La Plume d'Aliocha

11/06/2015

La fable de la tartine et du Falcon

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 11:54
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On raconte que s’ennuyant à périr au Congrès de son parti, où son intervention fut sans doute à son avis le seul événement vraiment intéressant, notre  Premier ministre Manuel Valls a sauté samedi soir dernier dans un Falcon pour aller soutenir à Berlin le club catalan dont il est supporter lors de la Finale de la ligue des champions.  Horreur s’écria le tribunal politico-médiatique, le chef du gouvernement  s’amuse aux frais du citoyen exsangue. Il aurait pris le même Falcon pour assister à la Traviata à la Fenice, je gage que le scandale aurait fait moins de bruit. Mais le foot ça fait rêver tout le monde, de sorte que chacun mesure parfaitement le privilège qu’il y a à pouvoir prendre un avion pour aller soutenir son club favori lors d’une finale. L’horreur est sans limite comme chacun sait, de sorte qu’on apprit un peu plus tard que le Premier ministre avait emmené, toujours aux frais de notre citoyen exsangue, ses deux fils.

Le premier ministre avait des gens à voir, il était dans sa mission, ont rétorqué ses défenseurs. Hélas, le mal était fait. Oublié son discours du samedi, la tornade du scandale venait de tout balayer. De guerre lasse, l’intéressé a coupé la pomme de l’innocence en deux (1) : il a décidé de rembourser les frais de déplacement de ses enfants. Pas les siens. Lui était en voyage professionnel, les gamins ne l’étaient pas. Leur déplacement dit-on n’a rien couté de plus, mais le premier ministre remboursera 2 500 euros. Allez comprendre…

Foutez-lui la paix ! écrit Elisabeth Levy chez Causeur. Nous ne sommes pas à 20 000 euros près. Si ça détend le premier ministre d’aller au match, payons lui le déplacement et même le maillot. C’est mieux que de le voir transporté aux frais de l’étranger. Que les jaloux ravalent leurs paroles aigries de méchants envieux. Curieux comme l’éthique a mauvaise presse ces derniers temps. Et si l’indignation se nourrissait d’autre chose que d’aigreur et de mesquinerie ? Et si le déplacement de Valls avait cristallisé une déception ? On cite souvent par contraste quand un élu est pris dans ce genre de polémique, l’exemple du grand Charles (de Gaulle bien sûr) qui payait le goûter servi à ses petits enfants lorsqu’il les recevait à l’Elysée. Ah comme elle est exemplaire cette histoire de rigueur poussée jusqu’au prix de la tartine. Hier on payait de sa poche le pain au chocolat (et c’était d’autant plus vertueux qu’il était moins cher), aujourd’hui on ne rembourse même plus l’avion, sauf quand on se fait prendre. Le contraste est saisissant. Que ce passé rêvé  où  fonctionnaires et élus travaillaient par amour  de la République et seraient morts plutôt que de toucher un seul centime d’avantages indus, que cette époque donc ait existé dans la pureté qu’on lui prête ou non importe finalement assez peu.  Au coeur de notre époque épuisée d’individualisme et de jouissance, survit la petite flamme de la grandeur, du chic, de l’héroïsme qui participe de l’esprit français. Certes on ne parle plus dans les livres ni dans la presse de devoir, de morale, d’honneur ; toutes ces choses qui habitaient les discours anciens (enfin, anciens, je les lis sous la plume de Pierre Brossolette, ce n’est donc pas si vieux) ont cédé la place à d’autres valeurs de liberté, d’égalité et de droits. D’où peut-être cet assouplissement des moeurs tellement dans l’air du temps qu’il est un peu compliqué de le reprocher à nos élus. Ceux-là le savent d’ailleurs, c’est pourquoi ils s’amusent et – quand ils sont pris -, se défendent avec autant d’aplomb.

Mais des incidents comme celui de l’avion de Valls montrent qu’il subsiste quand même une envie d’esthétique en politique. Valls paie, à tort ou à raison, ce désir si souvent déçu. Il paie les visites nocturnes en scooter de notre président chez son actrice, ce ministre des finances qui avait un compte en suisse, le collaborateur qui aimait trop les belles chaussures, le secrétaire d’Etat qui détestait les feuilles d’impôt, bref, la longue litanie des dérapages d’un gouvernement qui apparait plus efficace dans l’organisation de ses plaisirs que dans la résorption du chômage et qui surtout manque singulièrement de classe. Le lendemain de l’affaire du match à Berlin, Manuel Valls fut aperçu à Roland Garros…

(1) Je sais que cette phrase ne veut rien dire, mais quand l’actualité est absurde, le style du récit doit suivre, c’est l’accord du fond et de la forme.

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40 commentaires »

  1. Bonjour Aliocha, mes quelques réflexions :
    1) L’appréciation morale est évidente mais dans la logique du voleur, il ne vole jamais : il se fait justice lui-même.
    2) La question que je trouve importante est simple : quelle est la qualification juridique de ce « passe-droit » du premier ministre ? Si, comme je le pense, il s’agit d’un détournement de fonds publics, disons-le tout net et que les parquets de France et de Navarre en tirent les conséquences.
    3) Qu’il devienne le bouc émissaire d’un clan parvenu au pouvoir malgré un déficit éthique trop évident ne me choque pas, in fine : la coupe est vraiment pleine, et d’autres ont survécu à ce « drame » de payer personnellement pour tout un système : Juppé, Copé,

    Commentaire par remseeks — 12/06/2015 @ 09:23

  2. Encore une polémique dont on se serait bien passé !

    Je suis d’accord, Manuel Valls paie pour le ministre du budget qui planquait son pognon en Suisse, le ministre crétin et sa phobie administrative, le président qui court la gueuse en scooter.

