La Plume d'Aliocha

10/05/2016

Du scandale médiatique comme outil de régulation

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 11:30

denontie_secreteA chaque jour son scandale. Sexuel ou pas, sexuel c’est préférable. Notre époque adore le sexe, dans les journaux, à la télévision, dans les romans, les oeuvres d’art, et même en politique. Deux semaines après le « culotte gate » qui visait un ministre en exercice accusé par des journalistes de gestes déplacés, voici que c’est au tour du vice-président de l’Assemblée nationale d’être visé. Il est accusé par plusieurs femmes de harcèlement sexuel. Tandis que journalistes et féministes hier se félicitaient d’avoir rompu la loi du silence sur le harcèlement sexuel en politique, que les adversaires de l’intéressé marchaient derrière son cercueil médiatique en poussant des cris d’indignation, que ses collègues d’EELV avouaient piteusement – ou pas – qu’ils savaient tout depuis le début, les juristes protestaient doucement que tout ceci heurtait quand même un peu la présomption d’innocence et tout un tas de principes et valeurs aussi importants.

Proportionnalité

« Comment, vous remettez en cause le travail des journalistes ?! » s’indigna-t-on au moment où je levais un doigt tremblant sur twitter pour dire que peut-être il fallait commencer de s’inquiéter que le scandale médiatique devienne la voie privilégiée de régulation de la vie démocratique. Non, je ne critiquais évidemment pas les journalistes d’avoir révélé que de nombreuses femmes étaient victimes d’un harceleur, mon interrogation portait plutôt sur le fait que l’alerte médiatique ait été préférée à d’autres mécanismes. Les réflexions actuelles autour d’un statut de lanceur d’alerte, initiées notamment par le Conseil d’Etat, font émerger le concept bien intéressant de proportionnalité qui peut nous aider ici à raisonner.  En Europe comme en France, on estime que l’alerte doit être graduée, autrement dit,  qu’il convient  d’actionner les mécanismes internes à l’institution concernée -ici la direction d’EELV -, puis en cas de défaillance, les autorités de contrôle – ici le parquet –  et, enfin, quand aucun mécanisme ne fonctionne, et en tout dernier recours, l’opinion publique.

L’échec politique

Or, dans cette affaire, il apparait que l’on a saisi directement les médias. Pourquoi ? Pourquoi un parti comme les Verts assez éloigné de la culture du grand mâle blanc et de la soumission de la femme au pouvoir patriarcal, pourquoi un parti qui, de l’aveu même de ses dirigeants, a toujours pratiqué l’amour libre, pourquoi donc ce parti n’a-t-il pas été en mesure de développer les anticorps nécessaires pour chasser le mal ? Pourquoi les victimes se sont-elles senti forcées d’opter directement pour l’arme nucléaire ? Quelle belle opportunité se présentait pourtant là de faire avancer un sujet sociétal, de montrer l’exemple, de supprimer d’un coup le harcèlement sexuel, le sexisme et tout ce qui nuit à la fois à l’égalité, à la promotion des femmes en politique et à la bonne entente entre les sexes. Parce que c’est très difficile pour une femme de dénoncer ce genre de comportement, répond-on. J’entends bien. A mon sens, ça l’est un tout petit peu moins pour une femme engagée en politique qui me parait incarner la liberté et l’esprit de combat que pour une employée divorcée au SMIC avec trois enfants à nourrir pour qui le choix se résume à supporter la main aux fesses ou à ne plus rien donner à manger à ses gosses. Mais bon, passons…Ici, les mécanismes politiques n’ont pas fonctionné. Et la justice n’a pas été jugée apte à régler le problème. Il ne restait donc plus que les médias. Solution aussi séduisante que dangereuse….

La vengeance plutôt que la justice

Le tribunal médiatique a ceci d’attirant qu’il réagit vite et fort, quand le tribunal judiciaire exige que l’on attende des mois, voire des années, avant d’obtenir justice, et encore au bout du compte la victime ne sera-t-elle jamais qu’un pièce rapportée de la procédure qui a accepté de renoncer à sa vengeance. Avec les médias, point de délégation ni d’attente : la réponse est immédiate ce qui correspond à l’accélération de nos vies, violente, ce qui répond à la violence subie, sans recours possible pour celui qui en est l’objet, ce qui épargne à la victime l’insupportable épreuve de devoir entendre nier ou contester ce qu’elle a subi et sa souffrance. Et, dans un univers où les médias ont une place aussi prégnante, la sentence est immédiate, c’est la mort. Saisir les médias, c’est rechercher l’assassinat symbolique (et son cortège de punitions bien réelles : opprobre, perte de poste, mise à l’écart….). Mais n’est-on pas là en face d’ une terrifiante régression de civilisation ? Ne serait-on pas par hasard en train d’assister à la restauration de la vengeance en lieu et place de la justice déléguée ? Evidemment, ceci est facilité quand la main qui vous tend le micro est la même qui dénonce quotidiennement le délitement des institutions républicaines jusqu’à la nausée. C’est toute une vision du monde que révèle cette affaire. Un vision sombre, un brin paranoïaque dans laquelle chacun est autorisé pour abattre un système dont il s’estime à tort ou à raison victime à recourir directement à l’arme lourde…Si ce n’est pas un retour à une forme de barbarie, ça y ressemble.

Et les valeurs fondamentales ?

