La Plume d'Aliocha

16/06/2014

Des emmerdes et des jeux

Filed under: questions d'avenir — laplumedaliocha @ 11:35

Je ne connais rien au foot. Même une compétition mondiale me laisse froide. Pas le moindre plus petit intérêt pour cet univers sportif bariolé et bruyant dont on dit que ceux qui l’animent sont plus riches que des patrons d’entreprise ou des chefs d’Etat. Néanmoins, le bruit médiatique a été si intense depuis hier soir que j’ai fini par comprendre que la France avait joué son premier match contre le Honduras et que nous avions gagné trois à zéro grâce notamment aux exploits d’un certain sieur Benzéma que le monde entier semble connaître sauf moi. La néophyte que je suis a cru comprendre que la victoire était évidemment agréable mais un peu attendue car l’adversaire n’était pas bien dégourdi. Me voici donc, grâce aux chaines d’information en continu suffisamment outillée sur ce dossier pour ne pas avoir l’air idiote à la machine à café.

L’autre grand événement du week-end, comme chacun sait, c’est la grève SNCF. Et là, l’information me semble un peu moins optimale. J’ai compris grâce aux mêmes chaines d’information en continu que les cheminots durcissaient le ton, faisant fi de l’injonction présidentielle d’arrêter  (ça ne vous rappelle rien ?). J’ai saisi aussi qu’il existait un conflit entre syndicats et que les durs avaient remporté la mise. Enfin, on m’a expliqué que ce matin c’était le bac et que la grève allait pénaliser les lycéens. Tout ceci m’a évidemment irritée, ce d’autant plus que je n’ai entendu aucune explication sur les motifs de tant de galères. Oh je sais bien que si j’avais regardé non stop l’un de ces chaines, j’aurais sans doute réussi à choper au vol un débat qui m’aurait éclairée sur les tenants et les aboutissants du conflit. Las, ayant manqué cette merveille, je ne suis nourrie que de ce message phare : des gens que je ne connais pas me pourrissent la vie pour des raisons qu’on ne m’explique pas.  Et c’est ainsi qu’on fabrique colère et lassitude chez le téléspectateur frustré au lieu de lui donner les outils pour raisonner et participer au débat. Comment s’étonner ensuite que les bureaux de vote soient à moitié vides et les urnes remplies de bulletins en forme de cri de menace ?

Mais au moment de jeter une nouvelle fois la pierre aux chaines d’information, on est bien obligé de renoncer en songeant que ce qui se vend correspond nécessairement à une demande…. Fouettées par la déesse rentabilité, elles nous servent ce  qu’elles estiment que nous attendons.  D’où le traitement en continu du football, éclipsant tous les autres sujets d’actualité (et notamment celui-ci), excepté le suivi en temps réel de l’état du trafic SNCF et des répercussions de la grève sur les français. Des emmerdes et des jeux. Un stimulant article du Monde diplomatique explique le peu d’intérêt des médias pour l’information syndicale par le fait que ceux-ci sont entre les mains d’une bourgeoisie culturellement encline à mépriser les conflits sociaux et les droits des salariés. Possible, et même probable. Mais l’explication est un peu courte. Car au fond, si ce n’était « que » cela, on devrait entendre s’élever une protestation bruyante de la part de tous ceux qui n’appartiennent pas à cette petite caste médiatique et à la caste à peine plus large de ceux qu’elle représente. Je pense personnellement que ces chaines répondent parfaitement aux exigences des consommateurs capricieux que nous sommes devenus. Le regard que nous portons sur l’information, et à travers elle sur le monde, se réduit à la manière dont elle peut nous distraire ou nous servir. Les médias savent depuis longtemps que l’information qui intéresse est celle qui concerne, c’est ainsi que selon la théorie du mort au kilomètre, un mort à un kilomètre intéresse plus le public que 10 000 à 10 000 kilomètres. De ce point de vue, il est  logique que les chaines d’info traitent du foot et de la grève. Ce qui est plus inquiétant, c’est que ces deux sujets dévorent tout le reste et que le traitement par ailleurs en soit réduit au divertissant et au pratique. Tous les observateurs critiquent ce phénomène en nourrissant le secret espoir que les médias se reprennent. C’est aussi absurde que d’exiger d’un miroir qu’il reflète autre chose que la réalité…

