La Plume d'Aliocha

04/06/2013

Parfum d’andouillette

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 09:01
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Ainsi donc le livre de Marcela Iacub, Belle et bête, a reçu le prix de la Coupole. Voilà une heureuse nouvelle. Il fut un temps en effet où les écrivains sulfureux étaient poursuivis en justice et leurs oeuvres interdites. Ceux-là souvent mouraient trop vite pour connaître les joies de la fortune et de la célébrité. Je songe à Flaubert, traqué par un procureur qui avait cru déceler un éloge de l’adultère dans Madame Bovary ou encore à Baudelaire qui avait eu le malheur d’irriter le même inquisiteur en publiant ses splendides rêves maudits. Saluons la liberté d’esprit de notre époque qui ne s’offense plus de rien. Aujourd’hui, on couche, on piège, on raconte, bref, on cochonnaille sous les applaudissements. Certes, un juge a bien froncé les sourcils, mais sa décision n’a eu d’autre effet que de doper les ventes. Ah, le délicieux parfum de la transgression…. C’est qu’il se fait rare le bougre. En tuant la morale, on assassine le mal autant que le bien et puis, égarés soudain au milieu de nulle part, on regrette, mais il est trop tard…

Le sulfureux opuscule non seulement a terrassé les dragons de l’indignation, fait la Une d’un magazine d’actualité, mais il remporte en plus une distinction littéraire. Pas n’importe laquelle d’ailleurs, un prix décerné par les membres des journaux qui  ouvrent leurs pages à l’auteur. C’est dire si ceux-là ont l’amitié fidèle et l’opportunisme alerte, à défaut de pouvoir revendiquer une quelconque forme d’indépendance. On critique leur choix ? Il l’entérinent eux-mêmes et apposent le sceau de la qualité littéraire sur l’objet du délit. Les voici soudain propulsés, par la seule force de leur volonté, au rang des plus beaux esprits, ceux qui savent détecter avant tout le monde où se situe la vraie création. En 2011, ils avaient déjà récompensé Ticket d’entrée, le roman de Joseph Macé-Scaron dont Acrimed devait  révéler, hélas, qu’il était emprunté pour partie à un autre…Quel flair, n’est-ce pas ?  L’histoire littéraire jugera. Créer, c’est souvent choquer, mais choquer ne confère pas forcément le statut d’artiste, pas plus qu’un tempérament mélancolique ne signale à coup sûr l’âme d’un poète inspiré. Il y a des fous sans génie.

On sourit en songeant que les mêmes ou leur canard, c’est pareil, vont continuer de donner des leçons au politique et de traquer sans pitié conflits d’intérêts et petits arrangements avec les règles. Ils sauront se défendre en expliquant doctement que l’ÂAAArt peut tout s’autoriser. L’art peut-être, mais précisément on le cherche encore en feuilletant les pages de cette épouvantable niaiserie qui ne partage qu’une chose avec les chefs d’oeuvre, le nom de l’objet qui en supporte l’outrage.

Note : merci à Gabbrielle de m’avoir transmis cette détestable mais fort intéressante nouvelle.

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33 commentaires »

  1. Aah… combien de « prix littéraires » (ou autres) qui ne sont de toue façon que prétextes à communiqués de presse.

    Je m’étonne quand même qu’il n’y ait pas au moins un journal « concurent » pour exploiter tout le ridicule de cette consanguinité.

    Foxtrot.

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 04/06/2013 @ 10:37

  2. Récompensée face à « Nouilles froides à Pyongyang » (notamment), cela ne pouvait que retenir votre attention !

    Commentaire par Guillaume — 04/06/2013 @ 11:14

  3. L’arrivée de votre billet se téléscope avec un courriel professionnel : nous devons récuser un collègue qui devait évaluer notre projet au motif qu’il travaille dans un grand groupe dont une filiale est impliquée dans le dit projet — « conflit d’intérêts ». Dernièrement, j’ai dû moi-même me récuser d’une évaluation au motif que je collaborais vaguement avec deux personnels de l’entité que j’aurais dû évaluer.

    Curieusement, cette idée que « la femme de César ne doit pas être soupçonnée » et qu’il vaut mieux s’écarter de tout ce qui pourrait être interprétée comme une connivence n’effleure pas la presse parisienne, sa critique littéraire (où l’on ne trouve visiblement pas anormal d’évaluer et primer un collaborateur), et les milieux politiques (où l’on ne trouve pas anormal d’intervenir fortement sur les projets de lois concernant une industrie alors que l’on est membre du conseil d’administration d’un grand nom du secteur, cf http://authueil.org/?2013/05/14/2156-gaymard-et-le-conflit-d-interet ).

