La Plume d'Aliocha

22/11/2016

Trump ou la victoire empoisonnée des médias

Filed under: questions d'avenir,Réflexions libres — laplumedaliocha @ 16:14

Mac LuhanGens de médias et sondeurs n’en reviennent pas : il a été élu. Donald Trump, le diable à la mèche blonde, a gagné. Comme une sinistre réminiscence d’un autre diable, à la mèche brune, celui-là…. C’est l’échec des médias et des instituts de sondage, lit-on ici et là. Et si c’était au contraire un spectaculaire succès médiatique : le système a porté l’une de ses créatures, un animateur télé, à la tête de la première puissance mondiale.  Quoi de plus logique ? Il est même étonnant d’avoir du attendre tout ce temps pour assister au triomphe de ce média dont l’histoire se confond précisément avec celle de sa vedette. Trump est né en 1946, au même moment que la télé. Dans les années 80, une fois fortune faite, il se lance dans la politique, puis, quelques années plus tard ressent la tentation des médias. Cela commence par des apparitions dans des films où il joue son propre rôle, jusqu’au moment où il décroche en 2004 sa propre émission de téléréalité qui rassemble jusqu’à 40 millions de téléspectateurs. Le concept consiste semble-t-il à mettre en lice des candidats pour décrocher un poste dans une grande entreprise. Ah comme déjà la confusion entre divertissement et politique – l’emploi – est édifiante !

Le message c’est le medium

En réalité, penseurs et philosophes nous mettent en garde depuis longtemps contre les changements profonds et plus ou moins invisibles induits par les médias. A commencer par Marshall Mac Luhan, ce théoricien canadien de la communication, qui lance dans les années 60 cette célèbre formule à propos de la télévision : « le medium c’est le message ». Autrement dit le message est façonné par le medium et lui-même façonne les esprits. Dans La société de consommation publié en 1970, Baudrillard reprend l’idée de Mac Luhan et note : « Cela signifie que le véritable message que délivrent les media TV et radio, celui qui est décodé et consommé inconsciemment et profondément, ce n’est pas le contenu manifeste des sons et des images, c’est le schéma contraignant, lié à l’essence technique même de ces médias, de désarticulation du réel en signe successifs et équivalents : c’est la transition normale, programmée, miraculeuse, du Vietnam au Music-Hall, sur la base d’une abstraction totale de l’un comme de l’autre. Et il y a comme une loi d’inertie technologique qui fait que plus on se rapproche du document-vérité, du « en direct avec », plus on traque le réel avec la couleur, le relief etc, plus se creuse de perfectionnement en perfectionnement technique, l’absence réelle au monde ».  Quand les observateurs disent qu’ils ne comprennent pas la victoire de Trump, c’est parce qu’ils se concentrent uniquement sur le contenu, alors que c’est l’outil qu’il convient d’observer. Trump n’a pas gagné les voix de citoyens rationnels adhérant à un programme crédible, en digne homme de télévision, il s’est placé naturellement en phase avec le formatage des esprits auxquels il s’adressait.

