La Plume d'Aliocha

02/07/2014

Info bingo

Il y a parfois des événements qui entrent en collision et déclenchent une réflexion.

Très en forme, le site de France Télévision a mis en ligne cet après-midi un « Sarko Bingo ». Le principe du jeu est le suivant  :

« Ce n’est pas la première fois que Nicolas Sarkozy monte au créneau dans une affaire au sein de laquelle son nom est cité. Après 15 heures de garde à vue dans celle des écoutes et une mise en examen pour corruption active, trafic d’influence actif et recel de violation du secret professionnel, l’ancien président s’exprimera, mercredi 2 juillet, sur Europe 1 et TF1. 

A chaque fois, Nicolas Sarkozy a adopté la posture de la victime, blessée mais encore battante, dénonçant « une instrumentalisation » de la justice contre lui. Voici quelques unes des phrases que vous pourrez très probablement entendre et cocher en écoutant son interview ». 

Suit un tableau que je vous laisse découvrir. Sur twitter d’aimables internautes m’ont indiqué qu’il y avait d’autres Sarko Bingo en circulation, notamment celui de Rue89.

Qu’un site à l’ADN  irrévérencieux comme Rue89 propose ce genre de distraction ne me choque pas plus que cela. C’est plus déstabilisant de la part de France Télévision dont on attend, me semble-t-il, autre chose de plus sérieux. Au-delà d’une éventuelle pique entre concurrents (Sarkozy a choisi le JT de TF1…), c’est peut-être aussi un constat d’impuissance qu’il faut deviner dans cette moquerie journalistique à l’égard de l’ancien Chef de l’Etat.  Impuissance par exemple des médias à résister à leur instrumentalisation dans le cadre d’une procédure judiciaire…On se souvient à ce sujet des interviews larmoyantes de DSK, Cahuzac, Kerviel et plus récemment Lavrilleux. C’est devenu mécanique, la justice vous ennuie ? Hop on file à la télévision appeler le téléspectateur à l’aide. Au grand match médias contre justice, cette dernière continue de gagner, discrètement mais surement. Jusqu’à quand ?

Et cela m’amène à mon deuxième événement.

Figurez-vous que pendant que l’internaute joyeux s’amusait à jouer au Sarko Bingo, on apprenait que la Cour de cassation venait de donner définitivement tort à Mediapart au sujet de la publication des enregistrements Bettencourt. Eh oui, les enregistrements à l’origine du feuilleton judiciaire du jour. Nicolas Sarkozy est soupçonné en effet d’avoir tenté de savoir ce qu’allait décider la Cour de cassation à propos de la saisie des agendas présidentiels dans l’affaire Bettencourt.

Voici un extrait de l’arrêt prononcé par la première chambre civile :

« Mais attendu que l’arrêt, après avoir rappelé que l’article 10 de
la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés
fondamentales dispose que la liberté de recevoir et communiquer des
informations peut être soumise à des restrictions prévues par la loi et
nécessaires, dans une société démocratique, à la protection des droits
d’autrui afin d’empêcher la divulgation d’informations confidentielles, retient
exactement qu’il en va particulièrement ainsi du droit au respect de la vie
privée, lui-même expressément affirmé par l’article 8 de la même
Convention, lequel, en outre, étend sa protection au domicile de chacun ;
qu’il s’ensuit que, si, dans une telle société, et pour garantir cet objectif, la loi
pénale prohibe et sanctionne le fait d’y porter volontairement atteinte, au
moyen d’un procédé de captation, sans le consentement de leur auteur, de
paroles prononcées à titre privé ou confidentiel, comme de les faire connaître
du public, le recours à ces derniers procédés constitue un trouble
manifestement illicite, que ne sauraient justifier la liberté de la presse ou sa
contribution alléguée à un débat d’intérêt général, ni la préoccupation de
crédibiliser particulièrement une information, au demeurant susceptible d’être
établie par un travail d’investigation et d’analyse couvert par le secret des
sources journalistiques, la sanction par le retrait et l’interdiction ultérieure de
nouvelle publication des écoutes étant adaptée et proportionnée à l’infraction
commise, peu important, enfin, que leur contenu, révélé par la seule
initiative délibérée et illicite d’un organe de presse de les publier, ait été
ultérieurement repris par d’autres ».

Le site Mediapart annonce qu’il va saisir la Cour européenne des droits de l’homme. On reconnait bien là le singulier manque d’humour d’Edwy Plenel.  C’est fini le temps des chiens de garde de la démocratie. Terminé. Nous entrons dans l’ère de l’info bingo. Et ça va rapporter très gros !

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82 commentaires »

  1. […] Il y a parfois des événements qui entrent en collision et déclenchent une réflexion. Très en forme, le site de France Télévision a mis en ligne cet après-midi un "Sarko Bingo". Le principe du jeu e…  […]

    Ping par Info bingo | Around The World | Scoop.it — 02/07/2014 @ 17:12

  2. NS ne va pas manquer d’invoquer cet arrêt pour contre-attaquer dans l’affaire en cours.

    Commentaire par zelectron — 02/07/2014 @ 17:52

  3. Bonsoir Aliocha,

    De toute manière, cet interview n’est qu’un exercice de communication de plus à destination des gogos. J’espère que vous n’en attendez pas un scoop. Que l’intéressé ait envie de nous livrer ces états d’âmes, c’est logique mais les serveurs de soupe auraient pu rester dans leur cuisine pourrie (le sarko bingo est d’un goût). Une fois de plus, ils font étalage de leur nullité et de leur nocivité. Ce que je constate, moi, simple citoyen, c’est qu’au pays des droits de l’homme (je pouffe très jaune) un ancien chef de l’état est mis en examen pour corruption active et trafic d’influence (excusez du peu) avec un avocat général à la cour de cassation et un ténor du barreau. J’espère que la procédure suivra son cours bien que nos « représentants » soient devenus experts pour organiser leur insolvabilité juridique (nombreux sont les médias devenus du coup spécialistes du rideau de fumée).
    Dans un pays normal, les journalistes normaux s’interrogeraient. Chez nous, on les cherche, les journalistes normaux (vous en faites partie) et au lieu de regarder la lune, on nous fait un focus sur le doigt. Minable. Ce n’est pas encore cette palinodie qui va me faire acheter un « journal » ou regarder un « JT ». Les chinois ont bien raison, « le poisson pourrit toujours par la tête » mais dans ce pays, ça gagne le corps.

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 02/07/2014 @ 19:21

  4. Entre les médias qui font des justiciables, des présumés coupables, le mur des cons,une sentence d’acquittement rendu par un juré populaire au lieu de dire qu’il est rendu par un tribunal de la République et qui va contre les lois, il y en a marre.

    Avec la cacophonie journalistique et l’impression que la justice fait n’importe quoi, on ferait mieux de se préoccuper du grondement qui commence à monter des français de la base. Mais non, les habitants de la Bulle pensent que le français moyen n’est occupé que de foot et qu’on amuse la galerie avec coupable-pas coupable, les buzz et les bingos.

    Pour ma part, je suis beaucoup plus inquiète de ce que j’entends en ce moment dans mon cabinet!

    Commentaire par Dorine — 02/07/2014 @ 21:28

  5. Rue89 n’a franchement plus rien d’irrévérencieux. On n’y trouve d’ailleurs plus grand chose.

    Commentaire par Gérard — 02/07/2014 @ 22:39

  6. L’info bingo, au moins c’est drôle et c’est bien tout ce que mérite cette interview diffusée au journal de 20 h. Dans un pays normal, Sarkozy et tant d’autres seraient morts politiquement, et chacun trouverait que la démocratie y gagne. Je suggère aux nombreuses personnes mises en examen pour trafic de stup sur la base initiale d’écoutes téléphoniques de revendiquer désormais, comme tout mis en examen normal, le droit au journal de 20 h pour clamer leur innocence au demeurant présumée, le droit de ne même pas être placés sous contrôle judiciaire et de pouvoir tranquillement continuer à palabrer avec leurs co mis en examen… Un président normal, un mis en examen normal, des journalistes normaux, j’en veux plus, je rêve juste d’un pays normal.

    Commentaire par lagun — 02/07/2014 @ 23:25

  7. Il faudra que l’on m’explique pourquoi les Politiques de tous bords mis en cause (à défaut d’examen) fustigent le monde judiciaire mais s’arrangent tous pour devenir avocats …
    J’aurais aimé entendre les journalistes de TF1 rappeler qu’un juge d’instruction n’enquête que parce qu’il est saisi (parquet- victime) et dans les limites de réquisitions formulées par d’autres.
    Si les idiots ou les fayots s’indignent du traitement réservé à leur champion, je m’indigne, moi, qu’une personne portée à un tel degré de responsabilité puisse faire l’objet d’une telle enquête parce que des faits graves et concordants peuvent le concerner.

    Commentaire par fultrix — 02/07/2014 @ 23:27

  8. Encore une fois tant que la justice ne sera pas totalement indépendante du pouvoir comme aux U.S on verra se reproduire les mêmes accusations .
    Sarko comme le dit si bien Aliocha nous la joue « victime  » un autre innocent persécuté et martyr de la justice alors qu’il rêvait dans sa splendeur d’en accrocher d’autres à des crochets de boucher.
    La pitié qu’il semble réclamer n’est pas au rendez-vous .
    La politique n’est pas faite pour les faibles et les innocents et nous avons cessé de rêver au chevalier blanc.

    Commentaire par Scaramouche — 03/07/2014 @ 18:21

  9. Le Sarko Bingo n’est qu’une lamentablerie de plus, de la part de médias qui ont depuis longtemps adopté les procédés de la télé-réalité. C’est affligeant surtout de la part de France Télévisions. Si ces tableaux avaient vus le jour chez « Bakchich », j’aurai certainement rigolé un bon coup, tant le fond est pertinent. Mais adopter cette forme, c’est dire clairement à celui qu’on pense moucher : « vous avez gagné une manche, et non des moindre, puisque vous nous dictez ce que nous devons écrire, et surtout comment nous devons l’écrire ».
    Je n’aime pas l’ancien président de la république, et je trouve que Philippe Bilger synthétise parfaitement la substance de ce que je lui reproche.
    Mais, comme le dit Keanu Reeves dans « The devil’s Advocate », peu nous importe si le prévenu/accusé nous est sympathique : seuls comptent les faits, ou les présomptions (dans la mesure où le faisceau est suffisamment dense).

    Ladies and gentlemen of the jury, I know you’ve spent all morning listening to Mr. Broygo.

    I know you’re hungry.

    What I need to tell you won’t take very long at all.

    I don’t like Alexander Cullen.

    I don’t think he’s a nice person.

    I don’t expect you to like him.

    He’s been a terrible husband to all three of his wives.

    He’s been a destructive force in the lives of his stepchildren.

    He’s cheated the city, his partners, his employees.

    He’s paid hundreds of thousands of dollars in penalties and fines.

    I don’t like him.

    I’m going to tell you some things during the course of this trial that are going to make you like him even less.

    But this isn’t a popularity contest.

    It’s a murder trial.

    And the single most important provable fact of this proceeding is that Alexander Cullen was somewhere else when these…horrible crimes took place.

    Commentaire par Zarga — 03/07/2014 @ 20:25

  10. OK Zarga. Seuls comptent les faits…
    Or ce que je vois c’est que monsieur Sarkozy se plaint de ne pas être traité comme le vulgaire pékin et qu’il utilise pour ça le journal de vingt heures . N’y aurait-il pas là comme une contradiction?
    Je gage que si l’un de nous est abusivement ou non mêlé dans une mauvaise histoire nous n’aurions pas le loisir d’occuper pareillement l’antenne et les médias. Il faut pour le moins voler quelques milliards ou être ministre ou président.
    Il est évident que Monsieur Sarkozy n’est pas un justiciable ordinaire et il prétend de plus revenir au pouvoir . C’est beaucoup.
    Nul doute qu’il a quelques casseroles dont il cherche à se débarrasser .
    Que certains d’entre-nous le compare ou non à Nixon n’entre pas en ligne de compte pas plus qu’il soit sympathique ou non. ..mais qu’il puisse utiliser le JT pour venir plaider sa cause et se faire de la pub en pleine instruction de l’affaire alors qu’il n’a plus de statut politique …et qu’en plus il ose dire qu’il n’est pas traité en citoyen lambda .. Pardonnez -moi mais ça me dérange un peu .

    Commentaire par Scaramouche — 04/07/2014 @ 04:49

  11. http://www.prophete-du-sacre-coeur.com

    Commentaire par Yui — 04/07/2014 @ 11:32

  12. @ Scaramouche :

    Les jérémiades de M. Sarkozy ne sont là que comme éléments du ‘’Storytelling’’ mis en place depuis que son nom apparaît à répétition dans des dossiers divers et variés. Ces détails lui sont propres, ils sont le reflet du personnage, sa marque propre, individuelle.