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26 commentaires »

  1. Bonjour Aliocha, vous redevenez très prolifique, après un temps plus en retrait…
    Je suis en désaccord sur le nécessaire reflet dans la presse de nos attentes. Un journal n’est pas qu’un miroir, ce n’est pas un simple dispositif technique: il est fait d’être de chair et de sang, donc sensibles, donc partiaux, donc en désaccord entre eux… De plus, la célèbre désaffection des lecteurs pour la presse tendrait à prouver que celle-ci n’est pas si douée que cela à anticiper les attentes du lectorat.
    Concernant le sport, bien entendu la popularité du sujet explique en partie le traitement. la seconde est sa prévisibilité. Il y a un calendrier d’événements sportifs! Il est donc facile de couvrir de tels sujets. Sans parler qu’outre l’info « brute » (machin à battu bidule 4 à 0), on peut s’y livrer à l’exercice préférer de certains de vos collègues: l’éditorialite aigüe.
    Les infos de proximité elles sont inévitables. Pire que les grèves, qui sont elles ponctuelles, il y a la météo! 10 min par jour pour savoir s’il y aura du soleil ou non. Tous les jours. Pour s’abstraire du quotidien, il faut un format non quotidien (M. de la Palisse…). Un hebdo voire un mensuel peut prendre un recul difficile au jour le jour.
    Sur le traitement complexe de sujets complexes, la réponse est dans le traitement: On ne peut pas à la faire faire court et accrocheur, en expliquant la complexité du monde. Il faut choisir. Que la Télé et la radio soient contraintes par leur nature même (diffusion en temps réel) à faire court et spectaculaire, ok. Mais la presse, surtout en ligne, n’a aucune raison de limiter le nombre de signes d’un article. Bien au contraire, sa richesse est d’avoir de la place, et de s’adresser à des personnes qui lisent au moment de leur choix.
    Je ne suis donc pas aussi pessimiste que vous: les choses peuvent changer, simplement, le changement ne viendra pas des institutions en place, mais de jeunes pousses qui cherchent à émerger.

    Commentaire par Kaeldric — 16/06/2014 @ 13:44

  2. Faut absolument arrêter de s’inquiéter, c’est un très mauvais symptôme contaminant,toute la propagande de la peur, la révolution du rire est en marche, le matérialisme a unifié la dérision que redoute tellement Finkelkraut, les jeux sont faits dans ce casino. Après Léonarda, le président devient commentateur de foot, jusqu’où vont ils descendre dans le sociétal, ils s’abiment…….c’est la chute finale.

    Commentaire par georges dubuis — 16/06/2014 @ 14:35

  3. Un cheminot explique :
    http://blog.sylvainbouard.fr/pourquoi-je-suis-en-greve/

    Commentaire par argone — 16/06/2014 @ 14:47

  4. « L’air idiot » même si vous êtes une « fille » parce que c’est l’air qui l’est et pas vous …
    A moins d’avoir « l’air d’une fille idiote », ce qui ne relève que de la syntaxe ou de vos propos mais en aucun cas de mon appréciation personnelle 😀

    Sur le dossier SNCF, j’ai été particulièrement choquée par le communiqué-pub sur les chaines TV.
    Qu’ils communiquent, soit, mais avec des adjectifs qualificatifs enclins à diffamer les grévistes (dans leur ensemble), indépendamment de ce que l’on pense du mouvement …
    Je me suis cru revenue sous le gouvernement précédent, c’est vous dire !
    C’est à croire que le droit de grève, est un DROIT et que le principe de la grève, c’est d’enquiquiner le monde pour se faire entendre …
    Par contre, je compatis pour les lycéens coincés dans les transports, sans transport ou trop en retard.
    Curieusement, je n’entends pas les « verts » sur l’intérêt du transport en commun les jours de grève !

