La Plume d'Aliocha

15/02/2017

Affaire Fillon, et si on se calmait ?

Filed under: Comment ça marche ?,Justice,Réflexions libres — laplumedaliocha @ 11:59

unknownL’information relative à une affaire judiciaire fait partie des plus sensibles, mais aussi des plus sujettes à retentissement. C’est surtout dans ces affaires là que les risques d’incompréhension, de mauvaise interprétation, voire de contresens sont les plus élevés, chez les journalistes, pas tous formés à la matière juridique et judiciaire, et chez le public. C’est si vrai qu’on ne compte plus les colloques et articles sur le thème « Justice et médias ». Voici quelques éléments de réflexion pour gérer cette information avec recul et discernement.

  • Les trois défauts du procès médiatique  :  il est partial, mal renseigné et déséquilibré. Partial, car il débute par une révélation à charge qui colore ensuite toute le déroulement de l’affaire, non sans avoir au passage déterminé l’opinion publique dans le sens de la culpabilité. Le procès médiatique est également mal renseigné car les journalistes n’ont jamais la totalité du dossier. Or eux-mêmes ne sont pas toujours conscients du fait qu’ils manquent d’éléments pour faire une présentation exacte de l’affaire. Ils peuvent donc égarer leurs lecteurs le plus sincèrement du monde. C’est ainsi  qu’à propos de l’affaire Kerviel, un confrère m’avait dit un jour, « Ah, mais la banque savait, j’ai publié un mail qui montrait qu’il informait son supérieur ». UN MAIL. Sur un dossier de plusieurs dizaines de tomes, contenant des milliers de pièces, dans une affaire ultra complexe techniquement. Inutile de rappeler que la justice qui, elle, a lu plusieurs fois tout le dossier a conclu à l’ignorance de la banque… Le procès médiatique enfin est déséquilibré en raison des deux  défauts précédemment cités. L’accusé on le sait, dans ce type de contexte, est toujours, toujours considéré comme coupable malgré les « présumé » que la presse accole à son nom et l’usage du conditionnel. Et sa parole est absolument inaudible. Les procès médiatiques tournent donc bien souvent au lynchage, n’en déplaise aux beaux esprits, dès lors qu’un individu est présenté comme coupable et que sa défense est mécaniquement rendue inaudible. Le tout bien avant d’avoir été jugé conformément aux principes démocratiques, agités par les mêmes beaux esprits mais uniquement dans les causes qu’ils estiment justes.

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  • La procédure judiciaire est devenue un outil stratégique :  Qu’on en veuille à un concurrent, à un ex-conjoint ou à un rival politique, la justice est une arme particulièrement efficace.  Le résultat de l’action judiciaire importe peu, ce qui est recherché dans le maniement de cette arme la plupart du temps c’est l’accusation infamante d’avoir commis un délit ou un crime, l’excitation que cela déclenche chez les médias, la condamnation immédiate du public, et la déstabilisation de l’adversaire. Et quand tout cela est validé par le déclenchement de la machine judiciaire, c’est le succès total ! C’est alors qu’on voit sortir dans la presse des PV d’auditions auxquels, dans le cas Fillon, les journalistes ont donc accès mais pas la défense. D’où  viennent-ils ? Laissons répondre Eric Dupond-Moretti.

 

  • La machine médiatique : on a pu lire ici et là que ceux qui se tenaient sur la réserve vis à vis de l’emballement médiatique, dans l’affaire Fillon comme dans d’autres, remettaient en cause le rôle du journalisme en démocratie. Allons donc…Personne ne dit que le Canard n’aurait pas du sortir ses informations. Et personne ne dit non plus qu’ayant obtenu  les PV d’audition, le Monde aurait du les garder secrets. Tout au plus peut-on regretter que des personnes soumises au secret de l’enquête aient pu ne pas le respecter.  Se méfier d’un brutal mouvement collectif relève de la simple prudence, surtout en ces temps où les réseaux sociaux soufflent sur des médias qui n’avaient vraiment pas besoin de ça pour atteindre l’incandescence. Le journalisme est indispensable à la démocratie, l’emballement médiatique est sa maladie mortelle. Souvenons-nous des affaires Gregory ou plus récemment Outreau et même Sauvage. Les médias peuvent avoir un effet calamiteux dans une procédure judiciaire quand ils ont déjà condamné alors que la justice débute à peine son travail, ou bien à l’inverse lorsqu’ils innocentent sur la foi d’informations partiales des personnes condamnées. Dans ces cas-là, ils court-circuitent les institutions démocratiques sans avoir eux-mêmes une quelconque légitimité à le faire. Dénoncer un dysfonctionnement est une chose, contrecarrer une institution qui a correctement fonctionné pour substituer la loi médiatique à la loi républicaine en est une autre.

 

  • Les associations, la question de principe et le cas particulier : Dans l’affaire Sauvage, on nous a expliqué très savamment avec l’aide de modèles étrangers que la justice ne comprenait rien, qu’il existait une légitime défense différée liée à la spécificité de la souffrance des femmes battues. L’argument est parfaitement intéressant sur le principe, mais deux jurys populaires qui ont eu connaissance du dossier, entendu les experts, l’accusée, le parquet, les avocats, ont considéré que non, il n’y avait pas ici de légitime défense. C’est l’un des pièges classiques dans une affaire judiciaire médiatisée : confondre la question de principe et le dossier particulier. On peut être le plus ardent militant de la défense des femmes et trouver la condamnation de J. Sauvage fondée parce que dans un palais de justice on juge toujours un individu, jamais une question de principe.

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  • L’expert et la vérité : Je ne connais aucune règle de droit qui ne soit sujette à interprétations multiples au moment de s’appliquer aux faits. Comme l’expliquait le philosophe Chaim Perelman,  la logique juridique est une dialogique, elle ne mène pas à une vérité comparable à une vérité scientifique mais à une conviction au terme d’un débat contradictoire. Par conséquent lorsqu’un avocat, un professeur de droit ou un juge pèse de tout son poids  dans les médias pour dire c’est ainsi et pas autrement,  il faut avoir le réflexe de considérer que son collègue pourra  démontrer l’inverse avec autant d’aisance et de conviction. Ce qui est regrettable dans ces périodesd’excitation médiatique, c’est le nombre d’experts qui se font passer pour objectifs alors qu’ils adoptent un point de vue dominant ou de rupture en fonction de leurs convictions idéologiques, des rapports de force existants avec leurs collègues ou tout simplement pour se faire remarquer des médias. Et je ne parle pas de la cohorte  des taiseux qui souvent pourraient éclairer utilement un débat mais n’ont pas envie de ruiner leur carrière en livrant un point de vue qui dérange la doxa du moment. Il convient donc d’écouter les experts mais avec distance, comme le reste. Et d’attendre que le tribunal tranche.

 

  • La source de l’information. Celui qui donne une information à un journaliste susceptible de déclencher une procédure judiciaire et un scandale médiatique a toujours un intérêt à le faire. Cela peut être pour la plus grande gloire de la vérité, mais c’est assez rare. Le journalisme n’est pas toujours un métier propre, c’est ainsi, il faut s’y faire. Cette source donne  une couleur à l’information. Elle arrive généralement avec des documents et les bonnes lunettes pour les lire : « quel scandale, mon bon ami, il est cuit ! ». Un journaliste n’est pas un policier ou un juge, on ne lui demande qu’un minimum de précautions et de vérifications. Mais qu’au moins le public en soit informé et apprenne  à consommer cette information avec le recul nécessaire. Par exemple, dans l’affaire Kerviel, l’un des derniers scoops a consisté à révéler –  enregistrements pirates à l’appui – que les avocats de la Société Générale parlaient au parquet. Scandale ! explique-t-on au public, la grosse méchante banque fait pression sur la justice.  En fait non, demandez à n’importe quel avocat, il vous expliquera qu’il parle au procureur et que c’est normal, les professionnels de la justice travaillent ensemble et donc discutent ensemble, dans et hors de la salle d’audience.