    Il faut dire que tous ces gens ont fait Sciences-Po, l’ENA, du droit ou des lettres, et ont donc sans doute une vision plus raffinée que moi.

    Commentaire par DM — 04/06/2013 @ 11:43

  4. Oui, oui.

    Mais je vous en veux presque (j’ai dit: «presque») de tomber dans ce cliché voulant qu’on convoque à chaque fois Madame Bovary et Les Fleurs du mal pour évoquer les temps honnis de la censure d’État. Ces deux exemples ont pour caractéristique commune d’être les seuls qu’on puisse citer pour illustrer la censure. Ils correspondent à une période d’environ vingt ans (peut-être même moins) dans l’histoire de la France moderne – en gros, une lubie de quelques vieux bourgeois du Second «en pire» (comme disait Victor Hugo). Et, franchement, à voir le nombre de navets, de co(cho)nneries, de nullités publiés depuis en s’abritant sous l’avantageux symbole de Flaubert et Baudelaire «martyrs»… on se dit que ces médiocres et éphémères censeurs, parfaitement isolés dans notre histoire, n’ont décidément pas rendu service à la littérature!

    Commentaire par Philarête — 04/06/2013 @ 16:07

  5. @Philarête : tiens, vous ici ? Je sais bien, mais vous noterez l’ironie de mon propos. De la même façon que je pense que la liberté s’ennuie et n’a plus rien d’autre à conquérir que quelques licences sexuelles sans intérêt, de même je pense que nos beaux esprits contemporains se prennent pour des éclairés et rejouent une parodie du combat de l’art contre la censure. Il faut bien évidemment me lire au second degré. C’est du guignol, comme d’habitude 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/06/2013 @ 16:12

  6. @Philarête: Vous savez, lorsque Benoît Duteurtre a osé dire ce qu’il pensait de l’art contemporain, Le Monde a publié un article le comparant à Robert Faurisson… Il semble que la décence la plus élémentaire, la mesure la plus évidente, sont absentes chez certains.

    Commentaire par DM — 04/06/2013 @ 16:29

  7. (Mon commentaire précédent n’était peut-être pas très clair : je veux dire que, lorsqu’il s’agit d’œuvres à prétention artistique, certains n’hésitent pas à prendre avec indécence des figures d’artistes maudits et persécutés par la Censure, voire par de dangereux fascistes, alors qu’ils sont parfaitement installés dans le système.)

    Commentaire par DM — 04/06/2013 @ 17:04

  8. En meme temps le Prix de la Coupole pour Madame Iacub, cela me semble plutot adapte (je ne fais pas allusion a Camus et Sartre).
    Libe qui rapporte l’info parle de « body writing experimental ». Quant a savoir ce que cela veut dire …

    Commentaire par Maelle — 04/06/2013 @ 17:51

  9. @Maelle : 😉 sur le body writting experimental, ça ne veut rien dire, c’est tout le charme de la chose…mais ça plait aux snobs. Si ma mémoire est bonne, snob viendrait de sine nobilitate….

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/06/2013 @ 18:27

  10. Ah, tout de même, il y a encore un peu de cohérence : http://www.lejdd.fr/Medias/Television/Actualite/Laurence-Ferrari-et-Audrey-Pulvar-privees-de-carte-de-presse-610654

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/06/2013 @ 22:50

  11. Meilhon, l’histoire d’un « voyou des champs » par Stéphane Durand Souffland : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/06/03/01016-20130603ARTFIG00621-pourquoi-le-cas-meilhon-n-a-pas-ete-juge-prioritaire.php

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/06/2013 @ 07:39

  12. La terre est bleue comme une orange…splendide : http://tempsreel.nouvelobs.com/galeries-photos/photo/20130531.OBS1518/en-images-nasa-25-photos-a-couper-le-souffle.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/06/2013 @ 09:55

  13. L’indécence extrême et la déconnexion du réel de tout ce petit milieu détestable a éclaté pendant le Festival de Cannes. C’est effectivement à vomir.

    Commentaire par eczistenz — 05/06/2013 @ 12:32

  14. ca sent la fin de règne, je trouve cela passionnant, les frontières vont bouger, la jeune génération fera avec la culture qu’on lui a appris…
    je crois que la deuxième moitié de ma vie va être très intéressante.

    Commentaire par herve_02 — 06/06/2013 @ 14:20

  15. @eczistenz: Plus précisément?

