La Plume d'Aliocha

05/12/2012

Le petit procès de la finance folle

Filed under: Choses vues — laplumedaliocha @ 09:08
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Le trader Boris Picano-Nacci comparait devant le tribunal correctionnel de Paris pour abus de confiance depuis lundi. Il est accusé d’avoir fait perdre 751 millions d’euros à Caisse d’Epargne en octobre 2008, soit quelques mois après la révélation des pertes de Société Générale imputées à Jérôme Kerviel. Et c’est le même procès, en tout petit. Dès le départ, les conseils du trader, édifiés par le cataclysme Kerviel qui venait de se jouer la même année ont décidé de ne pas adresser la parole aux médias. Plutôt bien vu. Le résultat, c’est qu’il n’y a pas de forêt de caméras et de micros pour les accueillir à l’entrée de la salle. Il est vrai que l’affaire est jugée  dans la  11ème chambre correctionnelle. Pour la trouver, il faut connaître, ou bien avoir été scout et être capable d’explorer les tréfonds d’un bâtiment ancien au plan tarabiscoté. Nous sommes trois journalistes en tout et pour tout : l’AFP, Les Echos et la blogueuse. C’est pas beaucoup. Hier, il y en avait plus, regrette une pimpante greffière au brushing impeccable dont on aperçoit le pantalon de cuir noir sous la robe. Hélas, ne juge pas Kerviel qui veut ! Sur les bancs réservés au public, on ne se bouscule pas non plus.

A droite quand on fait face au tribunal, a pris place l’avocat de la Caisse d’Epargne. C’est Jean Reinhart, l’un de ceux qui défendaient  Socgen dans l’affaire Kerviel, d’où une étrange sensation de déjà vu. De l’autre côté, le trader. Taille moyenne, cheveux très courts, yeux bleus, nez à la Cyrano. Le tribunal n’est pas encore là, alors il tourne en rond, il observe, visiblement inquiet. Son avocat, Martin Reynaud, semble n’avoir pas trente ans. Grand, mince, il a le regard enflammé des gravures d’un autre temps représentant le monde judiciaire. Ses cheveux bruns coupés au carré lui donnent un air de fils de bonne famille. Le procès Kerviel frisait l’hystérie, celui-ci a le charme de l’intimité. Pour un peu, on se croirait dans un salon.

Voici qu’entre le tribunal, il est présidé par une femme. A ses côtés, un assesseur en robe, un autre en costume de ville. « C’est un juge de proximité » me murmure à l’oreille ma voisine. Décidément, dans cette affaire, on fait tout en plus petit. La présidente appelle le trader. Il se lève et s’aggrippe à la barre. Ses mains tremblent.  Et l’on se souvient par contraste de la fière allure de Jérôme Kerviel. De son masque impénétrable de trader rêvé et un tantinet surjoué. Celui qui fait face au tribunal est dans ses petits souliers. La présidente quant à elle ne dissimule pas l’irritation que lui inspire le jargon de la finance, et moins encore son ignorance. Alors le prévenu lui explique – il est mathématicien de formation – les concepts de put, de call, de tunnel haussier et même de thêta. Et le tribunal traduit à haute voix dans des mots plus simples. Au début on s’interroge : pareils néophytes sont-ils vraiment en mesure de juger un dossier financier ? Et puis on songe que ça n’est pas si mal après tout d’obliger ces gens-là à s’exprimer clairement. Soudain la finance s’éclaire, ce n’est jamais au fond qu’une histoire de choux et de carottes que des matheux un peu dingues auraient compliquée par jeu. Là encore, on se croirait au procès Kerviel, peut-être parce que c’est aussi et toujours un peu celui de la finance.

L’avocat de la défense intervient avec la délicatesse d’un concertiste. Il s’associe à l’ignorance du tribunal, pose des questions douces pour comprendre, dont on mesure l’habileté quand le prévenu répond et que l’on s’aperçoit qu’une idée un peu trop rapide vient d’être corrigée. Par exemple lorsque le trader explique qu’en septembre 2008, il décide de miser sur Lehman Brothers.

Un assesseur interloqué : vous avez parié sur une entreprise dont vous saviez qu’elle était en difficultés ? Mauvais point pour le trader. Dans l’esprit des juges, l’idée parait absurde, mais à l’époque dans la finance, nul n’imaginait que les Etats-Unis laisseraient la banque faire faillite. Too big to fail, comme on dit, on ne tue pas les gros, leur importance est vitale.

L’avocat dissipe le malentendu : c’était un pari, vraiment, au sens 50% de chances de gagner ou de perdre ?

Non, répond le prévenu, Lehman Brothers ne pouvait pas faire faillite.

