La Plume d'Aliocha

13/12/2015

Les bateaux ivres

Filed under: Coup de chapeau !,questions d'avenir,Salon littéraire — laplumedaliocha @ 13:07

9782709645782-001-X-1Connaissez-vous l’histoire de ce bateau livré à lui-même après avoir rompu ses amarres qui s’enivre de liberté avant de sombrer, racontée par Arthur Rimbaud dans le bateau ivre ? En sortant du Musée du Luxembourg où se donne une enchanteresse et fort licencieuse exposition sur Fragonard, ce poème écrit sur les murs de la rue Férou m’a rappelé à de plus sinistres réalités.

Il se trouve que « Les bateaux ivres » est le titre d’un livre magnifique du grand reporter Jean-Paul Mari sur les migrants. J’ai déjà parlé ici de lui, c’était à l’occasion de la sortie d’un livre poignant intitulé « Sans blessures apparentes » dans lequel l’auteur, frappé par un symptôme post-traumatique pour avoir vu l’horreur de trop, enquêtait sur ce mal invisible qui frappe les professionnels en prise avec la violence, journalistes, médecins et même militaires. Jean-Paul Mari cette fois raconte les réfugiés dans un livre chorale où il nous emmène à la rencontre de plusieurs destins. Au coeur de l’ouvrage, il y a la Méditerranée, celle d’Homère, avec lequel l’auteur à l’idée brillante de relier l’histoire contemporaine des migrants. Et c’est sous la double paternité de l’aventurier Ulysse et du poète Rimbaud que le journaliste déroule le récit épique, poignant, parfois atroce, toujours douloureux de ces gens prêts à affronter les pires dangers pour un ailleurs qu’ils imaginent meilleur, loin des fous de Dieu :

« Et puis je les ai vus. Les hommes en noir. Un air de mendiants hirsutes, les yeux passés au khôl, des barbes de moines fous, en turbans et tuniques sombres, toujours le doigt levé vers le ciel à hurler « Dieu le veut « , cette fascination pour la mort plutôt que l’amour de la vie et – quelle hérésie – le plaisir ! (…) Aujourd’hui ces oiseaux de malheur nous cachent le ciel, les villes du Sud brulent, les cités encerclées rendent l’âme, les populations entassent leurs biens sur des camions ou des charrettes et traversent les montagnes de Turquie, du Liban ou le désert de Jordanie pour s’évader de l’asile des fous de dieu. Une fois les flancs de la Méditerranée en feu, ne restait plus que la mer, toujours libre, toujours aimante, toujours maternelle. Et puis elle aussi a commencé à changer. »

Il y a l’imam Zachiel qui refuse de prêcher les inepties haineuses des talibans et qui doit fuir avec toute sa famille pour échapper à leur vengeance, Robiel, l’érythréen qui parvient à s’échapper de la tyrannie qu’est devenue son pays où le service militaire est obligatoire et illimité mais au prix de quels dangers invraisemblables ; et tant d’autres…. Par terre ou par mer, dans des conditions qui les mènent parfois plus loin que l’enfer quand ils se retrouvent dans les centres de torture des bédouins du Sinaï ou sur des embarcations remplies des cadavres de leurs camarades qui ont succombé à la faim, la soif, le désespoir, les migrants rêvent de paix, de vivre tout simplement.

Nul angélisme chez Jean-Paul Mari. L’angélisme, c’est un luxe de politique et d’éditorialiste, de gens qui regardent le monde depuis leur fauteuil.  Il n’y en a jamais chez ceux qui racontent simplement la vie.  Bien sûr que cette marée humaine sème le trouble là où elle passe, bien sûr que rien n’est facile. Mais un petit village de Calabre nommé Acquaformosa trace peut-être au milieu des tragédies des uns et des peurs des autres l’amorce d’un arc-en-ciel. Ce village qui comptait 2000 âmes en 1957 n’en a plus que la moitié en 2011. Le maire a eu une idée : ouvrir les bras aux migrants. Alors il a conclu un accord avec Lampedusa. Je laisse la parole à Jean-Paul Mari :

« Dans le village, les retraités ont retrouvé leur place au soleil sur les bancs de pierre, l’école est pleine, les panneaux « à vendre » ont disparu des murs et l’équipe de foot, mélange de calabrais, de nigérians et de syriens, en tête du championnat de la vallée, en fait voir de toutes les couleurs à ses adversaires. Cet été, les migrants ont cuisiné en remerciement un repas pour mille personnes sur la place du village qui a su les accueillir avec tant de douceur. Au menu : risotto, couscous et gâteaux syriens. »

