La Plume d'Aliocha

02/07/2013

Tapie, client chéri des médias

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 08:36
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Ah ! Les affaires judiciaires du moment, quel formidable spectacle pour les médias. A 7h45 ce matin, BFMTV annonce les titres. Tapie est à la Une. Nous allons donc entendre le député Charles de Courson sur la prestation de l’homme d’affaires hier au journal de David Pujadas. Joint par téléphone, celui qui conteste depuis le départ le recours à l’arbitrage affirme : ce que dit Bernard Tapie ne tient pas. Floué sur Adidas ? La société a été vendue à la demande de Bernard Tapie au prix fixé par lui. Un complot ? Cela signifierait que la justice agit sur ordre du gouvernement socialiste. Absurde, rétorque le député UDI. En quelques mots Charles de Courson dégonfle la baudruche Tapie. Et gâche le spectacle…

Alors une journaliste en plateau prend la parole à sa suite pour décrire avec admiration la bête de scène Bernard Tapie. Après avoir en une phrase dégagé avec désinvolture le fond du dossier –  on ne connait pas la vérité et on ne la connaîtra sans doute jamais -,  elle nous explique qu’il est le meilleur communicant de notre époque, qu’il donne même des leçons à ses avocats. Sa prestation au 20 heures est décrite par le menu. Et la commentatrice d’expliquer éblouie à quel point il a chahuté, voire franchement agressé David Pujadas, multipliant les phrases à l’impératif, pointant sur lui un doigt accusateur, dénonçant en bloc les « conneries » de la presse. Point d’orgue ? A l’issue d’un reportage montrant l’étendue de sa fortune, loin de s’excuser comme il est d’usage actuellement, l’homme d’affaires défie le présentateur sur un air de « je suis riche et je vous emmerde ». La journaliste salue l’artiste, à l’évidence fascinée.

Effectivement, que pèse un élu livrant une opinion éclairée sur un dossier dont nous dit qu’il pourrait bien tourner au scandale d’Etat, que pèse la justice qui instruit, que pèsent les journalistes d’investigation qui ont enquêté, face à une bête de scène faisant son show au journal de 20 heures ? Tapie, éblouissant client médiatique, se fout de la gueule des journalistes et ceux-là applaudissent. Les faits peuvent bien aller se rhabiller, la vérité on s’en fout ; plus modestement, l’analyse de l’état d’avancement du dossier n’intéresse personne. Trop compliqué. Pas dans le format. Le show a triomphé, une fois encore, de l’info. On pourrait en rire, ou simplement penser à autre chose, si l’on ne connaissait d’avance l’issue détestable de ce type de traitement de l’actualité. Des citoyens déboussolés, qui perdent confiance dans leurs institutions, prennent leurs juges au choix pour des abrutis ou des vendus simplement parce qu’ils ne n’ont pas les moyens d’orchestrer le même show en réplique et qui ne voient plus dans les politiques qu’une armée de pourris manipulateurs. C’est cela qu’il y a au bout de l’émerveillement pour le « bon client » qui fait de l’audience. Mais qui s’en soucie ? Ce matin, l’information a été une fois de plus sacrifiée sur l’autel de l’audimat. RIP.

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67 commentaires »

  1. Ben oui, c’est cela. Tapie, c’est un peu comme un coureur cycliste dopé jusqu’aux yeux que le peloton de ses affaires rattrape mais qui remonte la pente et le distance. Le bon peuple applaudit la performance, se rue sur les produits des sponsors et applaudit la performance qui sera récompensée par lui et la prime d’étape.
    L’affaire Adidas a été précédée par celle de Donnay, à Couvin. Là encore, c’est le contribuable (la région de Wallonie) qui a fini par éponger les pertes générées par Tapie. Puis la production est allée se faire voir ailleurs. Tenter de remémorer cela, c’est du hors-sujet, cela ne rentre pas dans l’angle voulu. Il n’y a que les vrais amateurs du « vélo » qui se repassent la vidéo de l’étape précédente.
    Comme l’écrivait Woody Allen, dix minutes d’antenne pour la Résistance, dix pour Hitler, et on passe au sujet suivant.
    C’est aussi pour cela que, désormais, c’est sans moi…

    Commentaire par Jef Tombeur — 02/07/2013 @ 09:02

  2. Du grand Daniel Schneidermann sur des petits arrangements avec l’éthique : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5967

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/07/2013 @ 09:27

  3. Tapie agite ses lèvres et fait du bruit avec sa bouche. Le silence des veilleurs a plus de sens que tout ce vacarme.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 02/07/2013 @ 09:37

  4. En effet c’est Tapie qui prend la relève, j’ai pensé un temps que ce serait l’euthanasie pourtant elle aurait bien plus d’audimat ou de ventes de papier avec son lot d;algardes sur les forum ..ce sujet étant délibérément tronqué il est admis dans son ensemble et nous revoilà dans le « relativisme » …. mais puisqu’on nous , offre Tapie en prime et en attendant il ne faut pas décevoir les médias.
    Pourquoi changerait-il ? Pourquoi deviendrait-il tout soudain franc honnête style « cave repentant » ? Il fonctionne « sui generis » et s’il nous ressemblait il ne serait pas riche.
    En voilà un de plus à mettre au pilori après l’avoir plus ou moins utilisé, comme si tout l’entourage n’avait pas profité des réceptions vacances et multiples renvois d’ascenseur.
    comme si parés d’un glaive de justice nous avions oublié qu’on allait l’applaudir au théâtre.
    C’est un bon acteur ce n’est pas un scoop.

    Il y a peu de gens perspîcaces ; la foule est crédule et elle se laisse aisément tromper parce qu’elle croit dans les apparences qu’on lui offre et ne va pas plus loin.
    Il suffit dès lors au politique , pour maintenir son autorité , de composer les apprences à bon escient ( cf Le Prince Machiavel).

    Commentaire par Scaramouche — 02/07/2013 @ 09:51

  5. Vous commentez le commentaire de l’interview du 20 heures. Mais il vaudrait la peine de commenter l’interview elle-même. N’avez-vous pas trouvé exemplaire la prestation de David Pujadas, intervieweur à la fois pugnace et courtois, imperturbable malgré les attaques personnelles lancées par Tapie ? N’était-ce pas du très bon journalisme ? On aimerait avoir sur ce point un avis d’expert…

    Commentaire par Physdémon — 02/07/2013 @ 10:29

  6. Pfou, c’est plus calme ici que sur le billet précédent… C’est amusant de voir comme une poignée de gens peuvent monopoliser complétement une discussion…

    Bon, ma question du jour, à Aliocha mais pas que : est-ce que quelqu’un aurait un lien vers une synthèse, un historique, un résumé, de toute cette affaire Tapie ? Entre les premières étapes qui remontent à déjà bien longtemps (et, soyons francs, à une époque où toutes ces choses me passaient au dessus de la tête), les rebondissements dont on a parlé à chaque fois mais sans mettre plus qu’une phrase de contexte, et le fait que je ne suis pas en France (donc pas baigné dans le flux permanent, ce qui me fait rater des étapes), j’ai du mal à comprendre de quoi on parle.

    Aliocha, donnez-moi une référence d’un truc bien écrit, depuis Adidas dans les années 90 jusqu’à maintenant, ça me ferait plaisir et ça aiderait tout le monde à se réconcilier avec les journalistes (après tout, c’est un des buts de votre blog, non ? 😉 )…

    Commentaire par Rémi — 02/07/2013 @ 10:35

  7. Je suis assez vieille (j’étais alors jeune ado) pour me rappeler les grands shows affligeants de Bernard Tapie dans les années dites fric 80, Ambitions ça s’appelait …
    Je ne comprends pas comment ce type-là peut être populaire, ça me dépasse, il représente tout ce que je déteste, ou presque.

    Sur le fond de l’affaire je ne sais pas trop s’il s’est fait berné ou non par le Crédit Lyonnais, dans un panier de crabes on ne sait jamais, mais je l’aurais cru plus malin que ça. Ironiquement l’affaire rappelle un peu une des nombreuses casseroles de ce grand « entrepreneur », les châteaux de Bokassa en France.
    En revanche, pour le moi le gros problème c’est d’avoir choisi un recours à l’arbitrage. Et puis si tout est avéré, pourquoi Sarkozy, puisque c’est de lui dont on parle, aurait-il fait un truc aussi visible ? Renvois d’ascenseur passés et/ou à venir financiers et/ou politiques, dossiers compromettants ?
    J’ai suivi ça d’assez loin, en particulier sur Les Echos, alors je rejoins un peu la demande de Rémi.

    Commentaire par Maelle — 02/07/2013 @ 10:58

  8. Haro sur le Tapie ..après avoir entendu Mitterrand et Sarkozy vanter son dynamisme et sa réussite et « Sic transit gloria mundi » cette affaire n’a d’intérêt que parce que nous en avons fait les frais mais il y en a d’autres en ce moment qui jouent sur le même registre , on les admire puis on les déteste et ils deviennent bouc émissaire si bien qu’ils en deviendraient presque sympathiques.
    Personne ne semble se poser de question sur la versatilité des foules suivant la façon dont les médias nous présentent les faits . Ce sont les mêmes journalistes les mêmes admirateurs les mêmes invités du yatch Tapie qui maintenant font son procés. Non qu’il ne le mérite pas mais un peu d’auto critique s’impose, ces gens-la ne réussissent pas seuls .

