La Plume d'Aliocha

11/05/2015

Faut-il chasser Internet des prétoires ?

Filed under: Droits et libertés,questions d'avenir,Réflexions libres — laplumedaliocha @ 16:58

Pour éclairer le débat actuel autour d’Internet dans les salles d’audience initié par l’association de la presse judiciaire, je reproduis ici un article que j’ai  publié l’an dernier dans la revue du barreau de Paris Escalier A. Pour ceux qui n’ont pas suivi le débat lancé ce week-end, la Chancellerie envisage d’installer un système de brouillage pour empêcher l’usage d’Internet à l’intérieur des salles d’audience. Autre point de discorde entre journalistes et ministère, la présence de boxes réservés à la presse dans les salles d’audience n’est pas prévue, contrairement à ce qui existe à l’heure actuelle (situés en principe sur le côté de la salle, en face de l’emplacement réservé aux prévenus ou aux accusés). Enfin, la Chancellerie envisage de restreindre notre possibilité de circuler dans le palais.

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En dix ans, Internet a bouleversé le paysage médiatique. Pour le pire, comme en témoignent les difficultés de la presse papier, mais peut-être aussi pour le meilleur. Et si la toile offrait une deuxième vie à la Chronique judiciaire ?

Avril 2014. Les internautes suivent avec passion sur Twitter le procès Agnelet. Le 7 avril, Guillaume Agnelet vient de briser un secret de famille, il accuse son père d’avoir tué Agnès Le Roux.  S’en suit une confrontation hallucinante, le 9 avril entre le fils, sa mère sur écran par visioconférence et le père dans son box. « #Agnelet c’est encore plus terrible que tt ce que l’on peut imaginer, cette confrontation entre une mère, son fils, sous les yeux du père » twitte Pascale Robert-Diard du Monde. Twitter suspend son souffle. Et lorsqu’au terme de cette scène déchirante le président demande qu’on fasse entrer Thomas Agnelet pour le confronter à son frère, Pascale Robert-Diard twitte : « immense geste de Me Temime (NDLR : l’avocat de la partie civile) qui demande au président de ne pas confronter Thomas et Guillaume Agnelet. Trop de douleur ». C’est Olivier Toscer de l’Obs et Amaury Guibert de France Télévision qui auraient été les premiers à live twitter un procès : Clearstream en septembre 2009. « Quand on a commencé à parler de twitter un procès, au départ tout le monde s’est inquiété du risque de sensationnalisme, et c’est vrai qu’on a assisté à quelques bourdes. Depuis, chacun a publié le tweet dont il a eu honte et le système s’est régulé » analyse Pascale Robert-Diard. Le live-tweet de procès, c’est l’innovation la plus visible du moment, c’est loin d’être la seule.

En voie de disparition, les chroniqueurs ?

Si la justice semble en effet n’avoir jamais autant occupé les médias, le traitement de celle-ci a profondément évolué ces dernières années. Le chroniqueur judiciaire au sens strict, c’est-à-dire un journaliste dédié par sa rédaction au suivi intégral d’un procès de plusieurs jours, semaines ou mois est en voie de disparition. Alors qu’il y a 20 ans tous les titres de presse régionale et nationale avaient leur chroniqueur, il n’en reste plus que deux aujourd’hui : Pascale Robert-Diard au Monde et Stéphane Durand-Souffland au Figaro. « Il y a de moins en moins de place dans les médias traditionnels pour le suivi des procès. Quand aux journalistes affectés à la justice, on ne leur permet plus d’assister à un procès de bout en bout, ils viennent le premier jour, puis pour le témoin capital et enfin aux réquisitions et plaidoiries » regrette Pierre-Antoine Souchard, président de l’Association confraternelle de la presse judiciaire. Même les procès historiques n’ont pas la puissance d’attrait nécessaire pour changer la donne. « Au  premier procès en France d’un Rwandais jugé pour sa participation au génocide de 1994, un procès à caractère historique, à part l’AFP aucun média n’était là en continu ». Le phénomène, lié au manque de temps et de moyens ne touche pas que la presse papier. Même la chronique judiciaire à la télévision se transforme en autre chose. « D’une certaine manière, c’est un peu la justice qui a tué la chronique judiciaire, confie Dominique Verdeilhan de France 2. Nombre d’affaires politico-financières ou de santé publique, par exemple le sang contaminé, ont fait beaucoup de bruit dans les phases d’enquête et d’instruction pour finalement déboucher sur rien sur le plan pénal. C’est pourquoi désormais on réfléchit à deux fois avant de couvrir une affaire judiciaire ». Comme ses confrères de presse écrite et radio, le journaliste a vu son métier évoluer. « Rester sept semaines à Dijon comme j’ai pu le faire pour l’affaire Gregory est aujourd’hui inconcevable. On nous demande de suivre de front plusieurs procès et plusieurs dossiers, et surtout de ne plus les raconter au jour le jour mais de leur donner une valeur pédagogique». Le traitement des procès n’est plus le fait exclusif des chroniqueurs judicaires relatant le procès par le menu, avec ses contradictions et ses clairs-obscurs. Les investigations médiatiques menées en parallèle des instructions mettent bruyamment en scène les enquêtes judiciaires. Avec les conséquences que l’on sait lorsque la montagne médiatique accouche d’une souris.   « Pour qui suit un procès à l’issue d’une instruction très médiatisée, la dichotomie entre le scandale qui s’est étalé durant des mois voire des années dans la presse et la réalité exposée dans le prétoire est fascinante. Le contradictoire de l’audience permet d’appréhender de façon moins univoque le scandale « scandaleux ».» analyse Pierre-Antoine Souchard.  Quant au traditionnel commentaire de sortie d’audience sur les marches du palais, il s’éclipse au profit de spectaculaires confessions publiques sur les plateaux de télévision (voir encadré). Pour certains, le véritable séisme qui a changé la chronique judiciaire, c’est la télévision. « La télévision a montré les protagonistes des affaires judiciaires et ceux-ci se sont alors sentis obligés de jouer un rôle. Cela a entraîné une nouvelle représentation de l’affaire judiciaire, différente du procès dans le prétoire, une représentation à la fois tronquée et spectaculaire. Par la suite, des pseudos journalistes de boites de production spécialisés dans le fait divers ont achevé de dévoyer le traitement de la justice en la travestissant en une téléréalité  » s’agace Jean-Charles Marchand qui a travaillé 25 ans à Radio Monte-Carlo et est aujourd’hui l’auteur des émissions Verdict sur France 5.

