La Plume d'Aliocha

09/04/2013

Incantations magiques

Filed under: Mon amie la com' — laplumedaliocha @ 13:26

Tandis que les ondes du séisme Cahuzac continuent de se propager dans la vie politique, voici que la transparence jaillit du chapeau magique des communicants spécialisés en gestion de crise. Hourra, nous sommes sauvés ! Les annonces de patrimoine se multiplient déjà, avant même la date fatidique du 15 avril. La vertu, c’est maintenant.  Songez donc, voilà pour les moins fortunés et surtout les plus habiles, une arme redoutable contre l’adversaire politique. Tapis, s’exclament nos joueurs de poker ! Pendant ce temps, François Hollande dégaine l’annonce d’une loi de moralisation de la vie politique d’ici le 24 avril. Cela ne vous rappelle rien ? Moi si. Le syndrome « un fait divers = une loi » qu’on a tant reproché à Nicolas Sarkozy. En réalité, il n’était que le précurseur décomplexé d’une évolution de la vie politique, largement initiée par les communicants, qui impose de réagir à une émotion par l’annonce d’une réforme. Et de le faire vite de préférence, c’est-à-dire fort mal. Ce n’est plus de la politique mais de la magie façon Harry Potter. Chacun aura compris que ni le « choc de transparence », ni le futur texte de moralisation ne changera quoique ce soit à la situation. D’ailleurs, tel n’est pas l’objectif. Il ne s’agit pas d’agir sur la réalité mais, à travers les médias, d’influencer la manière dont cette réalité est perçue. On appelle cela « restaurer la confiance », autrement dit en langage courant, éteindre l’incendie.

La transparence en tant que recette miracle à toutes les formes de débordement nous vient du monde anglo-saxon. Elle est particulièrement en vogue dans la finance. Et pour cause, la transparence, c’est la solution douce pour tenter de paraître vertueux sans pour autant s’embarrasser de nouvelles contraintes réglementaires et surtout de sanctions. Bien sûr, il y a une part de pertinence dans cette démarche. Nul ne peut contester en effet l’intérêt d’avoir accès à des informations considérées comme utiles à la collectivité. De là à en faire la solution à tous les problèmes, c’est une autre histoire. Car la transparence, utilisée de manière abusive, fabrique mécaniquement de l’opacité. Si je vis dans une maison de verre et que j’ai quelque chose à cacher, je ne vais pas m’abstenir, mais chercher frénétiquement l’angle mort, voire le fabriquer. Il y a donc fort à parier que cette transparence nouvelle sur le patrimoine de nos politiques n’empêchera pas les transgresseurs de poursuivre leurs activités, elle ne fera qu’en compliquer la réalisation. Si l’on pousse la comparaison avec la finance, on peut craindre d’autres effets pervers. On sait par exemple que la publication des rémunérations des dirigeants de groupes cotés n’a pas pour effet de les ramener à un niveau acceptable par le public, mais aurait plutôt tendance à entraîner leur augmentation, par un effet d’ajustement du moins payé sur le mieux gratifié. Qui sait si nos politiques, en comparant leurs patrimoines respectifs, ne vont pas – pour les plus modestes – se trouver soudain saisis d’un besoin urgent de rattraper leur retard, au prix de quelques contorsions avec la loi ?

Quant à la loi de moralisation….elle me rappelle une scène du film Les Pétroleuses où Brigitte Bardot, vêtue d’une robe à froufrous rose et arborant l’ombrelle assortie, enfourche  un étalon sauvage dans un corral et parvient à le dresser en deux coups de talons bien placés. Après tout, le cinéma, c’est du rêve et dans ce film en particulier, de la parodie. L’appât du gain, l’ivresse du pouvoir, le sentiment d’impunité sont des ressorts bien trop puissants pour qu’on espère les contrer par une loi de moralisation. Nul n’y croit vraiment d’ailleurs, mais il faut bien distraire le public. Qu’on me permette de préférer à ce genre de texte à portée symbolico-médiatique l’exercice effectif des contre-pouvoirs. Pour préserver le fonctionnement des institutions, je crois davantage à la justice et au journalisme d’investigation qu’aux incantations magiques.

