La Plume d'Aliocha

28/05/2013

La langue est une arme

Classé dans : Débats — laplumedaliocha @ 09:29

9782738125637Pour se forger un avis un tant soit peu éclairé sur le débat actuel relatif à l’introduction de cours en anglais à l’université, je recommande le stimulant essai du linguiste Claude Hagège, "Contre la pensée unique", paru chez Odile Jacob en 2012. L’auteur arpente en ce moment les plateaux de télévision pour exprimer son opposition farouche au projet.  Pourtant, songera-t-on, dans notre pays si traditionnellement et honteusement autiste à l’appréhension des langues étrangères, introduire des cours en anglais, de façon très limitée et dans l’objectif  de faciliter l’accès des étudiants étrangers au savoir dispensé dans nos facultés, apparait comme un progrès. Possible, mais pour en juger, encore faut-il s’ôter de l’esprit quelques idées fausses.  J’ai retrouvé sous la plume du linguiste les mêmes problématiques que j’observe au quotidien en droit, en économie et en finance. D’où mon envie de croiser mes observations et les siennes pour éclairer un tant soit peu le débat.  Car des courants profonds, en-dessous du radar médiatique, sont à l’oeuvre. On aurait tort de les ignorer.

Ne nous y trompons pas, c’est une guerre

D’abord, il convient de situer le débat dans son contexte. Nous sommes en guerre. Une guerre sans chars ni armée traditionnelle, mais une vraie guerre. L’enjeu : défendre et affirmer sa culture dans tous les domaines pour assurer sa survie, voire confirmer sa domination. D’un côté, l’immense puissance des Etats-Unis et des pays dits anglo-saxons, au premier rang desquels la Grande-Bretagne. De l’autre, le reste des grandes puissances. L’enjeu ? Pour chaque camp, imposer son influence notamment sur les pays émergents, pour assurer en particulier le développement de son économie.

Prenons l’exemple du droit. Les systèmes juridiques se divisent en deux catégories, celle du droit écrit, chère à l’Europe continentale et la common law de nos amis anglo-saxons. Je n’entre pas dans les détails, ce serait trop long, l’essentiel est de savoir que les deux fonctionnent de manière très différente, ce dont on s’aperçoit sans peine en regardant des séries policières américaines. Interrogez n’importe quel juriste français d’un cabinet d’affaires sur le système le plus répandu, il vous répondra la common law. Faux, c’est une légende. En réalité, le système dominant (au regard du nombre de pays dans le monde qui l’ont adopté) est le nôtre, celui de la tradition du droit écrit, comme en témoigne la carte de Wikipedia en lien.  Seulement voilà, la common law est portée par deux grandes puissances de l’économie et de la finance, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Résultat, on rédige les contrats en anglais – même lorsque les cocontractants sont français- selon des modes de raisonnement anglo-saxons, et l’on finit par se persuader que c’est ainsi que le monde entier fonctionne. Pire, on en vient à mépriser nos propres règles autant que notre langue. Car le business, c’est en anglais. Réflexe à courte vue. Dangereuse ignorance des enjeux. En réalité, celui qui impose son système juridique assure sa domination économique. Les Etats-Unis le savent si bien qu’ils ne cessent de promouvoir leur modèle partout afin de convaincre les pays émergents de l’adopter. Je renvoie sur ce point aux rapports Doing business de la Banque mondiale. Depuis une dizaine d’années, la Banque mondiale classe les systèmes juridiques en fonction de leur capacité à faciliter le business. Jusque là rien de trop discutable, relevons seulement l’enjeu économique bien réel que révèle l’angle de l’analyse : il s’agit du Business, pas de la qualité de la justice ou de la protection des faibles, mais du business. L’ennui, c’est que pour classer, il faut définir des critères. Or, ces critères on les doit aux juristes américains, fortement influencés par les thèses libérales de l’école de Chicago, qui ont soufflé l’idée de ce classement à l’institution internationale et livré la méthode dans la foulée. Sans surprise, la facilité à licencier des salariés permet de gagner des points dans le classement. Voilà qui donne la mesure de la chose. Dans la première mouture de cette étude annuelle sortie de mémoire en 2003, la France était classée aux alentours du 60ème rang, juste derrière le Botswana, tandis que les pays appartenant à la tradition de la common law occupaient bien entendu les premières places. Eh oui, quand des yeux chaussés de lunettes anglo-saxonnes observent le droit français, ils le trouvent discutable, quand ils regardent leur système, ils applaudissent. Petite précision : les travaux de la Banque mondiale servent de base de réflexion aux pays émergents qui cherchent à se doter d’un système juridique, ils entrent dans les critères d’attribution de prêts à ces mêmes pays etc…

On pourrait ainsi multiplier les exemples car la même partie d’échecs se joue dans tous les domaines. Qu’on ne se méprenne pas, il ne s’agit pas ici de dénoncer un quelconque complot. La réalité est plus simple : les Etats-Unis, forts de leur puissance économique, déploient naturellement les efforts nécessaires pour conforter et étendre celle-ci. S’il y a des fautifs dans cette histoire, ce sont tous ceux qui n’aperçoivent pas les enjeux de cette guerre d’influence. J’ai retrouvé les mêmes combats en lisant Hagège,  cette fois sur des questions liées à la recherche.  Un scientifique doit publier, mais pour le faire dans les revues les plus importantes, il doit s’exprimer en anglais. Idem s’il veut participer à des travaux internationaux. Le rapport de force est inégal et les anglophones de naissance largement privilégiés. Mais il y a plus ennuyeux. "Une recherche qui ne s’exprime que dans une langue à prétention universelle bride l’innovation, oblige celui qui ne l’a pas pour langue principale à des formulations empruntées et jugule par là même ses capacités de conceptualisation, finit par imposer une science conservatrice" met en garde le linguiste.

Et les anglo-saxons, il parlent quoi à part l’anglais ?

Une fois que l’on a pris la mesure des enjeux, il faut ensuite corriger quelques préjugés. Largement influencés par la culture anglo-saxonne, et coutumiers de l’auto-dénigrement, les français se frappent la poitrine en psalmodiant qu’ils sont nuls puisqu’ils ne maitrisent pas l’anglais. Certes, mais objecte Hagège, les anglophones parlent-ils eux-mêmes autre chose que l’anglais ? Bonne question. Entendons-nous bien, il ne s’agit pas d’inviter chacun à se replier sur sa propre langue, c’est même le contraire. "Autant tu connais de langues, autant de fois tu es un homme" dit un proverbe arménien justement cité par Claude Hagège. L’objectif du linguiste est de maintenir la diversité des langues et, à travers elles, des cultures et des modes de pensée. Fantasme d’universitaire hors des réalités, songera-t-on. Encore un regrettable préjugé. Défendre le français et la francophonie n’est  pas un combat d’arrière-garde mené par quelques doux dingues étrangers aux dures réalités économiques et  à la grande fête culturelle mondialisée qui se joue essentiellement en anglais, c’est précisément le contraire. C’est avoir la conscience aigüe qu’une langue est une arme dans une guerre d’influence aux enjeux  gigantesques. Défendre et promouvoir sa culture, c’est maintenir la richesse de la diversité contre la pensée unique, c’est se donner aussi et surtout la possibilité d’exporter  son mode de pensée, sa façon de vivre, sa culture et bien entendu son économie.

Alors faut-il ou pas enseigner en anglais dans les universités françaises ? A chacun de juger. On peut considérer qu’ainsi on facilitera l’appréhension de notre culture par les étudiants étrangers (plus on forme d’étrangers, plus on diffuse notre culture) ou considérer à l’inverse qu’on ouvre ainsi la porte au cheval de Troie. Le tout est de dépasser l’idée  selon laquelle hors l’anglais point de salut, car c’est une erreur.  Seulement voilà, une guerre, cela se joue aussi sur le terrain psychologique. Il faut croire que le monde anglo-saxon est en train de remporter cette manche-là haut la main…

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89 Commentaires »

  1. « Un scientifique doit publier, mais pour le faire dans les revues les plus importantes, il doit s’exprimer en anglais. Idem s’il veut participer à des travaux internationaux. Le rapport de force est inégal et les anglophones de naissance largement privilégiés. »

    Cela dépend sans doute des disciplines, et était à mon avis plus vrai il y a 15 ans que de nos jours. En effet, actuellement, les laboratoires américains tournent en grande partie avec des doctorants indiens (qui, il est vrai, apprennent l’anglais à l’école, mais utilisent souvent des tournures bizarres et ont souvent un accent impressionnant) ou chinois (parfois quasiment incompréhensibles à l’oral).

    Si je prends le comité de programme d’une conférence de premier choix dans mon domaine :
    http://popl.mpi-sws.org/2014/

    Je trouve:
    américains 6
    français 3
    britanniques 2
    danois 1
    algérien 1
    suédois 1
    italien 2
    allemand 3
    grec 2
    japonais 1
    indien 2
    israélien 2
    ??? 1

    On constate qu’il n’y a pas cette prééminence anglo-américaine tant dénoncée (si ce n’est que les États-Unis étant un pays de 300 millions d’habitants, il est compréhensible qu’il y ait plus d’américains que de grecs, par exemple…).

    Je pense qu’il y a une différence très importante suivant que l’on parle de droit ou de sciences exactes. Le droit s’exprime naturellement dans la langue dans laquelle sont écrits les textes de lois et les jugements auxquels il se réfèrent ; les mots pour exprimer les concepts légaux d’un pays sont créés dans la langue (ou les langues) de celui-ci. À l’inverse, parler dans une langue des concepts juridiques d’un autre pays oblige souvent à passer par des périphrases plus ou moins claires, qui donnent une impression d’étrangeté et de complexité. Je soupçonne donc qu’à ne lire qu’une langue, on s’habitue à trouver « naturels » les systèmes juridiques créés dans cette langue, et étranges, biscornus ou rares ceux qui ne le sont pas.

    À l’inverse, un concept mathématique a une traduction exacte. Il est même tellement important en mathématiques que le lecteur et l’auteur soient d’accord sur le sens des termes qu’il est courant que le début d’un article précise les notations et le vocabulaire. Quand on dit "Let P be a convex polyhedron", cela veut dire "Soit P un polyèdre convexe", il n’y a surtout rien de propre à tel ou tel pays, telle ou telle culture, telle ou telle interprétation; sinon on ne fait plus des mathématiques. Il n’y a aucun « mode de pensée » dénoté par l’usage de l’anglais, de l’espagnol ou du français (j’éviterai de m’exprimer au sujet du chinois, mais j’en doute également).

    « Une recherche qui ne s’exprime que dans une langue à prétention universelle bride l’innovation »

    Je demande à voir. Je ne suis pas sûr que la situation était meilleure il y a 100 ans, quand les citoyens de "petits pays" soit publiaient dans les "grandes langues" (anglais, allemand, français) et devaient donc travailler ces langues, soit ou alors publiaient dans leur langue maternelle et étaient ignorés (il me semble ainsi que Mendel a publié en tchèque et a été ignoré pendant plusieurs dizaines d’années). Ensuite il y a eu l’époque où les soviétiques publiaient en russe et les américains en anglais, ce qui a donné d’amusantes redécouvertes indépendantes (p.ex. Cook et Levin ont inventé la NP-complétude au même moment l’un que l’autre sans s’en rendre compte), sans parler du fait qu’on a redécouvert plusieurs fois les propriétés des polyèdres convexes (Weyl avec sa thèse en allemand quasi introuvable et traduite en anglais dans un obscur rapport de la RAND Corporation, Chernikova en russe, etc.).

    Je vois dans Le Monde une tribune un peu sur la même idée:
    http://abonnes.lemonde.fr/sciences/article/2013/05/27/cours-en-globish-non-merci_3418196_1650684.html

    Mais mon collègue Zito, qui ne publie d’ailleurs qu’en anglais, mentionne Hegel ou Heidegger ; je ne pense pas qu’il y ait de comparaison valable avec un cours de physique. De même, la fin de l’article mentionne la communication avec de larges classes sociales; or il me semble que cela relève de la vulgarisation (qui doit effectivement se faire en langue maternelle) et non de la publication primaire. De fait, il me semble que le principal obstacle pour M. ou Mme Tout Le Monde qui voudrait lire un article de mathématique ou de physique, par exemple, ce n’est pas du tout l’anglais, mais la nécessité d’avoir un niveau master recherche et au delà pour comprendre de quoi il retourne.

    Commentaire par DM — 28/05/2013 @ 10:25

  2. (Précisons que cette histoire d’étrangeté du droit fonctionne dans les deux sens : je ne vois pas comment traduire simplement le terme de Common Law "writ" en français, vu qu’il recouvre diverses procédures qui n’existent pas en France ou qui ne sont pas regroupées dans la même catégorie. Peut-être existe-t-il une traduction officielle québécoise ?

    Il me semble vraiment qu’il faudrait distinguer dans cette discussion les disciplines qui, par nature, sont liées à un système social, juridique ou politique, et celles qui au contraire ont des concepts unifiés — par exemple, en physique, un photon c’est un photon, vous avez beau avoir des mots différents pour le désigner suivant les langues, c’est un photon.)