Internet à la rescousse

Il y a quelque chose d’inquiétant à voir ainsi le récit d’audience, factuel et contradictoire, céder peu à peu la place à des exercices dissymétriques de communication et de décryptage encouragés par le besoin continuel d’alimenter sites Internet, chaines d’informations en continu et émissions de divertissement. « Nous sommes passés d’une logique de sélection de l’information en raison de la place limitée dans un journal papier, au remplissage forcé d’une place illimitée sur le web » résume Stéphane Durand-Souffland. Mais ces évolutions n’ont pas que des inconvénients. L’aspect positif, c’est que la chronique judiciaire enserrée dans des formats de plus en plus étroits en presse écrite, à la radio (40 secondes aujourd’hui contre 2 minutes 30 dans les années 70) et à la télévision (de 50s à 1mn15) s’est redéployée sur la toile. « Fin 2006, la place accordée à la justice dans mon journal se réduit à mesure que la campagne présidentielle prend de l’ampleur. Je décide alors d’aller voir le site. Les journalistes web m’ont accueillie avec enthousiasme et c’est ainsi qu’est né le blog. Il fallait peut-être expérimenter ce détour par le web pour faire renaître la chronique judiciaire. En ce sens, Internet est une formidable opportunité  » se réjouit Pascale Robert Diard. Quant à Stéphane Durand-Souffland il a pris ses marques sur internet et s’y sent désormais comme chez lui. « Je préfère rédiger mes papiers pour internet, plutôt que de boucler un récit d’audience court à 18h30, cela me permet d’offrir au lecteur à 21 ou 22 heures un récit plus détaillé de la journée. Le site est devenu le lieu du récit d’audience, quant au papier, il se prête mieux  à l’analyse ». Pour ces journalistes, Internet pourrait bien être l’avenir de la chronique judiciaire, et pas seulement parce qu’il offre la place que le papier refuse. « La chronique judiciaire est une forme d’écriture journalistique très ancienne qui convient bien au web. On raconte une histoire, on peut insérer des dialogues, faire passer une émotion. Et puis avec les liens on s’épargne le rappel des faits. Le risque, c’est que le web a une mémoire différente du papier, il faut être encore plus prudent dans l’analyse car on vous oppose facilement vos précédents écrits » confie Valérie de Senneville grand reporter aux Echos qui a développé la chronique judiciaire des procès économiques dans le prolongement de la rubrique juridique créée à son arrivée en 2000. A côté des chroniqueurs du print, de la radio ou de la télévision qui trouvent sur la toile un deuxième lieu d’expression plus souple et plus libre, les sites Internet des journaux se dotent parfois de leur propre chroniqueur. C’est le cas de Anne-Sophie Hojlo, journaliste sur le site du nouvel Observateur. « Tout a commencé en 2010, je n’avais jamais fait de chronique judiciaire. Ma rédaction m’a envoyée live-tweeter le procès Pasqua devant la cour de justice. C’était un procès truculent, le LT a eu beaucoup de succès. Depuis, nous sommes deux journalistes société à la rédaction web à couvrir les procès». Comme ses confrères du print, elle confie devoir se battre pour convaincre de l’intérêt d’un procès et avoir du mal à en suivre l’intégralité car son champ d’intervention n’est pas réservé à la justice. Au sein de l’association de la presse judiciaire, cette année on compte 10 journalistes web sur les 182 membres de l’association. La relève ?

 

Le live-tweet, nouveau visage de la chronique judiciaire ?

Trois questions à Corinne Audouin, journaliste justice à France Inter

Quel est le premier procès que vous avez twitté ?

C’était en 2012,  le procès de l’affaire «  Marina », cette petite fille morte en 2009 sous les coups de ses parents. Un tweet de 140 signes, cela paraît court, mais le nombre de tweets est illimité, on peut donc exprimer beaucoup plus de choses qu’en une minute à la radio. Depuis le procès du Mans, j’ai développé ma propre technique du récit d’audience sur Twitter où je mêle les éléments de contexte, le compte-rendu des auditions de témoins entre guillemets, les résumés, et parfois un sentiment personnel. A la fin de l’audience, les tweets m’ont plus ou moins permis de préparer ma chronique radio car ils répondent aux mêmes exigences en termes d’écriture.

