La Plume d'Aliocha

04/11/2014

Le débat sur le fact-checking n’aura pas lieu

Filed under: Débats,questions d'avenir — laplumedaliocha @ 14:58
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Connaissez-vous le fact checking, ou vérification par les faits ? C’est une forme de journalisme, pratiqué notamment par les décodeurs du Monde, qui consiste à vérifier les déclarations des hommes politiques, des experts ou encore de tel ou tel groupe de pression. Certains y voient l’avenir du métier de journaliste. Avec raison, je pense, car nous n’avons plus l’exclusivité de la collecte d’information, mais nous pouvons utilement exploiter notre savoir-faire dans la vérification de ce qui est collecté ou avancé par d’autres.

Toutefois, comme une nouveauté – fut-elle une nouveauté webesque – ne saurait présenter que des avantages, il est intéressant d’examiner l’exercice de plus près pour voir s’il ne recèlerait pas quelque défaut caché à surveiller.

Et ça tombe bien, il y a quelques temps, le rédacteur en chef de BFM Business, Stéphane Soumier, s’est livré à l’exercice (ici et ) et a lancé un débat très intéressant sur cette pratique. Fort de son habitude de manier chiffres et statistiques – journalisme économique oblige – il pointe la fausse objectivité de ces données factuelles et leur utilisation en réalité très politique. Rien de neuf sous le soleil, les journalistes sont les premiers à nier toute possibilité d’objectivité dans leur métier. Audiard avait fort bien exprimé le problème il y a 50 ans dans le légendaire discours du Président (incarné par Jean Gabin) à l’assemblée.

Juste pour le plaisir, voici le discours en intégralité. La partie qui nous intéresse directement est au début, quand le président dénonce la manipulation des chiffres par Chalamon.

Las, ce qui aurait pu amorcer une réflexion utile sur l’intérêt et les limites du fact checking est en train de tourner – comme d’habitude – à la polémique. Voici la réponse virulente de Samuel Laurent du Monde.

Fin de la discussion.

C’est d’autant plus dommage que tous les deux avancent des arguments pertinents. Le décodeur a raison de croire dans l’utilité de vérifier les déclarations des uns et des autres dans les médias tant il est vrai que le système médiatique par sa précipitation, son goût du spectaculaire et son exigence de simplification engendre des dérives qu’il est toujours bienvenu de tenter de corriger. Surtout depuis que la communication pollue le discours public de ses trucs en toc. Mais Stéphane Soumier est tout aussi fondé à pointer les dérives dont le fact checking est lui-même susceptible d’être victime car, comme le dit fort justement Audiard, « le langage des chiffres a ceci de commun avec celui des fleurs, on lui fait dire ce qu’on veut ».

En d’autres termes, le chiffre exact ne fait que refléter de façon un peu moins fausse que le chiffre erroné une réalité que de toute façon il ne saurait résumer à lui seul….

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24 commentaires »

  1. Billet intéressant …
    Je n’écris en général pas autre chose que des tribunes : je préfère analyser, réagir et opiner sur des faits validés par d’autres et des opinions exprimées publiquement lorsque je propose un billet à l’un ou l’autre. Sans doute parce que je n’ai ni le talent ni les moyens de vérifier des faits, et que mon orgueil me laisse imaginer que mon opinion pourrait importer à ceux qui d’aventure me lisent.
    J’ai envie de me livrer à un petit copier-coller de certains devoirs inscrits dans la charte de München :
    1) Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité.
    […]
    6) Rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte.
    La vérité, rien que la vérité, toute la vérité.
    J’ai trop souvent constaté que la vérité objective était malmenée par des journalistes, que parfois des biais idéologiques polluent trop vite la présentation des faits, pour leur signer des chèques en blanc. Mais mon père, officier de gendarmerie, me disait que lire les simples récits d’un même accident provenant de différents témoins pouvait laisser croire à la relation de plusieurs accidents différents, tant la fiabilité d’un témoignage même de bonne foi peut-être sujette à caution. Est-ce une excuse ? Parfois oui, mais sans doute pas en permanence. Comme l’enquêteur de gendarmerie ou de police, le journaliste devrait être capable de s’astreindre au doute, à la vérification, au recoupement pour approcher au plus près de la vérité avant de la restituer. Même si je concède que seule une obligation de moyen pèse sur lui (et non une obligation de résultat), j’ai le sentiment que chez certains, cette « recherche de la vérité » relève plus de la posture que de la substance. Comme beaucoup de choses qui m’irritent et me font me sentir en décalage avec le monde qui m’entoure.