    Commentaire par fultrix — 16/06/2014 @ 17:13

  5. D’un côté on a Bobin qui passe la télévision au lance-flamme, Aliocha qui désespère que les téléspectateurs sachent lire ou poser les vraies questions et les commentateurs du blog qui en rajoutent sur la désolation de l’intelligence qui se perd. On a aussi la théorie du mort au kilomètre qui étouffe la vraie information, la proximité des sujets populaires, l’abrutissement accepté par des drogués du foot et la singulière fierté d’être la seule à ne pas connaître Benzéma. OK, ça en fait une couche.
    Personnellement je ne passe pas des heures à regarder des matches et, sauf exception, le foot ne remplit pas mes soirées « larvesques » devant le petit (ou grand) écran.

    Mais d’un autre côté, j’ai vu il y a quelques semaines un reportage sur la joie des supporters de Lens qui voyaient leur équipe remonter en première division. Le (ou la) réalisateur (trice) avait mis là dedans tout l’enthousiasme qui ranimait une ville entière, laminée par des années de misère et de perte de confiance. Les intervenants aimaient le foot et retrouvaient, dans la difficile ascension de leur équipe, l’écho de leur propre sortie du tunnel. Ils se serraient les coudes, faisaient la fête ensemble, ils se montraient fiers de leurs anciens qu’on avait foutus dehors des mines alors qu’ils ne savaient faire que ça. Ils avaient les larmes aux yeux en parlant du Louvre chez eux, à qui on n’avait jamais montré les merveilles du monde.
    Ces hommes et ces femmes s’imaginaient un avenir souriant dans un pays que l’économie avait dépeuplé, ravagé. « On pensait peut-être qu’on ne valait pas mieux » disait une Lensoise. Certains se montraient prêts à investir dans cet avenir en transformant en gîte touristique une école désaffectée (Quelle image!)… L’un d’eux, à la fin, nous emmenait voir sa ville du haut d’un terril: « la plus belle vue qui soit »

    Tout ça parce que des joueurs en maillot rayés sang et or, même pas payés des fortunes, leur montraient qu’on n’est pas n’importe qui quand on croit en soi, qu’on vaut bien les autres même si on n’est pas allé longtemps à l’école et qu’on existe encore après que le pays entier ait bradé ses mines et oublié ceux qui y travaillaient. La réussite qui instille la joie qui consolide la réussite.

    Cette télévision-là vaut peut-être mieux qu’une superbe ignorance élitiste. En tous cas moi elle m’a plus ému que les buts libérateurs de nos stars nationales et que les les commentaires énamourés et suffisants des adorateurs de la FIFA mafieuse. Ce reportage ne m’a pas donné envie d’aller dans un stade mais bien d’aller voir Lens, ne serait-ce que pour donner raison à ses habitants.

    Commentaire par Denis Ducroz — 16/06/2014 @ 22:30

  6. J’avancerai une autre explication sur le dédain apparent des médias dont la couverture de ce conflit est de toute évidence très orienté.

    En fait j’ai lu quelques interventions de grévistes dans divers forums qui toutes expliquaient un truc en fait simple: le projet de loi contre lequel il manifeste est apparemment très technique. Pas facile à expliquer. Au niveau des syndicats cela fait un an qu’ils y travaillent en interne.

    Et tout le problème pour les média est précisément là.

    Je doute que les canaux low cost ou d’infos continue qui constitue l’essentiel de nos médias emploient à temps complet des experts sur les sujets de société et sont de fait guère capable d’anticiper l’information, la classer et l’analyser rapidement.
    Et donc voilà, la grève débarque du jour au lendemain pour eux.

