La Plume d'Aliocha

21/10/2013

Philippe Cohen ou la leçon d’humilité

Filed under: questions d'avenir,Réflexions libres — laplumedaliocha @ 20:00

Philippe Cohen, co-fondateur de Marianne en 1997 et auteur de nombreux ouvrages dont le fameux « La face cachée du Monde » avec Pierre Péan ou encore plus récemment « Le Pen, une histoire française » s’est éteint hier d’un cancer du poumon à l’âge absurde, insupportable, de 60 ans.

Le journalisme est un métier trop individualiste pour que l’on y cultive le goût d’avoir des maîtres. Ou alors ceux-là sont étrangers ou morts depuis longtemps ; ils s’appellent Albert Londres, Joseph Kessel, Bob Woodward, Carl Bernstein selon le journalisme de chacun et ses rêves secrets. Philippe Cohen a l’étoffe d’un maître pour les futures générations. En tout cas j’espère de tout coeur que l’avenir lui rendra, hélas un peu tard, l’hommage qu’il mérite. Pour moi en tout cas,  il était et restera un modèle.

« L’électron libre » écrit de lui Aurélie Rossignol au Parisien et l’on se prend à songer : un journaliste qui serait autre chose qu’un électron libre serait-il vraiment un journaliste ? N’est-ce pas cela, le coeur du métier, son fardeau autant que son honneur, ne dépendre de rien ni personne, être libre, y compris contre soi, contre ses préjugés, ses intérêts. Libre, Philippe l’a été en osant remettre en cause le discours habituel à l’encontre de Jean-Marie Le Pen dans le dernier livre qu’il a signé avec Pierre Péan. « On va se faire lyncher par les confrères » m’avait-il confié quelques mois avant la parution du livre, « parce qu’on a découvert que l’image médiatique de Le Pen est fausse a bien des égards et qu’on va le dire ». Je l’avais regardé avec l’infinie naïveté de ceux qu’on qualifie je suppose « d’intellectuels hors des réalités « , mais pourquoi te lyncheraient-ils si tu ne fais que restituer le produit de ton enquête ? ». Je ne me souviens plus de sa réponse , en revanche, je n’ai pas oublié l’hystérie délirante déclenchée par le livre jusqu’au sein même de son journal, Marianne.

« Idôlatrie du factuel, psychologisme de bazar ! », s’est écrié  Maurice Szafran, le patron, l’ami, le confrère de Philippe, à propos du livre, avant de le pousser vers la sortie de leur journal. Pour les éditocrates au cul vissé sur leur fauteuil de bureau entre deux repas dans des étoilés Michelin à cirer les pompes des puissants de ce monde en se donnant l’illusion de faire de l’information, les faits c’est sale, ennuyeux, parfois même retors, en effet. De même, parler avec les gens pour savoir ce qu’ils ont dans le ventre, les brusquer si besoin est, ou bien les séduire et attirer la confidence, bref, se frotter à l’humain dans ce qu’il peut avoir d’infiniment nuancé, de complexe, paradoxal, contradictoire, prendre le risque d’ébranler ses certitudes, tout cela n’a aucun intérêt. Car voyez-vous, diffuser l’idée que l’on se fait des choses est beaucoup plus facile et, pour peu que l’on sente l’air du temps, infiniment plus rentable . Philippe était trop intelligent pour l’ignorer, seulement voilà, il avait besoin de mettre les mains dans le cambouis, de rencontrer des témoins, de lire des mètres cube de documents, de comprendre vraiment,  et de raconter ensuite ce qu’il avait observé. Philippe avait cette qualité qui fait les grands journalistes,  l’humilité de s’incliner devant les faits, de les servir.

Mort d’un journaliste de combat, titre Jean-François Kahn dans l’article au demeurant bien court que l’ex-patron de Marianne consacre à celui qui a fondé le journal à ses côtés. Et de relever : « A la pseudo dictature du bien, il chercha toujours, ce en quoi il représentait la quintessence du journalisme, à opposer une dictature du vrai ». Hélas, comme s’il fallait tout de même épargner un peu les tenants de la dictature du bien, il ajoute cette regrettable réserve : « Il lui arrivait de se tromper, mais avec une telle honnêteté, parfois une telle naïveté, que cela lui permettait très vite de corriger ». Comme si les éditocrates, (parmi lesquels je ne range pas JF Kahn) ne se trompaient pas, eux, presque toujours à force d’agiter des idées de papier, des idées creuses, factices, à la mode, dans le vent.

