La Plume d'Aliocha

15/02/2013

Périlleuse stupidité

Filed under: Affaire Kerviel,questions d'avenir — laplumedaliocha @ 09:56

« Ne réfléchissez pas, faites votre travail ! » telle serait la maxime en vogue actuellement dans le management. C’est en tout cas ce que rapporte Sophie Peters, éditorialiste à La Tribune, dans un article où elle évoque une récente étude sur la crise financière dans La City rédigée par les professeurs Andre Spicer (de la Cass Business School, qui fait partie de l’université City University de Londres) et Mats Alvesson (de l’université de Lund, en Suède). La réflexion ralentit l’action, c’est bien connu. Par conséquent, il s’agit en quelque sorte de « lobotomiser » les salariés pour huiler la machine et assurer son fonctionnement optimal. Et cela, y compris dans les banques où l’on se vante pourtant d’embaucher des salariés de très haut niveau. L’auteur appelle cela le management par la stupidité.L’article n’est pas forcément très clair, mais le développement de cette culture de la stupidité parlera, j’en suis sûre, à tout le monde. Et puisque l’affaire Kerviel revient sur le devant de la scène, je saisit l’occasion pour m’en servir d’illustration. Rappelons que dans cette affaire la Société Générale affirme n’avoir pas été au courant des investissements de Jérôme Kerviel. Ce qui a été entériné par le tribunal correctionnel de Paris puis confirmé par la Cour d’appel. « On se moque de nous », songe le public. « Quand j’ai 300 euros de découvert, la banque m’appelle et Jérôme Kerviel, lui, aurait investit deux fois 30 milliards en 2007 puis 50 milliards dans les 18 premiers jours de 2008 sans que personne ne voit rien ? Absurde ! »

Mon métier n’est pas de comprendre les problèmes…

Hélas non, ce n’est pas absurde et c’est bien le vrai scandale de cette affaire. Dommage qu’il se soit trouvé occulté par l’agitation médiatique. Les juges ont suffisamment décrit les techniques de dissimulation utilisées par le trader, je n’y reviens pas, pour ceux que ça intéresse, l’affaire est décortiquée par le menu dans l’arrêt de la Cour d’appel de Paris, ici. Aux dires de la Commission bancaire (aujourd’hui rebaptisée ACP), qui a infligé 4 millions d’amende à la banque pour défaut de contrôle interne, les moyens utilisés par Jérôme Kerviel n’étaient pas particulièrement sophistiqués. En clair, ils auraient été détectés si le contrôle interne de la banque avait été à la hauteur, ce qui n’était pas le cas. Mais une fois qu’on a dit cela, on n’est pas encore au coeur du sujet. Pour vraiment comprendre, il faut se rapporter aux explications des contrôleurs devant l’inspection interne de la banque puis le juge d’instruction. Car évidemment on leur a demandé comment ils avaient traité les alertes déclenchées régulièrement par le trader (plus de 70 en quelques mois) et pourquoi celles-ci n’avaient pas débouché sur des investigations plus poussées.

Voici en substance ce qu’a répondu une salariée du back office à qui Jérôme Kerviel aurait remis une note de produit en finnois pour expliquer l’une de ses opérations détectée par le système.

Question : avez-vous compris les explications de Jérôme Kerviel en réponse à l’alerte que vous avez traitée ?

Réponse : non, mais le manuel de contrôle interne ne me demande pas de comprendre, il me demande d’enregistrer la réponse.

Question : pourquoi n’avez-vous pas informé votre hiérarchie ?

Réponse : Parce que ce n’est pas prévu par la procédure.

L’inspection interne de la banque confirme dans son rapport que la salariée dit vrai.

Par la suite, le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke interroge le responsable du service.

Question : pourquoi vous être contenté des explications apportées par le trader et n’avoir pas cherché plus loin ?

Réponse : parce qu’à l’époque je considérais que mon travail n’était pas de comprendre les problèmes en profondeur, mais de faire taire les alarmes, je m’aperçois rétrospectivement que j’ai eu tort.

Dans le cadre de mon enquête sur l’affaire Kerviel, je suis allée consulter de nombreux spécialistes. L’un d’eux m’a expliqué des choses absolument glaçantes. En substance, pour gérer de très grands groupes, il faut mettre en place des procédures internes. Seulement voilà, ces procédures qui décrivent par le menu les fonctions de chacun ont un effet pervers, elles déresponsabilisent tout le monde. A commencer par le dirigeant d’entreprise qui peut dormir sur ses deux oreilles, il a sollicité les meilleurs consultants du monde, mis en place les meilleures procédures, sa responsabilité est blindée. Les salariés aussi car ils n’ont pas à réfléchir ou à faire preuve d’initiative, ils appliquent les consignes, c’est tout ce qu’on leur demande. Et ce spécialiste d’ajouter : le salarié qui sortirait de la procédure pour poser une question, loin d’être méritant, serait considéré au contraire comme le grain de sable qui va désorganiser la machine, faire perdre du temps et ennuyer tout le monde. Ce spécialiste ne connaissait de l’affaire Kerviel que ce qu’en disaient les médias, mais il me décrivait à l’évidence la situation avec une grande lucidité si l’on se rapporte aux échanges mentionnés ci-dessus.

Mortels process

Ce triomphe de ce qu’on nomme les « process » sur l’intelligence des salariés s’observe dans d’autres domaines. Par exemple dans le contrôle légal des comptes, c’est-à-dire la vérification par des professionnels de l’exactitude des comptes des entreprises. L’un de mes amis commissaire aux comptes a vendu récemment son cabinet, une petite firme de quelques dizaines de salariés, à l’un des 4 géants mondiaux de l’audit et du conseil. Il travaille désormais au sein du mastodonte et confie sans difficultés l’admiration qu’il ressent devant la qualité des professionnels qui y exercent et l’organisation de ce type de structure. A une réserve près. « Un jour je suis allé voir l’un de mes nouveaux associés pour lui parler d’une boite dont je vérifie les comptes depuis des années, raconte-t-il. Il me semblait utile de lui relater l’histoire de l’entreprise et de son dirigeant pour qu’il comprenne la société en profondeur. Il m’a répondu : ce n’est pas le problème, as-tu rempli le dossier, coché les cases, appliqué la méthodologie ? ». Ces firmes n’ont pas le choix, elles vendent une signature, ce qui leur impose de développer des méthodologies assurant le même niveau de qualité et de sécurité de leurs prestations dans le monde entier.  Il ne s’agit donc pas ici de sombrer dans la dénonciation facile. On peut toutefois s’interroger sur des systèmes d’organisation, de contrôle et de management qui privilégient les procédures sur l’intelligence humaine. Et il est sans doute temps de se demander s’il ne conviendrait pas de repenser ces systèmes. Car en se privant d’une partie des ressources intellectuelles des professionnels, on prend le risque de voir surgir de nouvelles affaires Kerviel. Il y a de fortes chances aussi que l’on rende la tâche des salariés bien terne, quand elle ne devient pas franchement absurde, ce qui nous renvoie à la question de la souffrance au travail…

Note : Jérôme Kerviel a déposé un pourvoi en cassation, sa condamnation n’est donc pas définitive. Pour ceux que l’affaire intéresse, les références du livre publié en mai 2012 où je raconte le dossier depuis l’embauche du trader en 2000 jusqu’à sa condamnation en 2010 sont ici.

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86 commentaires

  1. L’économie se serait-elle militarisée au pire sens du terme ? oui, mon caporal chef!

    Commentaire par zelectron — 15/02/2013 @ 10:09

  2. Brillant billet… qui pourrait s’appliquer à beaucoup d’entreprises ou collectivités. L’éthique personnelle et la responsabilité se diluent paradoxalement plus on grimpe dans la hiérarchie. On nous parle de la crise, crise économique, sociale, politique, de civilisation… Parfois je me demande si on ne serait pas moins « en crise » si tout le monde faisait « intelligemment » son boulot.

    Commentaire par eczistenz — 15/02/2013 @ 10:22

  3. Très intéressant… et très vrai.

    Une piste de réflexion est celle de la responsabilité juridique. Les cabinets d’audit sont emblématiques. La loi leur impose une obligation de moyen, pas de résultat. C’est probablement une bonne chose mais ça a un terrible effet pervers. Ca redéfinit les priorités et finalement le métier de l’auditeur. Ce n’est plus de trouver les erreurs ou falsifications, c’est de démontrer qu’on a appliqué les bonnes diligences, les bons processes.

    Je ne sais pas comment corriger cette dérive. On retrouve effectivement la même dans la banque mais aussi dans la pharmacie, l’agroalimentaire… La régulation transforme une obligation de résultat en obligation de moyen,et les organisations s’adaptent aux nouvelles contraintes.

    Enfin, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la plus grosse organisation de toutes, l’Etat, est celle qui développe le plus ces effets pervers. Allez discuter avec des flics aujourd’hui, c’est édifiant. Il ne sont plus gardiens de la paix mais pousseurs de papier.

    Commentaire par Lib — 15/02/2013 @ 10:35

  4. Billet intéressant, merci Aliocha, une seule petite réserve : je trouve que c’est un raccourci trompeur d’opposer « procédures » et « intelligence humaine » ; celles-ci sont toujours issues de celle-là.

    La question esn’est pas de ne pas faire de procédures (ce que vous ne préconisez pas d’ailleurs) pour laisser sa place à l’intelligence humaine, mais de ne pas sacraliser les procédures, pour que chaque salarié(e) garde son esprit critique et sa capacité de questionnement. L’embauche de grosses têtes devrait normalement permettre que les procédures soient considérées avec recul, mais encore faudrait-il que les dites grosses têtes ne soient pas formées qu’en maths et finance, mais aussi en philo, éthique… voire en bon sens si possible.

    J’aime bien la comparaison de zelectron avec l’armée : celle-ci, sans avoir encore réglé le problème (voir le procès récent des tueurs du « coupeur de route »), l’a au moins identifié depuis assez longtemps : doit-on obéir à un ordre manifestement illégal ? ou autrement posé : peut-on désobéir à un ordre illégal ?

    Commentaire par Hub — 15/02/2013 @ 10:46

  5. @Hub : ici on est plus dans le concept de conformité que de légalité, sortir des procédures, c’est risquer d’être non-conforme, pas forcément illégal. Mais comme je l’évoque, le risque c’est de tout désorganiser. Du coup, on n’est pas loin de l’expérience de Milgram et des questions qu’elle pose sur notre rapport à l’obéissance à l’intérieur d’un système. C’est plutôt Jérôme Kerviel qui soulève la question de la « baïonnette intelligente ». Il dit qu’il n’a fait que son travail, que tout le monde fraude le système, simplement il a été plus loin que les autres. Dont acte. A supposer que ce soit vrai, est-ce une excuse légitime ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/02/2013 @ 11:19

  6. Madame Lagarde, ministre de l’Economie depuis peu, dit un jour aux députes, en substance : « assez pensé, voici venu le temps de l’action ! »… Tout un programme.

    Le fait est que le monde moderne, c’est l’une de ses caractéristiques, est d’une complexité de plus en plus inextricable, inhumaine.

    C’est en partie dû aux ordinateurs, ces machines qui nous aident à résoudre les problèmes que nous n’aurions pas eu si nous ne les avions pas inventées.

    C’est dû à notre orgueil qui pousse à vouloir toujours plus.

    Il n’en reste pas moins que être responsable c’est chercher à comprendre, c’est faire usage de notre capacité à penser.

    Mais comment faire tourner une entreprise qui compte des centaines de milliers d’employés ? C’est insensé !

