La Plume d'Aliocha

01/11/2016

Quand le système médiatique entre en phase « No limit »

Filed under: Comment ça marche ?,questions d'avenir,Réflexions libres — laplumedaliocha @ 14:33

l-ski-stunt-extremeIl est heureux que les concepteurs de l’Emission politique sur France 2 aient eu l’idée de l’appeler précisément l’Emission Politique. On aurait pu, sinon, douter de la nature de la chose, tant les interviewers issus du divertissement comme Léa Salamé, la présence d’une humoriste à la fin et plus généralement le ton de la première émission (ça s’est amélioré ensuite) faisaient plus penser à une guignolerie qu’à une émission dite « politique » censée éclairer le citoyen sur son vote. C’est un peu comme Paris Plage, pour convaincre les visiteurs qu’il s’agit d’une plage contre toute évidence, le mieux est de commencer par appeler la chose « plage » en espérant que le leurre fonctionnera, observait le génial Muray.

Kerviel et Ménard

Le point d’orgue du premier numéro de l’Emission politique a  résidé dans les deux invités surprises infligés à Alain Juppé. A commencer par Jérôme Kerviel, l’expert en finance. On ne présente plus le trader qui a fait perdre à sa banque 5 milliards et a été condamné par la justice française à 5 ans de prison et 4,9 milliards de dommages intérêts ramenés récemment à 1 million. En France, ce CV discutable en fait un héros. Ailleurs, partout ailleurs, ce serait juste un ex-délinquant. Passons. Il faudra quand même un jour que France2 explique pourquoi cet individu a été trois fois invité du 20 heures, je dis bien « invité du journal de 20 heures de France 2 » et notamment le soir de sa condamnation en appel. Ce qui est plus excentrique encore, c’est qu’on lui ai conféré un statut d’expert. Non pas du contrôle des opérations de marché, ce qui aurait pu éventuellement se défendre vu qu’il avait justement trompé les systèmes, mais un expert de la finance mondiale .… Comme l’a fait observer Guillaume Durand  ce soir-là sur Twitter, nous avons un prix Nobel d’économie en la personne de Jean Tirole. Mais non,  sur France 2 on considère qu’en matière de finance Jérôme Kerviel est plus compétent. On l’aura compris, pour les médias, l’ex-trader est compétent non pas pour expliquer le fonctionnement de la finance, mais pour dire face caméra : « la finance est pourrie ». L’invitation de pareil « expert »  aurait eu de quoi surprendre si les organisateurs de l’émission n’avaient éclairé le sens de leur pensée en invitant Robert Ménard pour interroger le même sur l’immigration. Robert Ménard, cet ancien défenseur de la liberté de la presse (patron de Reporter sans frontières) reconverti en élu d’extrême-droite à Béziers. Ménard, c’est l’emblème de tout ce que le PAF déteste : la facho réac’ indispose les animateurs bobos bien pensants, l’homme qui est passé sans transition de la défense des journalistes à la traque ADN des déjections canines puis à celle des migrants est détesté de tous les journalistes.  Soudain tout est devenu logique. Ménard est en effet à l’immigration ce que Kerviel est à la finance : le type en marge du système qui dit ce que les gens veulent entendre : la vérité vraie. Enfin la vérité qui est censée plaire au public, ce balourd. Du bien gras, de l’épais, de l’attaque sans nuance, du premier degré à la louche, de l’anti-élite car ma bonne dame, de l’avis des médias c’est ça qui marche en ce moment. La pensée en tong et en bob Ricard, la baguette coincée sous le bras. Le discours taillé sur mesure pour le raciste du camping, l’alcoolique surendetté, le chômeur vautré sur son canapé acheté à crédit, le crétin revanchard, le facho du village, tous ces affreux qui forment dans l’inconscient de notre élite médiatique le crétin moyen qui fait grimper l’audimat. Ce crétin qui permet à une petite caste d’aller skier à Courchevel et de passer le reste de son temps libre à St Barth  la coupe de Dom Perignon millésimé à la main en conchiant tous les sans dents du pays. Un crétin imaginaire, trop laid pour exister mais auquel les gens de médias continuent de croire dur comme fer. Jusqu’à quel point le fabriquent-ils à force de le rêver, là réside sans doute l’un des secrets les plus terrifiants du fonctionnement médiatique.