Temps de cerveau humain disponible

Mais des esprits formatés comment exactement ? A « la désarticulation du réel » que décrit Baudrillard, à la mise sur le même plan au niveau virtuel de l’objet vanté par la publicité, du spectacle et de l’information, à « l’absence réelle au monde ». Quarante ans plus tard, un autre philosophe Dany-Robert Dufour donne des clefs complémentaires de compréhension. Ce professeur en philosophie de l’éducation ne cesse de déconstruire l’idée qui fonde le libéralisme et la société de consommation selon laquelle les vices privés contribueraient au bien public (Mandeville). Pour lui, le  marché, devenu une religion (Le Divin marché), commande aux individus pour prospérer de libérer leurs instincts. Jouis ! exige le marché pour vendre. Ce faisant, il ruine la vieille différence entre l’âme d’en bas et l’âme d’en haut chez les grecs, autrement dit la nécessité pour être un humain émancipé et libre de dominer ses instincts (âme d’en bas) au bénéfice de l’âme de haut. Dans Le délire occidental sorti en 2014 (Editions LLL), il revient sur l’épouvantable phrase de Patrick Le Lay « pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible.[…] Rien n’est plus difficile que d’obtenir cette disponibilité. C’est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l’information s’accélère, se multiplie et se banalise… »Le premier sens du mot divertir, c’est voler, rappelle cruellement DR Dufour qui n’est guère plus tendre avec la deuxième acception du terme. « Dans le divertissement on ne peut pas fixer son attention sur une chose puisqu’une autre chose vient immédiatement remplacer la première, et ainsi de suite (…) C’est pourquoi on peut dire que le divertissement est un destructeur d’attention et, précisément un destructeur d’attention profonde ». Et l’auteur de poursuivre en expliquant que l’attention profonde s’acquiert grâce à la lecture pour parvenir, selon le mot de Kant, à la majorité c’est-à-dire à une capacité d’entendement telle que l’individu peut devenir capable de penser par lui-même. Là où il devient visionnaire, c’est quand il explique « les grecs disaient que lorsque l’âme d’en bas domine, le troisième et dernier principe, l’âme intermédiaire, le thumos, élément irascible situé dans le coeur (qui est capable du courage qui fait les héros lorsqu’il est mis au service de l’âme d’en haut) devenait susceptible d’emportements et de colères dévastatrices ». Comme voter Trump par exemple ?

Simplisme, radicalité, violence

Pour se convaincre que Donald Trump est bien une créature médiatique, par nature en osmose avec les consommateurs de médias que sont devenus les citoyens des grandes démocraties, il suffit d’observer les critiques faites à l’intéressé. Opinion simplistes, vulgarité, radicalité, brutalité, violence, mensonges ? N’est-ce pas là une description parfaite des critiques portées contre le système médiatique et en particulier contre la télévision ? Ne peut-on considérer avec DR Dufour si on se penche cette fois sur le message et non plus le formatage opéré par le médium que cette libération des instincts prônés par la société de  consommation à travers les médias ne pouvait qu’aboutir à l’élection de Trump ?   Le concert des récits du réel proposé par les médias ne donne jamais qu’une vision simplifiée jusqu’à la caricature du monde, très noire dans la mesure où le journalisme à tort ou à raison est spécialiste du pathologique, violent pour la même raison. Et il s’insère dans un système plus vaste incluant culture et divertissement qui, sous la contrainte économique, sert au plus grand nombre ce qui est censé plaire : du divertissement et de la vulgarité. Avec ce commandement : Jouis ! Et comment jouir sereinement si on ne bénéficie pas de la sécurité ?

Un amuseur divertissant dans un univers virtuel

Trump n’a pas été élu malgré le fait qu’il est hors des réalités mais précisément parce qu’il est hors des réalités. On oppose ici à tort deux mondes réels, l’un connu des journalistes et l’autre qui leur aurait échappé, celui-là même qui aurait voté Trump. En réalité si les journalistes n’ont pas vu venir Trump, ce n’est pas parce qu’ils n’étaient pas sur le terrain, mais parce qu’ils y étaient justement et qu’ils s’obstinaient – à juste titre – à vouloir raconter le réel quand ils se faisaient doubler par un amuseur parlant à des êtres en quête de divertissement dans un monde virtuel. Face à des modifications qui affectent si profondément les esprits et les systèmes de valeur, les techniques de fact chekcing consistant à contredire en permanence par les faits les assertions erronées d’un candidat apparaissent bien dérisoires. La vérité des faits ? Mais qui s’en soucie encore ? Nous, rétorquent les médias ! Ah bon ? Saluons cet élan de vertu quand le système s’aperçoit qu’il a fabriqué une créature ingérable et tente de la détruire. Seulement voilà, quand on a déformé/formaté durant des décennies la représentation de la réalité – même involontairement- , comment croire que quelques semaines avant une élection on pourra soudain, face au péril, rectifier le tir ? C’est impossible car des effets de système bien trop puissants  empêchent les meilleurs volontés du monde de changer le cours des choses.