    Pour le reste, (encore une fois !) je n’aime pas la hargne, le ressentiment, la mesquinerie qu’il y a derrière.

    Il faut dire qu’en France on est un peu les fesses entre deux chaises. D’un côté, l’exemple US où le prestige de la fonction présidentielle (et par là-même du pays qu’elle incarne) fait que les dépenses somptuaires sont acceptées, en général ; si Barack Obama va au mariage de sa cousine, ce sera en avion présidentiel avec 100 gars pour sa sécurité ; en échange on exige du président (et de sa famille) qu’il soit un exemple moral (gros mot pour nous français !). De l’autre les fameuses démocraties scandinaves si souvent vantées, en oubliant d’ailleurs que ces sociétés n’ont pas eu la même histoire que nous et surtout que leur population dépasse à peine 5 millions d’habitants (9 pour la Suède). Bref, les Français veulent du régalien mais pas trop !

    Maintenant ce qui me choque, ce n’est pas le fait en soit, c’est que Manuel Valls ait été assez imprudent, assez bête pour faire cette erreur. Qu’il n’ait pas compris que cela choquerait l’opinion en ces temps difficiles, ça c’est la vraie faute politique. On peut se demander si cet homme, de gauche qui plus est, n’est pas coupé des réalités du pays qu’il dirige. Et puis je rajouterais, est-ce vraiment malin de sa part de mettre l’accent sur le fait que son équipe préférée c’est le Barça ? Je sais, ce n’est pas très politiquement correct mais un bon quart des Français vote FN … Ce n’est pas pour pousser les hommes politiques à être hypocrites, mais simplement à faire preuve de cohérence et de décence.

    En contrepoint un truc rigolo que j’avais lu sur le très chic David Cameron. Préfèrerait-il le rugby ou le polo au bien chav foot anglais !
    http://www.20minutes.fr/insolite/1595327-20150425-royaume-uni-david-cameron-moque-etre-trompe-equipe-foot-favorite

    Commentaire par Maelle — 12/06/2015 @ 10:17

  3. « D’où peut-être cet assouplissement des moeurs tellement dans l’air du temps qu’il est un peu compliqué de le reprocher à nos élus. »

    Pourquoi toujours proclamer que l’assouplissement des moeurs est la cause de la décrépitude morale? Ce n’est pas nécessairement le cas. Il est tout à fait possible de s’envoyer en l’air avec des personnes consentantes de manière éthique et respectueuse de tous. Et s’envoyer en l’air à tout-va ne mène pas à l’abus de bien sociaux. Le problème, ce n’est pas les moeurs, c’est la malhonnêteté. Il est possible de divorcer en restant entièrement correct, de gérer un conflit avec classe, comme vous dite. Et pas besoin d’être « héroïque », juste correct, honnête et courageux. Il est aussi possible de divorcer en étant un monstre d’égoïsme. Le problème ne vient pas du divorce.

    « ont cédé la place à d’autres valeurs de liberté, d’égalité et de droits »

    On parle toujours de morale, ici. Quand on parle de droits et de libertés, on parle aussi des droits et des libertés des autres, et c’est carrément explicite pour l’égalité. Le problème, ce n’est pas ces valeurs mais les gens qui les invoquent de manière égoïste et malhonnête.

    J’ai peur que, quand vous décidez de peindre avec le même pinceau un couple homosexuel qui veux s’appuyer sur des institutions pour construire un projet de vie à long terme, des gens qui se rendent compte qu’il est tout à fait possible de s’aimer et de vivre harmonieusement à trois ou une femme qui aime coucher avec des inconnus et des hommes politiques qui estiment que tout leur est dû, qu’ils peuvent cracher à la figure des institutions qu’ils sont censés représenter et défendre et que l’égalité, justement, c’est pour les loosers, vous ne participiez à cette confusion morale, que vous n’amplifiez ce message: « ça y est, plus personne ne respecte plus rien, donc autant se servir tant qu’il reste qqch à faucher. »

    Et une fois encore, n’idéalisez pas trop le passé. Léopold II et les industriels du 19ème siècles étaient des monstres, pas de grandeur non plus dans l’affaire Dreyfus ni dans les mouvements fascistes qui poussaient comme des champignons dans les années trente ni dans les guerres de décolonisation il y a à peine 50 ans et ces gens ne respectaient que les institutions qui servaient leur intérêt et protégeaient leurs privilèges.

    Foxtrot.

    Commentaire par propater — 12/06/2015 @ 10:25

  4. Dans la série des âneries proférées pour excuser/justifier le voyage, il y en a une que je vous recommande : » dans le Falcon il y avait deux places non occupées donc mes enfants n’ont rien coûté ».
    La prochaine fois que je prends le train, sans billet, je dirai la même chose au contrôleur…
    Bonne journée à tous.

    Hors sujet (quoi que..)
    DSK, Woerth, Outreau reload…le glas du juge d’instruction?

    Commentaire par araok — 12/06/2015 @ 12:54

  5. Valls a fait, honte sur lui, une « erreur de com' » !
    De nos jours on peut tout faire, tout dire, aussi absurde que cela soit, mais l’erreur de com’, elle, ne pardonne pas…
    Quand on ne croit plus en la vérité, peu importe ce qu’on fait, peu importe ce qu’on dit… du moment que quelques « éléments de langage » fassent taire les critiques et permettent de passer à autre chose…
    Mais la vérité toujours gagne. Le réveil sera douloureux !

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 12/06/2015 @ 14:21

  6. Ben moi j’ai l’impression que Valls ne paie pas seulement pour ce que vous appelez « la longue litanie des dérapages d’un gouvernement ». J’ai l’impression que sur la question des dérapages et des magouilles, le gouvernement d’avant n’était pas en reste. Faites gaffe, Aliocha, à être aussi sélective vous allez entretenir l’idée que vous roulez pour l’ex-UMP. Mais peut-être que ça ne vous dérange pas trop ?