Peut-on tout twitter ?

Non, en LT comme dans la chronique judicaire classique, il y a des informations que nos taisons car elles relèvent de l’indicible et ne peuvent pas sortir du prétoire. C’est un savant dosage entre ce que l’on doit raconter de l’horreur au public pour qu’il comprenne le déroulement du procès et ce qu’il faut taire pour ne pas sombrer dans l’obscène. On ne raconte pas les autopsies par exemple. Dans le procès Bonnemaison, une femme a décrit à la barre l’agonie de son mari, j’ai résumé pour les lecteurs, sans entrer dans les détails

Pensez-vous qu’internet soit une chance pour la chronique judiciaire ?

Oui, et nous devons d’ailleurs en convaincre les magistrats car certains présidents d’Assises sont encore hostiles à la presse et en particulier au fait de twitter les audiences. Il y a une vraie complémentarité entre Internet et les autres médias. A France Inter, nous avons aussi un blog justice. Il nous offre la possibilité de raconter ce que nous voyons sur un ton plus personnel. On l’ignore, mais il arrive que les chroniqueurs judiciaires vivent assez mal la violence de certains procès, heureusement rares. Il y a des soirs où l’on pleure, des nuits où l’on dort mal, le blog permet notamment de libérer ce trop plein d’émotion en le partageant avec les lecteurs.

 

 

 

 

 

 

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41 commentaires »

  1. J’entends effectivement la cacophonie envahir tout notre espace qu’il soit « judice » ou autres, mais QUI va « réguler » ?

    Commentaire par zelectron — 11/05/2015 @ 21:48

  2. Je n’ai pas envie de suivre les tweets d’un chroniqueur judiciaire ni de qui que ce soit d’autre. En revanche, je ne vois pas en quoi la sécurité serait compromise par l’usage d’internet dans les salles d’audience que ce soit pas les journalistes, les avocats, les parquetiers, voire le président et les assesseurs (bien évidemment seulement pour consulter une base de données juridiques), et le public en général. Techniquement, je ne sais s’il serait possible de brouiller toutes les connexions internet sauf celle(s) permettant l’utilisation de la visioconférence (par exemple pour l’audition d’un témoin ou d’un expert demeurant outre-mer), celle de Cassiopée par le greffier pour éditer un mandat de dépôt à l’audience…

    Commentaire par LAGUN — 11/05/2015 @ 23:04

  3. C’est bizarre cette histoire. Quelles explications donne la chancellerie ?
    Car après tout, les audiences sont publiques, sauf exceptions, et j’ai donc le droit d’assister à un procès, de prendre des notes et d’en faire le report plus tard sur un blog, quand bien même ne serais – je ni juriste ni journaliste. Le livetweet ne change rien au fond de cet aspect fondamental de la justice en France.
    Je peux comprendre que certains aient peur de dérives vers la justice TV à l’américaine, mais dans ce cas-là c’est l’image qui pose problème. Ou alors c’est l’instantanéité et la simplification propre à Twitter. Mais bon, quand vous dites que les bancs pour la presse n’ont pas été prévus, j’en viens à me demander si « on » préfère en fait que le citoyen ne vienne pas trop voir ce qui se passe dans les tribunaux … La sécurité a bon dos !

    Commentaire par Maelle — 12/05/2015 @ 12:25

  4. Aujourd’hui, la chancellerie annonce, d’après Libération, que « des consignes ont été données pour que des solutions techniques soient trouvées afin de supprimer le brouillage prévu dans le projet de 2012  » (genre c’est pas moi le responsable, c’est celui d’avant). Les considérations de sécurité justifiant ce brouillage demeurent mystérieuses. Cette construction, qui accueillera le TGI de Paris, tous les TI de Paris et le Tribunal de police de Paris, est d’une ampleur inédite pour le ministère de la justice. Ce premier petit couac laisse rêveur quant à l’ampleur de la catastrophe à craindre…

    Commentaire par LAGUN — 12/05/2015 @ 19:09

  5. @Maelle : en toute chose il y a toujours deux explications possibles, l’ignorance ou la malveillance. Je penche souvent pour l’ignorance, pour ne pas dire la bêtise, je pense à propos des bancs de la presse qu’on les a oubliés, et à propos du brouillage qu’un énarque a trouvé l’idée intéressante. La TV les dérange si peu que des emplacements sont déjà prévus pour les camions de TV ainsi que tout le matériel nécessaire dans les deux salles dédiées à la presse que comptera le palais. Donc vous voyez, l’équipement TV new Tech est au rdv, d’où mon sentiment que le reste relève de l’amateurisme/des idées géniales d’un énarque.

    @Lagun : catastrophe, comme vous dites…les gens en charge de l’aménagement nous ont dit en off qu’on s’était offert un beau palais et qu’il allait falloir maintenant y faire entrer un tribunal. Autrement dit au lieu de partir des besoins pour construire l’édifice, il semble qu’on ait conçu l’édifice, à charge ensuite d’y faire entrer ce qui doit y entrer…Mais bon, rassurons-nous, le bâtiment sera transparent et très haut, donc tout le monde comprendra que la justice s’impose à tous dans sa radieuse organisation cristalline.