    Commentaire par Scaramouche — 02/07/2013 @ 11:58

  9. Bonjour Aliocha,

    Vous qui êtes toujours en interrogation sur votre métier, juste un « petit » sujet d’investigation qui « bizarrement » n’est jamais, jamais, évoqué dans cette affaire…

    Le sens commun de l’histoire qu’on nous sert (et toujours sous-entendu) serait que Sarkozy aurait monnayé le soutien électoral de Tapie en vue de l’élection présidentielle…
    Sauf, que c’est un problème de gains face à des pertes… et franchement le « bénéfice » politique d’être associé à Tapie, me semble inférieur à l’image « d’association de malfaiteurs » que ce dernier personnage suscite tout de suite… ça ne tient pas bien la route, d’autant que Sarkozy en 2007 n’avait pas besoin de qui que ce soit pour être élu, son opposante s’étant chargée elle-même de faire tout ce qu’il fallait pour perdre…

    Bref, je ne crois pas à cette thèse du « monnayage de soutien politique »…

    Si comme dans tous les crimes, on se demande à qui cela profite ? Alors tout à coup on peut comprendre que Sarkozy (dès 2004, il demande une médiation) avait beaucoup plus besoin que cette affaire juridique ne suive pas son cours, que Tapie de monnayer son soutien politique… ou autrement dit ça arrangeait beaucoup plus Sarkozy que cette affaire n’aille pas jusqu’au bout de son cours juridique que Tapie de bénéficier d’un arrangement…

    Pourquoi ? C’est assez simple ; une des possibilités des recours juridiques en cours était qu’un Tribunal finisse par déclarer la vente comme nulle… Conséquence le CDR est condamné à payer le complément, mais surtout les acquéreurs sont également appelés solidairement à payer… Et qui sont ces acquéreurs ? À travers Dreyfus ce sont des sociétés offshore, principalement Citibank et Citistar !!!
    Bizarre que personne n’a jamais été jusqu’à se demander qui étaient derrière ces fonds offshore (dont les principaux actionnaires semblent être au Moyen-Orient), parce que je pense que tout finirait alors par s’éclairer d’un jour nouveau…. ( Pour info un « résumé » : http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Tapie-Cr%C3%A9dit_lyonnais )

    Voilà, à vous de jouer ???

    Pour le reste,oui, Tapie est une bête de communication, mais il faut dire également que Pujadas est vraiment un « nain » qui n’a même pas eu besoin de son interlocuteur pour se ridiculiser…

    Commentaire par Incognitototo — 02/07/2013 @ 13:20

  10. Pour ceux qui n’ont pas vu la prestation de Tapie, c’est ici : http://www.rue89.com/zapnet/2013/07/01/bernard-tapie-pujadas-foutez-gueule-243862

    @Physdemon : Pujadas a été exécrable, mais en disant cela je ne me joins pas au concert de ses détracteurs sur le web, j’entends juste dénoncer le principe même de ce genre d’interview. Il a été exécrable parce qu’il ne pouvait pas être autrement qu’exécrable. Donner la parole sans contradiction digne de ce nom à des gens pris dans une affaire judiciaire, ce n’est pas possible. C’est de la désinformation absolue.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/07/2013 @ 13:45

  11. @ Incognitototo : l’argument de la nullité ne pouvait prospérer en raison des cessions successives dont Adidas a fait l’objet depuis lors.

    En effet, la nullité sanction normalement retenue en cas de violation de l’article 1596 du Code civil, qui interdit aux mandataires de se porter acquéreur des biens qu’ils sont chargés de vendre, est une nullité relative qui se prescrit par 5 ans (Cass. civ. 1ère, 29 novembre 1988)

    Dès lors, on comprend mieux pourquoi le recours à l’arbitrage après l’arrêt de la Cour de cassation en Ass. Plén. du 9 octobre 2006 qui devenait irréversible pour les parties.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 02/07/2013 @ 14:23

  12. @ Chevalier Bayard,

    Hé non, erreurs multiples… Relisez les décisions des Cours de Cassation (notamment celle du 9 octobre 2006) et vous verrez que c’était une possibilité ; d’ailleurs c’est même ainsi que le CDR justifie alors son choix de l’arbitrage, je cite : « Pour le CDR, la Cour de cassation ayant confirmé la recevabilité de la plainte envers le Crédit lyonnais, un nouveau risque existe : celui de la demande en annulation de la vente d’Adidas par Bernard Tapie, auquel cas le préjudice couramment estimé est la valeur de la société le jour du jugement. Soit aux alentours de 7 milliards d’euros de risque maximum. » ; et je poursuis le raisonnement, avec en conséquence la mise en cause des acheteurs…

    Par ailleurs, les prescriptions légales sont arrêtées et reconduites tant que des actes juridiques sont posés… donc, aucun risque de prescription de l’action… d’autant plus qu’en cas de requalification en « infraction occulte » le délai pour les crimes est de 10 ans à partir de la découverte de l’infraction !!!

    Je vous rappelle par ailleurs, que les peines encourues sont de dix ans d’emprisonnement et 1.000.000 € d’amende lorsque l’escroquerie est commise en bande organisée.

    Commentaire par Incognitototo — 02/07/2013 @ 14:45

  13. Il entre un sentiment non dissimulé de plaisir de voir un homme riche perdre de l’argent et Tapie a très bien relevé l’impression que donnait aux téléspectateurs un Pujadas toujours aussi antipathique.

    Mise à part l’affaire il se mêle des sentiments troubles de haine envers celui qui possède et Tapie milliardaire en voulant trop protéger Sarkozy nous rend encore plus incrédule.
    En France il faut mieux faire pitié qu’envie . Ce qu’on ne lui pardonne pas c’est le pretium doloris ou son équivalent pour une somme rondelette , curieusement il n’en a pas été question .mais pour ce qui est de l’arbitrage le pire a peut-être été évité. En fait il perd sur un manque à gagner et n’a pas déboursé un sou (si toutefois j’ai bien compris )
    Un marché de dupes ?
    Pujjadas est certes teigneux mais pas très rigoriste, son audace ne suffit pas à en faire un bon journaliste.

    Commentaire par Scaramouche — 02/07/2013 @ 17:39

  14. à Aliocha #10,

    Je vous trouve bien rigoriste…

    Car, en dehors du fait que vous rejetez le principe même de ce genre d’interview, ne trouvez-vous pas que Pujadas a posé à Tapie les questions qu’il fallait ?

    Et puis j’aurais cette objection à opposer à votre position de principe : n’est-il pas légitime qu’un homme public sur lequel ont été publiées des informations émanant d’un dossier d’instruction qui aurait dû rester secret puisse exposer en public sa défense ? Après tout, c’est une juste compensation du fait que toute mise en examen nuit à la réputation de la personne incriminée alors même qu’elle est présumée innocente…

    D’autre part, fallait-il un accusateur sur le plateau à partir du moment où le journaliste lui-même reprenait les arguments de l’accusation avec pugnacité ? Il me semble que non car une interview n’a pas à être un procès. Certes, elle est un exercice favorable à l’accusé. Mais, répétons-le, ne peut-on pas considérer que cet exercice se justifie dans la mesure où la position médiatique d’une personnalité mise en examen est désavantageuse par nature du fait que la mise en examen constitue de soi une atteinte à sa réputation, aggravée par le fait que l’accusation, au mépris du secret de l’instruction, organise des fuites médiatiques qui lui font un tort considérable avant tout jugement ?
    Je ne sais pas si je suis clair…

    Commentaire par Physdémon — 02/07/2013 @ 18:09

  15. @Physdemon : rigoriste, moi ? Juriste, seulement, et affligée par le traitement actuel des affaires politico-judiciaires. C’est une manipulation de A à Z. Elles sortent pour des raisons politiques, elles sont alimentées par des morceaux de dossier, des extraits de PV, des confidences douteuses qui sont moins des informations que des bombes lancées dans une guerre qui dépasse largement la justice. Le résultat c’est une vision tronquée, voire complètement fausse des dossiers. Donc les intéressés en effet peuvent légitimement considérer qu’ils ont le droit de faire autant de barouf pour se défendre. Et à l’arrivée, c’est quoi l’information ? Vous pensez que vous comprenez mieux ? Non, vous êtes balloté entre les fuites de l’instruction orchestrées par un camp et le show des mis en examen sur les plateaux télé. Je ne suis ces dossiers que de très loin, mais sur l’affaire JK que je connais mieux, vous croyez que les rebondissements actuels type déclaration de Mélenchon trouveraient le moindre écho si les journalistes qui les relaient – Mediapart compris – travaillaient sérieusement sur l’affaire ? Ben non. Mais ça nous priverait de spectacle. Voilà pourquoi je suis « rigoriste » comme vous dites. Pujadas agressif posant les bonnes questions ? Oui, si on aime le catch. Moi je n’ai vu qu’un présentateur se colletant avec un roi de la com’ en faisant des efforts inutiles pour lui faire avouer on ne sait trop quoi. Vous pensez que Tapie est assez con pour répondre sincèrement à une question ? Vous pensez que les pauvres contradictions de Pujadas l’ont empêché de toucher son public et de livrer sa soupe ? Allons, Physdemon, vous avez le droit d’aimer Guignol, mais soyez juste conscient que vous assistez à une représentation de Guignol 😉 Je le dis avec d’autant plus de décontraction que j’aime bien Tapie et que je pense pas qu’il y ait de scandale d’Etat, en tout cas pas là où on nous le désigne. Ce n’est pas contre lui que je m’énerve, c’est contre les confrères.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/07/2013 @ 19:18

