La Plume d'Aliocha

04/02/2014

Le petit chat, la traque, la prison

Filed under: Droits et libertés,Justice,questions d'avenir — laplumedaliocha @ 07:56

Ouf, le petit chat n’est pas mort ! Pour ceux qui auraient échappé à l’événement du moment, petit rattrapage :    l’individu qui s’est fait filmer par un ami en train de lancer un chaton contre un mur (comment peut-il avoir un ami ?) et qui a mis la video en ligne, cet individu là a été arrêté par la police grâce à la mobilisation des internautes ulcérés par l’horreur de la scène. C’est émouvant comme une version de Sauvez Willy en 2.0.

Ah, comme l’humanité est belle quand elle se contemple dans l’écran de l’ordinateur. Avec Facebook, l’internaute est devenu à la fois le pipole et le paparazzi de sa propre vie. Grâce aux blogs, il s’est découvert plein d’esprit  et s’est rêvé  auteur à succès. Avec Twitter, il est devenu une star de l’information goutant la joie indicible de s’exprimer pour un public en liesse. Les révolutions arabes lui ont montré qu’il pouvait même faire basculer un régime. Et voici qu’avec l’affaire du chaton, l’internaute ébloui s’érige en ange vengeur, comme dans les super productions américaines style L’Arme fatale ou les jeux vidéos.

Le camp des gentils

Ici donc, les internautes ont lancé des pétitions, organisé une chasse à l’homme et grâce aux précieuses informations qu’ils ont fournies, les policiers ont pu arrêter le tortionnaire. L’animal est blessé mais sain et sauf ; toujours grâce à la toile, il a été rendu à son propriétaire. Même la police s’est émue de cet élan, on la comprend, elle est plus habituée à prendre des pavés dans la tête qu’à recueillir le soutien spontané de la population…Encore un miracle de la toile ! Evidemment, tout à la joie de ce conte de fée 2.0 personne ou presque n’a pensé que l’affreux qui se mettait en scène était aussi un enfant de la toile, le produit monstrueux de cette tentation permanente de l’exhibitionnisme et de la staritude qui pousse les individus équilibrés à se comporter comme des people sous ecstasy et les dingues à mettre en scène leur folie. Celui qui oserait gâcher la fête en rappelant cette évidence serait immédiatement classé dans la catégorie des dinosaures qui ne comprennent rien à Internet et dénigrent sans savoir. Personne ne s’est ému non plus de voir tous ces gentils internautes se transformer en auxiliaires de police. Eh non, dans le mode de raisonnement binaire qu’on nous propose, il y a un méchant qui agresse un petit chat et une horde de gentils révoltés par l’horreur de la situation qui contribue à identifier et livrer le criminel aux forces de l’ordre. Je renvoie les lecteurs que le phénomène de la chasse à l’homme  intéresse à cette  analyse publiée sur le site de l’Obs.

Gare au Bisounours 2.0

Lors de l’audience de comparution immédiate au cours de laquelle l’auteur des faits a été jugé, un avocat a fait valoir que la justice devait se rendre dans les tribunaux, pas sur Internet. Il a raison. Depuis quelques années les vertueux internautes traquant ici et là des monstres réels ou supposés ont tendance à me faire frissonner. Internet, c’est aussi des personnes qui se suicident, parce que de méchants internautes les insultent et les harcèlent. Mais chut ! On ne dit pas ces choses-là, ça agace ceux qui croient encore que l’humain dès lors qu’il pénètre dans le monde virtuel se change soudain en ange. En réalité, le Bisounours 2.0 est capable de manger de l’homme pour peu qu’un mouvement de foule  l’y incite. Le lanceur de chat a été condamné à un an de prison ferme (lire la réaction d’Eolas ici). Et le prochain ? Aura-t-il le temps d’être arrêté avant d’être lynché ? Et l’innocent qui se trouvera désigné à tort par la vindicte d’une poignée de justiciers planqués derrière leur écran, aura-t-il la chance d’échapper au pire ?

Note : j’ai eu à peine le temps de finir de rédiger ce billet hier soir que déjà un autre événement similaire enflammait la toile. Vous noterez que l’auteur évoque une « justice populaire » qui cède la main à la justice professionnelle. Parfait, mais jusqu’à quand ?

Aux sourcilleux du web, je précise qu’il ne s’agit pas ici de dire qu’Internet a inventé la violence, ni même qu’il l’aggrave, la facilite ou la propage, mais simplement d’accepter de penser l’utilisation qui est faite de ce fabuleux outil pour corriger ce qui doit l’être. Il me semble que c’est exactement l’objectif des internautes quand ils traquent les délinquants du genre du lanceur de chat, sauf que la méthode est discutable et mènera inéluctablement à des drames si on n’y prend pas garde. 

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73 commentaires »

  1. Eh bien, Aliocha, je ne m’attendais pas à ce billet de votre part. Parce que si vous pointez fort bien la formidable caisse de résonance (formidable comme immense, hein) que peuvent représenter les réseaux sociaux et le web en général, vous oubliez, il me semble, que c’est peut-être bien la justice qui a failli sur ce coup-là, et non le web.

    Car les internautes ont bien permis l’arrestation du jeune homme. C’est ensuite que cela se gâte, avec une comparution immédiate qu’il n’aurait jamais dû accepter dans cette atmosphère (comme pour d’autres accusés qui se trouvent en comparution immédiate lors d’affaires médiatisées). Et un jugement tellement exceptionnel qu’on ne peut s’empêcher de se demander si la faute en revient aux internautes (qui comme toute foule autoentretient sa colère et la propage), au juge où au système de la comparution immédiate qui permet des jugements « dans le feu de l’action ». Je pencherais pour la troisième proposition. Et je pense très fort à Maître Eolas, qui conseille de refuser systématiquement ladite comparution immédiate. On comprend mieux pourquoi.

    Nota bene aux commentateurs ultérieurs : j’ai été scandalisé par le geste du jeune, ne me tombez pas dessus. Mais on peut légitimement se demander pourquoi dans 99 % des cas de maltraitances sur animaux, les juges se montrent cléments, tandis que dans celui-ci, il y eu un an de prison ferme (étant entendu que je serais favorable à punir plus sévèrement ces choses, mais pour tout le monde alors, pas uniquement pour celui qui fut assez bête pour le mettre en ligne à visage découvert…).

    Commentaire par Moktarama (@Moktarama) — 04/02/2014 @ 08:26

  2. Abraham revient, ils sont devenus fous !

    Il avait préféré sacrifier un animal, plutôt que son fils.
    Nous nous scandalisons pour un chat maltraité alors que nous tolérons l’âme en paix que, pour notre salut, des hommes, des femmes, des enfants soient abattus froidement tous les quatre matins par nos drones…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 04/02/2014 @ 09:44

  3. « Il avait préféré sacrifier un animal, plutôt que son fils. »

    Je peux me tromper mais il me semble que dans l’ancien testament, Abraham se résoud à sacrifier son fils et porte le coup mortel. Ce n’est qu’au moment où la lame touche l’enfant que le dieu d’Abraham substitue un agneau à celui-ci (une farce particulièrement cruelle, si vous voulez mon avis…)

    Foxtrot.

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 04/02/2014 @ 09:51

  4. Effectivement, la décision de justice (qui est censée ne pas céder à l’opinion populaire…) est assez surprenante. Il est intéressant de comparer cette affaire avec le « happening » de Jan Fabre à l’hôtel de ville d’Anvers (plusieurs lancers de chats dans les escaliers, certains sont mal retombés) qui n’a encouru aucune poursuite (une agression, pour laquelle il n’a pas porté plainte, par contre.)

    Oserais-je mentionner que Jan Fabre ne s’appelle pas Farid…

    Foxtrot.

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 04/02/2014 @ 10:01

  5. @ foxtrot

    Abraham effectivement se livre à tous les préparatifs rituels devant conduire, comme ça se faisait, au sacrifice de son fils premier né. Mais où avez-vous lu qu’il lui portait le coup mortel ? Il retient son geste au contraire, c’est justement là tout le sens de l’histoire.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 04/02/2014 @ 10:13

  6. Cette affaire, en l’occurrence les suites judiciaires, est a relativiser, et je suis surpris de certaines réactions comme celle d’Eolas qui compare le jugement avec ceux pour violences conjugales qui sont généralement moins sévères. Cette analyse me semble fausse.

    L’internet a surtout servi de catalyseur performant et efficace. Le plus amusant, c’est que c’est l’auteur lui-même qui l’a mis en oeuvre : il a voulu que son geste ait une résonance mondiale, et bien il a réussi, et au delà de ses espérances. De même, si un tortionnaire filmait les violences qu’il fait subir à sa femme et les mettait en ligne, l’effet amplificateur serait identique, et probablement la justice aussi amplifierait sa réaction.

    Je pense même, qu’à certains égards, l’embrasement de l’affaire est plutôt positif, et pour plusieurs raisons :

    – A l’approche des élections municipales, voire présidentielles, nombre de discours politiques encouragent les citoyens (en particulier à Marseille) a enfin prendre leur destin en main pour changer la société dans laquelle ils vivent, par les urnes… Là, ils le font par le web, et efficace, rapide et concret !

    – Le web représente une (trop) belle vitrine pour tous ces psychopathes fiers de pavaner et d’exposer leurs exploits toujours plus choquants et provocants. Ici encore, les suites judiciaires rappellent qu’il peut y avoir des retours de flammes inattendus, à la mesure des moyens mis en oeuvre pour les faire connaitre, quand on joue avec le feu.

    – Même si le jugement parait sévère, il y a fort à parier que l’année de prison ferme ne sera pas effectuée si le prévenu fait enfin preuve de bonne conduite. D’ailleurs, on en a pas encore parlé, mais j’imagine que le prévenu va faire appel du premier jugement qui pourra alors être qu’une sorte de coup de semonce.