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/05/2015 @ 09:56

  6. Ignorance ou malveillance, vaste débat ! D’une certaine façon, je trouve l’ignorance bien plus inquiétante que la malveillance, il n’y a qu’à voir l’affaire Kerviel 😉
    Alors on va dire que les bancs de la presse, considérés peut-être comme d’un autre temps, ont fait faire de pseudo économies budgétaires et qu’un quelconque responsable s’est fait bourrer le mou par un « expert » en questions de sécurité. En passant, si les architectes travaillaient d’abord pour ceux qui vivent dans ce qu’ils créent, ça se saurait …

    Commentaire par Maelle — 13/05/2015 @ 13:24

  7. @laplumedaliocha, sur votre réponse à Lagun : c’est marrant ce sarcasme dans votre caractérisation du bâtiment, ça me fait penser à ce que beaucoup de professionnels du droit disent du tribunal de Nantes. Sans entrer dans les détails, leur avis est que Jean Nouvel s’est bien foutu du monde.

    Commentaire par schmorgluck — 13/05/2015 @ 23:21

  8. Bizarrement, ce que vous dites de bâtiments de la justice construits par esthétisme ou pour que le concepteur se fasse plaisir, me rappelle ce que me disait un ingénieur du son, connu du cinéma. Comme je lui disais que les acteurs devraient revenir au théâtre pour apprendre à articuler, il m’a répondu que maintenant, les acteurs déclamaient pour eux, et non pour le public.D’où l’impression que les acteurs parlent dans leur menton !

    Et si on regarde ailleurs, on s’aperçoit que les lois sont faites pour laisser un nom de ministre, mais ne correspond pas une réforme, pensée pour améliorer une pratique concrète.

    Nous sommes une société de narcissisme, de théorie, d’esthétisme, d’image, mais pas de réalité.Fuite en avant, que toutes les professions commencent à voir pourrir leur vie.

    Commentaire par Dorine — 14/05/2015 @ 08:51

  9. Une remarque : si dans les textes, certes, comme le rappelle l’APJ, les live-tweet ou live-blogging ne sont pas interdits car, en réalité, il s’agit que de  » transmettre un écrit journalistique » pour autant la police de l’audience et la direction des débats appartient au président du tribunal, souverain, en la matière.

    http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=EB42E42495FD5D9E49A7B4F1C7252D4B.tpdjo04v_3?idArticle=LEGIARTI000006419761&cidTexte=LEGITEXT000006070722&dateTexte=20090712

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 14/05/2015 @ 10:43

  10. @ Chevalier Bayard. Le texte auquel vous renvoyez est hors sujet. Avec le live tweet, il n’y a pas d’enregistrement ni de l’image, ni du son. Le président a la police de l’audience, et alors, il va dire c’est moi le chef, c’est moi qui décide, fini le live tweet dans Ma salle d’audience sans s’expliquer sur le pourquoi du comment ? En quoi un journaliste qui live tweete perturbe t’il l’audience ? En quoi perturbe t’il davantage que son confrère muni d’un bloc notes et d’un stylo ?

    Commentaire par LAGUN — 14/05/2015 @ 12:10

  11. Je vais encore poser une question bête, mais allons-y tout de même…

    Une salle de tribunal, c’est au départ une salle vide, non ? On emplit ensuite l’espace de tout ce dont on a besoin pour pouvoir accueillir tous ceux qui sont censés s’y trouver.

    A partir de là, comment est-il possible « d’oublier » des places assises pour les journalistes ? C’est une ânerie du même acabit que celle des quais de gare trop étroits pour les trains (ou le contraire…).

    J’avoue ne pas comprendre comment la chose est matériellement possible… ça relève presque du sabotage, à ce niveau !

    Commentaire par Zarga — 14/05/2015 @ 12:17

  12. @ LAGUN. Je relève que c’est fort maladroit de votre part de me reprocher de confirmer la lecture du communiqué de l’APJ s’agissant de la liberté de la presse et de ce texte, précisément, qui n’interdit nullement, en effet, l’écrit journalistique transmis de façon fragmentée, tout au long de l’audience et en temps réel.

    A cet égard, force est de constater que cette pratique « de mettre en exergue des citations qui, au bout du compte ont une importance limitée dans les débats » doit être complété par un compte-rendu d’audience traditionnel respectant l’équilibre entre les différentes parties.

    Cela étant, contrairement à ce que vous affirmer, si le président du tribunal décide que les téléphones doivent être définitivement éteints, et non laissés en mode silencieux ou vibreur, il peut l’imposer. C’est bien lui le chef en la matière ne vous en déplaise ! Et, les journalistes voulant continuer à tweeter devront donc sortir de la salle pour pouvoir se servir de leur téléphone dans les couloirs. Dans ce cas, pour le temps réel, il faudra repasser.

    Chacun l’aura compris en pratique c’est plus complexe ! Encore que et pour aller plus loin :http://libertescheries.blogspot.fr/2014/05/le-tweet-en-proces.html

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 14/05/2015 @ 13:18

  13. Un téléphone qui sonne en pleine audience, c’est gênant. Un téléphone qui vibre, non. Le président d’audience qui imposera d’éteindre TOUS les téléphones portables se fera ses premiers ennemis parmis ses collègues notamment parquetiers. L’exercice du pouvoir de police comme moyen de censure… la justice du XXIème est en marche.