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 15/02/2013 @ 11:23

  7. @Lib : cette « dérive » comme vous dites est sans doute en partie liée au gigantisme et à la complexité de nos structures (entreprise, état, etc…). Si on veut être optimiste, on peut considérer que nous allons finir par savoir utiliser ce que nous avons créé 😉

    @excistenz : je pense aussi, mais au vu de ce que j’observe au quotidien, nous n’en prenons pas le chemin. On travaille de plus en plus vite, donc dans le stress, donc avec une certaine forme d’irritation et de ras-le-bol. La formalisation des tâches les rend absurdes, donc on les expédie sans plaisir. Et là où y a pas de plaisir…

    @zelectron : je ne connais pas bien l’armée, mais j’imagine que l’obéissance est la condition vitale de la sécurité et de l’efficacité. Or en économie on raisonne de plus ne plus en analyse de risque et en efficacité. Ceci explique peut être cela.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/02/2013 @ 11:24

  8. @Denis Monod Broca : merci d’évoquer la question des ordinateurs. Je ne sais plus quel expert m’expliquait qu’ils réduisaient l’intelligence humaine à la capacité de répondre à leur logique, ce qui participe sans doute du problème.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/02/2013 @ 11:25

  9. Pour illustrer concrètement le sujet, je peux raconter que lorsque j’étais en activité dans les services extérieurs la Direction générale des Impôts, un Administrateur civil (haut responsable) est venu dans mon service (comme dans tous les autres, il y a plus de 20 ans) présenter une nouvelle procédure d’imposition des déclarations de revenus et de mises à jour des fichiers des contribuables imposables à la taxe d’habitation et à la taxe foncière sur les propriétés bâties. Procédure mise au point par de brillants esprits à n’en pas douter. Nous avons osé lui faire remarquer que cette procédure d’imposition systématique, rapide et sans contrôle préalable, allait entraîner un nombre d’erreurs important dans les impositions mises en recouvrement. Sa réponse :  » Le temps que vous perdrez à corriger vos erreurs sera largement compensé par le temps que vous aurez gagné à établir les impositions avec cette nouvelle méthode ! » Nous avons essayé de faire comprendre à cette tête pensante que les erreurs provoqueraient agacements, dérangements, inquiétudes, pertes de temps pour les contribuables qui en seraient victimes, que l’image du service traditionnellement peu valorisante, en serait encore plus dégradée…Tout cela fut balayé d’un revers de main : »On ne vous demande pas de penser, mais d’exécuter ! ».
    Dans quelle société vivons-nous, dans laquelle la plus haute hiérarchie sacrifie la déontologie, la conscience professionnelle, le respect dû aux citoyens…Comme nous étions dans la Fonction publique, que nous ne risquions pas la mise à la porte pour manquement aux objectifs assignés, nous avons essayé de mettre en oeuvre la « nouvelle procédure »…intelligemment, en allant fatalement moins vite que les ordres ne le stipulait, en prenant le temps de procéder à quelques contrôles préalables qui nous paraissaient indispensables pour éviter trop d’erreurs, trop grossières. Tous les collègues n’ont pas eu cette attitude, nous nous sommes fait « remonter les bretelles »…et la vie a continué ! Dans le Privé nous n’aurions pas eu cette possibilité…C’était il y a plus de 20 ans, aujourd’hui je ne sais pas si notre attitude serait encore tolérée…même dans la Fonction publique qu’on veut à tout prix rendre compétitive et voir alignée sur le Privée ?

    Commentaire par BONNET Francis — 15/02/2013 @ 11:32

  10. En tant que cadre, j’ai récemment fais l’objet de blâme (par écrit) par mon directeur à force d’insister sur des « anomalies » dans les activités de mon entreprise.
    Depuis, ce directeur a été viré manu-militari pour des malversations, mais personne n’est revenu vers moi pour en discuter et mon blâme n’a jamais été annulé. Vous imaginez bien comment peut-être ma façon d’envisager maintenant mon travail…

    Commentaire par trollqurigole — 15/02/2013 @ 11:35

  11. Aliocha : je m’interroge sur votre propension à coller un X dans mon pseudo… 😉 J’espère qu’il ne s’agit pas d’un lapsus calami…
    Ce que vous dites à la fin de votre commentaire me fait penser à une étude qui montrait que les salariés qui se sentaient bien dans leur entreprises étaient beaucoup plus productifs que les autres. Je ne crois pas que cet aspect aie été repris par la formation en management.
    Cela dit, le management par résultats, on le vit aussi dans le monde associatif. J’en dénonce les excès mais en même temps il faudrait trouver un juste milieu avec plus de qualitatif, il ne me semble pas aberrant que chacun – surtout ceux payés avec l’argent public, ou privé pour les associations – rendent des compte. C’est vrai dans les administrations mais aussi dans les entreprises. Quand on pense aux « coûts artificiels » générés par cette stupidité et cette incompétence accumulées, on frémit d’horreur. A chaque fois que je vais acheter quelque chose maintenant, je pensais déjà aux fausses plus-values, je vais me pourrir encore plus avec la « stupidité » constitutive du prix…
    Non, on n’en prends pas le chemin, je suis d’accord avec vous, que ce soit la dégringolade de l’idée de progrès, la crise de civilisation ou les régressions éthiques (oui les « décomplexés », décomplexés d’êtres cons, débiles, racistes, ignorants….)…

    Commentaire par eczistenz — 15/02/2013 @ 12:12

  12. Dans tous les domaines nous sommes très exactement des apprentis-sorciers. Nous sommes emportés par nos propres inventions.

    Et quand on dit « stop ! », on est aussitôt catalogués passéiste, réactionnaire, conservateur … qualificatifs qui ne sont pas exactement des compliments.

    Conserver la nature, conserver les paysages, conserver es vieilles pierres, bravo ! tout le monde est pour ! mais quand il s’agit de conserver l’homme, de de conserver les lois et les institutions, de conserver la pensée et la raison, les rangs sont plus clairsemés…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 15/02/2013 @ 12:27

  13. @eczistenz : désolée, vous me renvoyez à « existence », d’où l’erreur 😉
    Le management par résultats (ou un équivalent proche) a été imposé il y a quelques années dans le monde judiciaire par une loi de finance. Exercice délicat. Là comme ailleurs, on note des aberrations qui mènent à la paralysie du système et à des dépenses absurdes, mais c’est difficile de réduire la justice à sa capacité à « produire » de la décision judiciaire, épuiser des stocks de dossiers, etc…Bercy n’avait pas tort de vouloir rationnaliser le truc, la justice n’avait pas tort non plus de se rebeller. Au fond, le problème est toujours le même, il faut se donner du mal pour concevoir des systèmes intelligents. L’ennui c’est qu’on manque de temps, d’envie, d’ingéniosité, de bon sens etc. Les études qui montrent que les salariés heureux bossent mieux que les autres me font rire. Elles participent de l’aberration du système : il nous faut réaliser des études pour constater des évidences. Et alors là, c’est l’éblouissement : mince, on bosse mieux quand on est heureux que quand on a envie de se tirer une balle. Quel scoop ! Le plus tragique, c’est qu’en plus il faudra des années pour en tirer des conclusions pratiques, à conditions bien sûr qu’on décide de les tirer.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/02/2013 @ 12:37

  14. si je puis me permettre cette cuistrerie je signale que j’ai mis un message sur le post concernant le Pape, compte tenu que tout le monde a migré ici et le précédent post mort ; dure loi des blogs

    Commentaire par KingArthur — 15/02/2013 @ 12:51

  15. Oui… ou presque… il y a un oubli de taille dans votre descriptif des procédures « coche-case » des grands cabinets d’audit… C’est que ce genre de « travail » permet surtout d’envoyer sur le terrain des stagiaires payés au lance-pierre et de les facturer au tarif sénior !!!
    Par ailleurs, la justification de la gestion des grands groupes par les procédures internes a bon dos, d’autant que pour avoir participé à la mise en place de normes ISO dans quelques entreprises, je peux vous assurer que celles-ci ont souvent été conçues en dépit du bon sens : jamais des process calqués sur des programmes informatiques ne pourront rendre compte, ni maîtriser le fonctionnement humain.

    Personnellement, je vois plutôt dans tous ces process la démission quasiment généralisée du management, pour tenir à distance le « bétail »… une sorte de répugnance de plus en plus présente à se confronter à la « matière » humaine.
    Combien de grands patrons connaissent encore le personnel au-delà du niveau hiérarchique qui est directement sous eux ? La direction de type paternaliste, celle où les patrons allaient régulièrement serrer les mains de ses employés, n’avait pas que des mauvais côtés, mais elle est morte et enterrée depuis très longtemps…

    Cet isolement du patronat n’est d’ailleurs qu’un aspect des problèmes, le cloisonnement est devenu tellement symptomatique et courant que je connais même des entreprises, où au même niveau hiérarchique, des personnes ne se sont jamais rencontrées et ne communiquent que par mail, note et téléphone…

    C’est comme ça, quand le personnel est géré comme un stock et que sa place est uniquement déterminée par le résultat qu’il produit, on ne peut pas non plus lui demander de faire preuve d’intelligence, d’humanité et d’initiative… c’est pas « rentable »… du moins, c’est ce qu’ils croient…

    Commentaire par Incognitototo — 15/02/2013 @ 13:26

  16. Ce que vous dites sur ces pratiques bureaucratiques est effrayant.

    Mais je doute que ce soit le cas toujours et partout.

    J’ai un beau-frère qui a fait une longue carrière dans l’intérim des années 1980 à 2000. Il a fini sa carrière très haut placé. Or, si je crois ce qu’il m’en a dit, la culture de m’entreprise dans laquelle il travaillait était tout le contraire de la culture bureaucratique et autoritaire que vous décrivez. Les principes de management qu’il appliquait et qu’il faisait appliquer étaient d’encourager les initiatives chez les subordonnés quitte à tolérer certaines erreurs, de valoriser les réussites plus que de sanctionner les échecs, de renforcer l’esprit de solidarité au sein des équipes au lieu d’entretenir des rivalités internes etc. Vue la carrière qu’il a faite et les immenses profits qu’il a rapportés à son entreprise, je pense qu’il a fait la preuve que le pari sur l’intelligence des personnes est une méthode de management efficace.

    Pour ma part, ayant exercé ma profession d’enseignant aussi bien dans le public que dans le privé, j’ai pu constater que les établissements qui fonctionnaient bien étaient ceux où la direction appliquait les principes préconisés par mon beau-frère.

    Bref à quand une étude comparative des méthodes de managements dans tel ou tel groupe ?

    Commentaire par Physdémon — 15/02/2013 @ 14:06

  17. @Physdémon,

    Bah, ça fait plus de 50 ans qu’on apprend et qu’on compare les méthodes dans les écoles de management qui donnent toutes la priorité aux types de méthode que vous décrivez de votre beau-frère… Sauf que, par exemple, le fordisme qui avait compris le rapport entre la prospérité de l’entreprise et le pouvoir d’achat des salariés, ou encore l’éthique du patron, a été balayé par les possibilités du « monde ouvert »… C’est vrai que c’est beaucoup moins « fatigant  » de produire moins cher ailleurs pour vendre à des consommateurs qui s’endetteront pour acheter…

    C’est le chômage de masse qui a tout changé dans les rapports socio-économiques, l’employé étant devenu une variable d’ajustement corvéable et interchangeable à merci et à volonté… peu de patrons ont alors résisté à l’adoption des « méthodes » anglo-saxonnes », pour lesquelles un employé ne vaut que par ce qu’il produit et sa capacité à obéir ; « méthodes » qui sont totalement inadaptées à notre culture…

    Commentaire par Incognitototo — 15/02/2013 @ 14:28

  18. Attention, je sens que le bébé va partir avec l’eau du bain.

    Le process tue la créativité des personnes intelligentes mais rend employable à un niveau relativement intéressant des masses de personnes, qui sans ces process ne seraient pas capables de produire le résultat escompté.

    Il est à peu près certain que dans la forêt, avec un bon sens de l’orientation et une bonne condition physique, je peux aller plus vite d’un point A à un point B en coupant qu’en suivant les chemins. Pourtant, la majorité des gens se perdrait et mettrait donc plus de temps etc.(Le chemin est un process : on ne vous demande pas de réfléchir mais de le suivre… sans chercher à savoir qui l’a tracé et quand).

    Voilà à quoi sert un process. Un bon dirigeant doit savoir quand il faut instaurer des process et quand il faut laisser des individus autonomes gérer le problème. C’est une question d’équilibre. Le process n’est pas un problème en soi. Prudence donc.

