La Plume d'Aliocha

10/10/2013

A l’UIMM, l’argent n’a pas de nom

Filed under: Justice — laplumedaliocha @ 11:46
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Palais de justice de Paris – mercredi 9 octobre 15h00 – Jour 3 du procès de l’affaire dite UIMM : On savait déjà que l’argent n’avait pas d’odeur, il se pourrait que dans certains milieux, il n’ait même pas de nom. Grand, mince, le regard bleu, les cheveux blancs, Denis Gautier-Sauvagnac, le principal prévenu dans le dossier – il a été président et délégué général de l’UIMM à l’époque des faits incriminés – s’explique à la barre. Lorsqu’il prend ses fonctions en avril 1994, celui qu’il va remplacer lui confie alors « il y a deux ou trois choses qu’il faut que je vous dise…vous allez recevoir dans quelques jours la visite de l’un de nos habitués. Et en effet, un homme que je connaissais par ailleurs déjà vint me voir quelques temps plus tard en me disant : « je crois que c’est vous maintenant que l’on vient voir pour la chose » ». La « chose », ce sont les enveloppes d’argent liquide. Et c’est visiblement un secret que l’on se confie de président à président car les membres du bureau de l’UIMM ont tous nié en bloc avoir été au courant de l’existence d’une caisse, l’EPIM et de l’utilisation qui avait pu en être faite. « Je m’étonne de cette ignorance de la part du président de Peugeot qui était précisément à la tête de la société lorsque celle-ci a bénéficié de l’aide de l’EPIM », observe un peu plus tôt Denis Gautier-Sauvagnac.   Face à ces 18 millions d’euros d’espèces sortis des caisses de l’UIMM entre 2000 et 2007, la justice veut des justificatifs (ils ont été détruits), des dates, des noms de bénéficiaires. Devant le juge d’instruction, l’ex patron de l’UIMM s’est refusé à répondre, se contentant d’une formule devenue célèbre, les sommes servaient à « fluidifier le dialogue social ». Certes, au fil des débats, la destination de la « chose » prend des allures de secret de polichinelle. Faute de pouvoir parler, on verse des livres au dossiers de journalistes et de sociologues qui disent ce que l’on tait. Tout le monde a donc plus ou moins compris que la « chose » allait à des syndicats de salariés, au CNPF aussi, c’est la petite nouvelle de la près-midi. Sauf que  le tribunal trouve tout cela un peu court comme explication, trop d’argent en jeu, trop de secret ou de discrétion…

– Mais enfin, en tant qu’inspecteur des finances, pourquoi n’avoir pas fait acte d’autorité en mettant un terme immédiat à ces pratiques ou bien refusé les fonctions qu’on vous proposait ? interroge un assesseur. La question est assassine pour ce haut fonctionnaire qui vient justement d’expliquer qu’il s’était employé durant toute sa carrière à servir l’intérêt public, tant dans l’administration que dans le privé.

– Vous voulez parler des compléments de salaires ? Je ne suis pas resté inerte, répond l’intéressé.  A mon arrivée il y avait une vingtaine de collaborateurs qui en bénéficiaient, je ne pouvais pas y mettre fin brutalement au risque de créer un désordre social au sein du syndicat. Quand l’un d’entre eux partait à le retraite, celui qui le remplaçait ne touchait pas d’espèces. Quand il n’en est plus resté que six, j’ai mis fin au système.

– En 1994, le climat général ne vous permettait pas d’ignorer les risques attachés au maniement d’espèces, insiste le même assesseur.

– L’origine des fonds ne soulevait aucune inquiétude, les retraits étaient opérés par chèque, avec double signature, au guichet, pendant les heures d’ouverture, au vu et au su de tous, se défend DGS.

– L’ennui, c’est qu’on ne sait pas à quoi ont servi les sommes, intervient la présidente.

– Existe-t-il un droit de savoir ? lance de sa voix puissante Jean-Yves Le Borgne, l’avocat du prévenu, mettant le doigt sur l’une des questions clefs de ce procès.

– En 1994, des gens très honorables ont mal fini, grince la présidente, qui fait allusion à l’un des mots clefs du discours de DGS, l’argent a été remis à des gens « très honorables ».

Et Jean-Yves Le Borgne de souligner : on ne peut pas conclure, parce qu’il s’agit d’espèces  versées discrètement que c’est forcément louche.