    Commentaire par LAGUN — 14/05/2015 @ 14:55

  14. Si le journaliste muni d’un bloc notes et d’un stylo peut tout aussi bien rendre compte, en toute transparence, comme vous le faites remarquer, fort logiquement, on ne voit alors pas en quoi il y aurait censure dans l’exercice du pouvoir de police de l’audience et de direction des débats d’un président de juridiction ?

    Quant au journalisme de caniveau du XXIème siècle : je ne sais pas s’il est en marche mais on peut dire aussi que le journaliste délateur ne s’est pas fait beaucoup d’amis dans la communauté des réseaux tweeters quand il a exercé son « pourvoir de transparence »… comme moyen de pression ou d’instrumentalisation de la justice?

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 14/05/2015 @ 16:41

  15. La police de l’audience, c’est le pouvoir d’interdire ou de faire cesser ce qui la perturbe. Là vous entendez l’utiliser, non parce que le téléphone employé pour live tweeter perturbe l’audience, il ne le fait pas davantage qu’un stylo et un bloc notes, mais parce que vous considérez qu’il ne pourra en sortir que du journalime de caniveau. J’appelle effectivement cela de la censure.

    Commentaire par LAGUN — 14/05/2015 @ 17:41

  16. @ LAGUN : vous surinterprétez ma pensée.L’office du juge c’est aussi la direction des débats et rien, en effet, doit la perturber. Moi je considère que la transparence est, certes, une valeur fondamentale avec ses limites dans un Etat de droit…pas la délation.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 14/05/2015 @ 19:10

  17. @ Chevalier Bayard. La direction des débats n’a rien à voir là dedans. Le journaliste ne participe pas aux débats à l’audience. La délation n’est pas non plus mon truc, et est tout autant hors sujet. Le constat que lors dun procès d’assises, un assesseur et l’avocat général tweetent sur l’audience, faisant même profiter leurs followers de leurs « subtiles » appréciations sur la présidente ou tel ou tel témoin… ça vaut largement un article écrit avec un beau stylo. Je suis magistrat.
    Je doute que le live tweet apporte grand chose à la chronique judiciaire (en tout cas pas à moi, je n’ai pas de smartphone), mais je ne le crains pas.

    Commentaire par LAGUN — 14/05/2015 @ 19:51

  18. @ LAGUN : que le journaliste ne participe pas aux débats cela ne m’a pas échappé ! « Police d’audience et direction des débats » sont des notions qui ne me sont pas étrangères je suis moi-même juriste. Aussi, que des magistrats soient dénoncés par un journaliste, alors même que le verdict rendu ce jour là semblait accepté par les deux parties – dix ans pour une tentative d’homicide – ne me semble pas « hors sujet » quand on sait que ça interféré dans le débat judiciaire puisque que le procureur général a fait appel afin que l’affaire soit rejugée dont on ne pas dire que ça n’a pas perturbé l’audience par voie de conséquence.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 14/05/2015 @ 20:50

  19. @ Le Chevalier Bayard :

    C’est précisément ce à quoi je pensais : d’où il ressort qu’effectivement, ce type de situations peut amener à l’interdiction de l’usage des smartphones.
    Ne pensez-vous pas que nous retrouvons ici ce que mentionne Pascale Robert Diard, à savoir une étape par laquelle ses confrères sont passé(e)s : un tweet dont on a honte par la suite, une erreur que l’on ne reproduit plus ?
    Faut-il pour autant ne compter que sur le sens des responsabilités de chacun ? Peut-on se permettre de s’interdire… d’interdire ? Alors qu’on a la responsabilité de veiller à la sérénité des débats ?
    Je ne suis ni magistrat, ni juriste… merci pour vos éclairages.

    P. S. : hors sujet, mais petit clin d’oeil… une réorientation professionnelle me concernant se profile à court terme, et celle-ci passera peut-être par des études de droit. Et c’est Aliocha , et vous (si cela se produit) qui aurez servi d’élément déclencheur, de catalyseur.

    Je vous transmettrai mes remerciements le cas échéant ! 😉

    Commentaire par Zarga — 14/05/2015 @ 23:11

  20. Ceci étant dit, si nous prenons la peine de faire un pas de côté, nous pouvons échanger sur autre chose…

    « D’une certaine manière, c’est un peu la justice qui a tué la chronique judiciaire, confie Dominique Verdeilhan de France 2. Nombre d’affaires politico-financières ou de santé publique, par exemple le sang contaminé, ont fait beaucoup de bruit dans les phases d’enquête et d’instruction pour finalement déboucher sur rien sur le plan pénal. C’est pourquoi désormais on réfléchit à deux fois avant de couvrir une affaire judiciaire ».

    Là, j’ai peur d’avoir mal compris. Monsieur Verdeilhan nous dit que c’est la justice qui dézingue la chronique judiciaire… mais en quoi est-elle responsable du ramdam fait dans « les phases d’enquête » ? Qui publie nombre de pièces censées rester secrètes, car couvertes en principe par le secret de l’instruction… sinon la presse ? On me dira que, tout comme « it takes two to tango », le journaliste qui publie une information le fait grâce à une source, complice de la fuite. Il n’empêche, je trouve facile de se défausser de la sorte, de ne pas avoir l’honnêteté de reconnaitre que si la montagne accouche d’une souris, ça n’est en rien la faute à la sage-femme !