    En même temps, que voulez-vous attendre d’autre de la part d’un homme politique ayant grandi dans l’écurie Chirac ?

    Vous vous souvenez de Jacques Chirac ?

    Celui qui nous disait combien les ‘’histoires’’ que l’on propageait à son sujet étaient… abracadabrantesques ! 😉

    Plus sérieusement, les professionnels de la rhétorique nous expliqueront quels sont les effets à l’œuvre dans la berceuse que M. Sarkozy essaie maladroitement de nous chanter, espérant ainsi nous endormir. De mémoire, on y retrouve l’anaphore, qui a connu le succès que l’on sait avec l’actuel locataire du palais de l’Elysée.

    Ce qui m’intéresse plus, c’est la seconde partie du billet d’Aliocha, à savoir le dernier arrêt de la Cour de Cassation au sujet de la publication par Mediapart des enregistrements clandestins réalisés par le majordome de la richissime mémé.

    ‘’[ …]le recours à ces derniers procédés constitue un trouble
    manifestement illicite, que ne sauraient justifier la liberté de la presse ou sa
    contribution alléguée à un débat d’intérêt général, ni la préoccupation de
    crédibiliser particulièrement une information, au demeurant susceptible d’être
    établie par un travail d’investigation et d’analyse couvert par le secret des
    sources journalistiques[…]’’

    Je me demande quelle serait la substance de ce fameux travail journalistique d’investigation et d’analyse : ne commencerait-il pas par l’audition de la totalité des enregistrements réalisés et transmis ? Puis par le tri de ces contenus, permettant de ne retenir que ceux des éléments tendant à indiquer qu’un délit aurait pu être commis ? Puis par la publication desdits extraits, après moult vérifications et recoupements ?

    Là, j’aimerais bien avoir la lecture toute de pédagogie juridique de Chevalier Bayard, ainsi que celle toute professionnelle et distanciée d’Aliocha.

    Commentaire par Zarga — 06/07/2014 @ 21:29

  13. @ Zarga

    Curieux paradoxe que ce télescopage où un ex-président, ex-gardien de la Constitution, dans un acte de défiance à l’encontre de la magistrature s’arroge le droit de bafouer l’institution dans une théâtralisation outrancière sur le mode binaire d’une rhétorique manichéo-pavlovienne dont on connaît désormais tous les ressorts éculés de la com. et cet arrêt du 2 juillet 2014 de la haute juridiction amenée, en quelque sorte, à juger sa propre jurisprudence et qui par voie de conséquence « épargne » N. Sarkozy et atteste, une fois de plus, que dans cette affaire « Bettencourt » la justice n’est pas nécessairement le droit…

    On pouvait se douter que la décision du 2 juillet 2014 de la Cour de cassation après l’arrêt du 5 février 2014 refusant la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pour défaut de caractère sérieux d’inconstitutionnalité des articles 226-1 et 226-2 du Code pénal, subsidiairement de leur interprétation constante par la Cour de cassation, en ce qu’ils interdisent, de façon générale et absolue, toute diffusion de paroles prononcées à titre privé ou confidentiel, enregistrées sans le consentement de leur auteur.

    A lire l’arrêt il semblerait que la Cour de cassation revienne à une stricte orthodoxie pénale en mettant fin à des errements jurisprudentiels : http://www.mediapart.fr/files/11400805.wpd_-_Ged.asp_.pdf

    En effet, la Cour décide que : « les propos publiés, issus de captations sanctionnées par l’article 226–2 du code pénal, texte de droit commun, opérées au domicile de Mme Bettencourt, a son insu et pendant un an, puis diffusées sans son consentement, et en pleine connaissance de leur provenance, étaient, en outre, relatives tant a des utilisations qu’elle décidait de sa fortune qu’a des sentiments, jugements de valeur et attentes personnelles de M. de Maistre a son endroit ».

    De sorte que le premier moyen de Médiapart se trouve réfuté dans ses trois branches car portant atteinte a l’intimité de la vie privée de M. de Maistre et de Mme Bettencourt caractérisé par la conscience de la nature délictueuse des agissements litigieux qu’en avait Médiapart, et constitutif du trouble manifestement illicite qui en résultait.

    L’analyse de la Cour repose donc sur les modalités de la captation c’est-à-dire celle de l’ « interception clandestine » qui « par son objet et sa durée » conduisait nécessairement son auteur à pénétrer délibérément dans la vie privée de la personne concernée.

    Force est de constater que l’argument est juridiquement parfaitement fondé. Les articles 226 alinéas 1 et 2 s’appliquent donc de manière automatique, sans que la question de l’intérêt que la divulgation peut représenter pour l’information du public et le débat d’intérêt général.

    Pour autant, l’application alternative et non cumulative faite par la Cour de cassation ne va pas de soi car s’il s’agit d’une « simple » atteinte à la vie privée d’autrui, la jurisprudence nationale admet déjà que cet intérêt puisse être mis en balance avec d’autres alors même que le « procédé quelconque » prévu à l’article 226-1 répressif doit être utilisé pour porter atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui et que nulle sanction ne pouvant être prononcée faute d’une telle intention ni d’un tel résultat.

    Les éléments de solution retenus par la Cour de cassation en ce qu’ils ont alternatifs et non cumulatifs paraissent dès lors inopérants.

    Des auteurs s’interrogent : « Autrement qu’une réticence – un refus de la mise en balance – la Cour exprime ici un malentendu essentiel, qui découle d’abord de l’article 226-1 : captation, enregistrement mais également transmission des propos enregistrés, soit un acte de publication, alors même que cet arrêt précise qu’il ne s’agit pas là d’une disposition de droit de la presse. Si, pourtant, bien que le législateur de 1970 ait entendu protéger les citoyens des effets néfastes des progrès techniques – d’où la notion de « procédé quelconque » et l’incrimination prévue à l’article 226-3 du Code pénal. Ce malentendu est encore aggravé par les conceptions différentes de la liberté d’expression en général et de la presse en particulier : simple liberté de publier au sens de l’article 1er de la loi de 1881, droit public de recevoir des informations, selon la CEDH…Et, donc, pour la presse, d’en rechercher. Par quels moyens ? »

    Médiapart entend porter « l’interprétation a minima » de cette affaire auprès de la CEDH. Un arrêt récent Tierbeferfreier E.V. c/Allemagne par la CEDH du 16 janvier 2014 ouvre une piste selon laquelle : « Faute de respecter les règles du débat d’idées en présence d’un débat d’intérêt général, l’utilisation d’une caméra cachée est un procédé déloyal qui ne saurait être justifiée par le droit à la liberté d’expression et à l’information du public ».

    La CEDH déclare que l’injection faite par l’autorité judiciaire allemande de cesser la diffusion d’un film ne contrevient pas à l’article 10 de la convEDH. Toutefois, son raisonnement ne saurait se résumer à une prohibition de principe de l’utilisation de caméras cachées au seul motif du caractère du procédé.

    A cet égard, elle estimeque la décision judiciaire de nature civile et non pénale, a été prise à l’issue d’une rigoureuse mise en balance des intérêts en présence, qui a penché du côté de la défense des droits individuels de la société, dont le droit de ne pas être espionné chez soi à l’aide d’une caméra cachée et celui de défendre sa réputation.

    Cela dit, la CEDH souligne qu’il s’agit là d’une décision d’espèce respectant le principe de proportionnalité, et que, donc, la balance pourrait, dans un autre cas et d’autres circonstances, pencher du côté de l’intérêt public.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 08/07/2014 @ 13:48

  14. Ooops ! Lire : « On pouvait se douter de la décision…après que l’arrêt…ait refusé…bla, bla, bla … »

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 08/07/2014 @ 14:38

  15. @ Chevalier Bayard :

    Si d’aventure la CEDH donnait raison à Mediapart, qu’arriverait-il ? Cela lèverait-il l’interdit de publication du contenu des enregistrements (pour les parties pouvant intéresser le débat public) ?

    Commentaire par Zarga — 09/07/2014 @ 17:49

  16. @ Zarga

    D’abord, il faut savoir que les arrêts de la CEDH n’ont qu’un effet déclaratoire. Certes, si les arrêts ont l’autorité de la chose jugée, ils n’ont pas un effet erga omnes (à l’égard de tous) et ne sont pas exécutoires. La CEDH statue sur la conformité à la Convention d’un acte ou d’une mesure étatique. En aucun cas, elle ne peut annuler une mesure nationale.Elle se borne donc à constater sa compatibilité ou non avec la convention. Les autorités nationales doivent alors tirer les conséquences du jugement de la Cour.

    Si la Cour constate au principal un manquement de l’Etat à la Convention, elle peut statuer sur la réparation du manquement.

    Ensuite, elle a compétence pour accorder à la partie lésée une « satisfaction équitable » en vertu de l’article 41 de la Convention qui prévoit que : « Si la Cour déclare qu’il y a eu violation de la Convention ou un de ses protocoles, et si le droit interne de la Haute Partie contractante ne permet d’effacer qu’imparfaitement les conséquences de cette violation, la Cour accorde à la partie lésée, s’il y a lieu une satisfaction équitable ».

    S’agissant des Etats, ils sont tenus à une obligation de restituo in integrum, c’est-à-dire qu’ils doivent prendre à l’égard de la victime toutes les mesures individuelles requises pour tenter d’effacer, autant que faire se peut, la violation constatée et remettre les choses dans leur état antérieur. La Cour ne peut adresser d’injonctions à l’Etat, cette restituo in integrum est laissée à la discrétion des Etats. Si celle-ci n’est pas possible en raison d’obstacles de droit ou de fait, tenant par exemple à la nature de la violation, la Cour accorde alors une « satisfaction équitable » sous forme pécuniaire » . L’arrêt récent sur la condamnation de la France sur la non-reconnaissance d’enfants issus d’une GPA est un exemple parmi mille.

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/06/27/gpa-pma-quel-sera-l-impact-de-la-decision-de-la-cedh-sur-le-droit-francais_4446718_3224.html

    Parfois le seul constat de la violation par la décision déclaratoire constitue, en lui-même, une satisfaction équitable. En réalité le plus souvent, elle consiste à indemniser le préjudice subi par le versement d’une réparation financière, ainsi qu’à rembourser les frais et dépenses du requérant.

    C’est donc à l’Etat, tenu d’une obligation de résultat, de prendre des mesures pour mettre fin à la violation constatée et en effacer toutes les conséquences. L’ Etat peut choisir de dépasser le cas d’espèce pour prendre des mesures générales destinées à mettre son droit en conformité avec les exigences conventionnelles. Lorsque la violation résulte directement de la réglementation nationale, et non de mesures individuelles, l’arrêt de la Cour a des effets qui dépassent le cas d’espèce. En ce cas, les autorités doivent agir avec célérité pour abroger la réglementation litigieuse.

    Ainsi dans le cadre du contrôle de conventionnalité de la loi, le juge pourra écarter la loi nationale contraire à la constitution.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 09/07/2014 @ 22:21

  17. Ooops ! Lire : …le juge pourra écarter la loi contraire à la Convention.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 09/07/2014 @ 22:26

  18. @ Zarga

    Et, j’ajouterai pour être complet et aller plus loin dans votre questionnement ; pour que le recours européen s’intègre complètement dans l’ordre juridictionnel français, encore faudrait-il qu’il permette, puisque la violation de la Convention ayant été dûment jugée et reconnue, de saisir à nouveau les juridictions internes.

    Le Comité des ministres, organe en charge du suivi de l’exécution des décisions de la Cour EDH, par une recommandation du 19 janvier 2000, a ouvert la voie d’une obligation de réexamen pour l’Etat partie sur le fondement de l’exigence de restitutio in integrum.

    Mais en France, si une telle action existe, elle est très limitée. La loi du 15 juin 2000 a en effet créé, au seul bénéfice des personnes condamnées pénalement, une commission de réexamen qui permet de saisir de nouveau les juridictions internes si la violation constatée a entraîné des conséquences dommageables auxquelles la satisfaction équitable n’a pu mettre un terme.

    Cette commission est très peu saisie (entre 2 à 3 affaires par année). Ça ce comprend ! La condamnation française intervenant souvent près de dix ans après les faits, sauf s’il est encore incarcéré, le requérant hésitera à revivre un procès pénal qui, d’expérience, confirme, le plus souvent, la précédente condamnation. On est donc loin d’un droit au réexamen pour tout requérant victorieux.Seule l’instauration d’une procédure interne à cette fin en matière civile et administrative serait de nature à rendre véritablement effectif l’exercice du recours européen.

    Mais le législateur comme les Cours suprêmes françaises s’y sont toujours refusés.

    La question s’est reposée dernièrement devant le Conseil d’État. Ce dernier, par une décision de section du 4 octobre 2012 a confirmé sa jurisprudence en relevant que l’exécution de l’arrêt de la Cour EDH ne peut avoir pour effet de priver les décisions juridictionnelles de leur caractère exécutoire.

