La Plume d'Aliocha

05/04/2015

Et soudain une parole qui compte vraiment

Filed under: questions d'avenir,Salon littéraire — laplumedaliocha @ 14:02

Electre_978-2-35204-410-9_9782352044109Ce livre est un main tendue au-dessus de vide, le récit d’une chute vertigineuse et d’une renaissance. Guy Birenbaum était apparemment insubmersible, une brute, un amateur de castagne comme il se définit lui-même, debout à l’aube, courant 7km par jour, blogueur prolixe, twittos intarissable, éditorialiste coup de poing capable de sortir une opinion sur n’importe quoi en un claquement de doigt. Et puis un jour, c’est l’effondrement, brutal, le corps qui dit stop. Il pense d’abord à une pathologie physique, court les spécialistes, multiplie les examens. Passé 50 ans, c’est fou le nombre d’affolantes misères que la médecine nous prédit. Enfin les médecins trouvent : burn out. Dépression. Lourde. La vie devient si terrifiante qu’un rayon de soleil à l’aube déclenche une attaque de panique. Ceux qui ont traversé une dépression le savent, il ne s’agit pas de quelques idées noires qu’on n’a pas su repousser à temps, ce n’est pas un vague à l’âme que la compagnie d’un ami, un verre de vin ou un bon film peut dissiper, c’est une maladie physique, une modification chimique du corps aux effets  invalidants. Une maladie terrifiante car invisible et à peu près inexprimable.

Dans Une dépression française, Guy Birenbaum décrit cette chute inexorable dans un trou noir de son existence. Etrangement, le livre est syncopé comme une série de chroniques radio que ponctueraient des tweets, illustré comme une page Facebook, impudique comme il est d’usage sur Internet. Et l’on songe en le lisant qu’il est habité par la maladie qu’il raconte. L’auteur dément cette influence et préfère parler d’un scénario de film. Qu’importe ! Sa forme en fait un objet littéraire parfaitement en ligne avec une époque au souffle court qu’il faut beaucoup de talent pour parvenir à intéresser au-delà de 10 pages. Pari réussi, on ne le lâche pas. Au-delà de la forme, la sincérité du ton y est sans doute pour quelque chose. Il y a donc la chute, puis au coeur du livre, la redécouverte d’un passé que l’auteur avait enfoui très profondément, la guerre, le père résistant, la mère sauvée de la déportation dans des conditions à la fois émouvantes et tragiques…Et la renaissance, quand enfin on met des mots sur la maladie, des faits en réponse à des interrogations, des explications à la panique. Quand le premier rayon de soleil du matin commence presque à ne plus faire peur.

Beaucoup de médias ont compris le récit comme celui d’un burn out lié à un abus d’Internet, Guy Birenbaum dément, l’abus d’internet n’était qu’un symptôme de la maladie pas sa cause, une façon de se perdre, un exutoire à une violence incompréhensible et un besoin de reconnaissance et d’amour inépuisable. La communication répond toujours à la même lancinante question, rappelle le chercheur Dominique Wolton « Est-ce que quelqu’un m’aime quelque part ? »Admettons qu’Internet et plus largement les médias ne soient pas la cause mais l’effet, quel champ immense de réflexion ouvre ce livre sur l’usage que fait chacun des médias depuis l’éditorialiste qui ne peut pas vivre sans son shoot quotidien d’applaudissements jusqu’au twittos anonyme que le moindre unfollow plonge dans des abîmes de désespoir. Question particulièrement cruciale à une époque où les médias tiennent une place aussi importante. Parmi ceux qui nous disent quoi penser de tel événement, célèbre chroniqueur ou twittos anonyme devenu influent à force de rageuse logorrhée , combien de névrosés ? Où nous emmènent-il, tous ces êtres plus ou moins border line, qui contribuent à forger cette fameuse opinion que politiques, gens de marketing et sondeurs observent de si près pour adapter leur comportement ?