    Panique à bord, personne n’y comprend rien parce que comprendre et pouvoir expliquer ça demande du temps et de la compétence; tandis qu’interroger Mme Michu sur ce qu’elle pense de la N+1ème grève RATP auquel elle ne comprend rien de plus, c’est tout de suite plus facile et en tout cas à la portée du stagiaire pas ou mal payé envoyé sur le terrain.

    Pour moi le véritable scandale n’est pas tant cette grève que le fait que les média sont dans l’incapacité … de faire leur boulot.

    Commentaire par Fredo — 17/06/2014 @ 09:29

  7. @Denis Ducroz

    Je comprends tres bien que vous ayez ete touche par ce reportage.

    Pour autant …

    Je n’y connais pas grand chose en football mais il y a une certaine difference entre l’equipe de Lens et celle du, tiens au hasard, PSG, non ? Aimeriez-vous franchement que vos enfants hantent le stade de la Porte de St Cloud ?

    Et puis que penser d’un pays qui laisse les habitants d’une region dans un tel etat de dereliction qu’ils en sont amenes a placer leur seul espoir dans le football. C’est absolument navrant.

    Surtout croyez-vous que l’accession de Lens en 1ere division va changer quoi que ce soit au quotidien des Lensois ? Ces rejouissances sont comme de l’alcool bon marche pour mieux oublier et se bercer d’illusions. 

    Et oui, du pain et des jeux, comme le sous-entendait Aliocha !

    Il n’y a qu’une voie de sortie, l’education. Mais ce n’est pas facile, il faut s’en donner les moyens des deux cotes.
    « Ignorance elitiste » dites-vous, moi je dirais demagogie.

    Commentaire par Maelle — 18/06/2014 @ 09:33

  8. Suite a ma remarque sur le PSG, je voudrais rajouter que bon nombre de parents que je connais commencent a etre reticents a inscrire leurs fils dans des clubs de football. Taper dans un ballon le weekend avec Papa et des copains ou regarder un match du Mondial a l’occasion oui, aller au stade et jouer en club, non. 
    Ce qui est mieux vu aujourd’hui c’est faire du rugby, no comment … Enfin cette differenciation (distinction?) existe depuis longtemps en GB (et dans ses boarding schools).
    J’ ai un peu l’impression que la grand’messe du Mondial en France sera finie dans un futur proche. Le sport en general et le foot en particulier m’indifferent, mais faut-il pour autant que je m’en rejouisse dans le fond. Car dans ce domaine-la encore la societe francaise en vient a afficher de plus en plus son heterogeneite.

    Commentaire par Maelle — 18/06/2014 @ 10:19

  9. Il n’y a qu’une voie de sortie, l’éducation…..poil au ment on !
    Misère,pas de chance, ils n’avaient reçu en masse que des instructions et un mode d’emploi pas clair. C’est la fabrique du crétin et du troupeau sans réseaux, la fierté, toute honte bue du salarié singulier à la merci d’une cellule psychologique qui le guette pour traiter la dépression entre les haut et les bas, vie de casino et de jeux sans hasards, ils parient car il y a toujours une toute petite chance grâce à l’immensité des perdants.
    Le national com coterie, une machine à se perdre.
    PS il y avait , hier, un défilé de 160 tracteurs dans ma jolie ville de Montreuil/mer: motif, un décret de la Royale écocratie interdisant l’épandage dans un rayon de 300 mètres des habitations,il y avait de la paille partout dans les rues. J’avais hissé mes drapeaux russes, syriens et iraniens qui ont été applaudis, l’éducation pratique et directe, y a que çà de ….vrai contre la fantaisie qui part dans le décors.