    La Cour de cassation ne dit pas autre chose !

    Différentes voix se sont déjà élevées contre cet obstacle qui interdit au requérant le droit de voir son litige réapprécié quand il est acquis que la décision dont il se plaint a été rendue au prix d’une violation de la ConvEDH.

    L’autorité de la chose jugée, comme les droits acquis des autres parties au procès, sont évidemment des arguments forts qui militent contre une telle réforme. Ce d’autant plus que les partisans du statu quo s’appuient légitimement sur la jurisprudence de la Cour EDH elle-même selon laquelle ses décisions ont une nature essentiellement déclaratoire qui laisse à l’Etat la liberté des moyens de son obligation d’exécution.

    On peut néanmoins penser, au regard du rôle croissant joué par la jurisprudence de la Cour de Strasbourg dans le droit français, comme de l’interdépendance désormais nécessaire entre les différentes Cours suprêmes, qu’un assouplissement des règles actuellement en vigueur est à la fois possible et souhaitable. Ce serait en tout cas le seul moyen de permettre que le recours devant la Cour EDH présente un intérêt véritable et concret pour tous les plaideurs.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 10/07/2014 @ 09:05

  19. @ Chevalier Bayard :

    Pour en revenir au traitement des enregistrements de Mme Bettencourt :

    Je crois comprendre qu’un procureur, dès lors que sont portés à sa connaissance certains éléments, peut se saisir lui-même et démarrer une « enquête ». Est-ce que je suis dans le vrai ?

    Ledit procureur peut prendre connaissance d’éléments supposément délictueux par voie de presse, mais peut-il aussi les recevoir par courrier ? Sont-ils recevables s’ils sont transmis par cette voie ? Ou s’ils sont déposés directement dans son bureau ?

    Ce que je cherche à savoir, c’est : si le majordome indélicat (bloody butler !) avait transmis les enregistrements directement au Parquet, auraient-ils été retenus comme éléments susceptibles d’intéresser la justice (pour ceux des passages laissant entendre qu’un délit avait été commis) ?

    J’ai lu il y a quelques temps un court opuscule, écrit par Antoine Peillon (journaliste à La Croix), où il livre le commentaire suivant :

    Le 17 avril 2012, auditionné par la commission d’enquête sénatoriale sur « l’évasion des capitaux et des actifs hors de France et ses incidences fiscales », je fais, entre autres, ce commentaire : « Les douaniers, les enquêteurs de police, les brigades financières, l’Autorité de contrôle prudentiel ont collecté une masse considérable de documents et informations qui, d’abord, leur ont été adressés spontanément ou parfois remis sous la contrainte, mais qu’ils ont aussi récupérés grâce à leur propre travail. Ils ont ensuite transmis ces documents et informations au parquet de Paris, en même temps, d’ailleurs, que des plaintes – dont j’ai ici copie – étaient déposées par des salariés d’une grande banque [UBS] auprès de ce même parquet. Certaines de ces plaintes et de ces informations remontent à plus de deux ans. Mes sources […] ont été étonnées, comme je l’ai été moi-même, d’apprendre qu’un juge d’instruction avait été mobilisé sur une information judiciaire […] voilà à peine quelques jours, le 12 avril [2012] dernier, soit un peu plus de trois semaines après la parution de mon livre, dans lequel je m’étonnais d’ailleurs de l’absence d’une information judiciaire, mais surtout très longtemps après que tous les éléments probants de nature à motiver cette information ou cette instruction judiciaire eurent été réunis. »

    Ma question est confuse, j’en suis désolé, mais j’espère que vous en saisirez la substance.

    Elle s’adresse aussi par ricochet à Aliocha :

    La stratégie de Mediapart ne semble pas être la bonne, mais au regard des déboires rencontrés par Antoine Peillon, quelle serait l’alternative efficace ? Où se trouve la marge de manœuvre ?

    Commentaire par Zarga — 12/07/2014 @ 09:06

  20. Voilà un billet bien intéressant …

    http://www.causeur.fr/sarkozy-injusticiable-28463.html

    Commentaire par Zarga — 12/07/2014 @ 11:22

  21. @ Zarga

    Je ne sais pas si ma réponse vous satisfera mais, en revanche, pour votre information l’article 40 du Code de procédure pénale dispose que :

    « Le procureur de la République reçoit les plaintes et les dénonciations et apprécie la suite à leur donner conformément aux dispositions de l’article 40-1 du même Code.

    Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs. »

    Il ressort donc de ce texte que le procureur par définition peut « s’auto-saisir » seulement s’il a connaissance d’un crime ou d’un délit. C’est d’ailleurs ce qu’il avait fait, à propos de la candidate FN aux municipales de Rethel dans les Ardennes en décidant de la poursuivre parce qu’elle avait comparé Christiane Taubira à un singe, dans une émission d’Envoyé spécial et sur Facebook (elle a été depuis débarquée du parti).

    Ainsi, conformément à l’article 40-1 du même Code :

    « Lorsqu’il estime que les faits qui ont été portés à sa connaissance en application des dispositions de l’article 40 constituent une infraction commise par une personne dont l’identité et le domicile sont connus et pour laquelle aucune disposition légale ne fait obstacle à la mise en mouvement de l’action publique, le procureur de la République territorialement compétent décide s’il est opportun :

    1° Soit d’engager des poursuites ;
    2° Soit de mettre en œuvre une procédure alternative aux poursuites en application des dispositions des articles 41-1 ou 41-2 ;
    3° Soit de classer sans suite la procédure dès lors que les circonstances particulières liées à la commission des faits le justifient.»

    A cet égard, en vertu de la séparation des pouvoirs le juge d’instruction ne peut en aucun cas s’auto-saisir.

    Par ailleurs, vous pouvez parfaitement saisir directement le procureur de la république sur papier libre : http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F1435.xhtml

    Cela étant, en quoi la stratégie de Mediapart ne semble pas, selon vous, être la bonne ?

    Médiapart est un organe de presse qui dans une société démocratique dispose d’un droit fondamental celui de la liberté publique du droit de publier des informations au sens de l’article 1er de la loi de 1881 et pour les citoyens d’en avoir connaissance et donc pour la presse d’en rechercher…

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 12/07/2014 @ 13:19

  22. @ Le Chevalier Bayard :

    Merci une fois de plus d’avoir pris le temps de me répondre. Espérons que mon ignorance crasse de la chose juridique ne lassera pas votre patience ! 😉

    Concernant la stratégie de Mediapart, c’est Aliocha (me semble-t-il) qui la trouve inopportune… C’est pourquoi je me demandais quelles auraient été les suites données aux enregistrements réalisés par le majordome de Mme Bettencourt si celui-ci était directement allé voir le Procureur pour les lui soumettre. Auraient-ils été détruits, au regard de ce que vient de prononcer la Cour de Cassation ?

    Concernant tous ceux qui voient l’actualité judiciaire de M. Sarkozy comme de l’acharnement judiciaire, et comme vous le rappelez, un juge d’instruction ne peut s’auto-saisir : si j’ai bien compris, il enquête sur un périmètre précis, suite à une demande précise. On est loin du fantasme du « gouvernement des juges » (qui sont tous assoiffés de pouvoir et politisés, cela va sans dire).

    http://www.causeur.fr/affaires-sarkozy-ce-nest-pas-termine-28451.html

    Commentaire par Zarga — 12/07/2014 @ 16:13

  23. @ Zarga

    You’re welcome ! Et, puisque vous semblez vouloir en savoir davantage sur les tribulations de l’ex-majordome de la milliardaire je vous offre son portrait sur papier glacé : http://www.vanityfair.fr/actualites/france/articles/exclusif-affaire-bettencourt-le-majordome-bonnefoy-a-pose-un-dictaphone/14593

    Sur le terrain juridique retenez seulement ceci : « Les objectifs du droit pénal légitiment la recevabilité de moyens de preuve déloyaux dès lors qu’ils permettent d’assurer la protection de la communauté des citoyens. En matière civile, la notion de loyauté permet d’assurer le respect de la vie privée. Elle est toutefois laissée à l’appréciation souveraine du juge du fond, ce qui ouvre un champ à l’incertitude. »

    Voir la chronique de Maître Nicolas Guerrero : http://www.journaldunet.com/management/expert/51911/les-enregistrements-effectues-a-l-insu-d-une-personne-sont-ils-valables-en-justice.shtml

    Et, suivant le communiqué de presse de la Cour de cassation dans son arrêt d’Assemblée plénière du 7 janvier 2011 : http://www.courdecassation.fr/IMG/File/AP-7%20janvier%202011%281%29.pdf

    Retenez l’avant dernier paragraphe.

    Où l’on voit ainsi que dans l’arrêt sus-évoqué du 2 juillet 2014 la Cour de cassation semble bien s’en tenir désormais à une orthodoxie pénale des moyens de preuve en toute….impartialité et indépendance ? Non ! Vous avez Azibert ? Quand tu nous tiens…

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 12/07/2014 @ 18:21

  24. Ooops ! Il faut lire : vous avez dit Azibert !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 12/07/2014 @ 18:26

  25. La Cour de cassation n’est pas réputée favorable à la liberté d’expression. Certaines décisions antérieures l’ont bien montré, comme son refus de soumettre la loi Gayssot à un contrôle par le Conseil Constitutionnel.

    Commentaire par Tortuga — 12/07/2014 @ 23:20

  26. @ Chevalier Bayard :

    Je suis parti musarder chez Maître Eolas… je ne fréquente les lieux que très épisodiquement, et ne demande jamais rien : je ne tiens pas à me faire hacher menu par l’hôte. C’est pourquoi j’apprécie vos contributions : de la lumière (Fiat Lux ! comme dirait Nestor…) sans passage à la moulinette, même décalé, même au second degré ! 😉

    Et de passage chez Eolas, je tombe sur quoi ???

    http://www.maitre-eolas.fr/post/2014/07/09/Considerations-sur-une-gav

    La synthèse est plutôt intéressante, non ?

    Si j’osais, j’engagerais la discussion avec Elisabeth Lévy au sujet de son dernier éditorial. Très bien ficelé, au demeurant : je l’aime de plus en plus, cette empêcheuse de faire des ronds dans l’eau de la mare de ses petites certitudes !

    Commentaire par Zarga — 13/07/2014 @ 19:41

  27. @ Tortuga

    Il faut être précis ! Dire que la Cour de cassation n’est pas réputée favorable à la liberté d’expression c’est un peu court s’agissant de la loi Gayssot.

    Que l’on soit par principe contre les « lois mémorielles » comme le sont R. Badinter ou à l’opposé un E. Zemmour par exemple, surtout quand le législateur se fait historien, c’est une chose.

    On peut même être d’accord avec les deux.

    En effet, pour l’historien, il n’est pas admissible que la représentation nationale dicte « l’histoire correcte, celle qui doit être enseignée. » (Max Gallo)

    Et, l’académicien d’ajouter que : « trop de lois déjà bien intentionnées ont caractérisé tel ou tel événement historique et ce sont les tribunaux qui tranchent. Le juge est ainsi conduit à dire l’histoire en fonction de la loi. Mais l’historien, lui, a pour mission de dire l’histoire en fonction des faits ».

    A cet égard, contrairement à ce que vous affirmez le Conseil constitutionnel, manifestement, s’est prononcé et a même censuré, précisément, certaines dispositions de la loi Gayssot en les déclarant contraires à la Constitution et donc à la liberté d’expression.

    http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/root/bank/download/2012647DCccc_647dc.pdf

    Au surplus, force est de constater que la Cour de cassation ne pouvait que refuser de soumettre la QPC (question prioritaire de constitutionnalité) dépourvue de caractère sérieux au Conseil constitutionnel.

    En effet, le caractère sérieux d’une QPC est une des conditions préalable de la procédure prévue par la loi organique n°2009-1523 du 10 décembre 2009 relative à l’application de l’article 61-1 de la Constitution.

    La procédure permet ainsi un premier filtrage donné au juge et donc le pouvoir d’écarter des questions déjà tranchées.

    http://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/questions_prioritaires_constitutionnalite_3396/arrets_3398/12008_7_16224.html

    D’ailleurs, le Comité des droits de l’homme du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme de l’ONU a jugé la loi conforme au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et la Cour européenne des droits de l’homme conforme à la Convention européenne des droits de l’homme dont l’article 10§2 admet les restrictions à la liberté d’expression.

    @ Zarga

    Son commentaire tient en une phrase c’est sa conclusion qu’il faut retenir :  » Abîmer la justice pour ne pas perdre ses militants et sa réputation est irresponsable »

    Quant au traitement de l’ex-président dans les locaux ultramoderne du pôle financier, en effet, rien à voir avec le dépôt d’un prévenu au palais de justice.

