La Plume d'Aliocha

18/11/2012

Frissons d’Assises, l’instant où le procès bascule…

Il faut que je vous parle d’un livre, toutes affaires cessantes. Stéphane Durand-Souffland, chroniqueur judiciaire du Figaro, publie chez Denoël Frissons d’Assises, l’instant où le procès bascule. Quatorze grandes affaires judiciaires, depuis Guy Georges jusqu’à Bissonnet en passant par Clearstream, donnent chacune lieu à un chapitre où l’auteur, après avoir résumé les faits, décrit le moment où le procès bascule. Le retournement, l’instant de vérité arraché par une victime, un juré, un avocat qui pose enfin la question clef. On y découvre Besse, truand repenti, entamant un dialogue de haute volée sur le crime et la rédemption avec l’avocat général, la reine Badaoui avouant enfin qu’elle a menti. On s’embourbe dans les mensonges d’Emile Louis protégeant la « bestiole » qui sommeille en lui ou encore dans l’affolant déni de David Hotyat, s’inventant deux fantômes terrifiants de criminels pour supporter le souvenir du massacre de la famille Flactif. Et l’on retient ses larmes quand les jurés tendent comme un seul homme leurs mouchoirs à l’accusé qui s’effondre dans son box.

Il y a quelque chose de fascinant dans les procès d’assises. Peut-être le fait d’effleurer le grand mystère de l’âme humaine…Lorsqu’on a en plus la chance de pouvoir, à défaut d’y assister, lire les récits de professionnels de haut niveau, l’intérêt de l’exercice rivalise alors avec les grandes oeuvres littéraires, en tout cas à l’époque où les écrivains puisaient dans les faits divers l’inspiration qui leur permettait de donner naissance à des chefs d’oeuvres.

On l’ignore souvent, mais ce journalisme là est éprouvant. J’ai souvenir d’un très bel article du chroniqueur de France 2, Dominique Verdeilhan, dans le premier numéro de la revue Crimes et Châtiments (Les affres du chroniqueur judiciaire) racontant sa visite du lieu sordide où Marc Dutroux enfermait ses petites victimes et qui fut leur tombeau. Le journaliste en sort bouleversé et retourne au tribunal, claquemuré dans le silence, muet d’horreur. L’heure arrive de faire sa chronique en direct : une minute,  une minute pour synthétiser cliniquement l’information du jour. Une minute à tenir…avant de pouvoir enfin aller marcher seul et pleurer pour évacuer l’insoutenable spectacle dont il a été le témoin… J’ai été troublée de retrouver sous la plume de Stéphane Durand-Souffland, dans l’introduction de son livre, la même description de la solitude du chroniqueur judiciaire qui porte au fond de lui les traces indélébiles des drames qu’il a observés et auxquels bien souvent, il a participé à son corps défendant.

Nous sommes à Toulouse pour le procès de Patrice Alègre. La mère d’une des victimes, dont on dit qu’elle dort sur la tombe de sa fille, pousse soudain un cri déchirant à l’audience, raconte Stéphane Durand-Souffland, « un cri de bête blessée, un cri de chanteuse de Fado, rien qu’à son évocation des frissons me parcourent. De retour à l’hôtel, je m’assieds derrière mon ordinateur et, voulant retranscrire fidèlement les paroles de cette femme, je relis mes notes. Tout en écrivant, je sens couler les larmes brulantes de mes yeux, je les revois tomber sur mon clavier, j’entends le silence de ma chambre comme un écho interdit au cri des Assises, je me souviens de Toulouse noire sous la pluie, je me dis que c’est bien d’avoir pleuré après l’audience seulement ». Je n’ai pas lu l’article du journaliste sur cette audience, mais je gage qu’il n’y avait pas trace de larmes dans celui-ci. Informer interdit de pleurer.

Car informer en l’espèce ne consiste pas à titiller la fibre émotionnelle du lecteur, c’est parvenir à synthétiser dans un espace souvent dérisoire (article ou temps d’antenne radio/TV), une journée d’audience dense, riche de rebondissements, d’émotions, de drames mais aussi de querelles d’experts, de mensonges, de dénis, identifier la pièce essentielle qui, ajoutée aux autres, finira par édifier la vérité judiciaire. Ceux qui y parviennent se comptent sur les doigts d’une seule main, tant l’exercice est difficile…Chapeau !

Pour les lecteurs qui veulent en savoir plus, voici une interview vidéo du journaliste. Je vous renvoie également à ses chroniques savoureuses du procès Kerviel, en lien dans ce billet.

Note : aux passionnés de chronique judiciaire, je rappelle la publication par Le Monde de ses récits de grands procès, et les articles fabuleux de Joseph Kessel sur les procès Pétain, Eichmann et Nuremberg. Je vous renvoie aussi à l’interview sur ce blog de Didier Specq, chroniqueur judiciaire de Nord Eclair.

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62 commentaires »

  1. « Il y a quelque chose de fascinant dans les grands procès d’assises. Peut-être le fait d’effleurer le grand mystère de l’âme humaine… »
    Ils ne font pas qu’effleurer, ils révèlent. « Martyr » et « témoin » sont étymologiquement synonymes. Le martyr des victimes témoigne de ce que nous sommes, de ce que l’homme est capable de faire à son prochain. La justice, et particulièrement par les procès d’assise, nous permet de vivre avec, tant bien que mal. Son rôle est primordial.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 18/11/2012 @ 14:50

  2. Il y a le décorum, le ballet des avocats, la résonance du public, la sentence finale, bien préparée par de multiples assauts, ^^

    Commentaire par kuk — 18/11/2012 @ 15:10

  3. Il faut avoir fait partie d’un jury pour comprendre ce que vous dites et en mesurer la portée . C’est toute la misère et la complèxité de la nature humaine qui vous éclate en pleine figure et je repense au film de Cayatte : « Nous sommes tous des assassins « 

    Commentaire par Scaramouche — 18/11/2012 @ 18:43

  4. Le livre AVOCAT A VIF vous donne une vision de la justice qui n’est pas celle des procès d’assises, il vous parle de l’injustice au quotidien qui brise des vies, sans médias.

