La Plume d'Aliocha

10/02/2015

DSK, la justice, l’ordre moral et la politique

Filed under: Droits et libertés,Réflexions libres — laplumedaliocha @ 22:51
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220px-Girolamo_SavonarolaAinsi donc, il faudrait observer en silence. Suivre le procès dit du « Carlton » dans lequel une poignée de notables de Lille et une star politique sont accusés de proxénétisme aggravé, et ne rien dire. Sous peine, en émettant le plus léger froncement de sourcil, d’être accusé de vouloir instaurer un ordre moral à la manière du sombre Savonarole (ci-contre). Il faudrait de surcroit – on m’y a enjoint sur Twitter – prendre la défense de « l’homme à terre », autrement dit de DSK. Relayer l’hypothèse du possible complot. S’abstenir surtout à tout prix de juger le comportement sexuel de l’intéressé et de ses si gentils petits camarades. Ceux qui parlent au choix pour évoquer les femmes, de « négresses », de « dossiers » ou de « grosses ». Parce que voyez-vous le cul aujourd’hui, c’est un peu comme le culte hier, un truc sacré, intouchable, non pas une liberté mais La liberté fondamentale, la plus noble conquête de l’ homme occidental qui a déjà tout dompté et aborde le combat suprême : embrasser sa sexualité sans plus ni peur ni honte. Contre cet objectif si fabuleux, aucun obstacle ne sera toléré. A l’exception, parce qu’elles sont trop visionnaires pour être réellement comprises, des réflexions désespérées de Houellebecq ou, plus récemment, de l’inclassable et troublant auteur de la Fleur du capital.

Du droit, rien que du droit

Le président du tribunal correctionnel de Lille, qui a la lourde charge d’organiser les débats de l’affaire du Carlton, a posé les règles d’entrée de jeu, raconte Pascale Robert-Diard au soir de la première audience« Le tribunal, a-t-il déclaré, n’est pas le gardien de l’ordre moral, il est celui du droit et de sa bonne application. Il n’entend donc pas revenir sur ces détails, ces anecdotes, mais évoquer les faits pour les évaluer uniquement sous l’angle de la qualification pénale de proxénétisme aggravé », reprochée aux quatorze prévenus ». Saine réaction dans un dossier aussi glissant et médiatisé. La question qui se pose aux juges, la seule, est la suivante : DSK est-il juridiquement coupable de proxénétisme dans cette affaire ? Quant à ses pratiques sexuelles, on en pense ce qu’on veut, elles ne sont pas répréhensibles pénalement et doivent donc être tenues l’écart, pour ne pas influencer les débats judiciaires.

Pas de sensationnel

De leur côté, les chroniqueurs judiciaires ont évité volontairement jusqu’ici, comme à leur habitude – et c’est l’honneur de cette profession – de sombrer dans le graveleux et le sensationnel. Les professionnels de la chronique judiciaire font preuve d’une vigilance sans faille pour protéger l’anonymat d’une victime, taire un détail qui n’apporte rien à la compréhension du dossier mais pourrait faire du mal inutilement, rendre compte fidèlement des débats, restituer une phrase prononcée dans le prétoire au mot près (quitte à vérifier auprès des confrères ou à se taire en cas de doute), bref, c’est un journalisme haut de gamme et j’invite chacun à le vérifier  en confrontant les compte-rendus.  Vous trouverez éventuellement des différences de perception et d’angles – quoique minimes, les pros du prétoire voient généralement les mêmes lignes de force et saisissent les mêmes moments forts – mais à mon avis peu ou pas de divergences et moins encore d’oppositions. Les débats relatifs au vocabulaire sont également à leur honneur car ils montrent qu’il y a un travail dans le choix des mots, même si on peut discuter le résultat (ouvrez les liens, ce sont de vraies sources de réflexion).

De quoi peut-on donc débattre ?

Pour autant, si la justice et les chroniqueurs judiciaires s’astreignent à respecter les règles de leurs exercices respectifs,  tout particulièrement dans un dossier qui pousse à la dérive, rien n’empêche le citoyen de débattre de ce qu’on lui raconte. C’est même à nourrir le débat démocratique que sert, me semble-t-il, l’exercice de la liberté de la presse. Ne serait-ce pas une faute que de s’abstenir de s’emparer du sujet quand tant de professionnels font en sorte de nous donner les moyens d’en discuter ?

Or j’aperçois ici quelques sujets de débat.

Nous laisserons de côté les pratiques sexuelles dont je conviens volontiers qu’elles sont de nature privée même pour les personnages publics. Surtout que l’inénarrable Dodo La Saumure nous explique qu’on ne peut pas sacraliser la sodomie en autorisant le mariage homo et reprocher ensuite à DSK de la pratiquer sur un rythme industriel. Je n’invente rien sauf le rythme industriel, pour entendre l’orignal de cette merveille, c’est par ici. Si Dodo souhaite un jour arrêter d’exploiter des mères de famille aux abois en en faisant des objets sexuels qui pleurent pendant les sodomies, il pourra se reconvertir en dialoguiste de film, voire en souffleur d’arguments foireux pour avocats en panne d’inspiration.

Les pratiques sexuelles étant sagement mises de côté, que nous reste-t-il ?

L’essentiel.