    Commentaire par remseeks — 04/11/2014 @ 16:02

  2. C’est ballot, j’étais persuadée que le métier de journaliste consistait :
    – à vérifier ce que disait les personnes faisant l’actualité
    – à comprendre comment s’étaient déroulés les évènements …

    Visiblement, j’ai raté quelque chose … 🙂

    Commentaire par fultrix — 04/11/2014 @ 16:46

  3. Deux remarques sur ce billet.
    D’abord ça doit faire la troisième fous que vous publiez cet extrait sur votre blog. Au moins. Il faut arrêter maintenant. 😄
    En suite il faut arrêter egalement (et la je suis sérieux) avec cette stupide connerie de « les chiffres ont leur fait dire ce que l’on veut ». Je vous concède qu’on dit ce que l’on veut avec un chiffre. Mais un chiffre n’est jamais que le résultat d’un calcul, d’un raisonnement. Et c’est la l’intérêt des décodeur, ou de désintox. En reprenant le raisonnement, et le déroulant, on finit par comprendre qu’il n’y a généralement qu’une interprétation possible du chiffre : celle qui respecte la méthodologie de celui qui l’a créé.
    On ne fait pas dire ce que l’on veut a un chiffre. Il n’est que le résultat d’une démonstration.
    Le fact checking permet justement de voir la manipulation (ou non d’ailleurs) de celui qui utilise le chiffre. Qu’un politicien ne prennent pas le temps de refaire la démonstration du chiffre qu’il emploie n’est pas à priori choquant. Mais alors un journalisme de vérification devient absolument nécessaire.

    Commentaire par Adrien bis — 04/11/2014 @ 16:54

  4. Samuel Laurent est effectivement d’une arrogance inouïe. Du moins, ce qu’il écrit. Ca se sent, ça se ressent, à la lecture de ce qu’il écrit.

    Et je mets également en doute son objectivité.

    Il est l’incarnation parfaite, à mes yeux, de la morgue journalistique, de la manipulation des faits, du journalisme militant qui assassine ce métier.
    Chacun en jugera à la lecture des Décodeurs : que ce soit du choix de ce qui est décodé, de l’angle choisi, des chiffres retenus.

    Ce journal, le Monde, est devenu un véritable torchon, dont le lustre est de plus en plus immérité. Il y a des journalistes brillants, qui méritent une sincère admiration (je pense notamment à Pascale Robert-Diard). Mais il traîne aussi une belle bande de militants, talentueux sans doute, militants quand même. Les contredire, les contrarier dans leur croisade, c’est s’exposer à l’insulte pure et simple (l’article de blog d’un des journalistes du Monde sur P-O Sur était à ce titre édifiant, tout comme une attaque contre Philippe Bilger et quelques autres).

    Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont aussi accès à des sources qui devraient être confidentielles. Soit. C’est leur job. Mais qu’ils aient un accès complet aux écoutes, aux procès-verbaux, bref, aux dossiers m’interpelle. Qui leur fournit? Qui viole le secret de l’instruction à une échelle si industrielle? Lorsque Valeurs Actuelles, qui n’est pas ma tasse de thé, révèle que ces journalistes ont eu des RDV à l’Elysée, au Ministère de la Justice puis au Pôle Financier juste avant de publier des PV détenus par ledit Pôle Financier, ça m’interpelle aussi.

    Et le secret des sources? Me rétorquera-t-on. Le secret des sources sert surtout à permettre à des gens de « dénoncer » les agissements frauduleux du pouvoir en place, pas à protéger le pouvoir en place qui veut commanditer des assassinats politiques par médias et affaires interposées.

    Je suis sûr, Aliocha, que vous avez déjà pu constater le manque d’objectivité de certains Décodeurs. Pas de tous, certains sont vraiment bien foutus, vraiment utiles, et c’est un boulot remarquable. Mais d’autres sont absolument détestables en ce qu’ils présentent de façon biaisée des données sous couvert d’objectivité. Et sur certains sujets, le militantisme bat à plein (Ukraine, Dieudonné, MPT par exemple).