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35 commentaires »

  1. Bonjour Aliocha

    Une loi qui renforce les obligations des hommes politiques en matière de transparence est certainement nécessaire. Mais ça ne s’improvise pas si on veut une loi efficace. En réalité, le candidat qui voulait instaurer la république irréprochable, aurait dû entrer à l’Élysée avec un projet de loi dans ses bagages. Là, on va encore nous amuser.

    Je salue l’effort fait par ceux qui se précipitent pour déclarer leur patrimoine et je souris lorsque je lis les commentaires qui ne les trouvant pas assez riches, jugent soit qu’ils sont incompétents pour gérer leur budget et donc le pays, soit qu’ils trichent.

    Enfin, parce que j’ai très mauvais esprit, je me demande combien de temps M. Copé et son ombre portée Mme Morano pourront résister à la mode déclarative. Pourtant, M. Copé a occupé de multiples fonctions publiques et coiffé plusieurs casquettes privées et son cas pourrait bien être un cas d’école.

    Commentaire par ranide — 09/04/2013 @ 13:43

  2. Ah ! comme je reconnais bien la France dans votre article. Comme à chaque fois, comme à toute réforme, c’est : Pas comme ça, pas maintenant, « de là à en faire la solution à tous les problèmes, c’est une autre histoire ». On a échappé de peu au rapport d’expert et à la commission éthique.
    Aucune réforme n’est LA solution à TOUS les problèmes. C’est juste un moyen parmi d’autres pour tenter d’améliorer les choses. Si réforme, il y a, on aura peut-être un peu progressé.
    J’ai lu récemment que « 25 des 27 Etats de l’Union européenne imposent à leurs ministres et parlementaires une déclaration publique de patrimoine. Seuls la France et la Slovénie font exception à cette règle. » (http://www.lexpress.fr/actualite/politique/fraude-fiscale-l-affaire-cahuzac-ouvre-une-fenetre-de-tir-historique_1238481.html). Ce qui dédouane toute cette affaire d’une transparence à l’anglo-saxonne et de l’hydre du puritanisme protestant.

    Commentaire par René — 09/04/2013 @ 13:49

  3. @René : point d’hydre en l’espèce, pas même d’allergie à la transparence, en revanche, une vraie méfiance à l’égard de la politique de communication, des paillettes et autres effets d’annonce. Plus une réserve : puisque vous abordez la religion, il se trouve que la transposition d’une solution issue d’une tradition religieuse dans un pays qui a une autre tradition n’est pas forcément pertinent. En France, nous n’avons pas le même rapport à l’argent, au mensonge et à des tas d’autres choses que dans les pays anglo-saxons. Donc les mêmes règles ne produiront pas forcément les mêmes effets. Je recommande aux juristes sur ce sujet l’excellent « Juger en Amérique et en France » d’Antoine Garapon chez Odile Jacob.

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/04/2013 @ 14:01

  4. Ce qui m’énerve par dessus tout c’est que ces déclarations de patrimoine n’auraient absolument rien changé à l’affaire Cahuzac. Vous l’imaginez indiquer sur cette déclaration qu’il possède un compte en suisse non déclaré créditeur de 600 000 €? N’importe quel pékin fait ce raisonnement mais cela n’empêche pas le gouvernement de nous présenter cette déclaration de patrimoine comme la panacée universelle (oui je sais… 😉 ) aux maux de notre démocratie.

    Des mots bidons pour soigner de vrai maux, cela va t il fonctionner encore longtemps comme ça?

    Commentaire par mussipont — 09/04/2013 @ 14:33

  5. L’effet de la religion catholique sur le comportement des individus persiste dans le temps même sur ceux quisont agnostiques. L’excellent livre de Peyrefite « le Mal Français  » en faisait état en son temps et démontrait son impact sur nos rapports à l’argent fort différents entre pays latins et anglo-saxons. Le mauvais riche chez nous est toujours d’actualité.
    Amusante prestation de monsieur Copé qui prend le temps pour faire sa déclaration en envoyant une pique au trop pressé monsieur Fillon. Jolie pirouette de dire qu’il « n’a pas de compte en Suisse  » …En aurait-il un ailleurs ?
    L’art de l’illusionniste qui nous montre un foulard pendant qu’il en dissimule un autre.

    C’est au départ de leur vie politique et à la fin qu’il faudrait un contrôle et on ne peut pas mettre un gendarme dérrière chacun d’eux.