    Commentaire par RAVAZ CHRISTINE — 19/11/2012 @ 13:02

  5. Bonjour Aliocha,

    Merci ! Il y a aussi « Secrets d’avocats » chez fayard de « Plocquin et Merlen » alors vivement Noël…Me Ravaz !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 19/11/2012 @ 14:28

  6. oui merci, chevalier Fayard

    Commentaire par RAVAZ CHRISTINE — 19/11/2012 @ 15:33

  7. J’ai le blog le plus mondain de Paris….

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/11/2012 @ 15:35

  8. La conclusion est jolie… http://www.philippebilger.com/blog/2012/11/quelle-famille-.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/11/2012 @ 17:30

  9. Toujours aussi réac, Bilger. Il fait d’une relation familiale hors normes parce qu’incestueuse l’abomination des abominations. Vu le vocabulaire qu’il emploie, il ne doit plus rien lui rester pour les crimes nazis. Heureusement qu’on ne raccourcit plus les condamnés parce qu’avec un type comme Bilger, cette famille ayant commis le pire des crimes devrait être condamnée à passer sur la bascule à Charlot.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 19/11/2012 @ 18:22

  10. @Gilbert Duroux : vous êtes mon calendrier de l’Avent, cher Gilbert. Tous les jours, j’ouvre la petite fenêtre de mon blog et hop, au lieu d’une bête image de Noël, un chocolat ou un joujou, je trouve une critique. Ce que c’est que de grandir, tout de même… 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/11/2012 @ 19:18

  11. J’ai écrit le billet avant d’avoir fini le livre (je l’ai acheté samedi et dévoré en partie dans la nuit), avec le recul (enfin, entre hier et aujourd’hui, tout est relatif, disons qu’en temps journalistique, c’est du recul), je trouve que sa grande force est de parvenir à expliquer au lecteur le verdict en pointant le projecteur sur le moment clef du procès. Si j’avais été plus patiente, j’aurais écrit un billet plus intelligent. C’est vraiment un bon livre. Pas une resucée commerciale d’articles auxquels on donne une seconde vie dans l’édition, mais un travail de synthèse remarquable : l’histoire, le moment clef, le verdict. D’ailleurs, dans l’interview en lien, Stéphane explique que ce qui l’intéresse c’est moins l’affaire que lle fonctionnement de la machine judiciaire.
    Rappelez-moi d’écrire un billet sur le rapport très particulier que les journalistes entretiennent avec le temps. Ce qui s’est passé hier représente pour moi la préhistoire et se compresse avec le passé lointain, façon sculpture de césar. Ce qui s’est produit aujourd’hui ne m’intéresse déjà plus. Demain est le temps qui me convient. Après-demain, un futur lointain dont la perception m’échappe. C’est peut-être simplement lié à moi, mais je crois y apercevoir une déformation professionnelle. A moins que nous n’en soyons tous là, sous l’effet de l’accélération du temps…

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/11/2012 @ 21:25

  12. Vous êtes gentille Aliocha, mais je vous ferais remarquer que j’essaie un minimum d’argumenter. De votre côté, qu’avez-vous à répondre sur le fond ?

    Commentaire par Gilbert Duroux — 19/11/2012 @ 22:19

  13. @Gilbert Duroux : Ce que j’ai à répondre sur le fond ? Que j’ai mentionné l’article en soulignant la fin. Ce n’est pas un hasard. Cette affaire m’a ulcérée, mais je n’aurais pas su comment la traiter, donc je me suis tue. Bien consciente de l’arbitrage à faire entre le problème de l’inceste « consenti » (autrement dit de la situation d’une famille très spécifique) versus les valeurs d’une société, et même plus que celles de la société, me semble-t-il. Bilger fonce en avant, et soutient si bien mon sentiment que je finis par en sentir les limites. Impression de malaise. Lui aussi. De sorte qu’il conclut magnifiquement en évoquant tout ce qu’un humain peut faire pour se distraire de la peur de la mort. Le magistrat reprend le contrôle de l’homme, l’oblige au penser contre soi-même, et l’amène, au terme d’un long et violent réquisitoire, à une circonstance atténuante. De poids. De la part d’un parquetier, en plus : Respect. Le billet à mes yeux trouve son accomplissement et sa valeur dans la chute. Sans elle, il n’aurait été qu’une diatribe. Avec elle, il devient un discours humain qui ne renonce pas à ses valeurs, mais consent à trouver des explications et peut-être même une excuse à l’inexcusable.

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/11/2012 @ 22:41

  14. « Le sexuel est l’innommable. Tout l’amour se voue à ce secret de l’innommable » Pascal Quignard (Vie secrète Gallimard 1998) .

    Au-delà de l’indicible, le « Quelle famille ! » du prévisible P.Bilger, à des faux airs de barbarinisme (excusez ce « barbarisme »), curieux téléscopage, en effet, au moment où les plus réactionnaires à propos du débat sur le « mariage pour tous », propagent l’idée (fantasme grotesque) d’un risque que le tabou de l’inceste tombe.

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/11/17/l-humanite-n-a-cesse-d-inventer-de-nouvelles-formes-de-mariage-et-de-descendance_1792200_3224.html

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 20/11/2012 @ 10:04

  15. @ Chevalier Bayard

    Article en effet tres interessant du Monde.
    Il y a aussi une analyse  des gender studies dans le Telerama de cette semaine.
    Pour tout ce qui est genre, sexualite, inceste et amalgames, je citerais encore les travaux de l’anthropologue Francoise Heritier.

    Commentaire par Maelle — 20/11/2012 @ 10:56

  16. @Le Chevalier Bayard : le sexuel est surtout devenu le pivot d’une société composée d’individus qui semblent ne plus se définir que par rapport à ça. Pourquoi pas ?….je trouve cela aussi ennuyeux que réducteur mais bon, ça occupe les assoc’, les médias, les publicitaires, les sociologues, les psy, alors pourquoi se priver de cette manne, n’est-ce pas ? On ne va quand même pas s’emmerder avec les vieilles lunes du christiannisme. Vive la liberté de s’observer le cul et de manifester pour le droit de le montrer 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/11/2012 @ 11:53

  17. @ Maelle : Je ne suis pas sensible à la théorie du genre indéterminé de Judith Butler dont le discours se veut souvent performatif mais elle présente, me semble-t-il, la seule innovation conceptuelle du féminisme après Beauvoir.