Le péril que fuient ces hommes et ces femmes, c’est celui qui nous a éclaté à la face ce sinistre et tragique vendredi 13 novembre. Et l’on frissonne en tournant les pages de ce livre : comment a-t-on pu, comment peut-on encore faire semblant de ne pas voir ni comprendre ? Il y a du Kessel, du Albert Londres dans ces lignes enflammées, possédées par la beauté de la vie et l’infinie cruauté des hommes, transcendées par l’espoir de frapper les âmes et toucher les coeurs…

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13 commentaires »

  1. Beau texte… Subtile manière aussi d’apporter un démenti – en ce jour de second tour des régionales – indirect mais limpide, à qui joue sur les peurs (soit pas mal de monde, de – presque – tous bords). De peur, justement, il en est fort question : certains métiers (dont celui de fait-diversier, certes dans de moindres mesures et fréquences que d’autres) vous y exposent. Cela relativise d’autres craintes, qui d’ailleurs, pour exagérées qu’elles soient, n’en sont pas moins réelles (la peur, c’est un peu comme la drogue, en ce sens que ce n’est pas la drogue qui fait le drogué que ce dernier, qui trouve ses drogues, et en abuse). La paranoïa liée à une forte immigration, constatée ou imaginée est souvent sincère (mais aussi fréquemment feinte). Dans ce cas, inutile, semble-t-il, de tenter de la dissiper. Mais au moins, on ne rougira pas d’avoir tenté.

    Commentaire par Jef Tombeur — 13/12/2015 @ 14:52

  2. Enfin de retour Aliocha
    Merci pour ce billet mais je crains qu’avec JP Mari on soit en pleine bobocratie vu par un pied noir de l’Obs
    Lambda

    Commentaire par Lambda — 13/12/2015 @ 15:03

  3. @lambda : vous me faites un plan à la Salieri dans le film de Milos Forman exigeant de Mozart qu’il soit à son goût pour consentir à aimer sa musique. C’est un très beau livre qui parle remarquablement bien d’un sujet capital et qui a des qualités littéraires très au-dessus de la moyenne. Au demeurant, je connais assez peu de « bobos » qui soient des reporters de guerre atteints de syndrome post-traumatique.

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/12/2015 @ 21:49

  4. Mondialistes contre patriotes

    Marine Le Pen résume ainsi la situation politique française au lendemain des Régionales : « le clivage est désormais entre mondialistes et patriotes ».
    C’est assez bien vu.
    Mais il faut aussitôt ajouter que la vision qu’a Marine Le Pen de la patrie est aussi délétère que la vision qu’ont du monde ceux qu’elle appelle « mondialistes ».
    Eux ne jurent que par la mondialisation, qui n’est autre qu’une guerre sans fin de tous contre tous, d’où sont censés émerger les meilleurs, Quant aux perdants, tant pis pour eux ! Ils n’avaient qu’à ne pas perdre. Mais qu’ils ne se plaignent pas trop, n’ont-ils pas, par l’effet du « ruissellement », les miettes ? Et ces miettes ne sont-elles pas d’autant plus abondantes que les forts sont plus forts, les riches plus riches ?… Cette mondialisation n’est rien d’autre qu’une institutionnalisation de la loi du plus fort, et donc un renoncement à des siècles et des siècles de progrès vers la civilisation.
    On comprend que les électeurs protestent contre ça. C’est ce qu’ils font en étant de plus en plus nombreux à voter FN.
    Mais Ils n’adhèrent pas pour autant à la vision lepéniste de la patrie. Ils ne veulent pas de cette vision d’une France entourée d’ennemis, rejetant les étrangers, intolérante, agressive, divisant les Français en sous-catégories.
    Les uns et les autres, « mondialistes » et « patriotes », ont oublié que la liberté, l’égalité et la fraternité sont gravées aux frontons de la République. Et qu’elles ont un sens.
    La liberté, ce n’est pas la liberté d’écraser autrui. L’égalité, ce n’est pas l’égalité des chances débouchant sur l’exclusion des plus faibles, ni une égalité à géométrie variable selon la couleur de la peau, la religion ou l’origine ethnique. Quant à la fraternité, elle n’est rien si elle ne s’étend pas à l’humanité entière, « barbares » inclus.
    Il est des moments où il faut savoir rompre, s’éloigner, être soi-même, se libérer de l’étreinte de la foule, cesser de jeter des pierres – ou des bombes – sur ceux que la peur désigne. Cela demande lucidité et courage. Beaucoup de lucidité et beaucoup de courage. Il ne s’agit pas d’un repli frileux sur soi. Loin de là. Il s’agit tout au contraire d’un retour à l’universel, aventure pleine de risques et à la fin incertaine. La seule qui vaille.
    Si La France, vieux pays plein de savoir et de sagesse, ne le fait pas, si elle ne donne pas l’exemple, qui le fera ?