    Commentaire par georges dubuis — 18/06/2014 @ 10:27

  10. Vous savez, @ georges dubuis, il n’y a pas pour moi de pire mépris que de penser que le foot c’est bien bon pour « eux », n’est-ce pas ?

    Commentaire par Maelle — 18/06/2014 @ 10:41

  11. Ah ah Maelle de se méprendre au mépris, il y a tout un monde !!!!!! C’est tout une culture le hors jeu où l’on apprend le transport par le transversal. J’en ai traversé des milieux et des terrains. En fait tous ces petits et grands joueurs encaissent, c’est leurs seul but. Tous les jours que jeu fait ma base de donnée virale est confirmée, le fil d’Ariane du sens, un vrai tranquillisant pour mon ordinateur.

    Commentaire par georges dubuis — 18/06/2014 @ 13:51

  12. @Maelle.
    Ne nous trompons pas: ce que j’ai retenu du reportage sur la ville de Lens et son équipe de foot, c’est que la télévision peut nous emmener au delà des apparences faciles et des jugements bourrés d’à-priori. En cela elle vaut bien certains autres média et n’appelle, pas plus que ces média-là, les critiques systématiques de ceux qui ne veulent en voir qu’une entreprise de décérébration. Je précise que le reportage était proposé par une chaîne publique, pas de celles qui brassent des centaines de millions avec l’industrie du spectacle en général et du foot en particulier.
    Quand j’écris « au delà des apparences » c’est parce que le foot n’y était justement pas présenté comme un « alcool bon marché qui fait oublier » (sic), même si cette option a été relevée et évoquée par un intervenant. Non, il s’agissait plutôt d’une adhésion dynamisante à un enthousiasme collectif porteur d’espoir. Les gens interviewés admettaient leur folie douce concernant leur équipe mais ils semblaient la remercier d’avoir aidé à conserver un peu de solidarité et de vie citoyenne. On jouait au foot pendant la pose sur le terrain derrière les cuisines du restaurant. On remontait dans le 35 tonnes avec le souvenir d’un beau match pour avaler les kilomètres. Le foot n’était pas « leur seul espoir » (re sic) mais il donnait la patate à tous.
    Quant à l’équipe, ce n’était pas le PSG idolâtré, elle regroupait ceux qui portaient les couleurs d’une ville optimiste sans la ruiner. Je ne pense pas qu’il ait été cité le nom d’un seul joueur.
    Tous les sports proposent de beaux gestes techniques, individuels ou collectifs. En cela on peut les apprécier même sans les pratiquer.
    Et puis pourriez vous me donner pour comparaison le prix d’un billet pour un match en province avec le prix d’un concert d’une chanteuse en vue? Il y en a qui préfèrent taper dans un ballon avec des coéquipiers et d’autres qui rêvent d’un selfy avec un ou une people. Courir dehors à s’en fatiguer ou dodeliner en musique, agglutinés à des centaines d’autres, portable ouvert dans la nuit pour remplacer les bougies; il y a les goûts, les gens, les âges et l’air du temps. On a tous connu ça, non?

    Commentaire par Denis Ducroz — 18/06/2014 @ 14:27

  13. […] découvrir cet excellent récent billet de blogue d’Aliocha, journaliste, à propos de deux grands événements récents : la coupe du monde 2014 et la grève […]

    Ping par "Et c’est ainsi qu’on fabrique colère et lassitude chez le téléspectateur frustré …" | PEP'S CAFE ! — 18/06/2014 @ 15:49

  14. Aucun média ne fera l’impasse sur un mondial organisé par une fédération corrompue qui a vendu le mondial 2022 à un pays esclavagiste responsable de déjà plus de 1000 morts sur les chantiers. D’une part, ils sont là pour faire du pognon donc ils sont amoraux, d’autre part on imagine mal d’être informé sur la réalité qui est franchement trop sordide. Les médias sont là pour entretenir le spectacle et rendre nos consciences étanches au monde réel. D’où ce phénomène ahurissant et normalement insoutenable qui consiste à faire quelques articles sur la pauvreté au Brésil, les morts au Qatar, etc. Puis (ou en même temps) à faire des dizaines d’articles sur ce mondial. On fragmente le monde, on ne s’y engage plus. Nous sommes des spectateurs placés en situation de stupéfaction continuelle et par là, la banalité du mal a triomphé. Comme dirait Michael Douglas : « Quoi ?? Le méchant c’est moi ?!? »