    Commentaire par DM — 28/05/2013 @ 10:30

  3. Le fait de faire de la recherche en anglais plutôt qu’en français, ce n’est pas pour faire plaisir aux américains, c’est pour que les chinois fassent de même et qu’on ait une chance de les comprendre (et qu’ils aient une chance de lire les découvertes scientifiques françaises).
    Une part des étudiants de master est appelée à faire une thèse et donc à s’appuyer sur la connaissance scientifique actuelle pour en approfondir un point. Cette connaissance est mondiale, et partagée en anglais. Avoir des cours de master en anglais (et non des cours d’anglais), c’est faire en sorte que l’étudiant ait pratiqué le lexique scientifique de son possible domaine de recherche.

    Commentaire par JaK — 28/05/2013 @ 10:39

  4. Le point de vue d’un américain sur la question de l’aprentissage des langues étrangères: http://www.patheos.com/blogs/hallq/2013/05/everyone-in-america-should-fail-to-learn-a-foreign-language/

    Foxtrot.

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 28/05/2013 @ 10:52

  5. Votre article me semble mélanger bien des problématiques.

    Il y a d’abord la question de la défense de la langue française. C’est un combat important, à mener à l’international, bien sûr -en formant des étudiants étrangers à nos concepts et notre pensée ; en promouvant les cours de français dans le monde ; en exportant nos produits culturels-. Mais ce combat doit aussi être mené en interne. Ce combat en interne n’est pas exclusif de cours en anglais, qui peuvent être une richesse. Ce combat concerne avant tout, de mon point de vue, l’acquisition de la langue française. Il est anormal que certaines personnes aient le baccalauréat avec un niveau défaillant en français. J’étais à l’université, il n’y a pas si longtemps : j’ai eu à m’occuper de L1. Je frémis au souvenir des fautes d’orthographes que j’ai pu constater. Lutter contre l’introduction de la morale laïque, de la théorie du gender, de cours en "entreprenariat" ou que sais-je est aussi essentiel. L’école est là pour acquérir les fondamentaux; instruire. Subsidiairement, elle peut éduquer. Est-ce que la mission relative à l’instruction est remplie, pour se permettre de songer à ajouter tant de missions d’éducation? J’en doute. A trop se disperser, on rate tout. Tout fonder sur le dialogue, c’est bien. Mais pour dialoguer, il faut avoir des choses à dire, et des mots pour le dire. Si l’école ne permet plus d’avoir des choses à dire, ni d’avoir des mots pour le dire, comment faire survivre notre culture?

    Il y a ensuite la question du système juridique et économique. La common law est loin d’être un système juridique aussi performant qu’on peut le penser de prime abord. Du moins, les différences d’avec notre système ne sont pas si évidentes, exceptées sans doute en matière criminelle. Il y a des différences, je ne le nie pas : mais de là à conclure que tel système est meilleur que tel autre, il y a un pas que je ne franchirai pas.
    D’autant plus que les systèmes ont tendance à se rapprocher : des petites doses d’accusatoire et d’oralité sont introduites dans notre droit, et la place du juge y est grande et a tendance à aller en grandissant ; le système de Common Law aménage une place de plus en plus importante à la loi.
    Le gros risque, actuellement, se trouve au niveau de l’Union Européenne, où la place de l’anglais est démesurée (surtout si on met cela en rapport avec l’enthousiasme des anglo-saxons pour l’UE…). Il y a également un gros risque avec la façon de rédiger la loi. Regardez la loi du 6 août 2012 sur le harcèlement sexuel : une défaite pour le droit continental. Sa rédaction est typiquement anglo-saxonne. Pointilleuse, laide (chose normale puisqu’il s’agit de transposer telle façon d’écrire la loi à notre système, qui n’est pas coutumier de cette façon d’écrire). Les directives ont tendance à être rédigées en anglais ; on retrouve le même style, insupportable en français.

    Commentaire par Flash — 28/05/2013 @ 11:00

  6. @Flash: Lorsque j’enseignais en DEUG1 (pourtant à Dauphine, qui sélectionne ses étudiants), je pouvais constater que de nombreux étudiants n’arrivaient pas à rédiger une explication claire et concise en français… Quant à l’anglais, certains hurlaient parce que la documentation du langage de programmation à utiliser était dans cette langue.

    Dans ces circonstances, en effet, le principal problème social est l’incapacité des bacheliers à lire et écrire en bon français, précis et consi. Je ne parle évidemment pas là de littérature, de philosophie ou de quoi que ce soit d’avancé.

    Commentaire par DM — 28/05/2013 @ 11:06

  7. Bonjour Aliocha,
    Pour le coup, je suis en complet désaccord. Il n’y a pas de guerre, ni économique, ni culturelle, ni juridique. Généralement les guerres ont un début en une fin. Les intervenants sont clairement identifiés (alliés, ennemis, neutres…). Et surtout, une guerre devient l’objectif principal, si ce n’est unique, des pays impliqués. En cas de guerre les pays sacrifient des pans entiers de leurs ressources pour la victoire, sans même parler des populations.

    Ne nous y trompons pas, il n’y a pas de guerre :-)

    La guerre est d’abord une figure rhétorique utilisée pour obliger au ralliement: vous êtes avec ou contre nous. C’est en fait une façon de stériliser le débat en créant un dichotomie arbitraire: si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous.
    Il y a une explication bien plus simple à ce que vous décrivez: la culture. Le droit par exemple. Les anglo-saxons sont convaincus que leur système est meilleur que le notre? La belle affaire, nous sommes convaincus du contraire. Que chacun voit midi à sa porte, les inconvénients des systèmes autres est parfaitement normal. Les institutions sont conservatrices par nature. La questions n’est pas celle de la supériorité d’un système, querelle de cour d’école, mais ce que chacun peut apporter à l’autre. Bien que différents, les systèmes peuvent s’hybrider, ils ne sont pas si purs. Il y a toujours du droit coutumier qui "traine" dans le droit français. Et un des fondement des libertés en droit britannique est un texte: l’habeas corpus. Ces deux exemples sont pour le moins anciens.
    Je vous suis tout a fait sur les dégâts des classements un peu idiots, sur les errements (pour être poli) de l’école de Chicago. Mais nul besoin d’intentionnalité pour cela, la bêtise est d’une force terrifiante. Tout classement en dit au moins autant sur celui qui l’édicte que sur ce qui est mesuré, on retrouve le même problème avec le classement de Shanghai pour l’enseignement supérieur, les exemples ne manquent pas. L’erreur ne vient pas des critères eux-mêmes, mais de cette idée que tout ce classe et se mesure "objectivement". Cette idée, jusqu’à preuve du contraire, n’est étayée par…rien!
    La base, en science, c’est de définir un objet avant de prétendre à toute mesure ou classement.
    Le fait est que les anglo-saxons recourent souvent à ces classements. mais ils ne sont pas les seuls. Il suffit de voir les unes de la presse magazine. C’est davantage un travers de l’époque qu’un phénomène d’importation.
    Pour en revenir à la question de l’anglais en université, en posant une questions binaire et brutale, on ne peut obtenir qu’une réponse inadaptée. L’anglais , sous une forme abâtardie, ce n’est pas du Shakespeare, est la langue de travail dans un certain nombre de discipline. C’est un fait. Vous ne pouvez être dans l’élite mondiale qu’en publiant dans cette langue. Les mathématiciens français dont nous sommes si fiers publient en anglais. A l’inverse, c’est absurde dans autres domaines. Un cours de droit constitutionnel français donné en anglais, ça doit être assez drôle. Bref, il importe avant tout d’être pragmatique.
    A invoquer la guerre, on finira bien par la produire, et l’on sait déjà ce qu’en sont les conséquences: un champs de ruine.

    Commentaire par Kaeldric — 28/05/2013 @ 11:11

  8. @Kaeldric: Les mathématiciens français publient en anglais sauf dans certains domaines, il me semble, dont la géométrie algébrique, où il y a de la publication en français.

    Le classement de Shangaï est un phénomène intéressant. J’ai entendu des responsables de ce classement à l’université de Shangaï explique que celui-ci n’est pas destiné à classer les occidentaux entre eux (et pourquoi d’ailleurs le gouvernement chinois dépenserait-il les ressources de ses universités pour cela) mais à placer par rapport aux universités occidentales les campus d’excellence que le gouvernement chinois pousse ; aussi ne mettront-ils pas trop d’énergie à adapter les critères de classement, même s’ils les savent inadaptés (on sait bien que, par exemple, la structure française séparant le CNRS et autres EPST des universités défavorise celles-ci dans ce classement).

    Ce qui est remarquable, c’est que les politiques et les journalistes français ont repris ce classement sans esprit critique, en assortissant le tout de remarques méprisantes envers les universitaires et scientifiques français. Faut-il y voir le poids énorme des formations style "Sciences Po" et droit dans la formation de ces personnels, qui ignorent souvent tout de la recherche scientifique, de ses modes de fonctionnement et d’évaluation ?

    Commentaire par DM — 28/05/2013 @ 11:18

  9. J’ai l’impression que le problème se pose moins pour les math et les sciences "dures" et plus pour pour les sciences humaines (sociologie, psycho, sciences po et surtout économie) où l’influence de la langue sur les concepts (qui sont plus flous et plus difficiles à épingler) est plus importante. Effectivement, être obligé de s’exprimer dans une autre langue va rendre plus difficile l’expression et le raffinnement de ses propres concepts et encourager à réutiliser un framework pré-existant. Pour le droit, le problème est presque intrinsèque (cf la Belgique ou l’Europe où toutes les lois doivent être systématiquement traduites.)

    Cela peut être un problème comme une opportunité. Effectivement, l’hégémonie anglo-saxonne dans le domaine de l’économie est franchement problématique. Par contre, il y a tout un langage qui a été développé en sociologie, entre autre dans le domaine des études du genre, qui "manque" en Français (cf toute la confusion générée lors de la découverte de cette matière par le grand public) et que l’on gagnerait à incorporer, critiquer ou redévelopper indépendemment.

    Foxtrot.

    Commentaire par tangowithfoxtrot — 28/05/2013 @ 11:19

  10. Certains d’ailleurs vont jusqu’à invoquer la "mentalité de colonisé" pour ceux qui utilisent l’anglais dans les sciences. Il me semble bien que si mentalité de colonisé et déclinisme il y a, il se trouve chez ceux qui utilisent sans réfléchir ce fameux classement chinois, taillé pour placer les universités chinoises par rapport aux grandes universités américaines et britanniques. :-)

    Commentaire par DM — 28/05/2013 @ 11:20

  11. j’ai tout de même l’impression que ce débat est très typiquement français

    et plus précisément mené par une certaine "élite" intellectuelle qui depuis des décennies vomissent la culture française.
    ce n’est pas nouveau, c’est ces gens la dont De Gaule se demandait s’ils n’avaient pas une tare dans le sang tellement il ne comprenait pas leur empressement à applaudir nos échec et pleurer sur nos succès

    Et puis il y a ce fameux débat dans lequel les français sont par définition incapables de parler anglais.

    Mouai, j’ai eu une vie professionnelle qui m’a amené à travailler avec des collègues venus du monde entier et j’ai pas vraiment eu ce sentiment.
    Ce qui nous manque c’est un peu autre chose: OSER se lancer en anglais même si il est approximatif.

    Ben oui, on dit "parler anglais", mais de quel anglais on parle? Celui d’Oxford qui ne permet même pas de se faire comprendre à Londres (OK j’exagère) ou celui que le monde entier à réinventé?

    A t’on vraiment besoin de passer des heures entières à répéter les multiples nances de prononciation de la lettre i en anglais alors que la plupart des anglophones du monde entier le prononce à leur manière?
    est-ce vraiment utile de passer des heures a apprendre les multiples subtilités du present perfect que les anglais eux même ignorent?

    Les gens qui ont besoin de parler anglais couramment ne sont pas si nombreux et ils apprendrons la langue à l’étranger. Osons nous lancer, on fera up-e un million de faute de prononciation, mais pas forcément moins qu’un anglophone lambda

    Et puis il y aurai pas mal de chose à dire sur le fameux ingénieur Indien surdiplomé et parlant anglais comme à Oxford…..

    Comme David Vincent, il n’y a que Deloitte qui l’a rencontré!