    Commentaire par Flash — 04/11/2014 @ 17:00

  5. Bonsoir Aliocha,

    J’ai suivi des cours de statistiques avec un professeur très brillant à qui j’avais raconté cette brève de comptoir qui l’avait fait hurler de rire (en plus d’être brillant, il a énormément d’humour).
    C’est dans la célèbre émission Palace et c’était joué par le regretté Jean Carmet, parfait en alcoolique imbibé ((imaginez Jean Carmet, le verre à la main, un doigt levé et l’élocution pâteuse): « 30% des accidents de voiture mortels sont dus à l’alcool… silence… Ca veut dire que 70% des accidents de voiture mortels sont de la responsabilité de gens qui ne boivent pas… nouveau silence…Alors, choisi ton camp, camarade!!! ».
    Toute était dit en 30 secondes. Dans son cours, il attirait (attire) notre attention sur le fait que si un problème était mal posé (tant la question à résoudre que le mode d’analyse choisi), tout ce qui en découlait était faux même si les calculs étaient on ne peut plus juste.
    Pour le Monde, c’était un grand journal… avant.

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 04/11/2014 @ 17:55

  6. Comme je suis heureux de ne pas être journaliste !

    Commentaire par zelectron — 04/11/2014 @ 21:36

  7. Tout à fait d’accord avec le billet.
    Je rajouterai que les Décodeurs (du Monde, pour ne pas le citer) manquent cruellement d’objectivité (choix des informations qu’ils décident de décoder, angle d’attaque et surtout profondeur et exhaustivité de l’analyse) et ne font qu’amplifier les travers bien connus de cet ancien journal de référence.
    Mais sans doute qu’il est impossible pour un journaliste d’analyse d’être totalement impartial. Et finalement est-ce vraiment cela qu’on lui demande ?
    Quant au poncif « les chiffres, ont leur fait dire…. », jusqu’à nouvel ordre, en système de base 10, 1+1 font bien 2 ! En réalité, ce poncif n’est qu’une diversion commode des politiques pour évacuer une question qui les dérange, qui les mettent mal à l’aise ou à laquelle ils n’ont pas de réponse ! Quand le chiffre est juste et vérifié, il n’y a pas 36 interprétations à en faire.

    Commentaire par Thibaut — 05/11/2014 @ 07:23

  8. @ Adrien bis et Thibaut :

    je crains bien que, très concrètement, oui, on puisse faire dire aux chiffres ce que l’on veut.
    Pourquoi?
    Car le système médiatique n’est pas adapté aux discussions chiffrées. Il y a, déjà, souvent, un manque de rigueur journalistique (mais, après tout, ils ne sont pas statisticiens).

    Mais surtout, les contraintes inhérentes à l’activité journalistique rendent impossible une utilisation véritablement rigoureuse des chiffres. Les biais méthodologiques dans telle étude, la compréhension exacte de ce qui est mesuré, tout cela peut prendre du temps et de la place. C’est difficile à faire tenir sur certains formats. Tout comme certaines explications scientifiques ou certaines idées philosophiques, qui nécessitent de prendre des précautions, d’éclaircir les termes, de poser les hypothèses.

    Ajoutez à cela le biais militant, bien réel parfois, où les données sont là uniquement pour appuyer une idée, si possible avec des aspects de « scientificité », d’objectivité et de rationalité qu’elle n’a pas nécessairement (« mon idée est vraie car elle décrit la réalité, comme le prouve ce chiffre »). Le biais militant joue à plein, également, pour la sélection des sources et pour l’angle d’attaque. Ainsi, un journaliste militant souligne le biais méthodologique pour une donnée qui le gêne. Il l’oubliera pour une donnée qui va dans le sens de sa thèse (car oui, certains défendent des thèses).

    Bref, oui, on peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres. Cette phrase ne signifie pas que les chiffres n’ont aucun sens, mais que l’interprétation libre et non rigoureuse est la règle.

    Les Décodeurs du monde sont une bonne illustration de ce que je décris. Ils essaient de se montrer rigoureux, mais échouent parfois sur tel ou tel écueil, notamment leur militantisme qui m’apparaît comme un défaut rédhibitoire en matière d’approche rigoureuse (la « science militante » ou les « statistiques militantes » m’apparaissent comme une abomination).