Philippe était un journaliste sincère, humble et passionné par son métier. Autrement dit, au niveau où il évoluait, un être rare.

Note 22/10 à 0H15 : dans la course folle des jours, il se trouve que j’ai appris la mort de Philippe en consultant les actualités sur mon portable pendant l’audience UIMM cet après-midi. Le choc a été violent. Personne autour de moi ne le connaissait personnellement. Solitude. J’ai rédigé ce billet en sortant du Palais, à la place d’un article urgent, il y a des choses qu’on ne remet pas à plus tard. Je n’avais pas lu l’article d’Elisabeth Levy, avec qui notamment il a écrit Notre métier a mal tourné,  le voici. C’est un joli hommage, de ceux qui vous arrachent enfin les larmes qui ne voulaient pas sortir. Drôle de société, que celle où l’on n’a pas le temps de pleurer…

Note 22/10 à 9h20 : ah, le penser contre soi…bel hommage de l’ancienne équipe de Marianne 2.

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41 commentaires »

  1. Je m’associe à votre hommage… C’était le dernier (avec Hervé Nathan) que je lisais encore dans Marianne (donc, je lisais de moins en moins ce journal ou son site)…
    Autant dire que ce journal a du souci à se faire, parce qu’il n’y a pas de relève…

    Commentaire par Incognitototo — 21/10/2013 @ 20:28

  2. « Mort d’un journaliste de combat », dit Jean-François Kahn. On aura une petite idée de la violence de ce combat en se rappelant les moyens employés par la triplette Plenel-Colombani-Minc pour faire taire Péan et Cohen et interdire leur livre « La face cachée du Monde » : http://www.acrimed.org/spip.php?page=recherche&recherche=La+face+cach%C3%A9e+du+Monde
    Ils y sont parvenus en partie puisque le Livre n’a jamais été édité en version poche.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 21/10/2013 @ 22:56

  3. « parce qu’on a découvert que l’image médiatique de Le Pen est fausse a bien des égards et qu’on va le dire » il avait donc presque signé son arrêt de mort, de son vivant.Respect rien que pour cela. Il y a en ce moment historique, pas mal de revenants pour ne pas dire révisionniste( Finkielkraut était proche de l’infarctus chez Taddéï), qu’est ce qu’on fait après l’orgie de fantaisies, vous reprendrez bien un énième épisode de Léonarda Di Capricio, nous savons maintenant queeee la gôche est maladroite maime dans son partage de la……..misère. Le remake d’une publicité franche de la BNP « votre argent m’intéresse » « votre misère m’intéresse » avec un nouveau slogan  » la haine de l’hôte, c’est maintenant »

    Commentaire par le grand jeu — 22/10/2013 @ 01:05

  4. […] Aliocha […]

    Ping par Philippe Cohen: des hommages bien variés | Les Coulisses de Juan — 22/10/2013 @ 09:54

  5. Merci Aliocha vous redonnez au journalisme sa vocation qui est celle de la recherche et non des certitudes . Cette quête est un combat de tous les instants qui exige un courage à contre-courant et une constante remise en question .
    Pas accessible à tous.

    Commentaire par Scaramouche — 22/10/2013 @ 11:21

  6. Madame Aliocha, auriez vous une liste de journalistes qui cherchent et qui s’exposent{………………………………………….} remplissez le vide SVP, il semble s’agrandir tous les jours avec le tsunami de blablas causeurs……
    une constante remise en question dit Scaramouche, de quoi, de l’Histoire sans aucun doute, du grand manitou argent pour l’exemple exemplaire qui peut acheter le temps, c’est phénoménale comme le montrait Hégel et surtout vertigineux !!! Un auteur qui serait à la hauteur, une arrogance d’écrire qui dépasserait le coma des mortels,MENabe s’y est essayé, Alain Soral l’a dépassée, c’est un jeu très dangereux de revoir l’histoire et çà n ‘intérresse pas les journeaux qui eux font marcher l’impression et j’en ai plus que l’impression, çà commence même à ce voir et se faire voir, grâce aux LIENS………du net, chacun est devenu journaliste au jour le jour.

