La Plume d'Aliocha

10/01/2016

Secrets de prétoires

Filed under: Comment ça marche ?,Justice,Mon amie la com',Salon littéraire — laplumedaliocha @ 14:53

Les amoureux de la chronique judiciaire ont de quoi se réjouir : deux livres y sont consacrés en ce mois de janvier. Tous deux ont été rédigés par des chroniqueuses judiciaires aguerries. Le premier par date de parution s’intitule « Les grands fauves du barreau » aux éditions Calmann-Levy. Il est signé d’Isabelle Horlans, journaliste justice depuis 30 ans et Valérie de Senneville, grand reporter aux Echos, spécialisée en justice et en économie (sortie le 13 janvier). Le deuxième, la Déposition, aux éditions L’Iconoclaste est signé de Pascale Robert-Diard, célèbre chroniqueuse judiciaire au Monde et blogueuse (sortie le 20 janvier).  

41KJMLR7gDL._SX327_BO1,204,203,200_Vaut-il mieux gagner dans le prétoire ou dans les médias ? Telle est la question à laquelle « Les grands fauves du barreau » tente d’apporter des éléments de réponse. Depuis qu’Emile Zola a fait basculer le cours de l’affaire Dreyfus avec son célèbre J’accuse, tous les avocats sont susceptibles d’être tentés de jouer la carte des médias pour défendre leurs clients. Ce d’autant plus que l’appétit de la presse pour les affaires judiciaires ne se dément pas. C’est Jacques Vergès qui, dans l’affaire Omar Raddad, a « inventé » l’usage contemporain de l’arme médiatique dans les procès en fabriquant à partir d’un coupable judiciaire un innocent médiatique. Les ténors du barreau ont embrayé, entrainant une révolution des usages.  « Les Kiejman, Vergès, Lombard, Leclerc et Soulez Larivière ont inauguré le procès moderne sans imaginer qu’ils créaient un monstre incontrôlable » notent les auteures. Ils ne sont pas seuls responsables. A la fin des années 70, la chronique judiciaire  s’est partiellement déplacée vers l’investigation chère à son « inventeur » Edwy Penel.

Haro sur le journalisme d’investigation idéologique !

Avec les travers que dénoncent les avocats interrogés dans le livre : la partialité, la course au scoop, la vision tronquée du dossier. Et les ténors de la place de dénoncer ces nouveaux juges d’instruction que sont devenus les journalistes (Me Jean Veil),  pratiquant un « journalisme idéologique » (Me Richard Malka), un « journalisme d’accusation » (Me Emmanuel Marsigny).  A mesure que la médiatisation des dossiers se fait de plus en plus violente et accusatrice, grandit la tentation (l’impérieuse nécessité ?) de plaider les dossiers autant dans la presse que devant les juges.  C’est ainsi que les procès se déplacent des prétoires vers les plateaux de télé. A travers les grandes affaires du moment, Kerviel, Bettencourt, DSK, le livre nous emmène dans les coulisses de cette nouvelle défense qui s’orchestre autant depuis les cabinets d’avocats que dans le secret des officines des communicants. Coup de maîtres et coups tordus émaillent le récit secret de ces grands procès tandis qu’une question lancinante rythme les pages de ce livre  : quel est l’impact exact des stratégies de manipulation des médias dans le cours de la justice ? Les confidences des grands communicants tendent à montrer que c’est moins la justice qu’ils tenteraient d’influencer que l’image du client qu’ils voudraient sauvegarder. Il y aurait donc une défense judiciaire dans les prétoires et une défense médiatique d’image dans la presse. Une pudique et modeste posture que chaque page du livre dément tant il apparait, et c’est assez terrifiant, que l’ambition cachée de tous ceux qui communiquent (prévenus, victimes, avocats, communicants, associations…) consiste bien, au-delà de l’opinion publique, à atteindre et influencer le juge. Quelques figures d’avocats amoureux du silence et de la discrétion apportent une réconfortante contradiction à la fièvre communicante dépeinte dans l’ouvrage. Citons François Martineau, avocat de la Société Générale dans l’affaire Kerviel, pour qui « la discrétion est souvent plus efficace, c’est un art qu’il faut savoir cultiver », ou bien encore Hervé Témime : « je n’ai jamais cru à la défense médiatique. Je ne connais pas d’exemple de procès gagnés grâce aux seuls médias ». Jusqu’à présent…est-on tenté de commenter. Tenez, jeudi prochain l’émission de France 2 « Complément d’enquête » se penche sur les soi-disant zones d’ombre de l’affaire Kerviel. A ma connaissance, aucun chroniqueur judiciaire ayant suivi le procès n’a été interrogé. Que pèsent une instruction, deux procès, 300 pages de décisions de justice, contre la tentation des médias à se rejouer indéfiniment le scénario de l’affaire Dreyfus pour faire de l’audimat ? Et tant pis si au passage, n’écoutant qu’une version de l’histoire, on accrédite l’image d’une justice folle ou aux ordres et que l’on aggrave le divorce entre les citoyens et leurs institutions. Vive le spectacle !