Mais Lehman Brothers a fait faillite…. C’est le coeur du dossier. Caisse d’Epargne avait décidé quelques mois plus tôt de cesser le trading pour compte propre, autrement dit le trading avec les fonds de la banque. On avait donc demandé aux traders de solder les positions avant la fin de l’année 2008. Seulement voilà, on ne bazarde pas ses investissements comme ça, il faut y aller en douceur, attendre le moment propice, couvrir ses positions. C’était le rôle de Boris. Et tout aurait pu se passer à peu près bien si le naufrage Lehman Brother n’avait déclenché, le 15 septembre de cette année-là, un véritable séisme. Ce qu’on reproche au prévenu ? Dans un marché devenu fou furieux, d’être sorti de son mandat durant quelques semaines tout au plus, d’avoir joué, et perdu. Comme dans l’affaire Kerviel, le trader se défend d’avoir trompé sa hiérarchie et les contrôles. Comme dans l’affaire Kerviel, ceux-ci se sont avérés lourdement défectueux, d’ailleurs la Commission bancaire a frappé. Comme dans l’affaire Kerviel encore, la cession de positions qualifiées de gigantesques a creusé un trou affolant dans les comptes. Tout est relatif, ici il s’agit de 751 millions, mais l’écureuil n’a pas la même surface que la banque rouge et noire. A l’inverse de l’affaire Kerviel, le trader avoue qu’il a pris de mauvaises décisions, c’est même un leitmotiv chez lui, d’ailleurs il a prévenu ses supérieurs et démissionné. Quand il est parti, il perdait 130 millions, au final, la perte avoisine le milliard.

Et l’on se prend à rêver d’une relaxe, pour des raisons judiciairement irrecevables. Parce qu’on ne peut s’empêcher de comparer avec l’affaire Kerviel. Parce qu’il ne s’agit « que » de 751 millions et que la crise nous a appris à raisonner en milliards. Parce que le jeune homme tremble à la barre. Parce qu’il a caché ses pertes dit-on, mais un peu seulement. Songez donc, il n’y a que 10 millions d’écart entre ce qu’il a dit et la réalité ! Parce qu’il a démissionné de lui-même. Parce qu’il n’a pas fait la victime sur les plateaux de télévision, ni sorti de livre. Parce qu’on voit bien qu’il a honte de sa faute professionnelle. Parce qu’on se sent prêt à lui pardonner d’avoir dit à un collègue, quand tout allait bien encore : « j’ai pris la plus belle et la plus dangereuse position de ma vie. C’est un énorme coup de poker. Si Lehman ne fait pas faillite, je serai le King of Paris ». A la barre, il n’est le king de rien du tout. Il a perdu.

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40 commentaires »

  1. C’est Lehmann Brothers qui a fait faillite, pas Goldman Sachs. Curieux lapsus…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 05/12/2012 @ 09:32

  2. @Denis Monod Broca : merci, j’ai corrigé entre temps. J’ai lu une partie de la nuit un bouquin sur GS, d’où la confusion…

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/12/2012 @ 09:46

  3. Je chipote, mais si « la perte [finale, de 751 millions] avoisine le milliard », on peut dire que sa perte initiale de 130 millions était nulle.

    Commentaire par Olivier M. — 05/12/2012 @ 10:04

  4. Magnifique chronique… En France il y a 3 grands de la chronique judiciaire, Pascale Robert Diard, Stéphane Durand Souffland, et Aliocha.

    Commentaire par mussipont — 05/12/2012 @ 10:58

  5. Ah, la position du perdant magnifique, romantique à souhait…
    Et oui, il est probablement bien plus intelligent comme stratégie de faire profil bas.

    PS : petite remarque d’orthographe. Un scout s’écrit ainsi, sinon, c’est que ça doit avoir rapport avec un scooter. 😉

    Commentaire par Polydamas — 05/12/2012 @ 11:08

  6. @Polydamas : merci pour scout, je me disais bien qu’il y avait un problème, mais je n’arrivais pas à l’identifier. Surmenage…

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/12/2012 @ 11:23

  7. En fait , il est accusé de quoi réellement? que dit exactement ORTC sur la qualification des faits,? Si à chaque fois qu’un employé fait perdre de l’argent à son employeur est un délit , je n’ose craindre l’encombrement des juridictions. d’après votre post , il me semble qu’il manque déjà l’élément moral à cette infraction dont nous ignorons la qualification exacte.

    Commentaire par bleu horizon — 05/12/2012 @ 11:24

  8. @Bleu horizon : je me suis libérée des contraintes du journalisme, mais vous avez l’article de Valérie de Senneville des Echos en lien pour la précision factuelle. Il est poursuivi pour abus de confiance et la question de l’intention est en effet au coeur des débats.

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/12/2012 @ 11:28

  9. Bonjour Aliocha,

    et merci pour ce compte-rendu.

    Pourquoi ai-je le sentiment que la presse ne fait pas son devoir en ne rendant pas compte convenablement de ce procès ? Personne – sauf vous – pour s’intéresser à ce procès. Seulement quelques articles ( par exemple Les Échos ici http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202424108006-picano-nacci-un-nouveau-trader-devant-la-justice-516437.php ou là http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202429401396-proces-de-l-ex-trader-des-caisses-d-epargne-les-reponses-se-font-attendre-517493.php ) qui annoncent le procès ou qui rendent compte très succinctement des débats et qui montrent que les poursuites pénales engagées contre ce trader soulèvent bien des questions : 751 millions de pertes mais seulement 315 millions imputables à une faute individuelle qualifiable pénalement ? Un abus de confiance « sans intention de nuire » qui serait constitué seulement « gestion particulièrement agressive et risquée, en violation totale de son mandat de gestion prudentielle extinctive » ? Un rapport accablant de la Commission bancaire sur les carences du système de contrôle de la banque et personne pour s’interroger sur limites du droit pénal qui s’attache essentiellement aux manquements individuels pour éviter, contrôler, limiter, cantonner les risques générés par le fonctionnement même des banques dans leurs activités de trading ? Après l’affaire de la Société Générale et après le procès Kerviel ?