  16. @ Aliocha,

    Si les affaires « sortent » pour des raisons politiques, il n’en reste pas moins que leur origine est aussi de l’ordre de la corruption politique… Donc qu’on essaye de nous manipuler, c’est une évidence, mais il n’en reste pas moins que les faits sont scandaleux en eux-mêmes… Pour ceux qui souhaiteraient vraiment savoir, juste le contenu juridique : http://affairetapie.info/ ; et je suis bien d’accord le scandale n’est pas là où on essaye de nous faire croire qu’il serait…

    Après pour le traitement médiatique, tout à fait d’accord, c’est vraiment le grand guignol ; la honte des médias… D’ailleurs, on n’imagine pas un Pujadas adopter le même ton, de petit roquet arrogant, avec Pinault ou mieux un Arnaud, dont le groupe LVMH vient d’être condamné à 8 M€ d’amende pour sa prise de participation déloyale dans Hermès… Mais là c’est Tapie, alors on peut tout se permettre pourvu qu’il y ait du spectacle, même de ne rien connaître au dossier, comme Pujadas l’a démontré plusieurs fois…

    Commentaire par Incognitototo — 02/07/2013 @ 20:50

  17. @ Incognitototo

    D’abord, sachez qu’on ne parle pas de plainte lorsque l’on vise une action en responsabilité contractuelle ou délictuelle.

    Car, voyez-vous, si c’est cette action qui a été choisie c’est que, précisément, et quitte à me répéter, la voie de la nullité de la vente d’Adidas ne pouvait être prononcée non seulement parce que l’action était prescrite mais surtout parce que l’entreprise a été revendue par Robert L.-D., à la suite de la levée d’option d’achat, puis de l’introduction en bourse.

    C’est ce qui ressort de l’arrêt de la Cour d’appel qui a fait droit à la demande de dommages- intérêts dans l’arrêt du 30 septembre 2005.

    Hé oui ! Relisez-le…ça vous évitera de commettre de… multiples erreurs !

    Ensuite, si l’intérêt à agir du CDR donc du Crédit Lyonnais était, précisément, de démontrer qu’il n’était pas mandataire de B. Tapie force est de constater qu’en cassant l’arrêt d’appel du 30 septembre 2005, l’arrêt d’Ass. Plén. de la Cour de cassation du 9 octobre 2006 lui a donné raison.

    Il faut d’ailleurs souligner que c’est en Ass. plén. qu’ a été rendu cet arrêt, marquant ainsi sa volonté de lier la cour d’appel de renvoi à son interprétation juridique : en effet, l’article L.131-4 du code de l’organisation judiciaire dispose que, s’agissant de ses arrêts rendus en assemblée plénière, « la juridiction de renvoi doit se conformer à la décision de cette Assemblée sur les points de droit jugés par celle-ci ».

    Dailleurs, on ne comprendrait pas qu’un plaideur se pourvoie en cassation pour ne pas payer une condamnation de 135 M€, qu’il ait ensuite gain de cause devant cette même Cour et qu’il choisisse ensuite de recourir à l’arbitrage.

    La victoire devant la Cour de cassation justifiait de poursuivre la procédure.

    La portée de son jugement invitait indéniablement l’ Etat à poursuivre la procédure judiciaire engagée auprès des juridictions de droit commun.

    Faut-il d’ailleurs souligner combien il est rare d’obtenir ainsi une cassation prononcée par l’ Ass. plén. ?

    On ne voit donc pas quel intérêt le CDR pouvait avoir à se dépêcher de mettre un terme au litige, alors même qu’il venait d’éviter la condamnation : le temps de la procédure, certes long, jouait évidemment en sa faveur et à l’encontre de B. Tapie.

    Plus encore, à la différence d’un être humain, l’Etat est immortel, par définition, a la durée pour lui et n’a donc aucune raison d’accélérer le mouvement procédural quand il n’est pas condamné. Ce n’était pas le cas de son adversaire !

    Je ne sais pas d’où vous tirez la justification du CDR dont vous faites état, en tout cas, moi, je me méfie toujours de la doxa dominante et surtout de l’argument fumeux de Mme Largarde !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 02/07/2013 @ 21:07

  18. @Incognitototo : nous sommes d’accord, c’est ce que je réponds à un avocat qui me dénonce régulièrement les attaques contre ses clients, ce n’est pas parce qu’il y a manipulation qu’il n’y a pas infraction 😉
    sur le traitement de l’affaire Tapie que je viens d’écouter : le secret des sources http://www.franceculture.fr/emission-le-secret-des-sources-affaire-tapie-lagarde-la-presse-instruit-elle-a-la-place-des-juges-20

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/07/2013 @ 21:09

  19. à Aliocha,

    J’aime bien Guignol, mais je vous aime mieux encore quand vous vous mettez (un peu) en colère !… 🙂

    Merci !

    Commentaire par Physdémon — 02/07/2013 @ 21:50

  20. Le droit c’est (malheureusement ) du chinois pour moi, mais si je comprends bien, le fait que la cour de cassation ait cassé en faveur du CDR l’arrêt de la cour d’appel, l’annulation de la vente (qui aurait coûtté à l’Etat plusieurs milliards, c’est ça?) avait en fait d’infimes chances d’aboutir.
    De toute façon, je m’étais fait la même réflexion que Chevalier Bayard. Mettre fin à une procédure longue et coûteuse pour l’Etat, a dit Christine Lagarde. Il suffit d’un peu de bon sens pour voir que cet argument ne tient pas vraiment la route, car en effet « l’Etat est immortel » et M. Bernard Tapie en dépit de toute sa véhémence a quand même 69 ans. Donc tout ce petit monde aurait dû avoir intérêt avec un tout petit peu de cynisme (or ce n’est pas ce qui manque) à ce que la procédure dure, dure, dure …
    Bon, reste quand même la question du pourquoi.

    Commentaire par Maelle — 02/07/2013 @ 23:14

  21. « Je le dis avec d’autant plus de décontraction que j’aime bien Tapie »

    J’ai bien lu ce que j’ai lu ??

    Sans la moindre ironie, pourriez-vous me dire ce qui vous rend le personnage sympathique?

    Parce que moi (qui doit avoir peu ou prou le même âge que Maelle) je n’arrive pas à lui trouver quoi que ce soit d’attachant.

    Commentaire par Zarga — 02/07/2013 @ 23:58

  22. @ Aliocha :

    Et puis faites un peu attention, s’il vous plaît : entre vous et Chevalier Bayard, vous allez finir par me faire aimer le droit ! 😉

    Manquerait plus que je nourrisse des regrets…

    Commentaire par Zarga — 03/07/2013 @ 00:01

  23. Ah oui, j’ai quelques questions, je l’espère, pas trop bêtes pour ceux qui ici y comprennent quelque chose :
    1) Comment Bernard Tapie pouvait-il ignorer qu’Adidas valait en réalité deux fois plus que ce qu’on lui proposait ? Ou, à l’inverse, pourquoi RLD a-t-il accepté de payer aussi cher ?
    2) Le Crédit Lyonnais, le Crédit Lyonnais, mais c’est qui le Crédit Lyonnais ? La mascotte du lion ? Y’avait bien des gens à la tête d’Altus Finance (petite vérif internet, un certain jean-François Hénin), ceux-là personne n’en parle.
    3) comment la cour de cass’, comme l’appelle Bernard T., a-t-elle motivé (c’est le bon terme ?) sa décision ? Elle ne décide jamais sur le fond d’un dossier, n’est-ce pas ?
    Merci d’avance !

    Commentaire par Maelle — 03/07/2013 @ 00:05

  24. @ Chevalier Bayard, n° 17,

    Mais oui, on connaît cette théorie juridique avancée par quelques juristes, mais pas par tous, et ça ne reste qu’une analyse parmi d’autres… Bizarrement, c’est l’unique et seule qui est reprise depuis des années par le Canard, le Monde, Médiapart et tant d’autres qui sont tellement contents de pouvoir se « scandaliser »… Sauf que n’importe quel justiciable qui a déjà eu à faire à la justice, sait pertinemment (et souvent douloureusement) qu’il n’y a jamais aucun résultat certain ! Jamais, même défendu par les meilleurs !

    Alors, vous pouvez bien sûr rester avec vos certitudes, mais je resterai pour ma part avec mes doutes… Cependant, vous devriez lire les liens que je proposais à titre informatif et vous verrez que tout n’est pas si simple… entre la théorie du droit et ses applications, j’ai eu 35 ans pour m’apercevoir qu’il y a souvent un monde…

    Commentaire par Incognitototo — 03/07/2013 @ 00:22

  25. Aliocha, ce qui me déçoit surtout, ce sont les journalistes qui présentent Courson comme un commentateur neutre sans jamais préciser… qu’il était membre de la CDR !