    Commentaire par le grand jeu — 22/10/2013 @ 15:00

  7. Toutes mes condoléances, Aliocha. Je vous sens tristounette et vous apporte mon soutien confraternel.

    En ces tristes circonstances, je dois dire aussi que je trouve que vous noircissez le tableau. Il y a partout – et vous êtes l’une des preuves – des journalistes qui défendent les valeurs de ce métier, faites d’humilité, de courage et de remise en question. Philippe Cohen était-il de ceux-là ? J’accepte de le croire, mais je connais si mal ses écrits. Je vais sans doute tâcher d’y remédier. Il n’est jamais trop tard: c’est ce que j’ose croire.

    Je regrette parfois qu’on ne juge la presse que vis-à-vis de son indépendance ou non vis-à-vis des puissances politiques et économiques. Il y a des journalistes consciencieux partout et de la vraie information dans des magazines qui ne sont ni économiques, ni culturels. Seulement, voilà, où sont les lecteurs ? C’est à mon avis une question qu’on occulte un peu trop souvent.

    L’utilité de la presse… son avenir… un long débat que vous avez le grand mérite de relancer ici très régulièrement. Merci pour ça. Et au plaisir de relire aussi vos enthousiasmes.

    Commentaire par Martin — 22/10/2013 @ 15:13

  8. @le grand jeu

    C’est une remise en question de soi-même à laquelle je faisais allusion. C’est la plus difficile et la moins bien répandue.

    Commentaire par Scaramouche — 22/10/2013 @ 16:37

  9. Scaramouche, vous avez une, des recettes, pour se remettre en question, jeu n’en connait qu’une, connaissances et reconnaissances,poser des questions, encore faut il avoir l’ingrédient principal, le temps, rappelez vous un type comme Denis Robert qui a creusé pendant 10 ans au Luxembourg et y a presque tout laissé.
    Le CV de ma vie publique, écolier, collégien, militaire, technicien électronicien,militant syndicaca, voyageur, squatter,traducteur, land referencer in Uk, chef à la maison,pâtissier, électricien, écrivain maintenant,n’ est ce pas une remise en question, çà. Jeu n’est pas bouddhiste et ne boude jamais le plaisir de rencontres. Jamais lu les journaux, la télé est bien suffisante pour voir le coma des mortels et ceux qui l’utilisent, rappelez vous le dernier film de Peters Sellers « being there » ?

    Commentaire par le grand jeu — 22/10/2013 @ 22:26

  10. Le vrai scandale c´est la mort
    Les membres, la tête, le corps
    La destruction de l´innocence
    Le règne obscur de la souffrance
    Pourquoi mépriser, torturer?
    Pourquoi s´acharner à tuer?

    Tous ces hommes, ces corps si doux
    Ces lèvres chaudes, ces genoux
    Ces mains souples, ces pieds agiles
    Ces yeux graves, ces yeux rieurs
    Cette poitrine où bat le cœur
    Ces artères, cette peau fragile

    {au Refrain}

    Ces femmes, ces hanches de cygne
    La larme qui se mêle aux cils
    Au milieu des cris de plaisir
    Les bras, les chevilles, les reins
    Les cheveux, le dos et les seins
    L´ambre noir des secrets désirs

    {au Refrain}

    Tous ces enfants, ces mains en fleurs
    Les regards clairs si vite en pleurs
    Les ventres doux comme des oiseaux
    Les doigts maladroits, légers
    Les mouvements vifs comme l´eau
    Leurs rires, leurs jeux, leurs baisers

    Pourquoi? Pourquoi?
    Pourquoi? Pourquoi?

    Interprété par Jeanne Moreau…

    Commentaire par Zarga — 22/10/2013 @ 23:02

  11. Mediapart à la croisée des chemins : http://www.lexpress.fr/actualite/medias/mediapart-d-ombre-et-de-lumiere_1293219.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/10/2013 @ 16:53