    S’agissant d’Elisabeth Lévy je ne partage pas ses idées ce qui ne m’empêche pas de lui reconnaître du tempérament pour les défendre, non sans un certain talent, mais souvent teintés de dialectique éristique ce qui en fait davantage une polémiste et de ce seul point de vue elle peut être redoutable, voire déconcertante.

    Sur N. Sarkozy l’ injusticiable E. Lévy dit : « Marine Le Pen dont rêve François Hollande, qui sait que c’est son unique chance d’être réélu » c’est de la politique fiction qui ne résiste pas à l’analyse.

    En effet, c’est un risque que F. Hollande ne peut pas prendre ! C’est même l’inverse qu’il pense c’est pourquoi l’ex-président reste, à ses yeux, un candidat « sérieux » : http://www.liberation.fr/politiques/2014/07/09/en-2017-hollande-mise-sur-sarkozy_1060797

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 13/07/2014 @ 22:17

  28. Ooops ! Il faut lire :  » a censuré, précisément, certaines dispositions récentes qui s’inscrivaient en quelque sorte dans le prolongement de la loi Gayssot »

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 13/07/2014 @ 23:26

  29. LE SITE SACRÉ : http://www.prophete-du-sacre-coeur.com/

    Commentaire par gof — 14/07/2014 @ 11:57

  30. « Un risque que F Hollande ne peut pas prendre « . ?? Et pourquoi -donc ?
    Tout semble montrer qu’il cherche à rejouer la même pièce qui a servi Chirac ne serait-ce qu’en divisant les Français sur le vote des étrangers qu’il remet sur le tapis alors qu’il sait parfaitement que ça va relancer encore le F.N.
    Je ne vois pas comment il pourrait s’en sortir , Sarko n’a aucune chance.

    Commentaire par Scaramouche — 15/07/2014 @ 14:56

  31. Parce qu’un coup de dés n’abolira jamais le hasard disait Mallarmé ! Le risque, selon moi, voyez-vous, c’est celui de ne pas voir le PS au second tour ! Mais ce n’est qu’une opinion ! Pas sûr alors que 2002 puisse être un 2017 à l’envers ! La politique fiction c’est pas mon truc…N. Sarkozy n’a aucune chance ! Qui sait ??

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 15/07/2014 @ 17:22

  32. Ce qu’on sait c’est que la majorité des électeurs qui forme notre démocratie en a assez de la droite comme de la gauche et a comme une envie de nouveauté qui ne dit rien de bon.
    Ce qu’on sait surtout c’est que nous croyons de moins en moins aux institutions de cette république surtout lorsqu’on voit qu’il y a de la place en prison pour des gens à propos racistes et pas pour des délinquants .. « Petite histoire  » me direz-vous mais ça fait monter la mayonnaise. Avouez que si on voulait renforcer le F N on ne s’y prendrait pas mieux !

    Commentaire par Scaramouche — 16/07/2014 @ 17:09

  33. « Petite histoire » ??? Non ! Je ne vous le dirai pas ! C’est aussi condamnable pénalement que cette personne qui avait diffusé sur YouTube la vidéo dans laquelle elle s’était filmée en train de balancer violemment un chat. Eh bien, voyez-vous, elle a pris un an ferme ! Le quantum de la peine c’est la loi et les juges qui en ont selon l’expression consacrée, pour ce faire, une marge d’appréciation et il ne me semble pas que cette condamnation vous ai profondément heurtée !

    En revanche, c’est bien volontiers, que j’avoue que « l’entrisme buissonnier  » après l’avoir bien vendu en 2007 il a fonctionné a plein pendant le quinquennat de l’ex-président.

    D’ailleurs, pour remercier son « éminence grise » de l’avoir fait perdre il l’a fait condamner ! Savoir qu’il y avait une « droitisation » de la gauche dans la société française depuis des années n’était probablement pas suffisant. Comme quoi l’idéologie FN et sa dédiabolisation ne permet pas à tous les coups de l’emporter à suivre Mallarmé.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 16/07/2014 @ 22:38

  34. @Chevalier Bayard 31 : Le risque, selon moi, c’est de voir Marine Le Pen en présidente. Je constate, avec frayeur, que les gens sont de plus en plus excédés et que même des gens de bon sens ont envie de balayer cette vieille république (et ses acteurs) qui ressemble à une monarchie sans âme. Je ne la regretterai probablement pas, mais je voudrais pas la voir remplacée par une dictature, un totalitarisme à la soviet ou une anarchie. Ce ne sont pas les errements de quelques au sein de la justice qui va rassurer la population qui espérait encore en une justice impartiale et équilibrée.

    Commentaire par Dorine — 17/07/2014 @ 07:42

  35. @ Bonjour Dorine,

    Plus que les « errements » de quelques uns au sein de la justice c’est surtout son instrumentalisation originelle par le politique au plus haut niveau qui est insupportable !

    Notre Constitution est ainsi faite ! L’article 64 dit que le président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire. Cette expression, dit-on, est conforme à notre tradition française de la séparation des pouvoirs.

    Ainsi, le texte ne consacre pas de « pouvoir judiciaire » mais seulement une autorité. Or, selon la théorie classique des trois pouvoirs : « Il n’y a point de liberté si la puissance de juger n’est point séparée de la puissance législative et de l’exécutrice » (Montesquieu).

    Ces principes ont été mis à mal dès la Révolution. C’est la loi des 16 et 24 août 1790, qui en imposant une séparation stricte des autorités administratives et judiciaires et en interdisant aux juridictions de critiquer la loi a assigné à la justice une place subordonnée ; la désignation des juges par le pouvoir exécutif, à partir de l’an VIII a résolument dénié à la justice la qualité de « pouvoir ». Si la justice ne participe plus de la définition de la séparation des pouvoirs, la question de son indépendance reste essentielle pour qualifier le régime.

    A cet égard, on peut rappeler que cette indépendance était l’une des conditions posées par la loi constitutionnelle du 3 juin 1958 !

    On peut même ajouter que l’article 16 de la DDHC du 26 août 1789 porte cette nécessaire condition quand il affirme que : « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution ».

    Toutefois, notre conception française prévoit une première garantie qui a valeur constitutionnelle puisqu’elle figure expressément à l’article 64 : il s’agit de la règle de l’inamovibilité des magistrats du siège. Ils ne peuvent selon cette règle « recevoir une affectation nouvelle, même en avancement, sans leur consentement ». Ce principe fondamental constitue une garantie effective.

    Sauf que, et c’est là où le bât blesse, c’est qu’il n’est pas applicable aux magistrats du parquet, qui, s’ils bénéficient de la liberté de parole, sont soumis à l’autorité hiérarchique dans leurs réquisitions (H. Guaino, parmi d’autres, en est un farouche défenseur) .

    Au surplus, enfin, il faut savoir que l’inamovibilité connaît des limites dans la pratique, car la carrière des magistrats du siège dépend du pouvoir exécutif.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 17/07/2014 @ 09:14

  36. @ chevalier Bayard
    Pardon d’être hors sujet mais : Il ne vous « semble pas que cette condamnation m’ait fortement heurtée » ? Vous parlez sérieusement ? Vous ne voyez pas que pour moi il s’agit du grave problème de la liberté d’expression et amalgamer cette histoire avec un tortionnaire d’êtres vivants me semble pour le moins déplacé, en fait ce sont deux poids deux mesures dont l’exemple est appliqué pour un fils délinquant par madame Taubira qui trouve des excuses quand ça l’arrange et crée la tendance quand elle se sent assimilée à un singe.
    Le président traité de Flamby et Sarko de nain ..et pire…pas de problème . Les insultes fusent dans le cénacle mais certains sont intouchables.
    Le citoyen lambda peu rompu au jargon et finesses de la justice ne comprend rien et ça va trop loin ne vous en déplaise on est en dictature ratée d’endoctrinement raciste en sens unique et on le constate en ville tous les jours , avec ce jugement la justice n’est plus crédible.

    Commentaire par Scaramouche — 17/07/2014 @ 10:22

  37. Etant fort ignare en matière de justice, je vous suis reconnaissante, Chevalier Bayard d’éclairer mes faibles connaissances en la matière.Je n’avais pas idée des retentissements de l’histoire sur le fonctionnement de la justice qui explique des comportements qui peuvent nous heurter.

    Ceci dit, je ne comprends toujours pas pourquoi la même justice peut acquitter un médecin assassin qui s’affranchit des lois et condamner à de la prison ferme une élue déjantée qui a l’idée saugrenue de comparer un être humain à un singe.

    Commentaire par Dorine — 17/07/2014 @ 11:19

  38. PS : je n’aime pas Taubira, mais même dans ma plus grosse colère, je ne l’aurais pas comparée à un singe. La justice aurait dû appliquer une peine avec sursis et ne pas médiatiser l’affaire. ça n’en valait pas la peine. Car cette élue, visiblement, ne sait même pas ce qu’est un être humain.

    Commentaire par Dorine — 17/07/2014 @ 11:23

  39. @ scaramouche

    Ne vous excusez pas car, contrairement à ce que vous pouvez penser, nous sommes pleinement dans le sujet avec le « lancer de chat » qui touche dans une certaine mesure à la liberté d’expression.

    En effet, et, très sérieusement, si le code pénal sanctionne, certes, gravement les actes de cruauté ou les sévices à l’encontre des animaux comme le précise l’article 521-1 du Code pénal à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros : « le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité ».

    Pour autant, jusqu’à cette affaire, les juges ont toujours été cléments, n’appliquant jamais le code pénal dans toute sa rigueur.

    Bien plus, la plupart de ces situations ont été classées sans suite ou se sont soldées par des non-lieu. Dans le cas de condamnation, les magistrats se sont toujours contentés d’amendes peu élevées (de l’ordre de 500 € ou 1 000 €) et jamais de prison ferme.

    De sorte que, voyez-vous, l’affaire du « lancé de chat » mettait donc en exergue l’impact des réseaux sociaux sur ceux qui réceptionnent les contenus puisque c’est les internautes eux-mêmes qui ont pu signaler le contenu de la vidéo illicite.

    A cet égard, la diffusion des tortures subies par l’animal démontre bien les limites de la liberté d’expression en cas d’atteinte à l’ordre public et qui explique les raisons pour lesquelles la décision rendue par le Tribunal correctionnel fût exemplaire, dans la mesure où ce dernier a présenté sa solution rapidement.

    Cependant, il faut nuancer car la propagation de vidéos du même genre est toujours possible sur les réseaux sociaux et l’affaire du « lanceur de chat » n’est donc pas un cas isolé.

    S’agissant, ensuite des propos racistes ceux-ci tombent sous le coup de la loi de 1881 sur la liberté de la presse qui prévoit que : « ceux qui […] auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement ».

    De sorte que, dans la balance ultra sensible de ma conscience, voyez-vous, je n’ai aucun complexe pour affirmer que comparer Mme Taubira, garde des sceaux de la République française, avec laquelle je ne partage aucunement les idées, à une guenon, c’est scandaleusement déplacé de la part d’une ex-future candidate FN à une fonction élective pour ne pas voir, manifestement, dans sa liberté d’expression du racisme biologique, au même titre que le « lanceur de chat » qui sur sa page Facebook avait publié sa vidéo indigne.

    Dès lors, en raison des circonstances de l’affaire, du contexte social ou politique une sanction lourde peut, je dis bien peut, servir « d’exemplarité ».

    Ce qui ne veut pas dire, sur le terrain strictement judiciaire, que je trouve la décision proportionnée ! Car en vertu d’un principe fondamental de notre Etat de droit c’est toujours l’individualisation de la peine qui doit être privilégiée.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 17/07/2014 @ 12:53

  40. Il en est des atteintes psychiques comme de toutes autres affections humaines, sauf qu’elles coûtent une fortune à la sécurité sociale, un exemple d’atteinte gravissime: la taubiraphobie aigüe qui comme chacun sait ne constitue pas une atteinte à la personne mais à une politique mortifère rejetée.

    Commentaire par zelectron — 17/07/2014 @ 13:44

  41. Je comprends bien votre point de vue , le mien diffère parce que je ne vois aucune différence ou importance dedire à un enfant de cesser de faire le singe ou le traiter de perroquet et comparer un homme ou une femme politique à un serpent ou un fauve ne me dérange pas ! Quel est celui d’entre nous qui n’a pas été comparé à un animal?
    Bien sûr certains diront que je ne fais pas grand cas de la nature humaine, sans doute , mais en aucune façon il ne pourrait être question de racisme.
    Nous sommes dans une époque où certains mots deviennent tabous et horribles quand d’autres profondément orduriers et insultants sont proférés à tout bout de champ envers le voisin sans qu’on s’en offusque le moins du monde.
    Soyons logiques. Si nous sommes tous semblables, ce qui est le cas, il convient de traiter de la même façon TOUS les individus et ne pas faire de  » discriminations charitables » sous prétexte qu’il s’agit de pauvres . d’étrangers de malades ou d’infirmes, et il convient en occupant un poste politique ou public d’en accepter les railleries. ..aussi . »bêtes »soient-elles .
    Du temps de monsieur Paul Raynaud la qualification de singe allait bon train et a fait long feu. Les temps et la mode changent et l’esprit français aussi.
    Il faudra donc réserver nos plaisanteries gauloises ou oiseuses aux visages pâles qui sont nos égaux et entourer de soins .. ceux qui sont chatouilleux ? n’est- ce pas là la vraie discrimination?
    Avant ce pataquès stupide je ne faisais pas de différence, maintenant c’est fait.