    Commentaire par fredo — 28/05/2013 @ 11:31

  12. @Kaeldric : mais si on est d’accord sur le fond, simple querelle de forme ;-) le droit s’hybride en effet, comme beaucoup de choses sous l’effet de la mondialisation qui développe des mécanismes de benchmarking, on s’inspire chez l’autre de ce qui peut améliorer chez soi. Les pays de common law lorgnent notre juge d’instruction tandis que nous envions leur système accusatoire.
    Sur les classements, on est d’accord. Simplement, j’ai ici résumé. Et je vous signale que je ne parle nulle part de complot, je le dis clairement. Maintenant, sur la guerre, je maintiens. Quand vous agissez pour étendre votre influence et que vous rencontrez une opposition, par définition vous déclenchez un conflit. Appelez cela comme vous voulez, moi je dis : guerre. D’ailleurs, la publication du premier rapport Doing Business a déclenché un clash diplomatique majeur entre la France et la Banque mondiale, forçant celle-ci dans les études suivantes à nuancer son propos. Ces rapports ont provoqué la création en France de la Fondation pour le droit continental qui travaille notamment à définir d’autres indicateurs pour effectuer son propre classement des systèmes juridiques mondiaux. Cela fait des décennies que les juristes français attirent l’attention des pouvoirs publics en vain sur la nécessité de promouvoir le système juridique français pour accompagner le développement international des entreprises….
    Vous retrouvez les mêmes problématiques en comptabilité. L’IASB, l’organisme international privé qui s’est mis en tête de créer un langage comptable mondial, est lui aussi sous influence de l’école de Chicago et rempli d’américains alors même que l’Europe est la seule région du monde à peu de choses près à appliquer les IFRS. En 2008, lors de la crise des subprimes, le G20 a tapé du poing sur la table pour que l’IASB modifie ses règles et offre aux banques européennes les mêmes facilités pour encaisser la crise dans leur bilan que les normes américaines. L’IASB a cédé, de mauvaise grâce…tout ceci est agité par des courants idéologiques aussi profonds qu’invisibles, nourris d’intérêts économiques lourds…je parle de guerre au sens de concurrence violente.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/05/2013 @ 11:32

  13. @fredo: Remarquez bien les réflexions de certains dans le débat actuel : le problème de l’anglais utilisé dans l’enseignement serait qu’il serait éventuellement incorrect (oh mon Dieu le prof va faire des fautes de grammaire) et ne serait pas la langue de Shakespeare (comme si en français on enseignait dans la langue de Montaigne). Réflexions curieuses, alors que le but d’une communication scientifique est d’être compris, par d’avoir un beau style ou de ne pas faire de fautes de grammaire (lesquelles ne gênent personne tant qu’elles ne sont pas en trop grand nombre).

    Tenez, j’ai parfois des collègues anglais ou américains qui veulent faire des exposés en français… Le problème n’est pas qu’ils fassent des fautes d’accord ou prononcent un peu incorrectement certains mots, mais bien qu’ils cherchent leurs mots et parlent trop lentement !

    Cédric Villani cite souvent un ouvrage qu’il a lu avant de se lancer dans la communication publique de masse, où l’on explique notamment que l’enseignement français tend à paralyser de peur le bon élève qui veut s’exprimer… obsession de la peur de faire une faute de grammaire que le professeur reprendra, alors que ce qui compte c’est d’avoir un bon débit, pas de se demander si on va mettre un prétérit ou un present perfect.

    Commentaire par DM — 28/05/2013 @ 11:48

  14. @fredo: L’ingénieur indien surdiplômé je connais, doctorant à Oxford je connais… mais ça ne l’empêchera pas de parler avec un accent indien plus ou moins marqué (et hop l’anglais en roulant les r).

    Commentaire par DM — 28/05/2013 @ 11:53

  15. Plusieurs choses:
    - comme Flash, je pense que si on veut défendre notre langue, il faudrait d’abord être capable de la connaître, de bien s’exprimer, et de bien l’enseigner. Les études PISA (réalisées dans la langue de chaque pays, et non en globish) montre malheureusement une chute continue du niveau des élèves
    - comme DM, Kaeldric,.. le problème que la publication de la recherche de haut niveau se fasse en anglais est un faux problème. L’anglais est juste un médium, il n’y a pas de colonisation des anglophones, car de toutes façons les anglophones de naissance sont complètement minoritaires. Alors certes on peut publier chacun dans sa langue maternelle, sauf qu’on fait comment pour connaître ce qui se fait ailleurs? On apprend le chinois (ce qui prend déjà quelques années pour se débrouiller, même pas pour tout comprendre), l’allemand, l’espagnol, l’arabe, le russe? Et donc passer plus de temps à apprendre des langues qu’à bosser!! Il y a des gens qui sont doués pour les langues, mais ce n’est pas la majorité.
    Personnellement, dans un boulot précédent, en 2 ans, j’ai du bosser avec des hollandais, des brésiliens, des allemands, des italiens. Je dois apprendre chacune des langues pour bosser avec eux? J’essaie déjà de le faire avec l’italien, ce n’est pas si évident, alors 4 langues en plus!
    La seule autre solution, c’est d’utiliser une langue véhiculaire "neutre", comme le latin ou l’esperanto. Le latin sera un peu trop connoté "église catholique" (et reste plus difficile pour la maîtrise de base que l’anglais), quand à l’esperanto, il est encore moins connu et enseigné!
    - Pour ce qui est de l’enseignement à l’université, avoir des cours en anglais, c’est aussi le seul moyen ou presque d’avoir des profs étrangers. J’ai eu le cas, il y a 10 ans, c’est pas facile, mais indispensable. Ou alors, on se replie sur soi et on n’accepte que les prof parlant français.
    - Enfin, si vraiment on veut défendre notre langue, il faudrait aussi aider les étrangers qui veulent venir étudier ou travailler en France, parce que les freins à l’embauche ou aux études sont monstrueux. C’est ça la plus grande menace pour la France, ce n’est pas les quelques masters plus ou moins en globish qui vont faire perdre le restant d’influence du français dans le monde, mais les procédures administratives lourdissimes qui font que, bizarrement, les entrepreneurs, étudiants et autres préfèrent aller dans des pays comme le Royaume-Uni ou les Etats-Unis où on les aide quand ils sont rentrés plutôt que de les voir en permanence comme des ennemis et leur faire subir les pires humiliations. Allez dans une préfecture au service des cartes de séjour, vous verrez, c’est affligeant dans un pays qui se gargarise en permanence d’être la patrie des Droits de l’Homme et de l’ouverture. Ce sont de jolis mots, mais derrière, il n’y a rien, à part un pays qui a peur de tout, peur de changer, peur de bouger. Un exemple sur ce dernier point: sujet sur France-Info sur le manque de candidats dans certains secteurs (aéronautique, EDF,..), par exemple de soudeurs. L’industrie aéro (Airbus, Dassault, Eurocopter, Safran, et tous leurs sous-traitants) embauche, et ne trouve pas. Par exemple, Randstad a proposé à 500 personnes licenciées dans l’industrie automobile d’aller dans l’aéronautique, seule une vingtaine ont accepté… Pourquoi?
    Et plus généralement, combien de français acceptent de bouger, de déménager poru le boulot? Si peu finalement!! Je n’ai jamais passé plus de 4 ans dans la même ville, et partout, les gens ne veulent pas bouger, même aller à 1h de là!!! Ils sont nés là, ils resteront là… Quelle fermeture d’esprit!!!

    Commentaire par Nono — 28/05/2013 @ 12:01

  16. @Nono: Totalement d’accord sur les procédures administratives concernant (en général) l’accueil des étrangers. Souvent gratuitement humiliantes (un étudiant dans une école d’ingénieurs sélective en 3 ans devrait obtenir un visa et un titre de séjour pour 3 ans, sans renouvellement annuel !), elles sont de plus confuses (une liste officielle de pièces est donnée, mais on en rajoute) et changent sans cesse. Faire venir un étudiant ou un chercheur étranger est souvent kafkaïen, tant l’administration tant publique que privée suppose que tout le monde a toujours vécu en France.

    Et cela encore est tolérable par rapport aux nuits passées à faire la queue devant certaines sous-préfectures.

    C’est la récompense accordée à ceux qui n’ont que cela à faire que des démarches (y compris faire la queue pendant des heures) et la punition pour ceux qui ont des choses plus importantes à faire (par exemple des études ou de la science).

    Commentaire par DM — 28/05/2013 @ 12:07

  17. @DM
    je pense que nous sommes a peu près d’accord

    Commentaire par fredo — 28/05/2013 @ 12:09

  18. La guerre entre les pays est économique, les problèmes de langues en découlent et lui sont secondaires.
    Un pays impose sa langue et sa monnaie à ceux qu’il domine économiquement. Si vous ajoutez que celle-ci est d’avantage précise et rapide et qu’en peu de mots voux allez sans équivoques droit au but vous comprendrez pourquoi commercialement on préfère nettement employer l’anglais à condition qu’il soit correctement parlé ce qui est loin d’être le cas.
    Le problème majeur est qu’actuellement trop peu de gens connaissent une langue correctement et qu’en particulier l’anglais est connu pour être de plus en plus mal utilisé parce qu’il est rempli de contre-sens
    Il convient d’y remédier dans une mondialisation pour laquelle nous somme très mal préparés.
    J’ai deux enfants citoyens américains et professeur d’université qui accueillent de jeunes Français polytechniciens ou élèves de Sciences Po , ils sont étonnés chacun dans leur domaine de leurs prétentions autant que par les fautes qu’ils font dans leur propre langue .
    J’ai été surprise il y a vingt ans en suivant un cursus de philo sur Hegel dispensé en français à l;université de Los Angeles, non seulement notre langue était parfaitement parlée sans accent mais je n’ai entendu aucune remarque sur un quelconque conflit linguistique. L’Allemagne depuis longtemps dispense des cours en anglais dans les universités afin que les élèves puissent passer d’une langue à d’autres sans problèmes et l’allemand est bien plus menacé que le français.
    Je comprends très bien monsieur Hagège bien connu dans les milieux linguistiques , il est le premier à dire que l’anglais est une langue très difficile et à s’inquiéter du globbish,il sait qu’il y a peu de professeurs capables d’enseigner ici dans cette langue et redoute à juste titre la venue de professeurs étrangers.chez-nous. De plus Claude Hagège qui parle une dizaine de langues différentes regrette que l’anglais surpasse les autres et il n’a pas tort. Comprendre le fonctionnement l’esprit et le comportement de l’autre passe par la compréhension de sa langue et ne parler que la sienne c’est s’enfermer dans une prison

    Si vous vous promenez en vacances et baragouinez une langue cela n’a guère d’importance il en va de même dans les conversations de salon mais lorsqu’il s’agit d’organismes internationaux, de techniques professionnelles ou de discussions diplomatiques il convient de ne pas jouer les amateurs et le niveau de madame Lagarde crée la différence. Tout dépend de ses ambitions..

    Commentaire par Scaramouche — 28/05/2013 @ 12:35

  19. @laplumedaliocha
    je ne vois pas bien ce que la France vient faire la dedans, en tout cas seule

    ce problème de norme comptable est d’abord un problème européen

    L’Europe pour des raisons que j’ignore a toujours fait un choix simple: ne jamais défendre ses intérêts
    c’est comme ça, c’est ainsi. Pourtant, et certains l’ont soulignés à l’époque, on a eu en 2008 un boulevard pour pousser devant les instances internationnales nos normes comptable. On a pas mêe essayé

    on ne peux pas gagner un match en ne se rendant même pas sur le terrain que me semble

    Commentaire par fredo — 28/05/2013 @ 12:47

  20. Vision intéressante, avec un positionnement que je soutien (vive la langue française) mais avec une certaine réserve:
    toute ces craintes seraient légitimes si l’apprentissage accentué de l’anglais se faisait au détriment du français, or il n’est pas question de remplacer les cours sur la seconde par des cours sur la première, mais bien d’ajouter, de renforcer la première.

    Après, certes, les US, le UK, etc ne parlent ou ne cherchent pas tous à parler Francais, mais ils on le plus souvent une deuxième langue maitrisée (espagnol, assez souvent): la vrai question est alors, maitrisons nous aussi bien l’anglais que les anglo-saxon maitrisent leur deuxième langue? et là, la réponse est non, il me semble (sauf autre "légende"). Il faut arrêté de faire croire au gens qu’après 6-7 ans de cours pas très poussés, à faible coef, ils peuvent avoir un niveau d’anglais ne serait ce qu’acceptable. Seuls ceux qui vont plus loin, pratiquent ailleurs, en plus, arrivent à ce niveau acceptable: alors pour parler de maitrise…

    La langue, comme la plume est une arme, mais le projet d’accentuation des cours d’anglais n’est pas une attaque armé, c’est une démarche de plus grande ouverture intellectuelle, le meilleur des boucliers.