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 14/12/2015 @ 16:11

  5. Nous sommes allés à Paris en octobre dernier. Toute la petite tribu s’est entassée dans la voiture, et hop ! Direction la capitale. Le parrain de mon épouse nous a servi de guide, lui, l’autochtone. Nous avons pique-niqué en face de la tour Eiffel, à côté de l’aquarium. Les jets d’eau du Champs de Mars ne donnaient pas tous, ce jour-là. En voyant notre groupe manger ses sandwiches au milieu d’autres touristes et d’innombrables pigeons, j’ai pensé à tous ces pauvres gens qui, en somme, ne demandaient que ça : pouvoir regarder le soleil sereinement quand il fait beau, partager un petit casse-croûte avec les siens sans rien vouloir d’autre que de goûter la douceur de la vie, le bonheur simple d’être ensemble. Votre histoire de ce village calabrais est très touchante, tant elle met en lumière cet élément fondamental : cet autre nous-mêmes est ce que nous avons de plus précieux ici bas. Merci d’avoir repris la plume.

    Commentaire par Zarga — 15/12/2015 @ 21:27

  6. @lambda

    Le  » repli sur soi  » ou  » le grand remplacement  » ? C’est le choix suggèré par Marine Le Pen qui engendre elle aussi une autre peur . Peur de l’immigration ou peur du Front National ..les Français ont chacun la leur. Nous vivons tous dans la précarité à des degrés divers où la peur de l’inconnu a pris la place du courage et la sécurité celle du goùt de l’aventure. Parce que nous rêvons de paix , de bons repas , de bronzettes au soleil et de farniente nous avons oublié que vivre c’est un combat de tous les instants et que nous pouvons aussi être les migrants de demain .

    Commentaire par Scaramouche — 17/12/2015 @ 10:11

  7.  » Mais un petit village de Calabre nommé Acquaformosa trace peut-être au milieu des tragédies des uns et des peurs des autres l’amorce d’un arc-en-ciel »
    Tant mieux, mais en général les réfugiés ne veulent pas de l’Europe du sud… Eh oui ! Ils préfèrent le nord, l’Allemagne et l’Angleterre – pas le reste de la Grande Bretagne, je gage.
    Ce qui se comprend. Tant qu’à faire de changer de vie, d’avoir risqué la leur pour venir, ils sont souvent portés par l’ambition de réussir. S’intégrer dans un village où tout le monde est accueillant ? Ils rêvent plutôt de faire fortune, de l’essayer du moins, même s’ils ils doivent endurer des salaires de misère et probablement pour la plupart ne pas arriver à grand chose. Ils viennent chez nous comme tant d’Européens allaient en Amérique, avec l’ambition que nous avons perdue.

    L’immigration choisie risque de faire encore plus un flop qu’avant la crise des réfugiés.
    Et puis ici, quand on ne s’inquiéte pas de la concurrence des réfugiés sur les travailleurs, on s’avise de la concurrence des réfugiés sur les sans domicile fixes nationnaux.

     » Et l’on frissonne en tournant les pages de ce livre : comment a-t-on pu, comment peut-on encore faire semblant de ne pas voir ni comprendre ? »
    On a l’entrainement de détourner la tête devant les mendiants, entre autres… Enfin, un des avantages de la littérature, c’est qu’elle est une « machine à empathie », elle nous apprend à ressentir ce que peuvent vivre des gens dont la situation peut être très différente de la sienne.

    Enfin chaque initiative peut aider. Il parait que le Portugal voudrait bien des réfugiés…
    Reste que pour moi, l’Allemagne qui n’est même pas solidaire avec la Grèce quand nous construisons l’Europe et qui pour redorer son image entre autre, a dit leur ouvrir sa frontière, doit continuer.
    1 Ce qui est promis est dû.
    2 C’est l’Eldorado des migrants.
    3 L’Allemagne a épuisé son crédit moral en accablant la Grèce et ne saura pas imposer aux autres d’acceuillir les réfugiés.
    4 La France est en position favorable car elle n’a pas à « mendier » auprès des migrants de venir, entre autre, grâce à sa démographie, ou pour se faire pardonner sa dureté et n’est pas non plus concernée par des flux trop importants ce qui peut lui donner toute la marge qu’elle veut pour acceuillir et intégrer les réfugiés mieux que les autres, dans la discrétion pour ne pas compromettre sa position.

