenant, a-t-il vraiment le choix, étant donné le coupable obscurantisme que lui injecte le « système » dès son plus jeune âge …mais que les pairs de Maître Dupond-Moretti poussent des cris d’orfraie, et s’indignent de ses supposées éthique et moralité douteuses est incompréhensible et terriblement inquiétant ! Ont-ils perdu le sens commun ? Ne veulent-ils ou ne peuvent-ils pas entendre que Maitre Durand-Moretti, au delà de La Défense de son client, c’est la survie de notre DEMOCRATIE qu’il défend !
    Quant à Nicolas Demorand qui nourrit ses propos dans la fange du populisme galopant qui ravage notre pays, il a dépassé la mesure et s’est lui-même déshonoré, entraînant avec lui une profession en perte de ses valeurs !

    Commentaire par Françoise de Salve — 10/11/2017 @ 12:41

  44. De mon point de vue, le journaliste Nicolas Demorand a posé respectueusement les basses questions que beaucoup (trop) d’auditeurs se posent. Dupont-Moretti a pu magistralement y répondre. C’était très digne.

    Commentaire par Isidore — 10/11/2017 @ 13:30

  45. Bonjour,
    je suis 100% d’accord avec vos propos. Et ce « problème de l’opinion publique » n’est pas spécifique aux procès pour terrorisme. Actuellement on peut noter les même symptômes sur le cas de la disparition de la petite Maëlys. Je vois sur divers forums des internautes convaincus que l’inculpé actuel est LE coupable. Pourtant au vu des quelques informations qui circulent sur cette affaire, et si on la regarde objectivement, les indices contre lui sont minces. Il a menti à la police sur son emploi du temps, ce qui n’est pas étonnant sachant qu’il est trafiquant de drogues. Il a nettoyé à fond sa voiture. Mais justement, quel trafiquant de drogues ne le ferait pas juste avant de la vendre? Il y a une trace ADN de la fillette dans sa voiture. Mais, le jour de sa découverte, je me souviens que le journaliste de France Bleue était très prudent, expliquant qu’une seule trace ADN pouvait très bien être un « transfert secondaire ». Etc.

    Seulement quand on lit les médias, lesquels font cette analyse? Chaque fois qu’il y a un nouveau papier (même électronique), il est systématiquement à charge: « Une vague photo de radar montre une silhouette blanche à ses côté ET JUSTEMENT Maëlys était en blanc ce soir là ». Depuis cela a du faire plouf vu qu’on en parle plus. « Il est violent avec les femmes ». OK mais aucune des femmes en question ne semble avoir parlé de violences envers des enfants. Etc.

    Or si l’opinion publique se nourrit de ce qui se dit sur les réseaux sociaux, les réseaux sociaux se nourrissent aussi de ce que disent les médias. Qui eux-même disent ce qui, pour eux, fera plaisir à l’opinion publique. Vous, journalistes, avez donc aussi un certain devoir, et un certain pouvoir, de casser ce cercle vicieux, en mettant un peu plus d’objectivité dans vos articles (et pas uniquement dans vos blogs).

    Commentaire par Alain38 — 10/11/2017 @ 19:03

  46. Ne vous faites pas une idée trop généreuse de la liberté d’expression qui pourrait régner dans les prétoires.
    Dans les procès médiatisés quand un des intervenants en à l’envie,le courage et le talent; dans les procès dont tout le monde se moque, où il n’y a rien à perdre, où l’on n’est pas devant ses juges habituels: soit. Mais au quotidien hors spots et caméras, l’auto censure est fréquente: faut pas froisser certains juges du siège qui n’hésiteraient pas sinon à le faire « payer » au justiciable/client (c’est peu digne de la fonction, mais quand l’impunité est garantie, selon le niveau d’éthique …).

    La parole judiciaire a remporté un bataille contre l’opinion dans cette affaire. Elle n’a pas gagné la guerre dans ce dossier.
    La Justice (celle qui requiert; à son initiative ou sur ordre) a cédé à la tyrannie molle de la peur du scandale: le Parquet Général a interjeté appel !
    Globalement je conserve une bonne opinion de notre Justice et d’une majorité de ses membres (du « hors hiérarchie » au catégorie C), en dépit d’une accumulation de déceptions (d’ordre général, ou à titre personnel).
    C’est une cour d’assises spéciale qui a statué dans ce dossier. 5 magistrats du siège, professionnels. Pas la charmante loterie du jury populaire. Peut-être un boulet dans le lot (je ne peux pas imaginer qu’il en ait deux), peut-être un ou deux perdreaux (perdrix) de l’année (et quand bien même, la qualité n’attend pas le nombre des années). 5 professionnels.

    Je n’ai pas vu le dossier MERAH (comme quasiment tout le monde). Je sais ce que j’ai pu en entendre. Il semble ressembler à ce que j’ai pu côtoyer parfois en matière de stup-. De sales types qui n’en sont pas pour autant par conséquent des délinquants, un dossier lourd, complexe, compliqué, opaque (parce que les sales types, en bandes plus ou moins organisées, c’est retors); qui ne permettent pas la présentation d’un dossier d’enquête clair. Tout ça a quand même abouti à une déclaration de culpabilité pour un crime et à 20 ans de prison.
    C’était lourd, pour celui qui a peut-être inspiré, peut-être télécommandé (de quoi est-on sûr?), son frère.
    Mais « on » a imaginé que cela ne devait pas l’être assez pour l’opinion publique.

    Commentaire par Grantumu — 12/11/2017 @ 19:14

  47. La robe en lambeaux et le concours des égos où l’hypertrophie des cerveaux : BHL vs EDM une dialectique éristique per fas et nefas entre zigotos ?

    Commentaire par Ardrich — 18/11/2017 @ 09:00

  48. Le site de critique des médias Acrimed a également consacré un article au procureur Demorand face à l’avocat Dupont-Moretti :
    http://www.acrimed.org/Dupont-Moretti-face-au-procureur-Demorand
    Sinon, pour répondre aux esprits chagrins qui s’inquièteraient sur l’origine des fonds qui ont servi à payer les honoraires du bavard, il faut savoir qu’il arrive fréquemment que les avocats plaident à l’œil à l’occasion des procès médiatiques. Ça leur fait une telle pub qu’ils peuvent se rattraper largement ensuite lorsqu’ils défendent des gros richards. C’était le cas par exemple de Vergès, qui a plaidé à l’œil pour des accusés comme Omar Raddad, mais demandait par contre des gros honoraires lorsqu’il défendait des millionnaires ou des chefs d’état (au passage, Vergès était tellement peu un homme d’argent qu’il est mort criblé de dettes, au point que ses enfant ont préféré renoncer à l’héritage).

    Commentaire par Michel Davesnes — 21/11/2017 @ 00:31


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