    Commentaire par Shin — 28/05/2013 @ 13:07

  21. @Aliocha 12. et Fredo 19.:
    Moi non plus je ne parle pas de complot :-)
    Simplement, une guerre est dirigée. Il y a un commandement, une stratégie… une volonté. Justement, ce n’est pas le cas ici. Tout le monde à un avis sur tout, certaines idées domines dans la zone où elles ont émergées. Ajoutez-y un peu d’opportunisme individuel (gains, notoriété, pouvoir) et vous obtenez cette tambouille. Je suis très loin d’adhérer à l’école de Chicago, mais elle ne s’est pas imposée "contre nous". Je rejoins en cela Fredo, elle a gagné faute de combattant. L’école de Chicago a posé ces dogmes, principes, les a synthétisés, les a développé… Finalement, elle était le seul corpus "cohérent" sur lequel s’appuyer. Rien ne nous empêchait, ni ne nous empêche à ce jour, de faire de même: poser les principes, les rapports de forces, expliquer les théories… dans une école de (mettez ici le nom de votre ville préférée).
    Les normes IASB sont d’inspirations américaines! Oui. Mais alors qu’on étudiait, je crois que cela se fait de moins en moins, le droit comparé, on n’étudie pas la "comptabilité comparée" (je crois). C’est une erreur. Pas plus que nous, ce ne sont des imbéciles. Comprendre leur système et comprendre le notre, pour ensuite argumenter et trouver un point d’accord est sur le long terme plus efficace que d’opposer deux systèmes qui sont condamnés à interagir, à moins de vouloir supprimer le commerce international, ce qui est une solution fort radicale.
    Il n’y a pour moi pas de guerre faute de volonté délibérée, mais plutôt un mélange entre un hégémonisme plus ou moins inconscient de leur part, ils propagent naturellement leur système, face à une acception un peu béate de la notre, qui ne prenons pas la peine d’expliquer pourquoi nous faisons les choses à notre sauce.

    Commentaire par Kaeldric — 28/05/2013 @ 14:12

  22. Sur la question Dt civil / Common Law, je ne suis pas complètement d’accord avec vous. Les différences entre les deux traditions juridiques sont ce qu’elles sont mais ce qui différencie vraiment les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ne relève pas de ceci ni de la langue, mais de l’histoire économique et sociale propre à ces pays : rôle de l’Etat, rôle des juristes privés professionnels dans la société, et surtout nature des relations sociales, rapport de force Capital /Travail – dont le droit administratif d’un coté et le droit du travail de l’autre sont la résultante. Après on peut porter le jugement politique que l’on veut sur le Doing Business in France (et là, je serais de votre avis) mais cela ne procède pas de la différence des systèmes de droit ou de celle des

    Commentaire par stephan — 28/05/2013 @ 14:16

  23. @Fredo 19

    je viens de relire mon propre post. Quand je pense qu’il s’agit d’une réaction sur le thème de la défense du français: ben là je me tape la méga honte

    Commentaire par fredo — 28/05/2013 @ 14:48

  24. @Dm ( réponse 13 )
    Justement si vous mettez un prétérit à la place d’un present perfect vous changez le sens de la phrase .
    Il ne s’agit pas de fautes d’orthographe ou de fautes banales de pluriel ou différents accents sans importance mais de contre-sens qui modifient totalement ce que vous voulez dire . Il s’agit de "faux amis" très souvent employés et qui dans la vie courante n’ont aucun impact sinon un sourire poli mais qui sont desastreux dans les échanges professionnels. Il s’agit de s’expliquer clairement en trouvant les mots justes , ce qui ne s’ obtient qu’avec la pratique et des bases solides.
    Il est temps de s’ouvrir au monde , échanger nos savoirs , et rien ne nous empêche d’aller enseigner notre langue aux autres mais pour ça il faut parler la leur.

    Commentaire par Scaramouche — 28/05/2013 @ 14:51

  25. @24: Là encore, tout dépend de ce dont vous parlez. Dans un contexte scientifique, il n’y a en général pas à faire des différences fines entre un prétérit et un present perfect. En revanche, on se retrouve à manipuler des concepts fins, mais qui sont univoques et peuvent se traduire exactement.

    Précisons ma pensée. Un collègue a remarqué qu’autant il sait faire un exposé scientifique en anglais, autant il n’aimerait pas à avoir à rédiger en anglais un rapport d’évaluation de laboratoire, parce que là il y a toute une question d’us et coutumes, des litotes à employer, etc.: comment faire sentir les choses entre les lignes sans écrire explicitement des choses qui pourraient être blessante voire, pire, mal comprises.

    C’est pour ces raisons que je pense que l’on mélange dans cette discussion des problèmes très divers: la langue de la vulgarisation scientifique et des cours de niveau lycée ou licence, la langue des cours avancés et de la recherche, la langue du droit, celle de la politique et de la négociation…

    Dans le même ordre de confusion: une tribune dans le monde écrite par un physicien des particules… et évoquant la difficulté à traduire Hegel et Heidegger!

    Commentaire par DM — 28/05/2013 @ 16:21

  26. Je ne me suis pas penché sur le projet de loi, mais j’ose croire qu’il distingue entre les disciplines.

    Imposer l’anglais pour des cours de droit du travail français, par exemple, ce serait…cocasse.

    Commentaire par Flash — 28/05/2013 @ 16:27

  27. @Flash: Le projet de loi ne distingue ni disciplines ni niveaux. De toute façon, le projet de loi n’impose nullement l’usage de l’anglais, mais se contente de relaxer un tout petit peu l’interdiction de l’usage des langues étrangères.

    (Notez comment le fait d’autoriser un peu quelque chose est parfois interprété comme devant l’imposer en général.)

    Commentaire par DM — 28/05/2013 @ 16:30

  28. Ah? On interdit les cours en anglais?

    (Je ne vous cache pas ma grande ignorance des règles en la matière)

    Je suppose que la chose la plus raisonnable à faire est de lever cette interdiction, et de voir discipline par discipline, niveau par niveau, là où il est pertinent de délivrer des cours en anglais.

    Commentaire par Flash — 28/05/2013 @ 17:38

  29. @Scaramouche: "Un pays impose sa langue et sa monnaie à ceux qu’il domine économiquement"
    Ici, ce ne sont pas les US qui imposent l’anglais, mais c’est plutôt un consensus pour dire que si on veut (nous français) obliger les coréens et les finnois à publier leurs recherche dans une langue que nous comprenons, la moindre des chose est d’être capable nous aussi de rendre compte de notre recherche dans une langue qu’ils maîtrisent suffisamment.

    Commentaire par JaK — 28/05/2013 @ 17:55

  30. Fichtre, le débat fait rage chez vous !

    Claude Hagège est un homme remarquable dans son domaine.
    A la la réflexion suivante, relevée en #2 "par exemple, en physique, un photon c’est un photon, vous avez beau avoir des mots différents pour le désigner suivant les langues, c’est un photon"
    pour les oligo-éléments (oligos = peu abondant- élément), je sais que les anglais emploient un autre mot "Dietary mineral" ( minéraux diététiques, de régime ), comme quoi, la façon d’appréhender les choses diverge. Idem avec la langue japonaise qui considère que la télévision (loin- vue) est une "image électrique"… même si maintenant, ils emploient le mot "télévi" …

    Commentaire par fultrix — 28/05/2013 @ 17:59

  31. @Flash: Code de l’Éducation, Article L121-3 [...]

    « II. – La langue de l’enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d’enseignement est le français, sauf exceptions justifiées par les nécessités de l’enseignement des langues et cultures régionales ou étrangères, ou lorsque les enseignants sont des professeurs associés ou invités étrangers.

    Les écoles étrangères ou spécialement ouvertes pour accueillir des élèves de nationalité étrangère, ainsi que les établissements dispensant un enseignement à caractère international, ne sont pas soumis à cette obligation. »

    En pratique, cette loi est actuellement contournée via des exceptions de légalité plus ou moins douteuse ; par exemple, on fait soutenir des thèses en anglais quand le doctorant est étranger (désolé, mais peu de gens parlent français dans le monde d’où l’on peut recruter des doctorants en sciences), ou quand le doctorant entend que son lectorat ne soit pas circonscrit à France, Belgique francophone, Suisse romande et Québec.

    @fultrix: Je ne vois pas en quoi le fait d’écrire テレビ ("telebi", le plus courant) ou 電視 ("vision électrique") change fondamentalement votre perception de ce qu’est la télévision. Combien de gens en France décomposent télévision en télé (distance) + vision ? De même, est-ce qu’un japonais raisonnera différemment en employant フォトン ("foton") ou 光子 ("enfant de la lumière") ?

    (Attention à tout ce qui revient plus ou moins à l’hypothèse de Sapir-Whorf… )

    Sans parler du fait qu’une bonne partie du langage scientifique, tant que l’on reste entre langues européennes, est calqué sur les mêmes racines grecques et latines… (ok, c’est différent avec le japonais)

    Commentaire par DM — 28/05/2013 @ 18:38

  32. Ce qui touche à la langue est essentiel.
    Nous parlons une langue unique, non pas tant l’anglais, même s’il est son vecteur, que celle de l’argent.
    Les bâtisseurs de la Tour de Babel aussi parlaient une langue unique et en étaient fiers.
    Grâce à elle ils se crurent capables de construire une tour atteignant les cieux. Grâce à la langue de l’argent, nous nous croyons capables de gérer un système économique et financier mondialisé unique d’une ampleur toujours plus extravagante. Il est en train de s’effondrer comme s’écroula la tour de Babel. L’orgueil des hommes les mène à leur perte.
    Tenons à la diversité des langues !
    Tenons à notre langue !
    Tenons au français !
    Et apprenons les langues des autres.
    Donnons des cours d’anglais, d’allemand, et de toutes les langues du monde mais ne donnons pas à la Sorbonne de cours en anglais.
    Si nous étions sages, nous abandonnerions notre langue unique… Mais nous ne sommes pas sages et nous allons vivre un effondrement cataclysmique. Et, une fois le système effondré, nous verrons à quel point il était barbare : "et on l’appela babel…"

    PS : "Contre la pensée unique" est un titre idiot. Le seul contenu indubitable de la pensée unique est de s’opposer à la pensée unique… pour le reste la pensée unique est seulement la pensée de ces idiots qui ne pensent pas comme moi… "Contre la langue unique" aurait été mieux.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 28/05/2013 @ 18:40

  33. @ Jak

    Ma remarque était d’ordre géneral et en aucun cas péjorative, c’est avéré que le pays économiquement le plus fort impose sa loi.
    Je vous ai dit que je ne pense pas à une "guerre "des langues donc je ne rends les US responsables de rien. Beaucoup de jeunes Américains apprenent encore le français.
    En revanche lorsqu’aux fêtes concernant la langue française qui ont eu lieu au Canada monsieur Sarkozy invité a trouvé un prétexte pour ne pas y faire une apparition, on peut dire qu’il y a eu une crispation et une certaine désinvolture ressenties par les Québécois dont nous sommes responsables.

    In fine votre remarque est très juste et entre parfaitement dans mon raisonnement .

    Et pour répondre à futrix , Beaucoup de mots ont conservé des noms latins surtout en botanique et il est évident que les gens d’une même profession ont plus de facilité pour se comprendre.
    Les interprètes en simultané d’organismes internationaux tels l’OCDE ont toujours un vocabulaire distribué à l’avance concernant les termes scientifiques dans certaines séances.

    Commentaire par Scaramouche — 28/05/2013 @ 18:53

  34. ."apprennent " et non "apprenent. Vous aurez rectifié ( entre-autres!) merci

    Commentaire par Scaramouche — 28/05/2013 @ 18:59

  35. @Scaramouche: Sans doute, mais au Collège de France ils sont capables de traduire "field" par "champ" dans un contexte algébrique!

    Commentaire par DM — 28/05/2013 @ 19:03

  36. @Denis Monod Broca

    Il me semble que c’est précisément parce que dans la tour de Babel il parlaient tous une langue différente que ne se comprenant pas elle s’est effondrée.
    Mais je peux me tromper ..

    Commentaire par Scaramouche — 28/05/2013 @ 19:05

  37. @laplume…. vous aimez les trolls, vous au moins.

    Je ne suis pas un spécialiste, mais c’est vrai que la maîtrise du français c’est dégradé grandement : la première et grande raison est l’absence de redoublement. Même si à une époque on faisait trop redoubler, maintenant on ne le fait pas assez. Donc les lacunes s’accumulent, les concepts ne sont pas saisis, les éléments culturels disparaissent de l’environnement intellectuel et le niveau s’effondre. Mais c’est un choix politique de former des gens avec peu de cultures et de réflexion pour être exploité dans des emplois à bas prix. Et puis on est passé à la formation de masse : la promotion passe, complète, et sort en même temps au diplôme, pas de soucis d’effectifs fluctuants à gérer, le niveau se fait globalement à la moyenne, sauf les riches qui vont collecter du relationnel dans des écoles à papa, car si on regarde les décisions des grands papes qui nous gouvernent, parfois c’est un peu concon, le reste c’est un peu truand. Plutôt que de tenter de former des petits tapie, on pourrait garder ces heures pour faire du français, des math, de l’histoire, ce que j’en pense. Mais, remarquez, comme dirais l’autre à quoi sert d’avoir lu la princesse de clèves pour aller torcher les vieux, payé à coup de pompe dans le fion.

    Ensuite, sur le fond du problème : lol. Vous (pas vous la plume, mais le vous de vous zautres) vous plaignez que les gens y causent pas correc le français et paf vous leur demander de se mettre à causer pas correc l’english en plus. Moi de loin, je regarde le seau de pop-corn et je rigole un pneu.