  12. Avertissement : je ne compare pas Philippe Cohen à Jésus ni Le Pen à un possédé couvert de haillons et vivant dans les tombeaux. Je me livre simplement à une métaphore.
    Quand Jésus, étant débarqué au pays de Gérasa et ayant libéré le possédé de ses démons, se trouve face aux Géraséniens, ceux-ci ne le remercient pas, tout au contraire ils le prient de retourner d’où il vient. Ils sont furieux qu’il les aient privés de leur souffre-douleur.
    Eh bien nos princes de la politique et des médias sont comme les Géraséniens. Ils tiennent à leur Le Pen comme les Géraséniens à leur possédé. Ils ont donc été furieux contre Philippe Cohen, et Péan, car leur livre risquait, en le dédiabolisant, de les priver de leur souffre-douleur. C’était pour eux si douloureux qu’ils en ont perdu sang-froid, raison, bon sens, et sens de l’amitié…
    Les ressorts de l’âme humaine évoluent moins vite que les ipad d’Apple.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 23/10/2013 @ 19:32

  13. @Denis Monod Broca

    Très joli !
    Les ressorts de l’âme humaine restent immuables depuis la nuit des temps

    Commentaire par Scaramouche — 23/10/2013 @ 22:57

  14. @ Denis Monod-Broca
    Elle est jolie votre métaphore. Mais une métaphore ne traduit pas toujours la réalité. Je ne crois pas que Le Pen ou La Pen joue le rôle de souffre-douleur. Simplement se pose la question de l’attitude à avoir vis à vis du Front national. On a vu que la diabolisation, ça ne marchait pas. Aujourd’hui, il est trop tard pour traiter le FN comme un parti se situant en dehors de l’arc républicain. On peut néanmoins se poser des questions sur les valeurs que défend ce parti et se demander si le Front national est bien comme un parti comme un autre… vu que les fondamentaux de ce parti demeurent malgré les tentative de ripoliner la façade. Le FN reste un parti foncièrement xénophobe et raciste. Le reportage de France 2 que nous avons vu récemment le montre bien. Quand les militants sont entre eux, ils se lâchent. Ce qui est reproché à la militante qui a comparé Taubira à un singe, c’est de n’avoir pas compris que devant les médias, il fallait faire semblant. Comme Anne-Sophie Leclère n’a pas été discrète, elle est suspendue et ne sera pas candidate aux élections comme prévu (qu’elle ait été prévue comme tête de liste de la troisième ville des Ardennes montre bien que le FN n’est pas très regardant sur le choix de ses candidats).
    Pour en revenir à Philippe Cohen, ce qui lui était reproché ce n’était pas de partager les idées du FN, mais de participer à la dédiabolisation d’un parti qui n’a pas, au fond, fondamentalement changé (si la diabolisation n’est d’aucun effet, ce n’est pas une raison pour autant de blanchir un parti raciste). Je veux bien croire que Le Pen, dans le fond, ne croit pas à toutes les calembredaines qui constitue son fond de commerce (cet allié des intégristes catholique pissait dans les bénitiers quand il était jeune). Il n’en est pas moins un personnage dangereux dans la mesure où ce sont les idées qu’il défend qui sont en train de gagner. On le voit par exemple avec la dernière de l’UMP, qui veut revenir sur le droit du sol, alors que le droit du sol, en vigueur depuis plus d’un siècle, est un des piliers de notre République, montrant notre ouverture au monde.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 24/10/2013 @ 01:16

  15. Dites moi donc Gilbert Duroux, çà vous fait peur le national socialisme où inversement un socialisme national. Peut être, aussi un nationalisme social etc……faut il être un expert pour gouverner où pour ADMINISTRER la finance ? Y a bon Obama ? c’est complexe les complexes, certains appellent çà, racisme et là, on en voit de toutes les couleurs. Jeu fait des petits sondages, auprès d’ ouvriers blancs lambda dans ma rue en travaux , pas des subventionnés immigrés de l’UM PS : voteriez vous pour le FN, ils rigolent, nous sommes du FN, l’un d’eux se disaient même marié avec une antillaise, diable, quelle pure coïncidence !

    Commentaire par le grand jeu — 24/10/2013 @ 02:00

  16. Il y a quelque chose que je ne comprends pas dans ce procès en sorcellerie fait à Péant et Cohen pour avoir dégonflé la baudruche Le Pen.
    Dire que celui-ci a créé un mythe noir, si je puis dire, autour de lui ne devrait étonner personne. C’est même un des traits de l’extrême droite que de parer de grandiose sa profonde petitesse.
    Mais évidemment il est plus simple de diaboliser le FN, autrement dit d’en faire un autre presque inhumain, que d’essayer de comprendre pourquoi un nombre grandissant de Français vote à l’extrême droite, ou du moins tombe dans un certain populisme, ça évite de mettre les mains dans sa propre merde.
    Et pourtant c’est dangereux ,car non seulement stigmatiser le FN renforce l’ esprit de corps de ses partisans qui se posent en victimes mais en plus, comme tout le monde le sait, le diable est si attirant.