– Pourquoi persister dans le mutisme, insiste encore le même assesseur. A la page 47 de l’ordonnance de renvoi, le magistrat instructeur note qu’il déduit de votre silence et de la destruction des pièces justificatives l’abus de confiance. Pourquoi vous taire encore face à un risque pénal important ?

– Je souhaiterais alléger le fardeau qui pèse sur mes épaules depuis six ans en donnant les noms des organismes et même des personnes. Si je m’en suis abstenu et continue à m’en abstenir ce n’est pas par manque de respect ou arrogance à l’égard de votre tribunal, c’est pour ne pas impliquer des organismes qui participent à notre équilibre social et des personnes très honorables à l’égard desquelles je n’ai pas de preuves, qui nieraient,et qui seraient donc livrées à la vindicte publique. Pendant 15 ans j’ai travaillé à la paix sociale, noué des relations de confiance avec des personnes qui me considèrent comme dépositaire de cette confiance, trahir n’est pas dans mes valeurs. Je suis dans un corner. Je suis coincé.

– Ainsi donc le public pourrait être choqué, rebondit la présidente.

– Compte tenu des personnes en cause, oui.

Ce qui semble sûr en tout cas, c’est qu’il n’y a pas eu d’enrichissement personnel. Tracfin et le fisc ont épluché le patrimoine de Denis Gautier-Sauvagnac sans rien trouver.

A l’issue de l’audience, le mystère restait donc entier sur la destination précise des fonds. Quant au maniement d’importantes sommes en liquide – les retraits allaient de 50 000 à un million de francs avant l’arrivée de DGS, il étaient ensuite de 200 000 euros – l’intéressé explique qu’il avait travaillé en cabinet ministériel au début de sa carrière et manié des fonds en liquide, de sorte que cette pratique, qu’il n’aimait pas et à laquelle il avait décidé de mettre fin, ne lui paraissait toutefois pas illégale. C’est l’un des grands arguments de la défense : à l’époque le gouvernement et le parlement fonctionnaient ainsi, on ne saurait donc le reprocher à un syndicat. En les écoutant, on songe au décalage dont les intéressés ne semblent pas être conscients entre leur univers d’enveloppes d’argent liquide, de sommes astronomiques, de fluidification des relations,  et celui des juges, des journalistes et du public, en clair des citoyens ordinaires, pour qui ce genre de pratiques apparaît parfaitement exotique. C’était bien vu de la part de Jean-Yves Le Borgne de mettre en garde dès le départ contre « le désir de vengeance des sans-culottes » car précisément ici, on comprend bien qu’il a au moins existé et sans doute qu’il existe encore, des règles spécifiques dédiées à une aristocratie qui ne dit pas son nom.

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32 commentaires »

  1. Le nombre de grèves évitées représente en coût peut être 10, 20 ou 50 fois ces sommes et plus encore.

    Commentaire par zelectron — 10/10/2013 @ 11:53

  2. bonjour,

    Je ne comprends pas pourquoi vous parlez d’aristocratie qui ne dit pas son nom. Au fonds votre compte rendu tend (la lecture que j’en fait) plutôt à relativiser ce qui s’est passé. Des sommes en liquide on été donnée. Ont elles servi à des activités illégales, les accusés disent que nom et c’est crédible puisqu’il n’y a pas d’enrichissement personnel. Les personnes qui ont bénéficié de ces sommes se sont peut être mises dans des situations de conflit d’intérêt et aurait dû déclarer ce revenu au moins au fisc. Que la justice fasse son travail et les trouve, mais ce n’est pas le rôle d’un accusé de dire au tribunal  » en fait je ne suis pas l’accusé, celui que vous cherchez et M. Dupont ou M. Durand ».

    Commentaire par Totol — 10/10/2013 @ 11:56

  3. @zelectron et Totol : il y a plein de niveaux de lecture dans un procès comme celui-ci, le judiciaire qui détermine l’issue pour les prévenus, c’est le plus important, mais aussi le niveau moral (dans les procès de cols blancs, les avocats plaident souvent qu’il peut y avoir matière à discuter sur le terrain moral mais que les faits ne sont pas des infractions), et puis plus largement le niveau des questions de société. On a ici le procès d’une époque (un peu révolue mais pas totalement) et d’un certain milieu. Ensuite, libre à chacun d’en penser ce qu’il veut 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/10/2013 @ 12:09