Non l’outil n’est pas neutre

J’ai longtemps cru et écrit à propos d’Internet qu’il fallait distinguer l’outil – neutre – et ce qu’on en faisait, soumis à jugement. Je pense désormais que Mac Luhan avait raison, l’outil n’est pas neutre, il formate les esprits et donc le monde. Or on est en train de reproduire avec Internet, ce lieu de liberté défendu bec et ongles par ceux qui ont décidé d’y installer un contrepouvoir à ce vieux monde qu’il détestent, la même erreur d’aveuglement en refusant de soupeser l’outil, d’en analyser les vertus mais aussi les dangers. Cet article par exemple sur la manipulation des élections américaines par Facebook est très intéressant, mais combien serait plus intéressant encore de commencer à étudier sérieusement l’impact sur les esprits de l’outil Internet indépendamment de son contenu. Le narcissisme, le voyeurisme et l’exhibitionnisme que cultivent chez leurs utilisateurs les réseaux sociaux pour prospérer, les troubles de la concentration induits par l’offre permanente d’information, les biais introduits par les moteurs de recherche, la virtualisation du réel, les mécanismes émotionnels qui fabriquent des emballements hystériques, la rumeur qu’il est si simple de propager….

Rien n’est perdu. La vie a des ressorts insoupçonnés pour fabriquer ses contrepoisons. L’intelligence humaine est éblouissante. On s’en sortira comme toujours, mais que de temps perdu à s’égarer…

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23 commentaires »

  1. Très bon billet. Merci beaucoup. Il est étonnant de constater à quel point cette caractéristique du personnage, sa notoriété acquise par la télévision, est peu mentionnée. On peut comprendre pourquoi…

    J’avais moi-même écrit ceci au lendemain de l’élection :

    « Président façon télé-réalité ou vrai président ?

    Donald Trump, promoteur et animateur de télé-réalité, élu à la présidence des États-Unis d’Amérique : on peine à le croire, est-ce la réalité ? Les formes ont été respectées, l’élection a eu lieu selon les procédures voulues, mais tout cela a-t-il encore un sens ? Tout cela pourrait-il, aussi peu que ce soit, être vrai, véritablement ? Pour tout métier il faut études, examens, diplôme. Lui, mis à part gagner de l’argent, il sait, à la télévision,… faire semblant. Il sait si bien faire semblant qu’il en est devenu célèbre. Si célèbre qu’il s’est présenté. Et, faisant semblant tout au long de la campagne d’être capable d’être président, il a été élu.
    On pense à ce qu’écrit Günther Anders dans “L’obsolescence de l’homme” : “Le mensonge n’avait encore jamais possédé de meilleur instrument : il ne ment plus contre la réalité à l’aide de fausses images, mais à l’aide de la réalité elle-même”
    Donald Trump est élu. Il ne lui reste plus qu’à continuer à faire semblant. Combien de temps faudra-t-il pour que le mensonge soit dévoilé ?
    Quand la réalité, partout, est mensongère, à quoi se raccrocher »

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 22/11/2016 @ 16:55

  2. Merci Aliocha
    La lecture de votre billet me fait comprendre combien le « Media is the message » et le « Substance over form » cher aux auditeurs nous racontent la même histoire. Comme vous j’ai cru que l’outil était neutre, je pense qu’il le reste pour beaucoup d’entre eux, mais les médias et la communication sont l’exception qui confirme la règle.

    Commentaire par Remseeks — 22/11/2016 @ 16:56

  3. Allez! Encore un petit effort … Bientôt d’aucuns soutiendront que, dans l’urgence, il faut interdire Internet!
    Il est parfaitement clair que les phénoménales puissances qui sont du côté de l’Argent veulent, impérativement, contrôler les esprits! Avec des moyens « soft » si possible … mais, le cas échéant, avec des moyens « moins soft » voire « pas soft du tout »! Ce qui importe, pour ces puissances, c’est que les esprits soient « sous contrôle »!