    Françoise Héritier, comme Sylviane Agacinski défendent une conception naturaliste de la différence sexuée des corps, tandis que la philosophe américaine considère qu’aucun déterminisme biologique ne nous oblige à être un homme ou une femme.

    Comme Maurice Godelier je considère qu’il y a des limites à ne pas franchir…

    @ Aliocha : déjà en 1977 Roland Barthes notait que  » L’impôt moral décidé par la société sur toutes les transgressions frappe encore plus aujourd’hui la passion que le sexe » et ajoutait même : « L’amour est obscène en ceci précisément qu’il met le sentimental à la place du sexuel ».

    Autrement dit, la sexualité est allée plus loin que le coeur, et nous en payons affectivement les conséquences !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 20/11/2012 @ 13:48

  18. Oups ! La référence à Barthes est tirée, évidemment, de son célèbre « Frangments d’un discours amoureux »

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 20/11/2012 @ 13:58

  19. http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/11/20/l-ex-trader-d-ubs-kweku-adoboli-reconnu-coupable-de-fraude_1793279_3234.html

    La sanction par le tribunal est tombée pour le « Kerviel suisse » risque : 10 ans !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 20/11/2012 @ 15:32

  20. @Le Chevalier Bayard : il va falloir que je songe à lire Barthes
    sinon, je me demande si les anglais vont faire un héros de Kweku adoboli 😉 quelque chose me dit que non

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/11/2012 @ 15:52

  21. @laplume….

    ubs, c’est pas le truc sur le carnet du lait ? et elle va écoper de quoi ? quel pourcentage de ce qu’elle à gagné ?

    quelque chose me dit que comme d’hab, c’est le péquin qui en prend plein le fondement.

    Ah et c’est quoi déjà la « punition » de la général pour la manipulation du libor ? qui influe directement sur tout plein de taux corrélés ?

    Non ca n’en fera pas un héros, parce qu’il a raté, mort aux vaincus, ce qu’il faut maintenant c’est qu’un pauvre bougre réussisse à mettre par terre ce groupe de financiers qui essorent le tissus économique.

    Une bonne cris systémique majeure avec faillite, disparition des positions, des valorisations boursières, fonte des comptes cachés dans les pays sympatoches avec l’argent pas très propre. Il ne reste plus que cela. Un héros, puisque nous n’avons même plus la victime expiatoire qui rachète les péchés du groupe. Les puissants n’arrivent même plus à sacrifier un des leurs pour contenter la foule.

    C’est presque triste cette fin de civilisation.

    Commentaire par herve_02 — 20/11/2012 @ 20:58

  22. Puisque les commentaires sont partis sur le sexe, l’amour… une petite réflexion :
    Monsieur Hollande ne s’est pas marié avec la mère de ses enfants. Premier magistrat de France, il vit en concubinage à l’Elysée. Un constat s’impose : il se fiche du mariage. Alors pourquoi ce projet de mariage gay ? La tribune parue dans le Monde récemment et signée par un collectif d’éminentes personnalités dont M. Pierre Bergé donne sa cohérence à l’opération. Ce plaidoyer pro-mariage gay se termine en effet par ces phrases : « Dans tout cela, le mariage est un leurre. Une fois qu’il sera acquis, l’homophobie ne cessera pas, et c’est elle qu’il faut criminaliser. S’il y a quelque chose de dangereux dans une société, c’est le lobby de la bêtise et de la haine ». Tout est clair, c’est écrit noir sur blanc, le mariage gay est un leurre. Il s’agit d’attirer les homophobes dans les rets de la justice. Le crime d’homophobie est un piège. Le mariage gay est le morceau de fromage ou le chiffon rouge qui va y faire tomber les homophobes. Naguère on cassait du pédé. Désormais on casse de l’homophobe. Les abrutis ont changé de camp. La phobie s’est retournée. Dire que cela se fait au nom de l’amour… c’est à désespérer. Philippe Murray avait bien raison qui voyait en nos sociétés modernes des « cages au phobes ».

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 21/11/2012 @ 09:22

  23. @Herve_02 : c’est curieux chez vous cette fascination pour le trader voyou, c’est-à-dire au fond l’aspect paroxysmique de cette finance que par ailleurs vous dénoncez…Sur la fin de civilisation, je vous rejoins, mais n’est-ce pas la précipiter que de transformer les voyous en héros ? 😉

    @Denis Monod-Broca : faites comme moi, revoyez Les enfants du paradis en boucle, un peu d’intelligence et de grâce, ça repose de l’imbecillité ambiante….

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/11/2012 @ 10:06

  24. Revoir Les enfants du paradis ? Oui c’est certainement une bonne idée. J’y pensais justement il y a quelques jours. D’autant plus que je ne me rappelle pas les avoir jamais vus…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 21/11/2012 @ 12:13

  25. @Denis Monod Broca : j’ai un petit billet en soute sur le sujet, justement. Je n’avais jamais vu le film, je l’ai regardé sur Arte il y a quelques jours. Bouleversant. C’est beau, c’est fin, intelligent, poétique. Bref, c’est Prevert et Carné.

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/11/2012 @ 12:23

  26. Ce chef d’oeuvre restauré en très haute définition que Woody Allen à découvert l’an dernier et dont il a dit que : « c’est le plus beau film que j’aie jamais vu de ma vie ».

    Je partage cet avis et si on est « ouvert » il y a même une exposition qui lui est consacré :

    http://www.cinematheque.fr/fr/expositions-cinema/automne-2012-enfants-par/

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 21/11/2012 @ 12:57

  27. Eh oui ! dans un tout autre genre, vous avez la chronique de Daniel du jour. Je vous invite à lire le « texte magnifique » qu’il met en lien. Je me demande au fond si la summa divisio du monde aujourd’hui ne se situe pas entre ceux qui pensent que les enfants du paradis c’est magnifique et ceux qui utilisent ce même adjectif pour qualifier le texte cité chez @si. http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5389

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/11/2012 @ 14:35

  28. @laplume

    je n’ai aucune fascination pour le trader voyou, ni pour personne d’ailleurs. Ce qui me fascine par contre c’est le formatage qu’arrive à imposer la société : tout le temps les même trucs qui arrivent sur le tapis, souvent en absence de tout réflexion, avec la bonne réponse toute faite, bien propre sur elle. Par contre toujours taper sur le petit, c’est simple, c’est facile, en général tout le monde suit. Un bon gros lot de fadaise à avaler sans avoir à mâcher, et tout le monde applaudit.