Et s’il n’y avait que cela. Mais que dire du transfert de Lea Salamé depuis l’émission de divertissement de Laurent Ruquier à L’Emission politique ? Sa qualité n’est pas en cause, mais faut-il en déduire  que les journalistes politiques ont disparu ou se sont décrédibilisés au point qu’il faille appeler une professionnelle généraliste pour les remplacer ? Et à quoi rime l’intervention d’une comique à la fin de l’émission qui vient tourner en dérision tout ce qui s’y est dit ? A quelle partie du cerveau des électeurs pense-t-on s’adresser quand toute donnée objective, tout raisonnement, tout programme est balayé au profit d’un galimatias psychologisant mâtiné de divertissement ? Tout ceci affirme haut et fort qu’aux yeux des médias, le citoyen ne vote plus sur la base de l’analyse raisonnée d’un programme, mais plébiscite un candidat plaisant, sympa, cool. Ainsi en a décidé la télévision, non pas au nom d’une conviction quelconque sur l’avenir de la démocratie et le bien public, mais plus prosaïquement parce qu’elle considère que le politique est devenu invendable tel quel et qu’il est donc obligatoire de le dévoyer, autrement dit de le transformer en autre chose qu’un politique pour pouvoir encore intéresser le téléspectateur-électeur. De fait, on constate que l’économie du système médiatique a impérativement besoin de tuer le politique pour prospérer. Quand va-t-on commencer de s’en préoccuper ?

A quand le politique à poil en prime time ?

L’émission politique à peine (mal) digérée par le public, voici que M6 proposait pire encore : l’amour est dans le pré version « l’électeur est dans le poste ». Ici, pas de paysan en panne d’amoureuse ouvrant sa ferme à des prétendantes, mais des politiques en quête d’électeurs  projetant leur intimité à la face de la ménagère de moins de 50 ans pour glaner des voix. Confidences amicales sur canapé. Psychanalyse sauvage du politique enfin sincère, livré là, nu entre les mains manucurées de la gentille animatrice, aussi vulnérable qu’un pauvre agriculteur en quête de l’âme sœur. Plusieurs téléspectateurs ont évoqué une sensation de malaise. Qu’importe, cette émission comme celle de France 2 aurait, dit-on, réalisé de bons scores d’audience (lien précédent). La critique, même et surtout virulente,  fait partie des preuves du succès de l’émission. On appelle ça le bad buzz. Au grand jeu du business médiatique, on n’appuie pas sur « Stop » quand un format d’émission répugnant de bêtise indigne, on appuie sur « Encore » ! Il faut donc poursuivre. Imaginer pire encore, anticiper ce moment où le téléspectateur se lassera. Quand est-ce qu’on va nous proposer le politique nu sur canapé ? L’émission de télé-réalité dont les candidats évoluent à poil devant la caméra soi-disant pour faciliter la rencontre amoureuse existe déjà (à l’étranger et sur D8). Le concept parait si bien adapté à l’exigence de transparence en politique, qu’on se demande jusqu’à quand la télévision va résister avant de nous le proposer. Qui ose mentir en même temps qu’il montre son cul à des millions de gens ? A quand les questions sexuelles, tant qu’on y est ? Je m’étonne qu’aucun génie médiatique inspiré ne nous ait  expliqué que le rapport au cul ne ment pas et qu’il suffirait de faire l’analyse de la sexualité du candidat, avec anciennes compagnes/ancien compagnons en plateau et sexologue inspiré pour atteindre enfin la vérité de l’individu ? Ne haussez pas les épaules, vous sentez comme moi que ce n’est pas une question d’années mais de mois avant qu’on nous propose le pire. Le stade ultime étant, on l’aura compris, le politique sur les chiottes. A force de rétropédaler dans l’évolution humaine, on va finir par retourner au stade anal, les disciples de Freud le savent bien.

Et s’il fallait une preuve supplémentaire du désastre annoncé, il suffirait de se rapporter à l’affaire Morandini. Voir les annonceurs faire eux-mêmes la morale en considérant qu’un animateur est vraiment trop indigeste moralement en dit long sur la déliquescence d’un système qui n’a plus que les marchands pour lui imposer un semblant de vertu, ou plus modestement de dignité. Non pas que l’annonceur soit moral, mais il craint de heurter la sensibilité de sa clientèle et donc de la perdre, ce qui peut l’inciter dans des cas extrêmes à se préoccuper du niveau de crasse des émissions auxquelles il associe son nom. Rappelons que le projet de l’animateur consistait notamment dans une websérie ainsi décrite par un des comédiens . Le web donc. Dont nous annonçait dans les années 2000 qu’il allait rompre avec ces sales médias menteurs et racoleurs pour imposer une sorte d’Utopia médiatique entièrement façonnée dans la glaise de l’intelligence et de l’honnêteté intellectuelle la plus pure. Rions. Jaune, mais rions. D’autant que les auteurs de la série ambitionnaient de la vendre à la télévision. Le fruit pourri ne tombe jamais bien loin de l’arbre crevé.

Qu’est-ce qui stoppera la course folle ?