On me dit que certaines causes ne pourraient avancer qu’ainsi. Ce sont les mêmes qui fort justement jurent la main sur le coeur que le terrorisme ne doit  nous pousser à abandonner ni nos valeurs les plus fondamentales, ni le droit de flâner en terrasse. On ne leur sacrifiera rien, pas plus l’essentiel que l’accessoire. En revanche, pour lutter contre le harcèlement sexuel, on peut jeter la présomption d’innocence  à la poubelle et avec elle l’ensemble des droits de la défense. On peut accuser publiquement un homme de faits prescrits de sorte qu’il n’ait à peu près aucun espoir d’être innocenté si par impossible il n’avait rien fait. Et c’est pareil avec les lanceurs d’alerte si en vogue actuellement. En prenant appui sur l’exemple de quelques personnes courageuses qui ont, au péril de leur situation, révélé un risque collectif, on prône une culture généralisée de la surveillance  et de la dénonciation.

Il serait sans doute temps de freiner un peu la course folle vers l’avenir radieux que l’on croit apercevoir en piétinant allégrement nos principes.

 

Mise à jour 4 juin : Et voilà une illustration de ce que je craignais. Le journaliste Denis Robert révèle les véritables identités de plusieurs utilisateurs de twitter. Il s’agit notamment d’un compte parodique que le grand investigateur (qui n’a pas de compte twitter et visiblement n’y connait rien) a lu au premier degré. Alors, c’est qui le corbeau de la haine dans l’histoire ? Celui qui plaisante, ou celui qui le dénonce en le faisant passer pour un salaud ? A supposer que ces comptes posent vraiment un problème, il y a une procédure pour signaler les contenus illicites sur Internet aux autorités. Dans une société démocratique, on saisit la police et la justice, on n’a appelle pas au lynchage sur Internet au motif que tout est permis contre les salauds. 

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37 commentaires »

  1. Salut Aliocha, ça fait un bail hein ?

    Malheureusement je reviens commenter uniquement pour dire que pas du tout d’accord ! (Mais alors pas du tout.) Pour ne prendre qu’un des points qui me chagrinent, parlons de la proportionnalité que vous évoquez : je ne crois pas qu’on peut dire que les victimes aient ici directement saisie les médias. De ce que j’ai entendu du dossier :
    1- les instances de régulation du parti n’ont pas jugé les faits comme relevant du pénal, qui pourtant (si l’on en croit une enquête qui m’apparaît comme sérieuse vu que je ne voit pas Inter ni Médiapart sortir un truc de cette importance sans avoir une enquête sérieusement étayée) en relève bel et bien,
    2- la justice… comme vous dites les faits sont prescrits, donc ce levier là n’est plus actionnable, et pourtant la personne est toujours en exercice. Au passage, je pensais comme vous qu’il est bien dommage qu’une responsable politique bien au fait des violences faites aux femmes n’aille pas porter plainte, mais en entendant son témoignage je me suis repris car il me semble que les barrières qui empêchent la plainte relèvent plus d’un trauma psychologique individuel auquel le niveau de vie ne change rien, et que qui suis-je pour en juger ?
    3- l’opinion publique. Attention à ce stade à ne pas prendre les réactions des réseaux pour celle de l’opinion publique générale, il me semble qu’il y a un biais sur Twitter notamment qui fait que l’opinion qui s’y exprime peut sembler majoritaire quand elle ne l’est pas vraiment, bref je ne crois pas à ‘opprobre générale, et il me semble que Baupin a également tout un tas d’armes (médiatique, juridique) à sa disposition pour se défendre. Bref je ne pense pas que la présomption d’innocence soit réellement en danger.

    Enfin je ne crois pas non plus qu’EELV soit à ce point en avance sur la société, en tant qu’institution, pour être aussi éloigné « éloigné de la culture du grand mâle blanc et de la soumission de la femme au pouvoir patriarcal » que vous le dites.

    Commentaire par Gwynplaine — 10/05/2016 @ 12:04

  2. Prendre le temps, voilà ce qu’il faudrait …

    Commentaire par Sabine — 10/05/2016 @ 12:06

  3. @gwynplaine : ravie de vous voir même si vous n’êtes pas d’accord.
    Lisez ceci. Cette affaire m’a bouleversée : http://www.gazettedupalais.com/services/actualites/vie_pro/e-docs/les_plus_quavocats/document_actu_pro.phtml?cle_doc=00002E21

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/05/2016 @ 12:42

  4. Bonjour Aliocha. Votre article est courageux car en porte-à-faux avec la majorité des réactions. Je fais partie de cette majorité, et je pense que ces femmes ont eu raison d’aller voir les médias, pour la portée symbolique, pour montrer qu’un tabou doit être brisé, que l’impunité des hommes politiques est insupportable et que la honte doit changer de camp. Cela dit, je trouve cela sain que des voix comme les vôtres s’élèvent pour nous rappeler que c’est un jeu dangereux et que dans un monde idéal, c’est la justice qui résoudrait le problème. C’est absolument vrai. Cependant, les faits semblent représenter une petite somme d’agressions individuelles très difficile à agréger. La justice est une énorme machine lente qui broie, filtre, tranche, fait du bruit et prescrit les faits. Cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas eu lieu et qu’ils ne doivent pas être dénoncés. Il ne faut pas oublier que ce ne sont pas des faits dénoncés à la légère, mais le résultat d’une enquête journalistique qui paraît sérieuse. De plus, l’incriminé a les moyens de se défendre en justice, ce qu’il ne va pas se priver de faire.