    Pourquoi ai-je le sentiment que le système judiciaire est en dessous de son devoir ? Une présidente qui n’est pas spécialement familiarisée avec les mécanismes des salles de marché, assistée d’un juge de proximité ? Imagine-t-on un juge de proximité dans la composition du tribunal qui a jugé Jérôme Kerviel ?

    J’espère que vous aurez la possibilité de continuer à rendre compte de ce procès.

    Commentaire par ranide — 05/12/2012 @ 11:35

  10. C’est pas de sa faute, c’est la faute aux hormones! 😉 C’est la science qui le dit.
    « Que se passe-t-il dans le cerveau d’un trader qui pète les plombs ? Un neurologue le sait et l’explique »
    En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/neurologue-qui-explique-qui-se-passe-dans-cerveau-trader-qui-pete-plombs-512373.html
    Puis-je rajouter « avec la délicatesse d’un concertiste » que la crise nous a appris « à raisonner » en milliards? 😉
    Bonjour, au fait, et merci pour cette belle chronique.

    Commentaire par gabbrielle — 05/12/2012 @ 11:46

  11. Je me doutais fortement de cette qualification . Je pense que l’element moral va être ( et doit être) au coeur du débat ( je pense que cela éclairci la problématique juridique). Pour ma part , je pense que nous sommes plus dans le Droit du travail que du Droit pénal. Par comparaison ,cela souligne la mauvaise stratégie juridique de Kerviel. Mais bon , je suis beaucoup plus spécialiste en Droit de la Santé et l’ordonnance de 45 .

    Par ailleurs , trés bon blog , merci

    Commentaire par bleu horizon — 05/12/2012 @ 11:49

  12. @Ranide : lors de l’affaire Kerviel, je m’étais déjà demandée s’il n’y avait pas un problème de spécialisation des juges. Ce d’autant plus qu’on pourrait imaginer des échevinages comme il en existe dans les AAI dotées d’un pouvoir de sanction, type AMF. Il y a dans les formations de « jugement » à la fois des magistrats – administratifs ou judiciaires – et des financiers. J’ai interrogé des profs de droit. Il y a des pour et des contre. Certains me répondent que le juge n’a pas besoin d’être spécialisé puisqu’il fait appel à des experts.J’avoue que je suis partagée. Faut-il surenchérir dans la spécialisation ou bien imposer aux spécialistes de se rendre intelligibles ? Dans cette affaire, si nous nous étions trouvés face à une formation de type AMF, personne n’aurait eu besoin de traduire quoique ce soit, mais n’est-on pas alors confrontés au risque de faire semblant de comprendre ? Même les spécialistes de la finance ne savent pas tout et peuvent être largués sur un sujet qui leur échappe. Sujet compliqué.
    Sur la presse, eh bien nous avons là un nouvel exemple du fait que les journalistes ne maitrisent plus l’information mais sont instrumentalisés par la com’. Kerviel a communiqué donc on a parlé de l’affaire. BPN se tait, on ne parle pas de lui. De fait, le climat judiciaire est plus serein, mais le public se sent moins informé. Entre nous, il vaut peut-être mieux n’avoir que quelques papiers de chroniqueurs judiciaires plutôt que le barouf infernal de l’affaire JK qui a débouché sur une énorme désinformation. Cela étant, il faut nuancer, l’affaire Caisse d’Epargne est aussi plus petite et n’arrive chronologiquement qu’en second, donc elle intéresse moins les médias.

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/12/2012 @ 12:04

  13. Bonjour Aliocha,

    Connaissez-vous cet affaire là: http://www.jeanmarc-sylvestre.com/2012/12/04/le-credit-agricole-a-eu-son-affaire-kerviel-dans-le-plus-grand-secret

    Sinon, en ce qui concerne la partie judiciaire, n’oublions pas que nous sommes là en 1ère instance. Quant à la présence d’un juge de proximité parmi les assesseurs, il nous faut remercier nos chers politiques pour cela. Maintenant, faut-il des magistrats spécialisés dans la finance pour juger les malversations financières? Pourquoi pas mais alors il nous faut envisager des magistrats médecins pour juger des affaires médicales, etc, etc,… Difficilement envisageable eu égard les moyens dévolus à l’institution judiciaire. Dans les palais, on évite en règle générale de confier ce genre de dossier à des néophytes ne serait-ce que pour se pénétrer de l’intégralité du dossier qui ne doit pas être mince. Attendons donc la suite puisque vous notez vous même que: « Et puis on songe que ça n’est pas si mal après tout d’obliger ces gens-là à s’exprimer clairement. Soudain la finance s’éclaire, ce n’est jamais au fond qu’une histoire de choux et de carottes que des matheux un peu dingues aurait compliquée par jeu. »

    Autre point, cette affaire « révélée » par ce site qui se veut grand et qui touche à l’intégrité d’un ministre. De deux choses l’une. Soit, le site a des preuves de ce qu’il avance car c’est important vu le positionnement politique te le rôle de ce ministre et alors, qu’il dénonce en place publique la malhonnêteté du sus-nommé (dans ce cas, il aura pleinement joué son rôle de défendeur des idéaux de la démocratie en confondant le comportement mensonger de l’intéressé), soit le site s’est livré a une opération de basse fosse en salissant l’honneur d’une personne auquel cas, il aura largement contribué à décrédibiliser une profession qui n’en demande pas tant. La deuxième hypothèse se rencontrant plus souvent qu’à son tour, je dois vous avouer que je crains fortement la deuxième solution.

