La Plume d'Aliocha

16/11/2013

Le journaliste et la « mythologie terrifiante »

Filed under: Débats,questions d'avenir — laplumedaliocha @ 10:52
Tags:

La diffusion jeudi soir dans l’émission Envoyé Spécial d’un reportage sur le Dark Net, autrement dit la face noire, inconnue, de la lumineuse toile sur laquelle nous voguons ici, a suscité chez le patron et fondateur d’Arrêt sur Images,  Daniel Schneidermann, une stimulante réflexion. Il dénonce dans son éditorial du jour un nouvel épisode de la (soi-disant) diabolisation d’Internet qui serait orchestrée par les médias traditionnels, et s’interroge sur la part de « boursouflure journalistique » qui vient alimenter la « mythologie terrifiante » du web.

Extrait : « Vrai ? Faux ? Quelle part de réalité, quelle part de boursouflure journalistique habituelle ? Impossible de le discerner a priori. Les grandes chaînes de télévision, depuis quinze ans, nous ont tellement -et France 2 au premier rang- habitués à la diabolisation d’Internet, ses pédophiles en liberté, ses marchands d’armes, ses garages à bombes artisanales, qu’il est désormais difficile de les croire sur le sujet, même quand par hypothèse elles diraient vrai. Ce qui ouvre un champ prometteur aux enquêtes indépendantes ».

On ne fera pas l’insulte à l’auteur de prétendre qu’il n’aperçoit la dérive caricaturale médiatique que lorsqu’elle concerne son gagne-pain. Au contraire, Arrêt sur Images a, entre autre mérite, celui de dégonfler souvent les fameuses boursouflures, quitte à cultiver le penser contre soi, y compris en prenant le risque de heurter les convictions de son lectorat. Néanmoins, il est amusant d’observer à quel point les acteurs du Net sont allergiques à la critique. L’extraordinaire liberté qu’ils revendiquent, l’intelligence partagée, l’agitation d’idées, le talent, l’impertinence tout ceci trouve une limite  : la critique d’internet. Attention terrain miné ! Dès qu’on  y pénètre,  ses occupants soudain se dressent  pour dénoncer l’étranger, l’importun, l’ignare, bref le journaliste qui décrit leur royaume avec approximation,  n’en évoque que les travers et s’emploie à le diaboliser, le tout sciemment, forcément sciemment. Comme si les journalistes s’intéressaient jamais à autre chose qu’aux problèmes. Nous sommes par définition des spécialistes du pathologique, c’est le métier qui veut ça, personne ne veut connaître la longue et ennuyeuse liste des trains qui sont arrivés à l’heure, pas plus les journalistes que leurs lecteurs. L’information, c’est presque toujours ce qui cloche, qui ripe, qui débloque, sur le Net comme partout ailleurs.

Ah,  chers journalistes du web, si vous saviez à quel point dans  les moments où l’on parle de vous à la télé, vous ressemblez à tous ceux chez qui un journaliste à l’outrecuidance de venir fouiller. Allons, au hasard, les financiers que vous honnissez tant, mais aussi  les politiques, les bretons à bonnets rouges,  les pigeons et autres volatiles. Vous observez l’intrus avec méfiance, prenez mal tout ce qu’il dit, détestez par anticipation une description de votre univers qui ne saurait être juste puisqu’elle échappe à votre contrôle, rejetez en bloc des critiques, réserves ou interrogations qui, à votre sens, ne peuvent être dictées que par l’ignorance ou la malveillance. Et la boursouflure journalistique,  réelle, heurte de plein fouet ce qu’on pourrait bien appeler la boursouflure de l’ego. D’où la déflagration.  Comme si Arrêt sur Images, aux grandes heures du sarkozysme n’avait pas boursouflé les travers du président de la République de l’époque, ou bien en pleine crise financière tiré à vue et sans nuances sur le système bancaire. De fait,  je propose que nous conservions nous tous journalistes à l’esprit, ce diagnostic si juste sur la tentation de la boursouflure, dans l’espoir fou d’apprendre à y échapper.  Qui sait si une telle discipline ne contribuerait pas à nous permettre de retrouver la confiance du public ? En tout cas nous pourrions sans doute éviter quelques unes des erreurs pointées dans le premier rapport sur l’insécurité de l’information dont je recommande chaudement la lecture.