    Commentaire par Gilbert Duroux — 12/06/2015 @ 14:51

  7. @ maelle
    Valls de gauche ? Vous rigolez ?

    Commentaire par Gilbert Duroux — 12/06/2015 @ 14:52

  8. On peut donner des explications esthétiques ou psychologisantes autant que l’on veut. Il y certainement un effet d’accumulation qui aggrave la chose, de Cahuzac à Thévenoud… Sans parler des « frais de bouche » de Chirac, de la maison aux Caraïbes des Balkany, et des nombreuses casseroles similaires de l’époque Sarkozy; ou pour remonter plus loin encore, less fausses factures du RPR, l’amnistie des magouilles liées au financement des partis sous François Mitterrand, etc.

    Mais la réaction est explicable de façon beaucoup plus concrète: 20000 euros, c’est grosso modo le salaire net annuel médian. Il y a donc des millions de contribuables français qui peuvent directement comparer la valeur d’une année de leur travail avec ce que claque le premier ministre pour aller voir le foot… et ces sous-là, ce sont les leurs. Il y a de quoi l’avoir mauvaise, sans pour autant rouler dans le populisme crasse.

    Ce genre d’affaire minable signerait la fin de la carrière de Manuel Valls, si cela se passait dans des pays plus rigoureux, comme l’Allemagne. Chez nous, il s’en sort par une pirouette de bas étage, et la presse est encore bien gentille de ne pas réclamer le remboursement intégral des frais.

    Commentaire par Gwynfrid — 12/06/2015 @ 14:59

  9. Je les adore, ces metteurs en scène sociétaux discutables ne se sentent plus pisser et chient partout. / L’esprit du 11 janvier se nomme chienlit comme disait l’autre qui avait encore la gaule.
    Hier , j’étais au tribunal a Douai avec mon tsheert chaud ananas, le président camembert m’a déclaré péremptoirement , ceci n’est pas une tribune……….. çà sent le sapin et le cours jus, l’esprit de corps se contracte, sûr de lui.

    Commentaire par legrandjeu — 12/06/2015 @ 15:22

  10. @ remseeks :

    Vous me ramenez à Belmondo, dans « Le Voleur » :

    « Je fais un sale métier, mais j’ai une excuse : je le fais salement ».

    Commentaire par Zarga — 12/06/2015 @ 20:33

  11. Finalement, comme pour DSK, peu me chaut une condamnation en justice, l’essentiel, c’est que les électeurs voient à qui ils ont affaire. Le problème, c’est que parfois ça ne les défrise pas (cf les Balkany toujours réélus alors que les électeurs de Levallois savent parfaitement que ce sont des truands).

    Commentaire par Gilbert Duroux — 12/06/2015 @ 20:40

  12. @Gilbert Duroux : c’est bien pour cela que j’émets l’hypothèse d’un désir de chic, de grandeur. Le comportement immoral semble ne pas choquer plus que cela l’électeur, à croire qui’l se dit qu’à la place de l’intéressé il aurait fait pareil. Et dans le même temps, le comportement immoral choque quand même. Comme une déception liée à l’absence de surprise agréable, c’est cette idée assez ténue que j’avance dans ce billet (et ça valait aussi pour Sarko car je pense qu’il a incarné une nouvelle ère politique affligeante dans laquelle Hollande s’inscrit aussi. Simplement, j’attendais plus d’un gouvernement dit « socialiste »)

    Commentaire par laplumedaliocha — 12/06/2015 @ 21:04

  13. @ Aliocha :

    « Foutez-lui la paix ! écrit Elisabeth Levy chez Causeur. Nous ne sommes pas à 20 000 euros près ».

    Je ne pense pas que nous en soyons rendus là. Je pense que ce qui a choqué, c’est au fond le même sans-gêne, exprimé ici, que celui avec lequel François Hollande avait débarqué chez Julien Dray pour son anniversaire, avec une bouteille ramenée des caves de l’Élysée. Si la république ne devrait pas chicaner ses 20.000€ à Manuel Valls, pourquoi ne pourrait-on pas tenir le raisonnement inverse? Président et premier ministre sont-ils à ce point près de leurs ronds qu’ils en sont réduits à taper dans la cave présidentielle pour l’un, et à attendre qu’on lui tire l’oreille pour l’autre, tant il regarde ailleurs avec insistance?

    Commentaire par Zarga — 12/06/2015 @ 23:12

  14. @ Maelle :

    « Maintenant ce qui me choque, ce n’est pas le fait en soit, c’est que Manuel Valls ait été assez imprudent, assez bête pour faire cette erreur. Qu’il n’ait pas compris que cela choquerait l’opinion en ces temps difficiles, ça c’est la vraie faute politique. »

    D’accord avec vous. Je trouve ça de plus en plus préoccupant, cette déconnexion croissante…
    quand je pense que je tique en voyant certains collègues emmener et récupérer leurs enfants à l’école avec un véhicule de service de l’entreprise, je me dis que leurs petits arrangements avec les frais de carburant ne doivent pas les gêner aux entournures.

    Et pourquoi donc se sentir gêné, puisqu’au sommet, on n’hésite pas à utiliser les moyens de l’état pour ses loisirs personnels ?

    Je dois avouer que je ne sais pas non plus combien lui aurait couté le vol, s’il avait dû affréter un jet privé au départ du Bourget, par exemple… mais quand on aime, on ne compte pas, n’est ce pas ?