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 05/12/2012 @ 13:49

  14. Pourquoi le service de contrôle interne est nul (inexistant ou inefficace) ?
    Parce qu’ainsi les traiders sont moins soumis au contrôle en cours de mission et il est plus facile après pour la direction de dire qu’elle a été trompée …

    Commentaire par fultrix — 05/12/2012 @ 18:21

  15. @Aliocha

    Fondamentalement, je ne crois pas que le problème soit ici celui de la spécialisation du juge. C’est plutôt un problème de gestion des ressources humaines et de leur utilisation optimale. Il n’y avait pas besoin d’être un juriste doublé d’un financier de haut vol pour juger que les délits d’abus de confiance, de faux et usage et d’introduction frauduleuse de données dans un système automatisé imputés à Jérôme Kerviel étaient constitués en droit. La culture du milieu financier au stade du jugement est surtout utile pour ne pas se laisser déborder par les parties et diriger effectivement les débats. Cette culture, le magistrat qui présidait le procès Kerviel l’avait. Cela avait frappé Mme Robert-Diard (son billet ici http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2010/06/08/vous-etes-plutot-%C2%AB-warrant-%C2%BB-ou-%C2%AB-plutot-forwards-%C2%BB/). Alors pourquoi diable demander à un autre magistrat qui n’a pas la même aisance en la matière de présider ? Je remarque que la Caisse d’Épargne elle a trouvé tout-à-fait opportun de prendre l’avocat de la Société Générale dont elle savait qu’il maîtrisait le truc et les ficelles.

    Avant le jugement, dans la phase d’instruction, je ne suis pas sûr non plus que le problème essentiel soit celui de la spécialisation du juge. Pour les aspects très techniques, le recours à des experts restera toujours nécessaire. La question me paraît plus être celle de l’adaptation de la norme répressive et de la procédure pour appréhender l’ensemble des responsabilités juxtaposées qui ont concouru au dommage, quand les notions de « coaction » et de « complicité » ne peuvent pas les atteindre. Parce que la Commission bancaire avec tous ses spécialistes et tous ses experts, elle bricole dans son coin, elle ne fait pas beaucoup de bruit, elle n’est peut-être pas tout-à-fait à l’abri d’un reproche de manque d’impartialité ou d’indépendance quant à sa composition, elle se fait annuler sur des questions de procédure, et au final, on voit bien qu’elle peut peu pour amener le système bancaire et ses acteurs à se corriger. Il faut dire que des amendes de 4,20 ou même 50 millions par comparaison aux profits et aux pertes que cette activité peut générer, on se doute bien que ça ne peut pas être très très dissuasif.
    Dans le procès Kerviel, la Commission bancaire avait conclu que la Société générale avait et je vous cite « enfreint plusieurs dispositions essentielles de la réglementation applicable en matière de contrôle interne ». S’il existait un délit de mise en danger du système « par la violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement » comme il existe un délit de mise en danger de la vie d’autrui, imaginez ce qu’aurait été le procès Kerviel et ce que serait le procès BPN

    Quant à la presse, je maintiens qu’elle manque à son devoir d’informer parce qu’entre le cirque médiatique qui a entouré le procès Kerviel, et une absence quasi-totale de couverture, il y a un juste milieu. Ce qui est gênant, ce n’est pas que le public se sente moins informé, c’est que de fait il le soit moins. Le sujet est pourtant d’utilité publique. Au moins autant que certaine grossesse britannique, ou certaine action judiciaire en recherche de paternité

    Commentaire par ranide — 05/12/2012 @ 18:30

  16. @Ranide : j’y étais encore cet après-midi. Tout petit procès qui a commencé lundi et s’achèvera…lundi, sachant qu’il n’y a plus d’audience cette semaine. Cela nous fera donc en tout 4 demi-journées d’audience. Et la présidente attend la troisième pour demander à l’expert ce que c’est que l’Eurostoxx 50, parce que, dit-elle, ce mot-là revient tout le temps dans le dossier. Hier, c’était le FTSE qui l’intriguait. De fait, je me demande s’il n’y a pas un problème de préparation du dossier en amont 😉 Pour rebondir sur Pauthe durant l’acte 1 du procès Kerviel, il avait acquis cette culture, mais justement, c’est à ce moment-là que j’ai ressenti intuitivement un problème entre manier les concepts et comprendre vraiment. Problème que je connais ô combien car dans mon métier, on partage avec les avocats et les juges la même nécessité d’entrer dans des univers dont on ignore tout et de tenter de les appréhender. J’ai trouvé Mireille Filippini plus convaincante en appel, mais il est vrai que Pauthe avait fait un sacré travail de débroussaillage. Elle aussi se présentait en néophyte, mais on voyait bien que c’était plus pour forcer les parties à s’exprimer simplement qu’autre chose. Et surtout, elle a très vite été capable de coincer le trader quand il devenait incohérent sous couvert de détails techniques.
    Plus généralement, il me semble qu’il y a des pôles de compétences maintenant à Paris et notamment un pôle économique mais j’ignore si c’est réservé au civil ou si cela inclut le pénal. On dirait bien que non…
    Quant à la responsabilité de la CB, vous étiez à l’audience de cet après-midi, c’est pas possible ! J’en suis justement rentrée en me disant que tout ce petit monde savait et a laissé faire. La CB n’est pas venue, mais je songeais à cela en écoutant le responsable de l’inspection générale de Caisse d’Ep. C’est l’inspection qui a recommandé quelques mois plus tôt soit de mettre les moyens en CI pour continuer le trading pour compte propre, soit de cesser l’activité. La direction a opté pour cesser. Sans pour autant surveiller comment elle arrêtait, d’où le drame. Cette affaire et celle de Kerviel ont en commun des prescriptions de la CB non suivies d’effets, des effectifs de contrôle sous staffés ou inexistants, des hiérarchies occupées ailleurs…(pour rester polie). Et l’on voit bien que tant que ça roule, tout est OK, en cas de turbulences des marchés, c’est la catastrophe. J’en ferais peut-être un petit billet. Question : que font les autorités de contrôle ? Qu’attend le législateur pour renforcer significativement leurs moyens ? On le fait au coup par coup, mais toujours en douceur, pour ne pas froisser les acteurs économiques. Et voilà le résultat. Ils se froissent tout seuls… 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/12/2012 @ 19:27