Surgit alors une angoissante question : qu’est-ce qui peut stopper la folie médiatique ? Celle-là même qui a contribué à faire émerger des gens comme Trump, autrement dit des individus qu’on avait sous-estimés et qu’on observe soudain avec terreur grimper toutes les marches de l’escalier médiatique qu’on a dressé inconsidérément sous leurs pas. C’est connu, les médias adorent détruire les idoles qu’ils ont eux-mêmes fabriquées. L’ennui, c’est qu’ils n’y parviennent pas toujours. Et quand ils s’aperçoivent qu’ils ont fabriqué des créatures incontrôlables, il est souvent trop tard. Sarkozy, Le Pen, Trump, voici quelques exemples de personnalités qui ont échappé à leurs promoteurs médiatiques. Kerviel en est une autre. Tout ce qui sait lire et écrire dans le journalisme a beau expliquer qu’il est coupable, il se trouve toujours à un endroit ou un autre de l’échiquier médiatique, depuis Mediapart jusqu’à France 2 quelque bleu pour lui tendre encore le micro et alimenter le feuilleton imbécile de la banque qui aurait confié l’équivalent de ses fonds propres à un trader lambda en peine crise des subprimes en lui demandant de tout miser sur la hausse des indices boursiers européens pour réaliser profit mirifique de l’ordre de 2,5%.

La finance quand elle est malade, quand elle a vraiment atteint les plus extrêmes limites de la folie explose, détruit presque tout sur son passage puis repart sur des bases  saines. Mais les médias, eux,  n’explosent jamais. Je ne vois à ce stade qu’une fin possible pour le système : la destruction de la société dont il se nourrit. Mais on peut toujours espérer un sursaut de celle-ci….Les journalistes d’Itélé en résistant à leur patron le milliardaire Vincent Bolloré donnent l’espoir peut-être un peu fou que le système soit capable in extremis de se sauver avant de tout emporter sur son passage. Un réconfortant sondage publié par le JDD montre que 15% seulement des téléspectateurs s’intéresseraient à la vie privée des politiques. Cette vie privée qui passionne tant la mauvaise télévision et jusqu’au journalisme haut de gamme du Monde (voir à ce sujet le journalistiquement et politiquement consternant « Un président ne devrait pas dire ça »). Cela signifie que les français sont plus intelligents que leurs médias. Mais combien de temps résisteront-ils à l’incroyable puissance d’abrutissement du système ?

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30 commentaires »

  1. Voilà pourquoi je ne regarde plus aucune émission dite « politique » à la télévision… Et si je n’avais pas de petits enfants qui regardent à l’occasion des dessins animés, je crois que je revendrais carrément ma télévision. Les quelques émissions intéressantes de Arte ou de la 5 peuvent être visionnées en « replay » sur un écran d’ordinateur de de tablette et cela suffit amplement. Par ailleurs, je partage entièrement votre avis sur Kerviel : je ne comprends pas pourquoi bien des medias continuent à en faire un héros… Un de ces 4 on va finir par nous mettre à l’écran les types qui ont volé les bijoux de Kardashian au motif que ce sont des héros de l’anticapitalisme… Il y a quelque chose de pourri au royaume de la télévision.

    Commentaire par Chandernagor — 01/11/2016 @ 14:58

  2. Je n’ai pas de télé et je ne la regarde à peu près jamais. L’abstinence est la meilleure des précautions…

    Mais l’état des médias n’est sans doute que le symptôme de la maladie dont souffre la société elle-même.

    Ne sommes-nous pas entrés dans ce que René Girard nomme une crise mimétique ? Au cours d’une telle crise tout le monde s’en prend à tout le monde. Dans les sociétés primitives on s’en sort si le groupe dans son ensemble, si la foule, se trouve une victime unique polarisant contre elle la violence de tous. Nous, sociétés modernes dispersées, nous faisons foule par l’intermédiaire des médias et d’abord de la télé. Tout se passe comme si la télé cherchait pour nous cette victime émissaire qui polariserait nos frustrations et violences…

    Mais nous ne sommes plus, plus tout à fait, une société primitive. Alors ça ne marche pas. Saurons-nous retrouver la raison, la morale, le sens des lois et des institution, la foi en nos principes, l’amour du prochain (la fraternité) ?… L’enjeu est de taille !

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 01/11/2016 @ 16:42

  3. Bonjour Aliocha
    Je crains que vous ne croyiez correct les 15% du sondage alors que je pense que le résultat devrait être 80%, mais que 65% des sondés n’osent pas reconnaître leur réalité.
    Pour Kerviel je pense que les français ne défendent pas le traider coupable, mais ne comprennent pas que, jusqu’au « dernier jugement » la SG n’était pas condamnée;
    Lambda.