    Je ne pense pas que ce soit la mesquinerie ou l’envie qui anime le ressentiment du quidam, mais plutôt la comparaison du prix du vol avec ce qu’il gagne, comme le fait remarquer (l’excellent et décidément trop rare) Gwynfrid.

    Commentaire par Zarga — 13/06/2015 @ 11:00

  15. @ Aliocha :

    L’idée que vous avancez n’a rien de ténu, selon moi. Je dirais qu’elle rejoint l’idée, le sentiment qu’il y a de la grandeur à servir, que l’on ressort grandi de l’exercice, parce que la chose vous dépasse, parce que vous travaillez à quelque chose de plus grand que vous.

    Ces aspirations sont constitutives de ce que nous sommes, que nous le voulions ou pas, que nous l’aimions ou pas (du moins, me semble-t-il).
    Alors que les marchands de tapis, les marchands de jouissance, nous martèlent que nous sommes, nous en tant qu’individu, la mesure de toute chose, et que le monde autour de nous est à mesurer à l’aune de notre désir, la petite voix qui chantonne au fond de nous, qui fredonne ce petit air entêtant, est toujours là.

    Elle nous rappelle à ce besoin, à cet élan… c’est peut-être pourquoi nous sommes tristes quand ceux qui nous rabâchent qu’ils ont à cœur le bien de la communauté, qu’ils sont là pour servir et non se servir, nous montrent que l’exercice ne les a pas transformé, qu’il ne les a pas grandis.

    What goes up must come down, and what must rise must fall…

    Commentaire par Zarga — 13/06/2015 @ 11:09

  16. Zarga, ne vous faites pas d’illusions : le pouvoir attire comme la lumière attire le papillon. C’est une addiction.

    Aliocha, ils font presque tous pareil. Mitterrand et un de ses ministres utilisaient déjà régulièrement les moyens de transports de la République pour visiter leurs maîtresses le week-end. Ce n’est pas surprenant que les héritiers et les autres fassent pareils. Ce qui est plus choquant, c’est que ce sont les donneurs de leçons qui montrent maintenant l’exemple de dépenses personnelles aux frais des français.
    Les événements sont ailleurs, mais on n’en parle pas!

    Commentaire par Dorine — 13/06/2015 @ 16:49

  17. En effet Dorine , la République qui se pare des dépouilles des rois, vit dans des châteaux avec armada de domestiques et gardes, secrétaires et j’en passe, elle veut à la fois en endosser le faste avec la prétention en plus d’être vertueuse alors qu’elle ne pratique pas les vieux adages  » noblesse oblige » et  » il y a des droits mais surtout des devoirs  » . Les parachutés citoyens nostalgiques des vieilles pantoufles monarchiques tant décriées sont grisés par tant de restes de splendeurs et ne pensent qu’à gagner ou regagner leur trône.
    L’histoire du Falcone ressemble à celle du Fouquet’s et Mitterand avec ses ortolans et la vaisselle de Sévres qui dit-on , le suivait partout est du même ordre. Une anecdote pathetique alors que nous avons d’autres problèmes.

    Commentaire par Scaramouche — 14/06/2015 @ 11:38

  18. L’image de M. Valls est durablement abîmée par son escapade à Berlin. Les gens ordinaires dont je suis, sont fâchés par le manque de dignité du Premier ministre et n’apprécient pas ce genre de malhonnêteté. Votre analyse sur l’assouplissement des moeurs me navre, la bêtise de sa défense encore plus ! c’est au chef de l’Administration de ce pays que mon message s’adresse, il doit veiller à la mise en oeuvre du service public qui se fonde d’abord sur l’équité et à gauche c’est une grave faute d’y déroger. Non pas d’excuses pour M. Valls …

    Commentaire par sivergues — 15/06/2015 @ 09:36

  19. Vous avez raison, Dorine, la vraie question, c’est celle du pouvoir. Il faudrait toujours confier le pouvoir – pour autant qu’il faille désigner des « responsables » – à ceux qui n’en veulent pas.
    Voici ce que dit Virginie Despentes, dans les Inrocks, à propos de l’arrivée au pouvoir (aux mairies de Madrid et de Barcelone) de la gauche de gauche :
    « Ce dont on peut douter, en revanche, c’est que ces équipes qui entrent en fonction soient vraiment conscientes de ce que c’est, l’exercice du pouvoir, et la rapidité avec laquelle cet exercice corrompt. On imagine pourtant que Felipe Gonzáles et les siens, premier gouvernement de gauche élu après la transition, ne se sont pas emparés du pouvoir en se frottant les mains : “Nous allons enfin pouvoir devenir des connards de politiciens, identiques à n’importe quel autre, hypocrites, corrompus et méprisants de nos idéaux d’origine.” C’est pourtant ce qui leur est arrivé, et en six mois, paraît-il. L’exercice du pouvoir semble corrompre n’importe qui s’y essayant. Est-ce que les équipes de Colau savent que d’ici quelques mois beaucoup d’entre eux confondront le poste qui leur est octroyé avec leur importance personnelle, qu’ils seront convaincus d’être indispensables, est-ce qu’ils savent qu’à partir d’aujourd’hui vont s’agglomérer autour d’eux tous les ambitieux à sang-froid, est-ce qu’ils savent que dans leurs rangs des gens se laisseront corrompre pour la bonne et simple raison qu’ils auront l’occasion de le faire, et qu’ils se raconteront les salades d’usage – on ne peut pas faire autrement, c’est comme ça que ça se passe, si ce n’est pas moi qui touche, ce sera un autre, etc. Car on se raconte toujours des salades, au début, quand on se laisse corrompre, des salades pour se dire qu’on ne fait que son travail. Mais surtout : est-ce qu’ils se rendent compte qu’une fois qu’ils se connectent à une position de pouvoir, les individus s’y accrochent plus violemment qu’on ne s’accroche au crack ? »
    http://www.lesinrocks.com/2015/06/02/actualite/virginie-despentes-raconte-la-revolution-sans-fard-11751528/

    Commentaire par Gilbert Duroux — 15/06/2015 @ 16:04

  20. Reconnaissant d’avoir précisé la source, car à lire votre morceau choisi on aurait plutôt envie de déprimer, ce qui constitue un sérieux contresens avec le propos de son auteur(e).