Oh ! je vous entends penser. Ce que je décris s’appelle nuance, mise en perspective, toute choses que l’on écarte de facto quand il s’agit d’attirer l’attention au milieu de l’incessant brouhaha médiatique.  C’est vrai. Celui qui parle doucement et nuance sa pensée n’a pas sa place dans le grand barnum médiatique. Les autres hurlent trop fort pour qu’on l’entende. C’est donc qu’il y a un effet de système ? Mais alors nous en serions tous responsables ?  Journalistes anciens et modernes, lecteurs, téléspectateurs, auditeurs, internautes, tous pris dans la même course folle après le bruit et la fureur ?  J’écoutais hier matin Jacques Attali s’exprimer dans une conférence sur l’avenir de l’économie. Il y dénonçait la finance à court terme, mais aussi la démocratie qui s’était mise  à raisonner également à court terme, fouettée par  les sondages. Et il appelait l’émergence d’un capitalisme « patient ». Patient. Ce mot a raisonné longtemps dans mon esprit….Patient, ça évoque le calme, la mesure, le temps nécessaire pour comprendre et agir intelligemment. Patient, donc. Ce que le système médiatique n’est pas.

L’instantanéité, l’information qui tourne en boucle, répétée à l’infini, la caricature, les caméras plantées en direct de nulle part qui filment en continu du rien, le ton dramatique des commentaires scandant le vide, l’impératif hystérique d’être le premier à annoncer un fait parfaitement sans intérêt, tout ceci mène à l’overdose. Et le pire, c’est que ça ne rapporte pas, ou pas tant que cela. Heureusement, il y a des voix qui se font entendre, par exemple aux Etats-Unis. Mieux des patrons de presse américains qui disent stop, en citant, une fois n’est pas coutume,  un modèle français, un modèle d’autre chose, XXI. Ouf, ça fait du bien.

Publicités

21 commentaires »

  1. Ceci n’est pas un commentaire, seulement le signalement d’une petite faute d’orthographe : « les caméras plantée en direct de nulle part qui filment… »

    Mais oui, vous avez raison, Attali a raison (pour une fois…) : la patience est une grande qualité.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 16/11/2013 @ 11:09

  2. Bonjour Aliocha,
    Bien que vous lisant toujours avec plaisir, et comprenant bien les difficultés d’informer et l’absolue nécessité de le faire, je ne peut me départir d’une défiance presque organique envers les journalistes. Pour rien au monde je n’accepterai une interview, un témoignage, ou simplement d’ouvrir ma porte à une enquête. La pression de l’actualité chaude, le faits divers, aucun de domaines (un peu) mal connus que j’ai arpenté n’a reçu un traitement un minimum correct. On ne demande pas à un journaliste de sociologue (dont je me méfie tout autant), mais tout même…

    Les « darknet », ce n’est pas un sujet, c’est simplement…n’importe quoi! Internet ce n’est rien, juste un peu de technique. La pédophilie n’est pas née sur Internet, et franchement, non, personne n’est jamais tombés par hasard en se promenant sur un « vrai » site pédophile. Pour en trouver, il faut beaucoup chercher. Demander donc aux policiers qui les traquent. Pour la drogue « qui circule grace à Internet », les bras m’en tombent. C’est l’exact analogie de « ces voitures qui permettent aux dealers de rencontrer leur clients ». Ca à l’air idiot? Normal, ça l’ait. Les dealers utilisent SMS et téléphone portables? Ben oui, comme tout le monde.

    Internet contribue à façonner le monde. Il y a un avant et un après. Comme il y a eu un avant et un après l’automobile. Nos modes de vies évoluent avec la technique. Hors avec Internet, on a en général toujours les mêmes articles: la pub pour le gadget à la mode (iPhone, Google Glass…), le délire sociologico-phylosophico-augure (Ha, le changement de paradigme, l’horizontalité du monde, l’instantanéité…) et le crime (avec ses variantes « qui menace les enfants » et « à la portée de tous »). Ca finit par lasser, et pire, c’est souvent factuellement faux.

    A cela s’ajoute une méfiance ‘légitime’, qui est en fait la récompense de votre travail. Puisque vous rendez visible ce que parfois on préfère garder caché, on ne peut que se défier de vous. En un sens, ce recul est un hommage à votre efficacité. On crains ce qui nous blesse.