    Commentaire par Flavien — 15/02/2013 @ 14:28

  19. Aliocha : oui ces études sont « stupides » aussi mais moins que tout ces patrons et petits chefs qui, même avec bac + 12, ne sont pas capables de se rendre compte qu’avec la méthode expliquée par Incognitoto la productivité (le bien-être, l’engagement, l’esprit d’entreprise, d’équipe, etc.) monte en flèche. J’ai tendance à croire que personne, absolument personne, même les carrières à Bac + 12, ne devraient échapper à la formation aux méthodes intelligentes de management, même les artisans, même les dirigeants de PME. Il est intéressant de constater que les entreprises dans lesquelles on se sent le mieux et où on travaille bien sont souvent des PME ou les dirigeants ont saisi tout seul avec leur bon sens comment manager leurs équipes. C’est hallucinant que les types sortis des grandes écoles, d’HEC et tutti quanti ne soient pas formés au management intelligent. Non, ils sont juste formés à la dernière méthode venue des USA, ou celle procurant résultats à court terme, qui outre d’être inefficace, provoque mal être et désengagement. On leur enseigne quoi à ces bigorneaux si on leur enseigne pas ca ?!!! Et je me demande si une bonne partie des critiques vis à vis du système capitaliste ou des excès de l’ultralibéralisme disparaitraient avec un peu moins de stupidité et plus d’éthique.

    Commentaire par eczistenz — 15/02/2013 @ 14:40

  20. @eczistenz,

    Non, non, vous vous trompez… le pire, c’est qu’on leur enseigne bien ces méthodes, où l’humain a sa place…
    Plutôt que de parler « de méthodes », j’aurais dû parler uniquement de culture… En fait, on leur enseigne ces méthodes, mais ils adoptent des cultures inadaptées à la nôtre… Les courts-termistes sont assez typiquement anglo-saxonnes, si vous les comparez à la culture rhénane collaborative qui réfléchit toujours au minimum à 20 ans, on comprend mieux pourquoi, ça va relativement mieux chez ces derniers que chez nous…
    En France, on n’a pas tranché, en conséquence, c’est à peu près tout, et souvent n’importe quoi… mais c’est sûr que quand on voit comment les jeunes (futurs managers) qui rentrent de stage des USA ou de GB, essayent de plaquer des cultures qui n’ont rien à voir avec les nôtres, ont comprend mieux les catastrophes industrielles et entrepreneuriales que nous subissons depuis 40 ans… Rien qu’avec des exemples concrets de changement culturel, je pourrais faire un bouquin des échecs, dans tous les types d’entreprise…

    Commentaire par Incognitototo — 15/02/2013 @ 15:08

  21. Ce qui est terrible dans le témoignage du contrôleur de Kerviel, c’est la similitude avec les soldats dans les convois vers l’Allemagne …
    C’est terrible : tout le monde sait mais personne ne dit « stop ».

    Commentaire par fultrix — 15/02/2013 @ 15:24

  22. @Flavien: entièrement d’accord avec vous, tout est affaire de mesure: le process doit, à mon sens, assurer 3choses:
    – guider les gens, en faisant en sorte que quand on fait des choses très ressemblantes (voire identiques), on ne réinvente pas la poudre à chaque fois, sans se reposer les mêmes questions (genre pour un déplacement pro, qui signe, qui prend les billets, quelles dépenses autorisées…)
    – assurer une traçabilité (qui a décidé quoi)
    – sécuriser un minimum des activités critiques ou complexes (ex: grosse panne, validation d’un contrat…).

    Mais dans tous les cas, ça ne doit pas empêcher les gens de poser des questions, ni d’avoir un minimum de recul (« la procédure dit d’aller tout droit en klaxonnant mais il y a un mur devant.. »). Et pourtant, ce dernier aspect, c’est plutôt une force des français (comparés aux allemands, par exemple)

    Commentaire par Nono — 15/02/2013 @ 15:36

  23. Il y avait un très bon papier dans le Monde ou les Echos sur le fait que le monde bancaire en France n’est jamais sévèrement sanctionné, par les tribunaux ou par l’AMF. Les membres du régulateur le reconnaissent, et vous disent in petto que c’est parce que les grandes instititutions sont elles très bien conseillées. C’est vérifié par contraste par le cas Kerviel. Les avocats de Kerviel, dans des styles différents, se sont révélés incompétents, et même nuisibles à la cause défendue.
    Je me permets de signaler la sortie du nouveau numéro de Contreligne (www.contreligne.eu), et son article sur la misérable réforme bancaire.
    http://www.contreligne.eu/2013/01/la-reforme-bancaire-entre-doctrinaires-et-technocrates/

    Commentaire par Stéphan — 15/02/2013 @ 16:18

  24. @Stephan : les excellents avocats ne sont pas seuls en cause. Il y a aussi une sorte de présomption d’honorabilité chez les grandes maisons, et à l’inverse une présomption d’insuffisance chez les petites. Le patron d’une petite boite financière me confiait il y a quelques jours que c’était d’autant plus absurde que le risque systémique est attaché aux grands acteurs, pas aux petits….Et c’était exactement observé, aurait conclu un écrivain que j’aime beaucoup.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/02/2013 @ 16:21

  25. Un peu hors sujet, soupcon de stratégie com’, mais pertinent : http://www.courrierinternational.com/article/2013/02/15/patagonia-veut-jeter-les-bases-d-un-capitalisme-responsable… bon on n’en sauras pas plus sur leurs process ! 😉

    Commentaire par eczistenz — 15/02/2013 @ 17:19

  26. Pour apporter de l’eau au moulin de l’idée que vous développez très justement je voudrais vous faire part d’une expérience personnelle.
    L’eau qui nous était fournie au robinet n’était pas conforme aux normes sanitaires en vigueur et pourtant l’entreprise qui distribuait cette eau, ex CGE et future Véolia :Vivendi, bénéficiait de la norme ISO 9001.
    J’avais contacté l’association ISO à Genève pour lui soumettre ce qui m’apparaissait une contradiction et j’avais reçu en réponse que la norme ISO n’était pas utilisée pour valider la qualité du produit mais pour valider le processus de fabrication.
    C’est ce genre de pratique qui aboutit à ce qu’une entreprise comme Spanghero, certifiée ISO 9001, nous sert du « minerai » de cheval pour de la viande de bœuf…Avec cependant cet énorme avantage que celui qui applique scrupuleusement sa part du système, se voit exonéré de toute responsabilité.
    Tant pis si le résultat final est préjudiciable pour l’ensemble de la société.

    Commentaire par jcbouthemy — 15/02/2013 @ 18:10

  27. Sur les problèmes de management et de plaisir (ou déprime) au travail, j’avais bien aimé ce livre : http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-_loge_du_carburateur-9782707160065.html .

    Commentaire par Valérie — 15/02/2013 @ 18:59

  28. Le process sert trop souvent d’argument marketing, il se limite trop souvent à cela, au lieu de se concevoir comme un système perfectible, à évaluer en suivant une succession de bilans d’étapes.

    Un bon process devrait se nourrir du vécu de ses utilisateurs, afin de l’améliorer. La circulation devrait se faire du haut vers le bas, et du bas vers le haut.

    On le met en avant comme garantie offerte à la clientèle, on se cache derrière dès que ça tourne mal pour éviter de voir sa responsabilité engagée… il est trop souvent tout sauf ce qu’il devrait être.

    J’observe encore au quotidien la résistance roublarde des vieux de la vieille, à qui on ne la fait pas, et qui voient tout de suite là où ça pèchera… c’est une génération qui va passer la main, je suis inquiet pour la suivante, dont je fais partie. Un salarié, un collaborateur vaut pour la valeur ajoutée qu’il apporte en tant que force de proposition.
    En clair, être réactif c’est bien, être proactif c’est mieux. Mais les process mal ficelés étouffent cette valeur ajoutée.

    @ Denis Monod Broca :

    Voici pour vous un propos qui pourrait vous rassurer. Je ne sais s’il est d’Abraham A. Moles ou d’Herman Grégoire, cosignataires de l’article dont il est extrait :

    « La machine est devenue beaucoup plus rassurante, beaucoup plus amie de l’homme, mais une certaine littérature n’en continue pas moins à parler de révolte des machines. L’idée d’une révolte possible des machines est un méfait d’une certaine science-fiction. Le public s’imagine que les êtres mécaniques se trouveront un jour promus au rang d’êtres tout court, que, trouvant leur propre nourriture, détectant leurs maladies et effectuant eux-mêmes leurs réparations, ils feront aussi fonctionner le ‘’Cerveau’’ dont l’homme les a dotés, sans aucun contrôle ni secours humain.

    Or, la révolte des machines est une éventualité dépourvue de base rationnelle.

    Une machine est un organisme fonctionnant sur un programme. Elle représente la mise en ordre d’une partie du monde, l’extension à cette partie du monde de l’ordre précisément conçu par l’esprit humain qui a créé la machine.

    Un théorème très général de la thermodynamique nous enseigne que le désordre global de l’univers ne peut que croître : l’entropie est la mesure du degré de ce désordre. Nous savons donc dans quel sens évolue un organisme quelconque échappant à son programme : retournant à la nature, il évolue spontanément vers le désordre.

    Tenir sa maison en ordre requiert de la maîtresse de maison un effort constant. Le ménage est pour la femme d’intérieur une bataille de tous les instants, exige un programme rigoureux avec stratégie et tactique pour juguler les ennemis sournois qui s’appellent poussière, dérangement fouillis : à peine délogés d’une place, ils se réinstallent plus loin. L’ordre ménager est une victoire quotidienne. Il est constant par contre qu’une maîtresse de maison n’a aucun effort à faire pour que le désordre envahisse son appartement. Il lui suffit de laisser faire : l’évolution naturelle se fait spontanément vers le désordre. Quand une voiture échappe à son programme, par suite d’un bris d’engrenage ou d’une usure fatale de l’embrayage, son comportement redevient soumis aux seules lois du hasard : aucune intention d’aucune sorte n’intervient pour la diriger suivant les lois d’une raison extra-humaine.

    Les robots, s’ils nous échappent – ce qui leur arrive – ne peuvent que tendre vers l’anarchie et donc vers l’autodestruction ! la révolte des machines est à mettre au rebut avec les expressions dépourvues de sens.

    Les machines ne se révolteront pas, tant que l’homme ne leur aura pas fourni un programme de révolte. »

    Vous me pardonnerez le laïus sur la maîtresse de maison… le texte en question a été imprimé en 1962. Nous savons tous deux que les tâches ménagères concernent maintenant autant le parent 1 que le parent 2 ! 😉

    Commentaire par Zarga — 15/02/2013 @ 22:46

  29. @zarga

    Votre description pourrait correspondre SAUF si on considère qu’il y a un « intelligent design ». Ainsi une machine fabriquée au hasard tendrait, laissée seule, à aller au désordre.

    Mais si une machine était programmée non pour se révolter mais simplement pour maximiser un profit, mettons sur le marché des matières premières ou alimentaires, avec une mise de départ suffisamment importante elle pourrait, par sa régularité à accomplir son programme, affamer la moitié de la population.

    Milles machines construites pour accomplir une tache de maximisation, chacune dans son coin, sans se « révolter » pourrait simplement, dans son coin, détruire tout ce que l’homme à mis des siècles à construire.

    Posons 1 millions de machines destinées chacune à maximiser son profit dans son secteur d’activité, elles pourraient permettre un dépérissement du corps social et à terme détruire l’espèce humaine. Parce que ce qui fait que l’homme est homme est hors de porté de la machine : la vie humaine n’a pas de prix, même si pour les « machines » humaines ou robotiques elle à un coût acceptable : moins que ce qu’elle peut rapporter.

    C’est dans la perte du sacré que représente la vie humaine qu’est la révolte des machines, c’est parce que l’homme qui dirige n’a pas intégré ni dans ses programmes ni dans son nouveau modèle de société que la préservation de la vie humaine est plus importante qu’un nombre arbitrairement inscrit dans un compte : quelques bits dans la mémoire…. d’une machine.

    C’est comme une fourmilière, aucun individu pris isolément ne fait le tout c’est le tout qui fait le « process ». Chaque petit « ajustement » d’optimisation construit une partie d’une « fin » métaphysique ou l’homme est variable d’ajustement, chacun de ces ajustements laisse à d’autres le soin de gérer l’Humanité, mais aucun ne le fait. Les machines se sont déjà révoltées : des logiciels radient des chômeurs, des scoring refusent ou mettent en recouvrement, licencient ou embauchent, loin de l’humain et de sa survie. La révolte est déjà là. Elle n’est pas « consciente », elle n’est que la résultant de l’homme placé en périphérie du système, dont il est un outil et non pas une fin.

    La « révolte » c’est qu’elle « décide » que le calcul mathématique est plus important que le bénéfice humain et que son « utilisateur » suive le « process » : tel un bourreau il applique le jugement.