    @Aliocha

    J’ai pensé à vous quand j’ai lu la nouvelle de la mort de ce monsieur, je savais que cela vous affecterait.

    En passant, ce qu’a dit JF Kahn, « dictature du vrai », je ne sais pas si c’est vraiment un compliment, ça fait un peu Grand Inquisiteur, mais bon …

    Commentaire par Maelle — 24/10/2013 @ 10:06

  17. @ Maelle

    Vous avez raison, ces 2 phrases de JF Kahn sont très malheureuses : « A la pseudo dictature du bien, il chercha toujours, ce en quoi il représentait la quintessence du journalisme, à opposer une dictature du vrai. Il lui arrivait de se tromper, mais avec une telle honnêteté, parfois une telle naïveté, que cela lui permettait très vite de corriger. » C’est du très mauvais Jean-François Kahn. Ce sont les phrases d’un homme en pleine contradiction avec lui-même mais qui a un papier à terminer…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 24/10/2013 @ 10:40

  18. Maelle : « Il y a quelque chose que je ne comprends pas dans ce procès en sorcellerie fait à Péant et Cohen pour avoir dégonflé la baudruche Le Pen ».
    Dégonflée la baudruche ? Alors qu’ils sont aux portes du pouvoir (et que leurs idées infusent dans tous les partis de gouvernement) ?

    Commentaire par Gilbert Duroux — 24/10/2013 @ 14:30

  19. Le Pen est très utile à la gauche pour permettre la réélection de Hollande à la prochaîne présidentielle.
    Un moyenn de rendre la monnaie à la droite de la pièce Chirac -Jospin .

    Commentaire par Scaramouche — 24/10/2013 @ 16:26

  20. @Gilbert Duroux

    J’aurais dû écrire  » pour avoir voulu dégonfler la baudruche Le Pen ». Car ils n’ont bien sûr pas réussi, trop tard, trop peu, trop critiqués.

    Commentaire par Maelle — 24/10/2013 @ 17:39

  21. Philippe a été inhumé cet après-midi au Père Lachaise. Jean-Pierre Chevènement a salué sa mémoire, de même que Yves de Chaisemartin -actionnaire à hauteur de 25% de Marianne – Pierre Péan ou encore Périco Legasse. Tous ont évoqué un esprit libre, certains ont souligné ce que cette liberté lui avait coûté en inimitiés, critiques, attaques diverses et variées, jusqu’à être viré de son propre journal. Il avait le projet de monter une maison d’édition pour publier des enquêtes journalistiques, mais la maladie, dont il avait triomphé plusieurs fois durant sa vie, en a décidé autrement.

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/10/2013 @ 17:42

  22. « Il avait le projet de monter une maison d’édition pour publier des enquêtes journalistiques »… Ça fait un bail que cette alternative se dessine, et que personne ne se jette à l’eau. Saleté de maladie… Quelqu’un pour reprendre l’idée?

    Commentaire par Zarga — 25/10/2013 @ 18:36

  23. Apparemment non et lorsqu’on dit que personne n’est irremplaçable c’est vrai parce qu’il est toujours mis quelqu’un à votre place mais rien ne dit que l’éfficacité l’honnêteté et le courage soit au rendez-vous et que l’échange soit équivalent.
    Chaque être est un exemplaire unique et çette société de collectivisme l’oublie dangereusement.

    Commentaire par Scaramouche — 28/10/2013 @ 13:02

  24. Encore deux journalistes morts dans l’exercice de leur métier, et froidement assassinés en tant que tels semble-t-il…
    Faut-il simplement crier à la barbarie comme le font beaucoup de commentateurs et politiques ? Ou faut-il aussi s’interroger sur ce que nos actions à nous peuvent avoir de barbares aux yeux de ceux qu’elles frappent et qui s’en vengent ainsi, aveuglement ?