    Ensuite sur la prédominance de l’anglais. Il y a nativement plus de population qui parle chinois ou espagnol qu’anglais, expliquer que le choix de l’anglais est neutre, c’est un peu s’aveugler tout de même. Le monde s’est fait mettre profond avec le $ comme monnaie d’échange (cf le problème des n+1 monnaies) et il continue à se faire mettre profond avec la langue d’échange. Non mais allo quoi, tout le monde parle de culture mais personne pour intuiter des comparaisons et réfléchir, j’ai tendance à sourire de tristesse.

    Expliquer que de devoir s’exprimer en anglais ne change rien pour un non fluent est juste un mensonge, un affreux mensonge. Faites une téléconférence à 15 dont 10 anglais natifs, 3 vivant en pays anglais et vous pauvres français qui avez, au mieux un anglais scolaire, et essayez de défendre votre point de vue sur une orientation qui vous semble ne pas convenir à votre marché nationale : vous avez à peu près peau de balle chance de les convaincre, car vous n’avez pas le vocabulaire adéquat (à l’onu, des gens dont c’est le métier de gérer les soucis internationaux, à temps plein, ils ont des traducteurs mais pour les péquins qui font ça sur leur "spare time" faut qui cause la langue ? just lol.)

    Alors on peut se dire qu’il est une merveilleuse idée de donner des cours en anglais, mais est-ce que vous pensez que cela permettra à l’individu de s’exprimer en dehors des termes qu’on lui aura appris ? Est-ce que ces cours d’anglais bourrés de ROI et autre trucs du genre pourra lui donner des armes pour parler de respect de la personne, de droit du travail et de ces concepts droitdelhommistes ? ou ce sera juste un coin à fendre dans l’inculcation d’une vulgate néo-libérale : en donnant simplement certains mots, on impose certaines idées. On fait le pari de ce qui arrivera ?

    Commentaire par herve_02 — 28/05/2013 @ 19:31

  38. @scaramouche…

    non elle s’est effondrée car aucun édifice humain ne peut atteindre le ciel (l’homme n’est pas un dieu). Pour les punir de cette tentative, dieux à divisé l’humanité en leur donnant différentes langues.

    Commentaire par herve_02 — 28/05/2013 @ 19:34

  39. @herve_02: À une époque où l’on clame partout qu’il faut "monter en gamme" et aller vers des produits à plus haute valeur ajoutée, votre affirmation que le pouvoir politique chercherait délibérément à obtenir des personnels sous-qualifiés laisse rêveur.

    Commentaire par DM — 28/05/2013 @ 19:39

  40. ah ouais ?.

    Faut monter en gamme ? et les emplois qui vont avec ils sont ou (j’ai bien une idée, mais c’est vulgaire) ? sur les sites de pole emploi, c’est peau de balle, ce qui recrute c’est l’aide aux personnes, 2×3 heures par jour, avec son véhicule kilomètres dans le cul.

    C’est ça monter en gamme ? disparition à terme des bac techno pour faire du bac pro ? c’est cela monter en gamme ?

    À un moment faut pas prendre les gens pour des twixx. Que l’on cherche à former 50 000 personnes à très haut niveau, je veux bien, la population française c’est 65 millions, il en reste 64 499 999 dont on se contre fou d’une sacré force.

    Alors la monter en gamme j’attends un début de commencement d’émergence d’une preuve.

    Commentaire par herve_02 — 28/05/2013 @ 20:11

  41. @herve_02: Le type de public qu’on trouve actuellement en bac pro et qui ensuite s’inscrit à l’université en socio, psycho, AES etc., n’est-ce pas cette part du public scolaire qu’il y a 50 ans on dirigeait vers des formations courtes, permettant à 16-17 ans d’aller travailler en usine ou de s’engager dans l’armée?

    Commentaire par DM — 28/05/2013 @ 20:14

  42. @DM

    Ne faites pas semblant de ne pas comprendre. Et le public qu’avec le bac techno nous tirons vers des formations longues que nous allons maintenant pousser vers des formations courtes ? C’est la monter en gamme ?

    Commentaire par herve_02 — 28/05/2013 @ 20:22

  43. @herve_02: Ce que je comprends, c’est que nous ne savons pas quoi faire d’une population d’adolescents que l’école ennuie, qui voudraient être ailleurs, mais à qui, contrairement à il y a 50 ans, on ne peut fournir d’emplois correspondant à leur quasi absence de compétences.

    Donc on se sert du lycée, voire de l’université, comme d’une garderie.

    Commentaire par DM — 28/05/2013 @ 20:26

  44. @DM

    CQFD, ce n’est pas une "monter en gamme" c’est une gestion de trésorerie de chômeur : un circuit long pour arriver plus tard sur l’anneau du chômage.

    Avec maintenant l’idée de génie : donner une formation "entrepreneur" pour que le gamin, s’aliène tout seul dans la misère en tentant de faire payer (et d’être imposé dessus) ce qu’il naturellement faisait gratuit contre une pizza un restau ou un plan cul et, de fait, ne pas être comptabilisé comme chômeur. Mais avec, in fine, le même soucis : pas de bras, pas de chocolat, pas d’industrie mais une gestion de la misère : pas de croissance mais partage des miettes entre miséreux.

    Sauf que maintenant on a des gens avec licence incapables d’écrire un paragraphe de 15 lignes ayant un sens et sans trop de fautes : c’est cela la "monter en gamme", avant l’ouvrier il était juste ouvrier (et pauvre) maintenant il est chômeur, mais avec une licence (faut bien la donner cette licence, en moyenne, sinon dans les taux de résultats des facs, on recrute plus.) qui n’a aucune valeur et aucune compétence. Sacrée "monter en gamme".

    Je vois des dossiers "techniques" de bts qui ont leur diplôme et qui peuvent même trouver du travail et qui me semblent à peine du niveau 3ème (de mon temps ma brave dame que c’était mieux à vent). Bon le travail c’est un peu style vendeur, techno-conseiller-vendeur et tout le toutim que je qualifie de chair à canon de la machine à vendre.

    Je ne suis plus dégoutté, je suis au delà de ça. Monter en gamme mon cul : des cons pour des emplois de merdes et des crétins pour rester à rien foutre devant faithbouque pour 400 euros par mois (pas chère payée la paix sociale) : 5000 euros par an le bonhomme : moins cher qu’un vote.

    Commentaire par herve_02 — 28/05/2013 @ 20:46

  45. @herve_02: Que proposez-vous? Rappel : les solutions "à l’armée, aux champs ou à l’usine" ne fonctionnent plus.

    Commentaire par DM — 28/05/2013 @ 20:52

  46. @DM

    Ce que je propose, n’est plus réalisable. Il faut casser entièrement tout le système et reconstruire, redistribuer les cartes, redonner des nouvelles chances, des _vraies_ chances.

    Les quelques bonnes volontés ont été étouffées par le mépris et le traitement que le monde de l’entreprise à fait subir à leur parents (et parfois grand parents). L’école ne forme plus à la réflexion, à la citoyenneté, à l’élargissement des consciences pour proposer des solutions nouvelles et innovantes : il faut nager entre les bouées, les trucs convenus, merdiques, qui ne marchent pas : dernier exemple en date : de l’anglais pour donner des cours en fac ou le prof de base il arrivent même pas à les faire travailler sur un sujet niveau terminal, en français.

    Il est même, au niveau national, de la présidence, impensable de discuter avec la population des évolutions de la société : la mariage pour tous a été un exemple frappant. Mais là ou je m’explose de rire, c’est qu’ils vont faire pareil pour les retraites : c’est déjà plié, décidé. Tous les bobos qui défendent avec farouchie (je demande la mise au dico, c’est mieux que bombasse tout de même) le courage du gouvernement sur ce sujet important et que ceux qui doutent ne sont que des cons, vont adorer la réforme de la retraite ou ils deviendront les cons qui gueulent contre cette réforme volontaire, de progrès, pour la sauvegarde de je ne sais trop quoi. Moi je me suis préparé pour être capable de vivre à la retraite avec moins de 400 euros, je survivrais.

    Que voulez-vous. Il n’y a qu’a attendre que le système s’effondre sur lui même et nos petits-enfants reconstruiront.

    Vous laissez l’école se détruire : pas de profs payés correctement, des niveaux de merde avec des gamins qui peinent à lire parfois en terminale, qui ont en ligne de mire des emplois déprimants sans avenir professionnel autre que de l’exécution en attendant que l’on puisse délocaliser le poste ailleurs : ils décident de faire leur vie en dehors, et ils ont raison. Alors je veux bien comprendre que ceux qui enseignent top niveau, doctorat truc international (genre les 0,1% de la population) y z’ont tout plein de bonnes idées pour leur ‘population’ que ce serait trop top moumoute si tout le monde y pourrait faire pareil.

    Mais je ne sais pas si ils réalisent vraiment que le population ce n’est pas ce qu’ils connaissent, que le pecus vulgum attend(ait?) un travail tranquille qu’il puisse faire sans s’aliéner où il puisse s’investir et attendant un simple retour de considération. Avec, pour ceux qui le veulent, une possible évolution professionnelle ? Mais cette "base" a été détruite conjointement par l’ump (et ses prédécesseurs) et le PS (et ses amis) pour faire gagner un max de poignon à leurs amis. C’t’un choix, mais il ne reste rien. La peau de chagrin…

    On ne gouverne pas un pays, à se la jouer nénesse avec les zélites, on gouverne avec le peuple. Diante, ces gens là. Bigre que c’est sale. Ben ouais…. y’z’on merdé : qu’ils se démerdent je vais pas leur cracher une solution, je suis pas payé pour.

    Commentaire par herve_02 — 28/05/2013 @ 21:30

  47. […] Pour se forger un avis un tant soit peu éclairé sur le débat actuel relatif à l’introduction de cours en anglais à l’université, je recommande le stimulant essai du linguiste Claude Hagège, "Contre la pensée unique", paru chez Odile Jacob en 2012. L’auteur arpente en ce moment les plateaux de télévision pour exprimer son opposition farouche au projet. Pourtant, songera-t-on, dans notre pays si traditionnellement et honteusement autiste à l’appréhension des langues étrangères, introduire des cours en anglais, de façon très limitée et dans l’objectif de faciliter l’accès des étudiants étrangers au savoir dispensé dans nos facultés, apparait comme un progrès. Possible, mais pour en juger, encore faut-il s’ôter de l’esprit quelques idées fausses. J’ai retrouvé sous la plume du linguiste les mêmes problématiques que j’observe au quotidien en droit, en économie et en finance. D’où mon envie de croiser mes observations et les siennes pour éclairer un tant soit peu le débat. Car des courants profonds, en-dessous du radar médiatique, sont à l’oeuvre. On aurait tort de les ignorer…  […]

    Ping par La langue est une arme | Chronique des Droits d... — 28/05/2013 @ 22:25

  48. […] Pour se forger un avis un tant soit peu éclairé sur le débat actuel relatif à l’introduction de cours en anglais à l’université, je recommande le stimulant essai du linguiste Claude Hagège, "Contre la pensée unique", paru chez Odile Jacob en 2012. L’auteur arpente en ce moment les plateaux de télévision pour exprimer son opposition farouche au projet. Pourtant, songera-t-on, dans notre pays si traditionnellement et honteusement autiste à l’appréhension des langues étrangères, introduire des cours en anglais, de façon très limitée et dans l’objectif de faciliter l’accès des étudiants étrangers au savoir dispensé dans nos facultés, apparait comme un progrès. Possible, mais pour en juger, encore faut-il s’ôter de l’esprit quelques idées fausses. J’ai retrouvé sous la plume du linguiste les mêmes problématiques que j’observe au quotidien en droit, en économie et en finance. D’où mon envie de croiser mes observations et les siennes pour éclairer un tant soit peu le débat. Car des courants profonds, en-dessous du radar médiatique, sont à l’oeuvre. On aurait tort de les ignorer…  […]

    Ping par La langue est une arme | Autres Vérit&ea... — 28/05/2013 @ 22:58

  49. @ Scaramouche

    "111 Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots. 2 Comme ils étaient partis de l’orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Schinear, et ils y habitèrent. 3 Ils se dirent l’un à l’autre: Allons! faisons des briques, et cuisons-les au feu. Et la brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de ciment. 4 Ils dirent encore: Allons! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre. 5 Le SEIGNEUR descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. 6 Et le SEIGNEUR dit: Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu’ils auraient projeté. 7 Allons! descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue, les uns des autres. 8 Et le SEIGNEUR les dispersa loin de là sur la face de toute la terre; et ils cessèrent de bâtir la ville."

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 28/05/2013 @ 23:32

  50. @ Denis Monod Broca

    Merci à vous et Hervé 02 de rafraichir ma mémoire.