    Commentaire par Albert — 20/06/2014 @ 19:43

  15. Le foot est nécessaire parce qu’il est un exutoire à la violence qui fait partie de la nature humaine et que comme tous les sports collectifs où les nations sont engagées il permet une parodie de guerre sans en subir les effets. Chacun redevient patriote le temps d’un but et endosse la victoire comme sienne . On s’y croit , on est les premiers du monde et on exulte.
    Ceux qui s’en moquent regardent les enfants faire des châteaux de sable en pensant que pendant ce temps ils ont la paix. Ce quińest pas toujours vrai , ils peuvent encore se battre avec leur pelle ou aller se noyer.

    Commentaire par Scaramouche — 22/06/2014 @ 10:58

  16. @ Scaramouche : rien n’est nécessaire, et la « nature humaine » est un concept fumeux pour tout justifier. Il n’était pas nécessaire de tuer des centaines d’ouvriers au Qatar. Il n’était pas nécessaire d’instaurer des tribunaux d’exception pour sanctionner les atteintes à l’image de la Fifa. Il n’était pas nécessaire que ce soit le foot qui soit l’emblème de la corruption et du cynisme mondialisés. Ce n’est d’ailleurs pas le patriotisme qui est exalté, mais dans ce mondial une partie de l’humanité célèbre l’économie de marché et sa crapulerie, tandis qu’une autre partie crève en silence.

    Commentaire par Paul — 22/06/2014 @ 11:54

  17. Je trouve quand meme rassurant qu’au Bresil, pays ou le football est suppose roi, tout ne se soit pas passe comme sur des roulettes, le clash etant trop grand entre la richesse insolente des quelques uns et la pauvrete des nombreux autres. Et la pilule doree Qatar pour le mondial 2022 ne passe pas non plus tres bien. A croire que la Fifa a peut-etre un peu trop cru que le foot etait encore (si tant est qu’il ait jamais ete) l’opium du peuple.

    Commentaire par Maelle — 22/06/2014 @ 16:09

  18. Mais oui Paul vous avez raison en ce qui concerne le foot mais je maintiens que c’est un mal nécéssaire et que s’il n’existait pas il faudrait le remplacer par autre chose de  » festif » pour amuser et entretenir l’esprit de compétition en canalisant l’agressivité entre les peuples ; car que vous le vouliez ou non notre belle nature humaine fonctionne comme celle des animaux avec des pulsions et motivations communes.

    Commentaire par Scaramouche — 23/06/2014 @ 17:24

  19. La comparaison avec les autres animaux n’est pas pertinente et a même quelque chose de circulaire. Pour être convainquant, vous devez prouver l’existence d’une pulsion qui existe consubstantiellement à la nature humaine. On est donc dans la pure spéculation métaphysique, pas dans la science qui quant à elle nous montre une grande diversité animale suggérant le caractère plastique et changeant de toute espèce. Mais il y a un autre point qui est qu’en psychologie l’excitation d’une pulsion ne peut être un exécutoire : c’est l’inverse. Si le sport exalte le patriotisme, il le réveille périodiquement et l’entretien. L’agressivité ne disparaît pas par canalisation, elle s’entretient… Les régimes autoritaires se servent d’ailleurs de cela, et la mise en scène du sport comme compétition a été et est toujours une manière de préparer les peuples à la guerre.