    Commentaire par natoussia — 10/05/2016 @ 12:47

  5. Bonjour Aliocha, globalement plutôt d’accord, j’ai lu un peu de René Girard dans ma vie donc je peux imaginer que la victime du lynchage soit innocente. Vous avez raison de faire ce rappel, mais il ne faudrait pas que la présomption d’innocence interdise toute information sur une affaire judiciaire. Mais, le « tribunal médiatique » juge sans se préoccuper le moins du monde du dossier et des faits qui y sont présents. Le journal n’a pas à se soucier d’objectivité. Les temps médiatiques et judiciaires ne sont pas les mêmes, vous le savez mieux que moi. Mais quand vous écrivez :
    .
    « En Europe comme en France, on estime que l’alerte doit être graduée, autrement dit, qu’il convient d’actionner les mécanismes internes à l’institution concernée -ici la direction d’EELV -, puis en cas de défaillance, les autorités de contrôle – ici le parquet – et, enfin, quand aucun mécanisme ne fonctionne, et en tout dernier recours, l’opinion publique ».

    J’ai l’impression que vous commettez une erreur, ou que votre expression peut le laisser croire : les médias ne seront jamais une juridiction de dernier recours crédible qui puisse rendre la justice avec équité. Certes, il existe des fiascos judiciaires, et il existe des affaires médiatiques. Et si le judiciaire devient soumis au médiatique, il n’est plus indépendant…

    C’est toujours un plaisir de voir Aliocha reprendre la plume.

    Commentaire par remseeks — 10/05/2016 @ 12:47

  6. Quand le politiquement correct est le comble de l’incorrection, le conformisme le comble du non-conformisme (et l’inverse), quand il est interdit d’interdire, quand le seul principe survivant est de ne pas avoir de principes, quand il n’y a pas de tâche plus sacrée que d’éradiquer tout sacré, quand douter est suspect et croire coupable, quand les justiciers sont convaincus d’exercer la justice, quand on se fait bourreau au nom de la défense des victimes, ou encore quand les princes sont rebelles et complices de voleurs (Ésaïe 1.23)… en un mot quand les mots n’ont plus de sens, en effet il y a de quoi s’inquiéter.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 10/05/2016 @ 13:15

  7. @ Aliocha : merci. J’avais un peu suivi sur Twitter. J’irai lire à tête reposée. Sinon, vous êtes allée voir LesJours.fr, ce nouveau média en ligne. Ça fait un mois que je teste, et je trouve ça fabuleux

    Commentaire par Gwynplaine — 10/05/2016 @ 13:20

  8. Sujet compliqué …
    Merci pour votre point de vue et votre recul, très intéressants !

    Une de mes interrogations est de savoir si cela va permettre de faire du ménage, y compris dans les autres partis (une des femmes qui a témoigné a indiqué que c’était partout comme ça).
    Si oui, parfait, l’arme nucléaire aura valu la peine.
    Si non, on est plus dans un lynchage … que je préfère à votre terme de vengeance : plus personnelle alors qu’ici,il y a un côté place publique (plus place de village que vengeance secrète).

    Sur la communication (dont je fais plus que me méfier) ou l’opinion médiatique, je suis plus partagé : ces gens en vivent et en usent tant qu’on pourrait aussi dire qu’ils connaissent les règles de ce jeu …. Je veux dire, ces gens qui passent leur vie à chercher le buzz pour exister peuvent difficilement demander ensuite la sérénité judiciaire quand ça leur convient moins …

    a+
    Bigben

    Commentaire par Bigben — 10/05/2016 @ 13:25

  9. Je l’ai déjà mis chez juan…
    un extrait de Camilleri, in la forme de l’eau (Montalbano déjeune avec son ami journaliste, ils parlent d’un scandale sexuel touchant un ingénieur assassiné):