    Bien que je n’apprécie pas Tapie, ce genre de maljournalisme accrédite la thèse du complot.

    Commentaire par incarnare — 03/07/2013 @ 08:13

  26. @incarnare

    Seulement ces journalistes là?
    Je ne marche pas plus dans l’admiration du self made man que dans son lynchage et je me demande comment des journalistes n’ayant pas accés aux pièces du dossier peuvent ainsi nous manipuler , ou alors comme dit Pujadas il y a des fuites et bravo la Justice.
    On retrouve un trait bien français qui consiste à vouloir  » débatre  » et trouver des explications à ce qu’on ignore parce.qu’il convient avant tout de paraître intelligent d’être omniscient et de parler pour occuper la scène. La plupart des journaux télévises sont dans le sordide le pathos et le sensationnel et nos médias qui en vivent sont les nouveaux bergers du troupeau
    Avec un peu moins d’informations souvent erronées et un peu moins de fausse « transparence « le citoyen lambda d’autrefois prenait moins de prozac.

    Rivarol disait en son temps :
     » C’est un grand danger pour la société que les méchants ne soient plus hypocrites  »

    Je gage que ça va susciter quelques réactions .. Mais cela ferait un bon sujet de philo.

    Commentaire par Scaramouche — 03/07/2013 @ 11:35

  27. Trois remarques.
    Voir quelqu’un (lui-même) défendre Tapie, ça change du défilé des Courson et autre Peyrelevade sur toutes les chaines et toutes les radios depuis des mois.
    En 2008 les auditions de la commission d’enquête parlementaire (de Courson président ou rapporteur) sur cette même affaire n’avaient pas vraiment tourné à la confusion de Tapie.
    Enfin, si on me pardonne un souvenir personnel, dans les années 80 l’entreprise où je travaillais a été en extrême difficulté financière et les salariés auraient bien voulu être repris par Tapie plutôt que de risquer la disparition. D’ailleurs le responsable au CIRI qui s’occupait de nous a été ensuite embauché par Tapie…
    Bonjour à tous.
    Comment ça, il y a eu un pb avec Morales et son avion? Vous être sûr? Je n’ai rien entendu ce matin à 8h! Sacré surdité!

    Commentaire par araok — 03/07/2013 @ 11:38

  28. @ Incognitototo

    Visiblement l’honnêteté intellectuelle ne fait pas partie de votre monde !

    Vous me demandez de relire des décisions judiciaires, ce que je fais pour que je puisse, bien volontiers, corriger mes erreurs que je peux commettre comme tout à chacun et quand j’en extrais leur contenu in extenso pour savoir où j’ai bien pu me planter, vous me reprochez d’en faire comment dites vous déjà : « une théorie juridique » ?

    Si les mots ont un sens alors le mot comique, aujourd’hui, avec vous, a retrouvé le sien… c’est une certitude !

    @ Maelle

    En effet, je partage votre sentiment dans ce qui constitue pour moi le grand mystère de cette affaire : que savait le cédant ?

    Le passé professionnel et judiciaire de B. Tapie ne conduit certainement pas à le peindre sous les traits d’un ingénu évoluant avec candeur et naïveté dans les eaux troubles du monde des affaires, une sorte de parent de la Veuve de Carpentras.

    A-t-il pu deviner le montage, l’ampleur du rôle du Crédit Lyonnais ?

    A-t-il posé des questions ? Dans la décision d’appel de 2005 qui lui a accordé 135 M€ les magistrats n’en disent rien. Ils indiquent simplement à propos de l’article 1596 du Code civil (qui interdit d’être contrepartiste) que sa connaissance éventuelle de l’acquisition par Clinvest ne changeait rien ; ce qui est inexact, car le mandant peut consentir, même implicitement à la transgression de cet interdit.

    A cet égard, en raison de l’importance et la particularité de l’opération projetée, comme la qualité de professionnel du mandant, au surplus parfaitement conseillé, notamment sur le plan juridique, sont des éléments qui tendent à penser que B. Tapie ne pouvait pour apprécier à quel titre le Crédit Lyonnais intervenait dans l’exécution du mandat de reclassement des titres, s’en tenir à la théorie du mandat apparent.

    En effet, autant dire que c’est une gageure car établir l’erreur ou la croyance légitime du mandant, alors que plus que quiconque ce professionnel avait le devoir de se renseigner, c’est insurmontable !

    La motivation de la Cour de cassation dont le rôle est de vérifier la conformité du droit est parfaitement fidèle à sa jurisprudence s’agissant de la responsabilité d’une société mère à raison des engagements pris par sa fille en droit des sociétés comme celle de l’absence d’un – droit au crédit – en matière de droit bancaire.

    1 – la responsabilité contractuelle du CL n’est pas démontrée (B.T. n’a contracté qu’avec la seule SDBO filiale du CL).

    2 – le banquier est libre de proposer ou de consentir un crédit qu’elle qu’en soit la forme, de s’abstenir ou de refuser de le faire.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 03/07/2013 @ 12:22

  29. Merci Araok en 27
    de revenir en arrière pour expliquer un peu pourquoi à un époque les médias et autres encensaient Tapie .
    Ceux qui font les petits juges actuellement sans faire partie du cénacle ont comme toujours des arguments péjoratifs sur les événements anciens comme si actuellement le monde qu’ils nous offrent était une réussite! Avec le temps le recul et quand on a la solution il est toujours facile de porter des jugements mais on oublie que Tapie a été un temps désigné comme le sauveur des boîtes en péril et invité aux émissions de charité pour y verser son obole.
    Les gens aux postes clés des grandes entreprises ne sont pas plus des enfants de choeur que les politiciens , ce sont des tueurs sinon ils végétent.
    Je crois que Tapie s’est fait avoir par le Crédit Lyonnais c’est ce qu’il ressort de l’affaire . Le reste est du ressort de la justice , jusqu’où le gouvernement s’infiltre dans la Justice ? là est tout le problème.

    Commentaire par Scaramouche — 03/07/2013 @ 13:56

  30. @ Chevalier Bayard,

    Vous êtes content de vos « bons » mots et de vos projections ?

    Voyez-vous, l’honnêteté intellectuelle, ça consiste pour moi, à examiner tous les arguments et, par dessus tout en matière juridique, à ne pas en affirmer certains comme des vérités, sans prendre en compte les avis divergents…

    Si l’obligation d’instruire à charge et à décharge est déjà un devoir trop souvent « oublié » de la part de certains juges d’instruction, que penser de ce cirque médiatique qui traite toujours de ce genre d’affaires en jouant les vierges scandalisées et sans informer des éléments à décharge ? Et que penser des citoyens qui relaient sans aucun recul cette pensée unique ?…

    Et c’est tout pour moi, bon courage avec vos certitudes… mais suis-je bête, aucun besoin de courage, ni même de pensée autonome, pour rester dans des certitudes…

    Commentaire par Incognitototo — 03/07/2013 @ 14:08

  31. @ incognitototo

    1 – « N’a de conviction que celui qui n’a rien approfondi » (Cioran )

    2 – « Le pire ennemi de la vérité n’est pas le mensonge mais la conviction  »

    Ce qu’il y a de plus décurageant plus les siècles passent c’est que pour ce qui concerne la nature humaine tout a été dit et tout a été fait, c;est vrai qu’il n’y a pas vaiment de surprises dans l’originalité des discours et de la pensée mais il convient quand même d’accorder quelque crédit et remercier ceux qui excerçant une profession transmettent leurs connaissances..

    Commentaire par Scaramouche — 03/07/2013 @ 15:49

  32. Encore un journaliste qui va être inscrit dans la liste noir du « copain » (je taquine, suite à votre « aveu » en #15) d’Aliocha:
    http://www.voici.fr/news-people/actu-people/the-voice-bernard-tapie-aurait-tente-de-manoeuvrer-pour-faire-gagner-sa-fille-496107

    J’aime bien le « « Bernard Tapie pense que dans la vie tout peut être obtenu par séduction, menace, ou argent ou les trois à la fois », a conclu le journaliste politique » …

    Commentaire par Yves D — 03/07/2013 @ 16:20

  33. @ Incognitototo

    Vous me comblez ! Si ça peut vous soulager…

    Que la nullité de la vente ne soit pas un argument pertinent que vous auriez dû, vous-même, relever, du haut de votre pensée autonome, précisément, c’eût été pour moi comme le gage sérieux d’honnêteté intellectuelle de votre part.

    Or, non seulement vous n’avez même pas eu le courage de le reconnaître ce qui est à mes yeux un aveu d’impuissance mais surtout j’observe qu’en sur-interprétant mes contributions vous ruinez la « logique » de votre discours qui prétendait à l’objectivité.

    J’avais cru à cette reconnaissance de votre part dès mon deuxième commentaire, mais vous avez préférez verrouiller mes observations en les qualifiant de certitudes.

    Tant pis !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 03/07/2013 @ 16:24

  34. @ Scaramouche,

    Bien que la lecture de Cioran soit assez désespérante, on fait difficilement mieux dans le décryptage de la réalité humaine… donc, merci, et pas mieux.