    Je ne vous suis pas sur les ‘journalistes du web’, comme s’ils étaient différents. Pour moi, ils n’existent pas. Ils, vous êtes journalistes, bons ou mauvais, défricheurs ou suiveurs. Que ce soit Web, TV, radio, presse quotidienne ou magazine, peu importe.

    Je vous rejoint cependant sur la temporalité. La vitesse du média ne doit pas dicter celle de la publication. Un quotidien doit pouvoir publier une enquête qui a pris plusieurs semaines, sur le terrain, tout comme la TV ou Internet. Il est possible d’aller vite. Ce n’est en rien une obligation. La pensée prend du temps, comprendre n’est pas instantané, dégager le futile du profonds requiert du recul. J’adhère à 100% à cette colonne du patron du « Harper’s ». Avec une (petite) critique à Marianne. Pourquoi n’avoir pas pris le temps (c’est justement le sujet) de citer l’extrait original du Manifeste, surtout que le traducteur le pointe explicitement! cet article aurait-il été moins bon publié une heure ou deux plus tard?

    Commentaire par kaeldric — 16/11/2013 @ 13:13

  3. Bien entendu, il n’existe pas plus de Dark Net qu’il n’existe de Dark Paper pour la presse traditionnelle, Le papier sur lequel est imprimé Minute ne sent pas mauvais: ce sont les idées qui sont couchées dessus qui font de ce magazine un immonde torchon.

    L’édito de Harper’s est excellent. Au passage, je suis d’accord avec Kaeldric pour dire que Marianne a bien raison de le traduire, mais que son traitement du texte français cité et traduit par Harper’s est en complète contradiction avec les idées que Marianne met ainsi en avant. Mais bon, d’ici que Marianne atteigne le niveau de respectabilité de Harper’s, il risque de couler pas mal d’eau sous les ponts. C’est bien beau de citer le bon exemple, mais encore faudrait-il le suivre.

    Pour apporter une petite pierre au débat, je recommande la lecture de ce livre écrit par deux journalistes américains: http://www.amazon.com/Blur-Know-Whats-Information-Overload/dp/1608193012 (je n’ai pas trouvé de v.f.). Au bout du compte, la responsabilité de faire le tri dans les informations que nous propose la presse, qu’elle soit en ligne ou pas, incombe au lecteur: ce livre peut aider à voir comment s’y prendre.

    Commentaire par gwynfrid — 16/11/2013 @ 14:17

  4. @DMB : merci, je vais corriger !

    @Kaeldric : la peur du journaliste est naturelle, même moi je la ressens quand je passe de l’autre côté du miroir. Je dis même moi parce que tout le monde a compris ici que je tenais les journalistes pour bien meilleurs qu’on ne le dit. En revanche, je crains le « système » auquel nous participons tous et qui porte une grande partie des tares que l’on impute injustement aux journalistes. Sur le dark net, je ne sais pas, je n’ai pas enquêté, mais sur le net en général, on ne peut pas dire à la fois que c’est une révolution et prétendre que ça ne change rien. Internet n’a créé ni le terrorisme ni la pédophilie et personne ne l’accuse de ça, mais il offre à ces délinquants un nouveau moyen très puissant d’agir, je crois que personne ne peut le nier. Un outil de communication, de recherche d’information, de diffusion qui, en plus, passe aisément au-dessus des garde-fous traditionnels que sont les frontières, les flics, la justice, l’identité et sa fichue propension à laisser des traces etc….
    Sur les journalistes web, ils se sentent différents, c’est un fait. Parce qu’ils ont été ignorés voire méprisés au départ par le système dominant, et pour une autre raison, parce qu’ils sont forcément en osmose avec leur écosystème, c’est normal, c’est humain, de sorte qu’ils sont internautes avant d’être journalistes quand leurs confrères de la télé de la radio ou du papier viennent à se mêler de leurs affaires.