    Commentaire par Scaramouche — 09/04/2013 @ 14:38

  6. Sans rapport avec notre sujet, mais intéressant : http://www.erwanngaucher.com/article/29/08/2012/portrait-robot-dun-journaliste-francais/940

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/04/2013 @ 14:59

  7. C’est vrai que la piscine dans laquelle barbote Jean-François Copé ne lui appartient pas. Il n’est donc pas obligé de déclarer quoi que ce soit concernant ses liens avec Takieddine :
    http://mediabenews.wordpress.com/2011/11/21/enquete-sur-jean-francois-cope-takieddine-rolex-et-compte-en-suisse/
    Dire que son ami François Fillon croyait lui avoir fait la nique en déclarant une pauvre maison (sans les meubles) et un modeste compte en banque (qui révèle au passage que c’est un sacré flambeur, il a craqué toute sa paie de député puis de ministre).

    Commentaire par Gilbert Duroux — 09/04/2013 @ 15:22

  8. Aliocha, je souscris entièrement à vos propos.
    La précipitation n’est jamais signe d’efficacité.
    En plus, elle est un miroir aux alouettes.
    Quand je vois comment la commission de contrôle des comptes de campagne est capable de se faire abuser ou de couvrir des « défaillances », je me dis qu’il est facile de tricher pour qui le veut.
    Je me dis aussi que les électeurs ont les élus qu’ils méritent quand ils revotent pour des élus ayant purgé leur peine pour abus ou trafic qui, passée la période de carence, se représentent , la bouche en cœur, la main sur la poitrine jurant que plus jamais, ils ne failliront …
    Ce qui est vrai pour un électeur est aussi vrai pour un membre de conseil d’administration qui permet le « rattrapage » de traitement pour un dirigeant.

    Commentaire par fultrix — 09/04/2013 @ 15:36

  9. Tiens cet article d’Erwann Gaucher semble confirmer que ce que nous disions hier sur la précarité…
    Sur la moralisation et la transparence, nonobstant les différences de cultures, je suis pour, totalement pour. Les différences de culture n’excusent aucunement ce rapport quasi mafieux à l’argent de nos politiques et les connivences… et je le dis d’autant plus facilement que j’ai passé mon enfance à Villeneuve sur Lot 😉
    A voir si la nouvelle génération de députés, nourris à d’autres pratiques que ces vieux barons UMP ou PS, aura le courage de mettre un coup de pied dans la fourmilière. Mais pour le reste, je conviens que le gouvernement donne désespérément l’impression de courir après le coche… quel manque d’ambition, quel manque de réalisme, quel manque de hauteur, quelle bande de baltringues…

    Commentaire par eczistenz — 09/04/2013 @ 15:42

  10. La Chambre des députés qui nous a habitué à ses débordements a donné ce mardi le triste spectacle d’une droite très décomplexée s’attaquant à la gauche pour se repprocher mutuellement leur malhonnêteté. Le premier ministre traité dans les couloirs de  » repris de justice » entre-autres et beaucoup à droite comme à gauche contre le fait d’étaler leur patrimoine au grand jour.

    Voilà le spectacle d’une débandade sans porte de sortie.

    Commentaire par Scaramouche — 09/04/2013 @ 16:38

  11. […] Assez d'accord avec le corps de texte, je suis. beaucoup moins avec la conclusion qui semble se réfugier derrière une idée de la justice et du journalisme independant… Un journaliste est là pour vendre du texte à ses lecteurs. Quant a la justice, lisant la plume d'aliocha depuis assez longtemps, je pense que sa notion ici se réduit aux juges et aux avocats, qui evoluent par le seul prisme de la loi, par simplification de mon point de vue ici, donc des ecrits, pas forcément avec leur temps. Et ils doivent eux aussi se faire bien voir par leur hiérarchie sinon… Si on parlait de mouvement éthique plus général et de journalisme éducatif du monde de nos jours. mais forcement moins stygmatisant et plus difficile à cerner, donc à mettre en place en dehors des acteurs de la recette actuelle. même recette, même résultats, peu ou prou. " Tandis que les ondes du séisme Cahuzac continuent de se propager dans la vie politique, voici que la transparence jaillit du chapeau magique des communicants spécialisés en gestion de crise. Hourra…"  […]