 

La déposition, ou l’affaire Agnelet vue de l’intérieur

 

9791095438021FSCe n’est pas un hasard si Pascale Robert-Diard est citée dans le livre ci-dessus pour avoir refusé que son journal soit instrumentalisé dans le procès Bettencourt par Me Metzner qui, en pleine affaire Kerviel, avait tenté de la convaincre de publier les enregistrements pirates de Liliane Bettencourt. Les chroniqueurs judiciaires sont rompus aux techniques d’influence des avocats, c’est une compétence professionnelle qui les tient à l’abri des manipulations, contrairement à certains de leurs cousins de l’investigation. Les deux métiers sont en principe séparés, mais il arrive qu’ils se rejoignent dans des circonstances exceptionnelles. C’est précisément un moment d’exception qui est à l’origine du magnifique récit intitulé »La déposition ».

Avril 2014 : au terme de son troisième procès, Maurice Agnelet est condamné pour le meurtre d’Agnès le Roux, l’héritière du Palais de la Méditerranée, disparue en 1977. Son corps n’a jamais été retrouvé, mais les soupçons pèsent sur cet avocat sulfureux de la famille qui était aussi à l’époque l’amant de la jeune femme. Débute alors une énigme judiciaire  passionnante qui va durer plus de 30 ans. Acquitté lors de son premier procès à Nice en 2006, Maurice Agnelet est condamné en appel à Aix-en-Provence l’année suivante. Son avocat dépose un recours devant la CEDH et gagne. Un troisième procès est organisé en 2014. Le 6 avril, coup de théâtre : l’un des fils de Maurice Agnelet, Guillaume,  qui avait défendu son père jusque là fait volte face et confie à la barre sa conviction que son père est coupable.   S’en suivent des moments d’une rare violence dans un prétoire lorsque Guillaume est confronté à sa mère qui continue de défendre l’innocence de Maurice Agnelet et le menacera quelques heures plus tard de se suicider. Le procès a été aussi marqué par  un geste magnifique d’Hervé Témime, avocat de la famille d’Agnès Le Roux. Bouleversé par cette famille qui implosait dans le prétoire, il a pris l’initiative de demander au président qu’on ne confronte pas Guillaume et son frère. Sous la plume de Pascale Robert-Diard, l’épisode arrache les larmes.