Par exemple qu’un homme politique sujet à une passion frénétique (au sens étymologique du terme) puisse tomber dans les filets d’une bande de notables provinciaux franc-maçons qui voient dans cette aimable faiblesse (euphémisme) l’occasion de rencontrer l’intéressé, de satisfaire son besoin, par conséquent de le tenir par là, à l’instant et à long terme pour au choix, le faire chanter (pourquoi pas ?), obtenir de lui privilèges et passe-droits, grimper l’échelle sociale, se faire mousser, menacer, avilir, corrompre….N’oublions pas que DSK était le favori de la présidentielle. Et que nos compères le savaient. Il avaient même misé sur le candidat, le cadre d’Eiffage le confie sans problème. Celui-ci aurait-il été reconnaissant ou au contraire ingrat, nul ne le sait. Aurait-il cédé à une éventuelle pression ou résisté ? Toujours est-il que quand on s’est ému de voir François Hollande voyager à scooter pour retrouver dans un appartement appartenant à des gens bizarres une actrice, on ne peut que frémir en voyant un homme politique s’offrir ainsi à tous les chantages et toutes les pressions en étalant son goût de la sodomie à la chaine dans des rendez-vous libertins. Qui nous dit qu’il n’y a pas eu des photos de ces jolies rencontres à poil et à plusieurs  ?

Et que dire en termes d’engagement politique d’un homme qui défend des idées socialistes et dont l’exigeante passion l’amène, à l’insu de son plein gré – dit-il -, à sodomiser des mères de famille aux abois et d’autres femmes (je n’emploie pas « jeunes filles » c’est une expression de proxénète fayot à la barre du tribunal, ce que je ne suis pas) victimes de rien moins que de trafic d’êtres humains ? Il serait de droite, ce serait aussi grave, m’a-t-on objecté sur Twitter. Assurément. Mais je pointe ici un grave problème de cohérence entre le discours et les actes qui s’ajoute à la faute de base. Ainsi que me l’explique régulièrement un ami lettré, en démocratie, on peut difficilement critiquer une opinion, en revanche, il est possible de dénoncer une incohérence entre les idées affirmées et les actes. Ce que je fais ici. DSK peut sodomiser, autant qu’il veut. Mais pas des prostituées potentiellement victimes de traite des êtres humains. Pas des mères de famille qui n’ont plus que cette solution pour nourrir leurs gosses. Il ne le savait pas. Allons donc….Je gage que l’homme ne boit que des grands bordeaux et ne mange que de la viande de Salers. Mais à supposer même que ce ne soit pas le cas, tout homme politique a inscrit dans son ADN que « savoir c’est pouvoir ». Celui qui sait domine celui qui ignore. De sorte que l’homme politique est avide de savoir. Quand il ignore, c’est qu’il ressent un intérêt supérieur à ignorer. Ici il est évident et d’ailleurs affiché par ses camarades : ils lui cachaient, pour le protéger, qu’ils lui offraient des putes. Et DSK n’avait plus qu’à faire semblant d’ignorer aussi…

Et le journalisme politique dans tout ça…

On pourrait aussi utilement se demander comment ils se sentent aujourd’hui, après le FMI (souvenez-vous qu’il avait humilié la France en troussant une salariée du FMI) le Sofitel et le Carlton (oui ça fait beaucoup de complots contre un innocent), donc après ces illustrations d’une dangereuse faiblesse et d’une hasardeuse conviction politique, les journalistes politiques qui n’ont pas pris la mesure du personnage et qui ont minimisé au nom de la bien commode vie privée et de la crainte de l’ordre moral (qui semble être à l’air du temps ce que le père fouettard fut aux enfants, un monstre inventé pour avoir la paix) la réalité du candidat. Ils nous l’ont si bien vendu, qu’aujourd’hui encore il reste  une sorte de héros qui, s’il avait été élu, nous aurait tiré de la crise. Et qu’importe si sa société surendettée et  son associé suicidé tendent à invalider quelque peu le scénario du génial économiste….

Pour alimenter le débat et, au-delà de DSK, réfléchir sur la prostitution, il faut lire les témoignages des prostituées parties civiles. Celle qui dort dans une cave, en tenue de marchande de sexe roulée en boule dans un sac de couchage, toujours prête, au cas où il faudrait venir s’offrir au visiteur occasionnel et attendre d’être évaluée, choisie ou renvoyée à l’ombre. Ah, comme il doit être terrible ce sentiment de soulagement quand on n’est pas choisie, mêlé au regret de perdre de l’argent et à l’inquiétude alimentaire de risquer un jour de ne plus plaire au client. Le malheur, c’est compliqué, toute en nuance entre gris pale et noir. Il y a celle qui doit faire une pipe au marchand de chaussure nain pour 150 euros.  Il est juif, il ne veut pas qu’on sache qu’il se fait sucer par une arabe. Et puis le cas sordide de la fille saoule dans les chiottes qu’on ne sait combien de charmants messieurs se disputent à même le carrelage en appelant cela du « libertinage ». Des jeux  entre adultes consentants, plaident la défense et les beaux esprits pour qui éviter le« retour à l’ordre moral » (lequel , on n’en sait foutre rien !) justifie bien de sacrifier une pute  inconsciente et victime d’une tournante de luxe dans un restaurant chic. Après tout, c’est une pute, m’a-t-on encore faire observer sur twitter, elle n’avait qu’à pas se trouver là. C’est fascinant comme les donneurs de leçons peuvent avoir la morale souple quand il s’agit d’eux-mêmes ou de leurs protégés. En tout état de cause, voyez comme ils sont drôles les proxénètes.  Dodo, il cause comme Audiard. Et puis il est gentil avec ses filles, sur 80 euros de passe, il ne prend que 40 euros de commission d’apporteur d’affaires et 5 pour nettoyer la chambre. Sa chambre, elle se nettoie, le corps de la femme qui s’est laissé passer dessus pour nourrir ses enfants, il n’oubliera pas lui, ce genre de tâche ne se nettoie pas. Il s’en fout Dodo, grâce à lui, des connes à 25 de QI gagnent de quoi vivre, il est philanthrope Dodo, et même théologien qu’il dit, il a monté une association qu’il a appelé Marie-Madeleine, du nom de la pute magnifique de l’évangile que l’Eglise a faite sainte. Elle a séché les pieds du Christ avec ses cheveux, dans un acte sublime d’amour et de repentance. Mais qu’arrivera-t-il à celle qui n’a pas pu parler au directeur du FMI parce qu’elle l’avait en bouche ? Tout le monde n’a pas la chance de tomber sur Jésus.