    —————————————————————————————————————–
    Ils mangèrent en parlant de manger, comme il advient toujours. Après avoir évoqué le souvenir de crevettes de rêve qu’il avait goûtées dix ans auparavant chez Fiacca, Zito critiqua le degré de cuisson et désapprouva la totale absence d’un soupçon de persil.
    — Comment se fait-il qu’à Retelibera, vous êtes tous devenus anglais ? attaqua sans préavis Montalbano, alors qu’ils étaient en train de boire un blanc que c’était un élixir, déniché par son père du côté de Randazzo.
    Une semaine auparavant, il lui en avait apporté six bouteilles, juste une excuse pour rester un peu ensemble.
    — Dans quel sens, anglais ?
    — Dans le sens que vous vous êtes gardés de couvrir Luparello de merde comme, en d’autres occasions, vous l’auriez sûrement fait. Tu comprends, l’ingénieur meurt d’infarctus dans une espèce de bordel à ciel ouvert, au milieu des putes, des macs, des pédales, il a le pantalon baissé, il est franchement obscène et vous, au lieu de saisir au vol l’occasion, vous vous alignez et vous étendez un voile pudique sur la manière dont il est mort.
    — Ce n’est pas dans nos habitudes de profiter comme ça, dit Zito.
    Montalbano éclata de rire.
    — Fais-moi un plaisir, hein, Nicolò ? Va cagner, va, toi et toute ta Retelibera.
    Zito rit à son tour.
    — C’est bon, voilà comment les choses se sont passées. À quelques heures de la découverte du cadavre, maître Rizzo s’est précipité chez le baron Filò de Baucina, le baron rouge, milliardaire mais communiste, et il l’a prié, il lui a demandé les mains jointes que Retelibera ne parle pas des circonstances de la mort. Il a fait appel au sens de la chevalerie qu’il paraît que possédaient, dans l’Antiquité, les ancêtres du baron. Comme tu sais, le baron a en main quatre-vingts pour cent des parts de notre station. Et voilà.
    — Et voilà mon cul. Et toi, Nicolò Zito, qui t’es gagné l’estime de tes adversaires parce que tu dis toujours ce que tu dois dire, tu réponds « À vos ordres » au baron et tu te couches.
    — De quelle couleur ils sont, mes cheveux ? rétorqua Zito.
    — Roux. Rouges.
    — Montalbano, moi, je suis rouge dedans et dehors, j’appartiens à l’espèce en voie d’extinction des communistes méchants et revanchards. J’ai accepté, convaincu que ceux qui demandaient de passer sur les circonstances de la mort pour ne pas souiller la mémoire du malheureux lui voulaient du mal et non du bien comme ils tentaient de le faire croire.
    — Je n’ai pas compris.
    — Et moi je t’explique, innocent. Si tu veux faire oublier vite fait un scandale, tu dois en parler sans arrêt, à la télévision, sur les journaux. Tu en mets et remets des couches, tu en fais des tonnes ; au bout d’un moment, les gens commencent à en avoir plein le dos : Mais qu’est-ce qu’ils nous gavent avec cette histoire ! Mais ils n’ont pas bientôt fini ? En quinze jours, l’effet de saturation est tel que personne ne veut plus entendre parler du scandale. Compris ?
    — Je crois que oui.
    — Si, au contraire, tu fais un grand silence, le silence commence à parler, à se multiplier, les rumeurs incontrôlées se multiplient, elles n’en finissent plus de grossir. Tu veux un exemple ? Tu sais combien de coups de fil nous avons reçus à la rédaction, justement à cause de notre silence ? Des centaines. Alors, c’est vrai que l’ingénieur, des filles il s’en faisait deux à la fois, dans la voiture ? Alors, c’est vrai que l’ingénieur, il aimait faire le sandwich, et pendant qu’il baisait une putain, un nègre le besognait par-derrière ? Et la dernière, de ce soir : Alors, c’est vrai que Luparello, il offrait des bijoux fabuleux à ses radasses ? Il paraît qu’on en a trouvé un au Bercail. À propos, tu ne sais rien de cette histoire ?
    — Moi ? C’est sûrement du pipeau, mentit tranquillement le commissaire.
    — Tu vois ? Je suis sûr que d’ici quelques mois, il y aura un connard qui viendra me demander si c’est vrai que l’ingénieur s’enculait des mouflets de quatre ans pour se les manger ensuite farcis de châtaignes. Il sera couvert de merde pour l’éternité, ça deviendra une légende. Et maintenant, j’espère que tu as compris pourquoi j’ai répondu oui à qui demandait l’enterrement de l’affaire.
    —————————————————————————————————-

    Commentaire par Tchaf — 10/05/2016 @ 14:11

  10. « (et son cortège de punitions bien réelles : opprobre, perte de poste, mise à l’écart….) »

    Le problème, c’est que les victimes/accusatrices/accusateurs qui décident de passer par les canaux « légitimes » (internes à leur organisation ou via le parquet) subissent souvent ces mêmes punitions (que les accusations soient légitimes ou non). Parce que l’accusé dispose le plus souvent de plus de pouvoir et de crédit social que la victime/accusatrice et que la meilleure défense, c’est l’attaque. Le fait de porter l’attention publique sur l’organisation/accusé est souvent vu comme un moyen de se protéger (souvent bien mince, en pratique).

    Le point clé de cette affaire étant que l’accusé vient de quitter EELV. On peut y voir des manœuvres de représailles de ses anciens collègues mais on peut aussi imaginer que l’affaire sort maintenant parce que le pouvoir de nuisance de l’accusé sur ses accusatrices a fortement diminué…

    Accessoirement, je ne suis pas sûr que la révélation médiatique constitue une telle arme nucléaire. Une fois encore, ça dépend du pouvoir de l’accusé et ça peut très bien se retourner contre l’accusatrice.

    Un autre problème de votre analyse, c’est qu’elle fait reposer sur les victimes la responsabilité de faire tout ce qu’il faut, comme il faut. On peut se poser aussi la question de la responsabilité des organisations dont les réactions semblent suivre régulièrement le même schéma: tant que l’information reste en interne, on fait le mort; dès que ça explose en public, soit on catapulte l’accusé par la fenêtre la plus proche, soit on remonte le pont-levis, on nie tout en bloc et, pour faire bonne mesure, on assassine médiatiquement (pour reprendre votre expression) la victime. Je pense qu’il y a de la place entre ces deux postures pour une réaction plus mesurée: examiner les faits disponibles et prendre des mesures proportionnées. S’il n’est pas possible d’établir avec un niveau de confiance satisfaisant que les accusations sont fondées ou non (parole contre parole), il est tout a fait possible de maintenir l’accusé dans sa position. Au moins, les gens sont prévenus, ses proches (supérieurs, pairs et les hommes surtout) peuvent garder un œil sur lui et intervenir en cas de « dérapage » (remarques ambiguës, tentative d’isolement d’une victime,…) et ses potentielles futures victimes peuvent se protéger (éviter de se retrouver seule avec lui, documenter les « dérapages » dès le début,…) et avoir raisonnablement confiance que l’organisation les soutiendra si elles souhaitent rapporter des comportements problématiques (et donc éviter l’isolement et le l’omerta)

    Donc oui, régler tout les problèmes par le lynchage médiatique n’est pas une solution mais je ne suis pas convaincu que la solution soit de compter uniquement sur le parquet (qui ne gère pas toujours très bien les plaintes pour agression sexuelle…) et la justice (qui est lente et fortement en défaveur des victimes étant difficile de prouver matériellement les faits…) Le statu quo n’est pas satisfaisant, en tout cas, parce que je ne partage pas votre surprise de voir ce genre d’affaire chez les Verts. Ce genre d’histoire revient partout, aussi bien dans les départements de philosophie ou d’anthropologie que dans le milieux militants anarchistes et même féministes… pas vraiment des bastions du mâle blanc non plus, à première vue…

    Et si l’hystérie médiatique n’est pas une solution satisfaisante non plus, je crois qu’on gagnerait à mettre plus la pression sur les organisations plutôt que sur les accusés… et les victimes.