    En effet, le paragraphe qui suit :
    « Mais l’impression qui prime, au lendemain des résultats, n’est pas que le principal écueil sera la gestion des égos des nouveaux élus. Car il y a de l’effroi, dans la joie qui accompagne ce changement. Et cet effroi vient, justement, de ce que leur programme soit si solide, et paraisse si applicable. C’est d’une impudence folle, ce que vient de faire le peuple espagnol : on leur répète depuis des années qu’ils sont des endettés et qu’ils devraient courber l’échine et redoubler d’effort pour rembourser ce qu’ils doivent, on leur répète que le droit du travail doit être sacrifié au nom de la lucidité ultralibérale, on leur répète que rien d’autre n’est possible et qu’il faut être sage et s’armer de courage et apprendre à vivre dans la précarité qui nous est due. »

    « Si on les laisse essayer d’appliquer leur programme, on risque de les laisser réussir »

    Et la conclusion dans la même veine :
    « Ce qui fait peur, c’est que cette révolution fait penser au Front populaire. Et qu’on se souvient que les élites préféraient n’importe quelle alliance, tout, plutôt que ça – avec les suites que l’on connaît. On se demande alors ce qui va se passer en Espagne, dans les mois à venir, quelle forme prendra la réponse du pouvoir économique, du pouvoir du gouvernement central – car il y aura une réaction. Il faut absolument que les élus de ces élus se plantent, avant les élections générales de l’automne – sans quoi le pays risque de basculer dans l’espoir et l’enthousiasme, et tout le bon discours qu’on nous assène depuis une décennie : “Circulez, il n’y a rien à attendre de rien”, prendrait un coup fatal. La question qui se pose aujourd’hui n’est pas tant “comment vont-ils faire pour exercer le pouvoir différemment”, mais bien “avec qui les élites décideront-elles de pactiser pour s’assurer que le pouvoir ne tombe pas aux mains du peuple ?” Quels outils abjects seront les leurs pour que nous gardions la certitude que rien ne peut changer ? »

    Si la teneur du propos pourra sembler naïve à d’aucuns, il n’en demeure pas moins que les sirènes de l’impuissance, a fortiori de la désespérance, chantées des laudes aux vêpres, forment le ciment caractéristique d’un choix idéologique (plus ou moins avoué _ sur ce blog en tout cas). Ce révélateur de notre temps me fait penser que nous en vivrions des intéressants.

    Commentaire par Un passant — 15/06/2015 @ 20:48

  21. Finalement, à lire ces intéressants commentaires des Inrock , on se demande si la démocratie peut exister, si elle n’est pas une illusion distillée par le pouvoir, comme il fut un temps avec la marxisante dictature du peuple. De Robespierre à Staline, ce visage varie mais recouvre la même réalité.Le peuple n’est jamais mûr pour qu’on le laisse conduire son destin. A moins que les élites sans cesse, cherchent à capter et garder le pouvoir en donnant du rêve ou de l’illusion au peuple. Evidemment, la démocratie ne devient qu’un vain mot dans ce cas.
    Je crois volontiers que lorsque la génération 68 aura cédé son pouvoir, une partie de la jeunesse saura rebâtir un monde meilleur, mais bien différent.

    Passant,aux laudes et aux vêpres, on ne chante pas la désespérance, mais bien l’Espérance dans la vie.Quant à l’impuissance, il parait que ce n’est pas français.

    Commentaire par Dorine — 16/06/2015 @ 08:27

  22. Sans aller jusqu’à dire que l’espérance est le constat d’un échec comme le disent les philosophes il est exact que « l’espérance c’est le désir placé en salle d’attente « . . or comme nous vivons dans le présent je crois qu’il est grand temps de se réveiller et prendre les belles tirades idéologiques pour ce qu’elles sont et ne pas attendre un hypothétique renversement de situation en provenance des gouvernants ou des générations futures. Nous sommes tous responsables de ce que nous acceptons, toutefois dans la mesure oú la démocratie est le règne du plus grand nombre , avalés dans une spirale démographiques certains d’entre-nous ont des circonstances atténuantes. (:

    Commentaire par Scaramouche — 16/06/2015 @ 16:07

  23. J’ai peur qu’un raisonnement plus spécieux soit nécessaire pour parvenir à mettre dans le même sac un penseur politique novateur, opposé au suffrage censitaire, comme M.Robespierre, à un homme d’appareil comme J.Staline.

    En l’état, une simple remarque suffit à le démonter :
    Là où M.Robespierre a échoué (au prix de sa vie !) dans sa volonté de faire émerger une République d’inspiration rousseauiste, J.Staline est parvenu à ses fins (mise en place d’une autocratie). À l’inverse, sur le plan des idées, la postérité est du côté du premier, ne serait-ce qu’à travers la persistance de notre devise… n’en déplaise aux contempteurs de la Gueuse.

    Quant à l’allusion religieuse, elle était évidemment à prendre au sens figuré ; l’usage veut qu’il soit malvenu d’expliciter ses traits (prétendument) d’esprit. En matière politique, je ne me mêle pas d’affaire théologique. On aimerait tant que la réciproque soit vraie.