    Commentaire par Lambda — 01/11/2016 @ 17:08

  4. Tout ceci n’est qu’un processus très prometteur pour la suite, la pipolisation et l’auto dérision à tous les étages, l’apanage des sociétés anonymes en générales et très avancées. Quand au sexe, complément indispensable de la finance, il est clair que les circoncis du 8 eme jour sont plus que jamais à l’avant garde pour faire durer le plaisir, ils n’ont jamais su ce qu’ils faisaient comme disait leur roi. Jeu va sur le blog de Paul Jorion tous les jours pour constater la superbe déliquescence de ce nouveau sauveur malgré lui……le père Denis MB aime çà l’intelligence abstraite rhétorique, ah ces branleurs d’ingénieurs sociétaux, ils n’arrêterons jamais et finalement ils sont très RASSURANT ces zombies de vide et haut, même le Jew York Times le dit, plus c’est gros, etc, etc…..

    Commentaire par Georges Dubuis — 01/11/2016 @ 21:15

  5. Dommage qu’il faille attendre cinq mois pour vous lire, mais ça vaut le coup d’être patient !

    Commentaire par Le Bavard — 02/11/2016 @ 01:38

  6. La consanguinité des éditocrates est sans limites. Léa Salamé est capable de recevoir Claude Perdriel, propriétaire de l’Obs., sans l’interroger sur le licenciement politique d’Aude Lancelin, directrice adjointe de la rédaction de l’Obs.
    http://www.arretsurimages.net/emissions/2016-10-14/Aude-Lancelin-A-L-Obs-comme-au-gouvernement-il-y-a-eu-une-purge-id9176
    La même Léa Salamé est capable de recevoir Claude Guéant sans l’interroger sur sa condamnation à deux ans de prison avec sursis pour détournement de fonds publics.
    http://www.arretsurimages.net/breves/2016-10-27/Gueant-chez-Salame-silence-sur-sa-condamnation-id20258
    Idem lorsque Sarkozy, soupçonné d’avoir fait pression pour qu’Envoyé Spécial ne passe pas son reportage sur l’affaire Bygmalion pendant la primaire.
    http://www.acrimed.org/Hommage-a-David-Pujadas-et-Lea-Salame?recherche=L%C3%A9a%20Salam%C3%A9
    Malgré ces complaisances, ces manquements, qui ne datent pas d’aujourd’hui, Léa Salamé a été désignée par ses collègues éditocrates comme la meilleure intervieweuse de l’année (Prix Philippe Caloni 2015)*. Ces braves gens s’adoubent entre eux : passe moi donc la moutarde que je te passe le séné. Et les mêmes chiens de garde vont s’étonner que la profession de journaliste soit décrédibilisée…

    * Outre Jean-Noël Jeanneney, le jury est composé de 14 membres. Et comme le jury intègre chaque année le lauréat de l’année précédente, les 8 anciens lauréats en sont membres (à la différence du Prix Albert Londres qui ne retient que les lauréats des deux années précédentes : Frédéric Taddeï (2007), Emmanuel Laurentin (2008), Nicolas Demorand (2009), Jean-Jacques Bourdin (2010), Jean-Michel Aphatie (2011), Anne-Sophie Lapix (2012), Marc Voinchet (2013), Thierry Demaizière (2014) [3]. Un tel jury, qui réunit des consacrés en charge de la consécration, mérite donc le grand prix de la cooptation – qu’il devrait se décerner lui-même.
    (source Acrimed)

    Commentaire par Gilbert Duroux — 02/11/2016 @ 04:15

  7. La consanguinité des éditocrates est sans limites. Léa Salamé est capable de recevoir Claude Perdriel, propriétaire de l’Obs., sans l’interroger sur le licenciement politique d’Aude Lancelin, directrice adjointe de la rédaction de l’Obs. (Arrêt sur images)
    La même Léa Salamé est capable de recevoir Claude Guéant sans l’interroger sur sa condamnation à deux ans de prison avec sursis pour détournement de fonds publics.
    Même absence lorsqu’elle interroge sur France 2 Nicolas Sarkozy, soupçonné d’avoir fait pression pour qu’Envoyé Spécial ne passe pas son reportage sur l’affaire Bygmalion pendant la primaire.
    http://www.acrimed.org/Hommage-a-David-Pujadas-et-Lea-Salame?recherche=L%C3%A9a%20Salam%C3%A9
    Malgré ces complaisances, ces manquements, qui ne datent pas d’aujourd’hui, Léa Salamé a été désignée par ses collègues éditocrates comme la meilleure intervieweuse de l’année (Prix Philippe Caloni 2015)*. Ces braves gens s’adoubent entre eux : passe moi donc la moutarde que je te passe le séné. Et les mêmes chiens de garde vont s’étonner que la profession de journaliste soit décrédibilisée…