  4. Je crois qu’aucune époque n’est révolue Aliocha tant que les hommes existeront . Ils s’imaginent chaque siècle innover et mieux faire alors ils changent les noms et les gouvernants il y a des modifications et quelquefois des améliorations mais les humains ont mêmes gourmands appétits depuis leur création ; ce qui change c’est l’art et la manière .
    Le fait qu’on achète la paix sociale comme le silence de son voisin existe depuis la nuit des temps et c’est vouloir jouer les Robespierre que chercher à rendre tout limpide et sans faille. (A la limite le monde deviendrait ennuyeux …)
    Dans certaines mairies de banlieues parisiennes on paie les chefs de gang ou de communautés agressives pour qu’ils n’embêtent pas les citoyens tranquilles c’est comme un impôt prélevé par la maffia sauf que c’est le citoyen qui régale. Ca marche et coûte peut-être moins cher que les CRS.

    La fin justifie les moyens, je le déplore croyez-bien mais c’est un cercle vicieux où les citoyens sont impuissants car même si je suis une fana de chevaux je me vois mal avec un bulletin de vote changer l’humanité et nettoyer ces écuries là.

    Commentaire par Scaramouche — 10/10/2013 @ 13:21

  5. La justice a mis la main sur quelqu’un qui a fait un truc illégal, qu’elle le condamne, ou qu’elle le déclare innocent, ce n’est pas à moi dire ce qu’il en est. Dans l’hypothèse où elle le condamne, il peut, ou non, donner les noms des bénéficiaires. S’il donne ces noms, il sert la justice, et peut ainsi obtenir une certaine indulgence. S’il ne les donne pas, il s’expose à une condamnation plus sévère, c’est son choix.

    Nous, de notre côté, pouvons donner notre sentiment sur ce que cela révèle de l’état de notre société et particulièrement de nos élites, qui se conduisent en effet comme une aristocratie intouchable. Je ne suis pas d’accord avec le constat d’impuissance: si la justice condamne, elle indique aux élites que cela n’est pas admissible par la société dans son ensemble. Si elle est indulgente, elle indique que les élites peuvent continuer sur le même chemin. Il y a là un vrai pouvoir, il suffit de vouloir l’exercer.

    Ma réponse à l’excellent Maître Le Borgne sera donc: Des sans-culottes, nous? Et pourquoi pas, s’il ne s’agit pas juste de se venger, mais de faire place pour une société plus mature, plus juste et plus honnête? Après tout, les vrais sans-culottes ont commis bien des injustices et même des crimes, mais ils ont aussi construit les fondations d’un régime nouveau, moins injuste que l’ancien.

    Commentaire par Gwynfrid — 10/10/2013 @ 14:10

  6. je n’ai pas le sentiment que le vrai problème soit abordé
    Je ne parle pas du tribunal, ce n’est pas son rôle, mais des commentaires

    Il me semble que la question posée est bien plus vaste. Des sommes d’argent circulent aussi dans les milieux politiques… et pour les même raison

    Peut être faudrai t’il s’interroger sur le coût de la démocratie. Est-ce tenable et même avantageux une démocratie dépourvue de moyen de se financer comme actuellement c’est largement le cas?
    Serai t’il insuportable que de dire qu’une démocratie a besoin d’acteurs, de rouage, de pouvoirs et de contre pouvoir (partis, mais aussi syndicat) et qu’il n’est peut être pas anormal que l’impôt le finance ausi.

    C’est cher? Mais le système actuel est t’il vraiment meilleur marché?
    Je m’indigne chaque jour du manque de zèle de nos dirigeants pour défendre l’intérêt public et les décisions hallucinantes prises dès que s’agite le plus infinitésimal lobby dès qu’il dispose du pouvoir de l’argent. C’est peut être ça la réponse et elle ne me satisfait pas.

    On ne peut objectivement pas dire que l’offre politique et syndicale actuelle est à niveau, mais est-ce un hasard?

    Commentaire par fredo — 10/10/2013 @ 14:45

  7. en filigrane la corruption des directions des syndicats, comités d’entreprises et autres organisations y compris sportives n’est pas évoquée, ah! oui, ils sont blancs comme neige, effectivement je n’y avais pas pensé…

    Commentaire par zelectron — 10/10/2013 @ 15:48

  8. Désolé de revenir à la charge mais j’ai du mal à comprendre le problème. Je ne vois pas de problème du point de vue de l’UIMM (à moins évidemment que des activités illégales ait été financées). Le problème se trouve du coté de ceux qui ont accepté l’argent.