  17. @Ranide : j’oubliais, sur l’info…Les éditeurs de presse ne savent plus – ou ne veulent plus – faire de l’info, alors il font du sensationnel parce qu’ils sont sûrs que ça rapporte. En ce qui me concerne, j’assiste au procès par pure curiosité, aucun de mes titres ne me paierait un papier là-dessus, en tout cas jusqu’ici aucun n’a proposé. Pas assez vendeur, ou pas dans la ligne, et pourtant je ne bosse pas pour Gala. Voili voilou, du coup, j’écris ici. Notez, on ne m’avait presque rien demandé sur Kerviel non plus, j’ai du faire en 4 ans de dossier….4 papiers. Quant aux chroniqueurs judiciaires, ils ne sont pas assez nombreux, or il y a en ce moment l’affaire du Cercle Wagram et puis l’Arche de Zoé…cela explique sans doute aussi pourquoi nous ne sommes que trois sur les bancs de la presse au lieu d’une petite douzaine de fidèles chroniqueurs (Figaro, Monde, L’Obs, RTL, AFP, Reuters, La Croix, La Tribune, Les Echos, 20 Minutes, France 2). Et encore, en réalité 2 car je ne fais pas partie des habitués du Palais.

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/12/2012 @ 19:52

  18. @tous : mille pardons, ce billet était un repaire de fautes d’orthographe et j’avais même écris Goldman Sachs à la place de Lehman Brothers…les dangers du surmenage. Merci à tous ceux qui, ici ou par mail, m’ont corrigée. N’hésitez jamais à me reprendre sur l’orthographe ou la grammaire, quand on écrit, on a du mal à voir ses fautes. C’est pour cela qu’autrefois, il y avait des correcteurs dans les journaux. Très beau métier hélas en voie de disparition pour cause de compression des frais et parce que le correcteur word les rendrait inutiles. Fadaises !

    @H. Oui, j’ai vu cela hier soir. On va sans doute en trouver d’autres. Sans compter les rogue traders gagnants, dont on n’entendra jamais parler…
    Sur les juges, voir notre échange avec Ranide. Cela étant, j’ajouterais à la réflexion qu’en matière pénale, le problème de la spécialisation se pose peut-être moins, car au fond, il s’agit simplement de savoir si l’infraction est constituée ou pas. C’est assez binaire comme mécanique. Dans l’affaire Kerviel, c’était finalement simple, même si les deux parties ont tout fait pour embrouiller le truc.
    Sur Mediapart et Cahuzac, bof. Me suis désabonnée à cause des papiers de Laurent Mauduit. Notez, j’ai peut-être tort, mais j’avais détesté son article paru dans un dossier spécial anti-sarko de Marianne qui traitait justement du trader Caisse d’Ep. Sur deux pages, Mauduit expliquait que s’il y avait eu une catastrophe de trading chez l’Ecureuil, c’est parce que NS y avait placé ses hommes peu avant d’accéder à la présidence. Euh, oui, et après ? C’est quoi le raisonnement : y’a des gars à Sarko chez Caisse d’Ep donc une paume de trading. Mais alors, chez Socgen, c’était pareil ? Et UBS ? Et JP Morgan ? Et la faillite de Lehman Brothers tant qu’on y est ! Il avait peut-être des munitions pour dire cela, mais le papier était factuellement vide, archi vide. Au passage, ce serait bien que quand @si en parle, il précise qu’ils ont un partenariat avec Mediapart, non ? 😉 mais bon, j’dis ça, j’dis rien…

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/12/2012 @ 20:04

  19. @Aliocha. Pas la peine d’être à l’audience, j’ai lu votre livre et je lis votre blog 😉

    Cela étant, j’aurais été plus près de Paris, je crois que je serais aller y faire un tour, histoire de sentir l’ambiance par mes propres organes et de confirmer mon impression générale que tout cela finira par une relaxe, que tout le monde le sait, le problème essentiel pour tout ce monde-là étant que cela fasse le moins de bruit possible.