 

Voilà donc les deux ou trois choses à savoir sur l’information relative à une affaire judiciaire. Elles expliquent pourquoi il faut observer avec distance  l’affaire Fillon comme toutes les autres. Au demeurant, quand on interroge des juristes en off, ils sont nombreux à confier que ces accusations concernent juridiquement des faits absolument dérisoires. « Du pipi de chat » m’a même dit l’un d’entre eux. Oui mais ils sont moralement graves, m’objecte-t-on. Ah ? Pour les détracteurs de Fillon c’est certain, on leur aurait dit qu’il avait encaissé l’excédent de monnaie rendue par erreur à la boulangerie en 1971 ou oublié les étrennes de sa gardienne en 97 et 98, qu’ils hurleraient tout autant. C’est normal, c’est la politique. L’élection était perdue pour la Gauche, elle tient le moyen miraculeux de revenir en course (mais avec le risque de faire élire Marine Le Pen), pourquoi s’en priver ? On attend toujours la liste exhaustive de tous les parlementaires mais aussi des membres du gouvernement qui font travailler directement leurs proches ou leur ont trouvé facilement des postes plus ou moins bidons chez des gens trop heureux de contracter une créance ou de rembourser une dette à un puissant de ce pays. Mais alors, à défaut de pouvoir les condamner tous, il faudrait n’en condamner aucun, m’objectera-t-on encore ? C’est un bien grand malheur en effet que ce pays dérape dans la régulation démocratique par le scandale. On a le droit d’observer cela avec regret, me semble-t-il. On peut voir dans cette affaire qui sort à un moment si bien choisi, que plusieurs médias feuilletonnent à l’infini et qui perturbe gravement le débat politique une avancée de la démocratie. On peut aussi considérer que c’est en réalité le signe d’une très grave pathologie. C’est mon cas.

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32 commentaires »

  1. On croit rêver quand on lit : « ces accusations concernent juridiquement des faits absolument dérisoires. »
    Un million d’euros de détournement de fonds publics si les emplois sont bien fictifs ( ce qui crève les yeux), des relations troubles (quoique faciles à déchiffrer) avec le groupe Ladreit de Lacharrière, une société de conseil créée et exploitée de façon troublantes – sans parler du Falcon pour aller dans la Sarthe (dans la Sarthe !) et de René Ricol qu’on mandate et qui vous emploie ensuite (ceci n’est pas dans le champ des poursuites potentielles mais déontologiquement, c’est bien léger)..
    Et puis des votes à l’assemblée nationale contre les lois qui ont obligé à la transparence des ressources et des activités dans la vie politique… Vous avez lu les articles de la presse étrangère ?
    Etonnez-vous après que le Front national monte, à droite, et que les gens de banlieue parlent de leur coté de justice de classe.

    Commentaire par salamowitch — 15/02/2017 @ 12:13

  2. Bonjour et merci Aliocha, Vous n’en faites pas des tonnes et c’est très bien, mais il y a tout de même un problème que vous n’évoquez pas avec assez de force, à mon goût. C’est l’absolue indignité de magistrats et / ou policiers qui violent sciement leurs obligations de secret. Ils sont instrumentalisés ? Ce n’est pas une excuse. Ils devraient être chassés de leurs corps. Ils alimentent par leur inconduite la désastreuse perte de confiance, la rupture du pacte social entre la nation et sa justice.

    Commentaire par Remseeks — 15/02/2017 @ 12:14

  3. Bonjour,

    Moralement mais pas juridiquement condamnable, je comprends. Mais comparer le rendu de monnaie à la boulangerie non rendu avec un emploi (familial, pas de problème) payé au moins 2 fois plus que la normale pour le boulot, c’est un peu gros.
    Et sur les 100000€ pour a priori aucun travail (OK, on verra ce qu’il en est vraiment au final), on n’a pas encore d’explication. Et là, j’ai l’impression que ce n’est pas seulement condamnable moralement.

    Ceci étant dit, si je ne partage pas votre conclusion, les rappels que vous faites sont utiles.

    Commentaire par David — 15/02/2017 @ 12:32

  4. Je partage totalement ce que dit « salamowitch » et je suis empressé de lire la nécessaire réponse d’Aliocha.

    Aliocha, vous oubliez dans votre analyse ce qui est probablement pour les Français le plus insupportable dans l’affaire Fillon. A savoir que celui qui est « pris la main dans le sac » est celui qui celui qui a martelé, pour gagner la primaire de droite, qu’il fallait mettre fin à tous les abus, à toutes les petites combines et que tout le monde devra faire des efforts et des sacrifices. Celui qui affirmait qu’étaient disqualifiés ceux de ses concurrents qui risquaient d’être mis en examen (« Imagine-t-on le Général de Gaulle mis en examen ? »).

    « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais », phrase, devenue proverbiale, dite à propos de quelqu’un qui se dispense d’appliquer les conseils qu’il donne à autrui.

    Commentaire par andré martin — 15/02/2017 @ 12:49

  5. Si on place l’affaire sur le terrain judiciaire, il est clair que de graves manquements – habituels – ont une fois de plus eu lieu dans le fonctionnement de la Justice. Si la loi dit qu’il y a secret de l’instruction, alors quiconque viole ce secret doit être poursuivi sous ce chef de mise en examen. C’est particulièrement vrai si les violeurs de secret sont des magistrats. La sanction doit être double … une fois comme justiciable ayant enfreint la loi, une seconde fois comme magistrat ayant commis une faute professionnelle grave.
    Si on place l’affaire sur le terrain de la campagne électorale en cours, il est normal que des faits scandaleux soient portés à la connaissance du public. On ne peut pas soutenir un rôle de « Père la Morale » et se comporter d’une manière immorale. Electoralement, on en paie le prix!

    Par contre, la succession d’articles publiés par Aliocha finit par poser un problème …
    1. Kerviel : Aliocha prend parti pour la Société Générale qui n’est pas connue pour être spécialement de gauche.
    2. Sauvage : Aliocha prend parti contre Sauvage qui bénéficie d’une mesure de grâce de la part du Président de la république (« réputé » de gauche).
    3. Fillon : Aliocha prend la défense de Fillon, candidat de droite.
    Aliocha, dites nous tout de suite que vous êtes de droite! Personne ne vous en tiendra rigueur. Mais, au moins, ça sera plus clair …

    Commentaire par Jacques Heurtault — 15/02/2017 @ 14:05

  6. @Jacques Heurtault: La question de l’appartenance politique d’Aliocha est-elle pertinente? Cela remet-il en cause a priori la justesse de sa réflexion ou de son propos? Aux dernières présidentielles, 82% des journalistes disaient leur intention de voter à gauche. Cela remettait-il en cause a priori la justesse de leur réflexion ou de leur propos? Tout, dans ce pays, est jugé à partir de cette appartenance droite/gauche, ça en devient lassant, parce que cela empêche toute forme de dialogue constructif entre personnes aux points de vue divergents.