Ces questions sont vertigineuses. J’ai forgé ma propre réponse en marchant tous les matins dans un parc. Décidément, regarder le monde et découvrir par exemple en ce moment le soin que se donnent les oiseaux pour trouver les brindilles avec lesquelles ils pourront construire leur nid est infiniment plus important à mes yeux que de savoir qui pense quoi de la dernière petite phrase scandaleuse ou d’émettre moi-même un avis pour compter ensuite fébrilement les lecteurs de mes opinions. Voilà pourquoi ce blog fonctionne au ralenti. Mais il arrive parfois que j’ai envie de l’utiliser pour des choses importantes. C’est un livre qui a contribué à sauver Guy Birenbaum, « Tomber sept fois se relever huit » dans lequel un autre journaliste, Philippe Labro, raconte sa dépression. L’ambition de Guy Birenbaum ressemble à une rédemption, lui qui a asséné tant de certitudes de l’instant si inutiles désormais à ses yeux, trouve avec ce livre la possibilité de livrer une parole capable d’aider et, qui sait, peut-être de sauver. C’est pour cela que je réveille le blog pour en parler. Un proverbe chinois dit « si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence, tais-toi ». Imagine-t-on Twitter en faire sa devise, alors que lui comme les autres réseaux sociaux ont  intérêt au contraire. Voilà encore une question qu’il faut se poser : allons-nous laisser des entreprises commerciales triturer impunément ce que nous avons de plus fragile au risque de nous détruire ? Le livre de Guy Birenbaum est plus important que le silence.

Information Transparence : Je ne connaissais pas personnellement Guy Birenbaum. J’avais juste le souvenir qu’il y a très longtemps, il m’avait un peu taclée, avec son fameux côté cow boy qui débarque dans le saloon et tire à tout-va. Il m’a proposé de m’envoyer son livre, cela m’a surprise, je l’ai lu et j’ai pensé qu’il venait illustrer fort à propos les discussions que nous avons ici depuis 2008.

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20 commentaires »

  1. Birenbaum est un éditeur que je connais peu mais aussi un chroniqueur très souvent pertinent que j’ai en quelque sorte fréquenté assidument sur le prédécesseur de l’Huffington. Il pouvait se montrer caustique mais c’est aussi un homme affable, sachant répondre avec retenue, sur le même ton, aux commentaires mesurés et étayés. Désolé d’apprendre qu’il avait subi une dépression. Ce qui ne tue pas grandit (enfin, assez souvent, ou pour le moins, procure de la distance, voire de l’avance). Ce livre, que je vais finir par me procurer, promet sans doute d’apporter beaucoup à quelques consœurs et confrères prompts à se prendre parfois le choux et manquer de recul, de douter suffisamment d’elles et d’eux-mêmes. Ce qui ne manque pas d’advenir progressivement (tant se prendre le choux que d’évoluer avec l’expérience). L’un de mes ex-redchefs avait placardé une maxime (de Modiano ? en tout cas d’un auteur contemporain) exprimant à peu près ceci : les journalistes sont détestables, mais c’est finalement la meilleure compagnie. Cela vaut surtout pour celles et ceux ayant pris « de la bouteille ». En ayant vu beaucoup avancer en âge, j’abonde. C’est certainement le cas de Birenbaum et sans doute, voire assurément, de vous-même.

    Commentaire par Jef Tombeur — 05/04/2015 @ 14:56

  2. Bonjour Aliocha,

    « Beaucoup de médias ont compris le récit comme celui d’un burn out lié à un abus d’Internet, Guy Birenbaum dément, l’abus d’internet n’était qu’un symptôme de la maladie pas sa cause, une façon de se perdre, un exutoire à une violence incompréhensible et un besoin de reconnaissance et d’amour inépuisable. »

    Je l’ai écouté ce matin dans l’émission de David Abiker sur Europe 1. Personnellement, je retiens aussi et d’ailleurs Guy Birenbaum en fin d’interview fait quand même un lien avec le web la psychiatrie, la psychanalyse et internet dit-il c’est à la minute 27.49 : « Ce qui se passe en fait je reçois une énorme dose de violence sur le web mais parce que je cogne moi-même je suis en colère tout le temps : je suis sûr de moi comme tu l’as très bien expliqué je sais tout sur tout et, en fait, le travail que j’ai fait depuis un an jour pour jour, carrément maintenant, c’est d’essayé de comprendre pourquoi j’avais cette colère en moi et pourquoi j’avais cette peur. En fait, parce que la colère c’était de la peur »

    Ce « bun in » dont il parle car dit-il en réalité il se consumait de l’intérieur si la colère et donc la peur, certes, en sont la cause (si j’ai bien compris) sa dépendance au web est aussi en grande partie liée à cet infini vertigineux qu’est internet qui génère en permanence de l’info addictve dont il se nourrissait de manière boulimique et qu’il recrachait tout aussi de façon colérique démultipliant, par la même, une colère par nature existentielle.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 05/04/2015 @ 15:59