    Commentaire par Scaramouche — 17/07/2014 @ 15:56

  42. Je suis un peu étonnée de ces 9 mois de prison ferme, pour ce qui ne sont après tout que des mots (qui, quoi que certains se plaisent à penser, ne tuent pas comme une arme à feu).

    Et puis comment se fait-il d’abord que cette affaire ait été jugée en Guyane ? Très bien, le délit à été commis sur internet et l’association a porté plainte en Guyane, mais n’aurait-on pas dû prendre en compte que la personne jugée n’avait pas assez d’argent pour se rendre sur place et surtout qu’elle aurait des difficultes a. trouver un avocat pour défendre ses droits ? Et puis n’y a-t-il pas en droit la possibilité de déplacer un procès sensible ?

    Franchement, par les temps qui courent, donner du grain à moudre au FN, ce n’est pas très responsable.

    Pour autant, Scaramouche, comparer une personne noire à un singe, non, ce n’est pas pareil que de dire à un enfant d’arrêter ses singeries ou que d’appeler le Président de le République Flamby. Dans un monde idéal ou les Noirs n’auraient jamais eu à souffrir à cause de la couleur de leur peau, ce serait différent. Êtes-vous sûre de ne pas feindre de ne pas le comprendre ?

    Commentaire par Maelle — 17/07/2014 @ 16:56

  43. Non Maëlle je ne joue pas à ne pas comprendre, je pense sincèrement qu’une intégration réussie passe par le fait que de part et d’autre , blanc comme noir , on oublie sa couleur de peau pour ne voir que l’être humain.
    La valeur d’un individu ce n’est pas sa couleur c’est son essence pas ce qu’il montre . Je sais bien qu’on juge sur les apparences mais si on veut vraiment que tous soient égaux et oublier les différences il faut accorder le même régime à tous et pas prendre des mines apitoyées , ou des lois charitables qui sont pour moi humiliantes en fabriquant des assistés protégés par des lois.
    Madame Taubira n’est pas une pauvre victime noire mais une ministre.

    De plus je suis une maniaque de la liberté d’expression .

    Commentaire par Scaramouche — 17/07/2014 @ 18:37

  44. Je relève qu’en effet, nos systèmes de valeurs divergent en ce qu’ils sont générationnels. Vous convoquez la IIIème République où entre les deux guerres tout pouvait s’écrire, sur n’importe quel ton.

    Le nihilisme des idéologies faisait alors que sous Paul Raynaud la France a pu connaître une liberté d’expression inédite ce qui permettait alors toute licence.

    Aujourd’hui, la loi existe, le juge applique donc la loi de manière indépendante de son de système de valeur parce que la loi a changé.

    Un seul exemple, avant la loi Veil les femmes étaient considérées comme délinquantes ou criminelles, humiliées de se retrouver aux assises aux côtés de faiseuses d’anges parce qu’elles s’étaient fait avorter. Désormais, elles regardent songeuses, leur fille adolescente se rendre à la pharmacie, avec à la main l’ordonnance d’un médecin qui ne risque plus rien…

    Affirmer être farouchement être pour la liberté d’expression c’est bôôô, idéalement, sauf que le principe fondamental dans une société démocratique n’est ni général ni absolu, il peut faire l’objet de restrictions pour des motifs d’ordre public et doit se concilier, au surplus, avec d’autres libertés c’est la raison pour laquelle l’article 10 § 2 de ConvEDH (comme l’article 19 § 3 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques) en limite la portée.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 17/07/2014 @ 19:17

  45. @chevalier Bayard

    il n’est pas question d’une guerre des anciens contre les modernes sur les libertés perdues ou trouvées mais du simple bon -sens qui fait que tout ne se décrète pas par des lois et que l;amour ou la haine échappe à tout contrôle .
    Rien n;est absolu en effet mais l;expérience et l’usage démontrent chez les enfants comme chez les adultes que ce qui est exagéré devient nul et vous savez comme moi que bon nombre de ces précieuses lois sont détournées mal connues et caduques
    On peut museler le peuple un temps par la coercition mais on ne l’empêche pas de penser et ce n’est pas Voltaire qui a inventé l’idée. La possibilité de s’exprimer est une soupape de sécurité. . Madame Taubira ne fait que remuer la boue et diviser alors que : « Never explain Never complain  » s’imposait dans sa position sur ce sujet précis . Mais tout le monde n’est pas Elizabeth II que les Anglais caricaturaient sous les traits de « Piggy la cochonne. » dans une célèbre émission.
    (ceci dit personnellement j’aime trop les animaux pour les comparer aux humains.(-)

    (Ma question de vieille dame ringarde mais néanmoins sérieuse est la suivante ; Quels sont les animaux de référence( ou les plaisanteries) autorisés pour chaque catégories d’individus ? Car enfin c’est à la tête du client et a trop cibler on fabrique du vrai racisme en insistant sur la différence.

    Nous avions sans doute plus de libertés autrefois c’est peut-être pourquoi les gens souriaient d’avantage du voisin comme ils le faisaient de nous-mêmes. Posez vous des questions sur les rapports humains actuels et ce qu’ils sont devenus …. »Le Point » de cette semaine fait un bilan de notre société où on peut s’insulter impunément , où on libère les récidivistes alors qu’ on prétend enfermer des gens pour délit d’opinion. Car il ne s’agit pas ici d’appel à la haine ou d’incitation au meurtre nous sommes bien d’accord ,?
    Pas besoin de jouer au Bingo, tout est prévisible dans ce monde tristounet , les réactions des uns comme la sottise des autres c’est un monde formatisé où les lois pullulent et où on attise un feu qui couve sous la cendre.

    Commentaire par scaramouche — 18/07/2014 @ 08:16

  46. @ scaramouche

    D’ abord, j’ai trop de respect pour les anciens pour avoir l’outrecuidance de ne pas avoir la sagesse de profiter de leur savoir.

    Ensuite, on le sait le précepte juridique n’est ni une règle de salut, ni une loi d’amour : c’est un facteur d’ordre, un régulateur de la vie sociale, un modérateur, un dénominateur commun, une norme moyenne et c’est déjà beaucoup !

    On aimerait pouvoir exalter, que toute règle est un bienfait ; que toute règle (même comme mal nécessaire) porte en elle, pour justification, le progrès, l’amélioration, la charge qu’elle apporte (ce serait la « bonté » de la règle, le bon droit, le juste droit).

    L’histoire, dans tous les domaines – juridique, religieux, moral – dément cette attente d’optimiste : il y a de bonnes règles, il en est de moins bonnes, parfois de franchement critiquables.

    La coïncidence entre l’ordre et la justice, la réforme et le progrès existe à l’état de vœu, dans la conscience de chacun et la bonne volonté de beaucoup, mais les vues d’un législateur peuvent être impénétrables ou discutables et les résultats de son action malheureux et de bonnes intentions peuvent, en effet, avoir des effets pervers. Nous sommes d’accords !

    Pour autant, moi je considère que combattre les idées malsaines et nauséabondes propagées sous le prétexte fallacieux de brider la liberté d’expression (?) ou du droit à l’humour (?) (c’est ce qui nous sépare fondamentalement) participe comme la culture à élever l’homme au-delà de sa propre nature.

    Et, si le droit peut aider à « l’exemplarité » comme dans cette affaire indigne du « lanceur de chat », moi, dans ces conditions, ça ne me heurte pas.

    Quand au bon sens je m’en méfie toujours car c’est la chose la mieux partagée au monde !

    Bon W.E !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 18/07/2014 @ 11:04

  47. Et moi en regardant ce qui se passe, tout comme Nicolas Domenach , « je me fais un sang d’encre. « 

    Commentaire par Scaramouche — 18/07/2014 @ 14:22

  48. @Scaramouche

    Je ne suis pas un fan des lois anti-racistes mais je comprends au moins les risques posés par une parole raciste libérée.

    Les mots et l' »humour » ont des conséquences, surtout quand on les laisse saturer l’espace du discours. Et l’on constate, au cours de l’histoire, que certains groupes sont plus souvent sujets à la déshumanisation. L’imagerie animale a souvent été utilisée à ces fins contre des groupes racisés (imagerie simiesque utilisée contre les asiatiques et les noirs aux Etats-Unis, par exemple.) L’insulte simiesque ne « colle » pas aussi bien quand elle est utilisée contre un homme blanc que quand elle est utilisée contre un africain. Prétendre que les mots n’ont pas d’histoire, de connotations et ne véhiculent pas des complexes d’idées cohérents me parait un peu naïf.

    Il faut ainsi faire la différence entre les injures qui visent un individu seul et celles qui se rapportent à une classe d’individu tout entière (et traiter une personne noire de singe tombe dans la deuxième catégorie, à mon sens.) Il est aussi important de mesurer les rapports de forces en présence: les non-racisés jouissent d’une position privilégiée et d’un certain nombres d’avantages et de protections dont ne disposent pas les groupes racisés. Quand tout un groupe se voit injurié et diminué de manière publique sans qu’il n’y ait une réaction pour défendre ce groupe (et la réaction judiciaire ne me parait pas la meilleure), ce qui est signalé, c’est que ce groupe est vulnérable. Qu’en plus d’être déshumanisé, il est une cible facile, incapable de riposter efficacement. On peut critiquer la réponse judiciaire, mais ce n’est pas une raison pour minimiser le danger et la gravité de ces injures.

    Car après la déshumanisation et l’humiliation viennent généralement les agressions, plus ou moins sporadiques, plus ou mois systématiques. La diaspora juive a, au cours des siècles, et même dans les dernières années, régulièrement payé le prix de l’antisémitisme, des caricatures et de l' »humour » lancés dans leur direction. L’imagerie raciste américaine a facilité les lynchages. Et prétendre que traiter régulièrement les Tutsis de cafards n’a joué aucun rôle dans le génocide rwandais, c’est mettre la tête dans le sable quant au poids du discours, des représentations et de la culture.

    Minimiser le racisme et son expression publique comme vous le faites me semble être une erreur.

    Foxtrot.

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 25/07/2014 @ 11:35

  49. Non Foxtrot ce n’est pas une erreur c’est de la véritable  » intégration  » et je la comprends différemment.
    Lorsque par politesse, empathie ou commiseration nous traitons un groupe d’individus d’une autre façon nous augmentons les différences. Le film  » intouchables » a essayé avec succès de démontrer ce que peuvent ressentir ceux qui dépendent des autres.
    Nous sommes TOUS exclus de quelque chose nous avons tous des différences et souvent des tares, si la société les accentue elle conforte ces citoyens dans l’idée de leur infériorité ou de leur dépendance . Je ne suis pas pour les passe droits en fait de diplômes pas plus que pour les fausses bonnes notations du fait qu’on est plus faible. Je suis pour l’aide efficace et pas pour un traitement humiliant qui accentue un supposé handicap.
    Il existe une charité et une politesse qui peuvent être insultantes.
    Car entendons nous bien, il y a une nuance par exemple entre créer des facilités pour les handicapés et les traiter en infirmes. Croyez que je ressens chaque jour personnellement cette nuance.

    Or avoir une couleur de peau différente de la majorité ambiante ne doit pas constituer un handicap parce que ce n’en est pas un … Je vous rappelle qu’en Afrique les visages pâles sont les minorités.

    Les différentes éthnies qui sont francaises et ont demandé à l’être doivent accepter les mêmes usages moeurs et habitudes en provenance du pays qu’elles ont choisi sans que soit constamment question de leur appartenance à un groupe . Les communautés ont pour vocation de sinon partager du moins comprendre la mentalité et les usages de notre pays tout comme mes amis invités ou installés chez moi partagent mon ordinaire.
    C’est ce que font mes enfants qui ont choisi une autre vie depuis 30 ans à l’étranger . Ils ne votent pas en France et suivent les lois de leur résidence sans prétendre les changer.
    Or ce qui se passe ici est exactement le contraire, nous perdons nos racines et adoptons celles des autres d’où les problèmes et nous avons de ce fait totalement raté l’intégration des étrangers.
    (Notez que je ne parle pas  » d’assimilation » mais  » d’intégration »parce que pour moi avoir deux cultures est une chance)

    Arrêtons de catégoriser étiqueter et traiter l’autre en inférieur surtout quand il ne l’est pas et traitons sinon physiquement du moins moralement tout le monde de la même façon les vieux comme les jeunes et les beaux ou riches comme les pauvres et les laids et mettons un bémol à ce « politiquement correct » qui prétend mette un couvercle sur une cocotte minute en feu.
    Croyez que je comprends bien votre point de vue , c’est celui de beaucoup de nos compatriotes qui sont loin des sottises racistes mais je suis persuadée que , comme l’indique la situation actuelle, dans notre vision du problème nous faisons parfaitement fausse route.