    Non ?

    Commentaire par Zarga — 14/05/2015 @ 23:23

  21. @ Bonjour Zarga : selon M. Dominique Verdeilhan, si je comprends bien, sur le terrain des condamnations pénales, ce sont les conclusions tirées de ces phases d’enquête et d’instruction par la justice qui aboutiraient à exonérer de sanctions ces affaires, principalement, politico-financières.

    Je ne sais pas si ça tue la chronique judiciaire mais, en tout cas, lorsque qu’un homme politique est dans la tourmente la presse nous enseigne que ce dernier est souvent épargné et, ce constat, dans les faits est manifeste.

    Dans la relation presse-justice c’est Alain Prissette pour son livre « Connivence au service de l’Etat » qui nous livre d’étonnantes révélations : http://www.franceinter.fr/emission-linterview-alain-prissette-pour-son-livre-connivence-au-service-de-letat

    A propos de votre réorientation professionnelle je vous souhaite bon courage car je suis passé par là !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 16/05/2015 @ 08:37

  22. @ Le Chevalier Bayard :

    Je pensais surtout à la mayonnaise que la presse (télévisée principalement, d’où mon étonnement quand aux propos de M. Verdeilan) fait monter ad nauseam dès lors qu’un homme politique se trouve impliqué dans une affaire.
    Comment s’étonner du fait que les conclusions du tribunal ne répondent pas à ses attentes, quand on se livre de son côté à une instruction parallèle, quand on présente souvent quantité d’éléments à charge…bref, quand on se substitue aux acteurs judiciaires et qu’on tire les conclusions que l’on voudrait être celles dudit tribunal ?

    Merci pour vos encouragements ! Je ne vise pas le Master, juste une initiation… mais qui sait ce qui peut advenir une fois tombé dans la marmite ?

    Commentaire par Zarga — 16/05/2015 @ 20:16

  23. On sait que la télévision entretient une relation ambivalente fondée sur l’amour-haine avec la Justice mais surtout et, selon la formule consacrée, sachant que : « le temps médiatique n’est pas le temps judiciaire. »

    Cela étant, si l’article 38 ter sur la liberté de la presse rappelle que la Justice n’aime pas être photographié encore moins être filmée on ne peut pas reprocher aux médias de prendre la Justice de vitesse, certes, parfois pour le pire, mais aussi pour le meilleur lorsque, par exemple, le travail d’enquête et d’investigation permet de faire émerger ou avancer des affaires même si le format de la chronique judiciaire trouve plus d’espace réservé dans la presse écrite.

    D’ailleurs, la Justice elle-même sollicite la presse à diverses occasions : transmission d’un portrait-robot, opérations alerte-enlèvement que les nouvelles chaînes d’informations en continue, à cet égard, permettent plus de souplesse à ce niveau.

    Enfin, souvent les affaires pénales des hommes politiques sont aussi des procès purement juridiques et techniques moins télévisuels mais l’image de ces personnalités devenus – peoples – qui tourne en boucle sert aussi la chronique qui devient un feuilleton judiciaire car les médias sont aussi des acteurs économiques qui vivent pour une large part de rentrées publicitaires. D’où cette question Closer est-il un journal politique ?

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 16/05/2015 @ 23:09

  24. je ne suis pas favorable aux secrets qui donnent à certains toute liberté de diffuser des mensonges sous le manteau, sans qu’on puisse s’en défendre

    Commentaire par secher (@laou22) — 17/05/2015 @ 09:14

  25. @ Le Chevalier Bayard :

    Certes, mais ces quelques exemples ne pèsent plus très lourd au regard des dérives devenues systématiques de la part des chaînes info. Le temps s’étire, emporté par leur besoin de sensationnel, à tel point que les juges semblent être à la ramasse.
    On nous a montré DSK en tenue orange jusqu’à la nausée, ça finissait par ressembler à un numéro de montreur d’ours. On a usé le filon jusqu’à la corde, on nous a montré combien le personnage était peu ragoûtant, combien les parties supposées fines étaient en fait prétextes à se rouler dans la fange la plus malodorante… pour au final s’apercevoir que tout ceci a glissé sur le personnage comme un pet sur une toile cirée.
    Mais qui, dans les médias télévisés, a pris la peine d’insister sur ce qui clochait dès le départ ? Seuls les chroniqueurs judiciaires l’ont fait, me semble-t-il. La télé a d’autres chats judiciaires a fouetter.

    Mais le temps a parfois tendance à s’étirer… dans l’autre sens, curieusement.

    Je pense par exemple à l’enquête d’Antoine Peillon, journaliste à La Croix, qui a aidé à rendre publics les mécanismes par lesquels une certaine banque suisse siphonnait les biffetons de gros contribuables français.

    M. Peillon s’étonnait du peu d’empressement que les magistrats manifestaient à se saisir des informations ainsi rendues publiques.

    Je ne démords pas de ce que m’inspirent les paroles de M. Verdeilhan : on nous prends pour des lapins de trois semaines si on essaie de nous faire gober que tout ce tintamarre a partie liée avec l’institution judiciaire.