    – Enfin, et c’est plus subtil voire paradoxale, ce sauvageons, qui finalement fait preuve de remords (est-il sincère ?) se voit illuminé de tous les feux de tous les médias : il est propulsé au statut de « star des médias ». Quelle fabuleux ascenseur social ! A lui maintenant d’exploiter cette mise en lumière pour sortir de la spirale de violences dans laquelle il semble être tombé depuis plusieurs années.
    Je ne dirai pas que c’est peut-être la chance de sa vie (ben si, je le dis), maintenant c’est à lui d’exploiter cette audience pour améliorer son avenir.

    Tiens, qu’il profite des quelques mois en prison pour créer une association de protection de chatons maltraités, bien référencée sur le net, c’est la gloire assurée : il n’y a rien de plus touchant et de plus efficace qu’un repenti qui s’engouffre dans la brèche de la rédemption qu’il vient d’entrouvrir.

    Cette affaire finalement, c’est du gagnant-gagnant ! (pourvu que cela ne donne pas d’idée à d’autres …)

    Commentaire par Oeil-du-sage — 04/02/2014 @ 10:14

  7. J’ai cru qu’il s’agissait d’un clone de Borat, SBCohen, plaisanterie potache. Dans une société anonyme la soif d’être reconnue est immense, égale à celle de ses moyens pour la publier, l’idiot du village people se projette, cinéma, cinéma FB. Apparemment il s’était exercé sur des humains, avant, une racaille qui a donc changée de stratégie. Comme quoi l’innocence d’un animal est toujours reconnue, celle de l’homme est purement accessoire, on s’amuse, on s’ennuie comme on peut.

    Commentaire par legrandjeu — 04/02/2014 @ 10:24

  8. @DMB

    9 ;Lorsqu’ils furent arrivés au lieu que Dieu lui avait dit, Abraham y éleva un autel, et rangea le bois. Il lia son fils Isaac, et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. 10 Puis Abraham étendit la main, et prit le couteau, pour égorger son fils. 11 Alors l’ange du SEIGNEUR l’appela des cieux, et dit : Abraham ! Abraham ! Et il répondit : Me voici !
    12 L’ange dit : N’avance pas ta main sur l’enfant, et ne lui fais rien ; car je sais maintenant que tu crains Dieu, et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique.

    Abraham ne retient pas son geste (on ne le voit pas rejeter la demande de son dieu), c’est un ange qui intervient pour l’arrêter. Rien ne permet de croire que sans cette intervention Abraham n’aurait pas été jusqu’au bout de son projet…

    Mais effectivement, il n’y a pas de substitution miraculeuse au dernier moment, où Isaac est emmené directement au royaume des cieux. Je ne sais pas d’où me vient ce souvenir.

    Foxtrot.

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 04/02/2014 @ 10:40

  9. Les pouvoirs n’arrivent pas, ou ne veulent pas considérer les racines du mal. Elle ne fait que s’étonner sans cesse quand une horreur survient et dérange – un temps – comme la mort d’un enfant sous la violence des coups de ses parents, ou la torture jusqu’à la mort d’une femme, d’un vieillard, etc.
    La transversalité des disciplines n’est pas bien vue en France : « potasser un domaine qui n’est pas le nôtre, ça donne trop de boulot». Pourtant, elle semble bien être la solution pour connaître et anticiper le mieux possible les phénomènes de violences sociétales ou de cruautés pathologiques. Personne ne s’émeut que le violent pervers se fait toujours la main sur des animaux pour aguerrir ses gestes. Puis c’est au tour des faibles, comme des handicapés, pour enfin toucher la victime fantasmée depuis le début.
    On fait en sorte de dissimuler la cruauté envers les animaux parce qu’elle nous indiffère et que nous n’en voyons pas le lien avec la cruauté envers les Hommes. « Le rapport réel de l’homme à l’égard de ceux qui ne représentent aucune force, c’est le véritable test moral de l’humanité, comme ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux ».
    Ce n’est pas le chat qui se trouve représenté par l’avocat général (sauf erreur de ma part, il n’a rien demandé et n’en a rien à faire de ce jugement) mais bien la société face à ce type de violence si particulière d’un homme déjà condamné pour des faits de violence (son premier chat mort par sa violence est déjà si loin). Sa victime, ce n’est pas le chat, c’est l’enfant (le nôtre ?), l’handicapé, une femme, un vieillard. Et tous ceux que les pouvoirs n’ont pas pu protéger.
    Je comprends que cette condamnation fasse rire, mais pas que. Mais après avoir souri, je la prends très au sérieux, et remercie la justice.
    Bien à vous,
    XT

    PS : «Si la cruauté humaine s’est tant exercée contre l’homme, c’est trop souvent qu’elle s’était fait la main sur les animaux.» M. Yourcenar

    RePS : les récents suicides de jeunes pour cause d’harcèlement sur le web font l’objet de discussions croissantes dans l’enseignement secondaire. Différents ouvrages parascolaires et pédagogiques verront le jour cette année pour renforcer le débat à l’école.

    Commentaire par xavier — 04/02/2014 @ 10:41

  10. A la suite d’Oeil du Sage, ce qui est pour moi le plus grave, ou du moins le plus significatif, dans cette affaire, ce n’est pas tant la cruauté (abjecte) faite à un chaton que le fait que ce débile ait posté la vidéo de son acte sur internet.
    Vous dites, Aliocha, « personne ou presque n’a pensé que l’affreux qui se mettait en scène était aussi un enfant de la toile, le produit monstrueux de cette tentation permanente de l’exhibitionnisme et de la staritude qui pousse les individus équilibrés à se comporter comme des people sous ecstasy et les dingues à mettre en scène leur folie ». Je ne suis pas du tout d’accord avec vous, la plupart des gens qui ont réagi sur internet l’ont bien compris. Et puis il n’y a pas eu à proprement parler de chasse à l’homme (même si je vois très bien ce que vous redoutez), c’est bel et bien la police qui est intervenue après avoir été prévenue par des témoins de la vidéo sur internet.
    Du point de vue de la justice, je ne sais pas trop. Les comparitions immédiates, ça m’a toujours posé problème (comme le plaidé coupable à l’américaine), mais la justice est trop lente. Oui, un an, ça paraît beaucoup mais ne sont-ce pas les autres peines qui sont trop légères, mais les prisons sont surchargées. Maintenant il semblerait que le gars avait un casier, et on sait très bien, comme le rappelle très justement Xavier, que le passage à l’acte sur animal ne doit jamais être pris à la légère.

    Commentaire par Maelle — 04/02/2014 @ 10:53

  11. @ foxtrot

    « …c’est un ange qui intervient pour l’arrêter. Rien ne permet de croire que sans cette intervention Abraham n’aurait pas été jusqu’au bout de son projet… »

    Voulez-vous dire par là que, tant qu’un ange n’est pas là pour retenir votre geste, il n’y a pas de raison de se gêner ?…

    Et le libre-arbitre ?

    L’interprétation littérale que vous faites de ce récit en limite singulièrement la portée.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 04/02/2014 @ 11:32

  12. @DMB

    Ce que je veux dire par là, c’est qu’en se basant sur ce qui est dans le texte, on peut conclure que, sans l’intervention de l’ange, Abraham aurait mené le sacrifice jusqu’au bout (il n’y a pas d’éléments textuels indiquant le contraire). Même si Abraham a fait montre de doutes auparavant, dans la scène sur le mont, le texte le présente comme résolu.

    Il est possible de faire une interprétation trop littérale, il est aussi possible de faire des interprétations trop libérales et mettre dans le texte des choses qui n’y sont pas… Au final cette préférence pour l’animal plutôt que l’enfant est exprimée et actée par dieu (via l’ange), pas par Abraham.

    « Voulez-vous dire par là que, tant qu’un ange n’est pas là pour retenir votre geste, il n’y a pas de raison de se gêner ?… »

    Non, je ne veux pas dire ça, juste que la morale de l’histoire ne me semble pas être celle que vous en tirez, mais plutôt: « obéir aveuglément à son dieu, dans la crainte de la colère de celui-ci est moralement bon » (« car je sais maintenant que tu crains Dieu, et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. »

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 04/02/2014 @ 12:07

  13. Et le libre-arbitre ? Vous voulez parlez du pouvoir de juger, c’est une drôle de chose çà, DMB.

    Commentaire par legrandjeu — 04/02/2014 @ 12:16

  14. @ foxtrot

    « Ce que je veux dire par là, c’est qu’en se basant sur ce qui est dans le texte, on peut conclure que, sans l’intervention de l’ange…  »

    L’ange est dans le texte effectivement, mais un ange a-t-il effectivement arrêté le geste d’Abraham ?

    On peut passer ces quelques phrases par profits et pertes, ne les considérer que comme un mythe sans rapport avec quelque vérité historique que ce soit. Si on leur donne un sens, il est le suivant : on a tort de sacrifier une vie humaine sous prétexte qu’un dieu, une idole, une idée, une idéologie… vous la réclame.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 04/02/2014 @ 12:31

  15. @DMB, je suis d’accord avec vous mais ce sens que vous lui donnez se fait en réaction et en contradiction du texte.

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 04/02/2014 @ 12:43

  16. Cette affaire est à classer dans la rubrique « petits faits à grande résonance », du chaton de la Morlette de Marseille à la quenelle de Dieudonné.

    Commentaire par Miaou la quenelle — 04/02/2014 @ 13:04

  17. DMB, je crois que Foxtrot a raison, Abraham allait bel et bien sacrifié Isaac, s’abandonnant complètement à la volonté divine, quand l’ange a retenu son geste !
    C’est en cela qu’il annonce pour les chrétiens le sacrifice par Dieu de son fils Jésus Christ. Et bien sûr, Abraham avait le libre arbitre de refuser d’obéir. Le Dieu de l’Ancien Testament non seulement teste la foi d’Abraham mais aussi dit qu’il ne veut plus de sacrifices humains. Au-delà de l’aspect religieux, cet épisode est aussi en ce sens une étape anthropologique. Et puis il y a la lecture plus politique que vous donnez, et je pense que vous avez raison. Je m’abstiendrai par contre d’entrer dans une interprétation freudienne …

    Pour évoquer un théologien que j’aime plutôt bien, car sa notion de simplicité divine m’a toujours beaucoup parlé : Malebranche, Dieu meut mon bras « à l’occasion de ma volonté ».
    Dans le cas de ce crétin, sa volonté c’était de tuer un petit chat et surtout de s’en vanter sur internet en postant la vidéo de cet acte. On peut dire que Dieu n’a pas retenu son bras mais a épargné le chaton.