    Commentaire par herve_02 — 16/02/2013 @ 00:04

  30. Si on était sur un réseau social, je pourrais laïquer (et doublement) – « je devais seulement faire taire les alarmes », c’est édifiant…
    Deux réflexions en passant :
    – le paragraphe sur les dirigeants fait écho à une impression croissante quand j’entends nos grands responsables économiques ou politiques : ils semblent souvent considérer que parce qu’un process a été mis en place, tel problème est réglé. En communication politique, c’est encore pire : c’est quand on annonce la future mise en place d’un process (ou d’une loi) qu’on considère que tout va mieux. Comme une négation des principes de réalité. Ca pourrait être du cynisme, ou de la vanité (genre « l’intendance suivra »). Mais le pire, c’est qu’ils me semblent y croient vraiment.
    – sur la culture : malheureusement, les process s’enseignent plus facilement que l’intelligence (en plus, on peut en faire des indicateurs, et ça c’est super, c’est concret, c’est mesurable, on peut même faire des classements)

    Commentaire par secondflore — 16/02/2013 @ 08:11

  31. @tous : mon anti spam est un peu dingo en ce moment ! si un commentaire ne s affiche pas soyez patients, c est que askimet fait du zele 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/02/2013 @ 10:37

  32. @laplume

    la machine se révolte 🙂

    Commentaire par herve_02 — 16/02/2013 @ 11:16

  33. Harry Buttle ou Harry Tuttle ? 😉

    Commentaire par eczistenz — 16/02/2013 @ 11:59

  34. @ eczistenz :

    « Qu’avez-vous fait du corps de mon mari ? » avalé par une avalanche de « bons 27b-6″…..

    Commentaire par Zarga — 16/02/2013 @ 14:23

  35. @ herve_02

    Je pense que la conclusion de l’extrait que j’ai cité tient la route : les machines ne peuvent se révolter et prendre le pouvoir que si on le permet, que si cela fait partie des fonctions qu’on leur programme.

    Toutes les bécanes informatiques que vous mentionnez sont munies d’un interrupteur, d’une fonction « on/off », et celui qui tient les manettes, c’est bien un bonhomme (ou une bonne femme !).

    C’est à lui, in fine, qu’il faut rappeler le caractère sacré de l’humain. Les ordinateurs ne sont que de simples miroirs dans lesquels nous nous voyons. Si le reflet nous déplait, on peut toujours casser le miroir, ou changer en nous ce qu’il ne nous plait pas de voir.

    Commentaire par Zarga — 16/02/2013 @ 14:28

  36. @Zarga,

    Oui, cependant, Hervé_02 a raison de nous rappeler que les machines qui font le « sale boulot » sans conscience existent déjà, pensez, entre autres, au trading haute-fréquence qui se fout bien d’affamer des populations, ou encore aux drones qui permettent d’assassiner, comme dans un jeu vidéo… Effectivement, ce n’est pas à proprement parler d’une « révolte des machines », dont il s’agit, mais est-ce que ça ne revient pas au même si au lieu de leur programmer la « révolte », on « oublie » de leur programmer des limites humaines ?…
    Étonnamment, ce problème des machines qui a surgi dans ce débat et qui pourrait passer pour un hors sujet, est finalement un parallèle extrêmement pertinent…
    Parce que de quoi on parle, quand on pointe la mise en place de process, des systèmes hiérarchiques débiles, de la déshumanisation des entreprises, des chaînes de déresponsabilisation, et cetera… n’est-ce pas tout simplement de la « machinisation » des hommes ?
    Si vous mettez des gens derrière ces machines qui n’ont pas dans « leur process » le pouvoir d’appuyer sur le bouton on/off, ça revient au même que si vous implantiez un programme de révolte dans les machines…

    N’oublions que les 60 % de personnes qui ont appuyé sur le bouton mortel à l’époque de l’expérience de Milgram, sont passés à 80 % dans celui-du « jeu de la mort »… Tous nos systèmes sociétaux tendent de plus en plus à faire des populations de « bons petits soldats » privés du pouvoir d’appuyer sur le on/off, auxquels on demande de ne pas se poser de question, puisque d’autres savent pour eux…
    On le sait bien : « Chercher à comprendre, c’est commencer à désobéir. » (Jean-Michel Wyl) ; et ça, on dirait que ça devient pire que tout dans nos sociétés… et nos entreprises…

    Commentaire par Incognitototo — 16/02/2013 @ 15:13

  37. Les réflexions sur la révolte des machines font furieusement penser à « 2001, Odyssée de l’espace », et à Hal l’ordinateur qui se débarrasse sans état d’âme des humains qui l’accompagnent parce que sans eux, il finira mieux la mission qui lui a été assignée… Effectivement, comme le souligne Zarga, il suffit d’éteindre la machine (même si chez Stanley Kubrick, c’est un peu compliqué, c’est bien ce qui arrive à la fin) pour que l’homme reprenne le pouvoir. C’est d’ailleurs en débranchant Hal que l’astronaute finit par comprendre quelle était la vraie mission qui leur était assignée et que connaissait la machine, mais pas lui.
    Eéteindre la machine signifie se priver du confort qu’elle peut nous apporter. Obéir à des ordres, suivre une procédure sans réfléchir est un confort, et beaucoup n’y renonceront pas au profit d’une liberté qui apporte tout un lot de difficultés, voire de gros désagréments. Tout le monde n’a pas le réflexe du loup de La Fontaine qui s’enfuit quand le chien vient lui proposer sa grasse pitance… et son collier.

    Commentaire par Valérie — 16/02/2013 @ 16:47

  38. @valérie

    C’est exactement la dialectique du maître et de l’esclave qui est devenu le maître car ce dernier ne peut plus se passer de lui.

    Il est interdit d’éteindre la machine, les procédures faites par ceux qui nous veulent du bien nous demandent de suivre scrupuleusement la procédure sans nous poser de question.

    On arrive vite à une vision marxiste de la société, le péquin de base qui doit obéir aux procédures et aux lois et quelques happy few au dessus qui ont le droit de s’extraire de ses contraintes, avec une justice très laxiste avec ces derniers et très tatillonne avec ces premiers.

    Commentaire par herve_02 — 16/02/2013 @ 18:20

  39. http://player.vimeo.com/video/57126054#at=0
    Il faut imaginer Sisyphe heureux.
    6mn à regarder.
    Bonsoir chère hôtesse

    Commentaire par araok — 16/02/2013 @ 19:30

  40. @ Denis

    Dans votre post n° 6 vous citez madame Lagarde et si je comprends votre étonnement , je la comprends encore mieux.
    En fait elle a bénéficié d’une éducation américaine et surtout elle a travaillé aux U.S.A. d’une façon totalement différente , les Américains ayant une conception du travail et une approche de la vie en entreprise qui est très éloignée de la nôtre.
    Tout d’abord l’éficacité prime et ils vont droit au but, s’ils ne négligent pas les suggestions et conseils ils ont horreur de perdre leur temps en paroles dans lesquelles souvent nous excellons.
    Ensuite la première chose demandée à un nouvel employé est l’entente entre collègues, ils partent du principe que si ils jouent leur carte personnelle ou se tirent dans le dos l’entreprise n’y gagnera rien.
    Enfin vous êtes dans la majeure parie des cas libre de vous organiser comme il vous convient pourvu que le travail soit fait, cela donne une certaine souplesse dans les horaires et les temps de pause.
    J’ajoute que la hiérarchie ne prend pas les mêmes formes qu’en France, le patron n’est pas un petit monarque intouchable et l’ambiance y gagne forcément .
    Tout n’est pas rose, ils n’ont pratiquement pas de congés, ils sont éjectables à tout moment et doivent se fabriquer retraite et parfois assurances maladies, (si la firme ne s’en charge pas) et je ne prétends pas faire de comparaisons impossibles mais expliquer la façon de réagir de madame Lagarde.

    Ceci dit ils ont énormément de pressions mais du fait que l’ambiance est meilleure entre collègues, les rapports faciles avec la hiérarchie, on se sent moins seul, l’entreprise y gagne et il est plus agréable d’aller au boulot.

    Commentaire par Scaramouche — 16/02/2013 @ 19:55

  41. @herve_02 @incognitototo et @valerie

    Je partage assez le point de vue de hervé_02 sur la notion de maître – esclave et sur le fait que les machines sont en partie là pour faire le sale boulot.

    Un exemple : j’ai été pendant une dizaine d’année trésorier d’une école de musique (environ 200 élèves et 16 profs).
    A budget constant (subventions et cotisations) comment faire pour dégager les X k€ nécessaires pour tel investissement ? réponse de l’époque : réduisons les frais de fonctionnement.
    Posez la question à un ordinateur aujourd’hui : Il va se rendre compte que certaines activités sont déficitaires (une heure de cours coute plus que la cotisation versée par les parents d’élèves). Il va donc ainsi conclure que la diminution du nombre d’élèves (du volume d’activités déficitaires) est la bonne solution.

    Autrement dit la solution proposée sera basée sur la contraction de notre activité de base (formation) au profit d’une activité annexe (investissement).

    Si vous étendez ce raisonnement dans le temps, la municipalité refusera de maintenir sa subvention pour un nombre plus réduit d’élèves. Le budget diminuera et l’ordinateur réduira encore le nombre d’élèves. En poussant le système à l’extrême, nous serons à l’équilibre lorsqu’il n’y aura ni subventions, ni profs, ni élèves et plus d’investissement, seulement la vente de notre matériel …

    Pour faire plaisir à Aliocha (que je salue au passage), si nous appliquons ce principe à la presse nationale ?
    Trop de journaux nationaux en déficit : il suffit d’en supprimer 2 ou 3 pour permettre aux autres de survivre (à aides constantes). Bon, on n’aide plus qui ? Réponse informatique typique : ceux qui coutent le plus cher et qui ne sont pas à l’équilibre. Entre autres Le Figaro et Le monde … Bien pour le choix économique mais pour la presse …

    Mais il arrivera tôt ou tard que le citoyen moyen dira « mais vous avez vu le montant des aides à la presse ? ». Voila, la machine infernale est en place.

    Commentaire par Ctpjano — 17/02/2013 @ 06:23

  42. La fonction publique est victime de ce type de management. Je bosse sous antidépresseurs et sous la menace. Les sites professionnels regorgent de « souffrance au travail » . Les caïds du métier qui avaient laissé libre cours à leurs forums. Ce sont faits vertement rappeler à l’ordre sous menace de sanction administrative au motif de -dénigrement-. Plusieurs mise à pied dans la fonction publique territoriale. La première façon de résister, c’est, agir pour changer les choses. Merci pour votre contribution par ce billet vous informez et peut-être mobiliserez-vous.
    Il y aurait un bouquin à écrire sur le sujet et en particulier sur les pratiques des médecins du travail.

    Commentaire par sivergues — 17/02/2013 @ 07:44

  43. Un peu d’humour, jaune, ce matin.
    Cela n’a rien à faire sous ce billet, je sais, mais je ne suis pas une machine disciplinée. 😉

    Un billet sur les lasagnes aux subprimes sur La Tribune
    http://www.latribune.fr/opinions/editos/20130215trib000749156/vous-reprendrez-bien-un-peu-de-cheval-.html

    Commentaire par gabbrielle — 17/02/2013 @ 11:27

  44. @gabbrielle : les fraudes en tout genre ne sont pas si éloignées de ce billet d’Aliocha. Les process des entreprises, comme les normes aplicables manu militari, comme les protocoles imposés non comme outil de travail, mais comme finalité, font resurgir la face sombre de l’humain, car il faut bien trouver une soupape à la pression pour cerveaux lobotomisés.
    Je ne sais s’il s’agit des habitudes d’une culture étrangère appliquée sans précaution à une autre culture ( voir Incognitoto 20) ou une éducation scolaire qui a perdu ses repères (voir physdemon 16) ou une hyperspécialisation du travail avec compartimentation qui fractionne à l’extrême les responsabilités (nombreux messages). mais ce qui semble évident, c’est que la personne humaine dans sa diversité, sa créativité et sa responsabilité, est de plus en plus exclue du système.
    En général, ce phénomène finit par exploser de lui-même au bout d’un certain temps ou d’un temps certain.
    Et si nous en revenions à la tête bien faite plutôt que la tête bien pleine????