    Commentaire par Paul — 23/06/2014 @ 19:53

  20. @. Paul

    Les motivations vitales et pulsions sont les mêmes chez l’homme et l’animal , ce sont celles de la vie même et je ne comprends pas votre terme  » circulaire » .
    Vous ne pouvez pas nier que les êtres vivants ont pour but principal de se reproduire et comme fonctions boire manger et dormir et que l’agressivité qui commande la protection du territoire appartient à tous les animaux comme aux hommes.
    Sans être psy ou éthologue je crois qu’on ne peut nier le ressenti d’une souffrance chez l’homme comme chez l’animal.
    Donc la comparaison s’impose et les pulsions identiques elles sont celles que commande la nature.

    Vous parlez de l’agressivité comme si elle devait être éradiquée , mais un être privé de son agressivité naturelle devient apathique indifférent et neurasthénique. L’agressivité est aussi utile a la vie que l’air qu’on respire et trouver un équilibre pour la contenir et la. canaliser dans la bonne direction est indispensable. Tournée contre soi elle est suicidaire et contre les autres elle est meurtrière. . C’est évident, scientifique , et la base de la psychiatrie.
    Il s’agit donc de « diriger » donc « canaliser « cette pulsion vitale dans une direction afin qu’elle puisse s’extérioriser pour le plus grand bien de tous.

    Maintenant savoir si le foot remplit ce contrat c’est une autre histoire pour laquelle nous sommes d’accord.

    Commentaire par Scaramouche — 24/06/2014 @ 07:22

  21. Si le sport exalte le patriotisme,
    Elle est bien bonne celle là , vous dites çà sans rire.
    L’agressivité, la colère, la rage c’est toujours le non sens.

    Commentaire par legrandjeu — 24/06/2014 @ 09:40

  22. C’est circulaire dans la mesure où pour prouver vos dires, vous renvoyez aux animaux, qui justement sont comme les êtres humains, et du coup au lieu de démontrer vous ne faites que réaffirmer ce qui est à démontrer. D’ailleurs, j’attends toujours cette démonstration du point essentiel…

    Ensuite, je ne parle absolument pas comme si l’agressivité était à éradiquer, puisque je parle en fait comme si l’agressivité n’est pas un fait naturel.

    Un être privé d’agressivité ne serait pas du tout apathique. Par exemple, la tension musculaire minimale existe toujours, et ne se confond pas avec l’agressivité.

    Ensuite, si l’agressivité est utile à la vie pour se défendre par exemple, cela n’en fait pas une pulsion, mais une réaction, et donc cela ne peut pas du tout se comparer à l’air.

    Mais à partir de là, vous substantialisez quand même l’agressivité pour en faire quelque chose de malléable comme une chose. Or c’était le point à prouver…

    Quant au suicide ou au meurtre, cela n’apporte rien à l’argumentation, car on peut penser que ce sont des comportements sociaux qui disparaissent quasi-complètement avec les conditions qui les provoquent, ce qui met à mal l’existence en soi d’une substance humaine agressive. En revanche, cela renforce mon idée que le soi-disant exutoire est en réalité un moyen de maintenir artificiellement l’agressivité, d’où son intérêt pour nourrir le patriotisme et pour les régimes autoritaires.

    Il n y’ a donc jamais rien d’évident, et ce qui est évident n’est pas scientifique.

    Commentaire par Paul — 25/06/2014 @ 11:42

  23. @le grand jeu

    Je crois en effet que Paul parle sans rire

    Commentaire par Scaramouche — 25/06/2014 @ 18:21

  24. Paul argumente et ça en défrise certains.

    Commentaire par Paul — 27/06/2014 @ 16:20

  25. Surtout quand c’est tiré par les cheveux

    Commentaire par Scaramouche — 28/06/2014 @ 17:14

  26. Si tu le dis… Tu es sûrement au-dessus des exigences de la raison pour être aussi péremptoire.

    Commentaire par Paul — 29/06/2014 @ 14:21


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