    @Gwynfrid : ce qui est piquant, c’est que le Manifeste de XXI a été accueilli plutôt fraichement par les médias français, espérons que la caution américaine ouvrira les yeux des intéressés. J’aime bien la citation d’Hemingway à la fin…

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/11/2013 @ 14:56

  5. @Aliocha: Justement, vous illustrez là une des idées répandues, mais fausses sur Internet. L’anonymat est loin d’y être facile, autrement qu’en surface. Pour ceux qui souhaitent une information de qualité sur Internet, je conseille vivement de suivre ManHack. C’est un journaliste qui connait en profondeur son sujet. Internet est un nouveau moyen, qui permet bien sur de nouvelles façon d’agir, mais qui génère aussi son anticorps: il fournit aux états des moyens d’action bien plus large.
    Pour les journalistes Web, vous connaissez ce milieu, moi pas. Mais Schneidermann n’est pas un geek tombé dans le journalisme. Presse écrite « noble » (le Monde), publiant un essai de temps en temps: on est plutôt dans l’aristocratie traditionnelle de la presse. Ce n’est que parce qu’il s’est fait virer de la TV qu’il est passé au web. Il n’est donc pas très représentatif de « l’internaute avant d’être journaliste ».

    Commentaire par kaeldric — 16/11/2013 @ 15:20

  6. @Kaeldric : je n’ai pas dit que l’anonymat était absolu et l’impunité totale. C’est parce que chaque « camp » caricature celui d’en face qu’on ne se comprend pas. Le web partage avec la finance une capacité à sauter les frontières qui met forcément en échec police et justice par définition nationales. C’est à mon sens totalement indiscutable. Se développent alors des phénomènes de pirateries identifiés par le penseur de la justice Antoine Garapon, je crois que ça aussi c’est indéniable. Maintenant que la toile développe ses anticorps, je ne sais pas à quoi vous faites allusion, personnellement je pense à la délinquance d’Etat cad à ceux démocratiques qui dérapent dans une surveillance illégale et les non démocratiques qui s’éclatent en effet avec de nouveaux moyens pour laver les cerveaux. Entre nous, que justice et police soient mise en échec mais que les services secrets trouvent un nouveau terrain de jeu de même qu’une police politique, ça ne me rassure guère. ça vous réconforte vous, l’Etat délinquant répondant à l’internaute voyou ? 😉
    Daniel en effet est un journaliste papier, mais lisez donc son dernier livre, il est parti explorer la Terra incognita, il a affronté les dragons, il est si ce n’est geek du moins journaliste web jusqu’au bout du coeur !

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/11/2013 @ 15:29

  7. En contrepoint : http://blogs.afp.com/makingof/?post/2013/11/15/Leçons-de-vie-dans-l’enfer-de-Tacloban

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/11/2013 @ 16:02

  8.  » celui qui parle doucement et nuance sa pensée n’a pas sa place dans le grand barnum médiatique »

    Chère Alliocha ne pensez-vous pas que vous faites le procès de l’être humain que nous sommes et dont les médias ne sont que le reflet ? Qui a le droit de nos jours de chercher « le juste milieu « ? Il faut être excessif et catégorique sinon on ne plait à personne.
    Il suffit de nous lire dans les forum pour s’apercevoir que nous ne savons pas faire dans la nuance et que nous cherchons l’exagération le sensationnel le tragique avant d’essayer de comprendre l’autre avec bienveillance.. Chacun à son échelle agit comme s’il recherchait le conflit pour le plaisir de se valoriser . Si on ouvre un journal c’est pour se conforter dans ses opinions pour y trouver du sensationnel et du croustillant . Peu d’entre-nous écoutent et savent écouter et chacun tranche en noir et blanc . Ce qui me pousse à vous dire qu’il n’y a pas de bons ou de mauvais journalistes , ils sont notre miroir.
    Vous leur donnez je pense une vocation de pédagogue , vous les espèrez différents et parce qu’ils sont supposés donner les informations que nous n’avons pas vous leur prêtez une vocation d’enseignants et de prophètes. Jacques Julliard regrettait je me souviens une certaine « éthique » .. Mais les temps changent et Internet apporte une foule de prétendants à la profession dont comme partout il émmerge parfois celui ou celle qui sort du rang et qui nous rassure.
     » chaque camp caricature celui d’en face » dites-vous .. C’est exactement chacun de nous à notre niveau et je vois mal un journaliste agir différemment et avoir beaucoup de lecteurs.