    Une comparaison, je comprends que des labos pharmaceutiques essaie de promouvoir leur médicaments, c’est de la publicité légitime, en invitant des médecins, en sponsorisant des recherches, … C’est un problème pour les médecins d’accepter de l’argent. C’est un problème si il n’est pas possible pour les médecins de ne pas accepter cet argent (blocage de la recherche, …)

    Commentaire par Totol — 10/10/2013 @ 15:50

  9. @ Totol
    On pourrait mettre à égalité le corrupteur et le corrompu, non ?

    Commentaire par Gilbert Duroux — 10/10/2013 @ 16:01

  10. @Gilbert Duroux,
    le problème c’est qu’il y a preuve à l’encontre de l’IUMM et quasiment rien du coté des corrompus (et c’est ainsi depuis [presque] la nuit des temps et que ça continuera sous cette forme ou d’autres) Comment croyez vous que certains permis de construire se négocient, ou certaines attributions de marchés publics ? (voire mêmes privés, c’est un comble!)

    Commentaire par zelectron — 10/10/2013 @ 16:08

  11. @Gilbert Duroux
    Merci de me donner l’occasion de préciser mon propos ! Non, on ne peut pas les mettre à égalité parceque tout dépend en l’occurrence du corrompu. Si je vous engage pour faire la publicité de mes missiles, il n’y a pas de problème (autre que fabriquer des missiles ;). Le problème naît si vous refusez de reconnaître l’existence de ce lien. En l’occurrence rien n’interdisait aux syndicats (à prouver bien entendu) de reconnaître ce lien et de discuter avec leurs militants de la nécessité éventuelle de refuser de tels cadeaux.
    On n’est pas dans le cas d’une campagne électorale ou il y a un soupçon beaucoup plus évident de trafics d’influence et in fine d’enrichissement du corrupteur, là oui je mettrai au même niveau corrupteur et corrompu. Encore pire, dans le cas d’une corruption sur des marchés publics. Dans ces derniers cas, le corrompu ne peut pas avouer un tel financement et le corrupteur doit en tenir compte.

    Commentaire par Totol — 10/10/2013 @ 16:15

  12. @ Zlectron # 1 :

    Peut-être… c’est le mot-clé : on n’en sait rien, pure spéculation, gratuite (si j’ose dire !;-))

    @ Zelectron # 7 : en filigrane, la corruption tout court. Comme disent nos amis Grands Britons, It takes two to tango. Si l’un est corrompu, c’est qu’il l’est par l’autre, tout aussi responsable, et tout aussi coupable.

    Personne n’est blanc comme neige…

    Commentaire par Zarga — 10/10/2013 @ 18:26

  13. @ Gwinfrid

    (Quote) après tout les sans culotte on commis bien des injustices et même des crimes mais ils ont construit les bases d’un régime nouveau moins injuste que l’ancien (quote)

    Sans doute plus méfiante je suis réticente avec cette dernière phrase . C’était une toute autre société avec d’autres principes d’autres croyances et d’autres lois, nous sommes en monarchie républicaine , (Hollande à l’Elysée n’est pas madame Merkel chez-elle ) et en ce qui concerne les « affaires » la république n’a rien à envier à l’ancien régime au contraire puisque maintenant ils sont plus nombreux à s’enrichir .
    En fait on arrange l’Histoire suivant nos besoins , ce sont les têtes qui changent en république mais pas les hommes.
    Dans les crimes de la Terreur n’oubliez pas le génocide de Vendée et n’occultez pas le fait que le petit peuple a d’avantage payé sur la guillotine que les nobles pour beaucoup émigrés. Un peu comme maintenant pour les impôts .
    Sans doute pour cela je n’ai pas l’esprit révolutionnaire, ceux qui paient ne sont pas ceux qui râlent et réclament, et quand on est dedans elle écrase ses enfants.
    Commençons donc par séparer vraiment la justice du pouvoir comme c’est aux Etats-Unis et nous aurons fait un pas en avant.

    Commentaire par Scaramouche — 10/10/2013 @ 18:31

  14. Nous sommes en monarchie republicaine, dites-vous Scaramouche. Ah bon, je ne savais pas que Thomas allait succeder a son pere Francois …
    Une question par curiosite : j’ai comme l’impression a la lecture de vos differentes interventions que vous avez une certaine sympathie pour le regime monarchique (ah la Vendee!), soit, mais la democratie la-dedans vous en pensez quoi exactement ?