    * Outre Jean-Noël Jeanneney, le jury est composé de 14 membres. Et comme le jury intègre chaque année le lauréat de l’année précédente, les 8 anciens lauréats en sont membres (à la différence du Prix Albert Londres qui ne retient que les lauréats des deux années précédentes : Frédéric Taddeï (2007), Emmanuel Laurentin (2008), Nicolas Demorand (2009), Jean-Jacques Bourdin (2010), Jean-Michel Aphatie (2011), Anne-Sophie Lapix (2012), Marc Voinchet (2013), Thierry Demaizière (2014) [3]. Un tel jury, qui réunit des consacrés en charge de la consécration, mérite donc le grand prix de la cooptation – qu’il devrait se décerner lui-même.
    (source Acrimed)

    Commentaire par Gilbert Duroux — 02/11/2016 @ 04:21

  8. Bonjour à tous,
    Cela me fait bien plaisir de vous retrouver. Je vais essayer de partir moins loin et moins longtemps car le blog m’a manqué.
    En bonus, ce papier inattendu de Claude Askolovicth que j’apprécie de plus en plus http://www.slate.fr/story/127583/invite-sarkozy-pire-merde

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/11/2016 @ 11:58

  9. Il vieillit bien Askolovitch. Il regrette d’avoir été embedded par Sarkozy. Va-t-il aller jusqu’à regretter d’avoir profité d’autres proximités lorsqu’il a abandonné le Nouvel Observateur pour prendre la tête du JDD ?
    http://www.acrimed.org/Le-JDD-d-Askolovitch-presente-une-coproduction-BHL-Houellebecq

    Commentaire par Gilbert Duroux — 02/11/2016 @ 14:07

  10. Chouette retour!
    Pas 5 mois avant le prochain billet SVP.
    Seulement 15% qui s’intéresseraient aux vies privées de nos élites politiques … Quelle peuplade de faux-derches.
    Nous avons les élites politiques et médiatiques que nous méritons, je le crains. Ils ne viennent ni les uns ni les autres de Saturne.

    Commentaire par Grantumu — 02/11/2016 @ 19:23

  11. Heureux de vous lire à nouveau .
    Pour un long moment j’espère !

    Commentaire par Kochka — 03/11/2016 @ 16:02

  12. Vivant en Suisse depuis un peu plus d’un an, ici le service public (la RTS) propose des émissions politiques vraiment intéressantes et avec du fond, y compris sur des dossiers européens! (CETA TTIP…). Les gens dans le quotidien parlent de politique assez simplement en respectant la parole de l’adversaire. Et même les élus et membres de partis, lorsqu’ils débattent vont jusqu’à avouer, face caméra, qu’ils peuvent être d’accord avec leur opposant.

    Commentaire par Pierre — 03/11/2016 @ 16:27

  13. Bonjour chère hôtesse,
    Intéressant et curieux ce papier d’Askolovitch.
    Les reproches, plutôt qu’à autrui, Il vaut toujours mieux se les adresser à soi-même, seule personne dont on puisse modifier la conduite…
    Mais n’en fait-il pas un peu trop ? il y beaucoup d’orgueil aussi à se dénigrer soi-même ainsi.

    Mais, au-delà de son cas à lui, que se passe-t-il ? Charles Gave parle de capitalisme de connivence. Ne sommes-nous pas entrés dans une société de connivence ? dans une société où ce ne sont plus la morale, ni les principes, ni les lois, ni les institutions qui comptent, mais seulement la connivence, c’est-à-dire l’esprit de bande, l’esprit de gang ? dans une société où chacun implicitement ou explicitement dit à son voisin « si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi » ?

    La vérité, que dis-je, la vérité ?, l’idée-même que la vérité puisse exister est bannie. C’est très inquiétant.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 03/11/2016 @ 19:34

  14. Ce qui me gêne plus envers les médias c’est tout de même autre chose de plus insidieux. A titre d’exemple il y a quelques jours un invité politique à la primaire à droite se voit demander s’il accepterai d’être ministre de Jupé.

    Il esquive la réponse et ne répond pas, évidemment, quel sens à une telle question dans un tel contexte?
    Conclusion de M. Cohen: M. XX (oublié le nom) ne veut pas être ministre de Jupé.

    Ah? Il a pourtant rien dit de tel, juste refusé de répondre à la question. Pourquoi ne pas aussi bien conclure que M. XX n’aime pas les carottes râpées?

    Et à 8 h parmi les titres de une:

    XX a déclaré ne pas souhaiter être ministre de Jupé!

    Je suis un citoyen, un électeur et j’ai besoin d’être raisonnablement informé. Or là voilà que l’on nous fabrique en direct de l’information basée sur absolument rien de tangible.