    J’ai aussi le mien de formatage, je ne me sens pas au dessus de la masse. Par exemple je trouve qu’il n’y a jamais de remise en question de l’ordre établit. Celui qui est en haut, peut se permettre à peut près tout et tout le monde trouve cela normal : on ne juge pas un système. (sauf pour la gratuité d’internet et que les gens y veulent plus payer.)

    Vous ne comprenez pas du tout ou je veux en venir, jamais, parce que vous m’avez catalogué et vous décryptez (déformer) mes intentions à l’aune de ce que vous pensez de moi.

    Je ne trouve pas que trader soit un métier qui apporte à la société : il représente presque parfaitement ce que je déteste. Mais, est-ce qu’on doit les punir à chaque fois qu’ils font leur métier et que leur tête dépasse ? avec votre petite phrase, vous tapiez encore sur JK.

    JK n’est pas un héros : c’est la victime donnée en pâture au peuple pour tenter d’exonérer la finance de ses errements. Ce n’est pas un pauvre, ni un opprimé, mais un salarié. L’enquête n’a pas été juste et équitable, pour « protéger » la générale (peut être même involontairement). Ca ne le rend pas plus sympathique per se, mais le fait qu’il soit un trader n’en fait pas un « maichant » ex abrupto. La campagne médiatique (le voleur hacker en fuite) puis le story telling -en français mensonge- (on n’a pas fait attention mais on cherchait pas assez le fraudeur, mais maintenant promis on fait gaffe) de la générale à tenter de montrer au quidam que le système est bien fait et que l’on punissait les « maichants » : mais malheureusement cela n’a pas pris. Les gens n’y ont pas cru. La justice n’a pas prouvé qu’il était __obligatoirement__ coupable, elle a prouvé qu’il avait fait des choses normalement interdites. Ensuite lorsqu’il se défend en disant les gens savaient (certainement pas à ces volumes) la justice dit : je n’ai pas de preuve et je n’ai pas enquété.
    D’ailleurs même votre livre dit, en gros, oui il possible que la générale n’ai pas su, rien de plus. Les gens n’en ont pas fait un héros : ils ont juste douté de sa culpabilité parce que la justice n’a pas fait son travail correctement, équitablement, comme à chaque fois que ca devient __politique__.

    S’il a fait tout seul dans son coin, en sachant qu’il le cachait à tout le monde, en sachant que personne ne le savait qu’il soit punis et rôtisse en enfer, mais qu’une seule personne de sa hiérachie le savait et que tout ceux qui l’ont accusé soient maudits sur 666 générations.

    Enfin si j’avais la capacité réelle de la précipiter la fin de cette civilisation qui a tourné le dos à toutes les valeurs qui ont fait de l’homme un peu plus qu’un mammifère , même au sacrifice de ma vie, je n’hésiterais pas un seul instant. Et je suis persuadé que c’est le cas de tout plein de gens (qui n’ont pas la télé). Et je considérerais que celui qui le fait est un héros.

    Commentaire par herve_02 — 21/11/2012 @ 17:18

  29.  » Je me demande au fond si la summa divisio du monde aujourd’hui ne se situe pas entre ceux qui pensent que les enfants du paradis c’est magnifique et ceux qui utilisent ce même adjectif pour qualifier le texte cité chez @si. »
    Je n’ai très envie de m’abonner pour seulement pouvoir lire un texte que je ne suis pas sûr de trouver magnifique.
    Quant à la summa divisio du monde vous connaissez le mot prêté à de Gaulle :  » le monde se divise en deux, d’un côté ceux qui croient que le monde se divise en deux, de l’autre côté, les autres » ?…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 21/11/2012 @ 17:31

  30. pour le texte (et le lien) il est en intégral sur rue89.

    C’est un texte « vibrant », certes, mais con, profondément con. une nana qui s’écoute parler toute fière de dire qu’elle ne suce plus des bites gratuitement (mais elle n’explique pas qu’elle bouffe des chattes à la place, une certaine limite à son texte.)

    Elle mélange un peu tout, comme lorsqu’on est un peu chaud à cause du 1.5 gr d’alcool. Son grand argument pour le mariage homo (contre jospin en son temps), c’est : on fera pas pire que les hétéros, occupez vous plutôt de régler la misère (plutôt que de nous interdire, pas plutôt que de nous permettre hein, faut suivre).

    sinon… on croirait un article d’un blog féministe après le procès des tournantes…

    Commentaire par herve_02 — 21/11/2012 @ 18:13

  31. @ Aliocha : la femme n’hésite pas à offrir son corps-texte aux mots qui viennent du coeur sans « con-plexe » une « Une chatte est une chatte » donc pas de souci ! Quant au texte de Virginie Despentes, magnifique pour Schneidermann, pour moi, sans complaisance et c’est tant mieux, mais depuis Bataille (Georges, évidemment) on le sait, aujourd’hui, le sexe n’est plus transgressif !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 21/11/2012 @ 18:15

  32. Dans la rublique « gratuit aujourd’hui » il est toujours en lien !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 21/11/2012 @ 18:19

  33. Je n’ai pas souvenir d’avoir vu « Les enfants du paradis », une lacune à combler dès que possible.

    Si la poésie sur pellicule vous fait vibrer, alors tâchez de voir « l’hirondelle et la mésange » d’André Antoine… c’est d’une beauté renversante, ça vous chavire littéralement le cœur, même préparé, on est touché.
    C’est comme si l’index du poète passait tout doucement au travers de nos protections et autres armures intimes, même les plus solides, même les mieux cadenassées, et allait effleurer notre cœur.

    Scrutez les cinémathèques, cherchez bien… moi, j’en ai des frissons rien que d’y penser et d’en parler.