    Commentaire par Dorine — 17/02/2013 @ 14:20

  45. La personne humaine est exclue partout que ce soit dans le travail ou dans l’inactivité , partout l’homme devient l’esclave des machines et non l’inverse , chacun vit dans sa bulle avec ses propres problèmes et c’est toute cette société basée sur le rendement qui est inhumaine.
    Je ne sais pas si la culture anglo-saxonne influence la nôtre de façon négative mais je me demande pourquoi bon nombre de jeunes d’après nos statistiques rêvent d’y faire des études et y restent lorsqu’elles sont terminées. Pourtant elles sont chères et ils s’endettent pour longtemps. .. Mais l’ambiance et l’atmosphère y sont différentes .
    Peut-être faudrait-il se poser la question de savoir si nous sommes un peuple conciliant capable de travailler en équipe, de vivre en société et de nous soutenir. La pauvreté des syndicats en France est la preuve de notre incapacité à nous unir à la différence des pays nordiques et chez-nous les gouvernants divisent pour régner.

    Commentaire par Scaramouche — 17/02/2013 @ 15:04

  46. @Dorine

    Bonjour,
    Avez-vous vu le post sous un autre billet où je vous expliquais comment mettre un smiley, simplement avec les touches du clavier?
    Ici ; puis – puis ), ça donne 😉 !

    Commentaire par gabbrielle — 17/02/2013 @ 15:17

  47. @ Scaramouche,

    Pour information…
    Il ne faut pas toujours voir des systèmes de cause à effet, là où il n’y en a pas…
    « La pauvreté des syndicats en France est la preuve de notre incapacité à nous unir » ; ça, par exemple, c’est faux.
    La force des syndicats des pays nordiques provient exclusivement du fait que l’adhésion à l’assurance-chômage est volontaire et obligatoirement liée à l’adhésion à un syndicat, puisqu’ils en sont les gestionnaires exclusifs…
    Vous voyez dans ce cas précis ce n’est pas un problème culturel, mais un problème systémique ou structurel, si vous préférez…

    Commentaire par Incognitototo — 17/02/2013 @ 15:27

  48. […] la note de blog d’Aliocha. Tellement vrai, et ce que je dis depuis des années. Rien que ce passage par exemple qui parlera […]

    Ping par Viande de cheval, Carlos Ghosn, Algérie, Barclays et deresponsabilisation totale « Vonric — 17/02/2013 @ 16:36

  49. @Gabbrielle : 😉 C’est tout ce que me donne mon clavier!!!!

    Commentaire par Dorine — 17/02/2013 @ 17:04

  50. bon, je n’avais pas compris que ça se transformait tout seul. merci Gabrielle.

    Commentaire par Dorine — 17/02/2013 @ 17:05

  51. 😉

    Commentaire par Dorine — 17/02/2013 @ 17:06

  52. @Zarga : si l’entropie ne maintenait pas du désordre dans l’univers, la vie n’existerait pas. Pour que la vie existe, il faut que des électrons puissent bouger, que la chaleur puisse permettre aux molécules de se rencontrer, que des échanges puissent se faire à travers les membranes cellulaires, que les mouvements de ces particules puissent à leur tour transmettre de la chaleur.
    Le désordre, c’est la chaleur, c’est le mouvement, c’est l’échange. Pas d’entropie, pas de vie.

    Commentaire par Dorine — 17/02/2013 @ 17:52

  53. Dorine, sur le net, il y a plein de sites qui expliquent comment « faire des smileys avec les touches du clavier », par ex un tout simple http://www.maxadi.com/wp-content/uploads/2010/03/emoticones.jpg

    Regardez,
    Content (sourire), c’est : puis – puis ) 🙂
    Pas content, c’est :puis – puis ( 😦
    Je me suis trompée (j’ai honte) : puis oops puis : :oops::

    😉

    Commentaire par gabbrielle — 17/02/2013 @ 17:58

  54. @ Incognitototo
    Merci de votre précision mais le fait qu’elle soit obligatoire ne vient-elle pas d’une volonté nationale d’unir les gens sous une même banière pour une même cause ? Imaginez-vous une obligation semblable chez- nous ? Pourtant les syndicats forts permettent de parler d’égal à égal et rendent moins utile les manifs et les grèves . Ils se plaignent ici de leur trop petit nombre d’adhérents qui les fragilisent et d’autre -part le syndiqué est catalogué et montré du doigt.
    Mais je connais moins les pays nordiques que les USA et je vous remercie de vos précisions bien que je continue à penser qu’il y ait un problème culturel dans nos rapports avec les hiérarchies et que l’ambiance dans la plupart des entreprises soit pour beaucoup dans le stress quotidien.

    Commentaire par Scaramouche — 18/02/2013 @ 10:51

  55. @Scaramouche,

    Non, justement, elle n’est pas obligatoire, elle est volontaire… Personne n’oblige personne à ce que les gens prennent une assurance-chômage (il y en a même environ 20 % qui n’en prennent pas) ; mais comme l’assurance-chômage est gérée exclusivement par les syndicats, il faut, pour pouvoir y adhérer, opter pour un syndicat… et c’est pourquoi, ils peuvent se prévaloir d’un taux de syndicalisation aussi fort…
    C’est donc totalement structurel et ça ne préjuge en rien de la « conscience » des populations ou de leur « j’m’en-foutisme « …
    Cela dit, c’est une formule extrêmement intelligente, car cela extrait les syndicats de leurs problèmes de survie et leur permet de se concentrer sur leur objet principal : la défense du travail et des intérêts des adhérents… ça a des effets extrêmement bénéfiques pour tout le monde, puisque les syndicats sont ainsi, en principe, à l’abri de tout conflit d’intérêts, et sont de vraies forces propositionnelles…
    Je pense que oui, ce genre de structuration est tout à fait adaptable chez nous, ce qui permettrait aux syndicalistes d’arrêter de bloquer toutes les réformes structurelles qui autoriseraient de faire notamment 40 Md€ d’économie sur le recouvrement des cotisations sociales (3 fois le déficit de la sécu)…

    Commentaire par Incognitototo — 18/02/2013 @ 15:28

  56. Bonjour Aliocha,
    j’apprécie votre article…Malheureusement, je crains que votre souhait de « repenser le système » ne soit qu’un voeu pieux. Le système se renforce tous les jours. La situation actuelle est un modèle d’autonomie, de responsabilisation et d’épanouissement comparée aux modèles de management qui vont arriver en France dans les prochaines années. Le gavage de « process » vient juste de commençer…
    A bientôt.

    Commentaire par utile baron — 18/02/2013 @ 15:29

  57. @jcbouthemy (26):
    Effectivement, le grand problème des normes en général et de la norme ISO en particulier, est qu’elle sont très orientées vers les professionnels, et peu vers les consommateurs. Ce qui est plus important pour les consommateurs, c’est d’avoir quelque chose de lisible, qui ait du sens. Une norme ISO en a pour un pro (qui sait qu’il doit en pratique lire le manuel qualité pour savoir ce qui est tracé), alors que pour un consommateur, ce sera des « normes » ou plutôt labels (Label Rouge, Ecocert, Equitable, Pavillon Bleu..) qu’il reconnaît comme ayant de la valeur. Et le rôle du certificateur est alors de faire la pub de son label pour qu’on sache exactement ce que ça recouvre.

    @Incognitototo (36):
    Malheureusement, vous tombez dans le travers de beaucoup: un drone est un engin volant sans pilote à bord, mais il y en a toujours un. Et toutes les actions du drone sont sous ordre d’humains. En l’état actuel des choses, « l’intelligence » d’un drone ne lui permet que d’automatiser des tâches basiques (reconnaissances de forme, fusion de données, suivi d’une trajectoire définie par l’opérateur), mais ça reste les opérateurs qui décident de tout, et surtout des ordres de tir.

    Commentaire par Nono — 18/02/2013 @ 16:26

  58. En même temps, ne crachons pas trop sur les méthodes anglosaxonnes… Eux au moins sont capables d’embaucher des jeunes, eux au moins sont capables de faire confiance, eux au moins ne sont pas obnubilés par les Grandes écoles, le statut, la hiérarchie, le harcèlement moral et sexuel… J’ironise un peu facilement certes, puisque le « pendant » est qu’ils sont éjectables à tout moment et qu’il y a peu de droits sociaux. Mais parfois quand je vois la sclérose du fonctionnement à la française, privé comme public, je me demande bien ce qu’on a à apporter au monde en terme de méthode de management. Heureusement qu’on se rattrape sur la sociologie et la philosophie.

    Commentaire par eczistenz — 18/02/2013 @ 16:30

  59. @ eczistenz

    La sociologie et la philo ne nourrissent pas l’homme sinon intellectuellement moralement et spirituellement … C’est beaucoup sans doute mais sans les essentiels matérialistes « Loup affamé n’à point d’oreilles »

    @ Incognitototo

    J’avais compris que vous disiez qu’elle êtait obligatoire mais cette forme de « volontariat » y ressemble un peu non ?
    Quoi qu’il en soit pourquoi n’adoptons nous pas une adaptation de ce système ?
    En fait la façon de gouverner de se comporter d’agir et de subir n’est ps la même d’un pays à l’autre et quand madame Taubira prétend adapter à la France le système judiciaire du Québec elle fait une erreur de psychologie.
    Si vous avez vu la récente série se passant dans un pays nordique où on voyait travail
    Iller une femme présidente de la république vous avez une approche des différences avec nous, même un Obama n’a pas les mêmes pouvoirs que notre président qui est plus proche d’une monarchie que d’une république.

    Commentaire par Scaramouche — 18/02/2013 @ 17:59

  60. @ eczistenz

    La philo la socio etc ..sont très importantes mais « Loup affamé n’a pas d’oreilles  » et la philo n’est jamais la même suivant qu’on a le ventre vide ou le ventre plein .

    @ Incognitototo

    J’avais compris dans votre post qu’il s’agissait d’une obligation ..mais ce « volontariat » orienté en est proche … Non ?
    De toute façons vouloir adapter un système lorsque les mentalités et les structures sont différentes d’un pays à l’autre est voué à l’échec . Si vous avez vu la série nordique où nous voyons évoluer une femme présidente vous aurez la différence entre nos dirigeants nos lourdeurs et notre conception républicaine du gouvernement proche d’une ancienne monarchie. Même Obama n’a pas les pouvoirs de notre président , sans parler de son pléthorique entourage. Un pays comme les USA se gouverne avec moins de monde !
    Mais là n’est pas la question , en plus de la crise les dépressions et suicides au sein des entreprises et la façon dont tout le monde reporte la faute des faillites sur l’autre est significative d’une incompréhension mutuelle et d’un malaise profond de notre société.

    Commentaire par Scaramouche — 18/02/2013 @ 18:17

  61. @eczistenz,

    Merci de me rappeler des évidences, d’ailleurs, je vous rappelle que toutes les machines sont sous des ordres humains… sauf que je suis à peu près sûr que les cas de syndrome post-traumatique chez les « pilotes » de drone, doivent être à peu près inexistants… ce qui n’est pas le cas de nombreux vétérans qui ont fait des guerres de terrain…
    La machine permet bien de distancier l’humain en « machinisant » également l’opérateur, et c’était l’essentiel de mon propos ; d’ailleurs, Obama n’envoie quasiment plus personne sur les terrains, pour assassiner des terroristes… ce sont les drones, qui s’en chargent… minimisation des risques de défaillances et de coût humain, mais également distanciation par rapport à l’acte qui empêche toute conscience du geste…
    Personnellement, je trouve cela assez terrible…

    Commentaire par Incognitototo — 18/02/2013 @ 19:18

  62. euh non, ce n’est pas moi qui vous ai répondu

    Commentaire par eczistenz — 18/02/2013 @ 19:44

  63. Je pense que c’est un peu comme tout une question de contexte et une question de mesure. Dans certains cas, l’uniformite est bien plus importante que l’intelligence. Entre autre, cela veut dire qu’on peu demander a un ordinateur de s’occuper d’une grande partie du processus et de liberer des resources. Le processus n’est peut etres pas optimal a chaque fois, mais il l’ai souvent dans l’ensemble des decisions. Si il s’agit de l’approbation des depenses en dessous de 50 Euros dans une grosse entreprise, il est preferable de ne pas y passer trop de temps.

    Un autre example est l’operation de la politique monetaire. On peu bien sur demander aux gens les plus brillants de prendre des decisions au cas par cas. Mais, il semble que suivre des regles simples et betes offre de bien meilleurs resultats. (En anglais « rules vs discretion ») La predictabilite entre autre est tres importante dans la politique monetaire.