    @ Chevalier Bayard,

    Vous voyez ce qui nous différencie, c’est que vous semblez en recherche de « bataille » à gagner… alors que précisément sur ce genre d’affaires, personnellement je n’ai que des questions et quasiment aucune réponse… mais à la différence de vous, j’essaye de m’informer vraiment plutôt que de répéter à l’envi les thèses dominantes…

    Que vous continuiez à être persuadé des thèses médiatiques, libre à vous… mais en tout état de cause, ce n’est pas ici que nous pourrons trancher un problème juridique (d’autant plus que ce n’est pas l’objet de l’article d’Aliocha), dont les développements sont autrement plus complexes que vos pâles interprétations orientées, et bouffies de suffisances…

    Effectivement, tant pis… il n’y aura pas de bataille sur le Pont de Garigliano…

    Commentaire par Incognitototo — 03/07/2013 @ 16:45

  35. @yves D en 32

    Moi aussi j’aime bien ces jolies phrases qui enfoncent des portes quand la voie est libre et l’étonnement du journaliste « politique » en plus qui nous rempli de fraîcheur quant à sa naïveté.
    Quelle horreur le copinage, quelle monstruosité ces réseaux ! Voyez comme je suis honnête ..
    Comme si la République en était restée à Saint Just et Robespierre.
    J’avoue que je préfère les franches canailles à tous ces redresseurs de torts ces malades de la « transparence » et ces Tartuffes nouvelle mode. La vertu comme l’intelligence et le savoir-vivre est visible et ne se clame pas sur les toits.

    Commentaire par Scaramouche — 03/07/2013 @ 17:10

  36. @Araok

    Je n’ai pas le même souvenir que vous des années de gloire de B. Tapie. Je me rappelle au contraire d’amis syndicalistes (travaillant en usine, je précise) de mes parents qui n’accordaient aucun crédit au personnage encensé par les médias et, pour le dire franchement, le détestaient, voyant en lui un vrai vautour.

    Moi aussi, j’ai bien aimé la nouvelle affaire Tapie/The Voice déterrée par Voici !

    Commentaire par Maelle — 03/07/2013 @ 17:30

  37. C’est bien ce que je disais…en toute objectivité…vous êtes un clown !

    D’ailleurs, pour s’en convaincre il suffit de relire votre commentaire en @ 9 pour éclater de rire !

    « Si comme dans tous les crimes, on se demande à qui cela profite ? Alors tout à coup on peut comprendre que Sarkozy (dès 2004, il demande une médiation) avait beaucoup plus besoin que cette affaire juridique ne suive pas son cours, que Tapie de monnayer son soutien politique… ou autrement dit ça arrangeait beaucoup plus Sarkozy que cette affaire n’aille pas jusqu’au bout de son cours juridique que Tapie de bénéficier d’un arrangement…

    Pourquoi ?

    C’est assez simple ; une des possibilités des recours juridiques en cours était qu’un Tribunal finisse par déclarer la vente comme nulle… Conséquence le CDR est condamné à payer le complément, mais surtout les acquéreurs sont également appelés solidairement à payer… Et qui sont ces acquéreurs ? À travers Dreyfus ce sont des sociétés offshore, principalement Citibank et Citistar !!!

    Bizarre que personne n’a jamais été jusqu’à se demander qui étaient derrière ces fonds offshore (dont les principaux actionnaires semblent être au Moyen-Orient), parce que je pense que tout finirait alors par s’éclairer d’un jour nouveau…. ( Pour info un « résumé » : http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Tapie-Cr%C3%A9dit_lyonnais ) Voilà, à vous de jouer ??? »

    Et en guise de référence un renvoi à wiki ! Trop drôle !!!

    En effet ce n’était pas le sujet de l’article d’Aliocha !

    Bon vent !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 03/07/2013 @ 17:35

  38. Donc, si je comprends bien, demain matin Jean-Luc Mélenchon, Clémentine Autain, gérard Filoche, ATTAC et quelques autres vont soutenir Kerviel qui demande aux Prud’hommes notamment son bonus de 300 000 euros pour 2007. Y a pas un truc qui cloche quelque part ? http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202866425262-kerviel-poursuit-sa-croisade-contre-la-societe-generale-582084.php
    (en fait, le total de ses demandes s’élève à environ 900 000 euros d’indemnités diverses, bonus compris et hors demande médiatico-fantaisiste de 4,9 milliards)
    Vive la gauche de combat, moi je dis….

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/07/2013 @ 17:52

  39. @ Chevalier Bayard,

    Comme je ne vais pas mettre dans l’embarras Aliocha d’avoir à censurer mes propos, je vais m’abstenir de vous dire ce que je pense de vous… je vous laisse tout à votre imagination et surtout vos fantasmes…

    Commentaire par Incognitototo — 03/07/2013 @ 19:52

  40. @ Aliocha : ma chère allons ne soyez pas déjà trop langue de vip !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 03/07/2013 @ 20:10

  41. @Le Chevalier Bayard : M’enfin, Kerviel réclame près de un million, ce qu’il s’est bien gardé de communiquer, et Jean-Luc Mélenchon va le soutenir. Et toute l’extrême gauche embraye. Mais on rêve ! C’est ça, leur Dreyfus ? L’innocence bafouée aujourd’hui a les traits d’un trader qui admet lui-même avoir dépassé les bornes ? Et le profil type du salarié victime de la crise économique, c’est lui ? Mais on va délirer jusqu’où comme ça ?

    @Incognitoto : je n’ai pas suivi vos échanges, mais je suis désolée de voir l’ambiance ici se tendre. C’est gentil de retenir vos noms d’oiseaux 😉 Entre nous, je ne sais plus quel sujet aborder, tout est devenu éruptif ! On a peut-être juste besoin de vacances….

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/07/2013 @ 20:18

  42. @ Aliocha,

    Bah, vous n’y êtes pour rien… On sait bien que les forums attirent un nombre impressionnant de pathologies mentales qui feraient mieux d’aller consulter, au lieu de perdre leur temps à déverser leur bile, ainsi qu’à essayer de savoir pour les autres ce qu’ils pensent et ce qu’ils sont… et malheureusement, pour ceux-là, les vacances n’y changeront pas grand-chose 😉

    Commentaire par Incognitototo — 03/07/2013 @ 20:41

  43. @ laplumedaliocha : « On a peut-être juste besoin de vacances… » : voilà bien le réflexe franchouillard d’une bourgeoisie nantie posant ses fesses sur la pente savonneuse du déclin national qui …
    Oups pardon, je me suis égaré du billet d’à côté et je suis encore sur mon élan 😀 …

    Commentaire par Tilt — 03/07/2013 @ 21:37

  44. @maelle 36 « le détestaient, voyant en lui un vrai vautour. »
    Ce n’est pas contradictoire avec ce que j’ai vécu.
    Quand tout allait bien il était considéré comme un vautour mais quand le CIRI (Comité Interministériel de Restructuration Industrielle) a laissé filtrer l’ampleur du problème et le risque de liquidation, les 2200 salariés de l’usine ont appelé au secours B Tapie. Peut être pour certains en se bouchant le nez mais vous savez il y a des moments où se raccroche à tout, faute de mieux.
    Et comme dirait Perec je me souviens d’un Yves Montant animant une émission de télé qui s’appelait « vive la crise ».
    Il faut un certain courage pour dire dans un mégaphone sur la place de la Préfecture à 2000 personnes qu’une solution Tapie c’est du flan, quand on n’a pas d’autre solution. Je n’ai pas eu ce courage, sans doute.

    Commentaire par araok — 03/07/2013 @ 21:40

  45. @32 35
    Il est plus facile d’obtenir quelque chose avec un sourire et un flingue qu’avec uniquement un sourire. (Al Capone)

    Commentaire par araok — 03/07/2013 @ 21:51

  46. Je suis bien d’accord avec vous Araok, et je comprends tres bien ceux qui, allant perdre leur emploi, ont pu se raccrocher a n’importe quel espoir, sans etre veritablement dupes. Maintenant ne croyez-vous pas que d’une certaine facon BT a profite dans beaucoup de cas de ce desespoir ?
    Bref, contrairement a notre hotesse, ce monsieur je ne l’apprecie pas, mais alors pas du tout!

    Commentaire par Maelle — 03/07/2013 @ 22:02

  47. @ Aliocha :

    On a besoin de mettre de la distance.

    Vous vous souvenez du billet écrit au sujet de la serre? Une merveille de délicatesse! C’était qui, déjà? Fantômette?
    Je ne me souviens plus, et j’ai la flemme de chercher dans vos archives (oui, je sais : c’est pô bien!).
    Ne changez rien, ceux qui se plaisent dans votre salon y resteront ( merci de frotter vos pieds, et de laisser votre artillerie au vestiaire). Les plus agités passeront naturellement leur chemin dès qu’ils verront que leurs criailleries n’adhèrent pas plus qu’un pet sur une toile cirée… 😉

    Commentaire par Zarga — 03/07/2013 @ 23:59

  48. Bonsoir Aliocha

    Ce n’est pas le sujet du billet du jour, je le sais bien, mais puisque vous y faites vous-même allusion en #38, savez-vous ce qu’il advient ou ce qu’il est advenu du procès civil intenté par les petits actionnaires contre la banque ? En suspens jusqu’à l’arrêt de la Cour de cassation, rejet ? Si l’action avait prospéré, j’imagine qu’on en aurait entendu parler.