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 04/11/2013 @ 00:17

  25. Dans nos guerres humanitaires, de bon ton, la barbarie est toujours en face Mr Denis Monod-Brocad. A propos de « journaliste » considéré vous Mr Alain Soral comme l’un d’eux, il a crée aussi les éditions Kontre Kulture et un nouveau livre va sortir le 7 Novembre, « Désaccords » un dialogue sans compromis sur le FN, avec Eric Naulleau. Qui considère quoi et comment, telle est la question de la qualité du savoir et de qui le transmet. Nous sommes bien dans une fin de la tranquillité où tout allait de soi et entre soi.

    Commentaire par le grand jeu — 04/11/2013 @ 10:23

  26. Triste histoire… A savoir toutefois que ces journalistes ont bravé l’interdiction.

    Dans un tout autre registre je rends un hommage sarcastique à un Zeimmour entre-autres gens très bien qui signent un manifeste de machos en faveur de la prostitution.
    Mal nécessaire certes, mais esclavage plus ou moins consenti et parfaitement humiliant pour l’individu.
    Ça s’appelle chercher de la pub dans les caniveaux..

    Il y a décidément différentes sortes de journalisme

    Commentaire par Scaramouche — 04/11/2013 @ 14:30

  27. Jusqu’où le lapin d’Alice creuse Scaramouche, ainsi que Zeimmour, par son identité protégé, qui parle derrière le rideau à Mr Soral. On frise la barrière, la frontière que dis je, le barbelé juste avant le MUR, cause toujours c’est sans intérêt. Encore rencontré des manuels, chaudronniers, qui affirment très haut qu’ils votent et voteront FN, la mer s’ouvre définitivement, il est vrai qu’il faut encore leur demander.

    Commentaire par le grand jeu — 04/11/2013 @ 19:06

  28. @ Scaramouche :

    Peut-être bien que les deux journalistes en question ont bravé un interdit… mais c’est souvent à cette condition qu’on obtient de l’information. Si non, on fait dans « l’embedded », on est embarqué au sein d’une équipe « officielle » où on risque de relayer la version officielle des choses : en clair, on fait de la propagande, et plus de l’information.

    @ Denis Monod-Broca :

    Bien souvent on pare d’oripeaux humanitaires des interventions armées qui n’ont pour objectif que celui de défendre les intérêts de tel ou tel pays. Quels sont ces intérêts ? Ils me semblent souvent bien mal définis… Pour autant, enlever et abattre froidement deux personnes civiles, qui, pour toute arme, portent un appareil photo ou tout autre matériel technique, pour moi, c’est bien de la barbarie. Ou du meurtre. Appelez le comme vous voudrez.

    Commentaire par Zarga — 04/11/2013 @ 20:16

  29. @ Zarga

    Un assassinat est un assassinat, crime hautement condamnable, et j’ai entendu ce matin sur RTL M. Fabius indiquer que l’état français avait déposé plainte pour enlevement et meurtre devant un tribunal parisien.

    Mais il importe, me semble-t-il, de ne pas oublier 1/ que la violence est toujours imitation, imitation de la violence, et 2/, corollaire de 1/, qu’elle n’est jamais une solution.

    Combien de femmes, d’enfants, de vieillards, et de journalistes peut-être, sans parler des combattants visés, sont tués jours après jours par les drones de nos amis américains, tués froidement, délibérément, pour la bonne cause ?

    Derrière un écran, à des milliers de kilomètres de là, sans risque, sans se salir les mains… un(e) opérateur(trice) appuie sur un bouton et tue. En notre nom. Pour nous défendre.

    C’est pure folie. Nous sommes dans un engrenage mortel.

    Et quand j’entends M. Estrosi, hier, sur RTL toujours, dire qu’il attend de la part du gouvernement une réaction « fulgurante » pour châtier les assassins, je me dis que la barbarie est bel et bien la chose la mieux partagée du monde.

    N’avons-nous donc rien appris ?