    Je ne partage pas complètement le point de vue de Claude Hagège qui lutte contre l’american- english qui n’est pas sa langue favorite, il pense à juste titre qu’elle prend trop de place au dépens d’autres langues européennes, aussi brillant soit-il je pense pour ma part qu’elle est indispensable (que ça plaise ou non ) à la compétition mondiale à laquelle nous devons participer pour ne pas disparaitre.
    Nous pouvons et devons lutter sur d’autres plan pour protéger notre langue et comme je le disais ne pas faire l’impasse sur toutes les occasions de la promouvoir. (En ne participant même pas aux fêtes de la Francophonie au Québec par exemple)
    . Nous avons à l’étranger de nombreuses associations culturelles qui reçoivent peu d’aides et nous faisons peu de cas de notre patrimoine que nous bradons en le vendant n’importe comment au plus offrant quand nous ne l’abandonnons pas actuellement complètement en ruines .

    Au lieu de pousser des cris parce que l’université ouvre ses portes à une seconde langue qui est parlée partout dans le monde et qui ouvrirait des portes aux étudiants étrangers , nous ferions mieux de conserver ce qui nous reste , enseigner notre Histoire de façon plus objective aux jeunes et leur apprendre à parler français au lieu d’inclure des mots en verlan dans un dictionnaire .
    Personne ne hurle quand on vend des monuments aux étrangers qui les emportent en pièces détachees chez eux, personne ne fait de pétition pour rénover ou entretenir les vestiges de notre Histoire (cf le Cercle Hernani) et on attend des Américains qu’ils cotisent pour Versailles .. Mais on se drape dans notre dignité quant il s’agit de quelques cours en anglais.

    Désolée mais je ne marche pas dans cette guerre là.
    Indignez vous de voir le patrimoine vendu et tomber en ruines, de voir un american english pitoyable supplanter le français dans toutes les entreprises et soyez persuadé que les Britanniques ont de leur côté également une exaspération croissante d’entendre massacrer leur langue.

    Commentaire par Scaramouche — 29/05/2013 @ 06:36

  51. @ Scaramouche

    "…je pense pour ma part qu’elle [la langue anglaise] est indispensable (que ça plaise ou non ) à la compétition mondiale à laquelle nous devons participer pour ne pas disparaitre."

    Tout la question est là. En effet. Nous sommes d’accord. Sinon que cette compétition n’a de compétition que le nom. Une compétition suppose des règles, un arbitre pour les faire respecter, un terrain clairement délimité, des équipes de tailles et de forces équivalentes, un début et une fin, un gagnant et un perdant. Rien ne tout cela n’existe, ou à stade à peine embryonnaire. Ce qu’on appelle compétition mondiale est une guerre mondiale. Drôle de guerre peut-être mais guerre véritable et sans merci. Alors ? que faisons-nous ? la guerre à outrance ? La question mériterait d’être posée et débattue par nos dirigeants politiques et intellectuels.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 29/05/2013 @ 07:48

  52. @Denis Mondo-Broca 32 : ça y est, vous voilà reparti dans les étoiles ;-) pour le titre, entièrement d’accord avec vous, ça sent le titre d’éditeur à plein nez. Certes, il reflète assez bien le contenu dans la mesure où le propos de Hagège consiste à mettre en garde contre l’appauvrissement de la pensée qui résulterait d’un appauvrissement de l’usage des langues, mais on sent bien ici qu’il s’agissait d’attirer l’attention avec un concept qui parle – plus ou moins bien – à tout le monde…

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/05/2013 @ 08:44

  53. @Aliocha. Hagège peut mettre en garde, mais il semble qu’en sciences, ce soit au contraire le vocabulaire limité et univoque qui permette d’approfondir et d’affermir les concepts. Alors, appauvrissement de la culture à la limite, mais de la pensée, je ne crois pas, et en tout cas de manière très douteuse dans le champ scientifique.

    Commentaire par kuk — 29/05/2013 @ 09:26

  54. Ah Hagège, souvenir du temps où je lisais L’Homme de Parole …
    Mais bon, je suis comme beaucoup un peu dubitative sur ce “combat” …

    La vraie bataille est davantage pour moi le fait que les Français ont un niveau abyssal en langues étrangères, surtout en comparaison avec nos voisins du nord de l’Europe (sans parler bien sûr d’une maîtrise de plus en plus approximative de leur propre langue).

    J’ai passé plusieurs années en GB puis aux EU, et pour ce qui est des Anglo-Saxons, on caricature beaucoup : c’est un marqueur socio-culturel depuis toujours que de parler une autre langue (le chic français est alors privilégié), beaucoup d’Américains, non hispaniques j’entends, maîtrisent l’espagnol, et surtout il y a aujourd’hui une prise de conscience en tout cas aux EU de l’importance à parler une autre langue, et dans nombre d’écoles, privées comme publiques, on enseigne dès 5 ans, le Kindergarten, l’espagnol donc, mais aussi le français ou le chinois.

    Je ne suis pas linguiste, mais il y a un autre aspect que l’on n’a pas évoqué. Mon fils est bilingue, français-anglais, (il a d’ailleurs un magnifique accent « midatlantic » !). Je peux vous dire pour avoir vu son apprentissage dans les deux langues combien l’anglais est une langue commode, facile à utiliser (pas de grammaire, peu d’orthographe, beaucoup de mots d’une syllabe, sightwords invariables etc), le français ouh la la ! Pas étonnant qu’elle l’emporte, si on peut parler ainsi. C’est quand on veut manier l’anglais avec subtilité que les problèmes commencent (je pense en particulier à toutes ses prépositions qui changent complètement le sens d’un verbe simple comme go ,be etc). Après c’est l’œuf et la poule, l’anglais est-il une langue pragmatique parce que les Anglo-Saxons ont cette réputation, ou l’inverse ?

    Commentaire par Maelle — 29/05/2013 @ 11:14

  55. @ Aliocha

    Eh oui, j’peux pas m’en empêcher…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 29/05/2013 @ 11:22

  56. Ah oui j’ai oublié de dire que bien entendu les Etats-Unis sont très divers sur le plan linguistique, et ce n’est pas seulement la place de plus en plus importante, et dénoncée d’ailleurs par certains, accordée à l’espagnol . New York est ainsi l’endroit au monde où le plus de langues différentes sont parlées, un vrai paradis pour les linguistes. Beaucoup d’Américains sont d’ailleurs fiers de parler la langue de l’endroit où eux-même, ou leurs parents, grands-parents, aieux, sont originaires : italien, russe, yiddish, hollandais, espagnol, chinois etc … Bref la situation est culturellement très complexe.

    Commentaire par Maelle — 29/05/2013 @ 11:25

  57. je ne suis pas trop à l’aise avec le mot guerre aussi, même si je comprends bien l’idée… mais alors si c’est une guerre, inspirons nous de Sun Tzu et arrêtons les comportements de forteresse assiégée. « Qui connaît l’autre et se connaît lui-même, peut livrer cent batailles sans jamais être en péril. Qui ne connaît pas l’autre mais se connaît lui-même, pour chaque victoire, connaîtra une défaite. Qui ne connaît ni l’autre ni lui-même, perdra inéluctablement toutes les batailles. » "« Ainsi, le bon stratège contraint l’ennemi et ne se laisse pas contraindre par lui. » Quand il n’y aura plus que les français, crispés sur eux-mêmes, à parler le français, il sera bien temps de regretter… notre absence de stratégie et notre manque de volonté.
    Ah mais oui, sauf que les français ne veulent plus payer d’impôts, alors comment financer les Alliances françaises à l’étranger pour diffuser notre belle langue ?
    Ah zut, on n’aime pas les étrangers ici, alors on ne finance pas beaucoup de bourses pour des étudiants étrangers… Moi je veux bien qu’on parle d’une guerre mais alors constatons que les français ne font que geindre et se lamenter, et que nos crispations identitaires n’aident pas du tout, mais alors pas du tout.
    Diffuser la culture française peut aussi se faire en influençant les lieux de décision… en anglais. La culture se diffuse aussi par les comportements, les façons de penser, etc.
    Si c’est une guerre, regardons les rapports de force et constatons qu’elle est perdue… alors il faut s’adapter. Défendre le français, ou d’autres langues que l’anglais, ne veut pas dire ne pas l’apprendre correctement ou refuser quelques cours à l’université. Il y a quelques siècles, c’était le français la langue de la connaissance, aujourd’hui c’est l’anglais, sauf pour beaucoup de sciences humaines où pas mal de concepts sont inventés à partir du français. Il faudrait aussi regarder au-delà du microcosme occidental, même si c’est au Nord que se prennent la plupart des décisions. En Amérique du sud, il y a presque 300 millions de personnes qui ne pratiquent quasiment pas l’anglais, et qui le vivent très bien.

    Commentaire par eczistenz — 29/05/2013 @ 11:32

  58. Nous avons les meilleurs chercheurs et les plus demandés au monde, c’est bien une des rares choses que Sarko avait assimilée d’où sa réforme plus ou moins avortée des universités. Inutile de préciser que les jeunes s’en vont ailleurs et les vieux y continuent leur retraite et qu’ils se font voler les brevets que ce soit en anglais ou en français ce n’est pas une question de pensée unique mais de moyens .
    Une guerre économique est l’évidence Pas une du langage c’est le chiffon rouge pas le danger.

    L’enseignement en France est très recherché mais il est archaÏque , la paperasserie nous étouffe , nos universités sont vétustes et nos profs mal payés . Pour étendre notre réputation il faut attirer de jeunes étrangers qui ne connaissent pas forcément notre langue , si l’anglais est la plus parlée dans le monde il faut hurler avec les loups. La fin justifie les moyens.

    Pour la pensée unique il y a plus de soucis à se faire du côté des infos et des médias de la télévision et à défaut de la nôtre mieux vaut l’anglais que le chinois.. ou autres.

    Claude Hagège encore une fois parle plusieurs langues et il attire notre attention sur le fait de se limiter à une ou deux seulement . Si j’adopte bien son point de vue je rajouterai en plus qu personne ne s’est bien soucié de Jacqueline de Romilly lorsqu’elle tirait la sonnette d’alarme concernant l’abandon du latin et du grec .. Pourtant nous en subissons gravement les conséquences dans le français quotidien d’où dépend comme elle le disait un comportement agressif et injurieux faute de vocabulaire.

    Commentaire par Scaramouche — 29/05/2013 @ 11:34

  59. @Scaramouche: La preuve, on nous en débauche pour aller en Suisse ou aux États-Unis! (un de nos maîtres de conférence est parti chez Google)

    Commentaire par DM — 29/05/2013 @ 16:33

  60. Billet très stimulant !

    Pour rebondir sur notre tendance à nous considérer nuls en langues étrangères, ce que j’ai vécu en Angleterre et Irlande m’a énormément surpris. Je côtoyais à l’époque une nombreuse « colonie » d’allemands (car je travaillais pour une filiale de la Deutsche Post), et quelle ne fut pas ma surprise de réaliser que leur niveau en anglais était nullissime !
    Tout ce petit monde vivait en vase clos, sortait ensemble, habitait ensemble, et du coup parlait principalement… en allemand ! Ils ne tiraient aucun bénéfice de leur immersion dans un pays étranger.
    Alors que nous autres français, nous faisions toujours l’effort de passer à l’anglais dès qu’une personne non francophone se joignait à nous, que ce soit au boulot ou à l’extérieur. Nous étions tous en colocation avec des anglais ou anglophones (écossais, irlandais mais aussi australiens ou américains), ce qui nous permettait de nous faire une vague idée de l’immense richesse que recouvre cette langue : je me souviens encore en souriant de ce que nous racontait Anthony, cet australien qui ne comprenait pas pourquoi ses amis irlandais persistait à ne pas prononcer le « h » de son prénom !

    A l’inverse, je me souviens de Gail, qui, après plus de quinze ans en France (Aérospatiale) n’était toujours pas fichue de construire des phrases basiques en français correct… comme quoi, les plus paresseux ne sont pas ceux qu’on croit ! Demandez voir aux grecs, combien ils connaissent d’anglais qui viennent griller sur leurs côtes, et qui prennent la peine d’apprendre leur langue…

    Je me souviens aussi d’un article de John Humphrys dans le Sunday Times qui déplorait la dérive de l’anglais parlé (regrettant la banalisation du « should of » et « could of » au lieu de « should have » et « could have »… ). Eux aussi ont fort à faire, en matière de lutte contre l’extension de cet indigeste pidgin.

    Commentaire par Zarga — 29/05/2013 @ 18:18

  61. Sans doute Zarga mais c’est comme dans tout, l’égalité n’existe pas , il y a une différence notable à un certain niveau et elle se mesure lorsqu’il faut de l’excellence .
    En France tout le monde croit savoir et c’est bien plus dangereux que ne pas savoir du tout.
    Les pays scandinaves ont par force une grande avance sur nous ils apprennent l’anglais très jeunes si vous citez un cas je peux vous en citer d’autres qui après vingt ans dans un pays étranger ne parlent encore que le français .. c’est catastrophique chez les émmigrés .
    La connaissance de la langue du pays dont on demande la nationalité devrait être éxigée.
    L’anglais est une langue très difficile, peu de grammaire et de règles et une quantité de phrasal verbs et de nuances sans compter un accent que nous avons beaucoup de mal à maitriser avec diphtongues et triphtongues (. Mais ils disent aussi que le français n’est pas mal non plus !) nous sommes plus à l’aise en espagnol!