    Commentaire par Zarga — 21/11/2012 @ 18:23

  34. Je suis allé lire le « texte magnifique » de Depente sur RUE89. Il confirme en tous points la tribune parue samedi dans le Monde et que je commente dans un commentaire précédent.
    « Ils » auront le mariage qu’ils réclament mais « ils » ne seront pas satisfait. Car ce mariage, »ils » s’en fichent.
    Leur quête est métaphysique : ils veulent à la fois la différence et la non-différence. C’est absolument sans espoir.
    Le meilleur service qu’on pourrait rendre à ces revendicateurs perpétuels, c’est de leur dire « non! »

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 21/11/2012 @ 19:01

  35. @Denis Monod-Broca

    vous qui êtes intelligent, c’est un texte pour les homos ? les lesbiennes ? les féministes ? j’ai pas trop réussi à comprendre le message (sauf qu’elle était pas contente)

    Commentaire par herve_02 — 21/11/2012 @ 21:42

  36. @ Hervé 02

    C’est un texte contre les hideux homophobes et à ses yeux ça fait beaucoup de monde…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 21/11/2012 @ 22:14

  37. merci pour la réponse, mais en ce cas que vient faire la longue diatribe sur les sous-femmes asservi aux hommes ? ce sont les homophobes qui asservissent les femmes ?

    Commentaire par herve_02 — 21/11/2012 @ 22:32

  38. @herve_02 : Enfin Hervé puisqu’on vous dit que c’est magnifique, enfin, essayez de vous concentrer un peu ! Ouvrez-vous à la beauté contemporaine, ne vous crispez surtout pas, laissez aller….;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/11/2012 @ 22:35

  39. vous savez, ma crispation ca vient de tous ses trucs que je ne peux pas comprendre, les faux héros, les sociétés qui brassent des milliards de milliards et qui arrivent pas à voir qu’elles engagent sur le marché un montant équivalent à leur capitalisation boursière, le système qu’on peut pas juger, l’asservissement de la femme, la société sexiste, la presse aux abois parce que l’individu y veut pas payer, parce que les gens sont obligés de faire de la merde, vous pouvez pas comprendre c’est pas de votre faute.

    je suis un être définitivement perdu pour la société humaine et qui mérite à tout le moins d’être ostracisé. Ca doit être mon manque d’étude mais avant d’être magnifique c’est juste con de mon point de vue de mâle couillu : éloquent, digne d’un tribun mais con, simplement con.

    Remarquez pendant que l’on parle de cela, on évite de parler des 20 milliards de kdo aux entreprises : alors qu’on gratte 50 euros de droite et de gauche sur les prestations sociales de ceux qui crèvent la dalle parce qu’il faut un peu de rigueur que diable.

    Commentaire par herve_02 — 22/11/2012 @ 00:12

  40. @ laplumedaliocha

    Et Daniel Schneidermann trouve ce texte « magnifique »… Cela le fait descendre de plusieurs crans dans mon estime.
    Que le sexe fait dire de bêtises !
    Qu’en la matière le pire est proche du meilleur, l’obscène du sublime, le repoussant du merveilleux !…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 22/11/2012 @ 08:27

  41. Oh la la … Misere… Le genre de chose que je n’ai pas envie de lire … Les textes obscenes et orduriers ne m’ont jamais interessee. On dirait que pour Schneidermann ce texte est « magnifique » sous le seul pretexte qu’il a ete ecrit par une femme, ce qui est paradoxalement tres misogyne.
    D’ailleurs, pour moi un des plus beaux textes (qui m’avait marque quand je l’avais lu en mon jeune temps) de pensee feminine liberee, pour le dire comme ca, a ete ecrit par un homme, Joyce, c’est le monologue de Molly a la fin d’Ulysse.

    @Herve_04
    Pour une fois je suis bien d’accord avec vous, ce texte cacophonique qui ne veut pas dire grand chose in fine (c’est quoi cette diatribe anti Jospin, qui, en passant, meme s’il a sans nul doute des amis cathos, est protestant ?) donne l’impression d’avoir ete ecrit apres quelques verres. Je trouve bien trouvee votre remarque sur les bites/chattes sucees/bouffees gratuitement, mais  les chattes ne sont pas phallocrates elles, Monsieur !

    @ Denis Monod Broca
    En tant que membre d’une communaute, on  peut revendiquer un droit sans pour autant a titre personnel vouloir l’exercer. Mais la notion de droit implique en soi une sorte de respect, et on ne peut pas dire que V. Despentes en fasse preuve de respect envers le mariage. Ca m’etonne un peu du personnage,  j’aurais plutot pense qu’elle denoncerait, en tout cas plus violemment, cette derive terriblement petit bourgeois des LGTB.

    Au fait, pour situer les choses, je suis pour le droit au mariage et a l’adoption des homosexuels.

    Commentaire par Maelle — 22/11/2012 @ 09:26

  42. Bonjour Maelle,

    Probablement parce qu’après s’être découvert à 35 ans brouteuse d’abricot aujourd’hui à 43 elle aspire (légitimement) au « confort petit (e) bourgeois(e) » !

    Ça peut aussi s’appeler l’aspiration au mouvement ! Punk dans l’âme, certes, mais devenue « com(n) bourgoise » avec l’âge.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 22/11/2012 @ 10:59

  43. @ Maelle

    « En tant que membre d’une communaute, on peut revendiquer un droit sans pour autant a titre personnel vouloir l’exercer. » Oui, sans doute, encore que…

    Mais l’idée bizarre c’est de penser que se marier est un droit et que ce droit doive être élargi à certains qui en seraient écartés.
    Le mariage n’est pas un droit, il est la traduction culturelle, légale, sociétale… d’une donnée anthropologue, à savoir qu’homme et femme s’accouplent. Où voir du droit là-dedans ?
    Mystère, merveille… oui, mais droit !!?

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 22/11/2012 @ 11:36

  44. @Zarga : je le note !
    @herve_02 : je vous taquinais. Je pense à vous lire que vous en avez pris plein la tête et que vous êtes à vif, il me semble qu’on en est tous là, simplement on l’exprime très différemment.
    @Denis Monod Broca : bah, il y a des gens qui pensent que le sexe est le dernier tabou à lever. La vulgarité, l’ultime bastion à conquérir. On le voit d’ailleurs dans l’art contemporain. J’y vois surtout un singulier manque d’imagination. En fait de liberté nouvelle, il me semble que l’on se laisse aller à un asservissement, mais bon.

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/11/2012 @ 12:10

  45. @ Denis Monod-Broca

    Dans la notion de droit il y a bien sur le Droit avec un grand D, mais c’est aussi « etre autorise a faire qqch », sans oublier l’idee de droiture, autrement de norme/normalite. Sans vouloir tomber dans une dissert de philo, c’est la tension entre toutes ces acceptions qui pour moi definit la notion.