    Commentaire par Jacques Heurtault — 22/11/2016 @ 17:01

  4. Donald Trump, le diable à la mèche blonde, a gagné. Comme une sinistre réminiscence d’un autre diable, à la mèche brune, celui-là
    Quel rapport ? Vous n’avez pas pu vous en empêcher comme tous les autres, Hitler n’était certainement pas un personnage issue des médias, il a construit le sien, le parti national socialiste, qui a sorti l’Allemagne de sa …dette. Que Trump soit une surenchère, une bête médiatique, c’est certain, mais c’est aussi un super entrepreneur.

    Commentaire par Georges Dubuis — 22/11/2016 @ 21:40

  5. Bonjour
    Délire intégral.
    Je pense que la majorité des électeurs de DT ne sont pas fan du net, mais seulement contre le système, les journalistes, les bobos de la 5ème avenue….
    Lambda

    Commentaire par Lambda — 23/11/2016 @ 11:22

  6. Pour les anglophones, il est intéressant de lire les archives du blog de Scott Adams, l’auteur de Dilbert. C’est plein de mauvaise foi et d’un ton très prétentieux, mais il a développé depuis longtemps une idée qui ressort en filigrane dans votre post ici : Trump a gagné justement parce qu’il ignore les faits et sait manipuler l’opinion et les journalistes pour orienter les gens. Au delà de ses idées crassement populistes et démagogues, il serait stupide de nier que Trump est un homme intelligent et manipulateur, qui a su parfaitement jouer avec la communication.

    Ça n’est pas rassurant pour l’avenir des médias, puisque celà montre à quel point ils peuvent être utilisés, à leur insu et sans la moindre pression directe, pour accomplir un but opposé à leurs idéaux (et je ne parle pas du fait que les médias soient de droite ou de gauche, mais simplement l’idéal qu’Aliocha défend, d’informer, de rapporter le réel).

    Quant à Trump, je crois qu’il faut être raisonnable et ne pas tomber dans l’extrémisme : c’est avant tout un populiste, dont les premières annonces depuis son élection montrent à quel point ses « promesses » de campagne n’étaient que des mots dans le vide. On est plus proche de Berlusconi que de Hitler… Et si l’on veut que la leçon serve chez nous et éviter qu’une populiste soit aussi élue, il est important de ne pas crier au loup pour rien : dire que Trump est Hitler renforce l’argument des populistes suivant lequel le « système » et les « élites » sont ligués contre le peuple, parce que c’est excessif. Montrer que c’est un démagogue sans épaisseur ou idée est à mon avis la seule façon de désamorcer les populistes ici ou ailleurs.

    Commentaire par Rémi — 23/11/2016 @ 14:23

  7. Les éléctions américaines ne ressemblent pas aux nôtres, ce n’est pas le peuple mais les grands électeurs qui mènent le jeu . Au départ tout le monde ( républicains inclus) se moquaient de Trump le nouveau riche des buildings qui n’a rien d’un enfant de choeur mais il a su flatter le côté populaire et faire basculer les précieux swingings states. Si bien que ce nest pas le nombre de votants qui l´emporte mais les Etats où les grands électeurs sont le plus nombreux.
    Conclusion les Etats n’ont plus rien d’unis. Les républicains qui sont notre extrême droite (et pas en majorité ) gouvernent un pays qui est un melting pot et dont les origines sont multiculturalistes.
    Pas simple.et rien à voir avec nous .

    Les journalistes ne sont plus ceux qui informent font une pédagogie et ont une éthique d’honnêteté intellectuelle. Ils choisissent et plébiscitent la nouveauté et le sensationnel avec un goùt prononcé pour le péjoratif les catastrophes et la critique. Et surtout par dessus tout ils orientent le lecteur ou l’auditeur pour leur faire épouser leurs propres opinions. Rien de neutre et de modéré et jamais innocent. Actuellement ils font fausse route , se trompent et perdent la face.