    Commentaire par Maelle — 04/02/2014 @ 13:07

  18. @ Mokrarama :

    Pour ce qui est de la sanction, ne pensez-vous pas que le fait de diffuser de telles images puisses voir un caractère apologétique? Ce qui pourrait être aggravant et expliquer la fermeté de la sanction?

    Commentaire par Zarga — 04/02/2014 @ 13:20

  19. @ Maelle

    Abraham croyait que son dieu voulait en offrande la mort des fils premiers nés. Croyance ancestrale que la pensée biblique justement réfute. Et c’est un grand pas dans l’histoire de l’humanité.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 04/02/2014 @ 13:23

  20. Eolas se trompe. La comparaison n’est pas valable. Le fait le plus odieux, c’est sans doute qu’il se soit mis en scène de cette façon.
    Et je comprend mal vos réticences, Aliocha. Je préfère des gens s’insurgeant pour quelque chose d’authentiquement odieux et prévenant les forces de police à une aimable apathie. Alors oui, cet enthousiasme justicier n’est pas sans risques. Mais on peut lutter contre. Par contre, l’apathie, danger bien réel, est bien plus destructeur et très difficile à contrer.

    A titre personnel, je préférerai voir plus d’enthousiasme de ce genre dans d’autres domaines. Par exemple pour le sort des sans-abris. Mais là, l’apathie règne…et internet n’y est pour rien.

    Commentaire par Flash — 04/02/2014 @ 13:41

  21. @Flash : donc Internet doit être félicité pour les bonnes choses et mis hors de cause dès que ça tourne mal ? Pourquoi les mêmes s’indignent pour un petit chat et se moquent des sans abris ? C’est le thème de la chronique du jour de Daniel Schneidermann : http://www.arretsurimages.net/chroniques/2014-02-04/Les-fantassins-d-Oscar-id6511

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/02/2014 @ 15:27

  22. @ Aliocha
    Votre lien s’adresse aux seuls abonnés d’ASI. L’article est payant. Pour que tout le monde puisse lire l’édito de Schneidermann, il faut taper dans les « vite dit » :
    http://www.arretsurimages.net/breves/2014-02-04/Les-fantassins-d-Oscar-id16849

    Comme le remarque le premier commentaire, en l’occurrence, c’est la justice qui a failli en condamnant le crétin plus lourdement que la norme. Encore une fois, internet n’y est pour rien. Quand certains bons Français donnaient plus facilement leurs voisins juifs que les coins à champignons, internet n’existait pas. Roger Salengro s’est suicidé à la suite d’une campagne de presse écrite. Internet n’existait pas. On pourrait citer mille affaires, comme l’affaire Dreyfus, qui ont pris une importance énorme à la suite de campagnes de presse. On a toujours fait avec les outils de son époque.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 04/02/2014 @ 15:49

  23. Je ne comprends pas bien votre propos Aliocha, tout le monde met en cause internet dans cette histoire !

    Vous savez faire des choses débiles, avilissantes et se faire connaître en les rendant publiques, ça a commencé à la télé avec des émissions comme Jackass ou pire Dirty Sanchez (je suis trop innocente pour savoir ce que signifie cette expression …). Je me rappelle il y a une douzaine d’années alors que j’étais dans une chambre d’hôtel à Dublin avoir fort malencontreusement allumé MTV et être tombée sur cette dernière émission. Un type complètement high avait la langue en sang après l’avoir collée dans un congélateur, puis le même faisait le pari de transpercer son pénis avec une aiguille ; ça m’a rendue malade et j’en ai littéralement pleuré.

    Pour moi, le pire cela aurait été que personne ne réagisse et trouve ça normal.
    Non, en fait, le pire cela aurait été que beaucoup non seulement se délectent de ces images mais osent dire qu’ils s’en délectent.

    Bon, maintenant ça prend des proportions médiatiques stupides, mais est-ce franchement étonnant ?

    Commentaire par Maelle — 04/02/2014 @ 16:00

  24. @Gilbert et Maelle : mais je n’en disconviens pas, il y a toujours un malentendu fondateur dans un débat sur Internet qui consiste dans le fait de croire qu’Internet serait en cause spécifiquement. Pas du tout, c’est Internet en tant que nouvel objet entrainant de nouveaux comportements qui interroge et donne matière à réflexion. Rien de plus.

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/02/2014 @ 16:07

  25. Séparons les faits :

    1°) un abruti se fait filmer en commettant un acte gratuit, violent et cruel, puis le rend publique sur internet.

    2°) le tout public voit le film, s’en trouve choqué et se ligue pour réagir.

    3°) la justice s’empare de l’affaire et prononce une condamnation qui peut paraitre sévère en première instance, bien qu’elle soit conforme au droit.

    Finalement, dans cette chaine le maillon internet n’est vraiment pas le maillon le plus important.

    Notez d’ailleurs que c’est l’auteur lui-même qui amorce le débordement médiatique de ses actes en les rendant accessibles au monde entier, et qu’il aurait pu envoyer son film trash à la TV, des photos à Paris-Match, ou tout autre média à sensations.

    Si cela avait été le cas, par exemple publication de photos dans un journal choc, quels auraient été les suites ? Probablement aucune : la violence sur le chaton aurait été noyé dans la violence humaine et chacun d’entre nous aurait dit avec consternation et résignation que décidément la nature humaine est bien triste et cruelle.

    Finalement, le fait de pouvoir réagir rapidement, grâce à l’internet, n’est-ce pas légitime et plutôt le signe que l’être humain peut encore réagir pour défendre une certaine humanité ?

    Commentaire par Oeil-du-sage — 04/02/2014 @ 17:34

  26. Les internautes dénoncent des tortionnaires, le parquet parle de bêtise de gamins. Savonarole a l’air d’un bisounours à côté des internautes : http://www.bfmtv.com/societe/agression-dun-handicape-procureur-evoque-une-betise-gamins-702424.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/02/2014 @ 17:40

  27. Je rappelle quand même qu’il a fallu un temps fou à la civilisation pour faire admettre que la vengeance devait être abandonnée au profit d’une justice exercée au nom de la collectivité. Au cas où certains auraient zappé….

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/02/2014 @ 17:42

  28. Parler de bêtise de gamins comme le fait le procureur c’est très léger quand même. Parler de torture c’est exagéré, et ce n’est pas Savonarole qui dirait le contraire ! Vous ne croyez pas qu’il s’agit plutôt de harcèlement, les cinq ados se connaissant ?

    Commentaire par Maelle — 04/02/2014 @ 18:09

  29. @Maelle : ce qui apparait là, me semble-t-il, c’est la différence entre la vision d’une scène derrière un écran et la confrontation avec les protagonistes dans la réalité, mais aussi la différence entre le regard que porte un professionnel de la justice qui en a vu d’autre et un troupeau d’hystériques qui se prennent pour des justiciers. On ne m’ôtera pas de l’esprit que l’écran fait jouer l’émotionnel plus que la raison voire souvent exclut la raison et peut donc mener à des catastrophes. Je vous assure que dans mon métier, qui consiste à observer, la différence entre l’écran et la vraie vie saute aux yeux. C’est pourquoi d’ailleurs je me battrai sans relâche pour contrer la tentation du journalisme virtuel derrière un écran.

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/02/2014 @ 18:13

  30. […] renvois à la journaliste-bloggueuse "Aliocha", pour sa plume et sa fort pertinente analyse de ce sujet. Avec, en prime, la "morale de l’histoire" vue par "Maître […]

    Ping par "Les gentils et les méchants" : bienvenue dans le mode de raisonnement binaire du "bisounours 2.0" | PEP'S CAFE ! — 04/02/2014 @ 18:14

  31. Je ne suis pas familier avec les rouages de la justice, j’ai fortement tendance à lui porter une confiance aveugle, je suis très certainement beaucoup plus à l’aise avec ceux d’internet avec lesquels j’air grandi et je suis plutôt critique envers les internautes, souvent avec un profil similaire au mien, qui se lancent dans des opérations de cet acabit. Mais il ne faut pas non plus perdre de vue une chose, ce genre d’actions atteignent aujourd’hui une certaine maturité. Il y a 4-5 ans de cela, ce genre d’actions se finissaient quasiment inmanquablement par un lynchage populaire sur la toile. Aujourd’hui, que ce soit aux USA avec les affaires de viols qui ont été reprises par des groupes d’internautes là où la police avait préféré baisser les bras ou ici avec cette affaire qui n’aurait probablement jamais atteint un tribunal sans ce « buzz », on se dirige à mon avis vers une attitude plus mature où le lynchage que l’on pouvait craindre (à raison vu que l’histoire de l’internet en est pleine) a été évité au profit de la justice traditionnelle. Je pense qu’il y a plus lieu de se réjouir que de telles issues soient de plus en plus courantes, sachant que dans l’état actuel des choses personne n’est de toute façon en mesure de réguler ce genre d’attitude. Le véritable problème reste l’ampleur qu’a prit l’histoire médiatiquement et qui ajoute une pression non nécessaire sur les protagonistes.
    Mon avis vaut ce qu’il vaut, je n’ai pas un recul énorme du fait de mon statut de geek-à-lunettes-qui-passe-ses-journées-à-coder.
    Par ailleurs, je suis ce blog depuis un bout de temps et la majorité des articles me passionnent bien qu’ils s’agissent souvent de sujets où je suis d’une ignorance crasse, donc merci !

    Commentaire par Rob — 04/02/2014 @ 20:14

  32. Ce qui est préoccupant, c’est la constitution d’un espace parallèle, à caractère permanent, au sein duquel la « part sombre » de chacun peut s’exprimer.