    Commentaire par Un passant — 16/06/2015 @ 17:11

  24. @passant

    Robespierre « penseur politique novateur  » à juxtaposer avec notre devise?
    Excusez-moi mais je ne comprends pas bien, passe encore pour la Liberté quoique pour les chrétiens l’homme soit libre de ses choix, mais l’égalité et la fraternité sont d’inspiration religieuse et on n’a rien inventé dans cette devise ; Robespierre a d’ailleurs été le premier à rétablir le culte de « l’Etre suprême ». de plus si la religion s’intéresse à la politique je ne vois pas qu’actuellement la politique soit indifférente aux affaires religieuses et ceci me semble hors sujet. Pouvez-vous m’expliquer.?

    Commentaire par Scaramouche — 17/06/2015 @ 16:09

  25. M.Robespierre est effectivement un des premiers à formuler la devise de la République. Relisez, pardon, lisez ses écrits, et vous verrez ô combien certains sont novateurs fin XVIIIe, allant parfois jusqu’à résonner étrangement juste à nos oreilles. Leur art rhétorique n’a rien à envier au verbiage moderne, au diapason duquel nos ‘communicants’ (les pincettes sont là pour éviter de se salir la bouche) ne sont pas étranger. Il suffit de s’intéresser à une analyse comparée de la production législative pour s’en convaincre.

    Pour illustrer le caractère novateur, je me suis contenté de la question édifiante du suffrage censitaire. Saisissez-vous par ailleurs de ses discours sur la citoyenneté, la liberté de la presse, la guerre, la peine de mort, l’esclavage, … et les positions autres défendues à l’Assemblée, tout aussi instructives.

    « Rétablir le culte de l’Être suprême ? » Je crains à nouveau le lourd contresens. Établir, plutôt ? On parle bien ici d’une inspiration déiste, rousseauiste en l’occurrence. Le méconnaissance est connue : si de nos jours, ce culte peut sembler bien incongru, il en va autrement une fois resitué dans son contexte,
    aux lumières de leur Siècle. Historiquement, cette religion dite naturelle (l’expression serait plutôt impropre dans la mesure où sa polysémie a beaucoup perdu de son acception) s’explique par la volonté d’aboutir à une société civile tendant vers un absolu civique et moral, au cours d’une période des plus perturbées. Vulgairement, vous pouvez la rattacher à une ode à la Raison.

    Nota bene : L’apport des Lumières est considérable comparé à celui de la religion dans l’éclosion d’un régime républicain. Ou alors, tout bien pesé, on envisage l’adversité comme un moteur.

    Je n’ai pas grand chose d’autre à expliquer car je ne consulte pas ce blog pour faire le robespierriste de comptoir. C’est un comble : associer M.Robespierre et J.Staline dans un gloubi-boulga infâme (oui, il peut paraître discourtois de mettre les pieds dans le plat… blablabla… mais il me semble qu’associer qqn ou qqch à J.Staline est autrement plus diffamant) serait admis. À l’inverse, essayer de rétablir un minimum de nuances requerrait de se justifier.

    « de plus si la religion s’intéresse à la politique je ne vois pas qu’actuellement la politique soit indifférente aux affaires religieuses »

    Ainsi présenté, vous rendez le tout confus. Remis dans l’ordre :
    i) En écho à l’article du blog et à la suite des commentaires, j’ai critiqué le déclinisme quasi-religieux (au sens figuré – vous pouvez lui préférer le terme « scrupuleux ») dépourvu d’horizon, employé en vu d’une résignation de masse. Ce qui le caractérise et l’oppose fondamentalement aux critiques, parfois similaires, porteuses d’une implication citoyenne. J’ai également prétendu que ce blog participait, malheureusement à mon sens, de plus en plus de la première catégorie.
    ii) Dorine me répond qu’une religion chante l’Espérance (concept théologique s’il en est).
    iii) Je précise alors que mon intention n’était pas de mélanger les sphères du religieux et du politique.
    iv) Vous arguez finalement d’une réciprocité logique, dans laquelle sphère privée et sphère publique serait de même nature et où chacune ficherait la paix à l’autre. => J’en dis que ceci n’est pas la laïcité.

    Pour la question hors-sujet.de la dichotomie politique/religion, je vous renvoie à l’histoire de la IIIe République et du conflit qui a opposé laïques et cléricaux.
    La séparation des Églises et de l’État acte la liberté de conscience et vise à limiter l’influence religieuse dans la sphère publique en contrepartie de cette garantie.
    La théologie est affaire de croyant. La politique est affaire de citoyen. Un citoyen peut être croyant. Il peut se forger une opinion politique à l’aune de sa sensibilité religieuse. Un religieux ne peut se prévaloir d’une vérité révélée ou que sais-je (dont l’Espérance) pour l’imposer dans la sphère publique. Un citoyen ne peut imposer à un autre de croire comme ceci ou comme cela. Sur le papier, il n’y a rien de bien compliqué là-dedans. & oui, la Loi chapeaute bien tout ça. Nul part il n’est question d’indifférence.

    À noter que MM. Hollande et Valls ne sont certainement pas des modèles en la matière. Il n’y a qu’à voir le battage religieux dont sommes saisis et l’instrumentalisation qui en est faite… alors que la plupart de nos concitoyens se fich(ai)ent pas mal de la religion de leur voisin.

    Commentaire par Un passant — 17/06/2015 @ 22:11

  26. Après relecture, je vous prie de m’excuser pour les coquilles et la mise en page parfois approximative. Il y a en outre quelques mots que j’aurais volontiers corrigés si j’avais pu édité. J’espère que ce sera compréhensible dans l’ensemble.