    Trump est un Berlusconi américain , il est venu quand le peuple en a eu marre du politiquement correct et était prêt à n’importe quoi pour mettre un coup de pied dans la fourmilière . Et ça c’est mondial. En France cela fait longtemps qu’on nous dit çe qu’il faut croire ou ce qu’il faut penser alors que mieux que toutes les philosophies et les discours intellos le peuple veut qu’on l’écoute.
    On a que trop tendance à faire des généralités en se basant sur quelques bobos parisiens , ceux du Net , ceux qui s’ennuient et utilisent les réseaux sociaux, les pseudos-intellos qui mettent tout en équation..etc etc Et on n’ira pas au bout de nos surprises.
    Fillon en est une .. Avec ce besoin d’autre chose..

    Commentaire par Cincinnatus — 23/11/2016 @ 16:13

  8. @Cincinnatus : parler des grands électeurs est un peu faire fausse route. Oui, bien sûr, c’est ce système qui fait que le gagnant n’est pas forcément celui qui a le plus de voix. Mais il serait plus juste de mettre en avant le fait que c’est un système indirect, pas spécifiquement des grands électeurs. En théorie, la même chose pourrait arriver en France : un parti pourrait avoir la majorité des députés (et donc un gouvernement de son bord) sans avoir la majorités des voix (en fait, je n’ai pas la moindre idée de si ça n’est pas déjà arrivé…). C’est plus difficile en France parce qu’il y a plus de circonscriptions que d’états aux États-Unis mais pas impossible.

    Et de même que la campagne américaine se focalise sur les « swing states », une campagne législative peut tout à fait se concentrer sur les circonscriptions susceptibles de basculer, avec exactement le même effet. Les campagnes électorales britanniques sont réputées pour cela…

    Commentaire par Rémi — 23/11/2016 @ 16:46

  9. Je me réponds à moi-même : les 2 tours en France compliquent les comparaisons, mais il arrive régulièrement que le parti qui a le plus de députés ne soit pas celui qui a le plus de voix à l’un des deux tours. Le cas le plus flagrant à en croire Wiki est 1967, où la droite est arrivée derrière la gauche aux 2 tours (à la fois en nombre de votants et en pourcentage – d’à peine 2000 votes sur toute la France au 2ème tour !), et a eu au final 250 députés (et le gouvernement) contre 200 pour la gauche.

    C’est trop loin pour que je m’en souvienne, mais je ne crois pas qu’on ait protesté sur un vol du vote populaire ou autre argument de ce genre…

    Commentaire par Rémi — 23/11/2016 @ 16:56

  10. Je ne saurais trop vous conseiller de lire ce récent article de Frédéric Lordon à propos du rôle des médias et de leur faillite face aux questions politiques (il y a de très bons passages sur la mode du fast checking). Puis de lire l’analyse du texte de Lordon par Acrimed :
    http://blog.mondediplo.net/2016-11-22-Politique-post-verite-ou-journalisme-post
    http://www.acrimed.org/Le-journalisme-post-politique-eparpille-facon

    Commentaire par Gilbert Duroux — 24/11/2016 @ 14:45

  11. D’abord féliciations de sortir de l’affaire Kerviel, je saturais !

    Trump à cause des médias ? Par Mercure, c’est à croire que les même médias n’existaient pas à l’époque d’Obama… Obama était le vote de l’espoir, Trump celui du ressentiment, économique et culturel.
    Personne n’a félité les médias hier, tout le monde à les critiquer aujourd’hui.

    Je ne dis pas ça pour exonérer les médias, en effet trop… Trop ?
    Quand ils veulent plaire, complaisants et vulgaires, ils avilissent. Quand ils veulent se plaire, sermoneurs et souvent malhonnêtes intellectuellement, ils provoquent une réaction contre les victimes potentielles qu’ils veulent protéger et discréditent le politiquement correct, comme on dit.
    Dire cela, c’est tout de même montrer qu’il n’est pas si facile de porter des mesages, les hommes n’étant pas des anges, ce qu’ils ont à transmettre, ils le corrompent.