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Un homme politique qui aspire à des responsabilités nationales dans une période aussi troublée cela impose des …..(je mets en garde les oreilles chastes, je vais prononcer un mot très choquant) …devoirs. Ce n’est pas ce procès-là qui se joue à Lille car un procès sert à déterminer s’il y a eu ou non des infractions à la loi de commises. Ne pas être à la hauteur d’une fonction ne constitue juridiquement ni un crime, ni un délit. Sodomiser des prostituées non plus, même si un doute a surgi au fil des débats sur le consentement de l’une d’entre elles et donc un soupçon de viol. C’est l’affaire de la justice. Le citoyen quant à lui est en droit de mener le débat sur tout le reste. Dans le respect des faits et sous réserve de ce que seront les conclusions judiciaires. Nous entrons dans un monde infiniment subtil. Il faut accepter d’en payer le prix : danser sur un fil au-dessus du vide. Débattre au milieu des interdits fondés ou non, réels ou imaginaires, sur fond d’incertitude, avec prudence et humilité. Mais débattre quand même, ne pas se laisser voler sa liberté de penser, sous aucun prétexte.

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35 commentaires »

  1. Anne Sinclair ne dit rien . . .

    Commentaire par zelectron — 10/02/2015 @ 22:54

  2. Je trouve, Aliocha, votre expression « des connes à 15 de QI  » très très étrange, il est de combien, celui de DSK? A chacun son expertise !
    L’imbécillité n’est pas un manque d’intelligence, comme le pense les imbéciles.
    Le vrai procès serait celui des réseaux….où tout se perd, car personne n’a le choix, du haut jusqu’en bas.Dans cette perversité DSK pourrait être définitivement blanchi, pour retourner à son activité principale, faire prendre aux autres des risques avec de la fausse monnaie……. je spécule comme tout le monde, c’est çà, la normalité de ce monde .La lutte des places qui deviennent passes, CDD , de plus en plus court et flexible avec en prime, »soyez heureux d’en décrocher une »

    Commentaire par legrandjeu — 11/02/2015 @ 00:32

  3. Ce procès tombe à pic pour révéler aux yeux du monde la vie réelle des prostituées, pourquoi on se prostitue et comment on vit ça, dans le cadre de la loi qui voudrait punir les clients : c’est peut-être grâce à ce procès que la loi passera, ça serait un aspect positif supplémentaire. Je lis régulièrement le blog «Prostitution et Société», donc je ne suis pas totalement ignorant du sujet, mais quelle désillusion de découvrir l’homme qui paraîssait le mieux placé dans la course à la présidence il y a trois ans, dans un rôle de sex addict — à la porte de derrière qui plus est — tout en jouant les oies blanches, à propos des femmes que lui et ses amis utilisent… C’est difficile d’évoquer ce sujet sans se sentir automatiquement dans le mauvais camp (les êtres humains de sexe masculin), mais ce procès pourrait bien faire plus de vagues que le procès Kerviel, et avoir plus d’impact dans la société, ce qui serait une bonne chose. Je l’espère.

    Commentaire par Yves Pouplard — 11/02/2015 @ 01:01

  4. Ce qui est avéré de l’affaire du Sofitel, même en partant de l’hypothèse la moins défavorable à DSK, suffisait à le disqualifier irrémédiablement comme homme d’État. L’affaire du Carlton n’ajoute rien de neuf à ce constat: on a là un homme incapable de maîtriser ses envies, qui méprise le petit personnel chargé de les satisfaire, et qui prend des risques insensés avec sa propre réputation – bref, un type qui se sent intouchable au point de perdre tout sens des responsabilités. Tout ça, on l’avait compris en 2011. Par contre, ce procès peut servir de piqûre de rappel, au cas hélas probable où les Français auraient la mémoire courte.

    Commentaire par Gwynfrid — 11/02/2015 @ 03:20

  5. Chère hôtesse,

    Vous écrivez, (les yeux de Chimène ?)
    « Les professionnels de la chronique judiciaire font preuve d’une vigilance sans faille pour protéger l’anonymat d’une victime »
    Ouais, d’une victime peut être, mais d’un témoin (témoin, notez bien, pas prévenu) alors là j’ai un doute: Pascale Robert-Diard, dans son blog, ne laisse pas beaucoup de chance au marchand de chaussures nain, gros et laid. Celui qui est adepte des pipes dans son arrière-boutique. Vous me direz qu’avec un physique pareil, à moins d’être beau comme Crésus, ça ne doit pas être facile d’emballer tous les jours…Non, contrairement à ce que vous écrivez, j’ai noté chez cette chroniqueuse une volonté d’humilier et de « faire du mal inutilement » assez désagréable. Mais pourquoi pas, après tout? Charlie pourrait aussi nous faire un joli dessin de sodomie bien croustillant…

    Bonjour aux intervenants.