    Votre récit donne une idée assez épouvantable du traitement judiciaire réservé à ce dossier. Pas tellement en ce qui concerne la durée du procès. Dans le tout-venant, un dossier correctionnel c’est une, deux heures tout au plus ; un gros dossier, c’est une demi-journée ; un dossier exceptionnel c’est une journée ; deux jours on est déjà dans le très exceptionnel. Alors quatre demi-journées, je peux concevoir que cela suffise. Même pour un dossier financier avec 315 millions de préjudice allégué, ce qui n’est pas rien.

    Mais une toute petite salle d’audience, quasi-introuvable. Une petite chambre correctionnelle. Une petite présidente qui manifeste si fort et si publiquement son ignorance que j’en viens à me dire qu’elle manifeste surtout sa mauvaise humeur d’avoir été désignée (si on y connaît rien, le travail de mise à niveau est énorme, alors il faut disposer du temps nécessaire et avoir le sentiment que le dossier n’est pas vide en droit et que ça vaut le coup). Un petit juge de proximité. Une petite ordonnance de renvoi qui ne paraît pas très assurée quant à l’existence de l’élément moral. Quant aux éléments factuels, matériels de l’infraction, je n’ai rien lu nulle part. Ca y est le mot juste me vient : j’ai l’impression d’un « sabotage ».

    Je me doutais bien que vous n’étiez pas payée pour assister à cette audience. Et je vous réitère mes remerciements pour ce billet et les commentaires sous ce billet. Je suis abonné à deux quotidiens (mais pas aux Échos) et j’enrage comme lecteur cochon de payant de ne rien y lire au sujet de ce procès.

    Je vous l’ai déjà écrit et je persiste et signe. La manière dont le droit français cherche à appréhender les fautes multiples, de nature diverse, commises successivement sur une durée qui peut être très longue, émanant de multiples acteurs à des niveaux hiérarchiques très éloignés, à travers le seul prisme du droit pénal est en soi un sujet d’enquête. Les deux procès Kerviel, le procès d’aujourd’hui sont des pièces de ce sujet d’enquête. Pour l’affaire Kerviel, il y a aussi le pendant civil dont on n’entendra jamais parler mais qui peut réserver des surprises quant à la responsabilité de la Société Générale. Les actionnaires et les salariés qui se sont constitués partie civile voulaient à mon avis surtout avoir accès au dossier pénal parce qu’ils espéraient y trouver des munitions pour qualifier une faute personnelle mais de nature civile de la Société Générale à faire valoir devant le tribunal de grande instance. Et le problème ne concerne pas que la finance. Ca concerne aussi le domaine pharmaceutique ou même aéronautique, si vous voyez ce que je veux dire. La procédure pénale confie la recherche des preuves à des autorités judiciaires qui sont dotées de pouvoirs coercitifs d’où une certaine efficacité. Mais le droit pénal incrimine et condamne surtout les actions et les acteurs individuels, d’où ce sentiment fréquent lorsque des grosses usines avec des organisations bien complexes sont en cause, que toute la lumière n’est pas faite, que la justice est instrumentalisée et qu’au final elle n’est pas rendue tout entière.

    Commentaire par ranide — 05/12/2012 @ 20:54

  20. Pfffffffff. En parlant de fautes d’orthographe, mon commentaire en est truffé. Et le malheureux commentateur n’a pas la possibilité lui, de rattraper son commentaire pour les corriger. Pffffffffff. Mes excuses donc et bonne soirée à tous.

    Commentaire par ranide — 05/12/2012 @ 20:56

  21. @ranide : un petit mot vite fait car des occupations m’appellent : il y a une chose qui m’a broyée le coeur toute à l’heure, c’est un Monsieur tout seul à qui, en début d’audience, un assesseur a expliqué son jugement (18 mois de prison avec sursis) en deux minutes et ouste ! les avocats, les journalistes, le public, le tribunal, le parquet, tout ce petit monde s’en fichait du monsieur tout seul, tout le monde était là pour le grand dossier financier. Comme quoi, tout est relatif. Comparé à Kerviel, c’est rien, comparé au tout-venant, c’est beaucoup….

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/12/2012 @ 21:01

  22. Votre billet est un « reportage d’utilité publique ». Bravo et merci.

    Sur la difficulté pour les juges, profanes en la matière, de juger pareilles affaires : la justice ne devrait pas avoir à connaître de telles affaires, voir billets de Paul Jorion, en matière de paris et de spéculation devrait s’appliquer l' »exception de jeu » qui peut se dire : tu as parié, tu as perdu, tant pis pour toi !

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 05/12/2012 @ 21:59

  23. Excellent billet. Je découvre votre blog et je vais m’abonner.

    Commentaire par François Orain (@FrancoisORAIN) — 05/12/2012 @ 22:47

  24. Pour ce que ça vaut, il avait parfaitement raison sur LB ex ante. Encore aujourd’hui personne n’est sur de pourquoi Paulson et Bernanke ont laisse tombe LB alors qu’ils ont sauve BS. Pas que ça excuse de sortir du mandat comme ca.

    Commentaire par PrometheeFeu — 06/12/2012 @ 03:49

  25. Pour revenir sur le débat de la spécialisation des Juges. Je rappelle pour ceux qui ne le savent pas que dans les affaires financières et de santé publique, il existe des Pôles spécialisés à Paris ( et à Marseille pour un des pôle de santé publique) et au sein de ces pôles , il existe des assistant spécialisé de justice qui sont des sachants du domaine qui éclairent les magistrats.