    Commentaire par Scaramouche — 26/07/2014 @ 06:44

  50. Le « politiquement correct » ? Ici, l’argument n’est pas pertinent ! En effet, la caricature de Mme Taubira existe et les humoristes ne s’en privent pas ! Heureusement ! La liberté d’expression, en France, ne saurait être muselée ?

    Encore une fois, on est en présence, ici, d’une ex-future candidate du FN indigne à une élection républicaine qui véhiculait les idées de son parti dans notre République. Ce n’est pas rien !

    Or, sauf à être un brin candide, il est manifeste que la comparaison de Mme Taubira à une guenon, est racialement connotée dans l’ « imaginaire social » (Castoriadis). Au surplus, en raison même de l’histoire du FN qui porte encore, en lui, les gènes de l’antisémitisme et du racisme jugés antirépublicains. En France, ce n’est pas une opinion (une liberté d’expression) mais un délit ! Point.

    D’ailleurs, même Mme Le Pen a pu considérer que son ex-candidate n’était plus digne de représenter son parti puisqu’elle l’a « manu militari » débarquée ! C’est dire !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 26/07/2014 @ 09:02

  51. @ Chevalier Bayard
    La  » guenon » touchait aussi madame de Maintenon en son temps et existe encore à l’encontre de bon nombre de chipies suivant les occasions .. Et je ne crois pas que  » laide comme un pou  » ou  » vipère » soit plus aimable …sinon d’après vous moins  » raciste ».
    Le cas précis est donc une insulte physique autant que politique, c’est donc aussi une occasion ratée pour madame Taubira pour nous montrer son intelligence et son humour et traiter le propos par le mépris pour ne pas tomber dans le piège.
    Il ne faut jamais répondre à une injure et surtout pas montrer qu’elle vous touche. Les Français qui n’avaient pas fait le rapprochement physique et ne se tiennent pas au courant des ragots et gaudrioles diverses ont ainsi pu rire aux dépens de la ministre et ce jugement fort exagéré n’arrange rien en ce qui la concerne sinon apporter une notoriété à son adversaire…

    Qui sont les candides dans cette histoire et qui a gagné d’après vous ?

    Commentaire par Scaramouche — 26/07/2014 @ 13:47

  52. @Scaramouche
    … non … ! elle a été comparée à ça ? diantre et fi ! du diable si je pouvais m’imaginer !

    Commentaire par zelectron — 26/07/2014 @ 14:44

  53. @ Scaramouche

    D’abord, Françoise d’Aubigné (marquise de Maintenon) n’était pas noire ???? Certes, elle a passé quelques années en Martinique….

    Plus sérieusement, ne pas voir dans l’utilisation du qualificatif « guenon » de racisme biologique à dessein, à l’égard d’une dame noire, par une représentante du FN c’est bien, naïvement, se laisser abuser. Et, de seul point de vue nos divergences sont irréductibles !

    Ensuite, moi, je considère que dans le cas précis l’insulte tant physique que politique serait tout aussi une circonstance aggravante, à tout le moins, dans une perspective d’éthique de la discussion.

    D’ailleurs, puisque vous parlez d’intelligence pour l’ex-candidate du FN qui, manifestement, en a manqué, c’eût été l’occasion (s’il elle avait été élue) de nous démontrer qu’elle avait un vrai talent pour combattre, à un tout autre niveau, les idées de Mme Taubira.

    Or, force est de reconnaître que cette personne n’était pas à la hauteur car elle n’a pas saisi l’occasion supplémentaire qu’il y avait mieux à faire. Candide ! Oui ! Il faut être candide, en tout cas, politiquement !

    En effet, elle a perdu une belle opportunité…pour se taire !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 26/07/2014 @ 16:11

  54. @ Chevalier Bayard
    Vous ne m’avez pas comprise ou vous avez mal lu .
    Bien sûr qu’il y avait une intention maligne de l’auteur dans cette comparaison mais à moins de vouloir en rajouter il serait souhaitable de feindre de ne pas la voir , donc je vous le répète et c’est d’autant plus pour cette raison qu’il fallait la traiter avec indifférence parce que c’est le seul moyen de banaliser et rendre caduque ce genre de catégorisation .
    Je ne suis pas naïve hélas et croyez que je le regrette car je ne prends pas la naïveté péjorativement pour de la sottise mais pour la qualité de celui ou celle qui aurait encore des illusions .. (sur la nature humaine entre-autres. ) ce qui est à mon avis une chance d’épanouïssement en ce monde !
    Malheureusement ce n’est pas mon cas surtout en politique et je ne partage pas votre point de vue sur les manoeuvres du FN . Ils sont plus malins que vous ne le pensez et savent que rien n’est plus mortifère en politique et dans le spectacle que le fait qu’on ne parle plus de vous. Notre bien aimé ex président en sait quelque chose. C’est pourquoi si cette histoire fait couler de l’encre et attire des moqueries sur la « victime' » en donnant une notoriété même partiellement péjorative à l’insulteur c’est partie gagnée ..
    Et de plus ça donne du grain à moudre aux journalistes et encore une importance majeure et un supplément de travail aux tribunaux qui comme chacun sait sont en manque de dossiers du même genre . (-)

    Commentaire par Scaramouche — 27/07/2014 @ 08:35

  55. @ Scaramouche :

    « Bien sûr qu’il y avait une intention maligne de l’auteur dans cette comparaison mais à moins de vouloir en rajouter il serait souhaitable de feindre de ne pas la voir , donc je vous le répète et c’est d’autant plus pour cette raison qu’il fallait la traiter avec indifférence parce que c’est le seul moyen de banaliser et rendre caduque ce genre de catégorisation  »

    Je me retrouve à titre personnel dans votre raisonnement. Un de mes meilleurs amis est d’origine marocaine, et nous nous souvenons tous deux qu’il nous a fallu des années pour distinguer une différence de couleur de peau entre nous. Je me souviens aussi d’un autre camarade de classe, en primaire, qui s’était bagarré avec un troisième larron, après s’être fait traiter de « sale métis ». Et je me revois encore, demander à mon maître d’école : « Monsieur, c’est quoi, un mytisse ? » (je ne connaissais pas le mot, à l’époque).

    Pour autant, la stratégie d’ignorer l’insulte ne me semble plus être appropriée à notre époque. Si la première comparaison aurait pu être traitée avec indifférence, quid de la gamine qui tend une banane à la ministre ? A ignorer, encore ? Et le joueur de foot à peau mate qui se fait canarder avec des bananes, à ignorer, là aussi ?

    C’est à double tranchant : soit le soufflé retombe, soit il prend. Et on prend le risque de banaliser, de rendre acceptables des mots ou des comparaisons qui sont inacceptables.

    Je suis d’accord avec vous lorsque vous dites qu’il faut se garder de créer et de maintenir telle ou telle catégorie de personnes dans une situation de différence artificielle, du fait d’un trait qui lui serait particulier. Réduire le tout à la partie est toxique lorsque ça s’applique à des personnes, ça créée de l’exclusion de façon artificielle.

    Mais on ne peut pas ne pas voir que ceux qui profèrent de telles paroles sont eux aussi dans l’exclusion. Ces mots visent à retrancher du corps global tel ou tel élément, à lui dénier le droit même à appartenir au corps global. Et c’est insupportable.

    Commentaire par Zarga — 27/07/2014 @ 11:50

  56. « Il (Antonio) a ri de mes pertes, s’est moqué de mes gains, a méprisé ma race, contrarié mes affaires, refroidi mes amis, échauffé mes ennemis –Et pourquoi ? Je suis juif…. Un juif n’a-t-il pas des yeux…des mains des organes …des sens des émotions, des passions ? N’est-il pas nourri de la même nourriture, blessé des mêmes armes, sujet aux mêmes maladies, guéri par les mêmes moyens, réchauffé et refroidi par le même été et le même hiver comme un chrétien ? »

    C’est dans « Le marchand de Venise », de Shakespeare.

    La première fois où j’ai entendu cette tirade, je l’ai prise comme un direct à l’estomac !

    Commentaire par Zarga — 27/07/2014 @ 11:56

  57. @ Scaramouche

    « Vous ne m’avez pas comprise ou vous avez mal lu » Oui c’est exact ! Ou vous vous êtes mal exprimez !

    « Bien sûr qu’il y avait une intention maligne de l’auteur dans cette comparaison » Enfin ! Là, c’est parfaitement clair ! Et ça va mieux en le disant…

    Sur la naïveté Victor Hugo disait qu’elle était le visage de la vérité et si cette dernière permet de prendre conscience qu’elle est loin d’être parfaite et idéale comme le héros principal voltairien « Candide » en ce sens je partage votre analyse car elle est de l’essence de la nature humaine et de cette vertu nous en sommes tous dotée.

    On peut même dire qu’en termes politiques elle fait partie des règles de la communication moralement fondée telles que les a définies Jürgen Habermas : la simplicité et la grâce naturelle empreinte de confiance et de sincérité dont, en effet, il est impossible d’établir de vraies relations entre les hommes sans ce minimum des deux qualités qu’on attribue à la naïveté.

    En revanche, lorsque vous dites : « ne pas en rajouter et feindre de ne pas la voir » Moi, contrairement à vous je considère qu’il faut la dénoncer et donc la montrer.

    Sur les manœuvres du FN (?) quant à savoir s’ils sont plus malins que je le pense (vous voulez parler du double discours ?) là, voyez-vous, le casting s’est révélé désastreux dans leur stratégie de dédiabolisation à suivre « loulou la purge » : http://www.franceculture.fr/emission-le-magazine-de-la-redaction-derriere-marine-le-pen-les-soldats-du-nouveau-fn-2014-02-28

    Car, voyez-vous, le recrutement se fait désormais à un tout autre niveau à lire et relire les spécialistes de l’extrême droite et pour le FN plus récemment Sylvain Crépon.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 27/07/2014 @ 12:46

  58. @Zarga
    Moi aussi, ce monologue de Shylock me pince le coeur. Surtout que la seule fois ou je l’ai entendu « en vrai » sur scene c’etait dit par Al Pacino !
    En passant, pour rester dans le sujet des derives du politiquement correct,vous savez sans doute que cette piece on hesite de nos jours a la monter, a la donner comme sujet a un concours, a l’etudier a l’universite.

    Commentaire par Maelle — 27/07/2014 @ 22:16

  59. Le  » politiquement correct  » en provenance des US est le fruit d’ une civilisation qui n’est pas la nôtre et elle fait dans notre pays plus de mal que vous ne pensez. Les Français sont critiques frondeurs et moqueurs et personne n’a jamais réussi à les museler .
    Le langage fleuri n’est pas une nouveauté , autrefois Boileau disait déjà :  » j’appelle un chat un chat et Rollet ( procureur à l’époque) un fripon » . Appeler les voyous les barbares et les tueurs des « sauvageons » est une insulte pour les victimes. Quant a Molière c’est pour ce genre de langage qu’il a écrit : » les précieuses ».
    La simple politesse et le respect envers les autres ont été enseignées de tous temps et suffisaient à la bonne tenue des rapports humains. C’est par ses qualités intellectuelles et morales qu’une personne peut faire oublier son apparence (laideur comme couleur) pas par une loi et c’est par l’éducation qu’on apprend a respecter l’autre.
    Le problème est que chaque génération croit avoir tout inventé . D’accord pour les progrès des techniques mais l’âme humaine son essence ou son idiosyncrasie comme vous voudrez est la même, changer la sémantique est ridicule car enfin quand j’essuie un meuble vous pouvez appelez ça comme vous voudrez je ne gagne aucun galon ni diplôme à être momentanément une  » technicienne de surface »!
    Un individu complexé se sentira toujours inférieur parce que c’est pathologique . Nous continuons à insulter et complexer inutilement des gens qui n’ont aucune raison de l’être en soulignant que « Les noirs sont assimilés à des singes » ..c’est ici que réside l’injure et mieux vaut faire mine de ne pas la comprendre . C’est en soulignant la différence que nous jouons le jeu de l’autre et que sommes ambigus dans notre indignation!
    Pour confirmer l’égalité il faut pouvoir traiter indifféremment une ethnie ou une autre avec les mêmes mots.
    Pensez-vous qu ‘ un jugement en justice changera quelque chose en modifiant les mots ?
    Au contraire. Interdire les « gros « mots » à un enfant lui donne envie de les répéter par bravade , en revanche mieux vaut montrer l’exemple plutôt que cette tartufferie moderne du politiquement correct qui autorise toutes les grossièretés dans la vie courante mais ménage les susceptibilités en mettant hypocritement l’accent sur les différences.
    Les Américains viennent d’inventer l’attitude concernant ce qu’ils appellent la  » politerudeness  » .Peut-être est-ce un début de réflexion.