    Commentaire par Tata — 15/02/2017 @ 14:34

  7. Je trouve très déplacées les attaques contre M. Fillon surtout venant de citoyens se disant de « gauche » ! En effet M. Fillon a simplement voulu expérimenter le « revenu universel ». Il a donc versé de fortes rémunérations aux membres de sa famille pour ne rein faire. Idem pour la « revue des deux Mondes ». Espérons simplement que M.Hamon en fasse autant et surtout qu’il augmente sérieusement (à la hauteur de ce qu’a fait M.Fillon) le montant à distribuer à chacun. L’ingratitude des électeurs envers M. Fillon est révoltante : comment osent-ils critiquer un élu aussi vertueux, généreux…Cette solution permet de résorber le chômage, augmente le pouvoir d’achat et relance la croissance. Toutes nos difficultés vont être résolues, enfin !

    Commentaire par BONNET Francis — 15/02/2017 @ 14:39

  8. Bonjour Aliocha,
    Je ne partage pas toutes vos prémisses, et encore moins vos conclusions.
    – la source de l’information. Typiquement un problème « indécidable ». Par principe, un journaliste ne doit pas la dévoiler. Donc, lecteur, on peut y plaquer, sans preuve, n’importe qui, donc n’importe quel motif. Cas ici: la gauche veut abattre le candidat de droite? Possible. Une personnalité de droite veut abattre le dirigeant de son camp? Possible… Sans compter qu’au fil du feuilleton, des sources non coordonnées puissent fournir des éléments, par opportunisme, alors qu’elles n’étaient pas la cause première. Bref, comme lecteur, je me contente d’ignorer la source, et de ne pas l’analyser: on peut tout lui faire dire, donc rien.
    – l’expert/la vérité (judiciaires tous deux dans votre incise). Pas tout à fait d’accord. Les certitudes inébranlables en Droit, il faut s’en méfier, mais de là à dire que tout vaut tout, et seul le bagout de l’avocat fait la différence… Disons entre Tout se discute ou rien ne prête au doute, de loin, je dirais plutôt: 80% est bien stable (définitions, délais, ….) et 20% se discute (limite de définition, intentionnalité, …)
    – Principe/cas particulier: un procès est toujours un cas particulier. Les principes sont souvent un autre combat, qui vampirise le procès plus qu’il ne l’éclaire. Néanmoins, ici, ce n’est pas franchement un problème: il n’y a pas de procès du tout! A supposer qu’un procès doive advenir, ce ne sera pas dans les prochaines semaines.
    – la machine médiatique: compliqué. Rien n’est parfait, et sûrement pas la presse. Mais autant j’ai une profonde compassion pour des « petits » broyés par un monstre « national » (accusés d’Outreau, petit Gregory…), autant, dans le cadre de politicien qui ne vivent que de média (que font-ils d’autres?), ont des relais puissants (les journaux ont des propriétaires), ont des « amis » (l’indépendance des journalistes politiques vis à vis du pouvoir est … discutable?)… Bref, on n’est pas forcément dans un rapport du faible au fort. très loin de là. Quand la presse sert pendant 30 ans de chambre d’écho à vos positions, hurler au lynchage la fois ou vous n’y êtes plus autant soutenu me semble très discutable. « Qui vit par l’épée périra par l’épée ».
    – judiciariser pour nuire. Oui. Et c’est normal. Les procès sont efficaces, donc on s’en sert. Ne faut-il pas s’en réjouir? Faudrait-il ou se résigner ou se venger?
    – le procès médiatique. En gros, ok sur tout. Car ce n’est pas un procès. Donc on ne peut pas en attendre la même chose.

    Les conclusions: on y mélange tout. Les faits (lesquels) sont-ils établis? Ce n’est pas si simple. Pour faire très court: il me semble, à la lecture de ce qui est publique, qu’il est relativement évident que le népotisme tourne à plein (mais ce n’est pas un délit) et que le travail de la famille Fillon est pour le moins éthéré. Mais une chose en est de le penser, une autre de le prouver. Et la preuve de l’absence est quasiment impossible à établir., dans ce cas comme dans d’autres. C’est un classique du Droit.
    L’argument moral ici m’échappe un peu. Dire « la gauche pense que c’est mal parce que Fillon est de droite » bouh les villains est un peu court. D’abord parce que la morale n’est pas franchement un universel. Les fluctuations d’une personne à l’autre sont nombreuses. Et si seule la gauche devait s’émouvoir du cas Fillon, ce ne serait pas un problème pour lui, car ces personnes votent déjà contre lui. Si ce scandale doit le toucher, c’est bien parce que des électeurs a priori prêts à voter pour lui pourraient changer d’avis.
    Les autres ne font pas mieux? Soit, mais ça ne change rien. On ne va pas relâcher un pickpocket du fait que beaucoup ne sont jamais pris. Si faute il y a, se cacher derrière les autres ne vous absous en rien, jamais. Et si d’autres font de mêmes, sortez les dossiers. Pas de soucis. Et croyez moi bien, je suis loin d’être convaincu de la probité des autres candidats, c’est peu de le dire.
    Votre dernier éléments de conclusions mériterait a lui seul un long développement. La presse perturbe le débat politique. Mais en quoi serait-ce un mal? Un contre-pouvoir par essence doit avoir un effet sur le pouvoir, sinon c’est un hochet. Ensuite, en l’espèce, dans ce cas particulier, c’est un autre débat. Mais sur le principe, oui la presse est dans le jeu politique. Il faut beaucoup d’imagination pour voir une neutralité surplombante derrière la plupart des titres.

    PS: votre blog ressort de sa léthargie ces derniers temps, et c’est un grand plaisir de vous lire à nouveau

    Commentaire par Kaeldric — 15/02/2017 @ 14:43

  9. Merci Aliocha pour votre plume, toujours légère, qui confirme que devant cette « affaire », on peut avoir le cœur lourd. L’affaire Fillon confirme qu’au delà d’une erreur qu’on hésitera encore pendant longtemps à qualifier d’erreur morale (en fait tant qu’une décision de justice éventuelle nous confirmera que les soupçons de tous et de chacun concernant le caractère fictif du job étaient judiciairement justifiés et que les courageux « chasseurs » de tous bords avaient bien eu raison, à l’orée de la campagne présidentielle, de se jeter dans la curée – et peut-être même d’éliminer l’un des candidat sérieux à la présidence), les français n’ont aucune chance, jamais, de savoir vivre ensemble. L’exigence de justice et d’égalité absolue –et immédiate– qui caractérise l’emballement médiatique et « populaire » est incompatible avec les réalités bien terre-à-terre et au jour le jour des hommes et des femmes que nous sommes et des sociétés dans lesquelles nous vivons. En dépit des enseignements basiques de la psychologie sociale ou des tests comportementaux, on continue à exiger du gibier que nous choisissons des qualités impossibles à réunir. Restons modestes sur nous mêmes et sur les autres. Patience avec le temps et tolérance avec les autres sont indispensables. Ca c’est pour le rez-de-chaussée du sujet. Il y a des étages plus élevés. Je pense comme le dicton japonais que lorsqu’on est sur le point de perdre la tête (littéralement: se faire égorger), on ne devrait pas se préoccuper des poils de notre barbe. La situation économique et politique du pays ne se relèvera pas bien vite d’une campagne électorale qui aura fait l’économie de vrais débats de fond.