    Commentaire par Maelle — 10/10/2013 @ 18:47

  15. @ Maelle

    Bien dommage parce que Thomas aurait été élevé dans le sérail et aurait peut-être appris son métier au lieu d’avoir un « parachuté  » à chaque fois qui ne pense qu’aux élections et n’a de temps pour rien.
    Le train de vie Elyséen est royal et que dire de Versailles utilisé régulièrement et qui sert de rendez-vous au gouvernement dans les grandes occasions .? En France le pouvoir est fastueux et il se pare des plumes du paon à l’occasion
    Notre république n’a rien trouvé de mieux que chausser les souliers des « tyrans  » pour aussi se comporter en maître car une fois au pouvoir le peuple est rarement consulté.

    J’ai tendance à penser que la démocratie c’est la loi de la quantité qui prime sur la qualité mais que c’est le meilleur moyen qu’on ait trouvé pour que la loi soit respectée .avec le moins d’opposition possible . C’est donc une bonne chose et Je ne vois pas qu’elle soit incompatible avec la monarchie constitutionnelle pas plus que le socialisme si on regarde d’autres pays en Europe où elle a le mérite de donner un sentiment d’unité et de continuité dans la tradition sous un même drapeau . Et ne me dites pas que ça leur coûte plus cher , le PIB est meilleur dans les pays nordiques.

    Quant à la Vendée c’est ma Shoah personnelle ( ne confondez pas avec les Chouans s’il vous plait) il y a toujours des rescapés dans les paysans qui au fil des générations transmettent leur parcelle d’Histoire aux générations suivantes c’est l’ennui avec les génocides .
    Mais rassures-vous je ne conspire pas …

    Commentaire par Scaramouche — 10/10/2013 @ 21:13

  16. @ Aliocha :

    La juriste que vous êtes pourra peut-être m’éclairer : monsieur Gautier-Sauvagnac n’est-il pas tenu de collaborer avec la justice, et par là même de répondre aux questions que lui posent les magistrats ? Comment peut-on refuser de répondre devant un tribunal, de donner les éléments d’information
    dont on dispose, dans la mesure où on n’est tenu par aucun secret professionnel ?

    Commentaire par Zarga — 10/10/2013 @ 21:30

  17. @Scaramouche

    Je pense aux trois fils Sarkozy et la je fremis …

    Sans entrer dans de grandes discussions qui seraient sans fin, simplement de mon point de vue (ce qui est sans doute egoiste mais je pense que beaucoup sont dans le meme cas que moi), etant donne d’ou je viens et qui je suis, il est fort heureux que je n’aie pas vecu sous l’ancien regime.

    Votre « Shoah personnelle », la Vendee, wahou … je ne sais pas trop quoi dire … Et pourtant je suis plutot partisane pour x raisons du comparatisme historique.

    Commentaire par Maelle — 10/10/2013 @ 23:40

  18. @ Maelle, Scaramouche: la Vendée est hors sujet ici! Je sais bien que chez certains c’est un point Godwin de rechange mais on n’est pas obligé de tomber dedans à chaque coup.

    Il ne faut pas faire dire à la métaphore des sans-culottes plus que ce qu’elle ne signifie vraiment. C’est Me Le Borgne qui l’emploie en premier: le sous-entendu, habile, est que le tribunal qui condamnerait M. Gautier-Savagnac ne vaudrait pas mieux que celui de Fouquier-Tinville. C’est évidemment une grossière exagération. M. Gautier-Savagnac ne risque pas la guillotine, ni la prison à vie; il est défendu avec efficacité et bénéficiera du doute s’il y en a un. Laissons les morts de la Vendée reposer en paix.

    « en ce qui concerne les « affaires » la république n’a rien à envier à l’ancien régime au contraire puisque maintenant ils sont plus nombreux à s’enrichir ». Il n’est pas sûr que les fromages de la République soient plus nombreux ni plus gras que les anciennes pensions accordées par le roi (j’en sais rien, moi…), mais passons, ce n’est pas, là non plus, le sujet. En tout cas, ce que vous dites est un argument pour une punition exemplaire. L’alternative, c’est la classique, et coupable indulgence à la française. En tant qu’expatrié en Amérique du Nord, j’ai un point de comparaison: je peux vous dire qu’un dirigeant du niveau de M.Gautier-Savagnac qui se rendrait coupable de manipulations telles que décrites ici n’obtiendrait aucune indulgence populaire si l’affaire se produisait par chez moi. La propension française à toujours passer l’éponge sur les fautes des puissants me surprendra toujours.