    Commentaire par Flash — 05/11/2014 @ 10:43

  9. En marge (ou contrepoint peut-être ?) de votre billet (et dans la lignée du précédent), je signale le très bel article de Télérama « Minés par le terrain » sur le prix de Bayeux des correspondants de guerre. En passant, La mort est ma servante cité en bas de page est un très beau livre …

    Commentaire par Maelle — 05/11/2014 @ 13:17

  10. @Flash
    Lisez les articles des décodeurs justement. La plus part du temps c’est bien ce qu’il font. Ils étalent le résonnèrent qui sois-rend le chiffre. Pointant ces incohérences.
    Et pour leur impartialité, un coup ils se font traiter de gauchistes et l’autre de suppôt de l’UMP. Mais rarement les gens qui leur font des reproches prennent le temps des les argumenter.
    De la a dire que le manque d’objectivité ne vient pas d’eux…

    Commentaire par Adrien bis — 05/11/2014 @ 13:57

  11. @ Adrien Bis :

    Je les lis, justement.

    Un simple exemple : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/10/28/l-isf-fait-il-vraiment-fuir-les-entreprises_4513679_4355770.html

    Dans cet article, Gattaz dit : « L’ISF induit depuis trente ans des fuites de familles industrielles patrimoniales qui ont vendu leurs entreprises… Je vais vous donner l’exemple de ma société Radiall. Je suis le dernier des fabricants de connecteurs. La plupart de mes concurrents sont partis à cause de l’ISF… »
    Les Décodeurs disent que c’est faux car :

    1/ les entreprises n’y sont pas assujetties, puis précisent que les biens liés à l’activité professionnelle sont exonérés. Mais Gattaz parle des familles industrielles, des créateurs, pas des entreprises. Les familles industrielles ont un patrimoine ; les Décodeurs oublient malencontreusement ce détail et interprètent les propos.

    Oui, mais investir dans une entreprise ne conduit pas automatiquement à rentrer dans l’ISF. OK, c’est vrai. Mais uniquement si on investit dans une boîte qui marche peu ou qui stagne. Si la boîte réussit, ma foi, le retour sur investissement est important. Ce détail, hélas, a été oublié.

    2/ ensuite, ils expliquent que « l’ISF produit peu d’évasion fiscale ». Or, quand on approfondit, on se rend compte que, certes, il n’y a « que » 0,2% des contribuables à l’ISF qui s’exilent…mais uniquement pour l’année 2012. Ils renvoient vers un article qui précise que ces 0,2% ne valent que « 7 millions d’euros de manque à gagner dus au titre de l’ISF ». Conclusion : « ‘ils ne sont pas très nombreux, et le manque à gagner pour l’Etat est à nuancer ».
    Mais ils oublient de signaler que cette année 2012 correspond à une augmentation de 20% des évadés au titre de l’ISF par rapport à 2011, que leur patrimoine moyen est de 6,6 millions d’euros, voire pour la moitié d’entre eux d’environ 12,5 millions d’euros composé majoritairement d’actifs mobiliers, qu’ils disposent de revenus réguliers et variés approchant 800.000 euros par an en moyenne, voire pour 10% d’entre eux de plus de 1,5 millions d’euros. Le « manque à gagner à nuancer » très faible d’à peine 7 millions d’euros apparaît alors comme une grosse arnaque : oui, au titre de l’ISF, mais quid d des impôts sur le revenu, de la TVA ou que sais-je encore? Ou des cotisations sociales?

    Un autre exemple? Ici : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/10/24/les-etranges-calculs-d-un-depute-ump-sur-l-islamisation-dans-les-prisons_4511981_4355770.html

    Regardez le titre « les étranges calculs d’un député UMP sur l’islamisation dans les prisons ».

    Là, pas de petite vignette indiquant « faux » « plutôt faux » « plutôt vrai » « vrai ».
    Et pour cause : le député en question prétend que 60% de la population des prisons françaises seraient de religion ou de culture musulmane.

    Etrange calcul, selon les Décodeurs, voire même « une estimation à la louche », via « une moyenne grossière entre la fourchette basse et la fourchette haute évoquée » dans un ouvrage de sociologue de 2004.
    Or, rétorque les Décodeurs, l’ouvrage se fonde uniquement sur « les établissements proches des grands centres urbains et des quartiers sensibles » et pas sur l’ensemble des prisons en français. Ce sociologue estime que pour la France, ce devrait plutôt être 50% des détenus.

    AH BAH VOILA ! Il s’est trompé, ce con de député UMP, puisque c’est 60% que dans les prisons près des centres urbains, mais que 50% au niveau national !