    Bon, trève de référence religieuse, il ne faut pas diaboliser tel ou tel médias mais les équilibrer. Tous les médias ont leurs défauts et qualité. Voyons, la radio, pas de fascination de l’image, mais sans texte, on a du mal à fixer son attention et l’imagination, certes belle faculté, est utilement solicitée lors d’adapations littéraires mais parfois facheuse dans les émissions de fond.
    La télévision hypnoptise. Pas grave dans la fonction cinéma, mais dans le débat, le sachant, suscite plus d’esprit caustique que les autres médias. L’aspect grand messe, communiel du 2O heures peut créer une sorte de lien social, de base de débat entre la plupart des gens, ce qui lutte contre l’atomisation sociale.
    Internet permet un débat entre gens qui se choisissent – affinités électives ? – et est entre l’écrit, par la trace, et l’oral, la réactivité et la spontanéité. L’offre plus grande que les médias précédents, les affinités électives et une censure moindre en font l’inverse de la télévision, robinet d’eau tiède en général, à savoir une offre où on voit plus de pire et plus de meilleurs qu’à la télévision. Si cette dernière fabrique du lien social général et du consensus, plus par les sujets de discutions qu’en provoquant l’adhésion, et eventuellement dans la critique de sa mauvaise qualité présumée, internet fabrique une exposition d’individus dans les réseaux sociaux et du dissensus, dans les pires des cas par désir d’écraser un internaute, dans le pire des cas, de faire triompher leur point de vue.
    Et le livre, le Livre ? Plus que dans Internet, le meilleur et le pire. La Bible et Mein Kampf. Ces deux livres ont quand même un point commun, avoir provoqué beaucoup de violence. Les Hommes sont bien malheureux, quand ils veulent provoquer la violence, ils y arrivent très bien, quand ils veulent l’abolir, ils l’augmentent, au contraire, eh oui, entre avoir plus conscience du bouc émissaire et donc devoir en faire plus pour se réconcilier, et les quelques justifications à tuer les ennmis de Dieu qu’on peut y trouver, ce livre est explosif.
    Les théories du complot oublient que plein de faits de l’Homme ne sont pas voulus par l’Homme. On ne s’est pas dit qu’on allait créer le langage, en général, ce n’est pas parce que les dominants l’ont voulu, ordonné, qu’on a fait des boucs émissaires, et quand on a basé l’industrie sur l’électrécité et le pétrole, on ne savait pas qu’on polluerait…. Les livres sont le médias qui a provoqué le plus de violence, jusqu’à présent, mais ils sont si sacré qu’on ne le dit pas. Et le Coran ? Et les lois de Manou ? Ce bouquin est terrible, entre la religion et la loi, vraiment idéal pour montrer que les livres et la loi, qu’on croit contre la violence, peuvent fort bien l’instituer.
    Bref, si on veut, on peut piétiner le petit écran, ce pauvre petit chose sans prestige, sans classique, sans profondeur historique. Mais est-ce bien juste ? Doit-on être juste avec la télé, n’est -elle pas trop ignoble pour mériter quelque équité ? Et pourtant… La justice doit s’appliquer à toute chose, les feuilletons sont souvent, des cinéphiles l’avouent, plus inventifs que des films. Les choses évoluent, et elles ne sont pas toujours ce qu’elles semblent.