    Michel Tournier prend l’exemple du fou dans « Le roi des aulnes » qui, inadapté dans la vie en société pacifiée, trouve dans un pays dévasté par la guerre, où tout est sans dessus ni dessous, un espace où il se meut comme un poisson dans l’eau.

    Les conflits, par leur nature extraordinaire, par la brutalisation des personnes et des personnalités individuelles, offrent un cadre hors normes. Mais il s’agit là d’événements ponctuels.

    Dans le cas du cyber-espace, il y a moyen de se créer un espace dévoyé, mais dont la nature est permanente.

    C’est cela qui peut être inquiétant… pas le cyber-espace en tant que tel.

    L’inversion maligne, comme le dit Michel Tournier…

    Commentaire par Zarga — 04/02/2014 @ 20:16

  33. A DBM et Foxtrot,

    A propos d’Abraham et du sacrifice d’Isaac, je signale à votre attention que la foi d’Abraham consiste surtout à croire que, quoi qu’il se produise, il aura une descendance par Isaac comme Dieu le lui a promis (Gn, ch. 17, v. 16-19). Autrement dit, Abraham est convaincu que, même s’il porte un coup réputé mortel à son fils, celui-ci vivra pour lui donner une descendance.

    D’ailleurs, au XI° siècle, le commentateur juif Rachi de Troyes faisait observer que, avant de monter sur la montagne, Abraham dit aux serviteurs que lui-même et Isaac en redescendront (Genèse, ch. 22, v. 5).

    C’est pourquoi, dans le Nouveau Testament, l’Epître aux Hébreux attribue à Abraham la croyance que Dieu ressusciterait Isaac des morts s’il Le lui offrait en sacrifice (Hb, ch11, v19).

    Par conséquent, sans doute Abraham s’apprête-t-il à commettre un sacrifice humain au moment où l’ange de Dieu l’arrête, mais il croit que cet acte ne sera pas meurtrier. Comme son intention n’est en aucun cas de donner la mort à un son enfant, il est moralement innocent de toute intention meurtrière. D’ailleurs, le texte hébreu parle d’une « élévation » ou « offrande totale » (c’est ce que signifient respectivement le terme hébreu « ‘olam » traduit en grec par « holocauste » : « combustion totale ») à où nous parlons moins heureusement de « sacrifice ».

    Ce qui est en jeu dans ce texte biblique n’est donc pas le problème « moderne » de savoir s’il faut obéir aux préceptes d’une religion plutôt qu’aux principes de la conscience, question qui n’est devenue cruciale dans notre culture qu’à partir du XVII°siècle environ. D’autant moins que, dans la Bible, Abraham est antérieur à la Loi de Moïse supposée éclairer le croyant sur le bien et le mal. Abraham est donc la figure d’un croyant dont la conscience n’a pas encore été suffisamment éclairée pour discerner convenablement le bien et le mal : c’est pourquoi par exemple il vit dans un mariage incestueux (son épouse est sa demi-soeur Gn ch 20 v 12)) et, de même, méconnaît les préceptes alimentaires de la Loi mosaïque (il sert aux anges de Dieu un repas non casher Gn,ch. 18, v7 et 8) etc. Abraham n’est donc pas donné en exemple dans la tradition chrétienne pour ses « oeuvres », ou sa bonne moralité, mais pour sa « foi », sa confiance totale en Dieu, en vertu de laquelle il est sauvé indépendamment de l’imperfection de sa conduite morale (cf Romains, ch. 4).

    Moralité : évitons de chercher trop vite des « leçons de morale » dans la Bible. Comme tous les grands textes, la Bible est un met à savourer avec patience…

    Commentaire par Physdémon — 04/02/2014 @ 23:56

  34. A Aliocha,

    Quelle fougue ! C’est un plaisir de vous voir si active sur votre blog en ce moment !

    Commentaire par Physdémon — 04/02/2014 @ 23:58

  35. @ Physdémon Merci pour ce commentaire éclairé.

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 05/02/2014 @ 09:08

  36. Le point le plus litigieux est soulevé par Eolas: 200 personnes sont venues assister au procès de cette brute, alors que dans une salle d’audience voisine se déroulait l’audience concernent l’affaire du Clémenceau, un sujet qui mériterait plus d’intérêt. En plus 200 pékins dans une salle d’audience me fait croire que le procès du type n’a pas dû répondre aux meilleures exigences de sérénité nécessaires à une bonne justice.

    @Maelle

    Jackass avait un côté bon enfant, proutprout caca boudin, et j’admets que cette émission me faisait parfois rire par ce côté vulgaire et scatologique librement assumé – Schneiderman lui-même a avoué avoir beaucoup ri lors de l’épisode où un gars déguisé en lapin se coince la main dans une porte du métro parisien (et on sait que Schneiderman a de l’humour, il rit même aux blagues de Dieudonné). Dirty Sanchez dépassait l’entendement, et flirtait trop outrageusement avec l’écœurement du spectateur; en plus, il faut vraiment être taré pour sniffer un rail de wasabi. Pour autant, je ne classe pas ces émissions parmi les plus violentes jamais produites sur nos écrans: il m’est par exemple arrivé d’être abasourdi par la violence discrète que recèle une émission comme Striptease, et cette façon impitoyable de livrer en pâture de simples gens dont seront révélées les failles et les défauts les plus intimes.

    Commentaire par Switz — 05/02/2014 @ 13:36

  37. @Switz
    Je l’avoue, Jackass tard le soir ça me faisait quand même souvent bien rigoler. Dirty Sanchez, pas du tout, on aurait dû faire soigner le gars plutôt que le montrer à la télé.
    Pour tout vous dire, je n’ai jamais, jamais pu regarder Strip Tease, ça me met trop mal à l’aise toutes ces choses exhibées que je n’ai nullement envie de savoir et de voir. Y’a un côté « ethnologie des pauvres », pour ne pas dire « dîner de cons », que je trouve d’un mépris absolu. Que ce soit sur France Télévision dépasse mon entendement. De toute façon je ne regarde quasiment plus la télé et j’achète les séries (anglosaxonnes) qui m’intéressent.

    Commentaire par Maelle — 05/02/2014 @ 14:34

  38. Je vous trouve bien juste, mais également bien tendre. Vous raillez l’autosatisfaction vengeresse de la masse anonyme du peuple d’internet, dont le citoyen, Tartuffe à pseudo, se sent pousser une cape de superhéros en dénonçant … une agression contre chaton, réprimée par l’article 1 de la « mignonerie » !
    Les premières blagues qui me sont venues à l’esprit sur Twitter, pour railler le grotesque de la situation, furent sur l’omnipotence de l’armée de l’ombre des chatons qui allaient prendre le pouvoir incessamment sous peu, ayant déjà conquis l’opinion publique. C’est puéril comme blague, mais pris comme une métaphore, c’est terrible.

    Cet emballement phénoménal pour ce que l’on peut sans cynisme, qualifier de non évènement, est révélateur de la vacuité de notre société, de notre pensée, de notre indignation bon marché. Ce qui me fait que cet affligeant spectacle est le symptôme d’une maladie qui gangrène déjà notre société depuis un bout de temps, c’est que ce n’est pas isolé. La preuve, comme vous le remarquez, l’agression sur handicapé a pris la suite. L’agression ? Ce n’était d’ailleurs pas plus une agression que le stupide Farid n’était un tortionnaire.

    C’est là la première critique que l’on peut faire à internet : il a désacralisé le sens des mots. Avant un tortionnaire, c’était un gardien d’Auschwitz, un Capo, un commissaire politique soviétique, le Dr Petiot ou Guy Georges, quelqu’un dont les actes de violence atteignait un niveau exceptionnel, qui défiait l’entendement. On use aujourd’hui de superlatifs, et c’est aussi une tare de la presse, à tout bout de champ sans n’avoir plus aucune notion du sens des mots. Si Farid est un tortionnaire, qui est Fofana ? Mais on s’égare, et pas seulement de Montparnasse, comme disait Desproges, et j’ai pas fini de le piller lui.

    Les mots sont hors de contrôle, leurs auteurs également. Comme vous le dites, un déferlement d’indignations a terrassé l’entendement, la raison, la demi mesure. Sus au bourreau ! Farid est devenu le bouc émissaire de la violence, un exutoire des frustrations ! Qu’il paye pour la faim dans le monde, le chômage, les guerres en Afrique ! Quoi d’étonnant que ces groupes Facebook et autres aient été le lieu d’un flot de propos immondes, et un formidable théâtre à des hoax plus grotesques les uns que les autres ? La « fachosphère » s’empare du cas du chaton, « les musulmans organisent des battues anti chat dans les rues de telle ville, c’est prouvé mais on n’en parle pas car dictature socialiste blablabla », et l’honnête citoyen, le brave péquin révolté par ce salaud de Farid, il ne sait pas, mais il veut bien les croire, parce que quand même, c’est dégueulasse ce qu’il a fait au chaton, et puis les arabes, enfin. Encore un fait divers récupéré par les racistes !

    Car on est bien sûr dans le domaine du fait divers. C’est une réaction que l’on connaît, la foule qui vocifère, qui harangue le tueur d’enfant, la mère indigne qui a tué son enfant. C’est Patrick Henry, c’est la mère de la petite Fiona. « Pendez-le par les couilles ! » et autres joyeuseries que l’on peut entendre à chaque fait divers atroce. Mais force est d’accorder que dans ces cas là, l’instinct grégaire se justifie plus. L’horreur du fait peut faire dérailler l’homme le plus raisonnable et encourager des vulgates haineuses, dignes de la loi du Talion. La bête, enfin, l’homme, est accroché au plus bas de son cortex (bonjour Desproges), il a mal à son humanité, il n’en peut plus, pourquoi de telles horreurs existent ? N’en jetez plus, cet homme, ce TORTIONNAIRE, c’est le diable.