    A un autre niveau aussi, il vous semble peut etres preferable que votre assureur agisse intelligement quand il evalue votre demande de rembourssement. Mais quid quand la personne en face de vous est un idiot qui utilise son manque d’intelligence pour vous dire non? Il est preferrable de savoir a l’avance quels sont les processus d’evaluation et de donc se couvrire en consequence. Meme si cela veut dire qu’on y perd parfois.

    Ce qui est important, c’est de laisser des valves de secours quand necessaire et surtout de ne pas tomber dans la fetishisation du process. Par example, limiter la procedure et l’uniformite dans certains endroits peu favoriser l’innovation. Il y a une longue tradition dans certaines entreprises de donner (dans certains paramettres de temps, budget etc) main libre a leur employes et de juste voir ce que le management n’aurrais jamais pu voir tout seul.

    Mais je pense que l’avantage premier du process en fin de compte, c’est la solution au problem du principal et de l’agent. Il serait prohibitif dans une grosse entreprise de regarder a chaque instant ce que fait chaque employer et de s’assurer qu’ils travaillent pour le bien de l’entreprise. Par contre, il est tres facil de creer un process et de verifier qu’ils soit suivit.

    Commentaire par PrometheeFeu — 18/02/2013 @ 20:11

  64. @eczistenz, oui, mes excuses c’était pour Nono… Je ne suis pas une machine, ça m’arrive de me tromper 😉

    Commentaire par Incognitototo — 18/02/2013 @ 20:33

  65. @ Dorine # 52 :

    Je suis tout à fait d’accord, c’est aussi dans cet esprit que je citais l’extrait d’article plus haut. Le désordre est fécond, et multiplier les process, c’est prendre le risque de se priver de cette fécondité, de l’inhiber. Je ne suis pas un grand spécialiste du rugby, mais on se pâme devant le professionnalisme des équipes nationales de l’hémisphère sud : une partition exécutée avec brio, une régularité de métronome. Pourtant, c’est régulièrement que notre équipe de France met son grain de sable dans cette belle mécanique, et fait culbuter l’ensemble. Il suffit d’un ou deux électrons libres, d’un moment d’inspiration, pour que tout se dérègle et que la créativité reprenne le dessus.
    Le désordre est rassurant… en tout cas, moi il me rassure 😉

    Commentaire par Zarga — 18/02/2013 @ 21:11

  66. @Zarga : J’ai vu un de derniers concerts de Rostropovitch. Il a fait de nombreuses fautes notes, mais sa présence sur scène et sa joie avec son violoncelle, son envie de transmettre sa passion aux jeunes qui jouaient avec lui, valaient toutes les partitions jouées de façon académique. Tout dépend du poids de l’âme mis dans l’interprétation. Notre société, vous avez raison, refroidit toute créativité, toute inventivité.

    Commentaire par Dorine — 18/02/2013 @ 21:35

  67. Bonsoir Aliocha,

    Comme vous le savez, la responsabilité des cadres de Jérôme Kerviel a été démontrée. Manque de chance, ce n’est pas devant le TGI ni la Cour d’Appel, mais par la Commission Bancaire (cf. le blâme attribué). Quant aux divers procédures, il est évident et sera démontré qu’elles n’ont pas suivi les règles minimales par lesquelles notre démocratie espère protéger les individus… Cordialement. Philippe Houbé.

    Commentaire par Philippe Houbé — 18/02/2013 @ 23:35

  68. Bonjour Aliocha,

    Je connais des spécialistes de management qui ont une vue des procédures totalement différentes de la vôtre ou de celles que vous citez. Il est bien évident qu’à coté de procédures soi-disant stupides, il y a pourtant celle du recrutement au départ.
    De grandes institutions financières de ma connaissance ont recours aux tests de l’Intelligence Émotionnelle. Un process pas si idiot. Si vous regardez bien cette grille d’évaluation de l’IE, elle comprend « la régulation des relations ». http://www.journaldunet.com/management/pratique/vie-professionnelle/1746/grille-evaluation-de-l-intelligence-emotionnelle.html
    Plus précisément, cette « régulation des relations » attendue par le recruteur de toute grande entreprise est la capacité d’un candidat à :
    « Aider les autres à progresser / Influencer les autres /Communiquer efficacement/ Anticiper et gérer les conflits /Inspirer et guider les autres /Provoquer le changement /Entretenir un réseau de qualité/Contribuer au travail en équipe ».

    Je ne pense pas qu’en la matière, la Société Générale soit à la traîne dans ses méthodes d’embauche. Je doute fort que les cadres dont vous parlez tous autant qu’ils soient, supérieurs de Jérôme Kerviel ou Jérôme Kerviel lui-même, ou collègues de Jérôme Kerviel ne sont pas doués de ces compétences sus-citées.

    Les supérieurs pouvaient Communiquer efficacement/ Anticiper et gérer les conflits /Inspirer et guider les autres /Provoquer le changement mais ils n’ont pas exercé leur faculté. Ils se contentent d’affirmer devant la justice et sous serment : « je considérais que mon travail n’était pas de comprendre les problèmes en profondeur ». C’est osé.
    Les collègues de Jérôme Kerviel et ce dernier pouvaient « Aider les autres à progresser / Influencer les autres /Communiquer efficacement/ Provoquer le changement /Entretenir un réseau de qualité/Contribuer au travail en équipe ». Ils l’ont pratiqué mais on leur a dit de le faire sous couvert. On pouvait dépasser les limites d’engagement journalier par exemple car cela paraissait d’évidence pour contribuer au changement mais cela n’était pas rendu officiel.
    L’augmentation d’objectifs assignés à M. Kerviel de 3 millions à 55 millions par an par la Société Générale démontrait les capacités de réussite et d’Intelligence Émotionnelle de ce dernier.
    La proximité du manager et l’organisation du contrôle du risque était de la responsabilité entière de la banque. C’est la banque qui devait aussi communiquer efficacement, influencer les équipes, et provoquer le changement, de la même manière que sa procédure de recrutement invitait à suivre.

    Les salariés ne sont pas des imbéciles et les dirigeants n’attendent pas la stupidité de leur part, ne vous en déplaise ! L’étude des professeurs américains cités dans cet article de la Tribune appuient leur démonstration sur une étude de Robert Musil de 1937 !
    Tout cela pour dire que la Société Générale peut très bien faire son boulot quand ça l’arrange avec de bonnes procédures. La preuve : elle recrute d’excellents traders !

    Commentaire par Jean-Pierre Andrieux — 19/02/2013 @ 00:43

  69. @incognitototo (60)

    Détrompez-vous, « même » les opérateurs de drones sont soumis à des problèmes psy (je ne sais pas si médicalement c’est du syndrome de stress post traumatique), enfin, aux Etats-Unis, car ils travaillent depuis leur base d’affectation aux USA et non sur le théâtre, et tous les soirs ils rentrent chez eux, donc, psychologiquement, font tous les jours le va-et-vient entre la guerre (ce qu’ils voientt, ce qu’ils sont, ce qu’ils entendent) et chez eux (la paix, les enfants,…). Et certains ne résistent pas à ce grand écart!!A contrario, la France a choisi de baser les opérateurs sur le théâtre, donc ils sont « en situation de guerre », et quand ils sont en France, ils sont en « situation de paix/entraînement », ce qui diminue ce risque.

    Commentaire par Nono — 19/02/2013 @ 13:09

  70. Bonjour Aliocha,

    Vous présentez une théorie d’un « spécialiste » (? de …?), selon laquelle la parcellisation des procédures internes dans une grande entreprise induirait une déresponsabilisation des salariés, en les dispensant de toute réflexion et initiative. Vous appliquez cette analyse à l’affaire Société générale, en prétendant que cela explique que la banque ait tout ignoré, ainsi qu’elle veut le faire croire, des agissements de Jérôme Kerviel.

    Quelque chose dans ce raisonnement me titille : votre thèse suppose que la banque ait mis en place un dispositif dont les conséquences et les avantages lui auraient échappé. La réalité m’apparaît tout autre. Il faut être bien naïve, ou bien partiale, pour croire que la parcellisation des procédures était négligence ou impéritie de la part de la banque. Il est beaucoup plus crédible que tout ait été ORGANISÉ afin de museler les contrôleurs. Quoi de plus malin, du point de vue de la banque, que de mettre en place de multiples systèmes de contrôles des risques, mais de les rendre inopérants en les cloisonnant ?! La banque n’est pas soupçonnable, et elle tire largement profit du dispositif. En effet, si les contrôles sont efficaces, les traders sont contraints de travailler dans les clous, et les gains se réduisent. Combien d’argent aurait perdu la SG si JK avait été bridé par des procédures efficientes ? Pourquoi croyez-vous qu’une banque comme la Caisse d’épargne a mis tant d’années à réagir aux injonctions de son inspection générale et à celles de la Commission bancaire, qui lui reprochaient les carences graves de ses systèmes de contrôle ? La SG n’était pas la seule banque à avoir compris l’intérêt de la manœuvre !

    Ainsi tout le monde était au courant (parce que 74 alertes sur un seul trader, ça réveille les plus assoupis), mais les langues étaient verrouillées, délibérément.
    « Tout le monde était au courant », c’est vite dit, relevez-vous !? De cela il existe pas mal de preuves, pour peu qu’on n’ait pas choisi de les ignorer. Tenez, en voici une, incontournable : il s’agit d’un FAIT.

    Fin 2007, le responsable de JK avait fixé à celui-ci pour objectif à atteindre en 2008 son résultat déclaré de l’année précédente, soir 55 millions d’euros. Un tel gain était 5 fois plus élevé que celui de n’importe quel autre trader du même desk. Ne voit-on pas que ledit responsable, qui forcément comprenait, à la vue de tels gains, que JK prenait des risques considérables (naturellement, il ne le découvrait pas, mais admettons que si), cautionnait bel et bien les techniques employées par le trader pour y parvenir, et l’encourageait à continuer – pire : le lui imposait ?! Pas possible ici d’appeler une quelconque théorie à la rescousse afin d’innocenter la banque ! Un tel comportement de ses chefs faisait bel et bien d’eux des complices actifs, parfaitement informés, du trader qui rapportait des profits juteux impactant leur bonus. « Mais pourquoi la justice n’a-t-elle pas tenu compte d’un argument aussi probant » demandera-t-on ? C’est une très bonne question.

    Commentaire par Julien Gardon — 19/02/2013 @ 16:19

  71. @ Jean -Pierre Andrieux

    L’intelligence émotionnelle entre dans les tests de Q.I et cette régulation des relations dont vous parlez est typiquement anglo-saxonne c’est ce dont je parlais précédemment, elle privilégie le travail en équipe. Difficile d’ignorer ce que fait l’autre et je partage votre point de
    vue même s’il est toujours possible en cas de problème de la part de la direction de plaider l’ignorance il est difficile d’y croire vraiment.