    Je ne comprends pas trop pourquoi le ban et l’arrière-ban de la gauche à gauche s’emparent avec tant d’enthousiasme de l’affaire Kerviel. Il me semble que le cas de Boris Picano-Nacci (https://laplumedaliocha.wordpress.com/2012/12/05/le-petit-proces-de-la-finance-folle/) représentait une meilleure cause. Moins exposée médiatiquement, c’est vrai.

    Mes salutations du soir à Chevalier Bayard.

    On peut ne pas partager ses analyses qui ne sont pas factuelles mais purement juridiques, mais on ne peut pas contester qu’elles sont solidement argumentées, autrement dit qu’elles n’empruntent rien au cirque médiatique. Pour ma part, j’avoue que l’amour de l’art ne suffit pas à me convaincre de tenter une lecture sérieuse de l’arrêt de la Cour de cassation. Sans compter que la question des suites efficientes de cet arrêt ne se posera que si l’arbitrage est annulé ; en l’état des informations parues dans la presse, dont rien ne dit qu’elles sont exactes ou exhaustives, je peine à croire qu’au moins deux des trois arbitres aient pu être circonvenus. Ou pire. Et donc, je suspens mon opinion et je fais paresseusement confiance à la justice de mon pays.

    Commentaire par ranide — 04/07/2013 @ 01:09

  49. @ ranide

    Bien de votre avis sauf pour la dernière phrase .
    N ´étant pas de ce sérail de magistrats et ayant eu comme tout le monde un jour ou l’autre besoin de faire appel à « la justice de mon pays  » je ne lui fait aucune confiance . Au mieux ses jugements sont ceux de Salomon qui renvoie les deux parties à égalité et au pire c’est celui des copains, du plus riche au plus fort comme disait La Fontaine.
    Il est vrai que j’ai très mauvais esprit et tendance à ne voir aucune différence entre le règne de Sarkozy et celui de Hollande si ce n’est un changement de société qui tend vers de plus en plus de clivages et l’augmentation du délit d’opinion qui empêche de penser tout haut.
    Si vous ajoutez la vie chère dans les villes le chômage grandissant et les impôts pour tous, la basse « classe moyenne » et les vieux retraités descendent d’un cran « l’échelle sociale » sans espoir d’amélioration pour leurs descendants.
    Donc que certains continuent à s’enrichir et qu’ils aient la possibilité d’aller vivre ailleurs .. Tant mieux pour eux et je ne suis pas envieuse de ceux qui s’en sortent bien , au contraire car il leur arrive de partager, mais  » la France d’en bas  » et celle des classes moyennes celle qui ne prend pas de vacances et ne sera pas « reposée » sera encore plus tondue à la rentrée et d’autant plus exaspérée qu’on prétendra lui mettre une muselière en la berçant d’illusions..
    « Veiller « c’est bien mais agir c’est encore mieux et « s’indigner  » se disputer et oser s’opposer n’est qu’une soupape de sécurité qui nous rappelle que nous sommes des êtres humains ( n’en déplaise à quelques-uns). Si elle est bouchée la cocotte minute éclate. Vous ne voyez pas cette tension que dans les forum, elle est partout même chez les ministres et l’histoire de la jeune Bartho est significative . Il faut être autiste pour ne rien voir.

    Commentaire par Scaramouche — 04/07/2013 @ 06:50

  50. Un petit rajout :

    Bravo les Egyptiens !

    Commentaire par Scaramouche — 04/07/2013 @ 07:34

  51. Qui a évoqué Guignol? Et que voulez-vous qu’en pensent les citoyens lambdas ?

    Commentaire par Scaramouche — 04/07/2013 @ 08:52

  52. Que c’est agréable en effet de lire votre confrère du Figaro ! Sur le fond comme sur la forme.

    J’ai du mal à comprendre l’intérêt de JK à faire se radiner la gauche de la gauche, si ce n’est pour la foire médiatique. En politisant sa cause, il risque de s’aliéner une partie de l’opinion publique qui le soutenait mais qui, ne pouvant souffrir J.-L. Mélenchon et autres, va peut-être commencer à s’interroger. Je dis ça car je trouve que le ton des commentaires à la suite de l’article de SDS a quelque peu changé.
    Il est intéressant de constater que JLM court le même risque d’incompréhension (sans compter le copinage avec les différents conseils de JK).

    Commentaire par Maelle — 04/07/2013 @ 10:26

  53. Pour revenir au sujet de ce billet …

    Youpi ! Bernard Tapie enlaçant son épouse à la une de Paris Match « il va se battre jusqu’au bout ».

    Commentaire par Maelle — 04/07/2013 @ 10:32

  54. @ Bonjour ranide,

    Merci de rappeler que je me fous totalement de savoir qui dit vrai dans cette affaire.

    Moi ce qui m’intéresse lorsque je lis une décision judiciaire c’est de savoir dans un débat qui s’est engagé entre des plaideurs (chacun soutenant des prétentions contradictoires) quels sont les arguments de DROIT invoqués par les parties et lesquels ne résistent pas à l’analyse.

    Dans cette affaire rappelons que la Cour d’appel confirmant partiellement un jugement du tribunal de commerce de Paris qui avait condamné les mêmes entités (CL et CDR) au paiement d’une provision de 600 M€, avait considéré qu’un mandat existait entre le groupe Tapie, d’une part, et le CL et ses filiales SDBO et Clinvest, d’autre part, et qu’à l’occasion de ce mandat les mandataires avaient commis une faute tenant au non-respect de leur devoir de loyauté et de transparence à l’égard de leur mandant, en n’informant pas ce dernier du fait qu’un acheteur avait été d’ores et déjà trouvé pour cette participation et était prêt à payer le prix très supérieur à celui consenti par le groupe Tapie.

    Il faut donc analyser les moyens de droit que B. Tapie a soulevés pour prétendre qu’il a été floué.

    A cet égard, si la motivation de la Cour de Paris était très convaincante sur le terrain de la faute du mandataire, elle l’était moins sur d’autres aspect : ainsi de la qualité de mandataire reconnu au CL alors que le mandat n’a été passé avec la seule SDBO, ou de l’appréciation généreuse de la perte de chance subie par les demandeurs, générosité facilitée par le fait que les magistrats avaient paru estimer que le CL aurait du fournir un financement approprié au groupe Tapie qui lui aurait permis de céder sa participation dans de meilleures conditions.

    Sur ces deux points, pourquoi l’arrêt de la Cour de Paris est censuré ?

    En premier lieu : l’Assemblée plénière de la Cour de cassation relève que le groupe Tapie avait traité, pour l’opération considérée, avec la seule SDBO, société dont ni la fictivité, ni l’existence d’une confusion de patrimoines avec le CL (2 concepts classiques et bien connus en droit des procédures collectives) n’étaient alléguées.

    En effet, le mandat donné par le groupe Tapie suppose la démonstration d’une immixtion de la banque dans l’exécution du mandat confiée à la filiale « de nature à créer pour les mandants une apparence trompeuse propre à leur permettre de croire légitimement que cet établissement était aussi leur cocontractant ».

    Dès lors, la responsabilité CONTRACTUELLE de ce dernier ne pouvait être engagée.

    En second lieu : l’Assemblée plénière de la Cour de cassation rappelle un autre principe qui est d’ailleurs autant de droit que de bon sens, selon lequel il n’est pas dans la mission du mandataire, serait-il un établissement financier, de « financier l’opération pour laquelle il s’entremet » le banquier étant toujours libre de proposer, de consentir ou de refuse un crédit.

    Cela condamne formellement l’analyse de la Cour d’appel qui paraissait mettre à la charge de la SDBO une obligation de traitement égalitaire (pari passu) des différents intervenants à l’opération de reclassement considérée.

    Pareille obligation n’existe pas et le droit commun des contrats s’applique pleinement.

    Cela étant, je ne peux que vous donner raison lorsque vous dites que : « cet arrêt ne se posera que si l’arbitrage est annulé ».

    Il restera donc, éventuellement, à la Cour de renvoi, si elle souhaite suivre la même orientation que les premiers juges à, démontrer en quoi, par l’action de ses dirigeants, de ses collaborateurs ou plus généralement de ses services le CL s’est impliqué dans la négociation ou l’exécution du mandat.

    A défaut d’une telle démonstration, seule la responsabilité de la SDBO, société dotée de la personnalité juridique, est engagée.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 04/07/2013 @ 14:50

  55. Merci pour cette intervention, Chevalier Bayard. Parfois ce que vous dites me passe un peu au-dessus de la tête, mais là c’est très clair.

    Commentaire par Maelle — 04/07/2013 @ 15:29

  56. @ Maelle

    Et merci à vous aussi d’éventuellement expliquer aux attardés et autres mal comprenants ce qui pour vous est très clair .