    Foxtrot.

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 10/05/2016 @ 14:53

  11. Il semble bien que ce député ait pour le moins exagéré (litote). Cela étant, cela n’en fait pas un violeur… pour la plupart des gens, hommes ou femmes… sauf lorsqu’il s’agit de mener campagne au nom d’un groupe de pression ou d’une association. Cela s’amplifie au point que les tenants de la loi de pénalisation des clients de la prostitution ont employé pour tous ces clients le terme de « prostitueur » (qu’ils soient clients d’une indépendante dont il est parfaitement clair qu’elle n’a pas de souteneur ou d’une prostituée contrainte par un proxénète ou un réseau).
    Je me souviens aussi de l’affaire Gabrielle Russier (plus sûr du patronyme), soit d’une prof ayant eu une véritable liaison avec l’un de ses élèves (de première ou terminale). C’était en France. Mais à présent, dans les pays anglo-saxons (Am. nord, GB en particulier), dès qu’une majeure, même jeune (20 ans), a une relation avec un mineur (ou une mineure, soit un, une « teen », selon l’âge de la majorité dans le pays en question), c’est devenu le scandale absolu, l’horreur incarnée, et la presse se jette dessus (en publiant des photos de la jeune femme, voire son adresse quasi-complète). Si, en plus, elle est prof (même de gym dans un club), ou dans la fonction publique, la presse tente de faire durer l’affaire d’une édition sur l’autre.
    Cela revient à faire du salace sous couvert de moralisation.
    Je ne saurais me prononcer sur le cas de cet élu, mais je crains que les faits soient quelque peu gonflés par certaines des plaignantes et une partie de la presse : soit pour récupérer son siège (pour soi-même ou d’autres, d’une fraction ou d’une de son parti), soit pour pointer les écolos du centre, de gauche, et au-delà. Ce n’est qu’une supputation frôlant la gratuité puisque je ne suis pas à même d’estimer la gravité des faits, si les femmes ayant refusé des avances ont été ou non victimes de sanctions ou brimades, &c.
    Cela étant, le rapport avec celles et ceux qui s’inquiètent des dérogations à la procédure pénale en raison de l’état d’urgence et qui se récrie à propos de cette affaire me semble pour le moins ténu. L’argument est pour le moins faible, voire diriment (au sens, non point juridique, mais plus commun : qui endommage le fondement de la démonstration). Pour répandue qu’elle soit, la tartufferie n’est pas si générale…

    Commentaire par Jef Tombeur — 10/05/2016 @ 15:15

  12. Voilà pourquoi il ne faut jamais se contenter de la version des victimes : http://www.bfmtv.com/societe/controle-d-un-handicape-gare-de-lyon-une-video-disculpe-les-policiers-973191.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/05/2016 @ 19:49

  13. je pose ça ici pour mémoire : http://www.lesoir.be/1205395/article/economie/2016-05-09/panama-papers-donnees-300000-offshore-mises-en-ligne

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/05/2016 @ 19:53

  14. Pour la liberté, toujours !
    Que les femmes ne soient plus harcellées. Comment ? Régulations internes ? Dans les faits, les harcelleurs étant les mâles dominants, les victime seraient juges et parti. Solution bonne pour la poubelle. La justice ? Assurément, elle qui devrait être un pouvoir mais ne l’est pas en France, et qui n’a guère de moyens… Militons pour pouvoir et moyens mais n’en voulons à personne de croire daventage aux médias dans notre pays.
    Les médias ne sont pas une juridiction, ils ne peuvent guère intégrer la présomption d’innocence… Mais obligeons-les a donner la parole a toutes les parties et surtout, dans les cas où l’innocence de quelqu’un a été établie, à la proclamer tant est plus : autant qu’ils ont parlé de l’affaire avant car cela rendra autant que possible son honneur au diffamé et dissuadera d’accuser à la légère.

    Concernant la prostitution.
    Il était mal de condamner les prostituées. Il est mal de s’en prendre à présent aux clients. Laissons les uns et les autre libres. Ne méprisons pas ceux qui choisissent de vivre grâce au sexe, ne méprisons pas non plus ceux qui choisissent d’avoir accès au sexe par l’argent… L’instinct de survie des uns et sexuel des autres ne sont ni bien ni mal, des instincts, essayons que les gens ne soient pas obligés de vivre grâce à la prostitution, ou autres travaux qui peuvent leur répugner, et les autres puissent trouver des partenaires malgré tel ou tel obstacle, laideur peut-être, grâce pour les uns à la chirurgie, les autres quelque indulgence du public. En somme, comme le disaient les bouddhistes tibéthains au croisement de route  » Que tous les êtres soient heureux ! »

    Commentaire par Noblejoué — 10/05/2016 @ 21:39

  15. Pardon, je voulais dire, les harcelleurs seraient juge et partie !

    Je pense trop aux victimes, et voilà, elle surgissent sous mes doigts. Et c’est aussi que je pense que les victimes opprimeraient volontiers si elles étaient les plus fortes, que les plus forts remperaient volontiers s’ils étaient les plus faibles.