    Commentaire par DM — 06/06/2013 @ 17:47

  16. Vous accordez bien de l’importance à M. Iacub, bien plus qu’elle n’en mérite. Qu’on aime ou pas ce genre de littérature trash , genre Ch Angot, ou de kiosque de gare genre Notomb, il suffit de s’en détourner. Faites comme moi ne la lisez pas, le temps passera, et l’oubli avec. Vous lui accordez une importance qu’elle n’a pas. Qu’on aime ou qu’on déteste/méprise, cela reste dérisoire.
    Plus grave, à mes yeux, autrement plus grave, est l’irrationnel répandu à grande échelle, et l’accoutumance à la dénonciation de complots pour formater les esprits à accepter l’irrationnel comme étant la règle et à voir du complot partout, et ainsi labourer le terrain pour la réception à toutes les idéologies plus ou moins fascisantes à venir, ou qui viennent plus exactement.
    Je pense aux Paolo Coelho et ses clones.
    Là il y aurait de quoi s’inquiéter davantage, pour les effets que recèle ce type de littérature populaire.

    quant au post 3

    « Il faut dire que tous ces gens ont fait Sciences-Po, l’ENA, du droit ou des lettres, et ont donc sans doute une vision plus raffinée que moi. »

    il est triste de lire un tel ressentiment envers les littéraires et surtout une telle incompréhension de ce que représentent les Lettres
    Sachant ce que la littérature, la vraie , la grande, représente comme constituant majeur , essentiel et originel, de la culture, de l’imaginaire et de la sensibilité des peuples, de l’histoire et de nos représentations dans tous les domaines, tant celui des sentiments, du symbolique, que de l’histoire et de la politique. La littérature, ce sans quoi nous ne serions ni civilisés tels que nous le sommes, depuis le théâtre grec et les épopées, la poésie, grecques, ni politisés tels que nous le sommes devenus de Homère, Thucydide jusqu’à Stendhal, Proust, Hugo, Heine… et aujourd’hui encore à travers le monde par l’effet de toute cette multitude de textes littéraires surgis de tous pays de Ph Roth à Mo Yan , Oran Pamuk, K Yacine ou Aaron Apenfeld….

    Commentaire par King A. — 07/06/2013 @ 10:36

  17. @King A.: Je crains que vous ne fassiez fausse route. Je ne visais pas ici « les lettres », mais un certain microcosme prétentieux, prompt à se parer des attributs de la culture et de la riche tradition que vous citez, sans en avoir la grandeur.

    Commentaire par DM — 07/06/2013 @ 11:05

  18. @King A : Iacub, je m’en fous, en revanche, le système qui la porte, que dis-je, qui la propulse, je m’en fous moins. Faire la Une d’un magazine sur ce livre c’est envoyer un signal fort aux éditeurs : faites du cul, du scandale, de la merde si vous voulez que nous, journalistes, en rendions compte et que nous assurions vos ventes. Donc, ce que nous décrions tous en coeur ici, à savoir les errances du système médiatique, est tout entier contenu dans le livre de Iacub. Il est même emblématique. C’est en ce sens que je lui accorde de l’intérêt.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/06/2013 @ 12:14

  19. @King A.
    Un court message pour dire à quel point je suis contente de voir quelqu’un qui partage mes vues sur Paole Coelho « et ses clones », une « littérature » qui non seulement se veut grandiloquente alors qu’elle est de bas étage, mais surtout qui m’a toujours semblé un peu inquiétante par le galimatias new age qu’elle véhicule. Et c’est une admiratrice de Borges, super fan d’heroic fantasy et lectrice à la sauvette de littérature policière « maryhigginsclarkienne » qui vous parle !

    Commentaire par Maelle — 07/06/2013 @ 13:11

  20. C’est pas sympa pour l’andouillette.

    Commentaire par Félix — 07/06/2013 @ 15:56

  21. @maelle

    je vous rejoins sur la pauvreté de la littérature qui circule à grande échelle, je trouve en revanche que le niveau zéro de politique qui gouverne est tout de même plus préjudiciable car qui fait plus que véhiculer des idée new age : elle détruit ce qui restait du tissus social après la curée des 30 glorieuses.

    Commentaire par herve_02 — 07/06/2013 @ 19:21

  22. Oui, sans doute,Herve, mais en meme temps ces bouquins ne sont pas loin pour moi de faire le lit d’idees sectaires, et ca c’est dangereux. Mais peut-etre suis-je parano …

    Commentaire par Maelle — 07/06/2013 @ 20:35

  23. je ne sais pas, on juge souvent d’après ses propres peurs, il me semble que j’en ai lu un, mais j’étais déjà comme cela avant.