    Je crois que les médias doivent choisir leur camp: le divertissement ou la presse. En tant que contribuable je finance des aides à la presse et des remises fiscales aux journalistes. Je n’ai pas l’impression d’exagérer en demandant que cet effort soit justifié par un vrai service qui est indispensable pour faire vivre une démocratie.

    Si la qualité de l’info est la même que celle de Marcel, en CDI au café de la gare, ben je préfère lui payer un coup, il a au moins le mérite de me faire marrer

    Commentaire par amethyste16 — 03/11/2016 @ 23:26

  15. Bonjour Aliocha,

    Bon retour chez vous 🙂

    Un billet d’humeur qui part un peu dans tous les sens…

    Le traitement médiatique du personnel politique: comme disent nos amis américains, il faut être deux pour un tango. Je reviendrai sur le médias ensuite. Mais on ne peut exonérer les politiques de leur responsabilité. Ils n’ont pas de programme. Ou plus exactement, ils n’ont de position que relatives les une aux autres. Mais pas de projet structurant, profond, qui ensuite se décline. Sans parler des financements, études d’impact…. donc du néant. Il reste donc deux axes majeurs: les symboles et la personnalité. Les deux ne peuvent exister que par amplification médiatique: qu’est-ce qu’un symbole sinon quelque chose donc on a réussit à convaincre les autres que c’était important? Donc il y a un jeu pour identifier ce qui peut mobiliser son propre camp tout en ayant l’approbation plus ou moins muette de la majorité silencieuse. En plus, un symbole, ça ne coûte pas bien cher, donc c’est une des rares mesures qui peut être mise en place à peu près facilement. On peut y trouver pêle-mêle plein de trucs: lois mémorielles, reconnaissance de droits, mot pour un autre… Ce qui nous amène au second point différenciant: la personne. Plus ou moins paternaliste, dynamique, nouvelle, volontaire, clivante… Mais tout cela ne peut exister qu’avec une caisse de résonance: le débat. la forme ultime de la politique contemporaine. Point n’est questions de poser un problème, d’en examiner les implications, les solutions potentielles, d’en le but de construire une solution. Non: ici tout n’est question que de catch, ce spectacle, qui, s’il simule des combats, n’en est pas plus qu’un film policier n’est un travail d’enquête. Bref: du spectacle, avec des postures, des petites phrases, des enjeux symboliques qui ne sont que prétexte.
    Bien sur, les médias préfèrent cela. Entre deux heures de discussion « Bouveresse Compte-Sponville » et « La politique est dans le pré », le choix est vite fait. Les médias sont une industrie. Par définition à la recherche du profit. Comme le modèle de loin le plus important est celui du financement publicitaire, l’audience est la clé. La télé, dont il est question ici, connaît deux grand types de programmes fédérateurs: le sport et la fiction. Elle calibre donc la politique sur ces modèles. Du sport vient la compétition, le calendrier, le vainqueur (c’est une idée étrange d’ailleurs, être le vainqueur dans une discussion, censée être un échange)… De la fiction, elle tire le soin des personnages, qui doivent à la fois être familiers pour l’identification et exceptionnels pour générer de l’intérêt. D’où l’équilibre complexe entre fonction (Président, la partie exceptionnelle) et famille (comme tous le monde). Ça, la télé sait le vendre.

    Le problème est ensuite classique, tout procédé tend à son propre épuisement. Toujours plus d’audimat amène à davantage de compromis dans le spectacle: Kerviel Ménard, Morandini pour citer vos exemples. Jusqu’au jour ou cela met en cause l’industrie elle même. Car s’il ne faut attirer le public, il ne faut pas le faire n’importe comment. Le public n’est qu’un moyen pour collecter l’argent des publicités. Faire de l’audience n’a de sens que si les annonceurs acceptent d’être associé au programme. Et ceux-ci sont peut-être cyniques, ils ne sont pas obligatoirement idiots, et comprennent les dégâts à l’image que certains programmes peuvent générer.

    Commentaire par Kaeldric — 04/11/2016 @ 10:20

  16. Dans le même esprit :
    http://www.acrimed.org/A-Jacques-Julliard-l-oligarchie-reconnaissante

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 05/11/2016 @ 07:42

  17. « L’émission politique » ne surprend guère en raclant dans ses fonds tiroirs les « invités surprises ». Personne n’est dupe ! Kerviel n’est donc pas une « surprise » mais un « client médiatique » venu « plaider », dans un habile paradoxe, « la responsabilité fiscale » de son ex-employeur alors même que sa responsabilité civile mais surtout pénale sont à l’origine de cet extravagant « bovarysme financier » dont il est l’acteur principal lequel, sans vergogne, a su séduire une partie de l’opinion publique jusqu’au fanatisme…quel talent !