    Commentaire par Lecteur 75 — 15/02/2017 @ 14:48

  10. Merci Aliocha, il est si bon de lire une réflexion apaisée en ces temps d’emballement passionnel médiatique.
    Même si comme Remseeks (et J. Heurtault dans une certaine mesure) je pense qu’il faudrait plus qu’une mention « en passant » des « sources » : le piétinement du secret par ceux qui en sont censément les gardiens fait partie, plus que n’importe quelle tribune d’une M. Le Pen, de ce qui mine notre démocratie (et la confiance dans les institutions qu’elle impose).

    @J. Heurtault : ce n’est tout de même pas la faute d’Aliocha si 80% de la presse français a un biais idéologique de gauche qui fait que quand il y a une victime « de gauche » elle est défendue becs et ongles alors qu’en sens inverse les médias s’acharnent et excitent les passions au lieu de raisonner. Pas besoin d’être « de droite », juste de vouloir rééquilibrer le débat (ou ce qui devrait en être un) dans une démarche saine par rapport à ses confrères.

    Commentaire par humpty-dumpty — 15/02/2017 @ 15:11

  11. @kaeldric en 8 :
    – « la source de l’information. Typiquement un problème « indécidable ». » –> sur l’enquête, les seuls à disposer de l’information sont tous tenus au secret de l’enquête (magistrats & policiers). Alors, « qui » est peut-être indécidable mais que ce soit anormal et malsain pour la démocratie me paraît très décidable !

    – « Néanmoins, ici, ce n’est pas franchement un problème: il n’y a pas de procès du tout! » –> Mais c’est justement pour cela qu’il y a un problème ! Parce qu’il y a procès médiatique (sans aucun respect des règles du contradictoire et de la présomption d’innocence) sans qu’il y ait un procès judiciaire (équilibré) pour « poser » les choses.

    – » La presse perturbe le débat politique. Mais en quoi serait-ce un mal? » En rien tant que son rôle était d’informer. Et en particulier d’informer en amont des grandes échéances pour que l’opinion des gens (et notamment en tant qu’électeurs) soit éclairée. Quand on retient une « bombe » (les faits allégués sont vieux de nombreuses années) pour la lâcher à quelques semaines d’une échéance, on n’éclaire pas un débat rationnel sur des enjeux essentiels, on le polarise sur les passions. Jouer des passions avec une visée électoraliste, c’est un jeu pour les démagogues, pas pour une politique démocratique. Vous ne croyez pas sincèrement que les journalistes qui « feuilletonnent » le truc oeuvrent vraiment avec pour objectif sincère de moraliser la vie publique, si ?

    Commentaire par humpty-dumpty — 15/02/2017 @ 15:24

  12. La concordance entre la victoire de Fillon à la primaire de la droite et le dévoilement de ses agissements en tant que parlementaire n’est pas fortuite. Vous vous placez sur le champ juridique pour mener la bataille de « stoplachasseàlhomme », et sur ce champ là, vous avez raison. Mais le tribunal médiatique qui a été monté ne se donne pas pour objectif d’interférer avec la justice sur le cas Fillon parlementaire, mais bien de démonter l’image que le candidat Fillon voudrait se donner pour se faire élire.

    Donc vous avez raison dans votre analyse, c’est juste que vous n’analysez pas le bon objet à mon sens…

    Commentaire par William Perrin — 15/02/2017 @ 15:31

  13. @humty-dumpty en 11
    – les sources peuvent être légitimes (la fuite initiale précède l’enquête, puisqu’elle la déclenche) ou non (personnes tenues au silence). Mais tant que la source est inconnue, sa légitimité l’est aussi. Sachant qu’une fois encore illégal et immoral sont deux choses différentes. Les lanceurs d’alertes sont souvent de personnes qui font fuiter des informations qu’elle devraient garder par devers elles. Mais elles considèrent que l’intérêt commun l’emporte sur l’intérêt particulier que pourtant elles devraient défendre. Bref, oui sur le principe, un juge, policier, greffier…. ne devrait pas faire fuiter. Mais comment condamner une source dont vous ignorer qui elle est. De plus, un fonctionnaire est sous les ordres de l’exécutif. Qui pourrait aussi être la fuite. Donc non, nous ne connaissons pas les sources des fuites donc condamner les enquêteurs est un peu rapide.
    – je maintiens. Un procès médiatique ça ne veut rien dire! Un procès c’est un procès. Des articles, billets, chroniques ne sont pas un procès. Simplement une accumulation de propos de sources et opinions plus ou moins diverses. La présomption d’innocence ne veut rien dire hors d’un tribunal, c’est un simple principe procédural. Rien à voir avec les médias. Le contradictoire: deux idées en passant, mais sans doute davantage. Le droit de réponse (lutte pied à pied) et la diversité des titres (car il est difficile de dire me M. Fillon n’a eu aucune tribune pour faire valoir son avis).
    – La presse est libre. Donc oui, elle choisit quand publier. Et oui, le profit existe. La presse n’est pas parfaite. Mais là encore, ce n’est pas le problème. Rien ne dit que le canard a garder ça en stocke pendant des années. Il est tout aussi possible qu’une personne ait choisit de communiquer les éléments au canard quand ça l’arrangeait, elle. On en revient au premier point: En tant que lecteur, le lien confiance/défiance entre source et journaliste nous échappe. Donc dire que le journal choisit d’attendre pendant des années est une pure spéculation. Plausible, mais ça n’en fait pas un fait. Quant au calendrier, c’est une défense classique, mais non pertinente au fonds: pourquoi maintenant. Ce n’est jamais le moment. Jamais. Que les journaux soient les démagogues devant des probes politiciens, je préfère en rire. Tous nos candidats font assaut de démagogie. Il n’y a pas l’ombre d’une idée ‘éclairée’. Avant d’être pris dans la nasse M. Fillon lui même en rajoutait pas mal sur le coté ‘je ne dit rien sur les autres, mais moi je suis propre’… Évidemment, maintenant, ça peut faire sourire. Un contre pouvoir n’est pas un chevalier blanc qui limite un chevalier noir. C’est un chevalier qui en bloque un autre. Les pouvoirs se bloquent/contrent les uns les autres. Aucun n’est au-dessus, sinon, il devient le nouveau pouvoir qu’il faut bloquer. Bref, la presse, impure, faillible, mal intentionnée, contribue à la Démocratie du fait de sa propre existence. Tout comme une classe politique y contribue aussi, même si les ambitions personnelles qui animent les hommes sont parfois discutables.

    Commentaire par Kaeldric — 15/02/2017 @ 15:52

  14. Bonjour Aliocha,

    Comme d’autres l’ont noté, il n’y a pas équivalence entre l’emploi supposé fictif de Mme Fillon et un rendu de monnaie erroné. On parle de centaines de milliers d’euros, on parle d’argent public, et on parle d’enrichissement personnel. Ce n’est pas une peccadille. Comme l’a fait remarquer la presse étrangère, dans la plupart des autres pays occidentaux, la carrière de M.Fillon serait définitivement liquidée à ce stade de la conversation.

    Par ailleurs, la lourde allusion au moment « si bien choisi » me paraît très discutable. En effet, l’affaire sort pendant la campagne. Pour ma part je trouve cela tout à fait normal! La presse s’intéresse de plus près à M.Fillon justement depuis qu’il a gagné la primaire, devenant par là le président présomptif, vu l’état de décomposition avancée de la gauche. Quand les sondages lui donnaient 10% des voix de son parti, il n’était pas un sujet aussi attractif. C’est tout à fait compréhensible, surtout au moment où la presse est en perte de vitesse, et où ses moyens humains et matériels sont chichement comptés: les projecteurs se concentrent sur la tête de la course.