    Quant à Marine le Pen toute controverse à ce sujet ou un autre lui convient parfaitement

    Commentaire par Scaramouche — 28/07/2014 @ 08:49

  60. @ Maelle :

    Wow !! Quelle chance ! Je ne vais presque jamais au théâtre, alors pour voir Al Pacino… A ce propos, avez-vous vu le film « Looking for Richard » ? Ben pas moi ! Et pourtant, il commence à dater. Je n’ai pas encore essayé la V.O.D., peut-être est-il disponible ? A creuser…

    « cette piece on hesite de nos jours a la monter, a la donner comme sujet a un concours, a l’etudier a l’universite. »

    Vous êtes sérieuse ???

    Commentaire par Zarga — 28/07/2014 @ 08:53

  61. Quand je lis des commentaires comparant la torture d’un animal à une simple « insulte » envers une ministre, je suis choqué.
    Il faut vraiment être un sociopathe pour comparer la souffrance d’un être vivant avec une parole.

    Commentaire par Tortuga — 28/07/2014 @ 11:10

  62. @Scaramouche

    J’ai du mal à suivre votre réflexion. Vous parlez longuement de la politesse et du respect. Je ne vois rien de très poli ni de très respectueux dans le fait de traiter les gens de singe… De là à faire de la prison ferme, je suis d’accord avec vous que c’est exagéré (la peine d’inéligibilité temporaire, s’agissant d’une candidate en campagne jetant au feux un certain nombre de principes républicains, me parait plus cohérente) mais vous semblez porter le débat sur une question plus large.

    Et je ne comprends pas pourquoi vous raillez ce que vous appelez le « politiquement correct », et qui, il me semble, est le simple désir de voir les gens traités avec respect et politesse (ce qui n’empêche pas la critique) en faisant preuve de sensibilité à l’égard de l’histoire et du vécu (parfois différent) de nos interlocuteurs. Vous semblez d’ailleurs déplorer que cela se perde… mais en même temps, vous défendez le Français frondeur.

    Je n’arrive pas à comprendre ce que vous défendez vraiment, et pourquoi vous le défendez.

    « C’est par ses qualités intellectuelles et morales qu’une personne peut faire oublier son apparence (laideur comme couleur) pas par une loi et c’est par l’éducation qu’on apprend a respecter l’autre. »
    Une éducation, c’est aussi, souvent, poser des limites. On pourrait aussi dire que c’est par l’éducation qu’on apprend à respecter le droit à la propriété, pas par des lois… Je n’aime pas non plus l’idée que les personnes de couleur doivent être exemplaires pour parvenir à « faire oublier leur apparence » tandis que moi, blanc, je peux me permettre d’être simplement un humain moyen, avec mes moments de médiocrité, sans que cela ne remette en question mon droit au respect élémentaire.

    « Nous continuons à insulter et complexer inutilement des gens qui n’ont aucune raison de l’être en soulignant que « Les noirs sont assimilés à des singes » ..c’est ici que réside l’injure et mieux vaut faire mine de ne pas la comprendre . »
    Grosso modo, se mettre la tête dans le sable en espérant, que, par magie, un jour, tout le monde sera respecté et traité dignement? Je ne vois pas comment cela pourrait marcher…

    Foxtrot.

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 28/07/2014 @ 11:38

  63. @ Scaramouche

    « Quant à Marine le Pen toute controverse à ce sujet ou un autre lui convient parfaitement »

    Décidément, nous n’avons pas la même lecture de la stratégie de dédiabolisation du FN. Les provocations et les dérapages verbaux sont désormais proscrits. Papa le Pen ne vient-il pas d’en faire les frais ?

    Un quotidien national récemment titrait :  » L’épisode de la «fournée», dernière saillie de l’homme du «détail» a provoqué une fracture familiale et politique. Un psychodrame dont le fondateur du FN pourrait ne pas se relever ».

    Et d’ajouter, la fille jongle entre filiation et stratégie, ce qui relègue le père dans le passé pour mieux s’approprier «l’avenir».

    C’est l’histoire d’un déchirement opportun et d’une « purge » : même en politique il faut tuer le père et la fille n’hésite pas, même si c’est le sien. C’est dire ! Pas persuadé alors que ça lui convienne…

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 28/07/2014 @ 11:51

  64. @Tangofoxtrot

    Ne me prenant pas au sérieux je ne prend pas les autres au sérieux non plus et je favorise et plaide pour le sens de l’humour allant jusqu’à la moquerie contre soi-même et les autres. Que ce soit de bon goût ou non varie avec l’intelligence de l’auteur.
    Désolée d’avoir osé rire avec les  » photos rencontres » mais il y a pour moi une différence entre claquer une porte au nez, traiter les gens de cons et les comparer à un animal, sans doute parce que je préfère l’animal à l’humain me direz-vous .. C’est là que je me rapproche beaucoup de Tortuga qui est choquée de certaines comparaisons.
    Arrêtons de nous croire supérieurs, de traiter les autres en inférieurs en infirmes ou en faibles et nous arons fait un pas en avant dans ce que nous appelons le racisme, et arrêtons l’hypocrisie du  » politiquement correct  » alors que nous sommes plus mal élevés que jamais (selon la couverture d’un magazine récent.)

    Pour moi il n’existe pas de races mais des groupes ethniques différents et suivant Levis Strauss je pense que toutes les civilisations se valent .
    C’est clair ?

    L’affaire Taubira est politique , elle concerne une personne particulièrement discutable qui prétend à un régime de faveur dans de nombreux domaines, elle se met en danger dans la politique , or sa couleur de peau n’est pas une excuse ni un échappatoire mais elle entend en profiter pour influencer la justice.

    J’aime la liberté qui n’entrave pas celle ds autres et la liberté d’expression par dessus-tout et à condition qu’elle ne soit pas facteur de haine ni incite à l’agression elle doit être préservée dans tous ses états même ceux que vous jugez de mauvais goût. Chacun le sien.

    Commentaire par Scaramouche — 28/07/2014 @ 15:43

  65. @Zarga

    Oui, je mesure bien ma chance, Pacino était extraordinaire !

    Pour tout vous dire, je vais rarement au théâtre. Mon signifiant other ronchonne et de toute façon je n’arrive pas a entrer dans le jeu, autrement dit à voir le personnage derrière le comédien. Très brechtien…

    A une (énorme) exception près : Shakespeare. Là je viens de voir Le songe d’une nuit d’été à la Comédie Française et j’ai les billets pour le Macbeth de Mouchkine.

    Pour le reste, je suis malheureusement sérieuse. J’ai une copine qui enseigne la littérature anglaise en fac et on y prend cette pièce avec des pincettes. De la même façon Pacino a dû justifier son choix d’interpréter Shylock.

    J’ai bien sur (pour une fan de WS comme moi) vu Looking for Richard à sa sortie. Là encore fantastique. J’avais beaucoup aimé aussi la transposition année 30 de Ian McKellen. Bon pour tout vous dire Richard III est ma pièce préférée.

    « Now is the winter of our discontent / Made glorious summer by this sun of York »

    Commentaire par Maelle — 28/07/2014 @ 16:58

  66. @ 61 Tortuga

    Vous pouvez toujours vous payez de mots dont vous n’avez pas la maîtrise et travestir mon propos mais s’agissant de l’analyse des limites de la liberté d’expression dans notre Etat de droit ma comparaison de deux normes sociales de droit pénal participait, modestement, à la compréhension de la décision sus-évoquée dans une éthique de la discussion.

    Je vous remercie donc, bien vivement, de me donner l’occasion de vous rappeler que dans mon échelle de valeurs morales, moi, voyez-vous, j’attache une importance primordiale à la supériorité de l’être humain !

    Quant au sociopathe, comme vous dites, et pour reprendre le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), par définition sachez que, lui, est d’une manière générale indifférent aux normes sociales.

    De sorte que, voyez-vous, que la sociopathe FN dans cette affaire, pour reprendre votre qualificatif dépréciatif, soit lourdement condamnée parce qu’elle s’assoit sur des principes fondamentaux de notre Etat de droit notamment le respect de l’autre, parce qu’elle est socialement indifférente aux normes sociales, ou qu’elle provoque un trouble à l’ordre public parce qu’elle transgresse : eh bien, moi, vraiment mais alors vraiment…ça ne choque pas du tout !

    Pour mémoire : balancer sur Facebook des photosmontages ou tenir des propos antisémites ou racistes au même titre que des vidéos indignes c’est pénalement : 2 ans de prison et 30 000 € d’amende pour le premier et pour le second 1 an et 45 000 € d’amende.

    Et, ça c’est le droit !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 28/07/2014 @ 19:29

  67. Voir, sur les-crises.fr, le débat lancé par Olivier Berruyer pour pallier l’unanimisme idéologique des médias.

    Cet unanimisme idéologique, et donc cet unanimisme dans l’erreur, est en effet criant dans la façon dont sont rapportés les événements ukrainiens : empire du Bien (UE + USA) contre empire du Mal (Russie)…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 29/07/2014 @ 06:02

  68. Sans doute un effet de la bien pensance obligatoire , mais les casseurs qui ont mis à mal Barbés et démoli un quartier de Sarcelles en ruinant quelques commerçants au passage.ont sur la quantité de prévenus et pris sur le fait « gagné » trois mois de prisons ferme et pour seulement deux d’entre eux. .. Voilà qui me fait gagner le bingo que j’avais parié en jouant sur le fait que la manif du mariage pour tous était largement perdante dans tous les domaines ,Les poussettes des dames cathos et les dêplacements provinciaux ont été non seulement calculés à la baisse mais pour ce qui est des interpellations elles avaient battu un record de 350 chez les dangereux rétrogrades de la famille bourgeoise pour une petite quarantaine chez les défenseurs de Gaza.
    Loin de moi l’idée de comparer les deux causes de ces manifestations, l’une est profondément hulaniste ( et ce grand mot laché force le respect) et l’autre n’est qu’une pure convenance sociétale reconnue comme ringarde, non ce n’est pas là l’enjeu du Bingo, je m’en tiens exclusivement à l’importance du chiffre maquillé, aux circonstances des autorisations légales ou non, au déroulement sans ou avec dégâts et au final au traitement en justice ..
    Deux poids deux mesures encore une fois et bel exemple de fermeté gouvernementale qui me fait gagner mon Bingo.

    Commentaire par Scaramouche — 29/07/2014 @ 07:38

  69. Je persiste : il ne faut pas être bien dans sa tête pour comparer des actes de torture, fusse sur des animaux, à des insultes.
    Ne pas avoir le droit de dire quelque chose ou ne pas avoir le droit de torturer des animaux, ce n’est pas pareil.

    Commentaire par Tortuga — 29/07/2014 @ 08:12

  70. Dans l’affaire Taubira 2 (comparaison à un singe), on voit le manque d’indépendance de la justice : quand la ministre de la justice est impliquée, les peines sont beaucoup plus lourdes.
    Remarquons aussi que le caractère « raciste » de la caricature n’a pas été démontré par les juges : comme c’est la ministre de la justice, les preuves, il n’y en a pas besoin.

    Les comparaisons avec des animaux sont fréquentes dans les caricatures, mais ce n’est que quand ces caricatures ciblent des ministres noir(e)s qu’elles deviennent magiquement racistes. Les blancs, on a le droit de les comparer à des singes, mais pas les noirs, c’est ce qu’on appelle l’égalité.
    Par exemple, cet article de la presse canadienne http://www.lapresse.ca/international/europe/201202/09/01-4494111-lhomme-grand-singe-politique.php compare sur une photo le Président Sarkozy a un Chimpanzé (la photo est reprise de l’AFP, soumise au droit français). Là, on ne parle pas de racisme…

    Commentaire par Tortuga — 29/07/2014 @ 08:21

  71. @ Maelle :

    « voir le personnage derrière le comédien »… C’est ce que j’espère voir se produire quand je regarde un film, ou une pièce de théâtre retransmise à la télévision.
    J’ai entendu une fois Jean Rochefort dire qu’il rêvait de ne pas « imprimer » la pellicule… je suppose que c’est à cela qu’il faisait allusion.

    Je me souviens encore de la première fois où j’ai vu « Raging Bull », et avoir été incapable de donner le nom du comédien qui incarnait Jake LaMotta. La performance m’avait bluffé.