    Sans vouloir être toujours pas d’accord, il me semble que le mal être et les difficultés sociales font plus pour le recrutement des sectes que les livres de cohello, mais c’est plus facile de taper sur l’un que sur l’autre.

    Commentaire par herve_02 — 08/06/2013 @ 01:40

  24. Oh, quelle surprise !!!! : http://www.lepoint.fr/politique/les-dossiers-dont-pourrait-se-servir-cahuzac-09-06-2013-1678883_20.php

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/06/2013 @ 20:48

  25. @Maelle : que voulez-vous notre époque ne supporte plus un brin de cellulite sur les fesses mais s’accommode en revanche fort bien d’esprits lourdement adipeux. Je regrette le temps où c’était le contraire, car tous ces esprits dégoulinants de mauvaise graisse me donnent la nausée. Mais bon, j’imagine que dans un siècle on aura fait le tour de la malbouffe intellectuelle et qu’on lira sur les Iacub du futur « l’abus de mauvaise littérature nuit gravement à la santé mentale » 😉 Alors, on nous obligera à ingérer des pilules à rendre intelligent qui seront remboursées par la sécu tandis que les éditeurs déverseront des tombereaux de saloperies éditoriales, ce qui fera la fortune de l’édition et des labos. Youpi. L’avenir s’annonce radieux.

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/06/2013 @ 21:05

  26. L’affaire Cahuzac va de mal en pis : http://www.mediapart.fr/journal/france/090613/affaire-hsbc-comment-jerome-cahuzac-protege-la-banque-de-son-frere?page_article=3 (abonnés)

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/06/2013 @ 08:49

  27. […] « que voulez-vous notre époque ne supporte plus un brin de cellulite sur les fesses […]  »

    Heu, parlez pour vous ! Les hommes ont toujours préféré les rondes, me semble-t-il. Les cintres sur pattes que nous imposent les couturiers m’ont toujours inquiété. Et aux défilés des grandes maisons, j’ai toujours préféré ceux de lingerie… pour les formes des mannequins ! 😉

    Commentaire par Zarga — 10/06/2013 @ 20:16

  28. @ Zarga : Moi, ce qui me dérange, ce sont non seulement les anorexiques qui défilent, mais aussi ces visages d’outre tombes qui promènent leur absence de vie dans des robes qui, du coup, ressemblent à des linceuls !

    Commentaire par Dorine — 10/06/2013 @ 22:13

  29. Mur des cons, 8 jours de mise à pied pour C.W-R

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/06/11/mur-des-cons-le-journaliste-de-france-3-mis-a-pied-pendant-une-semaine_3428287_3224.html

    Commentaire par gabbrielle — 11/06/2013 @ 19:04

  30. « Belle et bête » : serait-ce point un autoportrait iacubite ?

    Commentaire par PMB — 13/06/2013 @ 20:20

  31. Quand quelques photos valent mieux que tous les longs discours : http://tempsreel.nouvelobs.com/galeries-photos/photo/20130614.OBS3386/grand-ecran-skins-contre-antifas-aux-origines-de-la-guerre.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/06/2013 @ 21:07

  32. @ laplumedaliocha,

    Hors-sujet délibéré mais hors-sujet touchant à votre thème favori, chère hôtesse, les médias : comment se fait-il que la décision du gouvernement grec de fermer brutalement la télévision grecque n’agite pas plus les médias notamment français ? C’est une décision, inouïe, sans précédent, prise sous la pression de la troïka. Nous en sommes donc, nous citoyens des pays européens, collectivement responsables. C’est en notre nom qu’on été émis les oukases qui ont fait taire la télévision publique grecque. Où sont passés, dans nos journaux, à la télé et à la radio, nos grands défenseurs des droits de l’homme, de la liberté d’expression et de la démocratie ?…

    Il est vrai que le bombardement de la télévision publique serbe par nos avions en 1999 n’avait pas suscité plus de réactions de nos médias, grands défenseurs pourtant des droits de l’homme, de la liberté de d’expression et de la démocratie…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 15/06/2013 @ 23:29

  33. @Denis : @si en parle beaucoup. Mediapart organise une soirée aujourd’hui au Théâtre du Châtelet à 20 heures sur ce sujet. Entrée libre, recommandation : venir nombreux !

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/06/2013 @ 14:07


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