    Bref, vous l’aurez compris, le procédé utilisé par les Décodeurs est au moins aussi boîteux et douteux que celui qu’ils dénoncent.

    Vous voulez encore d’autres exemples? Comme cet article où ils nous fournissent les chiffres des clandestins à l’unité près, peut-être? Je pourrais décortiquer ainsi la plupart des articles des Décodeurs (et encore, là je me contente des choses douteuses de façon évidente). Ainsi, je suis sûr que près de 50% de leurs articles aboutissent à des conclusions fausses (ah non, « faux » me répondent-ils, c’est 43,2%).

    Commentaire par Flash — 05/11/2014 @ 14:42

  12. @ Adrien Bis :

    Ou tiens, et j’arrête : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/10/17/5-chiffres-flatteurs-sur-le-jeu-video-a-prendre-avec-des-pincettes_4508234_4355770.html

    Les Décodeurs veulent démontrent que les chiffres relatifs aux jeux vidéos sont faux. Bon, rien d’idéologique là-dedans, OK?

    Voyons voir.

    Tiens, je prend leur démonstration visant à démontrer que l’affirmation « le jeu vidéo est en croissance constante depuis 10 ans » est « plutôt fausse ».

    Pour cela, ils se fondent sur une étude du SELL sur les…consoles de 8ème génération. Donc sur les jeux consoles et les jeux physiques exclusivement.
    Ils expliquent aussi qu’ils excluent les transactions immatérielles.
    En gros, ils ne tiennent pas compte dans leur démonstration :

    1/ des transactions immatérielles
    2/ des jeux sur mobile
    3/ des jeux sur PC

    Mais à part ça, oui, c’est vraiment très rigoureux. Ils citent aussi quelques dépôts de bilan, sans évoquer la croissance du CA du secteur, ou l’audience, ou le nombre de créations d’entreprise, ou les investissements réalisés, ou le nombre de jeux sortis, ou le nombre d’emplois créés.

    Je peux aussi prendre l’affirmation des Décodeurs comme quoi l’affirmation « l’âge moyen des joueurs est de 41 ans » est « sûrement fausse ».
    L’étude se fonde sur un échantillon de personnages âgées de 10 à 65 ans. Ils en concluent : « Oui, vous avez bien lu : la moyenne d’âge est donc calculée en excluant tous les joueurs de moins de 10 ans, ce qui a pour effet mécanique de la surestimer. »
    Et l’exclusion des personnes de plus de 65 ans? Qui a pour effet mécanique de la sous-estimer? Non? Pas rigoureux, peut-être, ça? Le joueur de jeu vidéo est nécessairement jeune, il convient donc d’insister uniquement sur la surestimation de l’âge moyen, pas l’inverse, c’est ça?

    Conclusion : cet article est plutôt faux. En effet, sur cinq points, deux présentent un déficit évident de rigueur, soit 40% des points. (Fichtre, c’est contagieux)

    Commentaire par Flash — 05/11/2014 @ 15:16

  13. Bonjour chère Aliocha, bonjour à tous

    Un chiffre, en passant: les aides de l’Etat à la Presse plus d’ 1 milliard d’euros.
    De moyens, les medias sont devenus commerce
    Le flutiste joue difficilement une partition différente de celle que désire celui qui le paie.
    Mais aussi:
    « La presse se veut et se voit comme un contre-pouvoir. Mais elle agit à l’instar du Pouvoir, et même plus brutalement que lui, pour étouffer ce qui l’embarrasse, car elle est moins contrôlée que lui, contrôle non point politique ni idéologique mais professionnel et déontologique, lequel est, dans son cas, inexistant. » JF Revel, la connaissance inutile.

    Commentaire par araok — 05/11/2014 @ 16:18

  14. @araok
    Merci pour cette citation de JF Revel
    Toujours un plaisir de le lire ou le relire

    Commentaire par @remseeks — 05/11/2014 @ 16:48

  15. Bonjour Aliocha,

    Ce billet ne vous apprendra rien mais il donne un écho particulier à votre combat: http://maximetandonnet.wordpress.com/2014/11/01/les-choses-cachees-de-la-politique-francaise/
    Il y a le capitalisme connivence auquel il faut rajouter le journalisme de connivence.