Bouleversée par cette affaire, la journaliste a écrit à Guillaume Agnelet à l’issue du procès, il lui a répondu. Les confidences de ce témoin hors normes permettent à l’auteur de reprendre l’histoire où le procès l’a laissée et de remonter le fil de ces trente années de mystère. On y découvre l’envers du décor, l’ambiance étouffante qui règne dans la famille, la personnalité singulière, tantôt séduisante, tantôt inquiétante de Maurice Agnelet, le désarroi de son épouse, l’amour angoissé de ses enfants. Nulle révélation fracassante, pas davantage de scoops et moins encore de racolage dans ce livre. Pascale Robert-Diard décrit avec une délicatesse de dentelière les interrogations et les douleurs d’une famille qui a vécu 30 ans sous le poids écrasant d’un secret partagé sans avoir jamais vraiment été avoué. On s’assoit aux côtés de la journaliste sur le banc dans la salle d’audience, on assiste tétanisé au retournement d’audience, puis l’on croise sur un quai de gare Guillaume Agnelet, on marche à sa suite pour découvrir la maison où il a vécu avec son père, on partage ses angoisses et sa rage quand la famille lui impose une insupportable omerta, puis sa délivrance quand enfin il parle. Très peu de livres de journalistes traitant de faits divers peuvent prétendre s’extraire du temps de l’actualité. La plupart sont condamnés au bout de quelques semaines, invalidés par les développements ultérieurs des faits qu’ils ont relatés, balayés par d’autres hochets médiatiques, bref, démodés. Il y a dans celui-ci tant d’amour de la justice et tant d’humanité, tant de finesse d’analyse et de grâce dans l’écriture qu’il mérite d’entrer dans la grande histoire du journalisme.

 

Informations transparence : nous appartenons toutes les 4 à la même association professionnelle, la très belle Association confraternelle de la presse judiciaire. Je n’aurais pas parlé différemment de ces livres si les auteures avaient été pour moi de parfaites étrangères, mais j’estime que ce point mérite d’être porté à l’attention des lecteurs du blog.

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17 commentaires »

  1. Merci

    Commentaire par martine skopan — 10/01/2016 @ 15:19

  2. Les médias ne font certes pas de bons tribunaux, ils ne sont ni assez sérieux pour aller au fonds de l’affaire ni assez sereins. Mais les prétoires ne sont-ils pas eux aussi dépassés et rendus incapables pour de multiples raisons de redndre la justice avec équité ?

    Commentaire par remseeks — 10/01/2016 @ 17:56

  3. Isabelle, 30 ans de prétoire ? Mettons 25… Mais vraiment peu importe : excellente fait-diversière, puis chroniqueuse judiciaire assidue et tout aussi talentueuse… N’empêche, manque en regard une série d’entretiens avec des journalistes évoquant les avocates et avocats… Ou les procureurs… Voire les juges d’instruction (ex. Lambert, que les fait-diversiers n’ont pas ménagé – litote – et parfois vraiment maltraité en n’ayant pas vergogne de leurs exagérations).
    Ce qui est déplorable avec le traitement médiatique, c’est que pour diverses raisons (dont certaines, techniques : nombre de feuillets alloués, temps d’antenne prédéterminé… volonté de justifier un titre ou une accroche qui n’est parfois pas celle qu’aurait choisis le journaliste de terrain ; lesquelles restent malgré tout secondaire), la tentation d’éliminer les demi-teintes, d’opter pour le tout blanc ou le tout noir (affaire Grégory, pour ou contre la mère, pour ou contre Laroche… ; affaire Kerviel avec disculpation ou charge contre lui ou la direction de la SocGen…), semble se renforcer.
    En elle-même, la mécanique judiciaire y incite. La pierre de touche par excellence reste pour moi les cas de troubles psychologiques : peu d’experts avouent leur impuissance (sauf, parfois, hors prétoire : où l’on vous confie que, de toute façon, on manque de lits dans son HP et dans tout le département, et qu’on ne va pas s’encombrer d’un cas paraissant insoluble), et la plupart font trop peu dans la nuance.
    En ce domaine, contrairement aux apparences, la force de caractère réside dans la modestie et l’humilité…

    Commentaire par Jef Tombeur — 10/01/2016 @ 18:34

  4. Bonjour et bonne année !

    Merci pour le tuyau. Vous donnez envie de lire ces 2 livres. Pascale Robert-Diard a effectivement un don extraordinaire pour exprimer et transmettre les émotions ressenties, que ce soit par elle-même en tant que témoin ou par les acteurs dont elle raconte les histoires.