    Reste un point sur lequel je vous rejoins: le procès médiatique est excessif, injuste, et induit le public en erreur. Cela ne signifie pas que M.Fillon est innocent, mais cela exige de garder un minimum de recul. Pas de verser, à l’inverse, dans une quelconque culture de l’excuse, et moins encore dans une culture de la conspiration.

    Rappelons par ailleurs à ceux que tentent la notion d’une presse et d’une justice « à 80% de gauche » que les derniers à avoir dénoncé partout la « chasse à l’homme » et le « lynchage médiatique » s’appelaient Cahuzac, Thévenoud, et DSK. Si vous ne me croyez pas, Google est à votre disposition pour vérifier.

    Commentaire par gwynfrid — 15/02/2017 @ 16:01

  15. @kaeldric
    Sur les sources je parlais bien des PV d’audition dont parlait Aliocha et qui ont entraîné le coup de gueule de Me Dupont-Moretti. Il est bien évident qu’il y a eu des sources préalables, effectivement inconnues (même si je disconviens sur le fait qu’il soit oiseux de s’interroger dessus) qui ont « déclenché » l’affaire. Et je suis d’accord également que le timing est plus vraisemblablement le fait de ceux qui ont choisi de faire « fuiter » les données que de ceux qui (Canard) les ont diffusées.

    Sur le fait de qualifier des personnes tenues au secret de « lanceurs d’alerte » quand il trahissent ce secret : d’une part, sur le principe je suis dubitatif, ce n’est que le début de la procédure, s’il y a du fond elle ira plus loin et des éléments seront légitimement diffusé, aucune raison de penser qu’il faille sortir du secret à ce stade – au contraire, ce secret existe pour de nombreuses raisons valables. D’autre part en l’espèce y aurait-il une urgence à « sortir » cela juste avant une élection ? S’il était élu, horreur et putréfaction, l’immunité lui permettrait 5 ans de plus de bénéficier du fruit de quelques dizaines ou centaines de milliers d’euros mal acquises ? La démocratie française serait en danger pour cela ? Foutaise. On est bien dans l’ordre de grandeur gravité des faits / lourdeur des conséquences moqué par Aliocha au sujet de la monnaie du boulanger. Le « lanceur d’alerte » se justifie au regard de conséquences graves suite au dysfonctionnement avéré des contrôles institutionnels (ou de leur absence) : espionnages illégaux à grande échelle, blanchiment couvert par des autorités légales, là oui il y a un sujet. Pas quand la justice est saisie d’un sujet et commence à peine à investiguer (sans que rien laisse penser qu’elle n’irait pas au bout).

    Commentaire par humpty-dumpty — 15/02/2017 @ 16:11

  16. D’accord, moi aussi tout ce raffut médiatique m’irrite, quel que soit l’offensé. Il existe un principe fondamental, qui pour beaucoup ne devrait pas s’appliquer aux puissants ou « autres », la présomption d’innocence. Si seulement les médias n’en avaient pas tant fait, nous ne serions pas assourdis par des attaques braillardes et peu étayées.
    Exemple : son château au fond de la campagne vaut 750000 €: oui c’est le prix évalué par les agents immobiliers locaux. Moi le premier j’ai un peu tiqué à la présentation médiatique des surfaces habitables annoncées et du terrain. Sauf que, personne ne veut acheter ce type de bien, c’est pourtant bien connu, et pour cause, l’entretien est de 20 à 30 k€/an, d’où un prix bas au vu du standing de l’objet immobilier. Et puis il faut vouloir habiter dans un logement aux antipodes du confort et du design actuels et loin de tout.

    Bref, si seulement, on écoutait un peu la défense de M. Fillon, sans le filtre de la presse, on verrait qu’elle est bien faiblarde, fait tout pour détourner le regard, l’attention vers d’autres sujets, et qu’on peut se faire une intime conviction par soi-même. Mais on peut aussi trouver ses arguments très recevables. On peut aussi, comme je l’ai pensé au départ (avant que tout soit grossi, démultiplié – les salaires, la somme totale, les enfants, les affaires, le patrimoine – à tord ou à raison), considérer que c’est une entorse mineure aux lois de la république, une sorte de politique familiale arrangeante, en comparaison des véritables crimes d’État qui se négocient dans notre dos et sont découverts bien après, trop tard (scandales de l’amiante, des différents produits chimiques classés cancérogènes, des rétro-commissions, les vaccins inutiles grassement payés par les fonds publics …).
    Mais pour cela, il faudrait juste qu’on puisse entendre le débat de fond.
    Car le problème est qu’on ne peut attendre les résultats judiciaires, quand le temps politique est pour demain. Il nous faut donc nous faire un avis, provisoire, incertain, influencé, mais le moins possible en allant à la source de l’info. La déclaration de la plus célèbre Pénélope de France qui indique clairement n’avoir jamais travaillé pour son mari, et tant d’autres indices, certes ne doivent pas nous ériger en juges ni même en avocats de la partie adverse, mais peuvent influer sur notre choix dans un 1 mois et une semaine. Il est juste question de se faire un avis, à aucun moment je ne crie avec les loups pour réclamer de « démettre » monsieur Fillon, seul en mesure de décider en son âme et conscience. Même si les Républicains le « destituaient », qui lui interdirait, comme M. Macron d’une certain manière mais avec la légitimité bien plus forte de la primaire, de maintenir sa candidature? personne s’il dispose bien des 500 signatures d’élus. Si je demandais son départ immédiat, j’accepterai la même chose de tous les candidats dans le même cas de figure. Si la réponse est négative à cette question, alors le médias ont gagné et décidé à notre place de défaire un candidat avant la justice. En revanche, je plains les Républicains, évidemment tiraillés par ce choix, mais cela est aussi en partie une conséquence de l’emprise médiatique. Or si la primaire a tant permis la médiatisation des candidats des deux bords, il faut aussi que les politiques assument son revers : les conséquences inédites d’une remise en cause médiatique après coup, sur la base d’information judiciaire. C’est dit, un vainqueur de la primaire doit s’attendre à tout.

    *honnêtement ces termes – destituer, démettre me semblent hasardeux mais il faut qualifier le fait nouveau.

    Commentaire par Val — 15/02/2017 @ 16:29

  17. @Humpty-dumpty
    Rassurez-vous, je n’utilisais ici les lanceurs d’alerte que comme exemple! Ca me semble en effet très impropre dans ce contexte.
    Y-avait-il urgence? Je vais poser la question autrement: qui peut en décider? Un comité d’Etat des machins que la presse doit couvrir? C’est par construction une questions que seul celui qui à l’information peut trancher. Sous une forme plus simple d’ailleurs. Je suis en possession d’informations. Je publie ou non? La canard a choisit. C’est leur droit.
    L’argument gravité des faits/impact est du même ordre: les électeurs vont choisir. A eux de voir. Ni à moi, ni à vous de penser à leur place.
    A ce sujet, je me permets une remarque: rien n’indiquait que M. Fillon allait gagner. Et rien n’indique qu’il va perdre. Des sondages en tout genre disant tout et n’importe quoi sont tombent en pluie fine. Les mêmes qui ne l’avaient pas vu gagner la primaire de son camp. Qui n’avaient pas vu Hamon gagner en face. Et soudainement, il faudrait prendre comme Oracle ce qu’il disent?
    Personne ne peut sérieusement prétendre dire qui gouvernera dans six mois. L’incertitude sur la Présidence comme sur la composition de l’Assemblée Nationale est maximale. FIn de la digression 🙂
    Ce que je ne comprends pas dans l’argument ici c’est: il aurait mieux valu que les gens ignore les faits en question. En quoi? Si le présupposé est que l’électorat choisit, alors il peut pondérer ce qu’il sait pour prendre sa décision. Si l’argument, c’est les gens sont des abrutis, il faut leur mentir/cacher des choses pour leur bien, mais leur demander de voter quand même, heu, je… bref, vous m’avez compris.