    Commentaire par Noblejoué — 22/12/2015 @ 21:47

  8. Voila, je viens de commander l’ouvrage dans ma petite librairie du fin fond de l’Auvergne. Aliocha, une « bobo » aussi (je répond à un certain commentaire), vous êtes mon blog préféré. Pour vos statistiques, je ne suis pas un « bobo »…pas bourgeois pour deux sous, sans bac, marginal etc… et pas du tout parisien. J’ai encore plus détesté cette expression, « bobo », en découvrant la dignité et l’humanité des gens qui ont vécu de prés les attentats de novembre, ceux qui sont d’ordinaire qualifiés de « bobos ».
    En allant un peu vite, on pourrait dire que justement, les terroristes ont visé des « bobos »….c’est la même aspiration que les gens d’extrème droite qui ont inventé cette qualification.

    Commentaire par alain — 29/12/2015 @ 18:12

  9. @ Alain :

    Le salon d’Aliocha est un ilot, un endroit où l’on peut échanger sans craindre de se voir agresser personnellement.

    Je reviens du blog de Philippe Bilger, où j’ai constaté encore une fois qu’au lieu de discuter du fond, certains préfèrent les attaques ad hominem, inutilement méprisantes (voir certaines des réponses qu’on a apporté à Denis Monod-Broca). C’est d’un triste…

    Tandis qu’ici, le soleil brille.

    Commentaire par Zarga — 03/01/2016 @ 14:26

  10. Ce qui prouve Zarga qu’avant d’infliger des clichés de « raciste « sexiste  » ou je ne sais quels insultes à la mode, la première des vertus éducatives est la politesse faite de bienveillante tolérance et fruit de l’intelligence qui permet d’arrondir les angles et favorise les échanges. Bien loin de l’hypocrisie elle est la marque fondamentale du respect de l’autre qui est la base de tous les rapports humains . .
    Nous essayons de la pratiquer ici mais il suffit d’un ver dans un fruit pour gâter le plaisir de le déguster et lorsqu’il n’y a plus d’arguments si on n’y prend garde c’est la nature profonde de chacun qui reprend ses droits.
    Moi je regrette seulement que ce forum devienne un peu trop silencieux ces temps-ci.

    Commentaire par Scaramouche — 08/01/2016 @ 08:50

  11. @ Zarga et Scaramouche

    A mon avis :
    1 Notre hôte n’est pas polémique comme M Bilger. Du moins, je n’ai pas remarqué de bête noire comme Madame Taubira. Un style par ailleurs généralement moins rude y contribue aussi… Ceci dit, Monsieur Bilger est toujours interressant, et capable de tendre la main à des gens qui ne sont pas de son camp comme de défendre des gens maltraités par beaucoup.
    Les commentateurs se modèlent forcément un peu sur l’hôte.
    2 A moins que je me trompe, on parle moins de sujet droite-gauche. Chacun, à de tels sujets, se sent mobilsé, avec ce que le terme implique.
    3 Notre hôte parle de médias, une réflexion sur eux appelent les gens à réflechir sur les médias, leurs emballements, et peut-être par là-même, à moins le faire.
    4 Je ne connais pas ce blog depuis si longtemps que ça, mais il semble moins peuplé que le blog Bilger. Moins il y a de gens, moins il y a de probabilité de dérapage. De plus, chacun est précieux donc plus ménagé par les autres.

    Avec de la chance, ce blog sera plus connu mais avec les raisons 1, 2 et 3 et une tradition de modération, il pourrait continuer à être paisible malgré le risque de nouveaux entrants. Mais si les choses ne se font pas toutes seules, alors quoi ? Notre hôte interviendrait-il, ferait-il une censure (existe-elle ici ?) demanderait-il aux « anciens » d’intervenir ?
    Pourrait-on, en observant ce qui se fait sur le net, en déduire certaines choses pour le rendre plus paisible voire harmoniser la société ? A moins qu’il ne faille rester tranquillement ici en ne parlant pas de ce refuge et considérer que le fait que les algarades sur le net permettent aux gens de se purger de leur violence et donc que la société est plus paisibile grâce à cette soupape de sécurité ?

    Commentaire par Noblejoué — 08/01/2016 @ 21:04

  12. @ Nobléjoué

    Ce blog n’a pas été toujours paisible et je fais référence aux polémiques sur Kerviel mais en finale il y a comme un consensus pour ne pas entretenir la polémique quand elle dépasse certaines bornes et Aliocha y met bon ordre. Par ailleurs il est sain que certains puissent s’exprimer en paroles plutôt qu’en actes et c’est là où intervient le niveau éducatif et culturel avec l’apprentissage des mots et de la rhétorique ce qui pour un blog où la plupart des internautes sont des juristes ne devrait pas être insurmontable .

    Pour en revenir au sujet de l’immigration il semblerait que les états d’Europe commencent à faire la part des choses . Tout en tenant compte de l’affect un peu de réalisme s’impose.

    Commentaire par Scaramouche — 10/01/2016 @ 05:59

  13. @ Scaramouche

    Merci pour vos explications.

    Commentaire par Noblejoué — 10/01/2016 @ 19:13


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