    Et pour pinailler un peu, l’accouplement entre l’homme et la femme c’est biologique, pas anthropologique. Ce qui est anthropologique c’est le transposition de cette donnee naturelle dans tout ce qui releve du social, culturel, legal, symbolique, religieux. En ce sens, le mariage qui est une des clefs pour comprendre l’humanite releve eminemment de l’anthropologie.

    Et puis je ne vous suis pas tres bien : si le mariage n’est pas un droit au sens strict (d’ailleurs le Droit francais ne le definit pas a ce que j’ai cru comprendre, lacune tres interessante en soi), vous le dites vous meme, il entraine des droits, autrement dit il »donne droit ».

    Tout ca pour dire que je comprends tres bien que les homosexuels menent ce combat.

    Pour vous taquiner un peu, miracle, mystere … On croirait entendre un pretre preparant de jeunes couples au mariage religieux!

    Commentaire par Maelle — 22/11/2012 @ 13:36

  46. @laplume

    oui j’ai un peu pris dans la mouille, mais pas beaucoup plus que la moyenne des autres et je me sens plutôt privilégié, d’ailleurs je peux écrire ce texte, donc : je sais écrire (et lire) j’ai une connexion internet et un ordinateur pour le faire, ce qui veut dire également un logement, donc un revenu etc…

    Ce qui me hérisse c’est que les « privilégiés » ne se soucient pas de leurs prochains et acceptent, excusent même, ce monde qui broie de l’humain. J’aurais pu dire mortifère mais ça connote beaucoup trop le discours.

    pour maelle : il faut adopter un homos ? je peux prendre une lesbienne ? 😉

    sans rire, je crois que son texte est l’aboutissement de son féminisme : le rejet pur et simple de l’homme. D’ailleurs il serait intéressant, dans le cas de son couple de femme, de regarder l’orientation sexuelle des enfants. Ce serait une étude socio intéressante.

    Commentaire par herve_02 — 22/11/2012 @ 14:09

  47. @laplume sur le sexe et l’asservissement.

    Non, c’est une erreur, disons oui et non. La libéralisation de la sexualité est une libération individuelle. D’ailleurs on la « supprime » dans les prisons et on la « restreint » dans les religions pour une question de contrôle, pas d’élévation de l’âme. L’asservissement que l’on peut observer ne vient pas de la sexualité per se, mais de ce que la société en fait : sa monétisation, sa consommation.

    D’ailleurs la lucarne de libération des moeurs des flower power, avait une sexualité plus libérée et pas du tout asservissante. Ce n’est donc pas la sexualité qui asservit, mais ce que le société de consommation en fait…

    On en revient toujours au même points, à ma grille de lecture, la société qui asservit le groupe pour le contrôler.

    Commentaire par herve_02 — 22/11/2012 @ 14:18

  48. @ Maelle

    En général on me prend plutôt pour un pasteur ou un rabbin, alors pourquoi aussi pour un prêtre ? ça ajoute à ma panoplie…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 22/11/2012 @ 14:24

  49. @ Maelle : (d’ailleurs le Droit français ne le définit pas à ce que j’ai cru comprendre, lacune très intéressante en soi). En effet, ce silence peut surprendre quand on sait l’usage relativement intensif de dispositions définitoires au sein du code civil. Sans doute cela s’explique par le fait qu’en 1804 l’institution matrimoniale n’offrait aucune prise au soupçon comme l’exprimait un de mes professeurs de droit de la famille et ajoutait que deux siècles plus tard, ce même silence peut bien être regardé au contraire comme une carence.

    Transcendé par l’agapè, l’éros tend de nos jours à se vouloir indifférencié : le « parce que c’était lui, parce que c’était moi » de Montaigne songeant à La Boétie en appelle à des horizons inédits d’intimité nuptiale.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 22/11/2012 @ 17:48

  50. @Maelle : Comment les célibataires qui n’ont pas de vie affective exerceront-ils ce droit ?

    Commentaire par Sadlig — 23/11/2012 @ 03:45

  51. Il espère un deuxième bobard d’or ?

    Commentaire par droso — 23/11/2012 @ 12:07

  52. Trêve de courbettes serviles – on espère qu’il vous renverra l’ascenseur, vous le méritez – , si on en revenait aux fondamentaux du journalisme, genre influence et devoir de la presse, en particulier judiciaire, vis-à-vis de l’opinion publique ?
    Informer ? Vous avez dit « informer » ? Vous prétendez informer ? Ah pardon, je ne savais pas, je n’avais pas compris. Je vous ai observé tous les 2, dans vos compte rendus du récent procès Kerviel en appel. Et j’ai plutôt constaté que, audience après audience, vous ressassiez pour vos lecteurs un point de vue adopté à l’avance (ce qui s’appelle un « préjugé »), l’un comme l’autre, symbole du chroniqueur judiciaire partisan, péremptoire, qu’aucun argument adverse ne peut ébranler, fût-il incontestable (ils sont légion).
    Alors, j’ai le regret de vous dire que SDS-Aliocha = même combat (car c’en est un), celui de la désinformation.
    Ne cherchez pas à nous émouvoir en relatant un épisode lacrymal dont il est permis de douter, lorsqu’on observe l’impassibilité pas du tout trompeuse du Monsieur ; n’essayez pas de nous suggérer que vous seriez capable vous-même de sensibilité : car votre sécheresse de cœur transparaît dans ce mot : les « savoureuses » chroniques de SDS au procès Kerviel. Savoureuses ! Honte sur vous Madame. Il ne s’agit pas ici d’exercices de style, mais du sort d’un homme, jeune, dont la vie est brisée, injustement. Et vous, cette fraction des médias qui n’avez cessé de soutenir le camp du plus puissant, vous avez votre part de responsabilité dans cette injustice. Au fait, vous y gagnez quoi ?