    Commentaire par Scaramouche — 20/02/2013 @ 07:58

  72. @Julien Gardon : si vous voulez savoir de qui est cette analyse et non pas cette thèse, lisez le livre, c’est dedans. Je n’ai pas envie de résumer ici au risque de jeter en pature la pensée d’une universitaire brillantissime pour qui j’ai beaucoup d’admiration et qui ne pourrait pas se défendre, par définition puisqu’elle n’est pas partie à la discussion. Notez, c’est une analyse très partagée chez l’ensemble des spécialistes de la régulation.
    Je n’ai pas parlé de système fractionné, même si c’est aussi un sujet, j’ai parlé de système procédurier où l’on doit faire uniquement ce qui est écrit dans le manuel et s’abstenir de toute initiative personnelle. Si vous voulez qu’on aille plus avant, cela concerne les fonctions middle et back office et cela vise en l’espèce moins à traquer la fraude, qu’à identifier et corriger des erreurs le plus vite possible. Or des erreurs, sur des millions d’opérations passées par des milliers de traders chaque jour, il y en a énormément.
    Volontairement insuffisant le CI ? Oui, la CB l’a dit, mais pas pour le rendre inopérant, simplement moitié par mauvaise conception, moitié par économie. Je vous rappelle que nous étions en pleine crise des subprime et que les services de trading avaient cru plus vite que le CI.
    Maintenant, JK a entré 900 fausses opérations pour dissimuler les vraies, c’est dans l’arrêt de la cour d’appel. Le CI devrait traquer la fraude, mais c’est bien connu en finance qu’on ne sait pas traquer la fraude, pire qu’on ne croit pas que ce soit possible. Tous les commissaires aux comptes vous le dirons. ça les fait flipper, ils ont quelques trucs pour l’identifier, mais globalement, celui qui veut frauder, fraude. Les systèmes ne le voient pas parce que la fraude est par définition dissimulée. C’est une autre faiblesse du système. On a augmenté l’objectif de JK, oui, dans une banque qui avait la culture de l’arrogance, on a pensé qu’on était tombé sur un génie, ça s’appelle la pensée magique et c’est très bien décrit dans le remarquable ouvrage du sociologue Godechot « Les traders » où il raconte son immersion pendant 6 mois dans la salle de trading d’une grande banque française. Maintenant, expliquez-moi, si JK agissait sur ordre d’une hiérarchie parfaitement au courant de ses actes pourquoi :
    – quand il gagne 500 millions en juillet 2007 (30 milliards investis) il se tait et dissimule son résultat par de fausses opérations ?
    – quand il gagne 900 millions en novembre 2007 (30 milliards investis en directionnel sur les indices boursiers européens) il se tait et dissimule son résultat ?
    – quand il affiche en conséquence un résultat de 1,4 milliards d’euros au 31 décembre 2007, il se tait, dissimule le résultat et se contente d’un bonus ridicule de 300 000 euros alors qu’il avait demandé 600 000 ?
    N’était-ce pas le moment de bondir de joie sur le desk et de demander un bonus en rapport avec son gain ? D’ailleurs, c’est toute la hiérarchie qui en aurait croqué. Bon sang, puisqu’elle était au courant, qu’elle l’encourageait, comment se fait-il qu’elle ait raté ces résultats ?
    – quand il rentre le 2 janvier, il se tait toujours et réinvestit, selon les mêmes méthodes, pour atteindre finalement 50 milliards, tout en poursuivant la dissimulation de son résultat, ce qui le mènera à être découvert en raison d’une maladresse dans le choix d’une contrepartie fictive ?

    Vous voyez, le bon sens n’est pas forcément du côté qu’on croit….

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/02/2013 @ 10:02

  73. @Jean-Pierre Andrieux : il me semble que l’intelligence émotionnelle est une découverte récente. JK a été embauché en 2000 au terme d’un entretien avec un recruteur qui l’a jugé plus intuitif que rationnel, et un tantinet rigide vis à vis de lui-même et donc potentiellement à l’égard des autres. Qu’importe, il était dédié au middle office, les fonctions contrôle n’exigent pas forcément les qualités que vous évoquez. En 2005, il est propulsé trader de façon inattendue. En 2007 son chef, trader aguerri, quitte la banque. A la place, on met un salarié Socgen qui rentre du japon. Brillant polytechnicien concepteur de produits mais ne connaissant rien au trading. Celui qui le recrute lui dit : t’inquiète, tes traders vont te former, en particulier Kerviel, c’est le meilleur et si tu ne comprends pas quelque chose, je t’aiderai. Curieusement, c’est en mars 2007 que JK commence à déraper…Et là, que se passe-t-il ? Quand il déclenche une alerte, le N+1 qui ne comprend rien laisse la main au N+2. Il prend l’habitude, comme il le dira à la barre, de voir les problèmes se résoudre au-dessus de sa tête. Sauf que le N+2 quant à lui fait plus ou moins confiance au CI et s’appuie quand même sur son N+1. Et pour cause, il est responsable des grands comptes et d’une partie de l’Europe du Sud, alors le petit desk delta one de JK, c’est le cadet de ses soucis. C’est ce que je décris dans un billet titré, la parabole des aveugles. Voilà, on trouve là les travers classique du travail d’équipe, bien loin des belles théories sur l’intelligence émotionnelle. J’ajoute que JK dissimulait toutes ses opérations, ça aussi c’est assez loin de l’intelligence émotionnelle…

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/02/2013 @ 10:40

  74. @ Aliocha
    Vous connaissez professionnellement l’affaire Kerviel et avez suivi le procès donc pour la profane qui vous lit votre conclusion logique est imparable et je m’y range même si, avouez-le, elle dérange quelque peu.

    Commentaire par Scaramouche — 20/02/2013 @ 10:51

  75. @Scaramouche : à chaque fois que j’ai été interviewée, j’ai toujours précisé que je ne prétendais pas détenir la vérité. D’ailleurs dans le livre je ne tire aucune conclusion, je me contente de rapporter les faits, tous les faits et de laisser chacun élaborer son propre jugement. Au fond, l’affaire est passionnante, indépendamment du fin mot de l’histoire parce qu’elle concentre bien des travers de notre société. Disons qu’après avoir douté comme tout le monde de la thèse de Socgen, j’ai fini par y adhérer avec un niveau de certitude de l’ordre de 70%. C’est en appel, face à la théorie de la manipulation et en continuant de tenter de comprendre que je ne suis pas parvenue à saisir pourquoi, si tout le monde était au courant, il était utile de dissimuler les opérations…La présidente de la cour est revenue inlassablement sur cette question. Réponse de JK : il fallait dissimuler vis à vis de l’extérieur. Réaction de la présidente : parce que les tiers à votre avis sont plus idiots que vos chefs ? Vous dites que vos dissimulations étaient si absurdes que personne ne pouvait y adhérer, mais alors pourquoi faire des choses absurdes ? Eh oui, pourquoi…
    Je sais que ça dérange, c’est l’un des multiples éléments passionnants de ce dossier hors normes 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/02/2013 @ 11:06

  76. Un contrepoint (malheureusement en anglais) la stupidité efficace 🙂 http://phys.org/news/2013-01-smart-stupid-theory.html

    Commentaire par Kaeldric — 20/02/2013 @ 11:57

  77. @Scaramouche, n°59

    « Quoi qu’il en soit pourquoi n’adoptons-nous pas une adaptation de ce système ? »… Alors là, si j’avais la réponse, je vous le dirais…
    Ce qui est sûr, c’est que ce pays qui a pourtant fait une nuit du 4 août est probablement un des plus sclérosés d’Europe, en ce qui concerne la possibilité de remettre en cause des institutions ou structures qui ne fonctionnent pas…
    Le jour où on pourra faire de vraies réformes structurelles en France, ça sera vraiment une révolution en soi.

    Commentaire par Incognitototo — 20/02/2013 @ 23:39

  78. De grâce, épargnez-nous le rabâchage de la version officielle, qui a été matraquée par la SG au cours d’une campagne médiatique fracassante, dans les jours qui suivirent la révélation au public de la découverte des pertes imputées à JK ; version à laquelle se sont ralliés plusieurs médias qui, pourtant initialement incrédules, sourire en coin, ont tôt fait de retourner leur veste et sont devenus les complices et les porte-parole de la banque – ce que vous êtes dans votre commentaire : les systèmes de contrôle étaient mal conçus, insuffisants au regard du nombre croissant de traders, et l’heure était aux économies, crise des subprimes oblige – ce refrain, on l’a entendu mille fois. Mais, désolé, il ne tient pas la route. La SG a choisi d’apparaître incompétente, négligente sur les contrôles, afin de dissimuler une vérité plus dommageable à l’image lisse et vertueuse qu’elle voulait préserver : celle qui révélerait qu’elle savait ce que faisait JK, mais fermait les yeux, dans le seul but de ramasser un maximum d’argent. JK a pris des risques en dépassant les limites, mais la SG a tacitement validé sa démarche, et sa responsabilité est lourdement engagée. Tout, dans le dossier, contredit les dénégations de la banque : de nombreux faits (je vous en ai cité un précédemment), ainsi que les témoins qui sont venus s’exprimer au procès (ou ont déposé un témoignage écrit) : ceux qui étaient cités par la défense, mais aussi, et cela est cocasse, ceux de la SG, qui nous ont livré de leur comportement des explications si loufoques, si insensées, qu’ils servaient la défense – contre leur gré évidemment ! Que la justice n’ait pas tenu compte d’un tel point de vue en fixant sa sentence, ne signifie pas qu’il soit inexact. Des preuves ont été désignées, voire localisées avec précision, mais elles ne sont pas à la portée de JK ni de son avocat. Attendons la suite.

    Vous évoquez les opérations fictives ; parlons-en. La SG a essayé de nous faire croire (l’un des innombrables mensonges qu’il a fallu que la défense – et non pas la justice – dénonce au procès) que JK les avait inventées (de sorte que la banque n’aurait pas pu les identifier facilement), alors qu’elles avaient été pratiquées par 2 fois précédemment à la SG, notamment en 2007, ce n’était pas si vieux! Savez-vous combien d’opérations fictives a effectuées la SG au cours du débouclage des positions de JK les 21, 22 et 23 janvier 2008 ? Non, vous l’ignorez, vous qui connaissez pourtant si bien le dossier ? Ça n’est pas dans l’arrêt de la cour d’appel ? En effet. Car personne en dehors de la banque ne sait dans quelles conditions s’est déroulé le débouclage. Aucune expertise judiciaire n’a jamais été ordonnée sur cet épisode, qui détermine le montant des dommages et intérêts réclamés à JK. La banque a présenté la facture de ses pertes sans que l’origine de celles-ci n’ait été contrôlée. Stupéfiant, vous ne trouvez pas ? Une victime présente la note de ses dommages et aucune autorité ne vient lui demander des comptes. Au fait, vous, en tant que journaliste, ça ne vous gêne pas ? On ne vous a pas beaucoup entendus sur ce sujet, vous et vos collègues. Moi, en tant que simple citoyen, ça me bloque, ça ne passe pas. J’aurais aimé – j’aimerais – que la justice aille fourrer son nez dans les manœuvres qui se sont déroulées, en janvier 2008, pendant les 7 jours écoulés avant que la Brigade financière ne débarque dans les locaux de la SG, munie d’un mandat de perquisition. Sans être particulièrement méfiant, ça éveille des soupçons, non ? Et pourquoi ne pas les lever ? Si la SG n’a rien à cacher, pourquoi protéger avec tant de soin le secret sur le débouclage?
    Alors qu’on ne vienne pas stigmatiser JK pour avoir employé des techniques de dissimulation qu’il avait découvertes sur son lieu de travail, parce qu’en matière d’absence de transparence, le champion, c’est la SG ! Et ne faites pas mine de ne pas comprendre pour quelle raison la banque a dissimulé soigneusement les conditions du débouclage. Ou alors c’est que vous avez la mémoire courte (voir plus haut). Car ce que croyaient les marchés financiers et les médias lorsqu’a éclaté l’affaire, c’était que la SG avait profité de l’occasion pour écouler ses propres pertes liées aux subprimes. Attendons la suite.