    Commentaire par Scaramouche — 17/11/2013 @ 08:41

  9. @Scaramouche : les journalistes ne sont pas différents de leur public en effet, ni pire ni meilleurs, capables de chercher sincèrement à comprendre et d’avoir aussi parfois envie de s’amuser, la flemme des sujets graves etc. En quête de justice et injustes, assoiffés de vérité et de mauvaise foi et ainsi de suite. Mais en écrivant et en réfléchissant ici, j’ai développé le sentiment que l’on participait ainsi à façonner des systèmes qui, ensuite, nous débordaient. Exemple : le lecteur n’est pas attiré que par le sensationnel, mais on sait que ce dernier attire l’attention plus qu’un article sérieux, donc progressivement, le sensationnel prend de plus en plus de place. Problème, on s’habitue à tout, même au sensationnel, donc il faut faire de plus en plus de bruit pour être entendu. Lui-même blasé, le lecteur attend encore plus. De fait, le dernier truc à la mode, c’est l’article sous forme de liste…Et c’est ainsi que le système entraine ses composant dans des mécaniques diaboliques, me semble-t-il.

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/11/2013 @ 11:40

  10. […] => « Darknet », cet autre Internet appelé à un bel avenir de mythologie terrifiante. 15/11/2013. «Comment l’appeler ? Deep net ? Dark net ? Internet profond ? Une chose est sûre, cet « autre » internet, cette zone de non-droit, que dépeignait hier soir Envoyé Spécial dans un reportage saisissant, est appelé à un bel avenir de mythologie terrifiante (…).» Personnellement, j’ai trouvé le reportage plutôt équilibré par rapport ce qu’on peut voir sur la thématique habituellement. J’ai même cru discerner du potentiel 2e degré par quelques choix de montage, mais je me trompe peut-être. Le reportage est dispo dans le lien ci-dessous. J’ai inséré le lien vers ‘hotel paranoïa’ de Jcfrog par taquinerie 😉 Source : http://www.rue89.com/2013/11/15/dark-net-mythologie-vient-247532 Billets en relation : 26/05/2013. Hotel paranoia : http://www.youtube.com/watch?v=HF0WmYR-mc4 14/11/2013. Darknet : le côté obscur du Net : http://www.france2.fr/emissions/envoye-special/videos/rhozet_es_sujet1_20131114_62_14112013230907_F2?onglet=tous&page=1 16/11/2013. Le journaliste et la « mythologie terrifiante » : laplumedaliocha.wordpress.com/2013/11/16/le-journaliste-et-la-mythologie-terrifiante/ […]

    Ping par Actus Généralistes 2013 S46 | La Mare du Gof — 17/11/2013 @ 13:47

  11. Et il vous « semble bien  » Aliocha c’est l’ éternelle escalade de la facilité qui tourne en rond..
    De la recherche d’une forme de vérité qui ne nous intéresse même plus jaillit l’image choc plus facile qu’un long discours et moins fatigante qu’une lecture, en plus elle doit être sensationnelle comme vous dites pour attirer le lecteur afin de s’imprimer dans son imagination . l’exposé du pour et du contre est moins gratifiant pour son auteur qu’une certitude et un prêt à penser.
    L’époque aime l’excessif. La demi–teinte le sous-entendu et la nuance nous sont étrangers quand ce n’est pas la langue qui est différente ou incompréhensible. L’homme moderne pressé est attiré par ce qui est facile et négatif tout en criant le contraire. Il choisit un SMS plutôt qu’une lettre , le téléphone à une visite, il préfère le son et l’image à la presse écrite comme il préfère la bande dessinée au livre. Il faut faire vite.

    Les élites qu’elles soient politiques ou autres ont abandonné leur vocation de pédagogie pour hurler avec les loups et se mettre à la portée de tous.

    Montrer l’exemple , tirer par le haut et obliger à réfléchir est devenu ringard et ceux qui s’y emploient n’ attirent que ceux qui leur ressemble déjà , c’est à dire une partie de la population pas assez forte pour assurer leur survie.
    Nous avons façonné des robots de toutes sortes qui nous dévorent , des mécaniques humaines qui obéissent à la facilité .. ce que vous appelez justement « un système  » un style, d’autres croyances , une manière d’appréhender la vie loin de la nature et de nos ancêtres et nous en sommes les victimes consentantes et insatisfaites. A moins de trouver d’autres idoles d’autres repères solides nous récoltons la société que nous méritons.

    Commentaire par Scaramouche — 17/11/2013 @ 14:14

  12. « Il suffit de nous lire dans les forum pour s’apercevoir que nous ne savons pas faire dans la nuance et que nous cherchons l’exagération le sensationnel le tragique avant d’essayer de comprendre l’autre avec bienveillance..  » C’est juste, mais en faisant cette généralisation vous tombez vous-même dans le travers que vous dénoncez. Exprimé ainsi, votre propos est 100% noir ou blanc (ici, noir) et dépourvu de nuance.