    Commentaire par Ardrich — 05/11/2016 @ 10:27

  18. @ Aliocha # 17 :

    Quelle tristesse. Pourtant, je me souviens avoir lu dans un article Rue89 il y a quelques mois de cela qu’ Henri Guillemin retrouvait un »second souffle », si j’ose dire, sur YouTube.

    Selon l’auteur, ses causeries de la télévision suisse romande (me semble-t-il) rencontraient un succès certain chez les jeunes.

    Signe que la recherche de qualité n’a pas disparue.

    Ce qui interpelle, c’est cette incapacité à réagir des patrons de chaines : on aime la qualité, mais on se livre aux annonceurs. Annonceurs qui sont eux-mêmes à la merci d’un éventuel « bad-buzz » façon Morandini… Au final, le téléspectateur garde le pouvoir, mais il s’exprime via ses pulsion, de plus en plus, au détriment de sa raison.

    Je reste persuadé, malgré cela, que le système, dans sa déclinaison actuelle, est condamné, et à une échéance plus proche qu’on ne pourrait le croire.

    On ne peut durablement vouloir séparer les pulsions de la raison, la tête du reste du corps. C’est ainsi, et plus on veut y arriver, plus vite on cherche à y arriver, plus vite on se dirige vers le mur.

    P.S. : C’est bon de vous retrouver ! 😉

    Commentaire par Zarga — 05/11/2016 @ 16:03

  19. Très bon billet, comme toujours.

    Reconnaissons tout de même que l’exercice de l’émission politique radio-télévisée est devenue de plus en plus difficile à l’aune de l’audience et de la rentabilité, même pour le service public.

    On peut, comme moi, regretter l’Heure de Vérité… mais sincèrement, si une telle émission était programmée en 2016, quelle part d’audience réaliserait-elle ?

    Je considère pour ma part qu’outre la dérive de l’entertainment, la focalisation des journalistes politiques sur des questions qui n’intéressent que le Landerneau ou les passionnés, ou la fâcheuse tendance à faire les questions et les réponses sans attendre que l’invité ait fini sa phrase, ou inversement laisser l’invité dérouler un interminable tunnel qui n’avait rien à voir avec la question initiale, sont bien plus énervants.

    Voir le dernier débat des primaires de la droite qui était à mon sens une véritable caricature, avec sa fin magnifique : « vous avez 1 minute pour nous parler d’éducation » !

    Commentaire par Thibaut — 08/11/2016 @ 17:31

  20. Quand est-ce que les journalistes du Parisien vont suivre l’exemple d’i-Télé et s’insurger contre Bernard Arnault ? À la différence de ce qui se passe à Canal + ou à i-Télé, avec un Bolloré qui agit lui-même avec une grande brutalité, on a ici un exemple emblématique de censure plus feutrée (mais tout aussi efficace) avec des cadres intermédiaires qui ont intégré, sans qu’on ait eu besoin de leur dire, ce qu’il faut faire pour complaire au milliardaire qui a acheté le journal :
    http://www.lesinrocks.com/2016/11/08/actualite/parisien-propriete-de-bernard-arnault-refuse-de-publier-pub-merci-patron-11878340/

    Commentaire par Michel Davesnes — 10/11/2016 @ 18:42

  21. « Tout ceci affirme haut et fort qu’aux yeux des médias, le citoyen ne vote plus sur la base de l’analyse raisonnée d’un programme, mais plébiscite un candidat plaisant, sympa, cool. »

    Et anti-système. Ce qui fait recette maintenant, c’est de se présenter comme proche des « vrais » gens, et de leurs « vraies » préoccupations. Qelles sont-elles ? On s’en moque bien, puisqu’on leur souffle qu’il faut avoir peur : de ce qu’on nous dit (puisqu’on nous ment), du voisin, de l’étranger, de l’avenir…

    Peu importe si les marchands de berceuses sont eux aussi issus du « système » décrié, ou s’ils aspirent à s’y hisser : tant que l’histoire est captivante, on l’écoute.

    Le réveil risque d’être douloureux, mais il sonnera, n’en doutons pas.

    Commentaire par Zarga — 14/11/2016 @ 12:53

  22. Quand un journaliste intègre refuse d’être acheté avec un hochet…
    https://reporterre.net/Non-merci-Mme-Royal-je-ne-veux-pas-de-la-Legion-d-honneur

    Commentaire par Michel Davesnes — 14/11/2016 @ 13:29

  23. @ Ardrich
    Finalement, il a raison de faire de la politique, Kerviel. Parce que cette affaire, c’est pas qu’une affaire qui concerne la Justice, n’en déplaise à l’hôtesse.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 14/11/2016 @ 22:08

  24. @ Gilbert Duroux

    En effet, quand on sait qu’à l’approche des présidentielles le terrain est propice, d’autant qu’il a le soutien du parti de gauche et des verts, pour que son opportun « lobbying médiatico-politique » prospère sachant que Bercy, dans une stratégie minimaliste du risque judiciaire, ne saurait craindre l’action procédurale dilatoire.