  3. La cause majeure de la dépression c’est :l’ennui, qui est aussi propagé par des gens ennuyeux, c’est très embêtant et vertigineux, cette chose
    Ce petit monde des journalistes, comme les profs d’ailleurs, sont soumis à transmettre des messages de sens qui à l’heure du net sont de plus en plus controversable . Il y a plein de révisions déchirantes ! Et puis il y a aussi l’âge
    http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9ficit_androg%C3%A9nique_li%C3%A9_%C3%A0_l%27%C3%A2ge
    PS: Zemmour ne risque pas la dépression, lui, de même que JMLepen ne risque pas Alzheimer

    Commentaire par legrandjeu — 05/04/2015 @ 18:51

  4. Merci Aliocha, de nous rappeler que nous vivons dans une réalité, que nous faisons partie d’un tout, et en particulier de la nature. Que celle-ci s’affaire à préparer la vie à naître, qu’elle s’affaire à entretenir la survie de la nature, qu’elle a en elle-même les équilibres qui permettent le vivre ensemble. Tout ce que notre monde de consommation a oublié.

    Quand à ce burn out, et sa renaissance, c’est un chemin, une quête de sens car l’image, l’activité à outrance, cette chorée de Huntington qui agite en permanence la société ne donne pas la vie. Ce vide intérieur a besoin d’être comblé et ce n’est pas l’image, la surface, qu’on veut donner et que l’on reçoit qui peut nourrir l’âme. Le jour où nous aurons compris que nous sommes fait pour vivre les deux pieds sur terre et que l’absence de « contemplation » est néfaste, nous aurons fait un bond en avant.

    Bonne fin de week-end pascal. Alléluia.

    Commentaire par Dorine — 06/04/2015 @ 09:58

  5. « La communication répond toujours à la même lancinante question, rappelle le chercheur Dominique Wolton « Est-ce que quelqu’un m’aime quelque part ? ». »

    Cette expression du besoin d’amour que nous portons tous, constitutive de ce que nous sommes, nous la retrouvons dans l’injonction « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Souvent elle est comprise comme un appel à voir dans autrui un autre soi-même, à qui il convient de témoigner l’amour que l’on souhaite recevoir. Plus rarement il est fait allusion à une autre façon de comprendre la phrase : tu dois aimer ton prochain car il est un autre toi, mais tu dois aussi (avant tout ?) t’aimer toi-même. Sans l’amour que l’on doit se porter à soi, il semble bien difficile d’avoir de l’amour à témoigner à autrui.

    Est-ce que quelqu’un m’aime quelque part ? Oui, ici et maintenant : moi-même.

    Je ne pense pas qu’il s’agisse de se regarder le nombril à n’en plus finir, et de s’extasier sur sa ronditude… à ce petit jeu, on risque vite de se rendre compte qu’en fait cette ronditude est partagée par une autre partie de notre anatomie, qui est un reflet bien plus fidèle pour ceux qui passent leur temps à se mirer et s’admirer.

    Dans la mesure où l’on participe à un échange, où l’on donne son point de vue de façon sincère, on s’ouvre à l’autre, avec toute la part de risque que cela comporte. Mais avec le risque aussi d’en retirer un enrichissement, personnel et affectif.

    Une remarque m’est venue à la sortie du cinéma, récemment… je venais de voir « La famille Bélier » avec mon épouse, et je lui ai dit que le succès que rencontre actuellement ce film tient à ce qu’il nous parle de ce dont nous manquons cruellement aujourd’hui : de l’amour. L’amour que l’on se porte les uns aux autres, quelque soit le cercle (familial, scolaire, professionnel…), et l’amour que l’on se doit à soi-même.
    On doit être performant, souple, dynamique, on est sommé de savoir s’adapter, d’avoir la « gagne », on est titillé dans nos ressorts les plus intimes et les plus puissants pour consommer, toujours plus… on est poussé à laisser en route cet élément vital, à le chasser par la porte. Et à la première occasion, il revient par la fenêtre !

    Je m’étais fait la même réflexion au sujet d’ « Intouchables » : les protagonistes de l’histoire osent aimer, donner et recevoir de l’amour, alors que tout les en dissuade, alors que tout et tous semblent se liguer pour étouffer, réprimer ce jaillissement vital, indispensable.
    C’est ce que je trouve dans le salon d’Aliocha, souvent.