    Commentaire par araok — 11/02/2015 @ 10:34

  6.  » On asservit plus facilement le peuple avec la pornographie qu’avec les miradors ». C’est ce que disait Soljenitsyne

    Il existait autrefois un centre médical de recensement et de soins des maladies vénériennes qui soignaiit anonymement les patients avec MST et obligeait (en remontant la filière ) les prostituées de la rue à l’origine de l’épidémie à se faire traiter médicalement. J’ai autrefois travaillé dans ce Centre Prophylactique et donc souvent parlé avec ces femmes qu’il est de bon ton de mépriser tout en en profitant plus ou moins ouvertement . J’ai appris ainsi toute jeune que ce monde est plus complexe qu’on le pense et J’en ai conservé une vision à la fois compréhensive et amère où se côtoient tous les caractères possibles de la nature humaine lorsqu’il s’agit de dominer et d’être dominé en étant l’esclave de l’argent facile . J’ai pu mesurer la différence entre les différents niveaux depuis les pensionnaires de madame Claude jusqu’à celles d’un Dodo la saumure . Car si le métier est le même , tout est dans la forme, l’élégance ou la brutalité des rapports , la négation totale de l’autre qui peut exister lorsqu’on paie alors que les rapports sont consentis et partagés dans le libertinage .
    Strauss Kahn n’est pas un enfant de choeur il sait faire la différence entre érotisme et pornographie entre le travail à la chaîne et l’approche libertine et entre la bourgeoise qui se défoule et la « pro  » qui travaille. Adepte de toutes les jouissance il essaie tous les genres sans trouver la satisfaction c’est à la fois un esclave et un esclavagiste du sexe qui profite du système moderne d’absence de pudeur dans une économie à la dérive où la femme a sans doute gagné sa liberté mais a perdu toute forme de respect.
    A rire , minimiser , tolérer , voire encourager les frasques de nos hommes d’Etat nous avons ce que nous méritons, il n’y a pas que le mot « devoir » qui soit une appellation protégée Aliocha , mais ceux de « pudeur » et de « sens de l’honneur  » semblent aussi ringards et inutiles.
    Gageons que le grand homme s’en tirera très bien …

    Commentaire par Scaramouche — 11/02/2015 @ 10:36

  7. @ Scaramouche,
    Ajoutons à votre commentaire la feinte décontraction, la morgue et même l’hypocrisie mêlée aux mensonges grossiers. Cette citation de Soljenitsyne que j’avais utilisée au moment du débat sur la copulation pour tous m’a valu une volée de bois vert . . .

    Commentaire par zelectron — 11/02/2015 @ 10:58

  8. Bonjour Aliocha
    1) Jusqu’où peuvent diverger loi tirée du droit positif et loi morale, naturelle, divine, sans rompre le pacte social ? C’est une de mes interrogations (http://www.libertepolitique.com/Actualite/Tribunes-et-documents/Relaxe-des-Femen.-Du-double-sens-des-mots-Justice-et-Legitime). Ne pas voir, ne pas traiter le problème me semble dangereux.
    2) Poser une qualification juridique est « piégeux », et poser une mauvaise qualification lors d’un procès peut-être le moyen de le saboter. Sauf à considérer que dans toute prostitution le client soit de facto et systématiquement proxénète, je reste dubitatif sur les chefs d’inculpations, mais je ne suis pas juriste, seulement un justiciable.
    Merci de votre indignation salutaire

    Commentaire par remseeks — 11/02/2015 @ 12:14

  9. Acheter quelqu’un, surtout en parti, est ce juste/normal ? Je n’y suis jamais arrivé à m’y faire……autant qu’à me vendre, j’ai compris très tôt qu’il fallait « tricher » dans ce jeu….

    Commentaire par legrandjeu — 11/02/2015 @ 12:48

  10. Il y a un aspect politico-affairiste qui n’est pas assez souligné, à mon sens, dans cette affaire. Quel était l’intérêt du cadre d’Eiffage de fournir des prostituées gratuitement à DSK ? Il faut se souvenir – ne feront un lien que ceux qui ont l’esprit aussi tordu que moi – que c’est la société Eiffage qui a remporté le marché de la construction du Grand Stade de Lille, ville dont la maire est Martine Aubry, camarade de parti de DSK. Au passage, il apparait que Martine Aubry a permis le choix d’Eiffage dans des conditions assez douteuses :
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/grand-stade-de-lille-des-revelations-genantes-pour-martine-aubry-12-09-2014-4129921.php

    Commentaire par Varlin — 11/02/2015 @ 13:40

  11. @ reemsek (8)
    Dans la loi, le proxénétisme est « le fait par quiconque, de quelque manière que ce soit, d’aider, d’assister ou de protéger la prostitution d’autrui ». Si je comprends bien, donc, le débat dans cette affaire porte sur le fait de savoir si DSK connaissait le statut de ces femmes. S’il avait simplement payé lui-même, on pouvait considérer qu’il était simplement client. Mais n’ayant rien payé, on peut considérer qu’il était co-organisateur de ces « parties (qui n’ont rien de) fines. » Il lui faut convaincre que que ce n’était que du libertinages et que les rapports qu’il a entretenu avec ces femmes était un rapport égalitaire entre adultes consentants et libres de toute contrainte. Je ne suis pas magistrat, mais quand je lis certains témoignages, je me dis qu’il se fout de la gueule du monde quand il dit qu’il ignorait le statut de ces femmes.