    Que la justice est dure parfois !

    Ces deux livres en rendent compte, semble-t-il, chacun à sa manière.

    Qu’elle soit si dure s’explique. C’est qu’on lui demande ce qu’elle est incapable de donner, l’effacement du passé, des fautes commises, de leurs conséquences. Elle n’est pas une machine magique capable de remonter le temps et de faire que ce qui a eu lieu n’ait pas eu lieu, de faire que les blessures disparaissent et que les chagrins soient consolés. Elle est une fragile institution humaine cherchant à exprimer la vérité sur ce qui s’est passé. On l’oublie trop, et à force de lui demander de réparer les dégâts passés, on lui fait faire, à elle-même, des dégâts…

    Mais je radote, j’ai déjà écrit ça ici vingt fois au moins…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 11/01/2016 @ 13:12

  5. Tous mes meilleurs vœux !

    Dans l’énigmatique affaire Le Roux c’est avec Me M. Agnelet que le bon mot d’esprit de Pierre Dac prend un renversant double sens : « L’accusé est cuit quand l’avocat n’est pas cru »

    On est, dit-on, souvent trahi par les siens : la déposition c’est le fils qui a « tué » le père et « vengé » (en quelque sorte) la disparition de la belle Agnès riche héritière de l’ex Palais de la Méditerranée. Reste une affaire dont l’instruction a été ratée dès 1977 et qui laisse un goût amer.

    Merci également pour vos chroniques dans la Gazette du Palais.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 11/01/2016 @ 15:38

  6. Bonjour à tous et bonne année !

    Merci à Aliocha de nous parler de ces deux livres.

    Le blog est en effet très calme en ce moment. Sur twitter c’est autre chose ! Pour ma part, étant en assez profond désaccord avec ce que dit notre hôtesse de la question des migrants et n’ayant par ailleurs en ce moment pas beaucoup de temps à consacrer à argumenter sur internet, je préfère suivre de loin les discussions … Mais ça me manque un peu …

    Commentaire par Maelle — 12/01/2016 @ 10:43

  7. Bonne année à tous !

    Le blog me manque aussi, mais plusieurs facteurs m’en tiennent éloignée. Beaucoup de travail, une envie de m’éloigner de temps en temps des écrans pour vivre en trois dimensions (c’est bien aussi), l’accélération médiatique qui fait qu’une idée ou une envie d’écrire est obsolète en moins de 10 secondes (terrifiant), et peut-être aussi un sentiment permanent d’obésité mentale liée à une surconsommation médiatique qui me donne envie de ne pas ajouter au déluge ambiant….

    Mais bon, j’ai tant de plaisir quand je m’impose par passion pour un livre ou un sujet de reprendre le fil, que je ne désespère pas de retrouver un rythme plus soutenu de publication en ces lieux.