    Commentaire par Zarga — 17/05/2015 @ 12:15

  26. @ Zarga

    Je vous lis et vous êtes loin d’être un naïf ! L’institution judiciaire, même si elle semble (je dis bien semble !) sous ce gouvernement montrer une certaine indépendance il reste que lorsque vous lisez la presse, et ici même Aliocha en a fait l’éloge, on est loin de la réalité :http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/jean-claude-marin-le-procureur-le-plus-puissant-de-france-a-cede-a-nicolas-sarkozy_1652309.html

    Je ne sais pas si M. Verdeilhan (chroniqueur judiciaire sur une chaîne public !) participe à tout ce tintamarre mais qu’il le veuille ou non il fait partie d’un système où le pouvoir politique exerce en France une relation qui s’apparente à une forme de « connivence objective ».

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 17/05/2015 @ 13:25

  27. Que voulez-vous dire par « connivence objective » ?

    Commentaire par Zarga — 17/05/2015 @ 20:55

  28. Le dossier Kerviel en passe de voler en éclats ? : à lire sur lepoint.fr
    Que faut-il penser de ça

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 17/05/2015 @ 22:35

  29. En ce qui concerne l’absence des bancs de presse, je pense que ça relève d’une volonté de rendre la justice encore moins publique qu’elle ne l’est. On nous dit que la justice est publique, c’est à moitié vrai. Dans la plupart des salles d’audience, quand on est dans le public on ne capte quasiment rien. Les officiants (magistrats, avocats, prévenus…) causent entre eux, souvent à mi-voix. Visiblement ils n’ont pas envie d’être entendus de tous. La position sur les bancs de presse est un peu plus favorable pour entendre les échanges. Supprimer ces bancs montre bien que les compte-rendus des journalistes, les seuls qui peuvent donc comprendre les tenants et les aboutissants de la mise en scène de la Justice, dérangent ceux qui sont chargés de la rendre.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 18/05/2015 @ 02:59

  30. @DMB

    Au fond, toujours la même soupe avec des habits neufs qui lui donnent en apparence plus de crédibilité. On peut s’interroger pourquoi cette enquêtrice (qui dit elle-même ne rien y connaître en Bourse) parle maintenant. Peut-être vient-elle de quitter la police.

    «J’ai eu le sentiment puis la certitude que la hiérarchie de Jérôme Kerviel ne pouvait ignorer les positions prises par ce dernier» dit cette inspectrice. Cela reprend étrangement mots pour mots ce que n’ont cessé de dire JK et ses avocats, et cela ne veut pas du tout dire, bien au contraire, « Je sais (car j’en ai la preuve) que la hiérarchie de Jérôme Kerviel connaissait les positions prises par ce dernier ». Le prêtre de ma paroisse a la certitude de l’existence de Dieu, il n’en doute pas (enfin j’espère !).

    Le fait que la SG aurait donné seulement certains documents, fait taire des témoins gênants contre argent et manipulé au plus haut niveau, rien de nouveau là non plus.

    Quant à l’employé des risques opérationnels (rien à voir avec les risques de marché contrairement à ce que le nom semblerait l’indiquer) qui envoie à sa direction des mails aujourd’hui perdus avec une tête de mort, cela se passe pour moi de commentaire …

    Et toujours aucune explication rationnelle de pourquoi la Société Générale aurait laissé un trader lambda jouer avec 50 milliards.

    Et ce « scoop » encore une fois sorti par Mediapart qui comme on le sait est le chevalier blanc dans une armure étincelante de l’éthique journalistique ! L’affaire Kerviel se rappelle à intervalles réguliers, à des moments bien choisis où dans l’actualité il ne se passe pas grand-chose, au bon souvenir des Français, car pour JK le pire ce serait sans doute qu’il tombe dans l’indifférence … Et puis surtout il y a un nouveau procès dans quelques mois.

    Commentaire par Maelle — 18/05/2015 @ 08:38

  31. @ Gilbert Duroux : http://www.presse.justice.gouv.fr/archives-communiques-10095/archives-des-communiques-de-2015-12760/brouilleurs-palais-de-justice-paris-batignolles-28086.html

    @ Zarga : l’expression est de Bourdieu dans son ouvrage « Sur la télévision suivi de l’emprise du journalisme » lorsqu’il évoque les « relations de concurrence acharnée, impitoyable, jusqu’à l’absurde, qui sont aussi des relations de connivence, de complicité objective, fondées sur les intérêts communs liés à leur position dans la production symbolique… ». Pour comprendre les luttes arbitrées par l’audimat, par exemple, il faut donc aller au-delà des apparences, au-delà de ce qui se voit sur les plateaux et même de la concurrence qui s’exerce à l’intérieur du champ journalistique :  » pour aller jusqu’au rapport de force entre les différents organes dans la mesure où ce rapport commande même la forme de ses interactions….bla,bla, bla », certes, c’est du Bourdieu sauf que ça reste toujours d’actualité.

    Exemple grossier, qui possède TF1 ? Martin Bouygues, qui est le parrain de Louis fils de M. Sarkozy qui a fait, si on en croit l’enquête de M. Deléan, cédé M. Jean-Claude Marin « procureur général le plus puissant de France » sur toutes les affaires politico-financières dans lesquelles il serait impliqué.