    Commentaire par Noblejoué — 25/11/2016 @ 21:38

  12. Bonjour Aliocha,

    J’ai hésité avant de poster un commentaire puis, je me suis souvenu de ce post ci: https://leblogalupus.com/2016/11/13/election-de-trump-que-les-journalistes-ferment-leur-gueule-et-acceptent-la-democratie-trump-a-ecrase-clinton-point-final-le-new-york-times-sexcuse-et-reconnait-avoir-ete-malhonnete-a/
    Dans cet article (disponible uniquement sur le Net (Beuark!), vous y découvrirez ce qu’a écrit à ses lecteurs l’éditeur du New York Times, Arthur Sulzberger Jr., après la victoire de Trump: «Nous entendons nous recentrer sur la mission fondamentale du journalisme du Times qui consiste à rapporter honnêtement ce qui se passe en Amérique et dans le monde, sans crainte ni faveur….Jusque là, les directeurs de rédactions pensaient qu’ils pouvaient décider de renoncer aux standards d’honnêteté et de neutralité sans en subir la moindre conséquence». Ah bon, je croyais qu’il n’y avait qu’en France (je pense entre autre autres à cet homme qui vient de se suicider parce que son nom a été donné en pâture à l’opinion publique sans aucune précaution. Présomption d’innocence dit-on!).
    Michael Goodwin, journaliste au New York Post ajoute: «Parce que le New York Times a diabolisé Trump du début jusqu’à la fin, il n’a pas été capable de se rendre compte que Trump avait mis la main sur quelque chose de réel. Et parce que le quotidien avait décidé que ceux qui soutiennent Trump étaient des tas de beaufs racistes et homophobes, il n’avait pas la moindre idée de ce qui se passait dans la vie des Américains qui l’ont élu… le NYT «subit une hémorragie de lecteurs —et d’argent», ce qui lui fait «de la peine», parce qu’il a «jeté un mauvais œil sur l’ensemble de la profession (Note perso: doux euphémisme)!… S’il ne change pas maintenant, les jours de la dame grise [gray Lady est le surnom du NYT] seront comptés».
    Très sincèrement, le jour où les plumitifs qui prétendent régenter nos vie et nos pensées seront capables d’un tel mea culpa, je reconsidérerai la vision que j’ai de cette profession et de ses représentants . Je ne suis absolument pas un thuriféraire de MLP mais je crains fort qui si aucun changement notable n’intervient dans la presse dite mainstream, celle-ci se retrouve élue dès le premier tour de l’élection présidentielle. A force de considérer les gens comme des imbéciles, ceux-ci finissent par se comporter comme tel on se les représente. On trouvera alors certainement un Rastignac de la plume déclarer doctement que le nouveau chef de l’état n’est pas un démocrate (entendu sur l’Esprit public il y a quinze jours à propos de Trump) et que son élection est non-avenue mais il sera alors trop tard. Par contre, qu’un dirigeant d’extrême-gauche puisse être élu ne semble déranger personne.
    Dimanche prochain, deux scrutins, extrêmement importants dans le contexte actuel, vont se dérouler, l’un en Italie, l’autre en Autriche. Aucune information sur les deux, ou si peu, dans nos chers médias. Nos directeurs de conscience ont-ils considéré que le bon peuple de France ne méritait pas d’être informé? Si les résultats de ces scrutins font échec, comme c’est probable, aux souhaits de Renzi en Italie et signent l’arrivée à la présidence de l’Autriche du candidat d’extrême-droite, ce n’est ni plus ni moins que le fin de l’Europe telle qu’elle a été souhaitée en 1956 qui sera actée. Un tel séisme vaut bien toutes les petites phrases imbéciles qu’on nous ressasse sans cesse, non?

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 27/11/2016 @ 16:13

  13. Sur le « lavage de cerveau » dont nous sommes l’objet, je vous suggère de lire « Neuro-esclaves : Techniques et psychopathologies de la manipulation politique, économique et religieuse » de Paolo Cioni & Marco Della Luna. C’est un gros livre absolument passionnant.
    Voici d’ailleurs l’interview de l’un des auteurs:https://www.youtube.com/watch?v=25EiknEpY9I