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 04/11/2013 @ 20:43

  30. Est ce la guerre qui ne peut plus dire son nom,celle de BHL qu’on aime sans l’aimer, bataille pour la démocratie, si, si , çà doit être çà, l’alibi de la Libye ? Et quand elle a parlé, on dit non. Morsi l’a dit pour sa défense, c’est moi le président élu, qui me juge ? Bonjour le sac de noeuds, quelque chose d’autre la contrôle, donc, comme à Maestriche, un autre coup des maîtres de la com entre autres. Bcp aimé l’interview à la télé guider, des maliens du 9 3, des déserteurs de leurs pays mis en 1ere ligne, passeraient presque pour des résistants assistés par la caméra, elle même noir désir de reconnaissance, 10000 en France, allons enfants de la traitrise apatride……. 500 syriens vont être accueillis, cheux nous, ils ne passent pas par Lampedusa ceux là, z’ont du subir une sélection à l’embauche où pour la débauche.
    Silence on tourne.

    Commentaire par le grand jeu — 04/11/2013 @ 22:53

  31. @ Denis Monod-Broca :

    Je ne suis pas sûr que la violence soit toujours imitation de la violence d’un ou d’une autre. Je pense que nous sommes porteurs de cette aptitude, depuis la nuit des temps. Point besoin de singer, de reproduire le comportement d’un prédécesseur.

    Au sujet des drones, d’accord avec vous. D’ailleurs, bien des stratèges outre atlantique ont compris le déséquilibre créé par l’utilisation de cette arme… et l’effet contre-productif qu’elle génère.

    Quand je parlais d’interventions armées faites au nom de la défense des intérêts de tel ou tel pays, je me demandais qui déterminait quels étaient ces intérêts? Et selon quels critères? La France a soutenu le clan Ben Ali en Tunisie pendant des années (vingt cinq ans! quelle honte!), au nom de la défense de certains de ses intérêts. On a vu par quelle pitoyable pantalonnade ça s’est terminé.

    Que la violence ne soit jamais une solution… j’aimerais tant y croire, mais enfin, face à l’oppression, l’arbitraire, ou au meurtre, on ne peut pas toujours se contenter de la non-violence.

    Les insurgés du ghetto de Varsovie savaient très bien qu’ils ne s’en sortiraient pas vivants. Leur violence ne leur a été d’aucun secours, n’a rien changé au destin de l’écrasante majorité de ces personnes. Il s’agissait de sauver la dignité humaine, pas la vie de tel ou telle.

    Commentaire par Zarga — 05/11/2013 @ 21:01

  32. @ Zarga

    « C’est lui qu’a commencé » est l’éternelle défense, depuis le plus jeune âge, de ceux qui font acte de violence. Si ce n’est pas de l’imitation, ça !?… Chacun justifie sa violence par celle de son adversaire.

    Où est notre intérêt ? Vaste question en effet et dont la réponse ne va jamais de soi. J’en ai une autre, plus délicate encore : où est le bien commun ?

    Violence ou pas violence ? Socrate n’a pas exercé de violence (sinon envers lui-même sur ordre), Jésus n’a jamais exercé de violence : cela ne leur sera jamais retiré. Le peuple juif (à quelques tentatives désespérées près) n’a jamais exercé de violence non plus malgré 20 siècles de persécution : cela ne lui sera jamais retiré non plus. Quel meilleurs modèles pourrait-on prendre ? À moins de se mettre résolument du côté des persécuteurs, à la manière de Nietzsche, et d’en perdre la raison…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 05/11/2013 @ 22:10

  33. « C’est lui qu’a commencé » est l’éternelle défense, depuis le plus jeune âge, de ceux qui font acte de violence. Si ce n’est pas de l’imitation, ça !?…  »

    C’est bien de l’imitation, j’en conviens volontier.
    Mais que faites vous de ces accès de sourde colère qui jaillissent parfois du plus profond de nous, suscités par l’envie, la jalousie, que sais-je encore, et qui nous amènent parfois à manifester une certaine violence… Verbale ou physique?

    Jésus n’a jamais usé de violence, c’est vrai. Merci pour ce rappel.

    Mais quelle violence Caïn a-t-il imité quand il a tué son frère? Le dépit, la jalousie, l’envie… dont nous sommes tous porteurs, depuis que l’homme est homme.

    Juste un mot, pour vous remercier, Denis : pour la qualité de l’échange que vous proposez. Merci mille fois.
    Et un regret : celui de n’avoir pu venir à l’invitation de notre hôtesse, lors de sa séance de dédicaces… et de n’avoir pu vous rencontrer.