    Aujourd’hui, voilà que le diable est qualifié ainsi pour avoir agressé un gentil chaton innocent (qui nous dit d’ailleurs que c’est pas le chaton qui a commencé ?). Voilà que l’entendement, la raison, le sens de la mesure propres au roseau pensant que nous sommes a foutu le camp. Voilà que les hommes ne se sentent exister que lorsqu’ils gueulent, se révoltent et vocifèrent. Internet n’est que le réceptacle de cette médiocrité, agrégateur de causes (les pétitions à foison !), fumier sur lequel l’opinion merdique des « indignés » professionnels éclos et se répand de manière exponentielle. On gueule pour tout, on ne gueule plus bien. Pourquoi croyez-vous qu’aujourd’hui le moindre texte bien senti, intelligent, bien écrit, soit encensé ? Dans le flot de bêtise, le moindre ersatz de talent devient un trésor.

    Et voilà qu’aujourd’hui je deviens ce vociférateur que je dénonce, et qu’en plus je pollue votre sanctuaire, un des rares espaces d’intelligence que je connaisse sur la toile. Un petit compliment pour m’excuser ce flot injurieux, redondant, et en plus j’implique Desproges, vraiment, je n’ai aucune morale, aucune limite. Je vais aller martyriser mon chat.

    Commentaire par Julien M. — 05/02/2014 @ 17:58

  39. Aliocha, mon propos parle des individus, pas d’Internet.

    L’imbécile qui a torturé le chat d’un côté ; des gens qui n’ont pas fait preuve d’apathie de l’autre. Vous fustigez ces gens. Je les défends. Il n’y a pas eu lynchage, on a eu recours à la Justice. L’émotion était exagérée, oui. Mais je préfère ça à l’indifférence, qui m’apparaît être la suprême défaite. Mon propos se bornait à dire cela.

    Pour ma part, j’ignore si j’aurais réagi à cette vidéo. Je le pense, alors même que je suis loin d’être militant en la matière (je suis un carnivore sadique). Mais, contrairement à ce qu’évoque @si, je ne pense pas qu’il y ait nivellement. Un sans-abri, ça me choque infiniment. C’était le cas avant Oscar, c’est toujours le cas. J’ai de l’empathie pour les hommes, pour les animaux. Et cette empathie n’exclut pas une approche raisonnable. Oui, une atteinte à la dignité humaine et aux droits les plus essentiels est plus grave qu’une patte cassée pour un chat. Après, je ne vous assure pas que c’est le cas de tous les internautes. J’ai parfois la faiblesse de penser que le droit m’a pas mal insensibilisé, ou m’a en tout cas rendu méfiant à l’égard des emportements et des passions. Mais il faut aussi se garder des méfiances excessives : le doute est le sel de l’esprit, mais à trop saler, tout perd en goût et rien n’a plus grâce à vos yeux. Là, vous tombez un peu dans ce travers.

    Commentaire par Flash — 05/02/2014 @ 18:11

  40. D’accord pour fustiger l’indignation sélective mais justement a contrario j’aimerais qu’on m’explique de manière argumentée en quoi torturer un chat est moins grave que torturer un être humain.

    Commentaire par gf — 06/02/2014 @ 14:28

  41. @gf : en fait c’est la question inverse qui se pose : comment se fait-il que l’on assiste à une telle mobilisation pour un chaton alors que de nombreuses horreurs infligées aux humains ne mobilisent personne ? C’est le même problème que celui qui s’émeut dans la rue du sort de l’animal qui accompagne le SDF mais pas du sort du SDF. Je pense que c’est beaucoup plus compliqué que la raison apparente consistant à préférer les animaux aux hommes, mais ça interpelle quand même, non ? Et puis l’autre question, bien plus capitale, ne concerne pas le chat mais ces mouvements d’internautes pour un chat ou pour autre chose qui organisent d’inquiétantes chasses à l’homme. Retour à l’âge barbare d’avant la délégation à la justice de la vengeance personnelle….

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/02/2014 @ 16:00

  42. La différence de mobilisation peut probablement s’expliquer en grande partie par le fait que dans le cas du chaton, il y avait un responsable clairement identifé (le tortionnaire) et clairement extérieur aux témoins et une marche à suivre claire (l’identifier, le dénoncer) et qui ne demande pas de sacrifice personnel.

    Dans le cas des SDF, les causes sont plus complexes (le capitalisme, la gestion des maladies mentales, la politique du logement,…?), les responsabilités plus diffuses (les politiques, les capitalistes, les propriétaires, nous,…?) et moins facilement « externalisables » (quelle est notre part de responsabilité étant donné notre participation dans les systèmes pré-cités) et la marche à suivre n’est pas évidente (militer politiquement, apolitiquement dans les associations, demander plus de moyens et donc devoir négocier politiquement pour arriver à un compromis satisfaisant, penser et mettre en place une politique du logement et/ou de santé plus efficace…?) et plus coûteuse personnellement (plus d’impôt, investissement en temps et en argent à long terme, offrir soi-même un toit à un SDF) sans parler de l’horizon temporel beaucoup plus lointain pour arriver à des résultats et du sentiment d’impuissance…

    Et finalemetnt, je m’interroge toujours sur la pertinence de la réaction « Il y a des choses plus graves! » Est-on obligé de ne se consacrer qu’aux problèmes les plus graves et de s’interdire de s’attaquer aux problèmes « moins » graves tant qu’ils ne sont pas réglés?

    Foxtrot.

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 06/02/2014 @ 16:59

  43. D’accord avec vous Aliocha mais justement, « réciproquement » dans les argumentaires ici et ailleurs affleure parfois l’idée – plutôt affichée comme une évidence – que la torture / la souffrance du chat sont mineures voire négligeables par rapport à la torture / la souffrance humaines. N’ayant jamais lu une seule phrase convaincante sur ce point qui ne me paraît pas négligeable du tout, je posais la question.

    Commentaire par gf — 06/02/2014 @ 17:15

  44. @laplumedaliocha Je ne comprends pourquoi il faudrait hiérarchiser, opposer et privilégier, « condamner » une empathie plus qu’une autre. ça constitue une même démarche personnelle (en dehors de la dimension médiatique) tout en étant conscient ce qu’est un être humain et ce qu’est un animal. Ce n’est pas parce que l’animal détient moins de valeurs dans la société, aux yeux du législateur qu’il faille trouver plus légitime de lui infliger des souffrances. ça démontre, chez ceux qui le pensent, une grande immaturité et une grande insensibilité qui forcément se répercutent vers leurs congénères humains. Je ne sais plus qui a dit ça : c’est le véritable test moral de l’humanité : la nature de ses relations que l’homme a avec ceux qui sont à sa merci. A commencer par les animaux, puis les humains. Ce serait une erreur de les dissocier.

    Commentaire par xavier — 06/02/2014 @ 17:18

  45. Commençons donc par faire une loi concernant les animaux qui apparaissent légalement comme des objets et non comme des êtres vivants , ils sont les dérniers esclaves de notre monde moderne.
    L’être humain se croit le maître des autres races et croit détenir le pouvoir de commander à la nature alors que toute notre science ne sert qu’à bouleverser son ordre et qu’elle pourrait bien nous le faire payer.
    Ceux qui torturent les animaux sont capables de torturer les humains , l’impulsion qui pousse au crime ne fait pas la différence entre les êtres vivants et en l’occurrence la sanction est « pour l’exemple » , encore que lorqu’on est privé d’affect ce n’est pas la prison qui en fournira un.
    La peine encourue et qui sera sûrement commuée est dure mais comment décourager l’escalade? On en vient sinon à ces jeunes qui torturent un handicapé et se mettent en scène ..

    Commentaire par Scaramouche — 06/02/2014 @ 17:30

  46. @Xavier et @Scaramouche

    Soyons sérieux, vous ne pensez quand même pas sérieusement que 1/ Il faille autant s’indigner de la violence faite à un animal qu’à un homme 2/ qui torture un chat torture un enfant (qui vole un oeuf vole un boeuf ?) 3/ l’animal doive être élevé au rang d’être humain dans notre corpus juridique. Vous n’êtes pas sérieux, vous vous êtes laissez emportés par votre empathie.

    « Article XXXX : sont considérés comme des êtres humaines à part entière tous les animaux, enfin surtout les mammifères (et les grenouilles), enfin, surtout les petits chats et les petits chiens, qui sont trop mignons et aident les dépressifs à lutter contre le suicide ».

    Well, mais si on leur donne des droit, faut leur donner les devoirs correspondants, non ? Je regarde mon chat, je pense que la vaisselle, c’est pour lui ce soir, et qu’il a intérêt à descendre les poubelles s’il veut son bol de croquettes. Tas de feignants.

    5 000 ans de civilisation, 3 millions d’années d’évolution pour que ce connard à moustache tape dans MON whisky ? Jamais !

    Commentaire par Julien M. — 06/02/2014 @ 18:08

  47. @Julien M démontrez votre 1 svp, qui veut dire qu’il faut plus s’indigner de la souffrance humaine que de la souffrance animale. Démontrez-le ou tout au moins argumentez sur ce point. On touche là quelque chose d’important.

    Commentaire par gf — 06/02/2014 @ 19:44

  48. @Aliocha

    C’est pas le moment ou il faudrait parler de corrida là ?
    😀

    Commentaire par khazan — 06/02/2014 @ 19:45

  49. @gf

    Petite précision tout de même, mais je ne pense pas que vous ayez d’arrière pensée d’attaque ad chatonem : j’adore les animaux, et je condamne fermement toute violence perpétrée à leur encontre.

    Mon 1/ est assez simple, et procède de la même logique que tout le reste. L’échelle des indignations (comme l’échelle des peines) est proportionnelle à la gravité des faits en cause. Je considère que violenter un être humain est plus grave que violenter un animal, et que donc, l’indignation des hommes doit être proportionnée à la gravité des faits. On s’indigne donc plus de l’agression d’un être humain que de celle d’un chat (comme on s’indigne plus également lorsqu’un mammifère est occis, que lorsqu’il s’agit d’un mollusque. Pourquoi ?). Comme on s’indigne plus du massacre d’une famille par un psychopathe que d’une rixe au couteau qui laisse un loubard sur le carreau. C’est non seulement légitime, « normal », mais en plus souhaitable. C’est là-dessus que repose l’équilibre du monde : le sens des proportions. L’animal n’est pas un roseau pensant => Il est inférieur.