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 27/11/2016 @ 20:43

  14. Merci H. pour ce livre. Passionnant en effet et riches d’exemples.
    On trouve même le sommaire directement sur le site de l’éditeur ainsi que le texte de la conférence lié à l’interview que vous citez :
    http://www.macroeditions.com/blog/actualites-et-conspirations/neuro-esclaves-neuro-pirates-paolo-cioni-part-2

    Commentaire par XF — 28/11/2016 @ 11:31

  15. Attention, ça décoiffe ! :
    http://blog.mondediplo.net/2016-11-22-Politique-post-verite-ou-journalisme-post

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 28/11/2016 @ 23:23

  16. @ Denis Monod-Broca :

    Excellent, merci pour le lien ! En effet, ça décoiffe… 😉

    Commentaire par Zarga — 30/11/2016 @ 14:12

  17. Seule la fin compte, peu importe les moyens surtout quand il est question de pouvoir et d’argent. Ainsi va le monde depuis des lustres.

    Commentaire par argone — 04/12/2016 @ 19:15

  18. Un très beau témoignage de l’intérieur de la grève à i-Télé :
    View story at Medium.com

    Commentaire par Gilbert Duroux — 05/12/2016 @ 10:13

  19. @ H

    ce bouquin là c’est pas théorie du complot et autres théories type paranoide genre « on-nous-cache-tout-on-nous-dit-rien » ?

    Commentaire par argone — 07/12/2016 @ 10:45

  20. Bonjour,
    Merci pour cet article. Maintenant je trouve dommage que le commentaire et l’analyse fondé sur la forme des médias soit mis au service d’une analyse conndanable: Grosso modo ce que vous écrivez est que les élécteurs américains sont des CONS parce qu’ils ont voté pour Trump et se sont laissés avoir par un homme de spectacle.
    Désolé, mais si j’avais été américain, jaurais voté Trump.
    Pasp ar adhésion à son programme mais pour être sur de faire perdre la tricheuse et criminelle.
    Criminelle pour ses actions à la tête du département d’état et pour le monnayage de son influence contre argent comptant.
    tricheuse car les e-mail révelant que la primaire á été faussée pour arriver à éliminer Bernie Sanders n’ont jamais été contesté sur le fond.
    Alors entre une criminelle va t’en guerre et un populiste oui, je choisit le populiste car contrairement à vous madame la journaliste je suis mobilisable et n’ai pas envie d’aller en guerre sur les délires de nos élites.
    Venez me reprocher d’avoir fait passé la forme avant le fond.

    Quand le système que vous défendez ne porpose que d’aussi muavaises solutions alors oui, on vote pour le moins mauvais quelque soient nos répugnances pour essayer de limiter la casse.

    Commentaire par Rémi — 07/12/2016 @ 14:04

  21. @ Gilbert Duroux

    Beau témoignage en effet et qui dit toute la difficulté des choses, de la vie…
    Ah, s’il y avait d’un côté les bons, de l’autre les méchants, que ce serait facile… Mais il n’en est pas ainsi.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 07/12/2016 @ 17:57

  22. Excellente analyse de l’affaire Sauvage, chère Madame. Vous complétez magnifiquement les propos de Philippe Bilger, sur son site.
    Patrice Charoulet

    Commentaire par Patrice Charoulet — 31/12/2016 @ 19:09

  23. Chère Madame,

    Je découvre, ce jour, vos propos sur l’élection de M. Trump. C’est lumineux; Nul ne voulait y croire, en France, depuis des mois. C’était la preuve par l’horrible.
    Le clown a gagné. Le roi des salles de catch, tabassant l’arbitre, a gagné. L’animateur de télé-réalité a gagné; J’apprends que la revue Penthouse, à quoi je ne suis pas abonné et que je ne connais que par sa mauvaise réputation, a promis un million de dollars à qui ( en Russie) lui fournirait certaine sex-tape,,
    filmée par le KGB, Si la chose arrivait, ce serait un plaisant grain de sable (voir Pascal) mis dans cette prometteuse carrière politico-médiatique.

    Commentaire par Patrice Charoulet — 12/01/2017 @ 11:14


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