    Commentaire par laplumedaliocha — 12/01/2016 @ 15:19

  8. @ Maelle
    Certains se méfient de facebook et ne veulent pas s’inscrire à twitter. Tout ce qui tend à uniformiser ou englober dans un groupe un parti ou une confrérie effraie les individualistes qui y voient une tendance collectiviste où (comme il a été dit récemment ) tout le monde sera régit un jour futur par un seul gouvernement dans le plus pur style « Big brother » .
    Ceci pour dire que je me prive sans doute d’infos intéressantes en ne lisant pas de tweets simplement du fait que j’ai souvent bien du mal à prendre parti.
    Jules Renard disait que c’est  » bien d’avoir des idées arrêtées mais pas toujours au même endroit » or tous ces jugements  » péremptoires » et rapides sur tweet où chacun n’écoute que son monologue sont le plus souvent inutiles.
    En ce qui concerne les migrants ils sont comme la langue d’Esope et chacun a raison suivant ce qu’il veut bien voir : prêcher la bonne parole est toujours bien vu de loin , la réalité est toute autre et l’Allemagne commence à déchanter . « Pour » et « contre  » tous ont raison . Reste à peser chaque argument .
    La justice semble suivre ce chemin avec sa balance, et pour ne pas prendre parti dans un jugement elle joue en général la carte de Salomon en ne faisant plaisir à personne.
    Quant à savoir qui gagne entre médias et justice à notre époque , j’ai tendance à penser que ce sont les médias qui suivent la facilité du manichéisme comme l’explique  » Jef Tombeur »

    Commentaire par Scaramouche — 12/01/2016 @ 15:23

  9. Puisque vous évoquez l’APJ et le dépôt d’une requête en date 03 octobre 2015 la décision de la CEDH du 12/01/2016 dans l’affaire Szabó et Vissy c/ Hongrie, permet de conforter la position de votre association : file:///C:/Users/ricde/AppData/Local/Microsoft/Windows/INetCache/IE/ESFL7TUK/Arr_t%20Szab_%20et%20Vissy%20c.%20Hongrie%20-%20l_gislation%20sur%20la%20surveillance%20secr_te%20anti-terroriste%20.pdf

    Par ailleurs, la relaxe des cinq journalistes dans l’affaire Bettencourt par le tribunal correctionnel de Bordeaux montre que certains secrets ne sont pas forcément légitimes…dans une démocratie vivante… : http://www.lemonde.fr/enquetes/article/2016/01/12/affaire-bettencourt-les-cinq-journalistes-et-l-ex-majordome-relaxes_4845971_1653553.html

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 13/01/2016 @ 13:38

  10. Ooops ! Pour le communiqué de presse du 12/01/2016 de la CEDH dans l’affaire Szabó et Vissy c/ Hongrie c’est ici : http://hudoc.echr.coe.int/fre-press#{« fulltext »:[« 37138/14 »]}

    Cliquer sur Arrêt Szabó et Vissy c. Hongrie – législation sur la surveillance secrète anti-terroriste.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 13/01/2016 @ 14:36

  11. http://hudoc.echr.coe.int/fre-press#{« fulltext »:[« 37138/14 »]}

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 13/01/2016 @ 14:40

  12. Aliocha : « Tenez, jeudi prochain l’émission de France 2 « Complément d’enquête » se penche sur les soi-disant zones d’ombre de l’affaire Kerviel. A ma connaissance, aucun chroniqueur judiciaire ayant suivi le procès n’a été interrogé. Que pèsent une instruction, deux procès, 300 pages de décisions de justice, contre la tentation des médias à se rejouer indéfiniment le scénario de l’affaire Dreyfus pour faire de l’audimat ? Et tant pis si au passage, n’écoutant qu’une version de l’histoire, on accrédite l’image d’une justice folle ou aux ordres et que l’on aggrave le divorce entre les citoyens et leurs institutions. Vive le spectacle ! »

    Étant furieusement anticapitaliste, on ne peut pas me soupçonner d’avoir quelque sentiment a priori favorable vis à vis d’un trader, fut-il Kerviel. Il n’empêche, pour avoir suivi un peu l’affaire, je n’ai jamais lu sous la plume des chroniqueurs judiciaires que la commandant de police, qui n’y connaissait pas grand chose en matière de trading, a été cornaquée dans cette affaire par la Société générale. Ce que j’ai appris en regardant cette émission (dont je veux bien reconnaître le côté spectaculaire). Encore une fois, je veux bien admettre la responsabilité de Kerviel, ainsi que son côté manipulateur, mais ce que je n’arrive pas à digérer c’est qu’il se soit retrouvé tout seul derrière le box alors que tant qu’il gagnait, avec les mêmes méthodes, il était couvert par sa hiérarchie. Au passage, toute la hiérarchie de Kerviel a été éliminée, avec de grosses indemnités de départ à la clef (jusqu’à 1 million d’euros), afin que la banque soit sûre que personne ne témoignera en justice.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 14/01/2016 @ 23:35