    Quand je dis « je considère » , c’est pour moi une évidence, un postulat de base : la vie humaine vaut plus que la vie animale. Vous dites pourquoi et je vous rétorque : pourquoi pas ? On tue du bétail en quantité industrielle, pourquoi ?

    Commentaire par Julien M. — 06/02/2014 @ 20:17

  50. Je pensais que la pratique du « happy slapping » était en voie d’extinction : pas de bol. On innove, dans le cas de la personne handicapée.

    Commentaire par Zarga — 06/02/2014 @ 20:28

  51. @ khazan :

    De la corrida on glisse vers le paso doble, et du paso doble je glisse vers le tango… merci de m’avoir permis cette digression!

    Commentaire par Zarga — 06/02/2014 @ 20:31

  52. Le tango oui mais …

    Commentaire par Julien M. — 06/02/2014 @ 20:44

  53. @Julien M
    Ok vous employez un mot qui peut coller, ce n’est qu’un postulat. Le problème est qu’un tel postulat se transpose facilement entre catégories d’humains.
    C’est pour cela qu’il me semble que la remise en cause de tels postulats peut apporter pas mal de choses.

    Commentaire par gf — 07/02/2014 @ 00:54

  54. 48. Si !!! c’est le moment ! Je suis contre !!!

    Commentaire par xavier — 07/02/2014 @ 09:08

  55. @ julien M en 46

    Votre réponse baigne dans l’humour absurde . J’adore ‘! Mais vos arguments largement exagérés restent ce qu’ils sont : une pirouette .
    Vous placez la race humaine au dessus de toutes les autres, fort bien c’est normal c’est la nôtre.
    Moi aussi par solidarité, cependant convenez que c’est ça le vrai racisme , celui qui consiste à nier la réalité des autres : pas d’intelligence pas de sentiments pas de civilisation … bref.. Ils ne connaissent pas Mozart le Net ou l’avion .. Donc ils sont nuls ..alors qu’en fait ils sont simplement » différents ».. Et comble d’infériorité ils ne boivent pas votre whisky et ne lisent pas votre journal.
    Pauvres minous !

    J’ai un point de vue différent : Certes nous sommes en compétition avec eux pour la possession de la terre et jusqu’ici leurs maîtres grâce à la combinaison de la nature qui nous a donné à la fois un cerveau et surtout les mains qui vont avec..( l’un sans l’autre nous sommes nuls) ..Mais supérieurs pour autant ? Pas dans tous les cas: Perdez un animal et un humain en forêt sans sa boussole ni son fusil et voyez qui s’en tire le mieux et pensez qu’en cas de catastrophe nucléaire ce sont les insectes qui s’en sortent le mieux et surtout surtout lisez « le singe nu » de Desmond Morris ça vous ouvrira des horizons.
    On ne sait rien des animaux , on les dissèque, on les bouffe on les utilise mais quand ils disparaitront tous je ne donne pas cher de nos civilisations.

    Commentaire par Scaramouche — 07/02/2014 @ 09:12

  56. @ Bonjour Scaramouche

    Légiférer sur la création d’un statut des animaux et le faire sortir de la catégorie des biens, sous prétexte que ce n’est pas une chose n’aurait aucun sens.

    L’animal est avant tout un bien, une richesse : la terre est couverte de troupeaux, pour ne prendre que cet exemple de la valeur pécuniaire des animaux c’est presque un pléonasme (pécus, le bétail, pécunia, la fortune).

    Il faut beaucoup de « parisianisme » pour s’offusquer que l’animal paraisse assimilé à une chose comme le philosophe (Luc Ferry) dont le champ est d’éclairer et non d’obscurcir…

    Le juriste, lui, rappellera, plus prosaïquement, que l’animal est objet de propriété : il est dans le commerce (ce que l’être humain n’est pas), régi par le droit des biens parce qu’il est meuble par nature : il se meut par lui-même (article 528 du Code civil).

    C’est alors un élément du patrimoine, cessible et transmissible comme les autres : en cas de séparation dans la masse des biens qui en est le propriétaire celui qui l’a acheté dans le commerce ou celui qui s’en est le plus occupé ?

    Le droit reconnaît l’être sensible, doué d’intelligence et capable d’attachement, objet d’affection et médiateur de précieux services, quand il accompagne, garde, guide.

    La loi, précisément, existe et prévoit clairement la prohibition générale des mauvais traitements !

    Le droit garantit des égards particuliers en faveur de certains animaux en situation, animaux de compagnie et « chiens d’aveugle », d’où la légitimité des dispositions spéciales qui les concernent (loi pénale, Code rural etc…).

    L’erreur radicale de perspective serait d’ériger un statut général de l’animal en dehors du patrimoine.

    En effet, la difficulté est d’une part d’établir un droit de l’animal qui serait par nature inégalitaire puisqu’il existe une hiérarchie ancienne entre les animaux proche de l’homme, domestiques (chien, chat, cheval) et ceux qui sont élevés pour le nourrir – animaux de rente – et d’autre part, de fixer ces droits en fonction d’une empathie décroissante pour ces animaux, en donnant la priorité au chien et au chat puis aux mammifères et autres vertébrés pour finir par les invertébrés.

    Or, dans l’hypothèse où des droits doivent être accordés à des animaux, il faut les accorder à tous les animaux ou aux seuls animaux « non humains ». La limite entre animaux à respecter et les autres n’est pas évidente à établir : entre les mammifères et les oiseaux, entre les amphibiens et les poissons (quid de la pêche à la ligne), entre les cordés et les arthropodes (quid du homard plongé vivant dans l’eau bouillante), entre arthropodes et les mollusques, etc…

    Attentive à des situations respectables, mais incapable d’embrasser le régime animal, cette généralisation aveugle serait beaucoup plus artificielle que l’intégration de l’animal au patrimoine comme valeur économique (dont sont d’ailleurs loin d’être dépourvus les animaux de compagnie, de race, de dressage, de collection etc…)

    En réalité, nous pleurons avec Margot pour son petit chaton et nous verrions bien qu’il lui en fût donné réparation autrement que dans la chanson.

    Mais l’approche sentimentale ne domine pas la matière, elle la brouille, si elle excède les limites de mesures particulières appropriées.

    D’une certaine manière ce « web-lynchage » produit un « ethos sentimentalo-anthropomorphique victimaire » par une foule hystérisée qui souvent trahit le peuple (Victor Hugo).

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 07/02/2014 @ 09:43

  57. La plus grande majorité des animaux qui vivent sur cette planète ne constituent pas une richesse à proprement parler pour l’homme : c’est une fausse idée. Et quand bien même, au nom de quel droit ou principe ne devrait-on pas respecter une dignité animale pour ceux qui constituent une richesse pour l’homme ? Si vous avez eu vent d’un animal ayant fait subir de la cruauté à un humain, faites-nous signe !
    Nous avons autant de chromosomes que le gorille !

    Commentaire par xavier — 07/02/2014 @ 09:57

  58. @Julien M. (@Scaramouche) 1/& 2/ Vous faites vous-même l’erreur en posant une échelle de valeur par votre emploi du mot-pivot « autant ». Or, rien, ni la loi ni la morale, ne condamne le droit à quiconque de pouvoir s’indigner « autant » de la cruauté infligée aux animaux (Liberté, Liberté chérie…), comme vous avez parfaitement le droit de ne pas vouloir (pouvoir ?) vous indigner de la cruauté infligée aux animaux, sous prétexte qu’on en inflige AUSSI aux humains ; personne ne viendra vous trainer devant un tribunal, mais cette position est plutôt philosophiquement ambiguë et exigerait une argumentation béton pour convaincre qu’il faille rester insensible à la cruauté infligée aux animaux : ça reste de la cruauté avec le même dénouement.
    Il est juste de s’indigner de la souffrance et de la cruauté infligées aux animaux – l’inverse n’existe pas, tu parles d’un courage et d’une dignité humaine ! – ne serait-ce pour les raisons que j’ai évoquées précédemment.
    3/ Rassurez-vous, la justice est consciente que son rôle n’est pas de s’indigner (même si elle est rendue par des femmes et des hommes forcément munis d’empathie) mais de juger et de sanctionner à partir des codes et de la jurisprudence, dans un esprit de recherches philosophiques sociales et morale même, pour améliorer la condition humaine, y compris de tout ce qui l’entoure : les animaux, l’environnement, l’art, etc.
    PS : votre projet de loi est intéressant, allez à l’AN ! Si vous n’aimez pas les animaux – le vôtre – tapez un enfant. Et un whisky, ça se partage, sinon, c’est de l’alcoolisme 😉

    Commentaire par xavier — 07/02/2014 @ 10:07

  59. @ Bonjour xavier,

    Précisément, le droit défend, certes, pour certaines catégories d’animaux, je vous l’accorde bien volontiers, le respect de la dignité animale. Sauf que, nous sommes pas tous végétariens !

    Cela étant, ne dites surtout pas à un aveugle qu’un chien n’est pas une richesse !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 07/02/2014 @ 10:17

  60. Bonjour,
    Je ne peux que vous rejoindre sur ces points. Pour en revenir au fait divers, ce n’est pas tant à qui l’auteur inflige cet acte de cruauté, mais plutôt l’acte lui-même qui dénote de l’intention et de la cruauté qui – forcément – interpelle et doit être condamné. Rappelons que comme par hasard, l’auteur n’en est pas à son premier acte de violence.

    Commentaire par xavier — 07/02/2014 @ 10:36

  61. @Chevalier Bayard : réduire le débat juridique (sans parler de ses aspects scientifiques et philosophique) autour du statut de l’animal à un accès de parisianisme est un peu court… Les nombreux chercheurs et les auteurs notamment américains, qui ont à la fois des objections très poussées s’agissant de la qualification juridique de bien et des propositions très concrètes sur le sujet vous remercient de sauter ainsi à pieds joints au-dessus de leurs travaux.

    Commentaire par gf — 07/02/2014 @ 11:12

  62. @ le chevalier Bayard bonjour aussi !