    Commentaire par Varlin — 11/02/2015 @ 13:54

  12. Dans cette affaire glauque, j’ai n’ai toujours pas compris en quoi DSK peut être accusé de proxénétisme. Un proxénète c’est celui ou celle qui perçoit un revenu ou avantage de l’activité des prostituées, DSK n’a pas reçu d’argent de la part de celles ci.

    Commentaire par trucmuche33 — 11/02/2015 @ 14:15

  13. La seule chose qui me gêne, c’est l’hypocrisie générale qui consiste à se focaliser sur le seul DSK. Comme si ces pratiques avaient été inventées pour lui seul, et comme si le reste de la classe politique était blanc comme neige.
    Ce procès me fait malgré tout penser aux mises au pilori de circonstance, au Moyen-Âge, de notables renommés, et qui avaient pour fonction première de soulager le peuple de son sentiment permanent d’injustice, tout en éliminant au passage un rival devenu dangereux ou en faisant diversion. Excluons toute théorie du complot, reste une connexion exemplaire, un montage subtil, entre le monde politique, le monde des affaires, et le « milieu ».
    Il faut en effet cesser de « moraliser » à propos de DSK, dont la personnalité définitivement établie a « fait ses preuves », et commencer peut-être à considérer qu’il n’est que l’arbre qui cache la forêt de la vie politique, financière, et économique, dans différents lieux de notre pays.

    Au passage, on écrit des comptes rendus (trait d’union non obligatoire mais accord recommandé), et on accomplit une tâche, celle d’effacer une tache d’encre.

    Commentaire par R jf — 11/02/2015 @ 14:32

  14. Merci Varlin
    de mon point de vue et malgré mon ignorance des détails du dossier, ni tirer profit, ni aider, ni assister ni protéger la prostitution de ces femmes. Juste profiter de leur corps et sans payer l’addition. Ce n’est pas plus moral. Mais là encore je ne suis pas juriste …

    Commentaire par remseeks — 11/02/2015 @ 14:56

  15. remseeks

    L’addition est payée sous forme de trafic d’influence, ces parties étant une sorte de « cadeau » offert à un personnage de plus en plus influent.

    Commentaire par trucmuche33 — 11/02/2015 @ 15:16

  16. Rjf Excluons toute théorie du complot, reste une connexion exemplaire, un montage subtil, entre le monde politique, le monde des affaires, et le « milieu ».
    De la conspiration, respirer ensemble, au complot il n’y a qu’un pas, nous ne sommes pas communistes disaient les mafieux dans une réunions pour parler de leurs intérêts communs mais à un certain moment, il faut en éliminer un qui gêne le développement d’un nouveau business, tiens, c’est bientôt, la St Valentin, ils avaient aussi le sens de l’humour, ces amoureux du business à tous prix, le progrès c’est l’arnaque, un grand film à succès où l’on apprend la mise en scène du vraisemblabla.
    Bonne fêtes à toutes et tous.

    Commentaire par legrandjeu — 11/02/2015 @ 15:39

  17. « Soupçon de viol »? Je vois bien un scénario dans lequel la victime aurait pu donner son consentement au préalable, mais je doute que cela ait été le cas ici. Pénétrer une personne intoxiquée et inconsciente est très probablement un viol, à moins que des doutes ne pèsent sur ce témoignage?

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 11/02/2015 @ 17:42

  18. Dans un sketch de Coluche, 1986,nommé « la péniche », résumait toute l’affaire

    Tu viens chéri ? J’te ferai le coup du microsillon…
    Tu sais pas ce que c’est le coup du microsillon ?
    C’est celui qu’on peut jouer sur les deux faces.

    La péniche, on m’appelle !
    La péniche, c’est le surnom que mes copines m’ont donné.
    C’est parce que je fais mes cinq noeuds à l’heure.

    Regarde moi ça, ce manteau de fourrure.
    J’aurais fait n’importe quoi pour l’avoir.
    Quand je l’ai eu, je ne pouvais plus le boutonner.

    Dans le bois, je te dis pas le temps qu’il fait :
    T’y vas pour ramasser un bel engin, tu reviens avec une belle angine !

    J’ai essayé de travailler honnêtement. J’avais trouvé un boulot de secrétaire.
    Alors, il me fait faire une dictée pour voir. J’avais fait 19 fautes.
    Le mec baisse son pantalon et il me dit : – « Madame, 19 fautes.
    Si vous voulez entrez dans notre maison, il va falloir en faire une vingtième. »

    J’ai tout de suite compris que mes meilleures amies c’était mes jambes.
    Et j’ai aussi compris tout de suite qu’il fallait souvent écarter ses meilleurs amies…

    Moi, ce que j’aurais aimé, c’est gagner un concours où on passe la nuit avec un artiste connu.
    J’aurais pris les chœurs de l’Armée Rouge.
    Parce qu’il paraît que les femmes faciles, c’est bon pour les hommes difficiles.

    En tout cas, on a souvent vu une honnête femme faire le malheur d’un homme, et une pute faire le bonheur de plusieurs.