    Commentaire par Kaeldric — 15/02/2017 @ 16:30

  18. Fillon, toujours hors sujet, va demander à son ami Sarkosy de faire taire les merdias, il l’a sucer pendant 5 ans quand maime et sans faute. Les mafias règlent leurs comptes RAS et ont parié sur MACRON qui est parti de « rien », du préfab de LA banque.
    http://www.fdesouche.com/822141-analyse-de-la-mise-en-scene-des-meetings-de-macron
    La messe de gôche se déchaîne mon canard.
    http://www.fdesouche.com/822175-les-artistes-et-les-intellectuels-sunissent-contre-la-police-dans-la-une-de-libe-du-15-fevrier-2

    Commentaire par Georges Dubuis — 15/02/2017 @ 17:35

  19. Une des caractéristiques majeures de cette affaire, dans son volet emploi de l’épouse comme assistant parlementaire, est que les faits sont simplissimes et compréhensibles de tous. Monsieur FILLON, puis son suppléant ont salarié l’épouse du premier comme assistante parlementaire ;
    il n’existe aucune trace matérielle d’un travail effectif, et quand on creuse un peu, l’épouse est censée avoir travaillé en circonscription pour le suppléant alors qu’elle demeurait à Paris, elle est censée avoir occupé deux emplois pendant un an, se présentait comme mère au foyer et était connue de tous comme tel…
    Les sommes en cause affolent le compteur geiger du Français lambda.
    Monsieur FILLON se dit un modèle d’éthique et prône un programme de réduction drastique de la dépense publique.

    Il n’est pas question de nébuleuse de sociétés, de comptes off shore, de prises de position sur les marchés boursiers. Non. Les faits sont simples et une fois révélés, et je ne vois pas bien au nom de quoi ils auraient dû ne pas l’être, bien au contraire, nul ne peut rester sans avis.

    Commentaire par lagun — 15/02/2017 @ 18:28

  20. On dit depuis le début que les fuites viennent non de la gauche mais de la droite, des sarkozystes, de Rachida Dati (dont les tweets sur la question dès 2014 étaient explicites)…C’est plausible car Fillon, pour la gauche est un repoussoir en or : réac qui pose au châtelain, bigot et thatchérien – formidable quand on recherche, comme Hamon ou Mélenchon, les voix de Jacquou le Croquant – et en plus infoutu de se trouver une ligne de défense crédible. Ses avocats, très maladroits, l’ont enfoncé en utilisant la séparation des pouvoirs comme une garantie d’immunité. A cette gauche, son départ rendrait la vie plus difficile surtout s’il est remplacé par Juppé, Bertrand ou NKM qui eux peuvent ratisser large.

    Commentaire par salamowitch — 15/02/2017 @ 18:34

  21. Bonsoir Aliocha

    J’ai fait mes meilleurs efforts pour comprendre ce qui vous heurte tellement dans cette affaire Fillon, mais je n’y arrive pas.

    Les faits qui ont été rendus publics par le Canard Enchaîné sont reconnus par l’intéressé : le député (et le sénateur) Fillon a employé sa femme comme assistante parlementaire et aussi un peu ses enfants. La rémunération qu’il leur a servie n’était pas petite comparée à celle d’assistants parlementaires recrutés en dehors du cercle familial et néanmoins valeureux.

    La question qui est posée est celle de savoir si en contrepartie Mme Fillon a fourni un travail à la hauteur de cette rémunération. Il ressort des explications de l’intéressé et des diverses publications que ce travail était si peu palpable et si peu tangible qu’on peine à comprendre en quoi il se distinguait de l’assistance que les époux se prêtent, ordinairement sans être rémunérés.

    Le parquet national financier a ouvert une enquête destinée à établir si une infraction à la loi pénale peut être reprochée à M. Fillon. J’ignore si le principe de séparation des pouvoirs empêche toute enquête ou toute poursuite devant le juge pénal, mais comme citoyen qui s’apprête à aller voter, ça m’est indifférent.

    En revanche, il ne m’est pas indifférent de savoir comment M. Fillon a disposé des deniers d’origine publique qui étaient à sa disposition pour l’exercice de ses mandats. Il ne m’est pas non plus indifférent de savoir envers qui il peut être obligé pour les salaires versés à sa femme par la Revue des Deux Mondes et pour les honoraires qu’il a perçu pour ses précieux conseils. J’ajoute que je préfère le savoir avant l’élection qu’après (avant les primaires de la droite c’eût été encore mieux).

    Il m’est indifférent de savoir d’où ont fuité les documents qui ont permis au Canard Enchaîné de lancer l’affaire, même si je me doute bien que ceux qui en sont à l’origine poursuivaient un intérêt personnel. Les faits imputés à M. Fillon restent ce qu’ils sont et je ne vois pas ce que l’origine des fuites pourrait leur enlever.

    De mon point de vue, M. Fillon doit s’expliquer non seulement dans le cadre de l’enquête diligentée par le parquet national financier mais également devant les électeurs, ce que M. Fillon appelle avec beaucoup de condescendance le « tribunal médiatique » : en période électorale, la question n’est pas d’abord juridique mais d’abord démocratique.

    Vous déplorez que la justice soit « instrumentalisée » et que les diverses parutions n’aient pas suffisamment respecté la présomption d’innocence et le secret de l’enquête auxquels toute personne poursuivie a droit.

    Je trouve que le reproche tombe à plat. Comme la question n’est pas d’abord juridique, la solution ne peut pas être d’abord judiciaire.

    M. Fillon a le devoir de se défendre publiquement. S’il veut bénéficier du secret de l’enquête, qu’il quitte à l’instant la vie politique. S’il veut être candidat à l’élection présidentielle, qu’il s’explique publiquement et complètement. Il ne manque pas de relais dans les médias pour donner toute la publicité requise à sa défense.

    Ensuite dans le cas présent, j’ai l’impression que c’est surtout M. Fillon qui cherche à instrumentaliser la justice. Pour pouvoir se prévaloir du secret de l’enquête et ne pas avoir à fournir d’explications publiques, il s’est précipité au parquet national financier. Il escomptait sans doute obtenir rapidement un classement sans suite triomphal ; dans le cas contraire, il savait pouvoir compter sur la lenteur du processus judiciaire, pariant que d’ici à la date limite de réception des parrainages par le Conseil constitutionnel, il n’y aurait le temps ni d’une mise en examen ou ni d’un renvoi devant le tribunal correctionnel. S’il est élu, il aura devant lui cinq années d’immunité pénale. S’il n’est pas élu, tout le monde se moquera bien des suites judiciaires éventuelles et ça ne l’empêchera pas d’aller louer son carnet d’adresses dans le privé.