    Commentaire par Scaramouche — 04/07/2013 @ 16:19

  57. @Scaramouche
    Vous prenez bien la mouche ! Je n’avais vraiment pas saisi les raisons précises qui avait poussé la cour de cassation à casser l’arrêt de la cour d’appel favorable à Bernard Tapie, et maintenant c’est plus clair
    Pour le dire simplement (et qu’on me corrige si j’ai tort), une maison mère est séparée contractuellement de sa filiale afin précisément qu’il n’y ait pas conflit d’intérêt (un peu comme au sein d’un établissement bancaire, le groupe où se situe la banque d’investissement a souvent une filiale à 100% d’asset management séparée).
    L’autre point étant que le Crédit Lyonnais était nullement obligé de consentir un prêt à son client BT pour qu’il négocie la vente d’Adidas dans de meilleurs conditions.
    Bon, je ne sais pas si c’est vraiment plus clair dit comme ça … Et sur le fond rien ne dit que BT n’a pas bel et bien été berné (mais dans les règles jusqu’à preuve du contraire) par plus malin que lui.

    Commentaire par Maelle — 04/07/2013 @ 17:48

  58. Très clair je ne sais pas, sans doute pour ceux qui ont les dossiers en main et sont familiers des pratiques judiciaires , pour les contribuables d’après les uns ils sont floués et d’après Tapie ils ne sont pas concernés.
    Je ne sais pas s’il y a des mouches mais il y a sûrement un loup quelque part. Idem dans l’affaire Kerviel . Curieux que chaque fois des banques soient impliquées.

    Commentaire par Scaramouche — 04/07/2013 @ 18:49

  59. Tapie, Le Pen, Vergès etc. – et dans une mesure moindre, mais tout aussi certaine, Mélenchon et beaucoup d’autres.

    Le journaliste, devant n’importe quel personnage un tant soit peu sulfureux doublé d’un minimum de talent d’orateur est comme la souris devant le serpent. Mortellement fasciné. Combien de ces face-à-face avec les média, qui promettaient avec force rodomontades de porter au méchant une estocade dont il ne se remettrait pas, qui prétendaient remporter une victoire au nom de l’esprit contre le populisme, ont tourné au fiasco le plus complet?
    Il faut dire que le journalisme est le plus mal placé pour prétendre à quoi que ce soit qui relève de l’esprit: lui qui joue depuis plus d’un siècle les apprentis sorciers avec cette monstruosité de la société démocratique que l’on nomme « l’opinion publique », ce vide qui ne demande qu’à être en permanence rempli par ce qu’on lui mettra sous le nez. L’opinion publique, cela se fabrique, cela se manipule, – cela n’a d’existence que comme produit fabriqué et manipulé – dans l’inconscience et l’irresponsabilité générale. Jusqu’à la guerre mondiale, il y a de cela un siècle. Et les progrès en ce domaine n’ont cessé depuis.

    La bêtise crasse et bruyante des homophobes, le fétichisme délirant des scientolâtres, le fait divers sanglant et la dernière inepte gesticulation télévisuelle: peu importe avec quel forme d’ignorantisme on abrutira, si ça n’est pas nous qui en parlons, c’en sera d’autres.
    La complaisance, l’avilissement de la pensée n’est pas un défaut de la Communication, mais son essence.
    C’est que média et journalistes ne sont pas innocents: ils rapportent, dressent, domestiquent, lessivent, et font vendre.

    Quand il en a un devant lui, le journaliste sait donc reconnaître un maître, une icône de la communication: et ce fait là vient écraser tout le reste.
    L’esprit critique, la conscience – ces mots sont de trop: pour parvenir à en faire montre un minimum devant une de ces figures, il lui aurait fallu depuis trop longtemps en être capable à son propre endroit.

    Les fiasco à répétition de ces journalistes qui se frottent aux Tapie, Vergès, Le Pen, etc. ne sont que la pointe de la partie émergée de l’iceberg journalistique – celle où la lumière devient aveuglante. Pourtant, pour que cette fraction soit aussi aveuglante, il faut bien que reste de l’ « information » soit fait de la même matière.
    L’opinion publique est définitivement incapable d’aller jusque là. Et l’ensemble de la société libérale repose justement sur cette incapacité.

    Commentaire par Martin Scriblerus — 05/07/2013 @ 08:30

  60. @Chevalier Bayard et @Aliocha, le bonjour du début de l’après-midi

    Pour signaler le site de Laurent Tapie (oui le fils de Bernard) consacré à l’affaire qui publie intégralement l’ensemble des décisions intervenues dans l’affaire y compris la sentence arbitrale. J’ai pas encore lu ; rien que la sentence fait 100 pages (cependant par rapport à mon dernier commentaire, j’ai progressé puisque j’ai lu l’arrêt de la Cour de cassation avec presque le niveau d’attention requis). Mais la publication doit permettre de comprendre le raisonnement des arbitres pour reconnaître, après la cassation, une faute imputable à la nébuleuse Crédit Lyonnais et un préjudice indemnisable à la nébuleuse Tapie. C’est ici http://affairetapie.info/comprendre-laffaire/

    Oui, bande organisée ou pas, tout n’était sans doute pas dit en droit après la cassation. Bien malin qui dit peut dire dans quel sens une cour de renvoi aurait statué (même si on peut être quasi-certain que le préjudice moral des époux T. aurait été apprécié le cas échéant plus chichement). C’est sans doute ce que ces publications visent à faire comprendre.

    Les journalistes qui voudront bosser pour informer un peu plus loin que ce qu’ils ont fait jusqu’à présent vont donc pouvoir le faire. Je me demande si David va s’y coller.

    Commentaire par ranide — 05/07/2013 @ 13:57

  61. @ Bonjour ranide

    Tout n’est peut être pas dit mais à suivre les indications de la Cour de cassation, outre la responsabilité délictuelle, le mandat apparent semble la seule voie de droit que B.T. peut espérer explorer s’il souhaite obtenir gain de cause.

    Car même l’obligation d’information du banquier dont il se prévaut est fragile.

    En effet, il n’est pas sûr qu’une telle information ait été due : « celui qui en est le débiteur n’est pas toujours tenu de tout dire ».

    Une personne ne peut être tenue de renseigner son partenaire que si elle détient une information pertinente. On entend par là « une information dont la connaissance par le partenaire est de nature à conduire celui-ci à modifier son comportement, soit qu’il renonce à son projet de conclure le contrat, soit qu’il persévère dans celui-ci en réexaminant les conditions ».

    En conséquence, le mandataire est obligé de révéler les seules informations propres à avoir une incidence sur ce que le client dit réellement vouloir.

    Or, dans cette affaire, il était acquis que la société BTF et son dirigeant avaient la ferme intention de vendre, irrévocablement et dans un délai déterminé. Les motifs étaient connus.

    D’ailleurs, la Cour d’appel en 2005 a estimé que le contrat conclu entre BTF et la SDBO était un « mandat d’intérêt commun à titre onéreux irrévocable pour la période considérée », étant d’ailleurs précisé que la SDBO aurait toute liberté de choix de l’acquéreur.

    En l’état d’une opération à ce point « verrouillée », on ne voit pas quelle information pertinente aurait due être communiquée au mandant :

    – Si Robert L.D imposait une option d’achat à terme de deux ans, cela signifiait, non pas qu’il était prêt à surenchérir, mais tout au contraire – d’où une simple option à terme – qu’il n’envisageait pas, au moment de la cession, de payer un prix supérieur à celui proposé ; et il sera rappelé qu’en fait aucun acheteur n’était prêt à prendre le risque financier de l’acquisition au prix demandé par BTF ;

    – Si le CL proposait une formule de prêt avantageuse pour inciter les repreneurs à s’asseoir autour de la table, on ne voit pas qu’il y ait eu lieu d’en faire part à BTF pour éventuellement la lui proposer dès lors que, une fois encore, l’ordre du jour était de vendre purement et simplement lesdits biens à un prix déterminé et de permettre, notamment, le désendettement de BTF : proposer un prêt à ce dernier pour qu’il conserve la propriété de Adidas, c’était anéantir le mandat de vendre et faire le contraire de ce qui avait été décidé.

    Si l’opinion commune ne contraignait sans cesse à une position défensive, il faudrait d’ailleurs vanter la loyauté et les mérites du CL, qui a privilégié la satisfaction de son client sur le seul respect de la lettre du contrat.

    En effet, le CL n’a pas ménagé ses efforts pour que la cession puisse se faire ; au point de financer une partie des cessionnaires et d’assurer les risques que ces derniers ne voulaient pas prendre.

    Si le mandataire s’en était tenu aux termes de son mandat, il aurait fait savoir qu’aucun acquéreur ne s’était présenté et qu’en conséquence la vente ne se ferait pas.

    La suite eût été plus hasardeuse pour le mandant : redressement judiciaire à brève échéance, vraisemblablement, et vente d’Adidas dans le cadre de la liquidation des actifs de BTF…

    La suite prouvera sans doute qu’il valait mieux miser sur le redressement d’Adidas que sur la pérennité du Groupe Bernard Tapie. Ce qui profitera, aux cessionnaires, à M. Louis-Dreyfus en particulier, également au CL.

    Mais on ne voit pas qu’il y ait là, pour reprendre les termes de l’arrêt d’appel, un « souci de déontologie ».

    Celui-ci ne serait ici caractérisé qu’à la condition d’établir un conflit d’intérêts ; ce qui supposerait d’établir, selon la formule, la poursuite de deux ou plusieurs intérêts contradictoires.