    Je peux comprendre vos arguments cliniques et très juridiques mais étant très proche des éthologues et éloignée des juristes je n’ai pas le même point de vue qualifié par d’autres de  » parisianiste » ce que je ne suis aucunement non plus .
    Vos arguments ressemblent à ceux du  » plus fort  » qui arrive avec armes colliers GPS et voiture tout terrain pour mettre un trophée de chasse dans sa seconde résidence. Ils  » chassent » des animaux objets apprivoisés et en cage en Afrique du Sud ( vérifié personnellement) ou font des lâchers de faisans sortis des poulaillers ( vu aussi régulièrement) sans parler des cornes sciées des taureaux de corridas . La liste est longue des horreurs dont nous sommes capables envers gens et bêtes et le pauvre chat n’est que le porte-drapeau.

    Je pense comme Ghandi qu’une civilisation se mesure à l’attention qu’elle déploie envers les plus faibles et que toutes les souffrances se valent . La sensibilité n’est pas de la sensiblerie, elle est l’honneur de l’être humain , et l’empathie si elle existe n’est pas à géométrie variable.

    @ Xavier

    Quant à dire que  » l’animal n’est pas à proprement parler une richesse pour l’homme' » c’est nier l’interférence des espèces dans l’écosystème.. Supprimez donc les abeilles et vous verrez la suite…
    Imaginez un monde sans animaux et vivez les charmes de l’excellent film :  » Soleil vert »

    Commentaire par Scaramouche — 07/02/2014 @ 11:17

  63. @gf

    « Ok vous employez un mot qui peut coller, ce n’est qu’un postulat. Le problème est qu’un tel postulat se transpose facilement entre catégories d’humains. »

    La simple et bonne raison que ce postulat ne peut en aucun cas se transposer entre catégories d’humains est qu’il repose sur la supériorité de l’homme sur les animaux. Ça s’appelle la raison, l’intellect, la pensée, et elle est partagée entre tous les êtres humains, et si différence il y a entre certains, elle est minime comparée au fossé existant entre hommes et animaux, et surtout pas due à la couleur de peau, à l’ethnie, à la culture.
    Les seuls qui voudraient transposer ce postulat entre catégories humaines sont précisément les racistes, qui n’ont pas besoin de moi pour haïr leur prochain, et qui, paradoxalement, peuvent être gaga des animaux. Voyez : Brigitte Bardot préfère certainement donner le droit de vote à un labrador qu’à un arabe. Voilà.

    @Scaramouche

    « Mais supérieurs pour autant ? Pas dans tous les cas: Perdez un animal et un humain en forêt sans sa boussole ni son fusil et voyez qui s’en tire le mieux et pensez qu’en cas de catastrophe nucléaire ce sont les insectes qui s’en sortent le mieux et surtout surtout lisez « le singe nu » de Desmond Morris ça vous ouvrira des horizons. »

    Nous leur sommes fondamentalement supérieurs dans le système que nous avons mis nous même en place, la civilisation, les villes, la modernité. C’est ce système qui fonctionne sur notre planète, et la société des hommes qui le contrôle. La situation que vous décrivez est un cas particulier : bien sûr, leur instinct est bien supérieur (c’est parce que nous avons l’intelligence). Notre résistance pure est faible (à comparer avec la punaise de lit par exemple), notre force ridicule (un rhinocéros), notre lenteur effroyable (un guépard). Mais je place notre supériorité dans notre système, et pas dans un monde sauvage où les qualités brutes priment. Mais cela ne vaut qu’à court terme : mettez des hommes dans l’environnement le plus hostile avec la concurrence animale, laissez passer quelques siècles : nous dominons, car nous nous adaptons beaucoup plus vite.

    Et croyez-moi, je regrette bien de ne pas pouvoir me taper une petite mousse avec le saligaud griffu qui tournoie présentement autour d’un canapé laminé par cet excité du coussinet.

    @Xavier

    Vous mélangez tout. Déjà, je ne dis pas qu’il ne faut pas s’indigner des mauvais traitements infliger aux animaux, bien au contraire. Je dis que nous avons une échelle de valeurs, et que celle-ci commande de hiérarchiser les indignations en fonction de la gravité des faits à l’origine de ladite indignation. Or, et je ne vois pas comment ne pas être d’accord, abattre un homme dans la rue est plus grave que faire de même avec un chien, même un mignon petit cocker. Étrangler une petit fille dans un bois après l’avoir torturé et violé pendant une semaine suscite une révolte qui atteint des sommets, tandis que si un gangster est retrouvé au fond de la Seine les pieds dans le béton, notre compassion fera le service minimum. Donc comprenez-moi bien, je ne dis pas qu’il ne faut pas s’indigner du mal fait aux animaux, au contraire, je trouve cela sain et naturel, et je vous assure que voire la vidéo du petit chat balancé dans les airs a produit un effet sur mon coeur de pierre. Et je me suis tout d’un coup félicité de sur-nourrir le mien, car le mec qui peut le balancer à cette hauteur n’est pas né, ou alors on l’accroche à une chaîne en mode « ‘Wrecking ball ».

    « Or, rien, ni la loi ni la morale, ne condamne le droit à quiconque de pouvoir s’indigner « autant » de la cruauté infligée aux animaux »

    Rien ne vous en empêche ! Il s’agit de la liberté d’opinion. Mais rien ne m’empêche de penser que vous avez tort en réagissant de la sorte. C’est de la sur-compassion immature, vous êtes dans l’ordre du ressenti alors que l’indignation doit être commandée par des impératifs moraux qui, pour moi, commande de placer la vie d’un homme au-dessus de celle d’un animal. Je ne suis pas clair.

    « Il est juste de s’indigner de la souffrance et de la cruauté infligées aux animaux – l’inverse n’existe pas, tu parles d’un courage et d’une dignité humaine ! – ne serait-ce pour les raisons que j’ai évoquées précédemment. »

    Tout à fait d’accord, cf. supra.

    « Si vous n’aimez pas les animaux – le vôtre – tapez un enfant »

    Je les adore, cf. supra. Par contre les gosses, quelle plaie.

    Commentaire par Julien M. — 07/02/2014 @ 11:18

  64. @ Scaramouche : les préceptes juridiques ne sont pas des armes du « plus fort », encore moins des règles de salut ou des lois d’amour : ce sont des facteurs d’ordre, des régulateurs de la vie sociale, des modérateurs, des dénominateurs communs, des normes moyennes et c’est déjà beaucoup !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 07/02/2014 @ 11:59

  65. @ le chevalier Bayard

    Et c’est tout mathématique pour vous, c’est réglé comme du papier à musique : on fait des catégories et on met des étiquettes inutile de se poser des questions il y a une loi pour tout et malheur à celui qui sort des rails.
    Sauf que L’homme n’est pas une équation et que les règles animales sont différentes d’où une méconnaissance totale entre les uns et les autres.

    Je vous rappelle les lois à travers les siècles concernant l’application de la religion , les femmes, les préjugés sur les sauvages non par souci de racisme ou je ne sais quel sexisme mais simplement pour vous rappeler alors que les homos se marient les lois sont éphémères et pas des institutions pérennes.
    Un jour viendra où nous serons les barbares des générations suivantes parce que nous traitons les animaux comme des objets et votre belle ordonnance en prendra un coup dans l’aile comme elle en prend un actuellement dans les changements de société.

    Il faut de l’ordre dans une société nous sommes d’accord mais ne dites pas que ce n’est pas la loi du plus fort vous mécontenteriez Lafontaine !

    Commentaire par Scaramouche — 07/02/2014 @ 13:01

  66. @ Scaramouche

    Dire que l’ordre juridique est un phénomène de la vie sociale qu’il n’est ni immanent ni statique qu’il est mouvant, vivant, mortel qu’il a une origine, un développement, une destinée bref une histoire, intellectuellement, je partage pleinement ce constat d’évidence !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 07/02/2014 @ 13:31

  67. Nous sommes déjà d’accord sur un point ; « Donc comprenez-moi bien, je ne dis pas qu’il ne faut pas s’indigner du mal fait aux animaux, au contraire, je trouve cela sain et naturel… » et un second point : « placer la vie d’un homme au-dessus de celle d’un animal ».
    En revanche, comparer le statut de l’homme avec celui de l’animal, pour établir des échelles de valeurs ou des critiques comparatives, n’a pas lieu d’exister. C’est qu’applique la justice : elle n’a pas condamné ce délit en comparant le même délit qui aurait été appliqué à un être humain, elle tient compte de la loi en la matière, de l’intention du prévenu, de son profil, de sa défense (récidiviste et plein de sursis).
    Sur le plan « psycho-socio-philo » (pardon de reprendre mon post précédent, mais c’est une dimension qui a son importance), la société a tendance à dissimuler la cruauté envers les animaux parce qu’elle nous indiffère et que nous n’en voyons pas le lien avec la cruauté envers les hommes. « Le rapport réel de l’homme à l’égard de ceux qui ne représentent aucune force, c’est le véritable test moral de l’humanité, comme ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux ». Ce n’est nullement de la sur-compassion.
    (Excusez par ailleurs mon humour lourdingue.)

    Commentaire par xavier — 07/02/2014 @ 14:58

  68. @Scaramouche Je voulais parler d’animaux représentant une richesse économique ; vous avez raison concernant les abeilles. Mais sur la totalité planétaire, combien d’autres massacrés, en extinction ou disparus par manque de protection juridique. Le code civil ne reconnaît que deux régimes juridiques : celui des personnes et celui des biens meubles dont font partie les animaux. Or l’animal est un être vivant, unique, possédant non pas une âme mais une conscience animale bien plus semble que celui d’une commode, développant des interrelations complexes avec l’homme. Est-ce vraiment comparable avec une commode, même 1er Empire ?
    Je pense également à l’extermination des bisons au XIXe siècle (centaines de millions à moins de 1000 animaux) liée à l’extermination des peuples indiens : http://www.laboiteverte.fr/lextermination-du-bison-americain/
    Il y a une réflexion et un débat à mener lancés déjà : http://www.huffingtonpost.fr/2013/10/24/24-intellectuels-changement-statut-juridique-animal_n_4149765.html

    Commentaire par xavier — 07/02/2014 @ 15:19

  69. @Julien M

    Non non, votre premier postulat c’était que violenter un être humain est plus grave que violenter un animal.