    Je ne vois pas le rapport avec les affaires Gregory, Outreau ou Sauvage. L’électeur est parfaitement légitime à forger son opinion sur le candidat à partir de l’usage qu’il a fait dans ses mandats précédents des deniers destinés à rémunérer ses collaborateurs et des obligations qu’il peut avoir vis-à-vis de groupes d’intérêts privés. Chaque électeur est libre de donner aux questions posées la réponse qu’il veut et de s’en servir ou pas pour guider son choix parmi les candidats.

    Dès lors je ne crois donc pas que les médias soient sortis de leur rôle en mettant sur la place publique, malgré l’enquête judiciaire, des éléments de réponse.

    Je relève que l’attitude de M. Fillon nous aura appris :

    – qu’il considère qu’il n’a à s’expliquer ni devant les juges ni devant les électeurs sur l’usage qu’il fait de deniers d’origine publique puisque pour lui la séparation des pouvoirs sépare aussi bien le pouvoir législatif de l’autorité judiciaire que les élus de leurs électeurs. Il en est de même pour les possibles conflits d’intérêts.

    – qu’il n’a pas compris que les électeurs demandaient plus de rigueur et de transparence et qu’ils n’acceptaient plus tenir quitte leurs élus pour le seul motif que ceux-ci se tiendraient en-deçà des exigences de lois pénales délibérément insuffisantes. Quel président pourra faire un candidat aveugle aux évolutions de la société et qu’est-ce que peut valoir son programme s’il y est à ce point étranger ?

    – qu’il méprise le travail du Parlement, si bien dans l’exercice de ses mandats, l’assistance de collaborateurs véritablement actifs lui est inutile. Cela, en un temps où l’efficacité de la démocratie représentative est fortement remise en cause. On devine que M. Fillon se soucie assez peu de renouveler les outils du débat démocratique et qu’il ne croit pas à l’intelligence collective mais seulement à son intelligence manœuvrière.

    Je ne suis pas insensible aux arguments de ceux qui regrettent que ce débat prenne le pas sur les enjeux économiques et sociaux du quinquennat à venir. Pour autant je ne considère pas ce débat comme médiocre ni anecdotique.

    Pour moi, ce qui perturbe gravement le débat démocratique, c’est moins le feuilletonnage auquel se livrent certains médias (après tout après le Brexit et l’élection de M. Trump on peut douter que le matraquage médiatique ait une influence réelle sur l’élection) qu’un candidat à la présidence de la République aussi imperméable à ses exigences.

    Commentaire par ranide — 15/02/2017 @ 20:37

  22. Beaucoup trop de « je » dans ce commentaire. Un peu navrant d’en rester là, en bas.

    Commentaire par Lecteur 75 — 15/02/2017 @ 20:41

  23. Oui sans doute et on a le droit de préférer les commentaires en surplomb. Fort heureusement personne n’est obligé d’aller au bout ni des uns ni des autres.

    Commentaire par ranide — 15/02/2017 @ 21:05

  24. J’ai fait le rapide calcul que le coiffeur de Hollande a coûté (et coûte encore, sauf erreur) aussi cher aux contribuables que les salaires et traitements reçus par l’épouse et les enfants de Fillon. Qui a fait ce rapprochement ?
    Je ne crois pas à la bonne foi des médias qui ont déclenché et alimentent l’affaire : si Le Canard enchaîné voulait faire œuvre de salubrité publique c’est avant la Primaire qu’il devait sortir ses informations. Après, il apparaît comme la marionette d’une opération de sauvetage de la gauche en perdition. C’est peut-être son objectif en effet, mais le prix à payer par notre pays pour ce sauvetage est complètement disproportionné. Et encore n’en connaît-on pas le montant total qui pourrait fort bien inclure l’élection de Marine Le Pen, qui en l’absence de majorité aux Législatives qui suivront, aboutira à une vraie crise de régime où les extrémistes en appelleront à la rue (l’extrême-gauche à l’air très en forme en ce moment grâce à ses entraînements quotidiens)…

    Commentaire par newparadigm2008 — 16/02/2017 @ 00:33

  25. Bonjour,
    Aliocha, je peux bien comprendre que vous souhaitiez que vous et vos confrères soyez un peu plus prudents dans les affaires judiciaires. Et il est vrai que la liste des emballements médiatiques est importante dès qu’il s’agit d’un personnalité connue (DSK, …), ou que le fait divers permet de « faire pleurer dans les chaumières » (Gregory, Sauvage, …). Mais la question qui se pose alors est « les journalistes doivent-ils taire tout ce qui est « affaires judiciaire »? ». En effet toute information publiée concernant l’ouverture d’un information judiciaire, une mise en examen, etc. nuit à la personne concernée, qu’elle soit coupable ou innocente. On se retrouverait alors dans un mode d’auto-censure tout aussi préjudiciable à l’information.

    Maintenant, VOUS journalistes, êtes aussi dans un mode « chasse au scoop » qui fait que les vérifications de base ne sont que rarement faites, surtout dans les journaux quotidiens. On vient d’en avoir un nouvel exemple avec « les viols de la Saint-Sylvestre » en Allemagne, où le Bild vient de faire ses excuses (un mois après!) pour avoir cru à des témoignages bidons. Sur ce point j’avouerai faire plus confiance au « Canard » qui lui, peut-être du fait de sa périodicité, prend en général plus de temps à vérifier ses informations. D’ailleurs dans un documentaire sur son « affaire, » Dominique Baudis (pas spécialement à gauche donc) disait que le « Canard » était le seul journal qui avait fait correctement son travail et estimé que « l’affaire » n’était pas sérieuse, alors que toute la presse s’emparait de l’histoire pour le condamner.

    Après expliquez-moi pourquoi vous semblez limiter se « devoir de prudence » aux affaires judiciaires. Dans TOUS les domaines les journalistes publient leurs papiers sans avoir le moindre œil critique sur le contenu de l’information. Pour illustrer ce propos je prendrai un exemple datant de l’an dernier. Sur un site d’information je vois passer une dépêche relatant un vol de matières radioactives par DAESH. Et le journaliste qui a écrit le papier expliquait que selon l’AIEA ces matières pouvaient être très dangereuses pour la santé humaine et que donc DAESH pouvait en faire une « bombe sale ». Une simple vérification de base de ma part (merci Wikipedia) m’avait permis de découvrir que la demi-vie de l’élément en question était de 2 mois. Comme le vol datait déjà de plusieurs mois, et que le produit volé avait peu de chance d’avoir tout juste été produit, j’en ai conclus que ce que DAESH avait dans les main ne représentait DANS LES FAITS plus guère de danger.

    Autre exemple, datant de 1995. J’étais à Annecy lors du tremblement de terre qui avait secoué la ville en 1995. Tous les journaux ont raconté le fait qu’on avait évité un tas de victime « par miracle » (c’était la nuit du 14 juillet) et ont parlé ou montré les « importants dégâts » (voitures explosées par des chutes de tuiles ou de cheminées). Sauf que de notre côté, c’est à dire celui des personnes qui étaient sur place cela donnait « Tu as eu des dégâts toi? Oui mes bouteilles d’apéritifs se sont explosées sur le sol » (authentique).

    Donc, effectivement il y a un gros travail du côté des journalistes pour faire des vérifications avant publication de papiers, mais aussi pour donner une information analysée, équilibrée, etc. En cette période électorale, ils vont d’ailleurs pouvoir nous prouver ces qualités lors des savantes analyses qu’ils feront des sondages, où le moindre dixième de point de changement est commenté, alors que la marge d’erreur est de plusieurs points ;-).