    Ping par Incantations magiques | Contemporary fiction | ... — 09/04/2013 @ 20:13

  12. Doublon

    Ping par Incantations magiques | stitb — 09/04/2013 @ 20:13

  13. @Scaramouche : allons, la violence parlementaire n’est pas nouvelle. Je me souviens d’une répartie de Giscard à l’égard de je ne sais plus qui « n’écoutons pas les cris indignés de l’incompétence offensée ». Mais je vous accorde que nous avons connu des époques plus élégantes et plus fines dans le trait assassin.
    Pour le plaisir :

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/04/2013 @ 21:13

  14. Même les millionnaires de gauche veulent foutre le camp : http://www.lefigaro.fr/politique/2013/04/10/01002-20130410ARTFIG00670-un-depute-millionnaire-menace-de-quitter-la-france.php

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/04/2013 @ 09:45

  15. Plutôt que de s’inquiéter de la transparence d’un petit pan de l’état (ou de ses rouages), je préférerais qu’on prenne l’habitude de chercher la transparence partout, dans tous les rouages. Puisqu’il est fait allusion dans l’article et les commentaires aux autres pays, je rajoute mon grain de sel : pour moi, ce qui manque le plus en France est l’équivalent du « Freedom of Information Act » au Royaume-Uni (et dans bien d’autres pays). Enfin, il existe peut-être un texte similaire en France, mais dans ce cas j’aimerais qu’il soit utilisé. Au Royaume-Uni, une très grande partie des scandales ou critiques du fonctionnement de l’état (ou des administrations publiques, quelles qu’elles soient) vient de documents obtenus grâce à cet acte. C’est peut-être un problème de mentalité plus que de texte, et je ne prétends pas que la simple existence de ce texte résolve les problèmes, ni limite l’intérêt d’autres investigations par les journalistes, mais dans tous les cas, le résultat est que j’ai beaucoup plus l’impression de transparence (au minimum a posteriori, lorsque les abus sont révélés) qu’en France…

    Commentaire par Rémi — 10/04/2013 @ 10:10

  16. Je fais etre a rebrousse-poil. 
    Ce qui m’a choquee dans l’affaire Cahuzac c’est moins sa richesse (quand un chirurgien en cardio devient specialiste du cheveux, c’est pour quoi a votre avis ?) que tous ces mensonges assaines avec un applomb incroyable.
    Le cote delation et voyeurisme  de cette operation transparence me gene aux entournures, car comme tout le monde je me suis laisse aller a rigoler en lisant certains patrimoines. Sans compter le jeu politicien qui s’invite bien sur, il n’y a qu’a voir Fillon et Cope. Et je ne parle pas du  » on pend Fabius a la lanterne ». Tout ca est malsain. On n’a pas la meme mentalite que les pays nordiques.
    Et puis ca m’inquiete presque de voir que certains ministres ou elus n’ont pas plus, voire moins, de patrimoine que moi. Etre responsable politique ce n’est pas rien, il est  normal que ces personnes-la soient bien payees. Comme on dit dans les pays anglosaxons, « when you pay peanuts, you get monkeys ». Et puis cela peut entrainer des tentations, appartements gratuits et autres voitures de fonction, pots-de-vins. On va repondre que s’engager dans la vie publique ce devrait etre un sacerdoce, mouai …

    Commentaire par Maelle — 10/04/2013 @ 10:55

  17. La dernière proposition du gouvernement offre tous les aspects d’une tentative de « crash control », aux fins de diluer l’impact du séisme Cahuzac dans un nouveau train de polémiques sans fin – et, sur ce point, elle semble parfaitement y contribuer.

    Évidemment, on rappellera que le corps politique compte vraisemblablement une grande majorité de gens intègres, et que des mises en causes collectives ne doivent pas aveugler les saines colères. Je reconnais néanmoins un mérite à ce nouveau désir de transparence , celui d’imposer à chaque élu une confrontation avec sa conscience. Au départ de la fraude, figure souvent un simple mensonge par omission, un mécanisme psychologique par lequel on occulte quelque chose qu’on ne veut pas voir, puis une forme de rationalisation trompeuse qui aide à coaguler la faute dans un éternel déni. La fraude est une tradition française répandue, et chacun connaît dans son entourage quelqu’un qui s’est fait prendre les doigts dans le pot de confiture; l’explication est constante: « je ne savais pas, j’ai pas fait attention ». La tentation initiale, et la vanité typique du manipulateur se transforment vite en auto-intoxication mentale, avec en fin de course l’impossibilité de briser le cercle du mensonge.