    C’est marrant. J’ai remarqué que parmi les honnêtes femmes, celles qui aiment pas les putes, c’est les plus moches.
    Le mieux c’est quand même les mecs :
    Y en a qui vont aux putes toute leur vie. Mais dès qu’ils ne peuvent plus bander…
    Bref, pour ces messieurs, la moralité devient rigide quand le reste ne l’est plus…

    Une fois j’avais rencontré un mec formidable. Avec qui je suis restée longtemps.
    Il m’avait fait faire tilt. D’ailleurs il avait eu droit à plusieurs parties gratuites.
    Lui, il m’avait touchée au coeur. Les autres avaient pas visé si haut.

    Mon mec, un jour il est arrivé chez mes parents il a dit :
    – Bonjour monsieur. Je viens vous demander le vagin de votre fille….
    – Vous voulez dire la main ?
    – Non, si c’est avec la main, je peux le faire moi-même!

    On a beau dire…
    Les femmes, quand même, préfèrent les hommes qui les prennent sans les comprendre, plutôt que ceux qui les comprennent sans les prendre.

    Ah, les hommes !
    La raison du plumard est toujours la meilleure.

    Mais il faut se méfier, y’a des malades…
    Y’a des malades, on en rencontre des malades.
    Il ne faut pas oublier qu’un journal coupé en morceaux n’intéresse pas les femmes.
    Tandis qu’une femme coupée en morceaux intéresse les journaux.

    Ah, y’a des malades !
    L’autre jour je faisais une pipe à un client. Je lui dis : C’est marrant, tu sens le bouchon !
    Il me dit : C’est possible… Je suis de Liège !

    J’ai un client… Un courtier en bourse…
    Mon vieux ! Le gars a des actions en bourse, mais pour mettre ses bourses en action…

    Et quand le client est très bourré, j’lui fais le coup de l’amour hongrois :
    Je le prend entre mes cuisses, on « g »roit qu’on baise et on baise pas.

    Enfin, comme dit l’autre: c’est la foi qui compte…
    Moi, je compte pas les fois.

    J’peux pas dire que j’ai assisté à une course de sperme… mais j’ai souvent donné le départ !

    Alors, l’autre jour, j’ai un client qui vient, qui gueule en me disant :
    – « Ouais, euh… tu m’as refilé une vérole ! »
    Je lui dit : – « Hé oh; je te l’ai pas refilée… tu l’as achetée 100 balles, ta vérole ! »
    – « Oui, j’ai des petits crabes, j’ai des petits crabes ! »
    – « Dis donc, pour 100 balles, tu veux pas une langouste, non ? »

    Non mais ? Il se croit où, l’autre ?
    Dans les rues, les putes, ça marche au doigt, mais pas à l’œil.

    En même temps, une fois, pendant le travail, j’ai été violée…
    Si, ça se peut ! Le mec m’a filé un faux billet !

    Ah, j’peux te dire il était moche en plus…
    Ah j’oublie jamais un visage, mais pour lui je ferai une exception…

    Ma mère aussi elle était prostituée…
    Quand j’étais petite elle me disait toujours : – « Tu vois, ton frere, il a un petit robinet… »
    Eh ben, toi, si t’es pas sage, t’en aura plusieurs… »

    Toute ma famille est dans la prostitution.
    Sauf ma sœur, elle a été étouffée à l’oral.
    Enfin, comme dit ma mère, ça nous empêchera pas d’aller au Paradis. Ça m’étonnerait que Saint Pierre soit inébranlable !

    Commentaire par legrandjeu — 11/02/2015 @ 18:09

  19. Bonjour Aliocha,

    Bravo pour cet excellent billet !

    Juste une remarque : cela fait des années que Libération et le Nouvel Obs font la promotion de pratiques libertines dans leurs petites annonces au nom d’une certaine idée de la liberté sexuelle. Est-ce que cette affaire n’obligera pas la presse de gauche à regarder d’un peu plus près les réalités sordides qui accompagnent ce qu’ils ont encouragés ? Peut-on espérer une prise de conscience dans la profession ?

    Autre remarque : vous avez parfaitement montré à quel point la lubricité de DSK l’avait fragilisé dans l’exercice de ses fonctions. Vous avez fort bien dit qu’aspirer à certaines fonctions politiques impose certains devoirs. Or l’un des devoirs d’un homme d’État est d’être lucide sur les intentions de son entourage. Que DSK ait ignoré qu’il avait eu affaire à des prostituées n’est vraisemblable qu’à condition qu’il ait une capacité d’auto-aveuglement qui le discrédite comme responsable politique.

    Commentaire par Physdémon — 11/02/2015 @ 18:30

  20. On trouve de tout dans la fange humaine et les gynécos, gastros et ORL ont parfois le dégoût au bord des lèvres.Je plains les juges d’avoir à décortiquer un délit au milieu de ces « basses » oeuvres. Et je suis étonnée que la presse fasse ses gros titres avec DSK et son procès, et lessive les cervelles voyeuristes avec cette boue.Car si l’on sait que ce genre de pervers existe et même se multiplie ces dernières années ( c’est peut-être le dernier espace où l’on peut se vautrer sans risque), c’est le banaliser en l’exposant avec délectation.

    Je suis encore plus étonnée de voir que la presse est très excitée de savoir si DSK savait s’il avait à faire à des prostituées. le problème, au fond, n’est pas là . Prostituée ou pas, DSK ne voit dans la femme (prostituée ou pas) qu’un simple trou. Il ne voit pas l’être humain. Et il est loin d’être le seul..