    D’ailleurs, la Socgen vient de réagir à l’AFP en rappelant que : « le traitement fiscal de la perte occasionnée par les agissements frauduleux de Jérôme Kerviel a été opéré conformément à la législation fiscale applicable à toute entreprise ».

    Commentaire par Ardrich — 15/11/2016 @ 00:07

  25. La banque ajoute même que : « La décision de la Cour d’appel Versailles n’est pas de nature à remettre en cause le bien-fondé de la déductibilité fiscale de la perte. La Banque utilisera donc, le cas échéant, tous les moyens de droit pour faire valoir cette position ».

    Commentaire par Ardrich — 15/11/2016 @ 00:14

  26. Pourquoi les journalistes n’interrogent-ils pas Sarkozy sur la Libye ? Une bonne question posée par David Perrotin, de Buzzfeed (ne pas se soucier du nom de ce site, il sort régulièrement des bonnes infos) :
    https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/revelations-sur-la-libye-mais-pourquoi-personne-ninterroge-n

    Commentaire par Gilbert Duroux — 16/11/2016 @ 22:04

  27. Mr Duroux, les médias sont dans l’immédiat, le fragmenté, c’est toute la fracture entre leurs lecteurs virtuels qui commencent à voir le gouffre de mémoires oblitérées, d’où la chute logique de leurs lectorats de toute façon subventionnés et en pleine perfusion de mensonges par omissions, ils sont foutus mais ils continuent, c’est la bicyclette de Jarry qui les dépasse où le courir fou rire ensemble univers // à celui des banques qui arrosent tout de dettes. c’est beau , c’est magique,l’économie négative où picsou vous prends de l’argent sur vos dépôts.
    Ils sont Charlie crevant de dérisions comme la réalité télé, le spectacle du sociétal à la dérive.
    Rencontré Mr Obertone à Lille ce w.e……son livre Guérilla ne parle que de çà, jeu comprends pourquoi son intelligence a dû quitter la narrative journalistique pour laquelle il avait été si bien formée, le bateau est complètement ivre du roman marxiste des causes qui n’en sont pas….James Dean est partout…….la fureur d’être reconnu dans une société anonyme SARL…..court toujours, peu d’élues malgré et surtout un conformisme délirant de com….tout le cou rage d’un président à 4 % et d’un électro rat paralysé à 50% ! La skyso pratique du XXI eme siècle gagne du terrain ….les français se droguent massivement, le déséquilibre fait parti du PIB, légalisons les et les illégaux sont une chance pour les banques et la valeur terreur ajoutée, la VTA, çà c’est la réelle politique du nihilisme ambiant. Faire payer des chitoyens pour des primaires , c’est vraiment la cerise sur les gâteux !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Commentaire par Georges Dubuis — 17/11/2016 @ 10:06

  28.  » On ne présente plus le trader qui a fait perdre à sa banque 5 milliards et a été condamné par la justice française à 5 ans de prison et 4,9 milliards de dommages intérêts ramenés récemment à 1 million. En France, ce CV discutable en fait un héros »
    La France héroise les pervers. DSK qui viola la fille d’une amie, les Américains n’avaient pas le droit d’enquêter sur lui dans l’affaire du Sofitel, d’après bien des gens qui le voyaient en sauveur de notre pays.
    Polanski était encore plus enthousiasmant, qui avait violé une mineure, et échappé à la justice américaine. Considéré comme un génie et comme DSK récupéré par les anti-américains, les médias nous vendaient une pauvre victime de l’acharnement judicaire. Pour moi, la place d’un criminel est en prison, pas dans les médias.
    Il y a un cas qui ne ressort pas de l’antiaméricanisme mais de l’antifrance, une Française allée chez Daesh, revenue, a écrit ses mémoires. Il me semble que passer à l’ennemi, même pour revenir au pays, devrait valoir la prison aux renégats, mais je rêve, on est impitoyable pour les piqures d’insectes que sont les voleurs à la tire, mais les traitres sont invités à pérorer.

    J’en conclus qu’une part non négligeable de notre peuple n’aime ni la justce, ni les victimes, ni ses alliés, ni son pays…. Bien trop occupée à avoir du ressentiment contre tout ça, ces gens le dissimulent en défense des victimes qui sont, quel hasard, toujours des pervers, violeurs, traitres de leur proche ou de leur pays.

    Commentaire par Noblejoué — 25/11/2016 @ 21:58


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