  13. De facture classique le document présenté par N. Poincaré dans l’émission « Complément d’enquête » avec comme accroche « Kerviel : au cœur du mensonge » dont malheureusement la « clé supposé d’un rebondissement », mis en exergue par N. Poincaré dans son introduction, est éventé par le témoignage (état d’âme ?) de l’enquêtrice qui, on le sait, a été démenti par le rapport de la brigade financière : http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/10/29/affaire-kerviel-la-brigade-financiere-disculpe-la-societe-generale_4799642_1653578.html

    Reste que le procès civil débouchera probablement sur un partage de responsabilité en raison du contexte hors normes de cette affaire.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 15/01/2016 @ 01:21

  14. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/01/17/97001-20160117FILWWW00204-un-enregistrement-pourrait-relancer-l-affaire-kerviel.php

    Ça se complique…(si c’est encore possible): collusion entre certains membres du parquet, les avocats de la SG voire la brigade financière, des enregistrements clandestins …On vit une époque formidable. Notre chère hôtesse (que cette nouvelle année lui soit douce) va trouver matière à un papier vigoureux.

    Commentaire par araok — 17/01/2016 @ 23:51

  15. Et ça, c’est les états d’âme d’une enquêtrice ?
    http://www.bfmtv.com/societe/affaire-kerviel-cet-enregistrement-qui-pourrait-tout-changer-944167.html
    Aliocha oppose ceux qui causent sans savoir et les chroniqueurs judiciaires qui ont suivi l’affaire. Une vice-procureur du Parquet de Paris qui assure que « la banque « savait » tout des pratiques de son trader », il me semble que ce n’est pas quelqu’un qui parle sans savoir ou qui a des états d’âme.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 18/01/2016 @ 00:29

  16. Oui ! En l’état ce ne sont que des allégations, des prétentions non étayées par des preuves irréfragables, de simples présomptions. Point !

    Une belle opération de com ? Sur le terrain médiatique, encore une fois, en effet, c’est bien joué, c’est bien vendu devrais-je dire !

    Enfin, je relève que ce sont deux anciennes personnes qui ne sont plus en poste ? C’est d’un classique des classiques : a posteriori on peut toujours tout justifier !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 18/01/2016 @ 10:10

  17. Bonjour,

    Un bouquin de Pascale Robert-Diard… en voilà une bonne nouvelle ! 🙂 Je file l’acheter, merci pour l’information !

    Je me permet un point orthographique au passage : dans la phrase « Les confidences de ce témoin hors normes permettent à l’auteur de reprendre l’histoire où le procès l’a laissée […] », auteur devrait être au féminin.

    Et sa suite lexicographique : comme féminin de « auteur », je vous suggère, en toute amitié, d’utiliser « autrice » plutôt que « auteure ». Parce que « autrice » est un mot français historique (étymologie : latin auctor/auctrix, qui ont donné auteur/autrice), supprimé de la langue française par de phallocrates académiciens soucieux de retirer aux femmes la légitimité d’écrire (et donc de penser), il y a quelques centaines d’années. Alors que « auteure » est un néologisme récent, moche et imprononçable.

    Quelques sources pour s’informer au sujet du mot « autrice », si le coeur y est :

    http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2012/10/13/autrices-ca-se-dit-ca
    http://sexes.blogs.liberation.fr/2015/05/31/le-mot-autrice-vous-choque-t-il/
    Et l’incontournable SIEFAR : http://siefar.org/la-guerre-des-mots/presentation

    Commentaire par Bruno — 18/01/2016 @ 17:00


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