    De Funes l’exprime admirablement ! Tyran-rempant, comme c’est le fond du caractère des humains. Ca c’est pour la dominance. Sexe ? On aurait pu espèrer que l’orgasme rende la sale bête plus bienvaillante, mais non.
    Ect. Un désastre.

    Commentaire par Noblejoué — 10/05/2016 @ 21:45

  16. Aliocha : « Or, dans cette affaire, il apparait que l’on a saisi directement les médias ».
    Ben non. Renseignez-vous.

    Commentaire par Michel Davesnes — 11/05/2016 @ 01:14

  17. Le phénomène est déjà très répandu aux États-Unis.

    https://news.ycombinator.com/item?id=9626970

    Commentaire par IV8aKF+gQEe6Np+B1XeF7A== — 11/05/2016 @ 06:01

  18. « Et les valeurs fondamentales ? » bonne question… très bonne question !

    Commentaire par villiv — 11/05/2016 @ 10:44

  19. Pardon pour le hors-sujet…

    http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2016/05/11/a-vous-monsieur-le-temoin-venu-deposer-devant-la-cour-dassises/

    Je me pose les question suivante : qu’est-ce qui constitue l’outrage à magistrat ? Dans quelle mesure peut-on, en tant que témoin, échanger avec le président lors de son audition, et quelles sont les précautions à prendre pour ne pas se voir reprocher quoi que ce soit ?

    Je reprends le compte rendu de Pascale Robert-Diard :

    « Le président vous a accueilli avec toute l’autorité et la solennité que lui confèrent son rôle et sa robe rouge. Il vous a d’abord demandé, comme le lui impose la procédure, si vous vouliez faire une « déclaration spontanée ». Vous ne saviez pas trop ce que pouvait signifier la « spontanéité » dans un tel lieu. Vous avez répondu que vous préfériez que l’on vous pose des questions. Vous étiez attentif, vous réfléchissiez avant de répondre. Il vous a demandé de qualifier la relation que vous aviez eue avec l’accusée. Vous avez cherché le mot le plus juste ou le moins faux et vous avez dit :

    – C’était des périodes récréatives.  »

    Puis plus loin :

    « – Mais vous avez déclaré vous-même que ce n’était qu’une récréation… »

    Comment interpeler le président pour lui faire remarquer qu’il ajoute de son propre chef le « qu’  » ? Ou bien Est-ce à la défense, et à elle seule, d’intervenir ?

    Le côté glaçant le dispute au scandaleux, ici.

    Pour en revenir à nos moutons, je partage les deux points de vue : il peut être dangereux de n’écouter que la seule version de la victime, surtout dans les affaires comme celle-là. Non pas qu’il faille la considérer avec plus de circonspection que toute autre, mais du fait qu’une fois lancée, la saleté s’accroche au veston de l’intéressé, pour bien souvent ne jamais le quitter, quand bien même il serait disculpé. Alors oui, les réactions des instances intérieures sont à questionner tout autant que celui à qui on prête ces comportements.

    D’un autre côté, je n’arrive pas à regretter (voire je me réjouis… quel sale type je peux faire !) de ce que certains « serial harceleurs » commencent à serrer les fesses à l’idée que la parole se libère de plus en plus facilement maintenant. Si ça peut les inciter à garder leurs mains dans leurs poches, c’est pas plus mal.

    Mais c’est très inconfortable de balancer ainsi entre les deux.

    Commentaire par Zarga — 11/05/2016 @ 12:41

  20. Il faudrait pouvoir envoyer une claque lorsqu’il y a insulte sans qu’elle soit retournée .. Il faudrait faire la différence entre un hommage admiratif et une invite grossière , il faudrait apprendre à respecter l’autre , il faudrait en bref que les femmes gagnent des galons mais ne perdent pas les avantages qu’elles avaient autrefois et tout ce qui a fait dire à Elizabth Badinter qu’elles font  » Fausse route » ..

    En fait si égalité il y a les femmes devraient à leur tour jouer  » Basic Instinct  » et avoir des propos et gestes vulgaires ce qui rendrait l’atmosphère agréable sous les ors républicains , chacun laissant s’exprimer sa riche nature .. Ce n’est pas seulement un problëme de sexe c’est aussi dans le cadre du travail un non respect de sa dignité et de la fonction représentée .
    La vie en société devient de plus en plus sordide , la courtoisie la politesse et les usages étant inconnus ou exclus il est donc obligatoire de légiférer et le résultat est dans les cas extrêmes qu’un instituteur ne peut plus prendre dans ses bras un enfant qui tombe et que chacun se pose des questions avant d’être simplement  » aimable ».
    Autrefois les hommes étaient sans doute plus hypocrites et les femmes ne se fâchaient pas lorsqu’ils sifflaient sur leur passage mais les violeurs et les pédophiles ont toujours existés et le chantage du supérieur hiérarchique continue à sens unique de plus belle ce qui prouve bien que le « gender  » et tout ce qu’on raconte sur la libération des femmes est une vaste fumisterie.

    Commentaire par Scaramouche — 11/05/2016 @ 14:48

  21. le billet de Judge Marie, toujours informative: http://blog.francetvinfo.fr/judge-marie/2016/05/10/ouverture-dune-enquete-sur-laffaire-baupin.html

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 11/05/2016 @ 16:25

  22. La lutte….. des places fait rage, il était une foi…..ils se suçaient les uns les autres pour de mauvaises raisons, et ,et, en fin de carrière révélèrent leurs hontes du temps où tout allait bien….une crise de + et autant en emporte le vent.