    Dans l’affaire Cahuzac, comment ne pas être effaré de voir tant de constance dans la mensonge, la trahison des collègues, des proches, et des intimes. Il y a vraiment l’existence d’une forfaiture à la limite de l’infamie, qui doit conduire à poser cette question: n’étions-nous pas d’une certaine façon complice en laissant prospérer l’orgueil pathologique de cet individu, et sa croyance qu’il pouvait se jouer de nous.

    Et puis, la « transparence » nous est d’ores et déjà imposée. Avec toutes les traces laissées sur nos pages facebook, les données personnelles facilement accessibles à coup de google, y compris des données officielles à portée de clics, l’individu moderne ne garde plus trop de secrets le concernant. Le grand Rabbin de France, auparavant loué unanimement pour la hauteur de sa pensée, est en ce moment conduit aux plus pénibles explications sur sa fausse agrégation – probablement un autre phénomène de petites vanités qui ont mué en auto-intoxication mentale. Nous ne sommes plus au temps de Casanova, où n’importe quel aventurier pouvait parcourir les cours d’Europe, en s’inventant à chaque fois de nouvelles légendes personnelles en profitant de la crédulité des gens, et aussi de leur incapacité à dévoiler l’imposture de leur interlocuteur.

    Commentaire par Switz — 10/04/2013 @ 11:24

  18. Tres juste votre analyse du mensonge Switz dans notre monde internet, et puis en effet tous nous avons un jour fait l’experience des ces petits mensonges commis par orgueil, ou meme pour faire plaisir, et qui enflent, enflent … J’avais aussi fait le parallele, toutes proportion gardees, avec l’affaire du Grand Rabbin Bernheim.

    Commentaire par Maelle — 10/04/2013 @ 11:38

  19. S’engager en politique est un sacerdoce…à moëlle.

    Commentaire par Quidam — 10/04/2013 @ 16:39

  20. @ Aliocha (15)

    Je vous disais que la Chambre  » nous a habitué à ses débordements » il n’y a certes rien de nouveau mais c’est en général le camp blanc contre le camp noir (ou ceux qui se jugent comme tels) …là on a l’impression désagréable que ce sont deux camps noirs qui lavent leur linge sale .

    Commentaire par Scaramouche — 10/04/2013 @ 18:55

  21. @ Aliocha # 16 :

    Ah, on brandit la sempiternelle menace : si vous cherchez à nous faire payer, on s’en va.

    Remarquez comme les cris de bourgeois qu’on cherche à égorger cachent les mêmes excuses que les enfants nous servent quand ils cherchent à échapper aux corvées !
    Mes garçons me serinent « pourquoi c’est toujours à moi qu’on demande ceci ou cela ? »… entendez comment le « toujours » cache en fait un
    « jamais ». Idem pour ceux qui ont réussi et à qui on demande un léger retour de manivelle : on clame, on proteste, on peste contre ceux qui cherchent à « toujours » vous faire payer, pour ne pas avoir à dire clairement qu’on espère bien ne « jamais » avoir à payer… comme les gosses, qui, au travers leurs postures d’éternelles victimes, croulant sous les exigences exorbitantes de leurs parents, signifient en fait qu’ils ne veulent pas en secouer une, même pas lever le petit doigt !

    Enfantillages que tout cela, comme la course à la transparence pour la transparence…

    Commentaire par Zarga — 10/04/2013 @ 19:27

  22. @ Maelle

     » tous nous avons un jour fait l’experience des ces petits mensonges commis par orgueil, ou meme pour faire plaisir, et qui enflent, enflent »…

    Si ma mémoire est juste, on dit « little white lies »… j’ai toujours été sensible à ce subtil distinguo que nous proposent les anglo-saxons… péché véniel et péché mortel.

    Commentaire par Zarga — 10/04/2013 @ 19:32

  23. Bon, alors, ne m’en veuillez pas, mais à surfer à pas d’heure, on tombe sur de ces trucs… Tiens, si j’osais, voilà ce que je partagerais avec vous :

    De Philippe Meyer….