    Or, il se trouve justement que nous sommes ici en un lieu où une conversation nuancée est possible. Certes, pour un blog comme celui d’Aliocha il en existe des dizaines où seules les opinions les plus excessives ont droit de cité, mais rien ne vous oblige à les fréquenter et encore moins à y contribuer, n’est-ce pas.

    Commentaire par gwynfrid — 17/11/2013 @ 14:21

  13. @gwinfrid
    Merci de me laisser un choix ! (-) je vois que vous n’avez pas apprécié mes observations.pourtant
    mon propos n’avait rien de personnel et ne visait personne, c’est ce qu’on pourrait appeler une suite de lieux communs (si on n’ était pas bienveillant) et j’avoue que je pensais plutôt recevoir une remarque dans ce sens .
    Lorsqu’on dit qu’il fait froid ou chaud on ne prend pas parti et on fait une simple constatation. Chacun y trouve ce qui le concerne suivant ce qu’il ressent .
    Difficile de ne pas faire de généralités lorsqu’on n’aime pas parler de soi.
    Je suis désolée de vous avoir déplu car en toute hônneteté je ne pensais pas à vous sinon j’aurais évité ce qui vous a semblé désagréable mais si vous vous reportez à certains échanges dans de précédents blogs à propos de Kerviel entre-autres vous verrez que partout l’ambiance peut -être électrique et très insultante , chacun essayant d’éjecter l’autre.
    Ceci est l’illustration de l’importance qu’il faut actuellement donner à la langue de bois et´on peut mieux comprendre comment fonctionnent certaines interviews orientées ou celles dont il ne ressort rien. Les journalistes ont de plus en plus de mal à être compris et les gouvernants des difficultés à parler clairement d’où beaucoup d’articles à sensation et peu de fond.
    Ils ont un travail difficile et malheur à ceux qui essaient de marcher à contre-courant.

    Commentaire par Scaramouche — 17/11/2013 @ 18:40

  14. @ Scaramouche :

    on peut exprimer une opinion de bien des façons : ça reste l’expression d’une opinion personnelle, dans la mesure où elle ne prend personne à partie, nommément.

    Que certains se sentent mal à l’aise avec telle ou telle façon de s’exprimer, quoi de plus naturel ? Nous avons tous nos humeurs, et en fonction de bien des paramètres (le moment de la journée, l’état de fatigue ou d’agacement, que sais-je encore…) nos réactions peuvent être différentes du tout au tout.

    Je ne pense pas (mais peut-être je me trompe, ça n’est qu’une impression) que Gwynfrid se soit sentie visée de quelque manière que ce soit.

    Commentaire par Zarga — 17/11/2013 @ 19:54

  15. @ Scaramouche: Zarga a tout à fait raison, je ne me suis certainement pas considéré comme visé par votre propos, qui était d’ordre général, comme vous le soulignez d’ailleurs. Vous ne m’avez pas déplu le moins du monde, et j’avoue me demander ce qui dans ma réponse a pu vous le laisser croire : je me suis contenté d’exprimer un bien léger désaccord. En effet, j’estime que ce blog est un lieu (rare? peut-être; pas unique, en tout cas) où l’on peut discuter posément et, justement, exprimer le désaccord sans pour autant donner dans l’invective ou l’attaque personnelle. Vous citez le cas des échanges sur Kerviel: c’était là plutôt une exception, non? En tout cas, les commentateurs qui ont à cette occasion sorti l’artillerie ne faisaient pas partie des réguliers, me semble-t-il. Cela s’est fini en fermeture de commentaires, comme c’était prévisible. Mais sur un billet, disons, normal, il ne me semble pas que le niveau de polémique soit ici au-delà du raisonnable.

    Commentaire par Gwynfrid — 17/11/2013 @ 21:00

  16. Certains sujets ont servi défouloir, et ceux qui avaient cœur de « matraquer » sur leur thème de prédilection s’en sont donnés à cœur joie, comme sur le sujet de Jérôme Kerviel, ou le mariage pour tous. Mais comme le rappelle Gwynfrid, il s’agissait d’oiseaux de passage, des Didis plus occupés à brandir leurs sabres qu’à échanger.