    Or vous semblez le justifier par un second : c’est plus grave parce que l’homme est supérieur, ou dans l’autre sens, violenter un animal est moins grave parce qu’il est un être inférieur.

    Vous voyez le blème ?

    Commentaire par gf — 07/02/2014 @ 16:32

  70. @ Bonjour gf

    Les recherches en sciences juridiques, en effet, font l’objet d’études en droit comparé et de débats académiques ce n’est pas nouveau et vous n’avez pas tort de rappeler également les aspects scientifiques et philosophiques qui ne me sont pas étrangers.

    Cela étant, dire que le Code civil qualifie les animaux d’objets c’est d’abord inexact et tout aussi un peu court…et laisse penser dans l’opinion que le droit est indifférent à toutes ces questions complexes.

    En effet, pour la petite histoire, ce sont les socialistes qui avec la loi n° 99-5 du 6 janvier 1999 ont introduit une distinction entre les animaux et les objets ce qui a été un pas important dans la reconnaissance de la spécificité animale : « Sont meubles par leur nature les animaux et les corps qui peuvent se transporter d’un lieu à un autre, soit qu’il se meuvent par eux-mêmes, soit qu’ils ne puissent changer de place que par l’effet d’une force étrangère » (article 528 du Code civil)

    L’animal est un être vivant. Ce n’est pas une chose inanimée (l’ancien art. 528 le marquait déjà, le nouveau le met en relief). Il a en lui la vie et le mouvement. D’où deux conséquences pour le législateur :

    1 – l’animal prend naturellement place au rend des meubles corporels, parmi ceux qui peuvent se mouvoir par eux-mêmes. Même apprivoisé ou domestique, l’animal est physiquement autonome. Corps mobile, l’animal est vraiment meuble par nature (art. 528).

    2 – l’animal est reconnu comme un « être sensible » (Loi du 10 juillet 1976). A ce titre il est protégé contre les sévices et les mauvais traitements (art. 521-1 du Code pénal)

    De sorte que, la qualification juridique de biens meubles retenue dans cette acception ne mérite pas l’excès d’indignité puisque le Code rural précise que « tout homme à le droit de détenir des animaux » dans des conditions définies par le Code civil mais indique qu’il est interdit d’exercer des mauvais traitements envers les animaux domestiques ainsi qu’envers les animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité.

    Et, le Code pénal lui-même, dans ses articles 521-1 et 521-2, dispose que « le fait d’exercer des sévices sur des animaux domestiques, apprivoisés ou tenus en captivité sont sanctionnés pénalement, la peine encourue étant de deux années d’emprisonnement et 30 000 € d’amende. La même peine est encourue pour l’abandon d’un animal domestique ».

    Ce respect des animaux, imposé à l’homme, signifie bien que la loi les considère comme des êtres sensibles et qu’ils ont donc des droits. Le respect de ces droits est confié à la loi (article 2-13 du Code de procédure pénale) « aux associations régulièrement déclarées dont l’objet statutaire est la défense et la protection des animaux pour les infractions réprimant les sévices graves ou actes de cruauté et les mauvais traitements envers les animaux ».

    Que des groupes de pression en démocratie tente d’imposer la reconnaissance de droits nouveaux en faveur des animaux c’est tout à fait légitime.

    Maintenant, pour illustrer mon propos, je prendrai un exemple concret celui des députés qui le du 24 janvier 2010 ont présenté une proposition de loi visant à modifier le statut juridique du cheval en le faisant passer d’animal de rente à animal de compagnie. Il s’agissait donc selon les parlementaires soutenant cette proposition d’éviter que le cheval conserve son statut d’animal de rente avec un destin final qui est l’abattoir.

    Mais cette proposition a été écartée car un tel changement de statut aurait eu pour conséquence d’interdire la vente de chevaux pour les abattoirs et par là même de freiner voire supprimer, l’élevage de chevaux lourds destinés principalement à la filière bouchère.

    Or, un tel changement de statut aurait fragilisé une filière professionnelle forte d’environ 77 000 emplois ! Cet exemple montre non seulement les difficultés qu’il y a pour légiférer en raison des conséquences possibles de toute création ou modification d’un statut mais surtout que l’on pourrait multiplier ce type de proposition à l’infini (ovins, caprins, porcins, volailles etc…).

    Moi, ça ne me dérange pas car ça fait des années que je ne mange pratiquement plus de viande encore moins comme l’aurait chanté Boby Lapointe… de cheval !

    Enfin, en 2012, F. Hollande en proposant une modification du Code civil a lui-même admis, dans le même temps, qu’il était difficile de s’accorder sur une définition globale de l’animal.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 08/02/2014 @ 10:52

  71. @ Chevalier Bayard

    Il y avait entre-autres dans la constitution européenne que nous avons refusée en son temps , une clause concernant les animaux à l’échelon européen…. Dommage!
    Mais qui a lu cette constitution avant de la refuser ?
    Les expériences de la fenêtre ouverte sur la panse des vaches vivantes faites en Suisse actuellement n’auraient peut-être pas été autorisées…même si on nous assure qu’elles  » ne souffrent pas  » !!!

    Tout est question de gros sous …C’est encore  » la loi du plus fort » et en démocratie c’est celle du plus grand nombre (qui représente une force. ) On n’en sort pas !

    Commentaire par Scaramouche — 09/02/2014 @ 06:51

  72. @ Scaramouche

    Ce n’est pas qu’une affaire de « gros sous » ou de « loi du plus fort » ça serait trop simple, voire simpliste. C’est avant tout un enjeu philosophique ou éthique qui se dissimule derrière la querelle.

    Ce qui est en cause, au fond, dans la place des animaux, comme le rappelle Jean-Pierre Digard chercheur au CNRS (le Monde du 2 mars 2013) c’est la question de leur nature ou de leur position par rapport à la nôtre : les humains et les animaux sont-ils plutôt semblables ou plutôt différents ? Et, cette différence autorise-t-elle les premiers à refuser tous droits aux seconds ?

    La question controversée, des droits de l’animal, qui a abouti en 1978 à la proclamation officielle à l’Unesco d’une «Déclaration universelle des droits de l’animal» est liée à la notion de «spécisme». Ce mot construit sur une analogie avec « racisme », désigne « un préjugé ou une attitude de parti pris en faveur des intérêts des membres de sa propre espèce et à l’encontre des intérêts des membres des autres espèces ».

    L’antispécisme bute contre un élémentaire principe de réalité : peut-on pousser la comparaison jusqu’à laisser son champ envahi par les criquets, son jardin par des limaces, sa cave ou son grenier par des rats… ?

    A vous lire vous avez une conception maximaliste, voire militante, cette position vous honore surtout lorsque vous citez Gandhi.

    La question est alors de savoir jusqu’où ne pas être spéciste : si la limite ne passe plus par l’homme et les « animaux non humains », ou la situer ? Comme je le soulignais quid alors du homard plongé vivant dans l’eau bouillante ? Des cuisses de grenouilles ? Des escargots mis à dégorger dans le sel ?

    Cette problématique et la notion même de droits de l’animal sont récusées par ceux des protagonistes qui se réclament de la tradition humaniste. Pour ces derniers, en effet, la notion de droits est indissolublement liée à celle de devoirs. C’est pourquoi, à la notion de droits de l’animal, ils préfèrent celle de devoirs de l’homme envers les animaux.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 09/02/2014 @ 15:49

  73. @. Chevalier Bayard

    Merci de votre réponse
    Je ne nie nullement notre suprématie due essentiellement à la combinaison de la possession d’un cerveau et de mains. L’un sans les autres et vice versa, rien ne serait possible. Cette suprématie donnée par la nature nous avantage et faIt notre force. De ce fait étant omnivores nous en profitons pour nous servir. .

    Les animaux sont à la fois semblables et différents comme peut l’être dans sa civilisation ou son comportement un bushman d’Australie et un « bobo » parisien.
    De là à en arriver à laisser son champs envahis de crickets , c’est tout autant ridicule que de laisser son pays se faire envahir par les armées ennemis et c’est sans compter sur la notion de territoire commune à toutes les races humaines et animales ( et même les plantes parfois!) tout comme la recherche de nourriture, la reproduction et l’agressivité , elle est vitale et donc nous la partageons avec tous les êtres vivants.

    Je crois de manière simpliste mais je ne suis pas la seule, que nous avions un pacte avec l’animal:  » « tu me donnes ta peau ta viande etc et je te donne bons soins vie tranquille sans prédateurs nourriture abondante ta vie durant  » …. Pacte tacite jusque là observé tant bien que mal, or plus maintenant et ce pacte rompu les animaux en batterie nous donnent ce que nous méritons une viande sans intérêt simplement parce qu’un animal qui souffre donne un mauvais produit.

    Vous avez raison j’ai une position militante mais raisonnée basée sur de nombreuses études qui petit à petit m’ont obligée à me poser des questions tout comme Konrad Lorentz jane Goodall etc beaucoup d’éthologues qui en arrivent jusqu’à une certaine horreur concernant notre comportement.

    Voltaire disait que  » dans le monde les gosses bêtes mangent les petites et les petites les piquent .  » c’est la loi de la nature et l’exagération en tout nous mène à l’absurde. Se défendre de qui nous attaque est légitime. Expérimenter sur les animaux sans raison, affamer, battre torturer est une autre histoire tout autant que l’anthropomorphisme ou l’idolâtrie de certains.

    Je sais qu’il ne vous a pas échappé que s’il n’y avait pas la religion la peur du gendarme ou l’éducation philosophico- intellectuelle ce serait la loi de la jungle.. Je suis certaine que si vous pensez comme moi que nous n’en sommes jamais bien loin , vous pensez également qu’elle prend tout sons sens envers les animaux qui sont les derniers esclaves .

    Commentaire par Scaramouche — 10/02/2014 @ 14:03


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