    Venons-en à l’objectif de JK, augmenté par ses chefs pour l’année 2008. Je veux bien que ses responsables l’aient pris pour un petit génie. Mais cela ne contredit pas le fait qu’ils avaient compris qu’il prenait des risques excessifs et qu’ils lui imposaient cependant de continuer dans cette voie, au lieu de l’arrêter fermement.
    Cela dit – définitivement – vous vous intéressez au résultat de1,4 milliard d’euros sur l’année 2007, que JK a dissimulé au lieu de le publier en bondissant de joie à la perspective de toucher un énorme bonus. En clair, vous suggérez que si JK a dissimulé les 1,4 milliards, cela prouve que ses chefs n’étaient pas au courant, sinon JK n’aurait pas laissé passer pareille occasion d’empocher un pactole.
    Plusieurs éléments de réponse : 1) le gain déclaré par JK, 55 millions d’euros, était déjà mirobolant pour ses chefs : plus de 10 fois le gain d’un trader de son desk ; si JK avait craint d’éveiller des soupçons, il n’aurait pas déclaré une telle somme ; 2) vous n’avez définitivement pas compris comment fonctionnait JK. Ce qui le faisait courir, ce n’était pas le bonus ! Il n’a pas cessé de le répéter, et l’on en a ici la preuve : pour 2007, le bonus justifié par 55 millions de résultat lui suffisait. Le but de JK était de faire gagner un maximum d’argent à la banque ; 3) alors pourquoi a-t-il dissimulé les 1,4 milliards, si ce n’était pas afin de ne pas être démasqué par ses chefs ? Avez-vous entendu parler du protocole de la mise sous le tapis ? On pourrait croire que non. Pour les non informés, il s’agit d’une pratique courante parmi les traders en fin d’année, consistant à dissimuler une partie de ses gains, afin de les sortir en cas de besoin l’année suivante. C’est aussi simple que ça : JK s’était constitué une réserve pour l’année 2008 … pas superflu en période de crise (malheureusement elle aura fondu rapidement). Ses chefs le savaient : il avait fallu leur demander leur aval, pour le tapis. Mais le montant n’avait pas été évoqué. Ça vous étonne ? Notez que les 1,4 milliards apparaissaient en trésorerie et en comptabilité. Mais dans une salle de marché, on ne parle pas d’argent (ah ah) ! On ne révèle pas ses gains, ni ses prétentions de bonus. Motus. Vous n’avez pas lu cela dans le livre de Mr Godechot ? Mais on est au courant, en gros, parce qu’on entend le voisin passer des ordres, et JK s’était taillé une réputation de trader ultra-performant, ça se savait et ça se disait, même hors les murs de la banque, à la Fimat, passe encore, une filiale de la SG, mais aussi à BNP Paribas ! La dissimulation pratiquée par JK vis-à-vis de ses chefs et de ses collègues était un secret de polichinelle. Pour vous aider à le comprendre, prenons une image : vous vous présentez devant moi en dissimulant votre visage sous un masque. Je serais alors incapable de décrire vos traits avec précision. Mais je saurais avec certitude qui se cache derrière le masque. La dissimulation, c’est pour l’extérieur qu’elle était nécessaire : secret des stratégies gagnantes oblige.

    Vous voyez : la vérité n’est pas forcément à votre convenance.

    Commentaire par Julien Gardon — 21/02/2013 @ 19:22

  79. @Aliocha,

    Le commentaire précédent s’adresse à Aliocha (n° 72). Que je salue.

    Commentaire par Julien Gardon — 21/02/2013 @ 19:37

  80. @Julien Gardon : je n’ai aucune convenance, j’avais un parti pris en faveur de JK que j’ai été forcée d’abandonner, et pas de gaieté de coeur croyez-moi. Votre raisonnement ne tient pas pour qui connait un peu les relations entre les banques et leur gendarme, entre les banques et leurs CAC. Il ne tient pas non plus sur le terrain de la psychologie de base. Il ne tient pas davantage au vu des premiers aveux de JK devant la police. Il ne tient de nulle part.

    Je vais vous dire ce qui s’est vraisemblablement passé. Oui, sa hiérarchie savait qu’il était bon, oui elle savait qu’il développait une stratégie qu’il considérait comme innovante – et ne l’était sans doute pas si on pense au jeu de la barrière désactivante des warrants – oui elle lui a sans doute laissé la bride sur le cou moitié par ignorance, moitié par négligence. Oui il a sans doute bénéficié d’un statut privilégié, un peu flou qu’il a entretenu lui-même d’ailleurs en montrant à ses collègues comment gagner vite et beaucoup, en agitant sa mystérieuse stratégie sans pour autant l’expliquer, et en rapportant bien sur son activité officielle. Mais non, elle ne savait pas qu’il faisait du directionnel à hauteur de plusieurs dizaines de milliards. Non elle ne l’a pas laissé investir les fonds propres de la banque sur une hypothétique chute des indices boursiers européens, puis un rebond encore plus hypothétique.

    C’est dans cette zone grise, à cet endroit précis, que se noue le drame. C’est ce qui permet à la hiérarchie de dire qu’elle ne savait pas – en étant un peu mal à l’aise et il y a de quoi parce qu’elle a quand même l’air branquignole – et c’est ce qui permet à JK d’affirmer puis de finir par s’autoconvaincre avec le temps que « tout le monde savait et le laissait faire ». Oui, mais savait quoi ? C’est sur cette ambiguité que tient en équilibre tout le dossier. Et c’est là-dessus que chacun pousse de son côté pour le faire basculer.

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/02/2013 @ 19:44

  81. Désormais, je vais rouler à 25 000 km / heure quand la limite est à 50 ! C’est à dire à 500 fois la vitesse autorisée. C’est sûr, on ne me verra pas !

    Un trader gagne 1.4 milliard d’euros en 2007 et publie 55 millions seulement et la banque ne s’étonne pas et dit n’avoir pas vu. Comment peut-on faire croire des sornettes pareilles ? C’est une mascarade épouvantable, du jamais vu pour de vrai !
    Le trader moyen cachait sous le tapis ses résultats pour l’année d’après au cas où ; Jérôme Kerviel a fait pareil.
    Une banque qui trompe tout le monde de cette façon, c’est hallucinant et révoltant.
    55 millions c’était déjà plus de 10 fois le résultat officiel d’un trader moyen, mais 1.4 milliard ! C’est 500 fois le résultat normal de 3 millions d’euros d’un trader moyen !
    Cinq cents fois !
    Mais non mais un poids lourd de la finance internationale ne voit pas, ne voit rien.

    Commentaire par Jean-Pierre Andrieux — 21/02/2013 @ 22:08

  82. Permettez-moi de vous le dire respectueusement : vous êtes pénible, Madame. Et indigne de vos lecteurs, qui, eux, sont de bonne foi. On vous aligne des arguments, précis ; des faits, avérés, recueillis au procès ; on se dit : « on va débattre », et on l’espère, parce que l’affrontement de points de vue opposés éclaire toujours. On présume : « elle a forcément réfléchi … ». Ben non, elle a pas. Aliocha n’a pas besoin de réfléchir : elle sait. Elle n’a aucune preuve de ce qu’elle affirme ? Pas grave : ses certitudes en tiennent lieu. La réalité l’embarrasse ? Elle la déforme. Aliocha-la Pythie délivre ses oracles, du haut de sa suffisance (ici, une pensée pour l’immense Durand-Soufflant, définitivement associé à ce mot). Elle a des intuitions de vérité : « je vais vous dire ce qui s’est vraisemblablement passé » – savoureux, le « vraisemblablement », non ? Allons-y, assénons des contrevérités « vraisemblables » ! Quelle importance ? Il ne s’agit que de la vie d’un homme après tout.

    Pourquoi vous ne répondez pas sur le débouclage ? Je ne vois qu’une explication – vraisemblable – à ce silence pesant, le vôtre et celui de vos congénères : vous n’avez aucun argument à opposer à ceux que l’opacité définitive de cet épisode scandalise.

    A vos lecteurs, qui jugeront, je recommande cette exhortation d’André Gide (dans les Nourritures) : « Cesse de croire et instruis-toi ». Car c’est bien de croyance dont il est question dans ce blog.

    Essayez de faire votre métier correctement Madame. Il consiste à rapporter des faits, non à produire des élucubrations, alimentées par on ne sait quel ressentiment.
    Quel intérêt avez-vous à occulter la vérité de ce dossier ? Le confort de se sentir dans la meute de ceux qui courtisent la banque toute – puissante? L’habitude du conformisme érigé en règle de vie ? Au lieu de traquer le bouc émissaire avec vos semblables – certains médias -, de participer à la curée sans vous soucier du sort d’un homme sacrifié aux intérêts de la finance, que ne cherchez-vous plutôt à traquer la vérité, à librement affirmer ce que votre connaissance du dossier vous enseigne ? Mais de telles valeurs : vérité, liberté de jugement, justice, ne sont pas accessibles aux âmes vulgaires, qui se soucient peu de penser par elles-mêmes.
    Avec des « journalistes » de votre acabit, la Société Générale doit jubiler et peut remercier ses alliés objectifs ! – le fait-elle ?

    Commentaire par Julien Gardon — 22/02/2013 @ 11:07

  83. Vous avez raison la métaphore automobilistique est éclairante : si vous dépassez vos autorisations d’engagement pour trompé le système afin d’arracher des bonus injustifiés c’est une dérive grave ! Qui mérite une sanction ! Pas vu, pas pris dit l’adage populaire mais avec sa petite chute…vu viré !

    Mais alors, précisément, si la banque fermait les yeux, je ne sais pas vous… mais moi, si je fais gagner 1,4 Mds à mon employeur, non seulement il me baise les pieds mais encore je me fais virer même avec un chèque de moins de 1% de ce gain payé sur le dos de la sacro-sainte réputation de la banque avec une armada d’avocats pour négocier le deal !

    Car voyez-vous, en plus du profit réalisé j’évitais à mon employeur, en termes financiers et de communication, cette pitoyable exposition judiciaire !

    D’ailleurs, hiérarchiquement, ses responsables du desk delta one qui ont failli, ont été remerciés avec des sommes rondelettes !

    Jérôme Kerviel avait pour objectif de faire gagner de l’argent à sa banque. Oui et alors ? Tous ceux qui travaille dans une entreprise sont là pour ça non ?

    Jongler avec des milliards d’euros ç’est grisant ! Négocier les deux pieds sur le bureau avec cigare au bec face à face avec Bouton aurait dû être alors un jeu d’enfants non ? Vous voyez ce que je veux dire ? Dans ma longue expérience comme juriste bancaire vous savez : j’en ai vu d’autres !

    Certains, ici, ont évoqué l’intelligence émotionnelle c’est un concept (ignoré ?) par les « pseudos génies puceaux de la finance » qui exagèrent bien souvent la valeur et l’importance de la raison pure que mesure le QI dans la vie humaine.

    En réalité, si Jérôme Kerviel dans cette affaire a perdu c’est parce qu’il a trop gagné, il a fallu qu’il s’expose et qu’il explose tous les voyants de la banque pour être découvert : c’est la déraison (bovarysme financier ?) en tout cas, manifestement, une incapacité à s’imposer un impératif moral et où l’ absence d’éthique fondamentale a favorisé, semble-t-il, une forme d’esclavagisme pulsionnelle.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 22/02/2013 @ 12:03

  84. @Aliocha

    Il a raison Julien Gardon (78). Pourquoi vous ne lui répondez pas sur le débouclage ?

    Commentaire par Evelyne Méchain — 22/02/2013 @ 12:09

  85. @Julien Gardon : je sais, c’est pénible la contradiction. Et vous avez raison de me donner des leçons, car je présume que, comme moi, vous avez assisté de bout en bout aux deux procès, que, comme moi, vous avez lu les dizaines de milliers de pages du dossier, que, comme moi, vous avez interrogé entre 2008 et 2010 des dizaines de personnes, que, comme moi, vous avez une formation d’avocat pour comprendre comment fonctionne la justice, que, comme moi, vous observez le monde financier depuis 20 ans, que, comme moi, vous connaissez intimement le monde de la régulation financière, que, comme moi, vous abordez le dossier sans préjugés, que, comme moi, vous cherchez sincèrement à comprendre, même si ce que vous voyez vous dérange…Non ? Alors ne venez pas m’insulter chez moi, sans avoir lu le livre, simplement parce que je dis des choses qui ne vous conviennent pas, sans tenir compte des réserves que je rappelle régulièrement et en prétendant en plus me faire répondre à vos arguments deux fois démentis en justice. Je n’ai jamais dit nulle part que Socgen avait raison, j’ai dit que je pensais avec une assurance raisonnable qu’elle disait vrai et j’en ai tiré les conclusions. Et je l’ai fait au terme d’un travail approfondi, sincère, et acharné. Alors ne venez pas me chercher sur ce terrain, en opposant à mon boulot vos seules certitudes. L’affaire est devant la cour de cass, c’est là-bas qu’il faut avancer vos arguments. Moi j’ai fait mon boulot, et vous le sauriez si vous aviez lu le livre. Ah mais non ! On se contente de crier après les gens qui ne sont pas à genoux devant votre héros. Désolée, mais moi j’ai l’habitude de me tenir debout et de réfléchir, pas de lancer des paillettes sur des idoles en scandant des mantras sur la finance folle et le pauvre David écrasé par Goliath. Pour faire ça, il y a l’émission de Ruquier.

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/02/2013 @ 12:19

  86. @Evelyne : ah bah oui, c’est vrai ça, pourquoi je réponds pas aux commentateurs insultants ! Mince alors !!! Quel scandale. Ou quel complot, ben oui, c’est ça, le complot. Ceci est un blog, pas une société de services où vous payez et où vous avez le droit d’exiger des réponses. Pour moi, ce dossier est clos. Et les commentaires sous ce billet aussi.

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/02/2013 @ 12:22


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