    Commentaire par Un passant — 17/06/2015 @ 22:26

  27. Passant, je respecte votre admiration sans borne pour Robespierre. Comme tout humain, il a des visages d’ombre et de lumière. Mais ce que je retiens de lui, c’est la Terreur dont il a été un des acteurs, parce que son idée de la République prévalait sur les vies qu’il a raflé sans distinction. Et je pense qu’on lui doit le retour à un empire bourgeois, celui de Napoléon. Je suis désolée pour vous que vous découvriez que Robespierre n’est pas une idole pour tout le monde à cause de moi.

    « Un citoyen ne peut imposer à un autre de croire comme ceci ou comme cela.  » je vous cite. Alors pourquoi Robespierre a-t-il voulu, avec ses comparses, imposer son idée révolutionnaire pensant que c’était la plus vertueuse? Combien de morts pour cette idéologie? Une idéologie vaut-elle mieux qu’une religion lorsqu’elle est hissée à l’ordre d’une déification?

    Commentaire par Dorine — 18/06/2015 @ 08:56

  28. Peut-être existe-t-il des nuances entre « admirer sans borne » M.Robespierre et connaître l’impossible comparaison avec J.Staline (anachronisme exclu). L’excès n’est pas du côté que vous prétendez.

    Quant à la période historique de la Révolution française, Terreur incluse, il ne me viendrait pas à l’idée d’en juger après l’avoir découpée en petits morceaux. La Terreur correspond objectivement à une situation de guerre européenne (Première Coalition) et civile. Certainement pas aux lubies d’un fanatique totalitaire qui imposerait « son Être suprême ». Révisez votre méthodologie historique. On remarquera au passage que le député M.Robespierre vota contre cette guerre, et, auparavant, la loi martiale dont la Fusillade du Champ de Mars fut la conséquence critique.

    Fin de ce trop long hors-sujet en ce qui me concerne. Présentement, c’est la question démocratique et citoyenne soulevé par Gilbert Duroux en écho à l’écume de « la fable de la tartine et du Falcon » qui me motivait.

    Commentaire par Un passant — 18/06/2015 @ 16:53

  29. L’argent n’est pas grand chose : après tout, s’il avait eu effectivement un rdv avec l’UEFA, qui dans les média aurait eu la mauvaise idée pour remarquer qu’un PM a autre chose à faire que le boulot du ministre des sports ?
    Le vrai scandale, c’est que Valls est allé voir un match de foot (le Barça) alors qu’en tant que PM français, il aurait dû avoir une activité en rapport avec sa charge et l’ensemble des Français, même en fin de semaine ! Le 6 juin, tout de même… Il s’est absolument comporté comme s’il avait un job de contractuel. Quand à sa soit-disant passion, quand on connaît déjà la résistance de Hollande en la matière, il aurait dû éviter une telle arrogance.

    Commentaire par amike — 19/06/2015 @ 20:50

  30. Un passant n’a pas tort au sujet de la Terreur, qui est une période complexe qu’on ne peut appréhender avec nos lunettes de 2015. Au passage, Robespierre a eu un rôle plutôt modérateur, contrairement à ce que la légende (soigneusement entretenue par les ignorants et par ceux qui combattent les apports de la Révolution) voudrait faire croire.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 23/06/2015 @ 13:50

  31. Chacun sa lecture des faits et chacun ses idoles , la république est née dans le sang, c’est indêniable et ce n’était pas une révolution de velours ; la mémoire de certains retransmise dans les famille est encore vivante de nos jours malgré nos lunettes de 2015 . Tout comme la guerre de 14 ou de 40 .. On peut bien nous raconter ce qu’on veut suivant les opinions politiques des romanciers de l’histoire . Chacun peut varier suivant la manière dont elle est retransmise mais les faits et leurs conséquences restent. Nous en payons encore le prix dans les idéologies actuelles et la lutte des classes.

    Commentaire par Scaramouche — 23/06/2015 @ 18:10

  32. À nouveau, ce n’est pas parce que je m’inscris en faux lorsque vous vous faites un Diable de bidule ou de machin que cela vous autorise à me prêtez des tendances idolâtres.

    « Révolution de velours » est un bel oxymore. Plus prosaïquement, je veux bien que vous m’en citiez une (!) entre 1789 et 1914, ou 1940 si vous voulez. À côté de ça, je vous rejoins au sujet des romanciers de l’histoire qui fluctuent au fil du temps (dimension politique). & si je souhaite que vos quadrisaïeux n’aient pas eu à souffrir de la Révolution française (dimension du témoignage), je présume que plus de deux siècles suffisent à ne pas la percevoir empiriquement mais à la replacer dans une perspective historique (dimension méthodologique). Quoi qu’il en soit, le statut de victime ne se lègue pas & vos positions sont donc supposées rationnelles/idéologiques. À quelles conséquences néfastes faites-vous allusion ? Celle où M.Halliday interprète « la Carmagnole » [ https://www.youtube.com/watch?v=muMtrCCl1vU ] ? Idéologie n’est pas un gros mot. Vous en faites état à travers vos commentaires précisant vos diverses inclinaisons. Enfin, La lutte des classes n’est pas une question d’idéologie. C’est une théorie très riche, qui recouvre des analyses distinctes. Dans le modèle de société qui est le nôtre, entre quelqu’un disposant d’un capital et quelqu’un n’ayant que de sa force de travail pour vivre, il existe des intérêts de classe distincts [ceci est factuel comme peut l’être la gravitation]. Elle ne signifie pas qu’ils prédétermineraient la subjectivité de leurs représentants, mais qu’ils la conditionneraient.

    Chacun son interprétation des faits, certes (encore faut-il s’entendre dessus – cf votre « Robespierre a d’ailleurs été le premier à rétablir le culte de « l’Être suprême » « ). Ceci ne m’explique pas par quelle méthodologie on parvient à mélanger M.Robespierre, K.Marx, J.Staline, Être Suprême, Premier Empire, … Excepté une forme – très dogmatique pour la peine – d’éreutophobie.