    Commentaire par bleu horizon — 06/12/2012 @ 08:21

  26. C’est marrant ca, Ils devraient faire attention lors du recrutement d’un trader et assurer un suivi serré de ce qu’il fait au lieu, d’attendre de perdre des millions pour finalement porter plainte…
    Moi si je perds dans le trading des CFDs, je peux porter plainte contre mon courtier ? On aura tout vu

    Commentaire par veilleactu — 06/12/2012 @ 09:59

  27. Eh oui, l’affaire Kerviel, comme l’a ecrit quelqu’un(e), « une catastrophe qui peut se reproduire n’importe ou, n’importe quand ».
    Mais n’est pas Jerome Kerviel qui veut ! 

    Plus serieusement,  bien sur  il y a  la deshumanisation progressive des conditions de travail dans les grands groupes, la folle finance a son paroxysme, une banque, la Societe Generale, ou les choses n’allaient pas bien , pour dire le moins. Mais, ce qui a mis le feu a la poudriere et declenche cette affaire enorme, tant du point du vue des sommes en jeu que de la repercussion dans l’opinion publique, c’est bel et bien pour moi l’etincelle Kerviel. Toute psychanalyse sauvage est mal venue, neanmoins comment vraiment comprendre sans cerner la personnalite de Jerome Kerviel ?

     

    Commentaire par Maelle — 06/12/2012 @ 10:00

  28. @veilleactu : en effet, le suivi serré n’a pas été là. C’est l’un des problèmes soulevés par le procès, il y avait un calendrier de débouclage, mais pas de feuille de route. Ses positions étaient visibles – mais comme dans l’affaire JK, on dit qu’elles n’ont pas été vues, sauf que Boris a priori n’a passé aucune fausse opération – mais personne n’a bougé. On lui reproche surtout d’avoir pris des risques très importants à un moment où au contraire il s’agissait de ne plus investir. Seulement voilà, il fallait quand même réagir au marché. Une partie de la discussion porte sur le point de savoir si on aurait perdu autant, plus ou moins, en ne touchant à rien qu’en faisant ce qu’il a fait. Au final, sa situation est beaucoup plus défendable que celle de JK (période plus courte, pas de faux, investissements moins délirants, mandat flou, contrôle interne inexistant, hiérarchie dans la semoule).
    @Maelle : justement, sa psychologie se dessine par contraste avec celle de Boris. Ce-dernier est vraiment dans ses petits souliers, il se défend d’avoir trompé qui que ce soit dans la banque mais admet bien volontiers avoir pris de mauvaises décisions. Maintenant, il en a aussi pris beaucoup moins dans la tête pour des tas de raisons, il arrivait après JK, n’était donc pas emblématique de la perte de trading, il n’a pas médiatisé le truc, Caisse d’Ep n’en a pas fait des tonnes dans la presse….

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/12/2012 @ 10:21

  29. @laplume

    Si vous vous souvenez bien, la question de fond sur JK c’était « est-ce que c’était une pratique courante à la générale de faire des faux pour couvrir des positions qui ne l’étaient pas (on gagne bien plus sans couvrir) » sinon TOUT le reste c’est la même chose.

    Et mon SEUL reproche c’est que l’instruction n’a pas été voir, n’a pas voulu voir. Le point de bascule (l’injustice je dirais) c’est que au pénal l’intention morale est primordiale ( et JK n’avais pas envie de faire perdre de l’argent) et aux prudhommes si c’est une pratique courante, c’est devenu autorisé. JK a été condamné à cheval entre les deux, avec un « jugement » qui passe entre les gouttes et qui n’est ni solide d’un coté ni de l’autre.

    Si vous laissez la porte de votre maison ouverte (cela ne donne pas le droit au voisin de venir y voler),votre assurance ne vous remboursera pas. Mais Lagarde est bien plus magnanime.(avec notre pognon)

    Commentaire par herve_02 — 06/12/2012 @ 11:08

  30. @Herve_02 : bon, puisqu’il faut ouvrir le ventre de la bête, ouvrons-le. Le procès n’est pas fini et je suis loin de connaître l’affaire d’aussi près que celle de JK. Mais par contraste, le deuxième soudain se noircit un peu plus.
    Ce qui est commun aux deux affaires :
    – le contexte des subprimes,
    – les défaillances du contrôle interne
    – les multiples mises en garde de la CB, puis la sanction, enfin, après la catastrophe (j’y reviendrai dans un prochain billet)
    – l’importance des positions que l’on pourrait qualifier de « létales » pour reprendre le mot de Bouton
    – la hiérarchie occupée ailleurs
    – le trader qui aperçoit dans un contexte de marché difficile la possibilité de devenir un King
    – l’aggravation du trou lié à la tentation de se refaire
    – la perte de contact avec la réalité, dont un papier cité par Gabbrielle en 10 nous indique que c’est hormonal

    Ce qui est différent :
    – pas de fausses opérations ni de faux mails pour couvrir les opérations réelles (à ma connaissance)
    – deux ou trois semaines de dérapage contre 10 mois pour JK
    – l’aveu immédiat de la faute et la démission
    – pas d’activité parallèle de long terme en directionnel totalement hors mandat, mais des décisions d’investissement malheureuses dans un moment de folie généralisée.