    Commentaire par Gwynfrid — 11/10/2013 @ 05:24

  19. @ Gwinfrid

    En France nous sommes le produit d’un riche passé et nous y revenons souvent lors de discussions politiques . Ces références permettent de mieux analyser le présent et il faut voir chaque table ronde à la télévision pour se rendre compte que les partis en présence refont le présent à l’aide du passé.
    Tout comme chez-vous les plaies de votre guerre civile avec le Sud, celles de la révolution où est née notre république restent dans les mémoires ,
    Il ne faut pas comparer les Etats Unis où comme je l’ai dit la justice est totalement indépendante du gouvernement. Votre république ne ressemble pas plus à la nôtre que votre mentalité qui est totalement différente . Aux U.S il est évident que la réussite n’a pas la même connotation et que la lutte des classes se fait moins sentir. Malgré l’animosité des républicains influencés par le Tea Party contre l’Obamacare il y a d’avantage de sentiment nationaliste et patriotique chez-vous que de réelles différences politiques.

    En conclusion si vous ne vivez pas ici votre vie quotidienne vous ne pouvez pas vous rendre compte réellement de la société qui subit actuellement de profonds changements et n’a rien mais vraiment rien à voir avec la vôtre tant dans les rapports humains et dans la façon de discuter que des sujets abordés et ceci n’est pas une critique loin de là.

    Commentaire par Scaramouche — 11/10/2013 @ 06:22

  20. @Zarqa

    Euuuhhh…. Encore heureux qu’on laisse à tous les prévenus le droit de ne rien répondre. Ils n’ont pas à faire le travail de leurs accusateurs. En ce qui concerne, cette affaire, on verra au terme du procès si le mutisme Gautier-Sauvagnac était une bonne stratégie.

    Commentaire par Switz — 11/10/2013 @ 13:13

  21. @ Switz :

    Je pensais naïvement que garder le silence plutôt que de répondre aux questions des magistrats revenait à mentir (par omission), et que ça n’était pas à faire dans un tribunal. Et puis le silence du prévenu en l’espèce revient à se faire le complice de certains agissements répréhensibles, non ?

    Alors, comment on fait ?

    Commentaire par Zarga — 11/10/2013 @ 17:52

  22. Le jugement va s’effectuer comme d’habitude sur le plan de la forme : coupables ! Quant au fond, la question plus que sérieuse qui se pose est la suivante: combien vaut la paix sociale ? mais ira-t-on jusque là ? L’hypocrisie règne par dessus-tout !

    Commentaire par zelectron — 11/10/2013 @ 21:30

  23. Heu, Scaramouche, vous êtes très gentil de me faire la leçon sur ce qu’est un Français et sa mentalité, mais vous ne savez à peu près rien de moi: je vous ai juste dit que j’étais expat. Basées sur cette ignorance, vos conclusions à mon égard sont, naturellement, à côté de la plaque.

    Contentons-nous de clore cette discussion sur un constat de désaccord: je n’en ferai pas une maladie. Je sais très bien que je suis minoritaire lorsque je revendique moins de déférence et d’indulgence vis-à-vis des puissants qui commettent des malversations : je l’avais compris bien avant de partir vivre à l’étranger (pour des raisons sans aucun rapport avec ce genre de sujet, je vous rassure d’avance :-)).

    Commentaire par gwynfrid — 12/10/2013 @ 13:42

  24. […] Palais de justice de Paris – mercredi 9 octobre 15h00 – Jour 3 du procès de l’affaire dite UIMM : On savait déjà que l’argent n’avait pas d’odeur, il se pourrait que dans certains milieux, il n’ait même pas de nom. Grand, mince, le regard bleu, les cheveux blancs, Denis Gautier-Sauvagnac, le principal prévenu dans le dossier – il a été président et délégué général de l’UIMM à l’époque des faits incriminés – s’explique à la barre. Lorsqu’il prend ses fonctions en avril 1994, celui qu’il va remplacer lui confie alors "il y a deux ou trois choses qu’il faut que je vous dise…vous allez recevoir dans quelques jours la visite de l’un de nos habitués. Et en effet, un homme que je connaissais par ailleurs déjà vint me voir quelques temps plus tard en me disant : "je crois que c’est vous maintenant que l’on vient voir pour la chose"". La "chose", ce sont les enveloppes d’argent liquide…  […]