    Commentaire par legrandjeu — 12/05/2016 @ 09:22

  23. C’est un vrai problème que les medias fassent des procès à la place de la justice. Cette sale histoire Baupin, mais aussi les Panama papers, l’affaire Kerviel … ça fait beaucoup.
    Pourquoi les victimes qui accusent D. Baupin ont-elles tant attendu, et pour ensuite se tourner vers mediapart ? Une question de timing ? Comment D. Baupin, même s’il a bien fait ce dont on l’accuse (ce que je crois d’ailleurs), peut-il dans ces conditions exercer son droit légitime à se défendre ? Et, si un jour quelqu’un est injustement accusé et mis au pilori dans la presse sans rien pouvoir faire, que se passera-t-il ? Un suicide …
    Tout ceci me met très, très mal à l’aise. Les medias outrepassent leur rôle, la justice n’est sans doute pas parfaite, mais il y a un ordre, un contrôle, une déontologie, une lenteur prudente même, qui leur manquent singulièrement. Bref, tout ceci revient pour moi à de la justice privée, presque à de la vendetta : quel recul, quel danger pour la démocratie !

    Je suis contente de retrouver votre blog, Aliocha. Je vous suis aussi un peu, de loin, sur twitter, alors merci pour vos papiers sur le Tribal Kat.

    Commentaire par Maelle — 12/05/2016 @ 10:15

  24. @Maelle

    « Pourquoi les victimes qui accusent D. Baupin ont-elles tant attendu, et pour ensuite se tourner vers mediapart ? »

    https://en.wikipedia.org/wiki/Sexual_assault#Emotional_effects:

    « Aside from physical traumas, rape and other sexual assault often result in long-term emotional effects, particularly in child victims. These can include: *denial*, *learned helplessness*, genophobia, anger, *self-blame*, anxiety, *shame*, nightmares, fear, *depression*, flashbacks, *guilt*, *rationalization*, moodswings, *numbness*, promiscuity, loneliness, *social anxiety*, *difficulty trusting oneself or others*, difficulty concentrating. Being the victim of sexual assault may lead to the development of posttraumatic stress disorder, addiction, major depressive disorder or other psychopathologies. Family and friends experience emotional scarring including a strong desire for revenge, a desire to « fix’ the problem and/or move on, and a rationalization that « it wasn’t that bad ».[22] »

    Emphasis mine.

    Foxtrot

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 12/05/2016 @ 12:23

  25. J’étais cet après midi au « procès » du kinapage du général Piquemal et comme évidence nous avons eu droit à un reportage du petit journal d’anal + …….qui a été abondamment hué……par le public. Le cinéma est partout ! Rideau.

    Commentaire par legrandjeu — 12/05/2016 @ 21:47

  26. Excusez, kiDnapage.

    Commentaire par legrandjeu — 12/05/2016 @ 21:47

  27. Je lis partout que les faits seraient prescrits. Cela ne concerne cependant que la prescription pénale. En droit civil, la prescription ordinaire est de cinq ans et ainsi les faits ne seraient point prescrits pour la plupart.

    Commentaire par Tendance — 13/05/2016 @ 08:49

  28. Dans le prolongement de la réflexion d’Aliocha :

    http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2016/05/12/woody-allen-a-cannes-et-les-indignations-selectives-928597.html

    Complément intéressant…

    Commentaire par Zarga — 13/05/2016 @ 14:22

  29. Dans le prolongement de la réflexion d’Aliocha : la notoriété s’autorise !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Commentaire par legrandjeu — 13/05/2016 @ 14:35

  30. Denis Baupin : les deux Justices
    http://www.rue89.com/2016/05/10/denis-baupin-les-deux-justices-263989

    Commentaire par Zarga — 14/05/2016 @ 10:03

  31. Euh ce n’est pas sur ce blog qu’il y a quelques temps, autant en articles qu’en commentaires, on fustigeait le « genre » ? C’est l’approche genre et la connaissance des mécanismes de socialisation masculine et féminine qui permettent d’expliquer ce phénomène. C’est le genre qui explique que M. Baupin s’est senti autorisé à harceler et à le faire en toute impunité, c’est le genre qui explique que ces femmes n’ont pas osé en parler, n’ont pas pu le porter devant la justice, même en étant diplômées, indépendantes. Elles savaient très bien qu’on allait – encore une fois, comme ces femmes qu’on rend responsable d’avoir porté une jupe – mettre leur parole en doute, les culpabiliser (comme vous le faites) et que la démarche judiciaire serait couteuse, sans assurance que le harceleur serait condamné. Il n’y a qu’à regarder tout les chiffres des violences sexuelles et de leur judiciarisation pour comprendre. Baupin sait que lui de son côté qu’il bénéficie de la tolérance de ses semblables, d’une partie de l’opinion publique (comme à l’époque de DSK et de ses amis montés au créneau pour le défendre). La justice là dedans… ou même la Justice… La justice est à l’image de la société, et la société, sur ces questions là, elle est pas jolie jolie. D’ailleurs ça pose de vraies questions sur la démocratie, l’Etat de droit. Le rôle des medias aussi si vous voulez, mais le vrai problème est dans les valeurs de la famille, les comportements. Je pense qu’il faut surtout se poser la question ce qu’on fait toutes et tous au quotidien pour empêcher ce genre de comportements, et notamment élever nos fils pour qu’ils ne se comportent pas comme des petits machos, futurs gros porcs harceleurs.