    Or, la contradiction n’est pas établie dès lors que la participation financière du CL est précisément ce qui a permis la cession de Adidas, conformément aux intérêts et aux instructions de BTF et de son dirigeant.

    En réalité, la cour d’appel en 2005 ne semblait, elle-même, pas croire à la pertinence des griefs qu’elle impute au CL.

    En effet, ce n’est ni la contrepartie, ni l’insuffisance de transparence, qu’elle lui reproche. C’est le fait, non débattu devant la Cour, de ne pas avoir proposé des prêts à recours limité à BTF ; d’où la condamnation au versement des plus-values réalisées par ceux qui en ont bénéficié.

    Si, comme le pense la Cour de Paris, une partie des cessionnaires ont porté les actions d’Adidas sur les ordres du CL, cela ne permet aucunement de conclure que lesdits cessionnaires n’auraient pas eu la qualité d’actionnaires.

    C’est d’ailleurs évidemment la conclusion inverse qui s’impose puisque, parmi les cessionnaires, il en est deux qui, en la personne de M. Louis-Dreyfus et de Mme Beaux, ont directement pris en main la gestion de l’entreprise.

    Dès lors, la thèse du porteur-homme de paille ne se soutient guère !

    D’autant plus que, si M. Louis-Dreyfus n’avait pas levé l’option et si, à l’échéance du 31 décembre 1997, aucune offre n’avait été faite sur les titres, ceux-ci seraient restés entre les mains des cessionnaires. Le soi-disant porteur serait ainsi devenu son propre donneur d’ordre. Et il n’est pas permis de dire, comme le fait l’arrêt, que pareille hypothèse se serait réalisée au cas où les titres n’auraient plus rien valu.

    Les cessionnaires seraient restés propriétaires si la société Adidas n’avait pu être mieux valorisée qu’en février 1993, soit si elle ne valait pas plus que 2,673 Mds de frf. Et l’on croit savoir qu’une société qui vaut moins que 2,673 Mds de frf vaut tout de même un peu plus que zéro.

    Comment la Cour peut-elle écrire que « les propriétaires apparents ne rest(aient) en possession de leurs titres que si leur valeur s’avérait nulle » ?

    Mais, à bien y réfléchir, y a-t-il seulement eu « portage » ?

    Cette qualification « molle » présente au moins une constante : le donneur d’ordre s’engage à racheter lui-même ou à ce qu’un tiers rachète les actions détenues par le porteur.

    Or, en l’espèce, on ne trouve pas d’engagement d’achat. Il n’y a que des promesses de vente consenties par les porteurs : les unes en faveur des tiers que la banque désignerait conformément aux stipulations des « prêts à recours limité », les autres en faveur de Rice SA, société de M. Louis-Dreyfus, qui, prudemment, a simplement exigé une option d’achat (et non, comme l’écrit à un moment l’arrêt une « promesse d’achat »).

    L’un des éléments essentiels caractéristiques d’un portage fait ainsi défaut. Mais il y manque aussi l’esprit. Celui qui s’engage à acheter à un prix déterminé assume le risque que les porteurs refusent de prendre ; c’est l’une des raisons d’être du portage.

    Précisément, en prenant une simple option d’achat, facultative par principe, M. Louis-Dreyfus a clairement fait savoir qu’il n’entendait pas supporter les risques de l’opération.

    In fine, ceux-ci ont été supportés par le CL. Et c’est la raison pour laquelle le Président Peyrelevade évoquera par la suite des instructions pour « que l’on ne dépasse pas le stade du portage en termes de prise de risque ».

    De fait, celle-ci était équivalente à celle qu’aurait couru la banque si elle s’était engagée à racheter les actions au prix de cession de février 1993. Mais, et c’est là qu’est l’erreur des seconds juges, assurer un risque égal à celui qui s’attache à une opération de portage, ce n’est pas, loin s’en faut, réaliser ladite opération.

    C’est le principe de base des métiers de la finance que de prendre position sur les risques d’une opération à laquelle on ne participe pas ; et c’est bien pourquoi on distingue les financiers des entrepreneurs.

    Dire que, par l’effet d’un « portage économique », le Crédit Lyonnais serait devenu le véritable cessionnaire des actions Adidas, c’est ne pas comprendre le principe de cette dissociation. C’est affirmer que celui qui assure les risques financiers d’une acquisition est en réalité l’acquéreur, comme si l’assureur d’un immeuble en devenait le propriétaire…

    Commentaire par Le Chevalie Bayard — 05/07/2013 @ 15:20

  62. Je vous suis dans votre analyse de l’arrêt de la Cour de cassation, à cette réserve près que la cassation sur le deuxième moyen intervient pour ce qui ressemble à un défaut de motifs : la cour d’appel a « statué par des motifs impropres à faire apparaître que l’immixtion du CL dans l’exécution du mandat délivré à sa filiale avait été de nature créer pour les mandants une apparence trompeuse… ». De ce que les motifs retenus par l’arrêt cassé étaient impropres, il ne résulte pas nécessairement que des « motifs propres » ne pourraient pas être dénichés dans un dossier où toutes les parties avançaient avec des faux-nez.

    On dirait une partie de bonneteau.

    Commentaire par ranide — 05/07/2013 @ 17:08

  63. J’entends bien ranide, et vous avez raison de me rappeler le grief de forme – motifs impropres – du second moyen de l’arrêt de la Cour de cassation au visa des articles 1134 et 1165 du Code civil qui ne signifie pas que la décision de la Cour d’appel, en elle-même, est juridiquement erronée : la juridiction de renvoi, sans encourir de critique en cas de nouveau pourvoi, pourra adopter la même solution en la motivant.

    Sauf que, si pour la Cour de cassation c’est l’immixtion du CL dans l’exécution de ce mandat de reclassement de titres qui peut créer cette « apparence trompeuse propre à permettre de croire légitimement que cet établissement était aussi leur cocontractant » et donc conduire à penser que le CL peut être considéré comme tenu par le mandat, force est de reconnaître qu’il sera fort délicat pour B. T. d’emporter la conviction des juges, dans la mesure où, pour prétendre se prévaloir avec succès de la théorie du mandat apparent, il faut établir l’erreur ou la croyance légitime du mandant.

    Or, plus que quiconque le professionnel avait le devoir se de renseigner !

    En effet, l’importance et la particularité de l’opération projetée, comme la qualité de professionnel du mandant, au surplus parfaitement conseillé, notamment sur le plan juridique, sont des éléments qui tendent à penser que B. T. ne pouvait pour apprécier à quel titre le Crédit Lyonnais intervenait dans l’exécution du mandat de reclassement des titres, s’en tenir à l’apparence en raison de ce que je viens d’exposer.

    Quoi qu’il en soit vous évoquez le bonneteau, et vous n’avez pas tort, car il n’est pas nécessaire d’avoir fait de longues études de droit pour se demander si l’on est pas en face d’un épisode digne de figurer dans le recueil des « Ruses légales et roueries financières » de F. Nicolaÿ (Lib. Académique Perrin, 2 ème éd., 1919) !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 05/07/2013 @ 19:15

  64. @ ranide

    J’avais oublié :

    http://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/assemblee_pleniere_22/communique_9382.html

    En deux lignes : « La Cour de cassation ne s’est donc pas prononcée sur l’éventuel préjudice subi par le groupe Tapie, aucune faute n’étant en l’état caractérisée à l’encontre de la SDBO et du Crédit lyonnais. »

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 10/07/2013 @ 19:40

  65. Bonsoir Aliocha,

    Navré pour vous mais votre confrérie est décidément pourrie jusqu’au dernier degré. Le panurgisme le plus bas a encore sévi ce soir si j’en crois ces titres (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/07/10/01016-20130710ARTFIG00573-tapie-on-peut-executer-des-gens-avant-d-etre-condamne.php ou http://lci.tf1.fr/france/bernard-tapie-au-20h-de-tf1-ce-soir-8122843.html). J’aurai été surpris de découvrir notre Nanard national d’accord avec une décision de justice qui décide de la saisie d’une partie de ses biens. Moi-même, dans un pareil cas, je le vivrai mal!!! Désolé mais je ne suis pas prêt de me fendre de quelques euros pour aider ces gens à servir cette soupe indigeste qu’on appelle en France « information ». La meilleure chose qu’il puisse leur arriver c’est que leur audience tombe à zéro ((même en cas de taxe exceptionnelle sur les terminaux informatiques: http://www.01net.com/editorial/599429/la-presse-ecrite-soutient-le-projet-de-taxe-sur-les-mobiles-connectes/). Nombre de vos collègues devraient au moins vous lire afin de tenter de visualiser (en ont-ils les capacités intellectuelles? J’en doute fortement) le gouffre dans lequel ils sont tombés de leur propre fait.

    Cela n’enlève en rien l’estime que je vous porte et le plaisir que j’ai à lire votre prose. Bonne soirée.

    Commentaire par H. — 10/07/2013 @ 21:40

  66. Bonjour Aliocha,

    Excusez-moi du coup de gueule de hier soir. Pour la seule info qui aurait du passer au « JT », la voilà, fraîche émoulue d’un blog: « http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2013/07/11/les-biens-de-tapie-saisis-grace-a-une-loi-de-sarko-876814.html »

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 11/07/2013 @ 08:55


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