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 05/11/2014 @ 16:53

  16. « Je constate un fait » affirme M. Perrichon, exprimant une opinion toute personnelle. En une réplique Labiche a tout dit…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 05/11/2014 @ 17:10

  17. […] Connaissez-vous le fact checking, ou vérification par les faits ? C’est une forme de journalisme, pratiqué notamment par les décodeurs du Monde, qui consiste à vérifier les déclarations des hommes politiques, des experts ou encore de tel ou tel groupe de pression. Certains y voient l’avenir du métier de journaliste. Avec raison, je pense, car nous n’avons plus l’exclusivité de la collecte d’information, mais nous pouvons utilement exploiter notre savoir-faire dans la vérification de ce qui est collecté ou avancé par d’autres.  […]

    Ping par Le débat sur le fact-checking n’au... — 06/11/2014 @ 08:56

  18. D’accord pour le fact checking … Sans fioritures c’est un moyen d’éviter la manipulation.
    Mais pour moi un journaliste se doit aussi d’être un pédagogue et connaitre au mieux le sujet qu’il aborde. Il y a trop de dispersions dans tous les sens et d’innombrables bêtises. Ils ont tendance à se croire omniscients.
    Pour ce qui est de l’interprétation des faits à chacun sa vérité. J’ai l’impression que dans le journalisme on mélange le reporter et l’éditorialiste .
    Je préfère le journalisme à l’anglo-saxonne quand il s’agit de l’information.
    (avis très humble d’une lectrice)

    Commentaire par Scaramouche — 06/11/2014 @ 16:36

  19. […] Connaissez-vous le fact checking, ou vérification par les faits ? C’est une forme de journalisme, pratiqué notamment par les décodeurs du Monde, qui consiste à vérifier les déclarations des hommes politiques, des experts ou encore de tel ou tel groupe de pression. Certains y voient l’avenir du métier de journaliste. Avec raison, je pense, car nous n’avons plus l’exclusivité de la collecte d’information, mais nous pouvons utilement exploiter notre savoir-faire dans la vérification de ce qui est collecté ou avancé par d’autres. …  […]

    Ping par Le débat sur le fact-checking n'aura pas... — 07/11/2014 @ 11:28

  20. Ce n’est pas Ping que vous auriez du choisir comme pseudo mais celui de la nymphe Echo
    Merci mais je sais lire et je ne vois pas ce que signifie votre réponse

    Commentaire par Scaramouche — 08/11/2014 @ 15:14

  21. @ Scaramouche :

    il me semble que « Ping » n’est pas un pseudo, mais signifie qu’un site a mis en lien ce billet de notre hôtesse.
    Le texte qui figure est simplement le début du billet.

    Et ça c’est un fait. Aisément vérifiable !

    Commentaire par Al1C21 — 08/11/2014 @ 18:58

  22. Aucune importance ce n’était pas une critique, ça me paraissait bizarre rien d’autre .’..😊

    Commentaire par Scaramouche — 09/11/2014 @ 02:26

  23. Bravo Aliocha … pour au moins deux raisons :

    Certes, ce sujet a déjà été évoqué dans votre Blog, mais le remettre avec exemples et débat à l’appui, c’est plutôt bien … si ça pouvait faire « bouger les lignes » (dans le bon sens espérons-le) …

    Et à propos de « bouger les lignes », oui @Adrien bis, cet extrait de film a déjà aussi été cité ici … mais je suis toujours effaré par l’actualité de ce film qui date de 1961 (soit peu de temps après la fin de la 4e République) !
    Et pourtant, on a l’impression que le scénariste a pris son inspiration sur ce qui se passe en 2014 ! Tout y es : la vision de 2 Europes possibles, les « conflits d’intérêts », les double jeu des politiques, qui en font une « profession » …

    Finalement, peut-on encore espérer que les « lignes bougent » ???

    Commentaire par Yves D — 10/11/2014 @ 17:34

  24. Bon, après le compliment, un bémol cependant : je ne trouve pas la réponse de Samuel Laurent aussi « virulente » !

    Il explique bien au début que c’est suite à une série d’attaques et d’insultes (« journalistes en culottes courtes », etc…) qu’il a réagit, et admet ne pas détenir la vérité absolue (qui la détiendrait d’ailleurs) mais s’inscrire dans un style de journalisme apparu il y a des années aux USA.

    Le débat a donc d’une certaine façon eu lieu, et je réfute votre « Fin de la discussion » !

    La preuve, on en discute bien ici !

    Commentaire par Yves D — 10/11/2014 @ 18:14


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