    Commentaire par droso — 23/11/2012 @ 14:56

  53. @droso : je rêve où je suis en train de recevoir des leçons de morale de la part des défenseurs d’un trader qui a planté sa banque – avec ou sans l’encouragement de ses supérieurs – à hauteur de 5 milliards, qui a été condamné pour faux, abus de confiance et introduction frauduleuse de données dans un système informatique ? Mazette……et on me parle de honte ? Et on me demande ce que ça me rapporte de faire mon métier ? Pas un salaire de trader, je vous le confirme et pourtant je bosse autant, voire plus. Même pas un salaire d’avocat, alors qu’il m’arrive de connaître le droit bien mieux que certains d’entre eux. Ce que me rapporte ce billet de blog ? ça va vous épater. Rien de financier. Juste le plaisir, dans un monde qui devient de plus en plus con et agressif, de recommander un travail intéressant. Depuis votre aimable commentaire, les lecteurs du blog verront que ça rapporte aussi des insultes. Gratuites. Stupides. Sales.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/11/2012 @ 16:15

  54. @ Aliocha, # 11

    Je vous rappelle d’avoir à écrire un texte sur le rapport très particulier que les journalistes entretiennent avec le temps.

    Voilà, c’est fait, z’avez plus d’excuse. Mais votre billet était très bien, pas de regrets à avoir.

    Commentaire par Philarête — 23/11/2012 @ 16:34

  55. @ Aliocha :
    Comme vous y allez !  » Gratuites. Stupides. Sales. » ! Je vous trouve très injuste avec Droso – car elle ne vous insulte nullement, je trouve – elle donne juste son avis, dit son mécontentement et vous pose quelque question… vous par contre, lui dites que ses remarques ( pardon, ses « insultes » ) sont stupides; comme vous rabaissez souvent, avec vos supers formules et votre riche vocabulaire, ceux qui ne vont pas dans votre sens.
    Et puis vous travaillez plus que…, connaissez mieux le droit que… bref, vous êtes bien plus intelligente que… ( les quasis 85% de lecteurs du Figaro qui pensent que la sanction de JK est trop sévère ? ) : ce n’est pas pour rien que vous détenez la vérité ! ( Ah non, c’est vrai, ce n’est pas vous, c’est la Présidente qui dit que… donc… )
    D’ailleurs, en parlant de vérité, faudra m’expliquer d’où vient le montant de 5 milliards que vous annoncez, parce jusqu’à preuve du contraire, la réalité de cette soi-disant perte n’a jamais été prouvée et la banque en question n’a pas été plantée, comme vous dites, puisqu’elle est toujours bien là ! si tel avait été le cas, elle aurait disparu, non ?
    Mais vous travaillez tant et, semble-t-il, dormez très peu; cela explique sans doute votre agressivité et cette tendance que vous avez à prendre de haut et à rabaisser celui qui ose avoir une opinion divergente de la vôtre.
    Quand la vérité éclatera un jour ( ça arrive toujours, on le sait, on le voit toujours, même si cela prend du temps ), et que vous vous rendrez compte que vous vous êtes plantée, j’espère que vous saurez, alors, vous remettre en question… (?) et enverrez un p’tit mot gentil à Monsieur K.
    Et si vous parliez avec lui, tiens, histoire de gagner du temps, vous changeriez peut-être d’avis, sur lui, en tout cas… ?

    Commentaire par ligator — 24/11/2012 @ 00:23

  56. @ Aliocha # 53

    Les lecteurs du blog verront surtout que vous répondez à côté du sujet. On vous parle éthique journalistique et vous vous répandez en jérémiades à propos de vos émoluments. Franchement ça n’est pas très classe. Et même, c’est limite indécent.

    Commentaire par droso — 24/11/2012 @ 08:20

  57. @fan club énamouré de JK et DK : mais j’ai parlé avec lui, et je vais vous livrer un scoop, à l’époque où je croyais encore à son innocence, il a coupé le contact et m’a interdit l’accès à ses avocats à distance ainsi qu’à tous ses proches. C’est curieux un type victime d’une erreur judiciaire qui refuse l’aide d’un journaliste, vous ne trouvez pas ? On a passé 8 heures ensemble, on était plutôt d’accord sur tout à l’époque, y’ avait aucun lézard. Ah si, y ‘en avait peut-être un, il parait que la première chose qu’on voit quand on me rencontre, c’est que j’ai pas une tête à me faire enfariner par le premier bonimenteur venu. Je gage qu’il est assez malin pour l’avoir détecté. C’est la seule explication plausible à cette drôle d’attitude. Notez, je ne lui en ai pas tenu rigueur. Comme j’ai expliqué à son avocat, je l’ai protégé dans le livre. A tous les niveaux. Evidemment, vous le sauriez si vous l’aviez lu, si vous connaissiez le dossier et si vous raisonniez avec autre chose que l’émotionnel et les on-dit.
    Désinformation de la part des chroniqueurs judiciaires ? C’est tellement con ce que vous dites que ça me fatigue de vous répondre, mais pour les autres lecteurs, je vais le faire. On pourrait douter de la qualité des chroniqueurs judiciaires qui ont décrit le procès jour après jour et souligné le caractère non convainquant de la défense si, au final, la cour avait modifié de quelque manière que ce soit le jugement (rabaissé les dommages intérêts, modéré la peine de prison). Cela voudrait dire au minimum que quelque chose à échappé aux chroniqueurs judiciaires. La cour a tout confirmé, et donc confirmé au passage que la description des débats par les journalistes était juste. Petite précision : les chroniqueurs judiciaires relatent les procès, ils n’enquêtent pas forcément sur les dossiers, ce sont deux métiers différents. Moi j’ai fait les deux et je trouve que les chroniqueurs ont parfaitement saisi l’affaire.