    Commentaire par Dorine — 11/02/2015 @ 21:36

  21. La copulation pour tous n’est pas étrangère à ces remugles de basse fosse

    Commentaire par zelectron — 11/02/2015 @ 22:33

  22. Bien vu zelectron, Anal + en est inondé.
    Dorine, et le trou……..de la dette, il aurait pu le combler où non.

    Commentaire par legrandjeu — 11/02/2015 @ 23:02

  23. Résumé : Si je comprends bien il faut avant tout prouver que DSK savait qu’il « utilisait » des prostituées et de surcroît au cas établi où il ne les payait pas c’est une accusation de proxénétisme .
    Donc dans l’étalage de ces pratiques l’idée est de prouver qu’il avait un comportement différent avec les femmes suivant les cas ainsi que c’est l’usage chez la plupart des « clients » .. Or elle semble écartée par lui-même puisqu’il avoue pour se disculper qu’il « se conduit avec toutes les femmes de la même façon  » ..
    Ce qui jette en passant une ombre sur les comportements sexuels de la « charmante Anne Sinclair  » , mais il s’en soucie comme d’une guigne !

    La vérité tient dans le fait qu’il se croyait au-dessus de toutes les lois et qu’il était grisé par son importance .. donc favorisé sinon encouragé par son entourage il jouait sur son impunité.
    S’il n’avait pas titillé la puritaine Amérique il serait à l’heure notre président .. Pas plus mauvais qu’un autre … mais pauvre madame Merkel. !!! (Lol)

    Commentaire par Scaramouche — 12/02/2015 @ 08:54

  24. Non, Grand Jeu, DSK aurait eu les mains liées, voir, nouées. Il n’était pas de taille à réduire le trou….de la dette……..

    Commentaire par Dorine — 12/02/2015 @ 08:55

  25. Question subsidiaire, Grandjeu: Votre pseudo a-t-il un lien avec la rivalité entre britanniques et russes dans l’Asie de la fin XIXeme siècle et début XXème? Cela fait un moment que je me cherchait dans mes souvenirs ce que votre pseudo m’évoquait. Simple curiosités féminine….

    Commentaire par Dorine — 12/02/2015 @ 08:58

  26. Scaramouche , excellente vanne, hier soir sur Anal +, des guignols, où l’on voit DSK aller au cinéma pour regarder 50 nuances de gris « 2 places svp/ mais vous êtes tout seul/ non je suis avec lui (il ouvre son peignoir), pourrais je avoir un tarif réduit, il est assis sur mes genoux.

    Commentaire par legrandjeu — 12/02/2015 @ 12:10

  27. « Elle était consentante » : phrase terrible, affreuse ! excuse qui condamne.

    Il ne faut pas regrette le bon vieux temps, je sais, mais quand même…

    Il y avait des interdits. On a tout jeté, fièrement, vaniteusement. Combien de fois ne l’a-t-on pas entendu, que c’était merveilleux, que c’était la fin des tabous! !?
    Mais le sacré est revenu par la fenêtre. Il était interdit de faire, il est maintenant interdit de ne pas faire, du moment qu’il y a « consentement ». C’est absurde, ça justifie tout. C’est le retour à la loi du plus fort. Formidable régression !

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 12/02/2015 @ 12:49

  28. Bien sûr qu’elle était consentante quoiqu’on en pense l’accusation ne porte pas sur un viol ni sur des pratiques douteuses mais sur le proxénétisme. Or légalement est reconnu proxénète tout individu qui reçoit les faveurs gratuites d’une prostituée . Il est avéré que DSK n’a pas payé donc sa seule échappatoire est de prétendre qu’il ne savait pas le métier de ces dames.
    Toutes les histoires graveleuses tendent donc à prouver que DSK savait chez qui il mettait les pieds. Comment aurait il pu en être autrement avec « Dodo la Saumure » ???  »
    Ses accointances avec le milieu ne font pas de doute et de plus on ne traite pas de « matériel » des partenaires libertines …
    J’espére qu’il sera enfin coincé mais j’en doute.

    Commentaire par Scaramouche — 12/02/2015 @ 14:02

  29. Bonjour,

    Je suis également d’avis que la qualification de proxénétisme est inappropriée. Ceux qui defendent cette qualification nous répondent qu’il ne faut pas confondre la représentation commune du proxénétisme et sa définition juridique. En effet, la définition juridique du proxénétisme est très large. : faciliter la prostitution d’autrui ou en profiter de quelque manière que ce soit, être en relation avec des prostituées sans pouvoir justifier de son train de vie.

    Outre le fait que cette définition est problématique au regard des exigences du droit pénal, l’argument est un retournement de l’objectif de cette définition. Si le proxenetisme est largement defini, c’est pour contrecarrer l’imagination des proxénètes et non pour y faire entrer des comportements qui n’avait pas vocation à l’être.

    D’après le peu que je sais du dossier, plusieurs qualifications pénales auraient permis de sanctionner ces comportements, abus de biens sociaux, recel d’abus de biens sociaux (les prostituées étaient payées avec les fonds de l’entreprise), violence en réunion, voire viol en réunion.