    Commentaire par Zarga — 06/04/2015 @ 10:27

  6. Merci infiniment Zarga, tellement votre propos est juste et vrai.

    Commentaire par Dorine — 06/04/2015 @ 10:41

  7. Nous subissons tous ces passages de notre vie où nous nous agitons et poursuivons le « toujours plus  » où nous sommes pris dans un engrenage  » métro ( ou voiture ) boulot dodo  » représentations réunions stériles et mouvement perpétuel et où nous nous croyons indispensables et importants.
    C’est le privilège de la jeunesse et ce qui fait son inhumanité de croire que tout va durer..
    Voulez-vous nous rappeler que « tout est vanité » ? On le sait mais on l’oublie vite .
    Et puis un jour il arrive le petit grain de sable que ce soit cette maladie a la mode de « Burn out  » ou l’infarctus ou le cancer , le méchant accident de voiture ou autre qui nous tombe dessus sans crier gare et nous sommes à terre .. alors nous regardons le petit oiseau qui passe avec d’autres yeux… Nous avons enfin le temps de penser.
    Parfois c’est l’âge qui nous apporte cette sagesse , à savoir que très peu de choses ont vraiment de l’importance et que ce qui compte vraiment c’est le soleil qui se lève encore un jour de plus pour nous avec les petits bonheurs qu’on peut encore trouver et apporter aux autres.

    Commentaire par Scaramouche — 06/04/2015 @ 13:00

  8. Pourquoi ce commentaire bêta à la fin sur « les entreprises commerciales qui nous triturent et nous détruisent » ?.. Twitter et Facebook ne sont pas responsables de l’abus qu’en a fait GB et du narcissisme qu’il peut faire naître chez chacun, même s’ils ont évidemment intérêt à ce que ces dérives perdurent. Twitter et FB ne sont ni plus ni moins dealers que les marchands de clopes, et la responsabilité individuelle est la même dans les deux cas.

    Commentaire par VilCoyote — 06/04/2015 @ 18:32

  9. Cela fait plusieurs fois que j’entends parler de ce livre… Et j’ai réalisé que j’écoutais Guy birenbaum à l’époque sur Europe 1 : effectivement cela doit être sacrée « expérience  » qui est livrée ici dans ce récit !
    Je n’en revenais pas quand j’ai entendu dire que c’était la même personne : difficile à croire !
    J’espère pouvoir le lire bientôt ce récit!

    Commentaire par Illiassov — 06/04/2015 @ 20:47

  10. @VilCoyote : la responsabilité individuelle je veux bien, mais cela n’exclut pas de dénoncer la manipulation. Or, il y a bien une emprise de plus en plus grande du commercial sur nos vies et une manipulation pour rendre l’outil toujours plus attractif notamment en termes de satisfaction de l’ego et donc addictif. Vous verrez que dans dix ans, on luttera contre ce type d’addictions avec autant d’empressement qu’on lutte aujourd’hui contre le tabac. Les polluants de demain ne seront plus physiques mais liés à l’esprit.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/04/2015 @ 13:16

  11. Bonjour Aliocha,

    Je me permets de vous signaler la version « canonique » de votre proverbe chinois, par Saint Paul : « Aucune parole mauvaise ne doit sortir de votre bouche ; mais, s’il en est besoin, dites une parole bonne et constructive, bienveillante pour ceux qui vous écoutent » (Ep 4, 29).

    Commentaire par Hub — 07/04/2015 @ 16:00

  12. Plus précisément, le fondement de ce modèle économique, c’est la ségrégation : toute contrainte pour celui qui fabrique, toute influence pour celui qui achète.

    Commentaire par Sadlig — 07/04/2015 @ 21:59

  13. @ Aliocha : je regrette, il n’y a là aucune manipulation, car aucun mensonge ni déformation de la réalité par FB & Cie (même s’ils sont le vecteur d’horribles biais de confirmation qui, eux, déforment la réalité, mais c’est une autre histoire). Pas plus qu’il n’y en a aujourd’hui de l’industrie du tabac : tout le monde est parfaitement conscient de ce qu’est et fait le tabac, les fumeurs n’ont à s’en prendre qu’à eux-mêmes – idem avec le jeu (et je sais de quoi je parle, j’ai failli tomber dedans). Vous voulez qu’on mette sur la page d’accueil de FB un bandeau de plus rendu obligatoire par la Loi santé, qui dit « Les réseaux sociaux rendent dépressif » ? Come on !

    Commentaire par VilCoyote — 10/04/2015 @ 08:48

  14. Mais, VilCoyote, vous n’avez pas compris le propos d’Aliocha. Elle dénonce cette fuite en avant qui fait tomber plus d’un dans les abîmes de la dépression et du burn out. Le tabac, la drogue, l’alcool, les réseaux sociaux et la TV jusqu’à la nausée ne sont que des symptômes. Vous avez quelqu’un ou quelque chose qui vous a retenu au bord de l’abîme. D’autres s’y laissent glisser.
    La maladie est ailleurs, elle ronge la société de l’intérieur. La déprime et les addictions diverses et variées n’en sont que les métastases……
    Le livre de FB n’est que le récit d’une expérience. Regardez autour de vous, et vous verrez que vous pourrez ré-écrire le bouquin en des centaines d’exemplaires avec des centaines d’autres expériences. Et je pense que c’est ce qui a frappé Aliocha.