    « Les Français, comme on le sait, ne massacrèrent personne en Amérique. Tout au plus firent-ils rendre l’âme à quelques sauvages, mais c’était pour leur apprendre qu’ils en avaient une. »

    « N’avons-nous pour tout périscope qu’un rétroviseur ? »

    « Quelle sorte de vie publique est celle où la communication – c’est-à-dire la manipulation ou la propagande – remplace la controverse ?  »

    « Le marteau est l’âme de la mécanique et la répétition le principe de la communication.  »

    « — Comment est mort Maïakovski ?
    — Maïakovski s’est suicidé. Il a mal pris le tournant de 1927 et n’a pas compris les changements nécessaires.
    — Et quelles furent ses dernières paroles ?
    — Ne tirez pas, camarades.  »

    « Matriona, vieille paysanne « sans-parti et réactionnaire », sentant l’approche de la mort, réunit sa famille et demande qu’on appelle un pope. Une fois le prêtre chez elle, elle se confesse, reçoit les derniers sacrements puis exige de son fils aîné qu’il aille lui chercher le responsable local du Parti. Surpris, le fils s’exécute, revient avec le chef de cellule. Matriona le fait approcher de son lit et, devant toute sa famille, lui demande de l’inscrire au Parti. Le camarade, n’osant pas aller contre les volontés d’une mourante, l’inscrit au Parti, perçoit sa cotisation et lui remet sa carte. Dès qu’il a franchi le seuil de la maison, le fils aîné s’agenouille au bord du lit de sa mère et, des sanglots dans la voix, il lui demande :
    — Oh, petite mère, pourquoi as-tu fait une chose pareille ?
    — Vois-tu, Vassili, puisque quelqu’un doit mourir, il vaut mieux que ce soit un des leurs. »

    « Quel conseil peut-on donner à un intellectuel ?
    D’abord, ne pas penser. S’il ne peut s’en empêcher, de ne pas parler. S’il ne peut s’en empêcher, de ne pas écrire. S’il ne peut s’en empêcher, de ne pas signer. S’il ne peut s’en empêcher, de ne pas s’étonner.  »

    « Les gens ont moins besoin d’être informés que d’avoir la mémoire rafraîchie. »

    « J’ai pris, ayant fait l’expérience des chemins de l’amour, la décision stoïcienne de renoncer aux créatures qui se refuseraient à moi.  »

    et pour finir :

    « Rien ne me plait d’avantage que d’aller voir le monde et le raconter à autrui. »

    Bonne soirée… le Ciel vous tienne en joie.

    Commentaire par Zarga — 10/04/2013 @ 22:34

  24. @maelle

     » when you pay peanuts, you get monkeys  »

    Vous seriez ravi de savoir que vos enfants à l’école sont pris en charge pas des personnes au rsa que l’on va chercher, au hasard, sur les listes de la caf. Il y a de très nombreux profs, en petits contrats, qui émargent à moins de 700 euros. et qui font leur travail comme les autres

    Ceux qui disent cela sont toujours ceux qui ont (ou veulent) de gros salaires, payés non par leurs résultats, mais avec le pognon des autres.

    Commentaire par herve_02 — 11/04/2013 @ 00:31

  25. « When you pay peanuts, you get sad/depressed/depreciated monkeys ».
    Je trouve precisement que les profs ne sont pas assez payes, et que s’ils l’etaient davantage les choses iraient sans doute mieux dans l’Education Nationale ( qui est un milieu que je connais bien). Pour rester du cote des enseignants, il faudrait aussi creer une formation pas plus courte mais plus adaptee, des concours simplifies administrativement, un meilleur encadrement et un arret a l’embauche de precaires.

    Commentaire par Maelle — 11/04/2013 @ 08:29

  26. @maelle…

    Et les médecins dans les campagnes ? les infirmières, les aides soignantes, les employés du fisc, des cpam, de pole emploi, les pompiers? les gendarmes etc…. ?

    Commentaire par herve_02 — 11/04/2013 @ 09:26

  27. De plus en plus de mendiants dans les rues de Paris. J’ai été sollicitée trois fois dans le même wagon pendant un court trajet. Dans certains quartiers les matelas par terre et les immondices sont monnaie courante.
    De deux choses l’une ou bien on donne et c’est sans fin ou bien on se sent très mal à l’aise . Reste que la plupart des gens le nez dans leur journal et les écouteurs sur les oreilles essaient de se déconnecter .
    On continue à accueillir toute la misère du monde et en l’occurrence l’européenne qui vient des pays de l’Est.
    Alors quid de ceux dont parle herve qui travaillent pour de la monnaie de singe et des très vieux retraités qui ne sont pas tous loin de là des privilégiés ?

    Commentaire par Scaramouche — 11/04/2013 @ 09:53

  28. @scaramouche

    >On continue à accueillir toute la misère du monde et en l’occurrence l’européenne qui vient des pays de l’Est.

    On ne peut pas professer l’ouverture de nos frontières au grand marché, la mondialisation heureuse, le partage mondial du travail et venir pleurer que « les autres y viennent chez nous. » Soit on est ouvert, soit on ne l’est pas, soit on est libéral soit on est autarcique, mais on peut pas mixer les deux… suivant comment ça m’arrange.

    Le beurre, l’argent du beurre…. la crémière…. (et probablement sa fille et son fils, le chien ?)

    Il faut un changement profond de monde, mais celui du mariage pour tous lol…

    Commentaire par herve_02 — 11/04/2013 @ 09:58

  29. @Rémi en 17 :
    Pour l’accès aux documents administratifs, vous disposez de la CADA (Commission d’Accès aux Documents Administratifs). ou plus simplement, adressez-vous à l’administration publique émettrice d’un document qui, selon la pratique de son chef de service vous le refusera ou non …
    Dans mon patelin, j’ai la chance de pouvoir accéder aux divers contrats de marchés publics quand je les demande, par la grâce de la nouvelle équipe municipale, respectueuse des codes.

    Commentaire par fultrix — 11/04/2013 @ 11:08

  30. @ fultrix (31) :

    Il me semblait bien qu’il existait un équivalent en France. Mais est-il utilisé ? Je n’ai pas souvent, voire jamais, vu en France de scandale/révélation qui arrive par le biais de ce mécanisme, alors qu’au Royaume-Uni, c’est relativement fréquent (je ne dis pas que ça arrive tout le temps, ni que tous les problèmes soient révélés de cette manière, mais simplement que c’est un moyen relativement fréquemment utilisé).

    D’où vient cette différence, je ne sais pas. Est-ce que, légalement, les textes français et anglais sont très différents ? Est-ce que la procédure française est plus lourde ? Est-ce que les administrations visées trainent plus les pieds (ou se sentent automatiquement agressées, et donc sur la défensive, face à ces demandes — c’est un peu ce que votre commentaire semble indiquer) ? Est-ce que les journalistes en France n’ont même pas l’idée d’utiliser cette procédure ? Je ne sais pas, et je serais curieux de savoir, pour m’aider à comprendre si c’est (en réduisant caricaturalement) un problème légal, administratif, journalistique…

    Commentaire par Rémi — 11/04/2013 @ 14:10

  31. @. Herve 02

    On pourrait construire en Europe une politique commune concernant l’immigration ce ne serait pas un luxe et les frontières peuvent avoir des barrières tout en restant ouvertes. Une porte peut être entrebâillée !

    Commentaire par Scaramouche — 12/04/2013 @ 09:08

  32. @Rémi (32) :
    Pour les amateurs d’astérix, réclamer un document à une administration, c’est un peu comme l’épisode des 12 travaux …
    Pour commencer, il faut s’adresser à l’administration auteur du document.
    Devant son refus (2 mois de silence, de mémoire) vous tentez le recours gracieux auprès du supérieur hiérarchique.
    En cas de refus, vous remontez toujours plus haut.
    Finalement, vous portez réclamation auprès de la CADA qui sert de médiateur auprès de l’administration récalcitrante. Parfois la CADA ordonne la communication du document … que l’administration peut ne toujours pas transmettre puisqu’il n’existe pas, à ma connaissance, de moyen coercitif pour la CADA (c’est ballot).

    Il y a après le recours auprès de la juridiction administrative, mais faut payer.

    Les joies de l’administration française.

    Commentaire par fultrix — 13/04/2013 @ 19:32

  33. Ce qui est important c’est de voir de combien ils se sont enrichis depuis qu’ils sont élus. Ce qu’ils avaient avant, on s’en fout, c’est leur argent. Mais un ministre qui gagne en 1 ans 1Million avec juste une paye de haut fonctionnaire, ça signifie clairment qu’il est corrompu. Mais ça personne n’en parle.

    Commentaire par seb — 23/04/2013 @ 13:31


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