    Quoiqu’il en soit tout ce qui est fait pour la compréhension et rapprocher les peuples est une bonne chose.
    Les véritables guerres naissent de la méconnaissance et de l’incompréhension. Rien n’interdit d’apprendre une troisième et une quatrième langue cela fera plaisir à monsieur Hagège
    qui verra moins la suprématie anglo-saxonne.

    Commentaire par Scaramouche — 29/05/2013 @ 19:40

  62. Curieux billet bien dans la trempe des "littéraires". Mais qui m’éclaire sur un point : en fait ce qui agace certains français et les latins en général, c’est que pour eux la pensée anglo-saxonne est automatiquement estampillée "libérale". Inssupportable quand on a la fibre contestataire permanente depuis 1789. C’est cocasse et cela en dit long sur l’état de l’Europe. Car pas de chance, l’Europe du Nord n’adopte pas les comportements latins du sud : elle "pense" un peu à l’anglo-saxonne. Et je comprend mieux les crises d’épilepsie françaises à propos de l’Allemagne : vous savez ce que vous devez faire mais cela va contre votre culture. Et je comprend parfaitement que personne ne veuille un vote européen : on connait par avance le courant de pensée qui sera majoritaire. Même le plus soft des militants de la CGT le sais : la sociale-démocratie scandinave est elle-même trop libérale, trop anglo. Pour contrer l’hérésie, enfermons-nous !

    L’aspect économique est intéressant : en promouvant ses idées via sa langue, on pose ses jalons économiques. Ah bon ? La France est connue pour ses vins, sa gastronomie et son patrimoine. Paris est une ville lumières mais pas une "city finance". Ce qui indique un pays très tourné vers ses agriculteurs. Or que je sache, la langue japonaise ne vient jamais chez nous et pourtant, combien de Sony, Panasonic et autre Nissan et Mistsubishi à travers notre continent ? Comble des comble, les premières pages de mon mode d’emploi de ma caméra sont….en allemand. "Ils" savent où aller, quand ils parlent d’Europe. L’Europe du Nord avance car elle est avant tout protestante, une religion où on s’interdit d’être pauvre, soit l’inverse absolu de ce que prône le catholicisme romain et son dépouillement idéologique. Rien à voir avec un langue quelconque, surtout la néérlandaise bien peu répandue…

    Non, la langue ne fait pas tout, et le meilleur des Goncourt n’apporte rien à l’économie. En réalité, les anglos-saxons ne s’occupent pas de leur agriculteurs mais davantage de la technologie du futur. Vous allez me rétorquer des contre-exemples, mais vous savez qu’ils ne sont rien face à Microsoft, Mac Do ou American Airlines. Pourquoi n’avons nous pas fait nos propres Apple ou nos Rollings Stones planétaires ? Pourquoi sommes-nous incapables de vendre, d’imaginer ? Pourquoi y-a-t-il tant de "cartoons", des Walt Disney ? Qui a tourné un Tintin bien belge en 3D ? J’irai voir la réponse derrière le mot créativité. Et non, Airbus, c’est européen, saluons pour une fois "notre" réussite.

    Au plaisir de vous lire
    http://lenversdudecort.wordpress.com/

    Commentaire par hpostandt — 30/05/2013 @ 19:45

  63. Gabbrielle, vous avez le don d’illuminer notre journée d’un rayon de soleil porcin !! ;-)

    Commentaire par Zarga — 31/05/2013 @ 20:21

  64. @hpostandt

    En fait, je crois que vous avez la "bonne" réponse à la "mauvaise" question. Pourquoi êtes-vous .sur terre ? Quelle est l’enchaînement de fait qui fait que vous existez ? Pensez-vous que vos parents ont choisi de mettre au monde (j’allais dire maître au monde) une "force productrice" ou un enfant qu’ils aimaient ?

    Si on prend un peu de recul, est-ce que vous pensez qu’il est bon de sacrifier une génération pour allez mieux (peut être) un peu plus tard ? Pensez-vous que le choix de l’allemagne de sacrifier sa génération d’ouvrier est intelligent ?(*) On reparle de lumpenproletariat, ce n’était pas arrivé depuis les années 30, putain.
    Nous arrivons à un changement de civilisation, pour diverses raisons :
    1 – le prix de l’énergie explose (l’électricité va prendre 30%, le litre d’essence est à plus de 10 frs – je me souviens d’un plein de gazoil à 3fr99 et je n’ai pas 80 ans)
    2 – les pays occidentaux ont exporté leur travail dans des contrées esclavagistes.
    3 – la jeune génération à vu comment ses parents ont été traité, et le coup de la motivation, ca pas marcher.
    4 – quoique vous en pensiez, il est impensable aujourd’hui de laisser crever sa population.
    5 – Internet rapproche les gens et vous ne trouverez pas un contingent pour aller taper sur la gueule d’une minorité comme responsable de tous les maux.(les us l’ont fait et ils sont passé de pays modèle à celui de pays le plus détesté en moins de 10 ans, sauf par quelques irréductibles pas plus nombreux que les vrais homophobes.)
    6 – l’industrialisation est arrivé à son terme et les scandales alimentaires et médicamenteux vont exploser sur les prochaines années : c’est le temps d’incubation.

    Ce choix de civilisation ne pourra pas être géré par des vieux "cons" (tribute to my fan club) imbus d’eux même qui ont jamais travaillé de leur vie et qui osent chercher à imposer à d’autres ce qu’ils ne subissent pas eux même (salaires mirifiques non imposables, c’est achement facile de demander d’augmenter les impôts et diminuer les salaires : si j’avais une once de pouvoir de décisions, je mettrais les salaires de TOUS les décideurs européens non élus au suffrage universelle européen au niveau du salaire minimum de leur pays.)

    Ensuite c’est bien joli de nous parler de l’europe du nord ou les ministres vont au travail en métro et ont un salaire normal pour nous faire accepter juste le coté amer de la pilule, dans la flexi-sécurité, on a gagné juste la flexibilité, la sécurité ayant été … oublié par un gouvernement _socialiste_ qui transforme en loi ce que quelques traîtres ont signés. Je ne parle même pas des retraites (contrepartie du travail) qui ne peux _pas_ être prélevé sur la productivité du travail. WTF ! ! !

    Maintenant, les même causes entraînent les même remèdes. Pour l’instant les gens se suicident ou vivent d’expédiants, un jour ils vont se mettre à aller se faire exploser dans des meeting politiques, des conseils municipaux, des conseils régionaux, des caf : on ne gouverne pas contre son peuple, jamais bien longtemps, ou alors il faut accepter un jour de partir dans le sang et les larmes.

    * vous pouvez allez voir ici un post un peu plus développé : http://linuxfr.org/nodes/98433/comments/1454523

    Commentaire par herve_02 — 31/05/2013 @ 21:17

  65. @hopasndt

    La prmière partie de votre réponse est tout à fait juste , non pas parce qu’elle rejoint ce que je pense mais parce qu’elle est l’évidence: les latins ne ressemblent pas aux anglo saxons tout comme dans leur religion un protestant bien que chrétien ne ressemble pas à un catholique c’est l’évidence même lorsqu’on a des attaches dans les deux camps.

    Et lorsque il est dit qu’un pays riche un pays vainqueur est un pays dominant qui impose sa langue et sa culture c’est aussi enfoncer une porte ouverte.

    Où ça se gâte c’est lorsque vous dites que nous sommes incapables d’inventer des technologies ou autres et je vous renvoie alors à quelques prix Nobel et au fait que ce splendide ordinateur et ce fabuleux Internet sur lequel vous travaillez a pour origine NOTRE Minitel que nous n’avons ni su protéger ni su faire fructifier faute de moyens et d’aides tout comme nous nous faisons voler nos produits de luxe par des industrieux chinois qui les fabrique à petit prix.
    Je le répète nos chercherus sont les meilleurs du monde, on copie nos produits de luxe ,.. Nous avons les idées ils se donnent les moyens et savent SE VENDRE, le masochisme ils ne connaissent pas !

    @hervê02

    Vous prenez le problème politiquement (ou philosophiquement si vous préférez ) …Savoir s’il vaut mieux privilégier la richesse du pays ou celle des individus .. Or les deux sont lies et interdépendantes , la question reste : Quelle génération faut-il sacrifier?
    Ma réponse est : toujours la Génération précédente ….Autrement dit il faut constamment progresser et offrir à nos descendants un avenir meilleur …et c’est maintenant que le bât blesse !

    Commentaire par Scaramouche — 01/06/2013 @ 07:07

  66. @Gabbrielle : Que les chiottes de l’intelligentsia germano-pratine récompensent une merde germano-pratine me parait être dans le désordre des choses ;-) Vous noterez le nombre incroyable de sous-entendus que contient l’article du Figaro sur les conflits d’intérêts du jury, la pertinence des choix réalisés, et le côté copains de gauche qui se serrent les coudes pour défendre leur pauvre petite philosophie de Carrefour tricotée de cul et de transgression de bazar. On applaudit bien fort !

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/06/2013 @ 09:07

  67. La lange française est souvent tellement complexe et nuancée qu’il est tentant de s’approprier la langue anglaise pour des expressions quotidiennes plus simples et plus expressives.

    Je travaille avec de jeunes enfants qui ont le réflexe naturel d’anticiper le langage en inventant des mots des conjugaisons et des expressions. Leur démarche est quelques fois si logique que j’y perds mon latin et je dois réfléchir un moment avant de corriger leur langage incorrect. (Il m’arrive même de ne pas savoir comment tel verbe se conjugue).

    D’ailleurs, j’écoute souvent les débats à la radio et à la télé et je constate que les erreurs de langage sont très courantes. (ex. "un espèce de" … , "c’est eux qui" …, etc)

    Il me semble que la lange anglaise est plus simple à bien des égards.

    Commentaire par Oeil-du-sage — 01/06/2013 @ 09:16

  68. Tiens, j’apprends en lisant @si qu’avoir le goût de l’antiquité grecque signale un tempérament fasciste, bon sang, moi qui place Sophocle au Panthéon de mes écrivains, ça y est, c’est sûr, je suis facho. Bon, je fous donc Sophocle à la poubelle et je le remplace par Sartre et Iacub. Et hop ! http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5878 (abonnés)

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/06/2013 @ 12:53

  69. @Aliocha

    J’ai beaucoup ri avec les commentaires des lecteurs du Fig, dont celui-ci: "Ce chef d’oeuvre a du l’emporter de justesse contre une notice de montage d’une armoire IKEA!".

    (Au fait, les tabourets, toujours d’aplomb? ;-) )

    Commentaire par gabbrielle — 01/06/2013 @ 18:08

  70. @Scaramouche: L’Internet n’est pas issu du Minitel, qu’il précède d’environ 10 ans. (Attention, pendant longtemps l’Internet a été une affaire de militaires américains et de centres de recherche, avant qu’on ne développe le WWW dans les années 1990…)

    Au sujet du développement de l’informatique en France : je ne suis un historien ni de la discipline ni de l’industrie associée, mais il me semble qu’en France l’informatique a eu du mal à s’imposer à l’université et au CNRS parce que les mathématiciens jugeaient que c’était de la technique indigne de figurer au côté des vraies disciplines, et que les physiciens considéraient que la seule informatique intéressante c’est le gros calcul scientifique pour simulation de physiques. Quant à l’industrie, il me semble qu’on a fait une suite de choix malheureux, notamment parce qu’en France c’est l’État, donc les politiques, qui pilotent, et que ceux-ci sont très attachés au nom que l’on voit sur la boîte (Thomson, Goupil, Bull etc.), sans se rendre compte que ce qui est en dessous est produit ailleurs (p.ex. les ordinateurs Thomson des écoles primaires des années 1980 fonctionnaient avec des microprocesseurs Motorola et un interpréteur BASIC de chez Microsoft, à l’époque une petite société… tous les deux américaines).

    Commentaire par DM — 01/06/2013 @ 21:53

  71. @DM Merci pour ces utiles précisions, particulièrement concernant les politiques. Il est exact que les grandes marques américaines ou allemandes ne doivent pas grand chose aux politiciens, mais bien à entrepreneuriat éventuellement soutenu, et à la capacité "d’oser" et de "vendre". Ce sont là des atouts que certains qualifient encore de "libéraux", alors que ce devrait être la norme pour tous.