    Commentaire par Dorine — 10/04/2015 @ 12:47

  15. Il y a eu récemment ( sur Arte je crois ) un excellent documentaire sur « la dépression » je l’ai regardé jusqu’au bout parce que ça fait un bout de temps que je m’interroge sur le mot ( et la maladie ) employé à tout bout de champs alors qu’autrefois nous parlions uniquement dans la vie courante de « pessimistes « de cafardeux » et quelquefois de blues et de spleen .
    Pas de cellule psy en cas de malheur, ça n’existait pas . . on attendait que ça passe .
    De nos jours on ne parle que de « dépression » pas de déprime passagère mais c’est le vrai tunnel d’où on ne sort que par le suicide.
    Maintenant après 60ans de paix il y aurait pléthore de gens atteints gravement et soignés avec plus ou moins de bonheur par une quantité démentielle de pilules en tous genres.
    ( Il parait qu’Aldous Huxley a dit que dans le futur ce sera la médecine qui invente la maladie .)
    Pour des raisons financières les labos font de la surenchère et en cas de deuil de catastrophe de soucis ils sont prompts à vous trouver la parade. Si vous ajoutez que nous ne savons plus supporter la moindre douleur, le silence , la solitude et les deuils on peut comprendre le marché juteux.

    Je crains que cette société inhumaine où chacun vit dans son cocon avec des relations virtuelles ou téléphoniques , cette société oú la performance et reine et le droit à l’erreur un vice , ne produise elle-même ses propres démons. La vraie dépression est une maladie grave alors que les moments de déprimes plus ou moins longs font partie d’une vie où tout ne se résoud pas avec des pilules.
    Je crois en effet que le message est qu’Il faut un changement de société et arrêter cette fuite en avant où seul superman vaut le détour. On le sait mais on est pris dans l’engrenage.

    Commentaire par Scaramouche — 12/04/2015 @ 13:41

  16. Un conseil de lecture et de lutte contre cette « société inhumaine »: Le Sel de la vie, de Françoise Héritier, chez Odile Jacob. Un passage au hasard: « croquer des radis, coucher à la belle étoile, faire un long voyage sur piste sans crever un pneu,(…) descendre en voiture un jour la rue de Belleville… » Une merveille!

    Commentaire par MF Orsel — 26/04/2015 @ 17:43

  17. Master de la psychanalyse P Jorion veut soigner, sans rire, la famille Lepen, à partir de 7 min

    Commentaire par legrandjeu — 26/04/2015 @ 20:19

  18. Chère hôtesse. Vous ne publiez plus. Peut-être avez-vous raison tant tout ce qu’on peut lire de ce qui est dit ou écrit ici et là est désespérant… Tiens, un récent exemple, la question de savoir « qui est Charlie »… Todd y perd son humour et Finkelkraut son objectivité, c’est désespérant…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 06/05/2015 @ 21:49

  19. Tant mieux Dennis, ce n’est que le début, la confusion semée aura du retour dans le concret. Il y a énormément de boulot chez Jorion, de quoi vous noyez surement, ne vous dispersez pas!
    C’est énorme, le Parti Sociétal réalise enfin la boutade de Brecht
    « Puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple »
    C’est ce qu’ils font, le dissoudre dans des communautés/communautarismes et c’est précisément à quoi s’attaque modestement Robert Ménard chez lui à Béziers, tout n’est pas désespérant, loin de là.

    Commentaire par legrandjeu — 06/05/2015 @ 22:02

  20. Il ne faut pas écouter les élucubrations des intellectuels et politiques qui vivent dans un monde loin de la réalité, sans doute, celle propre à un monde très communautarisé parisien, qui aime se faire mousser, vit de l’image et de la provocation, ou du sentiment d’être supérieur à cette pauvre province, inculte et désargentée. Voire, traite la jeunesse de bétail (véridique).
    En attendant, je vois venir vers la province, mais aussi la campagne, un nombre de plus en plus grand de gens de tous horizons qui en ont marre de la violence et du mensonge.Ils cherchent de l’authenticité, du vrai et du sens. Au début, c’était des retraités. Maintenant, ce sont de jeunes couples…..
    N’ayez pas peur, comme disait Jean-Paul II !

    Commentaire par Dorine — 08/05/2015 @ 20:41


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