    Commentaire par Zarga — 06/11/2013 @ 00:56

  34. @ Zarga

    La jalousie, l’envie, que vous mentionnez à juste raison sont à la base de tout. Elles sont elles aussi, très largement, imitation. Au moins si l’on suit l’hypothèse du « désir mimétique » de René Girard. Envier c’est vouloir avoir ce que l’autre a ou veut avoir. Envier c’est imiter l’envie de l’autre.

    Il en est ainsi depuis que le monde est monde, ou depuis que l’homme est homme. En effet. C’est bien ce que signifie l’histoire de Caïn et Abel.

    Ce qui est (relativement…) nouveau c’est que nous savons tout cela, que nous n’avons plus l’excuse de l’ignorance. Nous savons et disons que la violence n’est jamais une solution, et pourtant nous agissons comme si nous ne le savions pas.

    Faut-il attendre que notre hôtesse écrive un autre livre et nous invite à une nouvelle séance de dédicace pour que nous fassions connaissance ?…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 06/11/2013 @ 14:58

  35. @ Denis Monod-Broca »
    « Le peuple juif (à quelques tentatives désespérées près) n’a jamais exercé de violence non plus malgré 20 siècles de persécution : cela ne lui sera jamais retiré non plus ».

    Qu’est-ce qu’il ne faut pas lire ! C’est quoi le peuple juif ? Ce serait pas les habitants d’un état juif, par exemple ? Vous auriez dû aller faire un tour à Gaza sous les bombes, par exemple. Vous auriez vu si le bras armé du peuple juif n’est pas capable des pires violences contre les civils.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 07/11/2013 @ 16:45

  36. @ Gilbert Duroux :

    J’ai moi aussi du mal avec la définition de « peuple juif ». Ceux qui se battaient à Massada représentaient-ils l’ensemble du peuple juif? Et les combattants du ghetto de Varsovie, combien étaient-ils à se sentir appartenir au « peuple juif » avant d’être exclus de leurs nations respectives?
    Pour moi, le mot « juif » désigne une personne de confession juive, donc pratiquant une religion… Et pas un membre d’un peuple ou d’un état. C’est pourquoi, concernant la France, j’ai toujours préféré la notion de « Français juif » à celle de « juif de France ». Concernant Israël, la dénomination d’état juif me gêne un peu là aussi, sachant que tous les israéliens ne sont pas de confession juive : il y a aussi de nombreux arabes d’autre confession.
    Alors, s’il vous plaît, ne mélangeons pas tout.

    Commentaire par Zarga — 07/11/2013 @ 20:32

  37. @ Denis Monod-Broca :

    Je pense que nous pouvons anticiper un peu sur la prochaine parution de notre hôtesse ! 😉

    Commentaire par Zarga — 07/11/2013 @ 21:22

  38. @ Gilbert Duroux

    On peut se lancer dans une querelle de définitions mais ça n’a pas grand intérêt.
    Avant la Passion, il y le peuple hébreu. Après la Shoah, il y a l’état d’israël. Entre les deux il y a le peuple juif. C’est sommaire certes mais je crois conforme à l’histoire.

    « La Shoah, Golgotha du monde moderne » a dit Jean-Paul II. Il y a en effet une extraordinaire ressemblance entre les deux : ici un homme, là un peuple, deux victimes innocentes unanimement condamnées et mises à mort, et dans les deux cas par des bourreaux dont le savoir, l’expérience, l’appétit de justice, les principes… auraient dû les préserver d’un tel épouvantable crime…

    Sommes-nous les héritiers des bourreaux ou des victimes ?

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 07/11/2013 @ 21:25

  39. Jésus n’a jamais usé de violence, c’est vrai. NON , il s’est fait suicidé, violence exemplaire sur lui même, jusqu’où va cette fameuse et unique haine de soi, d’autres juifs ne lui ont jamais pardonné cet…. affront dans la surenchère du mais si
    C’est complexe le complexe du sauveur dont est perclus cette identité très proche de la femme.
    Est ce que l’usure est un crime, une torture et à quel taux est le seuil de violence, çà vous pousse au suicide ce genre de pratique, non ? et personne n’est responsable, crime parfait.

    Commentaire par le grand jeu — 07/11/2013 @ 22:29

  40. […] Philippe Cohen ou la leçon d’humilité […]

    Ping par Philippe Cohen | Pearltrees — 31/12/2013 @ 12:43


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