    Commentaire par Zarga — 17/11/2013 @ 22:03

  17. En effet, cela fait 15 ans que l’on nous matraque d’histoires de pédophiles, de racistes, de terroristes et de trafiquants sur Internet, ceci souvent afin de justifier l’adoption de législations et de procédures policières intrusives et que l’on ne tolérerait sans doute pas en ce qui concerne « la vraie vie ».

    Récemment encore, je lisais un article commençant par « Si la parole raciste se libère sur internet, la classe politique soutient unanimement Christiane Taubira… », alors que l’article portait sur la une de l’hebdomadaire (papier) Minute, laquelle fait suite à des propos (non virtuels) tenus dans des manifestations et, à la télévision, par une candidate à une élection politique. Admirez la contradiction entre les faits et leur présentation (une candidate tient des propos racistes à la télévision -> la parole raciste se libère sur Internet mais la classe politique est unanime contre).
    http://www.ladepeche.fr/article/2013/11/14/1752539-taubira-ces-propos-denient-mon-appartenance-a-l-espece-humaine.html

    Dans le même ordre d’idées, on nous abreuve depuis 15 ans de scénarios de pédophiles venant par Internet capturer des enfants chez eux (sans jamais citer une seule affaire de ce type), mais un grand magazine, souvent d’ailleurs de ceux qui réclament le renforcement des mesures contre la « délinquance incontrôlée », fait tenir chronique par un monsieur qui revendiquait naguère son usage de prostitués de 11 ou 12 ans, certes dans des pays exotiques.
    http://www.lepoint.fr/invites-du-point/gabriel-matzneff/matzneff-vous-avez-dit-raciste-06-11-2013-1752743_1885.php

    Nous pourrions également nous rappeler des « fausses nouvelles sur Internet », par exemple celle de la mort de Pascal Sevran… qui émanaient en fait d’un grand média tout ce qu’il y a de plus traditionnel.

    Cette capacité à toujours mettre en exergue des problèmes réels ou supposés sur Internet, conjointe à la minimisation voire à l’aveuglement concernant les « dérapages » des médias traditionnels, voilà sans doute ce que critique Schneidermann dans le paragraphe cité.

    Commentaire par DM — 18/11/2013 @ 10:13

  18. Ce que j’aime dans ce forum c’est  » qu’en général ». ( encore!). on a affaire a des gens intéressants qui savent qu’on peut être en désaccord sans pour autant sous-estimer l’autre. Ce que j’apprécie c’est que la plupart des messages sont bien écrits et m’apprennent souvent quelque chose .
    En fait J’ai toujours regretté que les professions se mélangent trop peu, nous n’avons que trop tendance à rester entre-nous sans connaître les problèmes des autres , c’est dommage.
    Le Net change un peu la donne .. quand il ne dérape pas.

    Commentaire par Scaramouche — 18/11/2013 @ 12:24

  19. Bonsoir,

    Pour nourrir la réflexion: http://alexkorbel.wordpress.com/2013/11/18/guerir-le-journalisme/

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 18/11/2013 @ 18:41

  20. @. H

    Très bonne analyse même si chacun peut rajouter quelques idées personnelles sur ce que nous attendons du journalisme. Ce sont en premier des « nouvelles » et des explications sur les événements récents et pas des opinions. J’ai un faible pour la presse anglo-saxonne plus concise plus directe, j’ai toujours l’impression chez-nous qu’un journaliste cherche plus à faire de la littérature que de la pédagogie. Les uns vont directement à l’essentiel, les autres suivent l’école buissonnière . L’éditorial prend le pas sur l’actualité ce n’est pas toujours ce qu’on cherche.
    Quant a notre manie des débats stériles et cacophoniques elle est lassante parce qu’elle ne mène à rien et que nous n’y apprenons pas grand chose. Rares sont les émissions où chacun a le temps de s’exprimer sans qu’un autre lui coupe la parole . De son côté l’actualité est souvent moutonnière, entre les mêmes faits divers répétés sur les chaînes aux mêmes heures et les  » marronniers  » habituels des magazines il y a peu de place pour l’originalité.

    Commentaire par Scaramouche — 18/11/2013 @ 19:25

  21. @Scaramouche: Il me semble que l’été dernier, un article du NY Times s’étonnait de certains sujets traités dans les journaux français et de la façon dont ils l’étaient, exprimant l’opinion que bon nombre de journalistes français s’imagineraient bien écrivains…

    Commentaire par DM — 18/11/2013 @ 20:29


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :