La Plume d'Aliocha

24/03/2013

Sans nouvelles de Marianne…

Filed under: Comment ça marche ?,Coup de griffe — laplumedaliocha @ 10:36
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L’un d’entre vous m’a demandé par mail pourquoi on ne me lisait plus sur le site de l’hebdomadaire Marianne depuis quelques mois. Eh oui, pourquoi, ai-je soudain songé….

En 2009, Philippe Cohen qui s’occupait à l’époque du site m’a demandé si je souhaitais faire partie des blogueurs associés. Mettant de côté mon allergie pour les entreprises de presse qui rentabilisent des contenus gratuits en vendant aux intéressés l’espoir d’une visibilité (cette visibilité avec laquelle, comme chacun sait, on paie son loyer et ses courses au supermarché), j’ai répondu oui. Parce que je lis, ou plutôt je lisais, Marianne depuis sa création en 1997, parce que j’aimais bien Philippe, parce qu’au coeur de la crise de la presse, je voulais bien – pour un temps donné – aider dans la mesure de mes moyens le site à se développer. L’opération ne me rapportait rien. Pas même l’abonnement gratuit au journal papier que moi et d’autres avons réclamé sans succès durant plusieurs années. Quant au trafic sur mon blog, figurer dans la blogroll d’Eolas m’a toujours envoyé plus de lecteurs que d’être « associée » à Marianne. De son côté, le site a profité durant des années de mon « contenu », lequel s’est avéré souvent juteux en termes de visites. J’ai souvenir de 50 000 visiteurs en quelques heures sur un billet concernant Ruquier, et de plus de 80 000 au plus fort de l’affaire Kerviel (chiffre en haut à droite de la page, qui évoque à tort le nombre de commentaires)…Philippe avait  la courtoisie de nous inviter à dîner dans la rédaction une fois par an et de nous associer à la vie du journal comme du site en nous informant des évolutions éditoriales. C’était friendly de sa part. A défaut de gagner de l’argent, nous participions à une aventure et nous passions de bons moments.

Et puis en juin dernier de mémoire, il a annoncé qu’il cessait de s’occuper du site.  Toute l’équipe rédactionnelle est partie et a été remplacée, m’a-t-on dit, par un professionnel du marketing….Pour ceux qui auraient loupé un épisode, je rappelle que la sortie de son livre co-écrit avec Pierre Péan sur Le Pen a consommé le divorce entre lui et la direction de Marianne cet automne. Philippe a quitté l’hebdomadaire en janvier. Mais reprenons le fil de notre petite histoire. Pendant les mois qui ont suivi le changement de pilotage, Marianne a continué de reprendre mes billets. Et puis à partir de fin décembre, plus rien. Le dernier des quelque 245 billets reproduits sur le site depuis 2009 (chiffre tiré du moteur de recherche de Marianne) a été mis en ligne le 11 décembre. Par curiosité, je suis allée voir  et j’ai cru comprendre qu’il était désormais alimenté quasi-exclusivement par la rédaction. Il ne reste que 2 ou 3 blogueurs, parmi lesquels Juan de Sarkofrance. Même Philippe Bilger a disparu ce qui, je l’avoue, a quelque peu consolé mon ego malmené. Intriguée, j’ai envoyé deux mails au patron du journal,  Maurice Szafran, pour tenter de savoir ce qu’il en était exactement. Pas de réponse.

Du coup, je me suis amusée à faire un petit calcul. En imaginant que pour produire le même volume de contenu, Marianne ait fait appel à un journaliste rémunéré à la pige (moi, au hasard…mais sous mon autre casquette), l’équivalent des 250 billets lui aurait coûté au bas mot….60 000 euros. Explications. Les journalistes sont rémunérés selon une unité de mesure nommée « feuillet ». Un feuillet par convention représente 1 500 signes espaces compris (fonction « statistiques » de votre logiciel, environ une demie page word). Le tarif syndical du feuillet doit tourner aux alentours de 66 euros, mais dans les grands titres, il est plus proche de 100, j’ai donc pris 80 (net). Admettons que chaque billet fasse en moyenne 3 feuillets. Nous multiplions 250 articles par 3 feuillets, par 80 euros, cela nous donne 60 000 euros si le règlement s’effectue en droits d’auteur (ce qui est en principe interdit pour les journalistes, mais je le signale pour les blogueurs non journalistes) auxquels vous rajoutez, si c’est du salaire, les charges salariales et patronales. L’intérêt de cette petite démonstration est de montrer l’économie que représente l’utilisation de contenu gratuit sur le Net pour les éditeurs de presse….En creux, cela permet aussi de mesurer l’étendue du manque à gagner pour les journalistes de métier dès lors qu’on remplace l’information qu’ils produisent par de l’opinion.  Il me semble qu’un tel « cadeau » de ma part méritait bien un « au revoir et merci ». En tout état de cause, quand on décide unilatéralement de rompre un accord, il est d’usage d’en informer l’intéressé.

Voilà, vous en savez autant que moi. Sans commentaire.

Ah si, quand même, une observation annexe. J’ai lu ce matin sur @si (abonnés) que certains sites d’information régionale (pilotés par une boite de marketing) sous-traitaient leur production à des « rédactions » situées en Tunisie. Oui, vous avez bien lu. Pour 300 euros par mois, des diplômés bac +5 disposant d’une « bonne connaissance de la culture française », livrent des articles clé en main sur des régions où ils n’ont jamais mis les pieds.

Il parait qu’on a aboli l’esclavage…qu’on me permette d’en douter.

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35 commentaires »

  1. Chère plumette,
    Après la Tunisie les robots « scriptolaires » ? 🙂

    Commentaire par zelectron — 24/03/2013 @ 10:48

  2. Bon, moi qui suit hors Hexagone, j’en apprend. Il se fait que début mars on a inauguré un « Marianne Belgique », pas avec moi, hein, moi je ne suis pas journaliste du tout. Mais ce n’est pas la première fois que j’entend cela, connaissant un « ancien » de La Libre Belgique et du Vif/L’Express qui maintenant attend avec impatience sa pension. Bon courage, bien chère plume…

    Commentaire par henripot — 24/03/2013 @ 10:59

  3. Point de vue très intéressant. Pour vous consoler, dites-vous que la presse française est en train de dépérir par défaut de contenus de qualité. Je serais curieux de connaître le nombre d’abonnés en France du NYT et du Guardian. Je parie qu’il ne cesse d’augmenter.

    Commentaire par St. A. — 24/03/2013 @ 11:52

  4. Aliocha découvre le capitalisme ! On peut vous appeler Martine (celle des albums) ?
    Comment croyez-vous que l’économie allemande fonctionne ?
    Avec beaucoup de « Tunisiens », rétribués au tarif tunisien, mais en Allemagne, et consommant en Allemagne.

    Vous vous adressez ici à beaucoup de non-journalistes qui ne connaissent pas trop ce métier et ses multiples facettes.
    En tant que journaliste de terrain passé employeur (puis rien), je m’estimais très mal rétribué et rétribuant très, très mal au tarif que vous indiquez.
    D’une part, parce que le terrain, c’est des frais, des déplacements, de longues heures, qui ne sont pratiquement jamais comptabilisées.
    D’autre part, parce qu’en tant qu’employeur, j’avais recours soit à des professionnels qui, comme moi, avaient fait de très longues études, disposaient d’une large expérience, lesquels, parfois, pouvaient pondre en s’appuyant sur leur seul savoir, assez rapidement, mais n’étaient pas rétribués tels de véritables experts.
    Ou, par exemple pour tests de logiciels, voire des suites, il fallait compter quelques jours de travail pour pondre trois-quatre feuillets (les illustrations, en captures d’écran soigneusement choisies, n’étaient pas rétribuées). Ou alors, il fallait aller voir un créateur (donc obtenir un rdv), connaître au préalable sa vie, son œuvre, &c., passer tu temps avec elle ou lui, et je vous en passe (vous, vous savez, votre lectorat pas forcément ce que cela représente).

    Ex chef de desk en agence de presse, je devais, en sus du reste, procéder à trois relectures pour la moindre dépêche (supposée relue par l’auteur et son chef de service), mais, là, j’étais bien payé. Mais même le secrétariat de rédaction classique, sachant que les correctrices et correcteurs ont disparu, peut être stressant…

    Cela brièvement exposé, je vais faire un saut total par dessus ce qui n’est pas détail, pour énoncer le postulat : dans la presse, plus on travaille, moins on est rétribué, moins on travaille, plus on est rétribué (surtout si les études ont été courtes, l’expérience peu experte, voir supra).

    Et si on peut ne pas rétribuer du tout, ou fort peu (par exemple à bidouiller à peine des dépêches ou ce que publie la concurrence à la chaîne, à faire des trains de communiqués de presse vaguement remaniés), selon que le titre se vende bien ou peu, qui rétribue peut s’en mettre vraiment plein les poches ou vivre assez confortablement (on a des titres où la ou le redchef fait à peu près tout, et ne pond pas qu’un éditorial, mais aussi des papiers, pour à peine deux fois le smic, et beaucoup, beaucoup d’heures non rétribuées, ni récupérées). Pour mon propre compte, vers la fin, j’étais rétribué même pas une fraction que ce que touchaient maigrement mes pigistes, voire rien : je fus un très, très mauvais capitaliste, j’ai fini par jeter l’éponge.
    La presse est l’un des secteurs où, parfois, le capitalisme est poussé à son summum. Top économie de temps et moyens pour certains, top efficacity, top profits (et peau de balle pour les autres).
    Vous confirmerez ou non, mais surtout, abstenez-vous si vous n’êtes pas allé voir dans divers types de presse, de titres, à périodicités diverses, ce qui vous prendra beaucoup, beaucoup de travail de terrain. Allez par exemple voir comment Jacques Richard (vieille connaissance) rentabilise le groupe Hersant fils en Suisse.

    J.-F. Kahn, rencontré récemment, dispense désormais des conseils aux patrons de presse via sa société ad hoc. C’est plus peinard.
    Comme, ancienne avocate, passée journaliste, vous ne pourrez faire de même avant longtemps ; mon conseil gratuit : passez un BTS de fraiseuse avant que les imprimantes 3D ne tarisse ce type de taf, puis déclarez seulement un Cap sur votre cv (c’est plus facile pour se faire employer) : vous vivrez pauvrement, mais décemment, au moins un temps.

    Ce qui ne vous empêchera pas d’écrire à vos moments perdus, gratuitement, pour vous délasser.

    Commentaire par Jef Tombeur — 24/03/2013 @ 13:04

  5. @Jef Tombeur : une revue, plus précisément un mook, m’a payé début février un papier de 25 000 signes…..300 euros en droits d’auteur. Le papier en valait facilement 1 600 (je parle de tarif, pas de valeur intrinsèque). Et encore, j’ai été payée parce que je me suis pointée physiquement dans les locaux pour exiger ce qu’on me devait depuis 3 mois. Maintenant, j’ai aussi des employeurs réglos et je leur rends hommage d’ailleurs au passage. Mon billet vise à alerter au niveau macro. Les éditeurs de presse ont depuis toujours la tentation de s’épargner les coûts de fabrication de l’information, Internet leur offre une manne, le rêve est devenu réalité. Faut faire gaffe, ça pourrait très mal tourner pour les journalistes mais aussi et surtout pour notre information à tous, et ça c’est grave.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/03/2013 @ 13:14

  6. Intéressant… parce que ce n’est pas propre à Marianne… Regardez ce qui se passe sur Médiapart qui enregistre une vraie « fuite des cerveaux » et un Blog-Rank en chute libre… tandis qu’assez peu de sites journalistiques collaboratifs résistent encore à la désaffection des auteurs (pour des raisons différentes) et des lecteurs…
    Ça me rappelle étrangement ce qui s’est passé dans les années 80/90 dans les entreprises de l’économie sociale, avec ou sans bénévoles… Presque paradoxalement, tant que les protagonistes, réunis autour d’un projet, doivent « conquérir le monde », tout va bien… Puis, dès qu’il s’agit de structurer l’histoire et de décider de la répartition des fruits des efforts, le projet collaboratif et social explose en vol… pour laisser place à des méthodes de management, de répartition des rôles et de distribution des « fruits », beaucoup plus « classiques »…
    Une constante de mes expériences dans le monde de l’économie sociale et des entreprises autogérées… qui explique d’ailleurs pourquoi, j’ai perdu quelques illusions sur la capacité des humains à pérenniser des entreprises sociales différentes…

    Commentaire par Incognitototo — 24/03/2013 @ 13:53

  7. @incognito

    C’est tellement vrai… dès que l’once d’un centime se pointe, les crocs poussent et tout le monde à tendance à se déchirer, ca fait même exploser des fratries au moment de l’héritage.
    Je l’ai vu dans le cadre d’association, dans le cadre d’entreprise, et même dans le milieu des profs… moi aussi je désespère du genre humain.

    C’est pour cela que je suis profondément anti-libéral : je veux des règles claires, dès le début, sur tous les sujets et qui gèrent tous les cas. Des trucs simples à comprendre mais justes et équitables pour tous, du président de la république au sdf en passant pour les « cadors » du cac40 et des entreprises soit disant publiques.

    Le monde n’est pas prêt pour le « laisser faire dieu reconnaîtra les siens. »

    @laplume

    Ce qui me désespère également c’est la disparition tellement facile du paysage : on devient rien très facilement et très rapidement. Pendant X années vous étiez important et puis du jour au lendemain.. pouf inconnu au bataillon, vous n’existez plus. Mise en abîme de sa propre finitude… brrrr..

    Commentaire par herve_02 — 24/03/2013 @ 14:32

  8. Je sais que c’est grave, Aliocha.
    D’un coté, une presse « officielle » qui attend que d’autres se mouillent (par exemple fassent un bouquin, un reportage télé) ou ne reprend que ce qui lui tombe tout cru sous la dent.
    De l’autre, une quasi bénévole ou trop rare.
    Prenons l’affaire Cahuzac. Comparons avec l’affaire Grégory (je sais, c’est incomparable, pas raisonnable).
    Mais quand même : des milliers de journalistes sur les bords de la Vologne d’un côté, que des reprises de Médiapart ou presque (hormis, peut-être Sud Ouest, qui a surtout « ambiancé » localement) de l’autre.
    Personne ou presque n’a vraiment creusé ; tout juste a-t-on tenté d’aller voir ce qui pourrait se passer en Suisse (ex. le récent entretien d’un banquier suisse avec Le Monde et La Croix, assez édifiant). Pas une seule, un seul envoyé spécial à Singapour pour au moins tenter de s’y casser les dents (et au moins rapporter un vague papier sur autre chose).

    Qu’a fait le Canard enchaîné sur Cahuzac si ce n’est de la reprise commentée ?
    Revisitez la couverture des opérations en Libye, voyez un peu les deux-trois petits tours et s’en vont au Mali.
    De plus, dans pas mal de rédaction, les journalistes de terrain sont écœurés : il faut pondre, alors au lieu de rencontrer les personnes, on essaye de les avoir au téléphone, ou on bâcle si on rencontre (à moins de prendre sur son temps libre, histoire de tenter de faire un bouquin, ou au moins, par empathie, rendre un vraiment bon papier, dans les limites des contraintes : écrire court, enlevé, &c.). L’investigation, l’approfondissement coûtent trop cher.

    En sus, pour la grande masse du lectorat antérieur, la presse est vraiment, vraiment trop chère : le prix « populaire » a disparu avec France Soir, peu peuvent s’acheter chaque jour Aujourd’hui en France. Voyez le métro : avant, beaucoup de gens lisaient des journaux payants. Constatez à présent.
    Mais les gratuits perdent énormément d’argent : ils sont d’ailleurs davantage feuilletés distraitement que lus. Même dans les trains ou avions, je vois davantage de gens écouter de la musique ou visionner, jouer, que lire de la presse.
    J’en suis d’ailleurs à me demander si le Crédit mutuel, plus gros patron de la PQR, n’entretient pas des danseuses avec l’argent des déposants ou épargnants (ce pourrait être un sujet pour vous, difficile à placer : c’est aussi un annonceur).

    Ce que je crains le plus : que l’intérêt même du métier, je veux dire l’intérêt intrinsèque, soit tenter de vraiment creuser en se rendant soi-même moins abusé pour tenter que les autres soient mieux informés, s’étiole. Beaucoup ont lâché, ou comme Aubenas (qui, si inconnue au préalable, n’aurait peut-être pas trouvé une maison d’édition), font des bouquins. Comme vous-même avec votre Kerviel. Au fait, il a marché correctement ?

    On a aussi un peu la caste politique et médiatique qu’on mérite et les syndicats qu’on consent : mais on ne mobilise guère des gens de plus en plus préoccupés par leur simple survie, ils ont quelques excuses.
    Bon, allez, tentons de rester un peu optimistes.

    Commentaire par Jef Tombeur — 24/03/2013 @ 14:59

  9. Jef,
    et à quoi servent les « honorables » correspondants à l’étranger ?

    Commentaire par zelectron — 24/03/2013 @ 15:02

  10. Bonjour Aliocha,

    Navré pour vous pour cette expérience malheureuse mais soyez rassurée; votre blog continuera à avoir des lecteurs assidus, n’en doutez pas, l’onction de « Marianne » n’étant en rien indispensable (j’ajouterai que dans mon cas, ce serait plutôt un repoussoir). Quant aux comportements que vous dénoncez, quoi attendre de ce qu’est devenu la presse française.

    @ hervé 02

    Pour tenter de dissiper chez vous ce qui semble être un grossier malentendu sur ce qu’est réellement le libéralisme, voici ce qu’en écrit Mario Vargas Llosa dans « Les enjeux de la Liberté » en 1991: « …la liberté de commercer et de produire ne sert à rien sans un ordre légal strict qui garantisse la propriété privée, le respect des contrats et un pouvoir judiciaire honnête, capable et totalement indépendant du pouvoir politique. »
    Je crois, et suis bien placé pour le savoir, que notre pouvoir judiciaire est honnête mais quand les pouvoirs politiques successifs s’ingénient à lui couper les ailes (entre autres à travers un budget alloué inférieur à celui du ministère de la culture ou en vilipendant, dès que l’occasion se présente, les actions de ceux ou celles chargés d’appliquer la loi avec la complicité servile et docile de quelques pisseurs de copie en mal de notoriété…), ne soyez pas étonné de vivre la situation actuelle. La propriété privée est sans arrêt bafouée par ceux-la même chargés de la défendre (demandez aux propriétaires d’appartements ou de maisons indument occupés ou en attente de loyer ce qu’ils pensent de la pertinence et de l’efficacité de l’action publique. La crise du logement n’a pas d’autres raisons). On ne compte plus les lois intrusives dans la sphère privée au nom d’un prétendu bien commun (la crise de Chypre en est un vivant exemple). Une bonne partie du mal-être actuel n’a pas d’autre cause, c’est tout mais c’est triste. Je ne saurai trop vous conseiller, afin de dissiper ce malaise, la lecture du livre de Daniel Tourre « Pulp Libéralisme » publié aux éditions Tulys (http://editions-tulys.fr/) ou bien celle des ouvrages posthumes de Frédéric Bastiat (http://bastiat.org/fr/) qui, bien qu’écrits sous le seconde république, restent d’une brûlante actualité (au passage, je vous signale que Bastiat était classé à gauche de l’hémicycle à l’époque ce qui démontre bien que le Libéralisme est loin d’être une stricte émanation d’une Droite, socialiste dans son action quotidienne, par opposition à une Gauche, qui a fait de l’étatisme son principal cheval de bataille, le tout avec les conséquences que l’on vit actuellement). Comprenez bien que l’une comme l’autre seront toujours d’accord sur un point, l’exercice de la Liberté, ça dérange trop les petites magouilles entre amis.

    Bon dimanche

    Commentaire par H. — 24/03/2013 @ 15:45

  11. [HS]Tiens, j’ai vu cette semaine que vous étiez rédactrice à la Lettre des juristes d’affaires… Et que vous en aviez profité pour y « recaser » un article sur le procès Picano-Nacci 😉 Bonne continuation, là-bas ou ailleurs.[/HS]

    Commentaire par VilCoyote — 24/03/2013 @ 16:00

  12. Aliocha « Les éditeurs de presse ont depuis toujours la tentation de s’épargner les coûts de fabrication de l’information, Internet leur offre une manne »

    et Jef Tombeur
    ce que vous dîtes est certainement aussi vrai qu’inquiétant.

    Bien sûr qu’avec internet et la culture du gratuit la concurrence devenant tellement déloyale face aux coûts de production que non seulement la presse, mais le livre, le disque, la photographie, et tous les secteurs de la culture sont gravement menacés, certains à bout de souffle, d’autres déjà effondrés.
    En Italie Le Corriere della Sera, le plus grand quotidien avec la Repubblica, licence la moitié de ses employés. Ici même Aliocha, vous ne cessez de dénoncer les trucs à sensation de telle ou telle publication, qui plonge dans le scandale et le people pour faire bouillir la soupe dans une marmite à fonds percés.

    Votre témoignage Jef Tombeur, est implacable, et ne laisse pas beaucoup de place à l’optimisme et aucune à la réfutation.

    Mais regardez Wikipedia a détruit le secteur entier des encyclopédies (c’est pourquoi je ne cite jamais de référence à cette publication gratuite et médiocre : elle est à la presse professionnelle ce que sont les gratuits, de la sous-production participant du nivelage par le bas ; de même que je n’achète jamais de livres sur Amazon…) et tout ce qui peut se produire et se reproduire gratuitement sur internet aura le même effet dans tous les secteurs.

    Le gratuit est le tombeau des productions culturelles et oeuvres de l’esprit. Le moyen d’accès change, le lecteur change, les exigences changent, du moins pour le grand nombre et par delà le citoyen change. Les enfants sont accrocs aux écrans dès le biberon à l’adolescence, qui commence dès 8 nas, ils ne lâchent pas d’un mm leur i-phone sur lequel ils sont en permanence en train de bidouiller quelque chose : liront-ils encore demain ? Les textes / ouvrages à lire sur écran vont ruiner tous les secteurs du livre et tous ses acteurs jusqu’aux librairies de quartier.

    Regardez ce que dit Ph. Roth dans un entretien au Monde des Livres du 14/2/13

    « La lecture, sérieuse ou frivole, n’a pas l’ombre d’une chance en face des écrans … Parce que la gratification que reçoit l’individu qui regarde un écran est bien plus immédiate, plus palpable et terriblement prenante…. La lecture sérieuse n’a jamais connu d’âge d’or en Amérique, mais personnellement, je ne me souviens pas d’avoir connu d’époque aussi lamentable pour les livres – avec la focalisation et la concentration ininterrompue que la lecture exige. Et demain, ce sera pire, et encore pire après-demain. Je peux vous prédire que dans trente ans, sinon avant, il y aura en Amérique autant de lecteurs de vraie littérature qu’il y a aujourd’hui de lecteurs de poésie en latin. »

    Le problème ne se borne pas à la presse, c’est toute la vie de l’esprit qui subit les secousses d’un tremblement de terre dont on ne sait dans quel état se trouvera ce qui se relèvera, car si tout n’est pas écroulé tout est atteint.

    Heureusement il reste Farnce-culture (et même France-Inter), services publics. Je ne pourrais pas vivre sans France-culture. Mais quand j’ai vu ici même quelqu’un, sans doute un lecteur du Figaro aigri au stade avancé, traiter cette radio de « radio Moscou », je me suis dit que les forums sur internet et les commentaires de blogs, décidemment .. étaient une belle illusion.

    Commentaire par KingArthur — 24/03/2013 @ 17:03

  13. @Vous êtes bien naïf de croire que tous les êtres humains sont objectifs ! chacun de nous traîne sa part de subjectivité et ce n’est pas parce que tel ou tel service est payant (y compris radio d’État) voire encyclopédies que nous pouvons avoir toute confiance dans les écrits ou paroles échangées. Wikipedia puisque vous le nommez est effectivement dangereux dans la mesure où certains se permettent subrepticement de « réécrire l’histoire » y compris contemporaine, c’est un comble ! Cela ne garantit nullement la fiabilité d’autres ouvrages. Pour ma part j’en consulte plusieurs de telle façon que je puisse me « forger » une opinion « provisoire » mais pratiquement jamais définitive. C’est Einstein qui disait qu’on reconnaissait un certain degré l’intelligence en ce qu’elle doute ?
    Entre parenthèse, la radio d’État puisque vous en parlez est phagocytée par la gauche depuis l’intervention du CNR après la libération, ceci accepté par de Gaulle et renforcé par Georges Fillioud parfait ministre de la propaganda sous Mitterrand.

    Commentaire par zelectron — 24/03/2013 @ 17:23

  14. @king – lol

    C’est faire une croix sur 2000 ans d’histoire dans laquelle seulement les 50/100 dernières années ont vu l’avènement de l’industrie au coeur de la « création » artistique, littéraire, musicale, intellectuelle et ou ces secteurs sont devenus avant tout une affaire de pognon. Pas de culture, de pognon, une mode et comme toute les modes, c’est destiné à disparaître.

    Si vous fréquentiez les maisons des jeunes, les trucs de quartiers, les assocs, il y autant de groupes qui jouent de la musique aujourd’hui qu’il y a 50 ans, même plus, car ils peuvent le faire tout seul avec 2 ordis et une cam à 50 euros, 1000 fois plus pour le « cinéma », de plus en plus de lambda publient des trucs, des billets d’humeur, des blogs, des nouvelles, des « romans », des histoires, des cours, des exercices, des explications, des dessins, des photos… Sur internet il y aurait un truc comme 1 000 milliards de pages, même si seulement 0,1% sont intéressantes, c’est plus que tout ce qui a du être imprimé depuis que l’imprimerie existe.

    La société change, c’est juste cela et ceux qui avait pris l’habitude de s’être taillé une place au soleil, à dominer les autres, quitte à soudoyer de droites et de gauches pour se faire voter des lois sur mesure, voient leur eldorado fondre… je suis super triste pour eux.. en fait non, c’est comme la mondialisation : que le meilleur, le moins disant, le moins cher gagne ? chiche ?

    les grands noms de la littérature d’il y a 300 ans, ils faisaient comment sans industrie ? sans marché ? sans mondialisation ?

    et parler de lecteur du figaro aigri, superbe mise en abîme du commentaire.

    Commentaire par herve_02 — 24/03/2013 @ 17:31

  15. Eh, j’ai croûté de l’Universalis (je ne trouvais plus de piges, je suis devenu un temps correcteur), mais j’ai contribué un peu à Wikipedia, bénévolement, bien sûr. Donc, KingArthur, tout comme Aliocha qui écrivait gratos pour Marianne, nous avons toutes et tous nos contradictions.
    Je fais d’ailleurs de l’ombre, bénévolement, à des écrivaines ou écrivains (voire traducteurs) publics qui, parfois (c’est le cas de russophones sachant peu écrire le français) font un travail rétribué, et bien, mais franchement en dessous de tout.
    Les correspondant-e-s à l’étranger ont été évoqué-e-s dans cette discussion. Généralement, ce ne sont plus que des pigistes multicartes qui tentent de croûter. Hormis pour des titres financiers, je n’en imagine pas beaucoup à Singapour, vu le coût des loyers.

    Pour Zelectron. Certes, la gauche avait remis en selle un ministère de l’information (rattaché depuis à la Culture). Mais franchement, je ne trouve pas trop que France Ku ou Mu se soient vraiment améliorés depuis. On a quand même fait pire sous Sarkozy avec Val et tout le pognon mis pour l’épouse Kouchner, histoire de répartir autrement les crédits. J’ai l’impression qu’il s’agissait plus, à l’époque, d’affaires de fréquences de radios libres que de vraiment museler le service public. Mais je ne te contredis pas totalement.

    Commentaire par Jef Tombeur — 24/03/2013 @ 17:36

  16. @Jef Tombeur,
    1) Cites moi les radios libres de droite qui sont restées …
    2) Exact Sarko est loin d’être blanc bleu, mais lui c’est un psychiatre qu’il devrait consulter à moins que ce soit le psy qui devienne névrosé ?

    Commentaire par zelectron — 24/03/2013 @ 17:42

  17. @King Arthur : « Mais regardez Wikipedia a détruit le secteur entier des encyclopédies (c’est pourquoi je ne cite jamais de référence à cette publication gratuite et médiocre : elle est à la presse professionnelle ce que sont les gratuits, de la sous-production participant du nivelage par le bas »

    La tentation de l’analogie est grande : Les journaux gratuits sont mauvais, Wikipedia gratuit donc est mauvais aussi. Sauf qu’il y a une grosse différence : les journaux gratuits ne sont pas gratuits. Ils sont payés par la pub, qui est incluse dans le prix des produits que nous achetons. Alors que Wikipédia est réellement gratuit (moyennant les coûts de connexion). Les journaux gratuits sont certes mauvais, pour ceux que j’ai lus, mais c’est loin d’être le cas de Wikipédia, notamment sur la partie scientifique.

    Commentaire par kuk — 24/03/2013 @ 18:10

  18. @kuk
    C’est vrai la partie scientifique de Wikipedia est excellente et à jour (surtout en anglais) quelques insertions un peu tendancieuses du genre publicité cachée mais on fait vite le tri.
    C’est sur le plan politique que tout se gâte et religieux bien entendu…

    Commentaire par zelectron — 24/03/2013 @ 18:14

  19. « Wikipedia gratuit donc est mauvais aussi »
    Non la conséquence n’est pas bonne.

    Wikipedia est gratuit, c’est un fait, parce qu’il est composé comme on le sait par des gens non rémunérés, des amateurs qui écrivent gratuitement. Pas des professionnels, c’est sûr.

    Wikipedia est mauvais, ce que je constate, parce qu’il est composé au gré des vents et du hasard des quiddams qui passent par là et de leurs envies et qui ne sont pas des savants ou de bons connaisseurs qualifiés, à la différence de ce qu’il en est dans les encyclopédies traditionnelles. Ils peuvent aussi bien être fort peu compétents et ses articles sont truffés des opinions des rédacteurs, par définition.

    Pour les articles de sciences exactes en effet c’est difficile d’inventer donc généralement ça va, ce sont des reproductions d’autres documents.
    Mais pour les sciences humaines et sociales, la politique, les sujets contemporains ça se gâte vraiment car chacun sur Wikipedia peut mettre son grain de sel, apporter sa petite manière de voir et de croire, d’autant plus que les articles sont des collages par petits bouts, et ne se croit pas astreint à respecter les méthodes et exigences des sciences humaines où de toute façon la plupart des questions sont sujettes à débats, mais avec tout de même des exigences de démonstration. Pas à Wikipedia où tout est possible, tout peut s’écrire et les trucs les plus farfelus s’y écrivent effectivement . Les théories du complot et visions conspirationnistes y ont une large place et toutes les thèses alternatives et illuminées peuvent s’y trouver et s’y trouvent, dès qu’on sort du secteur des maths et de la physique.

    Et c’est au contraire avec sa publicité : c’est gratuit donc c’est bon que Wikipedia est devenu un mastodonte qui a écrasé tout sur son passage pour le domaine des encyclopédies en particulier.

    Commentaire par KingArthur — 24/03/2013 @ 19:02

  20. Vous êtes naïve Aliocha, et c’est parfois un signe de santé mentale. Mais l’esclavage s’est modernisé et il s’est réinstallé sous d’autres formes dans les grandes et petites sociétés.
    Les historiens vous diraient que l’esclavage est la meilleure forme économique et que l’empire romain s’est effondré en raison même de la diminution de l’économie basée sur l’esclavage.

    Commentaire par Dorine — 24/03/2013 @ 19:32

  21. Pour info. Blogueur associé comme toi, je suis parti de Marianne en 2010 pour les mêmes raisons et d’autres (sentiment de passer pour une poire à contenu et sans aucun avantage en retour, même pas en trafic). La nouvelle équipe m’a proposé d’y revenir en janvier 2013… Toujours pas payé. Ce qui m’a interrogé vu que, entre temps, j’ai dû écrire 10 articles sur le sujet de « l’économie de la gratitude » comme l’a nommée Vogelsong. J’ai donc refusé. On ne travaille pas pour rien dans une entreprise commerciale.

    Commentaire par sebmusset — 24/03/2013 @ 19:51

  22. @Vil Coyote : je ne « profite » pas, je ne « recase » pas et je ne suis pas rédactrice mais journaliste. Mes employeurs connaissent ce blog. Quand ils me commandent un article, je leur livre un texte original, ici, il n’y a que des rushs, des choses qui justement sont en dehors de mon travail. C’est parce que j’ai cette approche éthique de mon activité professionnelle qu’on m’emploie et c’est pour cette même raison que certains, dont Marianne, se croient le droit de m’exploiter.

    @Dorine : naïve, je ne crois pas. Propre, simplement, et comme beaucoup de mes confrères, je bosse par passion, en essayant de vivre de mon métier, pas pour gagner du fric. En ce sens, je suis naïve sans doute face aux requins, mais normale au milieu de l’immense majorité des gens honnêtes.

    @Sebmusset : tu as fort bien fait de refuser avec la nouvelle équipe. Entre nous, s’ils t’ont demandé cela en janvier dernier, j’en déduis que le fantasme d’alimenter le site uniquement avec une rédaction papier déjà bien occupée sur l’hebdo a du se heurter à la dure réalité. Ce qui conforte mon raisonnement sur l’utilisation de contenu gratuit pour s’économiser des frais de journaliste salarié ou pigiste. Je n’attendais rien de cette collaboration, en revanche, le limogeage sans un mot d’explication est parfaitement répugnant. Note – je sais que tu ne seras pas d’accord sur ce point – c’est assez révélateur de l’état d’esprit de la presse de gauche. Le coeur est à gauche, le portefeuille bien à droite. Qu’on me permette de préférer la presse de droite, elle a le mérite infini de la cohérence. D’ailleurs un grand spécialiste de la rhétorique me confiait jeudi soir en s’appuyant sur Aristote qu’en démocratie, on ne pouvait pas reprocher à l’autre ses convictions, le seul argument pour coincer éventuellement un adversaire c’est l’incohérence. Je suis bien d’accord avec lui. Ce petit épisode me concernant est emblématique des incohérences de Marianne. En particulier de la nouvelle ligne éditoriale qui a remplacé le républicanisme de JF Kahn par un militantisme gauche caviar parfaitement insupportable. A mon avis…

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/03/2013 @ 21:21

  23. @KingArthur:

    Qui vous dit que les articles de Wikipédia, du moins sur certains sujets, ne sont pas écrits par des professionnels? (cf ceux d’Alain Riazuelo sur l’astrophysique)

    « Pour les articles de sciences exactes en effet c’est difficile d’inventer donc généralement ça va, ce sont des reproductions d’autres documents. »

    S’il s’agissait de reproductions d’autres documents, ce seraient des contrefaçons; il y aurait certainement eu des réclamations, voire des actions judiciaires.

    Vous confondez « reprendre les théories, l’état de l’art et des connaissances, sans ajouter d’inventions personnelles » et « reproduire d’autres documents ». Les ouvrages de cours scientifiques, eux aussi, reprennent les théories, l’état de l’art et des connaissances et n’ajoutent d’inventions personnelles des auteurs qu’à la marge (les exercices, parfois une preuve mathématique plus élégante que celles dans d’autres ouvrages). Personne ne songe pour autant à considérer que ces ouvrages sont des reproductions, des plagiats.

    Commentaire par DM — 24/03/2013 @ 22:10

  24. @KingArthur & DM
    J’ajouterais que le nombre de rubriques est sans conteste plus que largement supérieur à quelque encyclopédie que ce soit et qui plus est à plus forte raison multilingue. La mise à jour des documents technologiques et scientifiques en particulier se fait presque instantanément (il faut au minimum un an à une édition papier pour se mettre à jour (ne prenons même pas pour exemple le dictionnaire de l’académie française qui met un temps énorme parfois pour accoucher d’une souris, de qualité certes mais une souris tout de même 🙂 )
    Reconnaissez aussi que les discutions restent en ligne surtout en cas de désaccord et que tout un chacun peut y accéder pour exprimer son point de vue. N’oublions pas que certains contributeurs/modérateurs sont issus de corps scientifiques de premier ordre dans tout les domaines.
    Pour en revenir à notre sujet l’invasion des « quidam » a modifié la donne, il est bien tôt pour en tirer des conclusions sauf quelques tendances et des dégâts personnels douloureux.

    Commentaire par zelectron — 24/03/2013 @ 22:39

  25. @King Arthur : Soit. C’est votre parallèle avec les journaux gratuits qui incitait à établir un lien de cause à effet entre gratuité et médiocrité. Mais les mécanismes à l’œuvre et la variété des résultats me paraissent trop différents pour que l’analogie soit pertinente. Si ce n’est que le gratuit pousse le consommateur à consommer gratuit, et à s’en contenter, à ne pas chercher à voir ailleurs. On peut aussi y voir un défi : serez-vous prêt à faire tellement mieux que le gratuit et qui justifie le prix que vous demandez. Pour les journaux gratuits, je réponds oui sans problème (malgré les difficultés de la presse actuelle à faire autre chose que de la reprise de dépêches), pour l’encyclopédie, sûrement que oui, mais alors elles seraient hors de portée du quidam moyen que je suis en terme de prix, vu le boulot à effectuer et la qualité du gratuit existant.

    Commentaire par kuk — 25/03/2013 @ 04:50

  26. Les journalistes ne sont pas objectifs donc tous les événements relatés le sont en fonction de leurs opinions. Résultat :allez vous même sur place faire le constat et les vérifications ou prenez deux avis contraires et pesez le pour et le contre.
    Ainsi que les comédiens cultivent le navet alimentaire beaucoup de journalistes qui cherchent à continuer leur style de vie se vendent au plus offrant .
    Rien qui ne soit très humain . Mais pour avoir la vérité par exemple sur la dernière manif parisienne rien ne vaut le fait d’y avoir assisté et là on mesure l’influence gouvernementale sur toutes les autres « informations » qui circulent .. Ça permet de bien relativiser.

    Commentaire par Scaramouche — 25/03/2013 @ 12:59

  27. @Aliocha :

    Je venais juste pour mettre un petit lien, sur le côté « visibilité » comme monnaie d’échange : un blog collaboratif pour les métier de création (illustrateurs, auteurs, graphistes, musiciens, etc.) qui recense toutes les propositions indéfendables qu’on leur fait régulièrement (je ne pensait pas que ça pouvait exister chez vous également comme argument) http://salut-l-artiste.tumblr.com/ Votre calcul sur la valeur de la reprise de contenu par Marianne y aurait toute sa place.

    Puis j’ai eu qd même envie de réagir à des propos que je ne pensais plus entendre sur Wikipedia.

    @King Arhtur :

    Non l’encyclopédie n’est pas le résultat d’un travail où n’importe qui peut écrire n’importe quoi. Si effectivement tout le monde peut participer, les articles sont discutés et doivent être argumentés et référencés pour être validés. Je ne suis pas moi-même wikipédien au sens de participant à son élaboration, mais vous il me semble que vous confondez le « gratuit » et la philosophie du « libre » à laquelle se rattache Wikipedia. N’oublions pas que l’enrichissement de la connaissance se fait aussi par la libre circulation des idées, qui est aujourd’hui bien entravée par les attaques contre le domaine public par exemple (cf http://www.savoirscom1.info)

    J’avais envie d’en dire plus mais DM en a déjà (bien) dit une partie. Que les théories du complots et autres y figurent (pour ce qu’elles sont) en tant que théories produites de l’ « intelligence » humaine c’est normal : c’est là la vocation « encyclopédiste » qui est également dévolue aux bibliothèques par exemple. Mais dire que Wikipedia est « composé au gré des vents et du hasard des quiddams qui passent par là et de leurs envies » c’est faire preuve d’une bonne dose de mauvaise foi et ignorer ce qu’est son fonctionnement, qui ressemble plutôt à une des meilleures productions contemporaine de l’ « intelligence collective » (attention, jugement de valeur).

    Quant à sa fiabilité, elle est et doit effectivement être discutée, mais je crois pas que le projet ait à en rougir. Voici quelques leins à ce propos :

    http://blog.france5.fr/le-vinvinteur/tag/wikipedia-fiable/
    http://afp.google.com/article/ALeqM5igaKZXoOYrr6jInTvWFLG462KZJQ
    http://www.zdnet.fr/actualites/des-etudiants-francais-mettent-la-fiabilite-de-wikipedia-a-l-epreuve-39371196.htm
    http://blog.var21.fr/2010/12/la-fiabilit%C3%A9-et-lint%C3%A9r%C3%AAt-de-wikip%C3%A9dia.html

    Alors effectivement il ne faut pas s’en contenter comme source unique à la fiabilité irréprochable, mais ça reste une porte d’entrée unique et facilement accesible pour commencer à explorer un sujet.

    Bien à vous.

    Commentaire par Gwynplaine — 25/03/2013 @ 14:11

  28. Quand une profession de plus en plus précarisée (auteur bd) décide de se prendre en mais pour monter des projets, main dans la main avec une autre profession de plus en plus précarisée (journaliste), en faisant d’une juste rémunération des auteurs un fer de lance ça donne ça : http://larevuedessinee.blogspot.fr/2013/01/la-revue-dessinee-en-dix-questions.html

    Le site : http://www.larevuedessinee.fr/

    Soutenir : http://fr.ulule.com/la-revue-dessinee/

    P.S. : non Aliocha ce n’est pas du harcèlement 😉 , c’est de la concordance d’actu avec un des thèmes de votre billet : la rémunération.

    Commentaire par Gwynplaine — 25/03/2013 @ 15:43

  29. Juste un mot sur Wikipédia : ce n’est pas gratuit… Les contributeurs et les lecteurs paient des millions chaque année pour faire tourner le site, financer des projets, des conférences, des ateliers, etc. C’est loin d’être gratuit donc, mais on peut dire que ce n’est pas cher en tout cas.

    Sinon, d’accord sur le fait que les articles de politique, mais aussi sciences humaines, littérature, philosophie, etc. sont au mieux médiocres, avec quelques rares exceptions, mais souvent c’est à se taper la tête contre les murs.

    Commentaire par totoro — 25/03/2013 @ 17:59

  30. @Totoro : c’est financé par des dons mais la consultation est gratuite, c’est quand même ça la base du mot « gratuit » non ?

    Commentaire par graphiclines — 25/03/2013 @ 18:08

  31. @ graphiclines : c’est vrai, mais c’est une fausse impression, puisque si les personnes qui consultent le site ne donnaient pas d’argent, il n’y aurait pas de site. Bien sûr, ce n’est qu’une partie qui donne, mais cela représente des millions chaque année. Dire que c’est gratuit est un raccourci trompeur.

    Commentaire par totoro — 25/03/2013 @ 19:17

  32. Hors sujet, juste pour le plaisir de vous faire partager l’origine du terme journalistique « marronnier » http://www.ge.ch/grandconseil/service/marronnier.asp#passion

    Commentaire par Nathalie — 25/03/2013 @ 21:06

  33. Bonjour,
    Bon je suis complètement HS mais concernant l’affaire Kerviel et votre livre, avez-vous eu l’occasion de prendre connaissance et répondre aux

    allégations d’Olivier Fluck (http://olivierfluke.canalblog.com/archives/2012/06/21/24549110.html) ?

    Commentaire par argone — 27/03/2013 @ 15:05

  34. Où avez vous vu que Marianne était un journal de gauche ?

    Commentaire par Gilbert Duroux — 31/03/2013 @ 18:58

  35. […] connaissais Philippe depuis 2008. Blogueur anonyme, pas proche. Philippe m’a accueilli sur Marianne2.fr quand il en animait la rédaction en chef. Il m’a aiguillé. Je resté blogueur anonyme, je […]

    Ping par Merci Philippe Cohen | Les Coulisses de Juan — 21/10/2013 @ 10:28


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