    @herve_02 Je ne prétend pas que le modèle allemand rend tout le monde heureux. Mais je me demande pourquoi ils arrivent à mieux exporter et pourquoi leurs produits souvent sont estampillés "qualité". Vous savez comme moi, pour en revenir au thème d’aliocha, que la langue ne fait pas l’économie, sinon nous serions tous allemand ou japonais, voir aujourd’hui coréen ! Je pense surtout que ce qui fait problème c’est le lien entre la langue parlée et la manière de penser. Pourquoi le français n’a pas percé ? Trop de blabla la francophonie, pas assez d’action-réaction ? Enfermement dans la seule bulle littéraire et rejet de la technique, de la finance ? Parcourez la littérature scientifique : il n’y a pas photo ! Clairement il est démontré que le rêve napoléonien de l’Etat tout puissant qui s’occupe de tout et tout le monde est un leurre : pas d’envergure mondiale sans l’état d’esprit du peuple qui compose une nation. Les américains l’ont fort bien compris…

    Commentaire par hpostandt — 01/06/2013 @ 22:53

  72. @hpostandt: Vous noterez que Google a été fondé par des docteurs en informatique, pas par des diplômés de sciences politiques, de droit, de littérature ou d’administration publique… À l’inverse, en France, on semble croire que réunir un paquet d’énarques permettra de détecter le "prochain Google".

    Commentaire par DM — 01/06/2013 @ 23:02

  73. @DM je ne peux qu’approuver. Combien de français sont conscient de la chose ?

    Commentaire par hpostandt — 02/06/2013 @ 10:38

  74. Bonsoir,

    Amusant ce billet et certains commentaires, car ils regorgent de contradictions … volontaires ?

    Ainsi, on y trouve des mots comme "benchmark" ou "gender", et pas mal d’autres mots "100 % anglais" … et je ne suis pas sûr que ce soit "fait exprès".
    On y trouve aussi du latin ("habeas corpus") …
    Et le lien cité dans le billet d’Aliocha mène vers celui-ci : http://en.wikipedia.org/wiki/Pleading_in_English_Act_1362

    Car j’ai l’impression que nombreux, ici, ont oublié que pendant très longtemps (plus longtemps que l’actuelle domination de l’anglais), c’est le Français qui dominait le monde des sciences et du droit … et pendant encore plus longtemps, c’était le Grec puis le latin !

    Tout ça pour dire que si je ne renie pas le français, savoir parler LA langue "universelle" actuelle (donc l’anglais, n’en déplaise aux irréductibles de l’Espéranto) me semble indispensable.
    Et vouloir ouvrir le possibilité d’enseignements supérieurs (donc après le niveau BAC) dans cette langue ne me choque pas le moins du monde … au contraire !

    Commentaire par Yves D — 03/06/2013 @ 23:26

  75. @ Aliocha (en 69)

    Rhhaaa, comme vous y allez !
    Bon d’abord merci pour le lien (qui n’est plus réservé qu’aux abonnés apparemment) vers cet article d’Alain KORKOS que j’ai eu plaisir à cotoyer à l’époque où il était sur des roulettes (il comprendra s’il lit ça ;-)

    Et surtout, il a écrit " … exacerbé d’une part et un goût prononcé pour l’antiquité grecque d’autre part, deux grands thèmes de l’extrême-droite."
    Il faut le lire en fait à l’envers, et j’espère que votre réaction n’était qu’un clin d’oeil …
    Car si l’extrême-droite, et le fascisme Italien en est un bon exemple, ou encore le Nazisme, exprime souvent un goût affirmé pour l’antiquité, l’inverse n’est pas (forcément) vraie !!!

    Commentaire par Yves D — 03/06/2013 @ 23:37

  76. @ Yves D

    Bien de votre avis mais avant de prendre une position ferme il convient de savoir exactement comment est tourné la chose, bravo à des cours en anglais mais si c’est pour faire tout le cursus dans cette langue et in fine faire passer le diplôme toujours en anglais cela n’a aucun sens car les étudiants préféreront toujours l’original à la copie et cela nous coûtera plus que cela ne rapportera .
    C’est tout le problème .. Comme dit une humoriste célèbre .. "On ne nous dit pas tout ."

    Commentaire par Scaramouche — 04/06/2013 @ 12:47

  77. Je partage votre point de vue Ping ou je ne sais qui mais pas du tout votre façon de l’exprimer un brin condescendante et méprisante sur les latins peuples de paysans pauvres nuls qui n’inventent rien
    Je pense que l’auteur de cet article si ce n’est pas vous, cède à l’américomania quand d’autres militent pour l’américophobia . Dans les deux cas c’est tout aussi exagéré
    .
    Dans "le Mal Français" Peyrefitte en son temps a pratiquement tout expliqué concernant nos différences et anticipant nos problèmes actuels; Jacques Attali a dernièrement apporté quelques nouvelles lumières, nous savons tout cerla.
    Non nous n’avons pas perfectionné les ordinateurs mais notre Minitel en est l’origine
    Oui nous ne faisons pas fructifier nos inventions mais nous avons quand même quelques prix Nobel enviés (en médecine par exemple)

    Un peu de discernement et moins de certitudes seraient mieux venues.
    Oui nous ne savons pas nous "vendre" mais nous sommes l’excellence dans le luxe…

    Critique et dénigrement devraient

    Critique et dénigrement sont bien français mais il ne faudrait pas trop en rajouter..

    dernièrement Jacques Attali a expliqué encore mieux nos différences

    une langue est l’apanage du vainqueur quoiqu’on en dise, celui qui impose sa richesse sa monnaie son influence et sa culture .Actuellement on parle le mandarin dans les GRANDS magasins

    Une langue n’est pas le Graal qu’on cherche

    Une langue n’a rien du Graal c’est un des produits du vainqueur

    Commentaire par Scaramouche — 04/06/2013 @ 18:03

  78. Cher @scaramouche : de un je suis surpris de voir mon post "en ping" ici, par un de ces miracles informatique dont je n’ai pas connaissance (qu’est ce que ping ?). J’avais simplement pointé le lien d’Aliocha en fin de post pour être complet. Soit. De deux, je ne suis pas un américanodôlâtre, faudrait que vous me connaissiez pour cela. De trois, je sais faire le discernement entre nord et sud. Et vous faites bien de citer Attali car c’est précisément lui qui est venu avec une partie de ma réponse dans "Pas de croissance sans Riches" http://blogs.lexpress.fr/attali/2013/04/01/pas-de-croissance-sans-riches/ Comme quoi….

    Commentaire par hpostandt — 04/06/2013 @ 19:20

  79. @Yves D : hélas non, c’est du premier degré ;-) la chasse aux sorcières menée par la gauche me fatigue. Etre catholique aujourd’hui apparait comme la pire tare qu’on puisse imaginer. Et aimer la littérature grecque signale un tempérament fasciste. J’en ai marre de ces conneries. Qu’on me permette de préférer Sophocle à Iacub et les gens qui croient en une certaine transcendance à des folles dépoitraillées qui militent pour elles ne savent même pas quoi. Je laisse chacun libre de ses croyances, mais j’aimerais qu’en retour on foute la paix à des millions de gens qui sont loin d’être les débiles réactionnaires et bas de plafond qu’on décrit. Surtout quand les attaques viennent d’une presse éblouie par une demi mondaine qui se tape un politique sulfureux pour le raconter ensuite dans un style dont la collection Harlequin ne voudrait pas et faire du pognon. Il y a des limites au foutage de gueule. Evidemment, ce n’est pas contre vous. Je suis mal poilée en ce moment. La débilité ambiante me colle des allergies ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/06/2013 @ 19:53

  80. @hpostandt

    Merci de vos précisions, moi aussi j’ai eu un petit démon de l’informatique qui m’a rendu visite mais pour le fond nous pensons la même chose c’est pourquoi j’ai été étonnée de l’article , pour ce qui est de la surface je crois que tempérament nordique et sudiste font un amalgame enrichissant intellectuellement et culturellement . Concernant les finances c’est un autre problème , anglo-saxons et latins n’ont pas les mêmes conceptions de la vie et les mêmes moyens de nos ambitions.

    @Aliocha

    La paix de l’esprit s’acquiert en prenant .de la même façon les compliments comme les critiques avec une certaine forme d’indifférence. Les rapports entre les êtres vivants sont basés sur la force, le premier des deux qui traite l’autre de raciste de réac ou de catho a gagné . Mettre des étiquettes est le passe-temps favori de ceux qui n’ont pas d’imagination et ne se posent pas de questions et pour finir ce que vous savez déjà et qui enfonce des portes ouvertes : le snobisme est roi dans un "tout Paris" devenu "les pipoles"

    Autrefois on ne disait pas "la classe" mais que l’on était "distingué" . Se distinguer et avoir sa personnalité devient une tare, on est vite hors la loi si on sort du politiquement correct , or c’est avoir du caractère et un style que ne pas ressembler à tout le monde. Moi je préfère Pyrrhon Socrate Alain et Camus et l’après-midi dans un pré avec la compagnie de chiens chevaux et moutons plutôt que celle des célébrités d’ un cocktail littéraire . Chacun son truc et dans le désert littéraire actuel alors qu’il est bien difficile d’épater encore le bourgeois je trouve magnifique qu’une oeuvre aussi remarquable par sa porcine simplicité soit encore remarquée .
    Conclusion : elle a gagné son pari puisque qu’elle vous hérisse et que vous en parlez !

    Commentaire par Scaramouche — 05/06/2013 @ 08:46

  81. @ Aliocha : je ne suis pas si sûre que la chasse aux sorcières soit uniquement le fait de la gauche : elle me semble seulement plus visible et l’expression plus affirmée d’une idéologie en ce moment.Mais le reste du monde politique dans son ensemble est travaillé par la rupture avec son histoire et sa culture, et sa religion ancestrale qui a forgé une forme de pensée et modelé le modus vivendi.
    Les catholiques et les amoureux de l’antiquité grecque sont mis dans le même sac fascisant! Pas étonnant : la pensée grecque a crée des liens avec la pensée chrétienne, dès ses fondements. Dieu, que c’est gênant pour une société qui veut ignorer la personne humaine, pour la ramener à son poids productif, à sa carosserie ou à ses appendices sexuels……….

    Commentaire par Dorine — 05/06/2013 @ 12:45

  82. Il y a quand meme un avantage enorme a pouvoir acueuillir des chercheurs et professeurs non-francophones, mais anglophones. (ce qui represente une tres grande quantite de chercheurs) En ce qui concerne la guerre, je suis avec Kaeldoric. Vous avez raison, la langue est une arme et ici, parler de guerre, c’est reduire le debat et la discussion.

    Commentaire par PrometheeFeu (@PrometheeFeu) — 05/06/2013 @ 23:23

  83. Esope a tout dit sur les côtés positifs et négatifs de la langue et de la parole et le mot "arme" a diverses significations et pas forcêment combative .
    L’absence ou l’ajout de certains mots dans le vocabulaire en disent plus long sur le caractēre de ceux qui parlent que ne font leurs gestes et leurs coutumes. A travers la langue on rentre dans l’intimité d’un pays et celle de l’esprit de ses habitants. beaucoup de concepts varient d’une langue à l’autre que le dictionnaire est impuissant à traduire .
    Pour bien parler une langue il faut sortir de son ego et penser dans celle de l’autre , sinon il n’y a pas de cohésion possible. Le dictionnaire est insuffisant.
    De ce fait en rendant une seule langue universelle on impose la formation intellectuelle d’un pays de préférence à un autre et on l’oblige à se plier à l’organisation de sa pensée c’est là où intervient le danger et où le professeur Hagège a raison . Il faudrait parler plusieurs langues pour ne pas imposer une culture mais c’est impraticable dans les faits et à part l’esperanto il y aura toujours un pays qui gagnera la bataille .
    Cependant à l’inverse de ce qui est dit dans la plupart des échanges , lorsque je parle une langue étrangère je ne pense pas que l’autre me domine mais que c’est l’inverse d’une certaine façon parce que je rentre dans son esprit et que le mien lui reste inconnu.
    Une façon d’accepter l’inévitable ?

    Commentaire par Scaramouche — 06/06/2013 @ 08:19

  84. A titre de conclusion provisoire ? Quand le débat chez les uns n’a pas lieu d’être…chez le voisin.

    http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/820688/l-unif-en-anglais-en-allemand-aussi.html

    Commentaire par hpostandt — 09/06/2013 @ 11:47

  85. @hpostandt

    Ce n’est pas une conclusion du tout
    Le problème est de savoir si le diplôme final sera ou non obtenu en anglais ce qui n’attirerait personne en France . Si c’est pour étudier et avoir un diplôme en cette langue mieux vautaller aux US ou en Angleterre.
    Or le but est d’attirer les étudiants étrangers chez-nous pas d’apprendre l’anglais aux jeunes francais !

    Commentaire par Scaramouche — 09/06/2013 @ 16:56

  86. […] Pour se forger un avis un tant soit peu éclairé sur le débat actuel relatif à l'introduction de cours en anglais à l'université, je recommande le stimulant essai du linguiste Claude Hagège, "Contre…  […]

    Ping par La langue est une arme | Veille | Scoop.it — 23/06/2013 @ 22:47

  87. Êtes-vous dans un désordre financier et vous ne savez Ont quoi faire? Nous donnons des prêts aux particuliers et aux personnes morales! Postulez maintenant à notre e-mail sur Brownloanserviceltd@gmail.com

    Commentaire par Jr Independiente — 23/07/2013 @ 03:43


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