    Commentaire par xenomorf — 14/05/2016 @ 11:37

  32. Bonjour,

    Ne faudrait-il pas écouter et étudier les praticiens qui accueillent et soignent les victimes des violences sexuelles ou autres, avant de déclarer telle ou telle chose laxiste envers ceux qui usent de violence et dissimulent les faits et d’autres choses plus pointilleuses envers les victimes qui se révoltent enfin ? Je suis surpris que dans cette tribune, aucune mention ne soit faite du site Mémoire traumatique de la psychothérapeute Muriel Salmona, http://www.memoiretraumatique.org/ et de son livre Le livre noir des violences sexuelles https://lelivrenoirdesviolencessexuelles.wordpress.com/livre/ . Un livre extrêmement précis et édifiant, vraiment informatif sur la question.

    En voici un extrait éclairant : P. 258 :

    « On a donc tout à gagner à faire le pari de protéger les victimes dès les premières violences. À faire immédiatement cesser les violences et à mettre en sécurité les victimes. À faire respecter les droits des victimes, en leur permettant d’obtenir justice et réparation, pour leur garantir une non-répétition des violences. À mettre un terme à l’impunité des agresseurs tout en leur proposant des soins précoces pour les sortir de leur addiction à la violence ».

    Commençons donc, avant de mettre dos à dos victimes et agresseurs d’une part, prostituées et clients et réseaux de prostitution d’autre part, par voir les dégâts de ces permissions au viol et à la violence sexuelle (universellement tue ou non crue par les proches, les voisins ou les accueillants). Commençons par apprendre de ceux dont c’est le métier de réparer ces traumatismes, … et méfions nous de l’impunité dont bénéficient les agresseurs dans une société qui est à priori majoritairement bienveillante envers les violents par cet effet de limaille qui prend l’orientation du champ magnétique dominant (voir la notion de champ et d’habitus chez Bourdieu, toujours bonnes à penser)…

    Commentaire par Auxenfans — 16/05/2016 @ 19:04

  33. Je reviens de chez « Actualités du Droit »… voilà sa réponse à la tribune des ex-ministres :

    http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2016/05/18/les-povres-ministres-qui-etaient-victimes-de-harcelement-sex-928819.html

    « Ces femmes ont accepté des rôles décoratifs, voire cosmétiques, avec le sourire niais des nouilles trop cuites, jouant ad libitum les supplétives pour atteindre le quota de 50%. »

    Le sourire niais des nouilles trop cuites…

    Commentaire par Zarga — 19/05/2016 @ 10:06

  34. @ Zarga
    Très intéressant Zarga . La réponse en question si je comprends bien transforme une banale affaire de sexisme en rapport de forces. Cela me rappelle celui qui disait que « s’il n’y avait pas de victime il n’y aurait pas de bourreau ». .. facile , mais il y a toujours une part de vérité dans ce qui nous paraît énorme. Si on accepte on s’enfonce dans une situation trouble d’où le masochisme n’est pas exclu et sans vouloir excuser celui qui porte sa testosteronne en bandoulière je crois que déification du glamour sexy féminin ne favorise pas celle des neurones.

    Commentaire par Scaramouche — 19/05/2016 @ 11:59

  35. @ Scaramouche :

    J’ai retenu la formule parce qu’elle m’a fait rire. J’adore ce genre de parallèles, un peu comme celui d’un autre avocat qui prêtait à son ancien client l’intelligence d’un cendrier vide.

    C’est la conclusion de Gilles Devers qui est intéressante, car il invite à sortir des discours de morale pour se placer sur le terrain du droit. Ce qui ne doit pas exclure à mon sens l’aide à toute personne se trouvant en situation de harcèlement.

    Commentaire par Zarga — 20/05/2016 @ 08:53

  36. J’en reviens à ma digression sur le billet de Pascale Robert-Diard…

    Cette intervention du président m’a perturbé, et j’ai l’impression qu’on a travesti le propos du témoin en le reformulant de la sorte.

    Jacqueline de Romilly rapporte dans un de ses discours à l’Académie Française ce propos :

    « Isocrate a écrit un éloge de la parole, qui est répété deux fois dans son œuvre, et qui dit, entre autres, ceci : « Nous faisons de la parole précise le témoignage le plus sûr de la pensée juste ; une parole vraie, conforme à la loi et à la justice, est l’image d’une âme saine et loyale » (Échange, 255 = Nicoclès, 7). »

    Ça fait du bien par où ça passe !

    Commentaire par Zarga — 25/05/2016 @ 08:13

  37. C’est une analyse théorique intéressante mais qui ne s’applique pas bien au cas d’espèce, en partie parce que vous occultez le fait qu’il y ait eu de nombreuses alertes au sein du parti sans aucune réaction. Ensuite, aller devant la justice aurait été quelque chose de très périlleux pour une femme seule. En enquêtant, les journalistes ont regroupé ces femmes et leur ont permis de dénoncer ensemble sans s’exposer excessivement. Baupin n’a pas été jeté en pâture de façon inconsidéré sur la base d’une ou deux allégations douteuses.

    Les situations sont complexes et parfois le scandale médiatique a ceci de bon qu’il est capable de provoquer un électro-choc. Combien d’années la condition des femmes en politique vient-elle de gagner grâce à ce scandale ?

    Les journalistes semblent avoir fait un très bon boulot, celui qu’ils n’avaient pas fait pour DSK…

    Commentaire par Antoine — 03/06/2016 @ 18:25


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