    Ping par A l'UIMM, l'argent n'a pas de nom | Chronique d... — 12/10/2013 @ 17:45

  25. @ Gwinfrid

    Je regrette votre réponse nous aurions pu avoir quelques aimables échanges. Il y a mutuelle incompréhension car je ne sais pas mettre un visage sur du virtuel. Pour moi il n’y a pas de »personne » quand je ne rencontrerai jamais l’auteur . je ne réponds à rien d’autre que ce que vous écrivez et je ne m’intéresse pas à autre chose je regrette de vous décevoir mais les posts sont lus par tous et tout le monde n’est pas « expat » . Donc j’expliquais mon point de vue et ne vous faisais pas l’injure de vous faire la « leçon » je ne suis pas là pour faire l’éducation des foules et encore moins quand je ne suis pas payée (lol)

    Je considére les forum comme un lieu d’échanges et de découvertes et pas comme un lieu d’agressivité et de défoulement où les pathologies diverses trouvent leur traitement . ( ceci ne vous concerne pas et je parle en général)
    En conséquence à moins d’avoir un besoin de me défouler en étant certain de l’impunité ou une envie de me valoriser en jouant des mécaniques (style loulou de Poméranie face aux lions de la savane..) en conséquence donc et pour vous répondre personnellement et sans fioritures cette fois: j’ai passé le temps des cours de récré et je crois sincèrement que les états d’âme de nos petites personnes tout le monde s’en fout

    Commentaire par Scaramouche — 13/10/2013 @ 08:52

  26. Et après on viendra benoîtement s’étonner que les syndicats n’aient plus guère d’audience auprès des salariés. Mais si les syndicats reçoivent de l’argent pour être conciliants et ne pas déclencher de grèves, comment leur faire confiance ?

    Commentaire par Barbara — 13/10/2013 @ 16:49

  27. @ Barbara

    Il y a différents courants dans les syndicats et certains sont moins opposants que d’autres .. Est-ce parçe que les syndicats n’ont pas assez d’adhérents en France pour discuter d’égal à égal avec les patrons qu’ils brandissent la menace de grève comme seule arme ?
    Je ne sais pas comment ca se passe en France mais dans les pays nordiques les syndicats ´ont pas la même réputation . Avez -vous des informations à ce sujet ?
    Nous avons l’impression que les syndicats doivent s’opposer pour protéger les salariés mais ils ont aussi un pouvoir de conciliation et celui de créer un pont entre la direction et les employés.
    Les grèves sont la réponse ultime…

    Commentaire par Scaramouche — 13/10/2013 @ 17:44

  28. Il y a tout de même deux sortes de syndicats en France ceux qui sont d’obédience marxistes pour qui « bouffer » du patron est un dogme et les autres …

    Commentaire par zelectron — 13/10/2013 @ 18:28

  29. Je crois Zelectron que vous avez une saine conclusion . Pour être pris au sérieux les Syndicats devraient être plus forts et moins sectaires mais la mesure en toutes choses est synonyme de perfection et elle n’est dit -on  » pas de ce monde » . En attendant pour survivre il leur faut trouver de l’argent.

    Commentaire par Scaramouche — 14/10/2013 @ 03:27

  30. Non que vous ayez tort tous les deux, mais pour faire une remarque niveau cafe du commerce, moi je ferais plutot, en tout cas pour les greves, la difference entre ceux qui peuvent se permettre de faire greve car ils ne perdront pas leur emploi et qu’ils emmerdent le plus grand nombre (inutile je pense de donner les exemples) et les autres dont les greves sont invisibles et risquees. Bon, y parait que les premiers font aussi greve pour defendre les seconds … Mon avis, on n’est pas libres et egaux en droit de greve !

    Commentaire par Maelle — 14/10/2013 @ 08:33

  31. Et puis il faut assurer discrètement le train de vie de certains de leurs leaders ainsi que contribuer à leurs bonnes œuvres …

    Commentaire par zelectron — 14/10/2013 @ 10:48

  32. Mais c’est ça la liberté et la démocratie Maelle le droit d’embêter les autres pour préserver les siens et à tour de rôle . N’est-on pas plus heureux ainsi?

    Commentaire par Scaramouche — 14/10/2013 @ 13:35


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