    Commentaire par Un passant — 24/06/2015 @ 08:15

  33. @ un passant

    Il semble que vous fassiez une confusion dans vos rêponses à vos interlocuteurs bien que leurs écrits aient des points communs.
    Si j’emploie le mot  » idôlatrie » je parle en général et non pas uniquement de votre sympathie personnelle, il y a toujours les pros et les antis avec autant de fougue.
    Ensuite le terme « révolution de velours » appartient à la Tchekoslovaquie , (il ne faut pas là non plus ramener tout à soi ,) tout le monde sait qu’en France nous en sommes incapables .
    Enfin vous n’avez sans doute pas fait le bilan des destructions de la Terreur et lu les compte rendus sur le coût réel des massacres tant en patrimoine qu’en humains sans oublier le frein aux réformes engagées. Lã le bilan est (presque ) unanime.
    Pour en revenir au terme « idéologie » c’est aussi un terme descriptif valable pour tous les partis , (chacun les siennes,) je ne porte aucun jugement et personnellement je n’ai seulement jamais prononcé le nom de Marx ou Staline . ( je n’attends plus qu’Hitler dans votre prochain message et nous serons au complet. ) la mentalité soigneusement entretenue par les partis concernant la lutte des classes n’a rien d’une « théorie très riche » ou intervient la philosophie et je ne sais quelles explications freudiennes mais plutôt un sentiment de hargne de jalousie et d’envie mal contrôlées envers les autres qu’ils soient riches ou pauvres.
    ( allez faire un petit tour dans les refuges d’SDF et vous en apprendrez beaucoup sur la théorie de la relativité concernant la richesse)

    Toutefois j’en reste là , nous sommes largement hors sujet et visiblement pas sur la même longueur d’ondes. Michel Onfray qui n’est pas mon gourou et qui n’est pas spécialement de droite a dit avec mesure l’essentiel sur Robespierre et c’est assez ressemblant., ça ne plait pas toujours , et Il n’est pas le seul .

    En fait il faut toujours se méfier des « justes » des « incorruptibles  » et des donneurs de lecons , on le voit encore de nos jours. …et là on revient dans le sujet .

    Commentaire par Scaramouche — 27/06/2015 @ 12:33

  34. @ Scaramouche
    La baudruche Onfray, le BHL du pauvre, est disqualifié pour parler de politique et encore plus d’histoire :
    http://www.alternativelibertaire.org/?Girouettisme-Onfray-mieux-d-se
    Pour parler de Robespierre, je préfère avoir affaire à Henri Guillemin, catho de gauche mais surtout historien des plus sérieux, plutôt que ce pitre d’Onfray :

    Commentaire par Gilbert Duroux — 27/06/2015 @ 16:53

  35. @ Gilbert Duroux

    Ah ah je savais bien que le cher Onfray qui plaisait tant à la gauche avait démérité ! Tout comme Max Gallo et François Furet ancien communiste et bien d’autres .. Il suffit simplement d’avancer en âge et en connaissances et on augmente sa culture avec une forme de sagesse dans les jugements et les propos!
    Merci pour nous rappeler le minois de ce ravissant dandy façon petit marquis de la guillotine. A tout prendre je préfère Danton la franche canaille .
    Les historiens sérieux sont ceux qui parlent notre langue.

    Commentaire par Scaramouche — 27/06/2015 @ 17:42

  36. Et Barack Obama entonne Amazing Grace à Charleston.
    Comme on dit au Café du Commerce, on a les dirigeants qu’on peut …

    Scaramouche, ce que vous venez de dire me fait penser à cette polémique vaguement midinette de J.-L. Mélenchon reprochant aux anthropologues qui avaient reconstitué le visage de son idole Robespierre de lui avoir donné un air trop bestial !

    Je me demande ce qu’ont pensé les détracteurs des York quand ils ont vu le beau visage de Richard III.

    Commentaire par Maelle — 28/06/2015 @ 12:43

  37. @Maelle

     » qu’il est joil garçon l’assassin de Papa  » (-

    Commentaire par Scaramouche — 28/06/2015 @ 21:23

  38. @37
    Le palais de Gormaz, comte et gobernador, est en deuil….

    Quel plaisir de voir mentionner ici l’illustre auteur du geranium ovipare, cet « avocat loin la Cour d’Appel », Georges Fourest!

    Commentaire par araok — 30/06/2015 @ 10:12

  39. Bonjour,
    Ce que paie aussi Mr Valls, c’est les cris d’orfraies du PS, quand il était dans l’opposition, et que les membres du gouvernement de l’époque utilisaient les moyens de la République pour leurs besoins personnels (y compris électoraux). A l’époque ils se présentaient comme « les vertueux ». Et vlan, les voici au gouvernement, pour faire la même chose, transformant la vertu de l’époque et montrant qu’en fait ce n’était que basse jalousie de ne pouvoir en faire autant.

    Commentaire par Alain38 — 30/06/2015 @ 15:19

  40. @Alain 38

    C’est ce que nous disons . A confronter avec le célèbre « Moi Président ..  » etc
    Un éternel recommencement qui fait chanter dans une operette célèbre du siècle dernier que  » Ce n’est pas la peine vraiment de changer de gouvernement »
    Et quand ils seront morts on leur trouvera toutes les qualités ne serait-ce que par comparaison avec ceux en place .
    ( cf le sufureux Pasqua)

    En attendant ce sont les seuls que nous pouvons critiquer ouvertement sans être taxés de phobies diverses ou de ringardise, (encore faut-il faire attention à leurs origines. )

    Commentaire par Scaramouche — 02/07/2015 @ 08:42


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