    Commentaire par Alain38 — 16/02/2017 @ 13:18

  26. Je suis ravi de ce billet, on retrouve le pas de côté qui manque cruellement dans le brouhaha qui entoure cette « affaire ». Note à moi-même : se rendre prochainement à l’église pour brûler quelques cierges, en priant pour que notre hôtesse tienne son salon ouvert le plus longtemps possible.

    Concernant tout ce tintamarre, plusieurs considérations s’entrechoquent dans ma tête, et j’ai le plus grand mal à les ordonner.

    Mon sentiment premier a été de me dire qu’une fois encore, l’arroseur se retrouvait arrosé.

    Je n’arrive pas à croire qu’il sortira de cette génération une seule personne n’ayant pas un peu trop arrondi les angles, afin de favoriser le caractère ascendant de sa trajectoire. Je suis probablement trop pessimiste, mais les règles ayant été ce qu’elles ont été, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement. En résumé : bien fait pour celui qui se voyait déjà à ordonnancer les efforts que la grande masse des anonymes auraient à fournir pour nous sortir de la mouise dans laquelle on patine.

    Et puis j’ai lu ce que notre hôtesse publie sur le réseau à l’oiseau bleu, et j’ai regardé le reportage diffusé sur France 2, citant une interview de la principale intéressée dans l’affaire.

    Et là, malaise : j’ai eu le sentiment de découvrir une personne brillante, douée, dire à demi-mots comment tant de talents se sont retrouvés négligés, pour soulager au mieux de l’intendance domestique un conjoint qu’on imagine difficilement employer son temps autrement qu’à la conquête. A la voir évoquer ainsi une certaine vacuité dans son existence, je me suis demandé si, avant ce tintamarre, elle était seulement au courant de l’emploi dont on s’occupe depuis quelques semaines…

    Pour ce qui est des sommes en question, je pense qu’il faut les comparer à celles qui s’échappent via l’évasion fiscale, sommes qui sont elles aussi de l’argent public escamoté. Non pas qu’il faille considérer que les fautes des uns excusent les fautes des autres : juste une mise en perspective.

    Le tribunal médiatique est celui qui me pose le plus problème : les journalistes qui interpellent les principaux intéressés en leur posant des questions font leur boulot, rien d’autre. Mais j’ai le sentiment que ce « spectacle » nourrit l’idée qu’il revient à celui qui est mis en cause d’apporter la preuve de son innocence, ce qui est un comble.

    La chasse à l’homme me mets de plus en plus mal à l’aise, et en cherchant un peu, on retrouve quelques dossiers intéressants d’autres prétendants au trône, qui pourtant ne rencontrent pas le même écho, loin s’en faut. Alors pourquoi cette disproportion ? Pourquoi cette asymétrie dans le traitement des informations ?

    A côté de ça, je me dis que celui qui aujourd’hui aspire à bénéficier des droits les plus élémentaires dès lors qu’il fait l’objet d’une enquête, ne s’est pas privé de cogner sur l’institution judiciaire quand celle-ci enquêtait sur certains de ses camarades. On appelle au respect des principes les plus élémentaires ceux-là mêmes qu’on ne s’est pas privé de traiter comme des paillassons.

    Le billet d’Aliocha m’aide à mettre de l’ordre dans ce foutoir, je l’en remercie.

    Commentaire par Zarga — 16/02/2017 @ 14:21

  27. Avec distance donc à l’évidence cette affaire judiciaire révèle un « Etat de droit inachevé » pour reprendre le titre d’un chapitre du livre d’Alain Minc – « Au nom de la loi » – qui avait, en tout cas, le mérite de dénoncer « la naissance d’une justice d’opinion, modalité spectaculaire de la démocratie d’opinion qui tend à se substituer à la démocratie représentative ».

    Autant il faut se méfier de tout ce qui nie les droits de la défense autant on peut se féliciter de voir les juges lutter avec plus de virulence et plus d’autonomie contre la corruption.

    « Si les juges doivent dire le droit, et ceci d’une façon conforme à la volonté de la nation, c’est un préjugé de croire que les lois qui expriment cette volonté doivent toujours être interprétées, quelle que soit l’évolution des mœurs et des techniques intervenue entretemps conformément à la volonté du législateur qui les a votées » (Chaïm Perelman – Logique juridique Dalloz 1976).

    Ici, ce n’est pas la logique judiciaire qui prime mais la logique médiatique.

    Personne n’est donc dupe de la stratégie de défense des avocats de M. Fillon qui n’est qu’un procédé qui consiste à disqualifier une institution, certes, discutable mais fragile en l’état du droit positif et s’inscrit dans un débat académique donc très technique de la matière juridique qui échappe à une grande majorité du peuple.

    L’effet recherché n’est donc pas tant de savoir si les stratèges de M. Fillon sont bien fondés en droit dans l’immédiat mais, en termes de communication politique pour leur client, de mettre la pression sur la justice dans un contexte où la présidentielle est un enjeu majeur de la vie politique française.

    Quant au non-respect du principe de la présomption d’innocence, l’indignation (jouée, voire sur-jouée ?) de Me Dupond-Moretti – quel talent ! – devenue désormais, avec tout le poids de la gravité qu’il trimballe un marqueur de son personnage – quel acteur ! – qualifié un jour par un journaliste de « professionnel du mensonge » elle est comique dans la mesure où les avocats sont eux-mêmes parfois aussi à l’origine de fuites médiatiques quand on sait que le secret de l’instruction n’est qu’un secret de polichinelle !

    Commentaire par Ardrich — 17/02/2017 @ 11:16

  28. Tiens, mon commentaire n’est pas passé…

    Commentaire par Gilbert Duroux — 17/02/2017 @ 18:03

  29. Non, Aliocha, l’affaire Fillon n’est pas une affaire judiciaire. C’est une affaire politique. Et une affaire morale. Je dirais même une affaire de morale chrétienne puisque Fillon dit urbi et orbi qu’il défend les valeurs chrétiennes. Au passage, je regrette que l’affaire « Pélélope Fillon » éclipse quelque chose qui infiniment plus grave à mon avis : le conflit d’intérêt qui vise un candidat à la présidentielle qui a prévu de dérembourser des médicaments… et dont le cabinet de conseil est rémunéré par les assurances Axa. Ce n’est pas sérieux !

    Commentaire par Gilbert Duroux — 17/02/2017 @ 18:08

  30. […] si on se calmait ? » avec l’affaire Fillon propose le blog La Plume d’Aliocha : « La procédure judiciaire est devenue un outil stratégique : qu’on en veuille à un […]

    Ping par Les banlieues s’embrasent, Fillon s’accroche, Macron tourbillonne, la liberté bat de l’aile - La Revue de Presse - Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle — 17/02/2017 @ 18:47

  31. […] des français. Ce qui est en cause ici, c’est un enrichissement personnel. En ce sens, et contrairement à Aliocha, je ne crois pas qu’on puisse considérer cette affaire comme « du pipi de […]

    Ping par Pourquoi les affaires n’ont pas le même impact sur les candidatures de François Fillon et de Marine Le Pen ? – Paxatagore — 20/02/2017 @ 20:23

  32. Le soucis c’est que le dernier paragraphe rend l’intégralité du propos du billet caduque. En effet il transforme une « tentative » d’information journalistique légèrement orientée en tribune partisane. Ne vous plaigniez pas alors que certain vous répondent de la même manière.

    Commentaire par khazan — 25/02/2017 @ 11:46


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