    Plus près de nous, j’ai vu « Le Prénom » l’autre soir, et Charles Berling m’a épaté, me faisant oublier par moments l’acteur au profit du personnage.

    J’adore ces moments, où malgré le pacte tacite voulant que tout ce qui nous est donné à voir soit factice, le comédien disparait…

    En ce qui concerne « Le marchand de Venise », ce que vous dites est inquiétant. Et ça ressemble à de la censure, non ?

    Commentaire par Zarga — 29/07/2014 @ 08:39

  72. @Tortuga

    En effet la comparaison entre la torture envers un animal et l’ego froissé de madame Taubira est totalement déplacée. ..Il y a sans doute eu une erreur d’interprétation.
    Malheureusement il semblerait que dans le domaine du racisme on se laisse facilement emporter et que les exagérations n’aient plus de limites. C’est devenu un business pour les partis comme toute autre manipulation politique.
    Actuellement pour ne pas être traité de raciste ou de nazi les gens sont prêts à passer par un trou de souris . C’est tellement infâmant qu’ on n’ose même plus dire que nous n’aimons pas tel ou tel surtout s’il est d’une autre couleur .
    C’est aussi l’insulte prévisible par excellence et le Bingo gagnant du siècle pour celui qui la profère en premier.
    Personne n’est supérieur ou inférieur à qui que ce soit , chacun a ses différences et ni l’intelligence qui nous est donnée à la naissance ni la richesse héritée ou acquise ne font de nous des êtres supérieurs . Quant à la culture , chaque civilisation a la sienne et les critères d’une évaluation sont purement subjectifs.
    Etudier le règne animal enseigne l’humilité et ouvre des horizons sur la relativité de notre supériorité.

    Pour conclure je pense qu’on aura atteint la véritable égalité entre les hommes quand on pourra tous les traiter de la même façon et qu’il n’existera pas un langage ou des insultes spécifiques pour chacun.

    Commentaire par Scaramouche — 29/07/2014 @ 19:46

  73. @ Zarga en post scriptum
    Oui c’est de la censure pour s’adapter à notre époque, incapables que nous sommes de chausser les souliers  » élizabethains » et qui s’enfonce dans le ridicule au risque de maquiller l’Histoire et trahir un auteur.

    Pour moi Shakespeare c’est Stratford on Avon dans les années cinquante avec Laurence Olivier et Vivien Leigh. Je ne peux le concevoir qu’avec des comédiens anglais tout comme je ne vois pas les héroïnes de Marivaux jouées par des asiatiques ou des congolaises, pas une question de racisme mais de casting et en l’occurrence la pureté de l’accent dans la musique des vers est primordiale.
    Ceci dit Al Pacino est un très bon acteur et vous avez raison bien que nous soyons tous hors sujet mais ce sont les vacances .. que je souhaite à Aliocha et à tous et toutes excellentes.

    Commentaire par Scaramouche — 30/07/2014 @ 08:31

  74. Mais Scaramouche, que faites-vous de l’universalite de Shakespeare ? Il parle a chaque epoque, a chaque culture qui se doit de le reinventer, ou plutot de se l’approprier, c’est le propre des grandes oeuvres. Que cela vous touche, vous parle plus ou moins, c’est un autre probleme. Lawrence Olivier etait un acteur extraordinaire, mais il appartenait a son temps. Et s’il faut traduire Shakespeare pour que le plus grand nombre est acces a sa richesse, et bien qu’on le fasse !
    Vous auriez du voir Adrian Lester, acteur britannique d’origine jamaicaine, dans le Hamlet momte par Peter Brook au debut des annees 2000.

    Commentaire par Maelle — 30/07/2014 @ 09:22

  75. Mouais…bon ! Il faut surtout être faible et malhonnête intellectuellement, voire fragile psychologiquement pour avoir une lecture émotionnelle aussi abusive (feinte ?) sur une modeste « analyse juridique comparative » entre deux normes de droit pénal quant à leur équivalence sur le quantum d’une peine.

    Plus trivialement encore, il faut aussi être torturé, pour ne pas dire « tordu » pour confondre les LIMITES juridiques de la liberté d’expression, dans le cadre de la problématique de la DIFFUSION publique sur un réseau social, avec la conduite perverse et sadique d’un délinquant plusieurs fois condamné qui, au surplus, comble de l’ironie, se film et publie sa vidéo où on le voit balancer un chaton quand on sait la censure qui existe sur facebook à la vue d’un seul téton.

    Quant à la sociopathe FN, elle aussi visiblement indifférente aux normes, qui y voit un simple « trait d’humour » alors que c’est déjà partager l’insulte avec une perte de sens des valeurs et du respect de l’altérité de l’adversaire politique, c’est là une grande confusion à protéger dans notre démocratie.

    C’est pourquoi, avec plus ou moins de réussite, on peut en convenir, le droit pénal en fixe certaines limites !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 30/07/2014 @ 10:36

  76. @Le Chevalier Bayard,
    Soit ! et quant à la lourdeur/légèreté de la double sanction ?

    Commentaire par zelectron — 30/07/2014 @ 10:48

  77. @ Maëlle

    C’est normal que je sois moins réceptive à la nouveauté au  » déjanté  » au  » revisité » , ma génération apprenait les classiques par coeur et criait au sacrilège quand un comédien oubliait une virgule .. (Les matinées classiques du Français occupées par des abonnés de treize ans étaient la terreur des sociétaires parce que nous récitions en même temps ..). Il est alors logique qu’étant conditionnée de cette façon rigoriste je ressente autre chose et d’une autre manière mais loin de moi l’idée de porter un jugement sur la modernité parce que nous sommes bien d’accord l’essentiel est de ne pas ranger toutes ces oeuvres au placard mais de les garder en vie .
    Et puis je trouve formidable que vous ayez encore des discussions avec Shakespeare comme sujet..même s’il nous entraîne ailleurs que le sujet du Bingo (mais quand le chat n’est pas là… !). Seulement je voudrai bien que Shakespeare comme tant d’autres ne trouve pas dans son chemin trop de nos modernes « modérateurs » !
    C’est vrai j’aurais aimé Otello de préférence à Hamlet pour Adrian Lester , et je ne vais pas à l’Opéra pour cette raison , la plupart du temps les voix ne sont pas en osmose avec les héros ou l’idée que je m’en fais et je n’arrive pas à extrapoler .

    ( Lucchini passe son temps à dire qu’´un acteur doit s’effacer devant son personnage jusqu’à se faire oublier .. Pourtant Jouvet Raimu ou Gabin reconnus pour leur talent faisaient tout le contraire .
    Chacun d’eux au cours de sa carrière a collé vraiment à un caractère et à un seul . Les caméléons sont rarissimes, les autres ont un « emploi » et s’y tiennent. Le physique malheureusement ne se fait pas facilement oublier .

    Commentaire par Scaramouche — 30/07/2014 @ 14:53

  78. @ Scaramouche :

    J’ai eu la chance de visiter Stratford upon Avon, de passage par Birmingham, il y a une petite quinzaine d’années de cela… Pour ce qui est de la langue, je ne connais pas assez l’Anglais pour me risquer sur ce terrain là, mais je parierais que la langue dans laquelle écrivait Shakespeare n’était pas tout à fait la même que celle qu’utilisait Laurence Olivier.

    Je comprends parfaitement vos préférences. Jean Tulard, qui était invité à France Inter chez Jean Lebrun, a réussi à nous faire regretter une époque au phrasé et à l’éloquence si particulière, après l’écoute d’une archive sonore des années cinquante… nostalgie, nostalgie.

    Le pincement que j’ai eu, c’est quand j’ai vu « Capitaine Conan » au cinéma. J’ai adoré : j’ai juste regretté qu’il soit impossible de recréer ou de retrouver les accents et les phrasés correspondants à l’époque décrite.

    J’avoue à ma grande honte ne toujours pas avoir lu le roman éponyme de Roger Vercel qui est à l’origine du film… je me couvre la tête de cendres ! 😉

    Commentaire par Zarga — 30/07/2014 @ 22:00

  79. @ Scaramouche :

    D’accord pour Gabin, mais je discuterais volontiers les cas de Jouvet et de Raimu. 😉

    Pour Jouvet, sa prestation dans « Quai des Orfèvres » est plutôt à ranger dans celles où il parvient à nous faire voir plus l’inspecteur Antoine que lui-même.

    J’en dirais autant au sujet de Raimu, dans « les inconnus dans la maison » : C’est Hector Loursat que Raimu réussit à nous faire voir souvent

    Pour Gabin, je sèche : et je vous tend la perche ! 😉

    Commentaire par Zarga — 30/07/2014 @ 22:16

  80. @ zarga

    Gabin a le  » Quai brumes « et la « bête humaine  » qui lui collent à la peau. Bien qu’il soit très bon dans « le prêsident  » il lui manque ce petit quelque chose qui nous permet de croire au personnage du PDG tel qu’il est dans notre imaginaire. Son physique son expression ses gestes ne changent pas vraiment au cours de ses diverses interprétations. Les trois acteurs en question font « du Gabin « du Jouvet « ou « du Raimu  » la plupart du temps . Il y a peu d’acteurs de cinéma qui changent d’intonation de gestuelle ou de visage et sont capables de passer de Romeo au Roi Lear .. Ce qui est le propre d’une formation classique comme celle de Stratford (et je pense à une Helen Mirren qui passe avec brio au cinéma dans la peau d’une commissaire à la reine Elizabeth II..)
    Encore une fois ceci est une opinion toute personnelle qui n’engage que moi et je ne prétends pas vous l’imposer. Je cherchais seulement à justifier l’importance de l’aspect physique et des origines. dans un rôle et loin de toute idée raciste !

    @ Maëlle

    Laurence Olivier apportait aussi sa personnalité mais sa formation classique lui permettait de coller mieux à ses personnages et surtout il avait la diction adéquate! . Il est reconnu que les acteurs étrangers , et c’est le cas de Pacino, même parlant un bon anglais . ne « collent » pas à la langue de Shakespeare ..Chez nous Jane Birkin par exemple ( qui pourrait peut-être jouer Portia ) n’a pas fait bon ménage avec Marivaux , l’intonation et les tournures de phrase sont redoutables ; l’anglais du XV ème siècle comme le français de Racine au XVII ème nécessite un apprentissage très diffèrent de celui enseigné par  » l’Actor Studio » .
    Laurence Olivier par sa formation revêtait le costume qui allait avec le langage, il savait entrer dans le personnage de l’époque sa langue et son comportement. Shakespeare c’est d’abord pour moi une musique et de la poësie pure . C’est la beauté d’ une langue … les intrigues sont secondaires. ( je dois vous choquer ? )
    J’ai l’impression que plus en plus il semblerait qu’on apprenne le métier en jouant , on propulse au devant de la scène un jeune espoir qui ne fait pas long feu , ne sait pas articuler un texte mais a le physique de l’emploi ensuite il s’imagine connaître son métier et surtout pouvoir tout jouer alors que ça reprèsente des années de travail , de plus c’est facile et moins coûteux actuellement de transposer et revisiter une oeuvre que de coller à l’auteur. Pourtant entre la grandiloquence désuète d’une Sarah Bernard et la diction bredouillante du cinéma moderne il y a peut-être place pour une forme d’équilibre en rendant à chacun ce qui en fait sa valeur.

    Commentaire par Scaramouche — 31/07/2014 @ 06:01

  81. @ Scaramouche

    Ah bon, Lawrence Olivier, vous trouvez qu’il collait a Othello dans l’adaptation cine ? 😉
    Pour moi Shakespeare va bien au-dela de la musicalite de ses pentametres iambiques.

    Pour parler des acteurs de cette epoque, j’aime beaucoup Jouvet et Fresnay. Et cote anglais, Peter O’Toole, quelle beaute dans Lawrence d’Arabie !

    Au fait, y’a une discussion Kerviel un peu plus haut apres une analyse comme d’hab pertinente de notre hotesse de la derniere entourloupe Koubbi, mais je suis en vacances et je ne suis pas sure d’avoir le courage d’y participer …

    Commentaire par Maelle — 31/07/2014 @ 09:00

  82. Je vous parle de la langue et de son style vous me répondez « ciné ».
    Je ne vais pas au ciné pour voir du théâtre , mais si c’est copie conforme pourquoi-pas?
    Chacun trouve son compte dans un livre un film ou une pièce et comme pour un paysage ce n’est jamais la même optique, il est normal que les étrangers soient moins sensible à une langue qui n’est pas la leur et c’est dommage qu’on n’approfondisse pas et n’étudie plus les classiques dans les écoles… Mes petits enfants ont lu Shakespeare en bandes dessinées .. Et ils sont de langue maternelle anglaise … c’est tout dire.

    Bonne route pour Kerviel saison 2 …

    Commentaire par Scaramouche — 31/07/2014 @ 14:54


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