    Question donc selon vous y-a-t-il connivence qui servent les mêmes intérêts lorsque l’ancien président passe sur cette chaîne nous expliquer qu’il serait victime de l’institution judiciaire ? Je pourrais tout aussi bien multiplier les exemples à gauche, voire sur une chaîne publique !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 18/05/2015 @ 09:06

  32. Un papier qui parle du blog de notre hôtesse
    http://rue89.nouvelobs.com/2015/05/18/guerre-mediatique-entre-pro-anti-kerviel-259235

    A D. Schneidermann, je poserais encore une fois ctte question basique : pourquoi les dirigeants de la SG aurait laissé un certain Jérôme Kerviel gambler avec 50 milliards ? Pas d’idéologie là-dedans, juste une explication rationnelle.

    Commentaire par Maelle — 18/05/2015 @ 09:28

  33. « On peut s’interroger pourquoi cette enquêtrice (qui dit elle-même ne rien y connaître en Bourse) parle maintenant. Peut-être vient-elle de quitter la police. »

    Quelle finesse ! Tant de bienveillance [sans laquelle il n’existe pas d’État de droit] me laisse admiratif.

    Commentaire par Un passant — 18/05/2015 @ 10:48

  34. Pourquoi cette enquêtrice ne parle-t-elle que maintenant ?
    Qu’apporte-t-elle comme preuve (je ne parle pas de son intime conviction) ? Je ne sais pas si la bienveillance est au cœur d’un Etat de droit, mais en tout cas la preuve est au centre d’un procès !

    Commentaire par Maelle — 18/05/2015 @ 11:50

  35. Au commencement d’un procès républicain est la mesure. À l’opposé de votre démarche… Au cas où : « là comme partout ailleurs sur le blog, modération et délicatesse sont de rigueur. »

    Quel est l’intérêt de poser des questions auxquelles [vous savez pertinemment qu’]un citoyen lambda ne dispose pas des moyens nécessaires pour y apporter une réponse ? Sauf à vouloir pourrir les échanges d’information [basée sur des faits] de fantasmes. M.Schneidermann vise juste lorsqu’il conclut que « ce dossier financier complexe est d’abord l’otage d’une sorte d’idéologie low cost ».

    Commentaire par Un passant — 18/05/2015 @ 13:15

  36. Pas d’accord avec Aliocha quand elle répond à Schneidermann : « Non @d_schneidermann il n’y a pas de pro ni d’anti Kerviel, il y a des gens qui ont bossé et puis des gens qui rêvent à une autre réalité ».
    Bien évidemment il y a de l’idéologie des deux côtés. Ce sont plutôt des journalistes de droite, comme Alioche, qui défendent l’institution bancaire. De l’autre côté, on minimise le rôle de Kerviel alors qu’on pourrait tout aussi bien dénoncer le système bancaire en reconnaissant que Kerviel n’est qu’un petit crétin de trader (une sale engeance de parasites) qui a pu se croire plus malin que les autres.
    S’il faut trouver des victimes en face des banques, plutôt que Kerviel il faudrait mettre les petits épargnants et les contribuables qui doivent remplumer ces institutions quand elles font des conneries, tandis que les dirigeants passent toujours entre les gouttes.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 18/05/2015 @ 13:40

  37. Qu’on se rassure sur le sort de l’ancien PDG de la Société générale, Daniel Bouton, il n’est pas sans rien, comme tous les anciens dirigeants des grands groupes, quand bien même ils auraient coulé leur boite) :
    http://www.liberation.fr/economie/2009/04/30/730-000-euros-par-an-de-retraite_555436

    Commentaire par Gilbert Duroux — 18/05/2015 @ 13:46

  38. Ce que je pense c’est qu’il y a beaucoup de bouillonnement médiatique autour de cette affaire, beaucoup de fantasmes en effet sur les milieux financiers, et qu’on oublie peut-être de se poser la question de base : quel intérêt les dirigeants de la banque d’investissement de la SG avaient-ils à laisser un simple trader mettre en jeu dans des positions ouvertes le capital entier de la banque ? Aucun … Vous savez, JK est certes le plus « gros » rogue trader par la somme perdue (pour l’instant …), il n’est en aucun cas le seul.

    Commentaire par Maelle — 18/05/2015 @ 13:50

  39. @Maelle :

    « …je poserais encore une fois ctte question basique : pourquoi les dirigeants de la SG aurait laissé un certain Jérôme Kerviel gambler avec 50 milliards ? Pas d’idéologie là-dedans, juste une explication rationnelle. »

    Vous répondez en partie à votre question, et attendez une explication rationnelle d’un domaine ou le rationnel se mesure simplement en profits avec le plus de zéros possibles ; profits déconnectés des réalités économiques et à l’origine de catastrophes financières mondiales…

    « Gambler » c’est du poker ; s’il y a du rationnel à trouver, c’est peut-être justement du côté pathologique du comportement compulsif des joueurs d’argent, en commençant par Kerviel, suivi de sa hiérarchie puis de la direction de la SG.

    J’imagine bien tout ce petit monde en trans, les yeux rivés sur leur écrans et se dire :
    « si ce petit con de trader réussi son coup, ce sera un jackpot historique pour nous !… »

    Commentaire par Oeil-du-sage — 18/05/2015 @ 21:05


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