    Sur l’instruction dans le dossier JK, je vous l’ai déjà dit, le juge s’est fait balader une fois, il a décidé ensuite d’épargner l’argent du contribuable. On ne m’ôtera pas de l’idée que JK ne comprend pas ce qu’on lui reproche – ou ne veut pas comprendre – et qu’il entraine tout le monde dans son mauvais rêve. C’est comme si vous renversiez quelqu’un en voiture et que vous exigiez que la justice enquête sur tous les excès de vitesse sur cette portion de route en vous désignant comme bouc-émissaire parce que vous êtes le seul devant le tribunal. Il y aurait des tonnes de gens pour embrayer, dire qu’en effet cette route est dangereuse et la route en général aussi, que c’est dégueulasse de s’en prendre à vous et pas aux autres, que la bagnole tue, que les gendarmes ce jour-là étaient bourrés, que les constructeurs automobiles n’ont qu’à sortir des modèles qui plafonnent à 110 au lieu de vous inciter à faire du 220, que le gouvernement ferme les yeux pour protéger les constructeurs automobiles, que les radars finalement ne rapportent que s’il y a des infractions etc…Tout ceci est exact, mais c’est pas le problème du tribunal. Le problème du tribunal c’est : avez-vous oui ou non commis un excès de vitesse et renversé un piéton. Le reste, c’est des questions de société.

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/12/2012 @ 11:23

  31. @laplume

    NON, je ne suis pas d’accord, la comparaison n’est pas valable du tout. Dans ce cas, le plaignant EST la victime alors que dans le cas de la vitesse, le plaignant est l’état qui n’est pas la victime. Ensuite il y a un lien hiérarchique entre le plaignant et la victime (et pas pour la vitesse), et un lien de gain (lorsque la victime gagne de l’argent, c’est le plaignant qui encaisse).

    CE sont toujours les même arguments d’un coté et de l’autre.

    – Le juge a décidé d’économiser l’argent du contribuable (il doit faire pareil dans les affaires woerth, bétancourt, sarko, chirac, etc… TOUTE l’affaire vient de ce point là : il reste trop de zones d’ombre.

    – Si ce que faisait JK était la manière de fonctionner des desks (pas vu, pas pris, risques cachés bon rendements) ce n’est plus une faute : car les contôles qui ne contrôlent pas, les supérieurs qui regardent ailleurs, la pression pour la « gagne » … c’est un mauvais cocktail pour y mettre des salariés qui n’ont pas l’habitue de se couvrir à 100%. Attention je ne dis pas que JK est innocent mais juste qu’on ne sait pas, que la justice n’a pas vraiment été voir.

    D’un autre coté, en balance : la justice pour un mec qui va faire allez 2 ans de prison à tout casser et de l’autre un rabais de 1.75 milliards sur les impôts …. comment dire il y a même moyen d’aller voir JK et de traiter avec lui.

    Commentaire par herve_02 — 06/12/2012 @ 14:58

  32.  » il y a une chose qui m’a broyé le coeur tout à l’heure, c’est un Monsieur tout seul… »

    Les pires douleurs en effet ne sont pas celles dont on parle, celles qui s’étalent dans les médias, ce sont celles qui restent ignorées de tous, et elles sont innombrables… Lisez les psaumes : ils ne sont qu’un long cri de douleur non entendu.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 06/12/2012 @ 18:59

  33. Avoisine (1 seul n) 😉

    Commentaire par marc — 07/12/2012 @ 15:47

  34. Je ne me tairai pas, lance une journaliste sur Rue 89 en réponse aux menaces qu’elle reçoit parce qu’elle raconte la vie à Gaza : http://www.rue89.com/2012/12/03/couvrir-gaza-sous-les-insultes-je-ne-me-tairai-pas-237525

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/12/2012 @ 10:24

  35. @Marc : fichtre, encore une ! Merci 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/12/2012 @ 10:25

  36. […] plutôt à la surveillance. Ce qui est troublant quand on observe les affaires Kerviel et Picano-Nacci, c’est que la Commission bancaire savait, bien avant que les banques concernées […]

    Ping par Sécuriser le système financier ? Pas si facile… « La Plume d'Aliocha — 08/12/2012 @ 12:27

  37. Réquisitoire: 2 ans mini avec sursis. Petit procès, petite perte, petite peine réclamée?
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/12/10/97001-20121210FILWWW00493-un-ex-trader-condamne-a-2-ans-de-sursis.php
    Plus de détails quand Aliocha rentrera de l’audience 😉

    Commentaire par gabbrielle — 10/12/2012 @ 15:23

  38. @ gabbrielle

    En effet, cela s’explique, selon le procureur, par les « différences importantes » qu’il peut y avoir avec l’affaire « Kerviel » notamment la circonstance que M. Picano-Nacci n’a pas cherché à dissimuler ses opérations par des faux.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 10/12/2012 @ 17:26

  39. […] de pertes de trading. L’ombre de Jérôme Kerviel n’a cessé en effet de planer sur le procès du trader de la Caisse d’Epargne Boris Picano-Nacci, dont le dernier acte s’est joué lundi. Il a de la chance quelque part dans son malheur, […]

    Ping par La justice, le trader et le fantôme « La Plume d'Aliocha — 11/12/2012 @ 09:20


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