    Derrière cette qualification il y a un lobbying qui cherche à obtenir la pénalisation du client qu’il n’a pas obtenu par la loi. Cela a d’ailleurs été expressément dit par un représentant du Nid sur le plateau de C a dire ou de C dans l’air. Ils y parviennent puisque cette question revient à l’ordre du jour du Sénat le 30 mars prochain. Pourtant cette question a déjà été examinée il y a quelques mois. La commission consultative des droits de l’homme avait émis un avis défavorable. Plusieurs association, s’y était opposée, notamment pour des raisons sanitaires visant les prostituées.

    Les partisans de cette pénalisation avouent souvent que leur but est de lutter contre les réseaux, la prostitution forcée et celle des mineurs, lesquels sont déjà incriminés. C’est une tendance contemporaine, lorsque l’on obtient pas gain de cause à l’issue d’un débat, d’une confrontation des idées, on agite la foule, ses émotions, on racole… Avec le populisme ambiant, la loi perd son objet, sa fonction et sa raison pour se transformer en une sorte de réceptacle à pulsions digne d’une humeur matérialisée sous la forme d’un commentaire facebook.

    Commentaire par Seb. — 12/02/2015 @ 14:33

  30. Aliocha , « … pour entendre l’orignal de cette merveille… », j’ai suivi le lien inséré, mais n’y ai point trouvé de grand animal en rut. Quoique.

    Commentaire par Ginkgo — 12/02/2015 @ 15:12

  31. Je parle de la dénaturation de la loi par le populisme mais il en est de même pour la justice. J’ai fais la connaissance de votre blog à l’occasion du procès des tournantes. Vous aviez un très bon papier sur le traitement médiatique de ce dossier. Quelques associations avaient réussi à mobiliser des foules afin de créer une pression médiatique sur la justice, avec en arrière plan l’idée saugrenue que la foule, malgré sa méconnaissance des détails du dossier et des règles de droit applicable, a une intuition de ce qui est juste, et que cette intuition est plus légitime que le cadre judiciaire pour trancher de la culpabilité de quelqu’un et de la sanction applicable. Ce phénomène n’est pas nouveau, ce qui est nouveau c’est qu’il soit incarné par des associations se revendiquant humanistes et progressistes. Bon, pour être totalement honnête ces associations ne prônent pas le retour d’une bonne vieille justice populaire, mais comme elles ont régulièrement recours à ce genre de mobilisation, l’examen des fins ne peut faire l’économie de celles des moyens.

    J’en reviens à DSK. Ici comme le procès auquel je viens de faire référence, et il y en a eu d’autres, la justice est instrumentalisee par des groupes de pression qui n’ont que faire du sort des victimes qui vont immanquablement être broyés par l’emballage médiatique. Finalement peu importe l’innocence ou la culpabilité des accusés, ce qui compte c’est le message médiatique que le verdict adressera à l’ensemble de la société.

    Commentaire par Seb. — 12/02/2015 @ 17:02

  32. @Seb
    Je ne pense pas que la foule et son opinion soit de quelconque influence dans l’élaboration d’un verdict . l’accusation de proxénétisme est variable selon les appréciations donc solidarité masculine plus notoriété feront le poids DSK n’étant bien évidemment pas un proxénète au sens large du terme il sera reconnu comme un innocent fêtard et encore heureux qu’il ne recoive pas un pretium doloris !

    Commentaire par Scaramouche — 12/02/2015 @ 17:45

  33. @Scaramouche,

    La médiatisation d’un dossier du dossier crée nécessairement un pression sur le juge qui doit rendre un verdict, ce juge est plus ou moins apte à résister à cette pression.

    Si DSK est poursuivi pour proxénétisme c’est notamment en raison de l’acharnement de l’association Le Nid, qui s’est constituée partie civile.

    Le sort de DSK m’intéresse peu. Ce qui m’intéresse c’est que lorsqu’une personne se trouve face à un juge, c’est que la question de son innocence ou de sa culpabilité au regard du droit soit la question essentielle, et non une question accessoire à un débat de société.

    J’ai en tête des cas médiatiques où je m’interroge sur la prise en compte par la justice de l’émoi public, et d’autres où j’ai la certitude que la justice a renoncé à appliquer le droit face à un buzz médiatique au détriment des premiers concernés. C’est quelque chose que je trouve effrayant.

    Commentaire par Seb. — 12/02/2015 @ 18:35

  34. @ Seb
    Je ne suis pas persuadé que c’est le bruit médiatique qui influe le plus sur la décision des juges, qui sont quand même blindés par rapport à ça. Si nous avons une justice de classe (qui peut le nier ?), je ne pense pas que les associations comme le Nid ou les associations de défense des victimes y soient pour quelque chose. J’irais plutôt voir du côté de la sociologie des magistrats. Pas la peine d’aller faire un tour du coté de l’école de la magistrature de Bordeaux pour voir à quel monde ils appartiennent.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 12/02/2015 @ 19:47

  35. @Gilbert Duroux

    Justice de classe, ce n’est plus le cas. Le juge, le magistrat n’est plus un notable à l’exception de certains postes, président de juridiction, et encore ca dépend de la situation géographique de la juridiction.

    Les juges ne sont pas si blindés que cela, c’est des hommes et des femmes.

    Je n’ai pas prétendu que Le Nid était responsable à lui seul du populisme pénal. Mais le nid s’inscrit dans une tendance qui consiste à médiatiser des dossiers ou à profiter de la médiatisation d »un dossier pour défendre une cause sociétale. Ce qui me pose problème dans cette approche, c’est que la culpabilité de l’accusé au regard du droit applicable est reléguée au second plan.

    Commentaire par Seb. — 12/02/2015 @ 21:19


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