    Pour le reste, je vous laisse à vos fantasmes, jeunes filles, j’ai autre chose à faire. Comme je l’ai déjà dit, l’inversion de valeurs, très caractéristique de ce dossier, ça me fatigue. Je connais bien mieux le dossier que ceux qui viennent ici m’insulter parce que je ne cire pas les pompes de leur héros. Je ne suis pas émue outre mesure par le sort de quelqu’un qui fait des faux de façon industrielle durant des mois et se retrouve devant un tribunal. Tout au plus, je lui accorde la circonstance atténuante de s’être laissé sombrer dans l’addiction sans que personne ne l’en empêche. D’ailleurs, c’est aussi dans le livre. Si un seul des allumés qui viennent ici cracher leur venin l’avait lu, celui-là saurait que j’ai souligné la responsabilité de socgen. Et je trouve aussi que les D& I sont très lourds, seulement voilà, le tribunal puis la cour ont appliqué la loi.
    Encore une fois, je réponds pour les lecteurs du blog, pas pour vous. J’ai bien compris que les faits, le droit, l’enquête, les comptes-rendus judiciaires, tout ça, vous vous en cognez. C’est votre droit, le mien est de ne pas me laisser insulter ou donner des leçons de morale par des gens qui justement se moquent des faits, du droit, du travail de la justice, du mien et singulièrement aussi de la morale.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/11/2012 @ 09:44

  58. Personne ici ne vous insulte ! arrêtez donc de le répéter pour que le lavage de cerveau fonctionne !
    Et c’est justement parce qu’on ne se moque pas des faits ni du droit que nous réagissons ! Visiblement, nous n’avons pas la même approche des faits et, contrairement à vous, je ne soutiens pas la loi du plus fort; et pour ce qui est du travail de la justice, il me semble plus qu’incomplet : quand on veut vraiment trouver la vérité, on se donne les moyens d’aller la chercher, y compris à Chicago ! Alors, ce n’est pas parce que la Présidente a dit, que je vais admettre.
    Sinon, je me demande pourquoi vous croyiez à l’innocence de M. K et que vous n’y avez plus cru quand il a  » pris ses distances  » avec vous ?? ( il avait sans doute de bonnes raisons ).
    C’est quand même « bizarre » un tel revirement de votre part ? Auriez-vous été touchée dans votre amour propre, au point d’avoir fait votre possible pour salir son image depuis, et aussi celle de tous ceux, ici, qui pensent que la justice a été inéquitable et s’est trompée ?
    Quant à la morale, entre ceux de la SG qui « savent » mais se taisent et qui ne doivent plus pouvoir se regarder dans un miroir, les magistrats qui n’ont pas bien cherché et vous, qui vendez des livres sur le dos d’un homme qui lutte seul contre « tous » pour ne plus voir son nom sali par des personnes comme vous, qui le cassent publiquement à tour de bras, vous n’avez de leçon à donner à personne.

    Commentaire par ligator — 24/11/2012 @ 10:59

  59. @ Aliocha # 57 Intéressante, cette réponse. Non mais quel scoop ! (c’est qu’elle se prend au sérieux, l’Alioch ! Un scoop !!). Vous savez que vous allez finir par me devenir sympathique ?! Parce que vous excitez ma fibre compassionnelle. Les peines de cœur, ça me touche. Alors, c’est donc ça ? 8 heures ensemble, et …. rien ? Et après il coupe court. Ça a dû être douloureux, et nous en voyons les séquelles. Je comprends. Et en bonne journaliste, vous changez d’avis aussi sec. De « d’accord sur tout », vous passez à une adhésion à la version de la SG ! C’est qui qui donne dans l’émotionnel ?! Alors voilà comment les journalistes se forgent leurs convictions ! Encore heureux qu’ils ne soient pas grassement payés.
    Bon, voyons la suite. Le mot « con », employé pour la 2ème fois, je ne suis pas bégueule, mais je trouve vulgaire. Mais là aussi, je comprends : quand on n’a pas d’arguments, on emploie des gros mots, ce n’est pas élégant mais ça soulage. Alors … vous « connaissez TB le dossier » … ah ! je vois : synthèse du paragraphe facile : auto-proclamation des qualités de l’Alioch ! Sacrément fortiche : plus que ses collègues même. Mme MOI JE fait des enquêtes (titre d’une BD qui renouvellerait Bécassine – non …. je chahute, ne faites pas attention, vous me mettez de bonne humeur) ; Mme MOI JE est une experte du dossier … : un tel besoin de reconnaissance est pathétique. Vous souffrez, je ne rigole plus, ce n’est pas drôle. En même temps je n’y peux rien. Alors …
    … je continue (péniblement ; vous devriez travailler vos textes, c’est un peu lourd, et répétitif). Vous « ne cirez pas les pompes de (notre) héros ». C’est sûr, on ne peut pas cirer les pompes de JK ET de la SG en même temps, il faut choisir. Et voyez-vous, Mme la blessée, nous sommes fier-ères d’avoir choisi le camp du plus faible, après avoir travaillé le dossier, suivi de près les audiences, examiné les faits, activé notre esprit critique – au lieu de rallier la cause du plus fort sur une déception amoureuse. Prenez-en de la graine.
    Quant à votre suggestion appuyée concernant la lecture de votre livre, c’est tentant, mais je résiste. Je préfère relire « L’engrenage ». Pour la fiction, je ne me lasse pas de quelques grands classiques. On y apprend à écrire ; et à penser.

    Commentaire par droso — 24/11/2012 @ 11:18

  60. @droso & ligator : bon, les filles, j’ai pas le temps de jouer à la marelle. J’ai changé d’avis quand j’ai lu le dossier, environ 6 mois plus tard. Ce que je vous invite à faire. Pour le reste, n’ayant pas le temps de répondre à vos insinuations douteuses, vos accusations gratuites et vos préjugés absurdes (merci Droso d’avouer en fin de commentaire que vous critiquez un livre que vous n’avez pas lu et dans lequel David Koubbi, devrait vous dire qu’il a trouvé des arguments pour JK – il ne l’a pas lu non plus, il m’a juste demandé au téléphone s’il lui était favorable et ce qu’il pouvait en tirer. Réponse : par exemple que Socgen a eu la maitrise absolue du lieu du délit pendant 8 jours), vous êtes désormais classées dans les indésirables. Réjouissez-vous. D’abord cela vous permet de hurler à la censure. Ensuite, vous avez gagné la timbale, en 4 ans, je n’ai même pas jeté 10 commentateurs (sur 1,5 millions de visites et 24 500 commentaires). Ciao.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/11/2012 @ 12:28

  61. Vu l’ambiance ici, les commentaires sont placés sous modération préalable pour une duree indeterminee. J’en ai ma claque de me faire insulter par des gens qui n’ont même pas lu le livre qu’ils critiquent.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/11/2012 @ 13:01

  62. […] renvoie les dubitatifs au récit que fait par exemple Stéphane Durand-Souffland dans son excellent "Frissons d’Assise" d’un épisode particulièrement douloureux du procès Alègre :  La mère d’une des […]

    Ping par L’écran, c’est la mort du journalisme | La Plume d'Aliocha — 20/06/2013 @ 17:51


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